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Full text of "Memoires de messire Philippe de Comines, augmentez de plusieurs traittez, contracts, testaments ..."

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.-'.yvs'f-^ 



L k'-'i' 



-3^> 



DIVERS 

TRAITTEZ. 

CONTRACTS , TESTAMENS, 
ET AUTRES 
ACTES, ET OBSERVATIONS, 
I Je Ffemnt & tC/llnJhmimi 



M E M*Ô IRES 

D E 

PHILIPPE DE COKHNES. 

EditioD aouTClIe ingmcntée de plafiem Pièces 




A &KUSSELLE, 
C ho FfcAHtoia FoppEws , w St.Efpfi t 

""■ mdIccTï 



I 




- 7 APR 1930 





EXTRAIT 

SX une Trefice^qui efl au deJ>ant £me 

édition des Mémoires de Comines 

imprimée à Taris, fan 1614. 

^ Uant à l'Autbair , à fqmoît le 
^VSieur DB-CoMlKGs, «qui 
i s'cft peu recueillir de la vie d'i- . 
^ cduy afièz fidèlement , par ce 
^grandperfonnage Jeak SlIsI- 
dant, lufHia pour le contoitement des Le 
âeurs : car quant à ce qu'aucuns luy attri- 
buent qu'il a tenu l'extrémité de complaire 
au Roy fon Maiftrc } au lieu quq Jean le, ^.^^ ^^ 
Maire • a tenu l'autre extrémité j d'avoir qnes mcjH 
grandement dénigré le fufdit Roy ." ce n*el\^^^^^^^^* 
icy le liai à traitcerce poinâ:^ attendu qu'il^iudic, oH 
y a toujours de l'homme en tous : &C néant- '^^^ '^"y. 
moins a finceritéfic probité de CohnNEs IcLouijxi.ec 
garantit aflèz, en comparaifon des autres Ht- J cômm«. 
floriens, fie d'alors, & depuis encore par le' 
tefmoignage de tous. Mais, quant au (ujec 
du corps de l'Hîftoire, dontlesiixprËmtet'3 
Livres tniâeac dés fai&s Ce- geftes de 
»^ Lotts 



17 r ft Ë F A Ù Ê. 

lôuys ïî. L OU Y S XL Roy de France , & les deux 
(ùivans 9 à fçavoir les lept & huiâ: , trai'- 
ôent du voyage & conquefte de Naples par 
Charles ^ ^^Y Charles VÎÎL fils dudit LOUYS, 
Tiu. encore que le propre texte de TAutheur con- 
vie aflcz de fby-mefme à s*y prendre , pour 
y profiter plus qu'il ne fe peut bonnement 
exprimer , fi ne fèra-t'il mal pris d*en re- 
tracer quelque chofe, comme en fommaire, 
pour rendre meftne la Icfture de cet excel- 
lent ceuvirè tant plus recommandable. Pour 
cet effe£b donc fe faut propofer en premier 
lieu les fufmentîonnez principaux tenans en 
la lice de cette Hiftoire, à fçavoir LouYS 
père , puis Charles fils , comme ayans 
chacun la principale part à de grands remue- 
mens advenus à leur occafîon en leur temps : 
mais avec une diverfité ^ n'ayant rapport 
quelconque en quoy que ce foit. Le père 
cftanc devenu Roy en un âge paffant déjà 
,celuy auquel le fils eft mort : le père n'ayant 
remué que le fien ou Tenviron : le fils euant 
allé remuer toute l'Italie. Le père ayant ar- 
reflé enfin (on Eftat en quelque forte : le 
fils ayant laifie la femence des voyages dl- 
talie malencontreux , qui ont duré plus de 
Ibixante ans en la pertonne de trois de fes 
fuccefleurs. Le père ayant pris de foy tout 
conleil en (es affaires • & ainfî tant bien que 
mal, ayant huerté à Tefcueil de.fon (èns 
propre (êulement : le fils au contraire ayant 

elle menéfic manié par lefcns d'autruy » &c 



PREFACE. V 

prefque fait naufrage de & perfonne & de 
l'on Eftat en payijftraoge , par la menée 6c 
temericc de certains qui le poflederent trop 
indignement. En fomme, Dieuaainfîvou*- 
Iq monftrèr connne il prend les pères, pour 
rufez qu'ils peniênt eftre , par eax-memieS| 
& leur donne des enfans qui monfirent^U 
vengeance de Dieu fur la prefbmption des 
pères , par une confufîon & (ubveriion 9 com- 
me à leur elcîent 9 de tout ce que les pères 
«voientpenfé laiflèr fi bien eflgbly. Et quand 
là-ddliis nous cftendrons aucunement noftre 
conlideration (br les autres grands peribnna* 
ges 5 entrans en lice dans ces Hiftoires avec 
lefdits Roys , nous ne fçaurons aflez nous 
efinerveillcr comment la providence de Dieu 
(laquçUe auiS le bon Comines ne fe peut 
lafler dr preicber & recommander comme 
elle le mérite) a tellement entrçmeflé tant 
de peribnnagesà certaines occafions les uns 
parmy les autres i comme chacun d'iceux a 
pietendu à (b* fins & intentions particulier 
tes » fous prétexte de quelque fageflc j ou 
titre de droiâ , valeur de fa per(bnne , ou 
devoir de & charge • voifinage ou alliance « 
honneur & afieurance particulière , ou bien 
de (on advancement pw fervices : & le tout 
neaotmoins afin proprement de fe prévaloir 
du dommage , rabaifTement & diminution 
de (bn prochain : en quoy fc defcouyre un 
naturel de Thomme plein d'injuftice , & de 
toute dcil^j^uté} voire bien fouvent en ceux 



Tï PREFACE, 

qui font ordonnez pour reprimer tels excès 
& concuffions es autres qui font fous eux. Et 
là-dcfTus nous adjouflerons (ce qui ed bien 
auflîle principal) à fçavoir,comme la main 
de Dieu s*eft donnée g cognoiftre viûble- 
xnent , foit es cntreprifes , remuemens & pra- 
tiques des uns ^, Tendroit des autres , foit en 
l'ilTuë $c fin , laquelle a fervy de définitive 
ientence (ur les uns après les autres > entant 
que chacun avant cherché le mal de (à par- 
tie , l'a attire toft pu tard fur foy mcfme: 
& au milieu de tant de jugemens du Ciel nul 
' n'en a fceu faire ion profit | pour rendre 
gteire à Dieu , & fe dégager de l'importu- 
pité, mftlice, Se iniquité du monde, mais 
cft allé toujours de mal en pis. Tous ces 
poinéb donc aucunement confîderez , com*^ 
me cette admirable Hiftoire les peintôc gca^ 
ve à tous propos , alors' nous devons nous 
trouver confus ennoflrc (bnsplus que jamais, 
quand nous voyons tant de grands & de fa- 
ges félon leur temps ,. 's'eilre ainfi- troublez 
^gehennez en leu|: ^de & en leurconfcien? 
ço » .eux fè rendans , : tant qu'en eux â eflé , 
çommiflàires & exécuteurs de la juftice de 
Dieu dès ce monde mefme , les uns à Ren- 
contre des autres. Et comme la chofe parle 
d'elle mefme; Qui peut aflè? comprendre le 
travail de lens 6c d^efprit auquel s'eft mis , 
nourryi 8ç enfin comme perduHLouys, tout 
it premier , ay^nt autrement un fi vif & fi 
bon fçn§ mwcU §Ç uoç fufl^iSWe çdle que 



PREFACE- Vît 

CoHîMEs Ta bien (ceu remarquer , quand il 
a commencé quafi l'entrée de fon Ëâac par 
toutes occafions de contenter (bn naturel , 
aux deipras de (bn Eftat mefîne, n'ayanc 
ceflS de remuer : comme aufli puis après 
nVt'il rien efoargné pdur le reftabl^lfemenc 
d'iceluyr en tomme il n'a caufé que malheur 
apparemment» premièrement à autruf» puis 
àfoy-mefine* ■ . 

Charles (on frère, au contraire^ 8*e-charies u 
fiant laifle embarquer au pccmier trouble de ^'*'**^*^' 
TEflat contre le RQyfonfeigneur» neVen 
eftant jamais (ceu délivrer , mais eftaiit de*" 
meure le (iijet &: amulêment réciproque des 
premiers autheurs du trouble , tant qu'il a 
veicu » fit'ayant toft quitté la place avec àne 
iflùë malbeureufe , qui defcouvroit (côm» 
îne quelques-uns ont eftimé } la violence & 
mauvaife pratique contré la vie d'iceluy. 

OUiULEs Duc de Bourgogne, ^^'^^dtioulSn- 
en fon eigard de fi grande valeur , 6c fî haut ^ne. 
en toutes qualitez honorables , û (bn cœur 
ne l'eut rendu comme un Phacton des Poe^ 
tes , qui ne (e peut arrëfter à fà condition ^ 
jufques à ce qu'il k perde mr foy-meSnc. ^ ' 

£ik>i^ARD Roy d'Angleterre ayant pafle J^'^,. 
par des changemens (iextraordinairè$,"ponr^ictçr;e« 
en remarquer les caulës en (bn train "Vislup- 
tueux, & ne cherchant rien que le monde, 
s'eil trouvé propre à embrouiller (bn voifin 
le Roy de France , fans occafîon particulie- 
K , unoo pourprattiqœr pour foy, s'ileuft 

* 4 çctt 



tin PREFACE. 

peu par le moyen de celuy qui le mettôît tn 
bc(bngne : dont enfin ne s'efl: enfuivy que 
tout le rebours de ce qu'il s'en eftoit laifTé 
promettre pv un crop fin marchand pour 

pu?lcB;«- François Duc de Bretagne i le moins 
i^jno. mauvais de la troupe ( à ce que les Hiftoi-» 
res en donnent à eftimer en comparaifbn) 
a auffi luy feul achevé fa carrière avec quel- 
que repos & contentement en (à perfenne , 
& en km Eftat $ ayant efté aguetté par fon 
voîfia en tant de fortes ^ que c'eft cierveillo 
quSl l'ait laifle furvivre à foy avec fon Eftar, 
comme le luy donnant gaigné Iqr (by à la 
fin de (es jours. 

5Peu3» de LoUYS DE LUXEMBOURG 9 ComtC de 

IS" & Paul , eftant advancé par le Roy de Fran-. 
ce au premier degré de la chevalerie & des 
armes» a fi mal ajufté le reflbrt de (on grand 
fcns avec celuy dudit. Roy (bn Maillrc , 

au'enfin il s*eft dreflé TéchafFaut fiir lequel 
a pieu à Dieu le faire produire pour le té* 
moignage de fa juiltce en ce monde j con^ 
tre ceux qui embrouillent leurs voyesî Se ne 
cheminent fîncerement en leur vocation. 

B***hoL Jp^^ ^* Bourbon EveCjue de Liège 
»9«i on* ^ ^^ g^ ^yj-g gj ip^jç j j^ rémotion de ceux 

oe cette ville contre luy » pour tfavoir ny 
âgeny fuifîfânce correfpondante à une telle 
charge : les Liégeois cftans furpris à diver"^ 
(es fois de leur naturel fans arreft ny fermer 

%Ç ^«elçpntjw j opt advapçe leur dernier 



PREFACE- K 

malheur enfin contre eux meftnes : iceluy 
auifi n'ayant évité la main de Dieu » quand 
il a eûé honteufement tué, & jette en Teau 
par un de la Marche , dit le Sanglier d'Âr« 
daine , lequel il avoit luy merme iuppor- 
té & sudvancé pour un temps « à & propre 
ruine. . . 

Adolf , fils d'Amoul Duc de GikWics, ^^^^^ 
un autre Ab&lon contre (on père , n'ayant 
trouvé en ce monde peribnnç capable d'en 
&irejuftice) k va rendre priibnnier &nsy 
penfer ( s'eftant creu déguifèr au pailage d'u* 
ne rivière) puis enfin eKhuit mis en œuvre ^ 
pour repouflèr quel^ies troupes de Fran* 
çois » y eft attrapé , & mis à mort , pour 
De prolonger plus longuement fçs jours fur 
la terre , dont il portoit la (ëntence d'en de- 
voir eftre exterminé dés fî long temps au* 
paravant* 

Les Gantois ayaos attiré à eux legouvcr-^"^""'"''^ 
nement abfolu de la maiibn Se Eftat de leur 
Princeilè y devenue doublement orpheline 
entre leurs mains i & s'y eftans comportez 
t^s indignement 9 en ont l^ile la juftice 6c 
réparation particulière à en eitre toiâe (ur 
leurs en&ns ficfiiccefleurs, par Un qui a efté 
petit fils de ladite Princefle , 4 fçavoir Char*» 
LES d' AusTRicHE l^mperçur , lequel a bien 
fceu compter avçç Iciîîits Gantois en fou 
temps. 

Marie de Bourgongne 9 Princefle Marie 4e 
foliée graqdewçot , pour Iç peu qu'elle a J^^'^"^^' 



31 PREFACE. 

vcicu , fille & héritière unique de cecce gran* 
de maifbn, deftituée de tout appuy après le 
deceds de fon père ^ a efté neantmoins (bu« 
ilenuc , & aucunement relevée de l'oppreC- 
£on de fon voifîn , qui butoit à la deftru* 
âion de la maKbn d^iceUe tant qu'en luy 
eiloit. 
ciiâries Quant à Tautre partie dcl'HiftoIrc, (bus 

v^I. Charles VIII. tout ce qui fe peut remar- 
quer d*une entreprit de très-grande confe- 
quence conclue Sc exécutée enfin avec toute 
rindifcretion » témérité & confufion qui (e 
ibit jamais apperceuë en afïàire d'Ëftat , nous 
cft tres-expreflement reprefenté par noftrc 
Hiftorien , comme pour le parangonner nom-^ 
mement au train oC deportemens du père, 
lequel avoit efté fî couvert & prudent , & (i 
bien pourvcu & fourny de tous moyens avec 
fon grand fens ^ pour conquérir , furprendrc 
& conferver où Toccafiôn le portoit. Et 
quant aux concurrens au dehors du Royau* 

B^^i Vantt ^ ^^ * ^^^^ perlbnnages y font remarquez com» 
nçoane . ^^ j^ principaux initrumens de tout ce 

grand voyage , gens au relie de peu de fuf> 
6(ànce 9 qui amufbient leur maiftre» le pof« 
fedoient , à la ruine d'iceluy ^ 6r ne don* 
noient lieu à ceux aufqucls il appartenoit^ 
pour prévenir ou pour corriger leurs fautes» 
î:ttnc? ^'*' ^ nation que ce jeune Roy en toutes fortes 
eft allé troubler , icelle euant aflèz fine £c 
politique en elle-mefine , mais defiinie « 6c 

prompte à recevoir lc5 occafîons de s'em* 

broiiiU 



PREFACE. *i 

brouiller 9 avec le but & intention de Ton 
profit particulier i en a depuis payé la façon 
tout à loifîr , par i'efpace de (bixante ans 
durant. La Maifon d'Arragon régnant à Na- Sî^^^Igqn, 
pies & Sicile , fondée & invétérée en TEftat, 
a reccu une fecouflë extraordinaire 9 de peu 
de durée , mais de grand efFeâ ^ eliant rap- 
porté aux excès ëc concuiIionS| dont elle 
s^eftoit rendue coupable. 

Mais fin* tout eft à remarquer Ludovic Ludovic 
Sforce 9 le motif du voyage du Roy en ^^°^^* 
Iralfe 9 pour s'impatronilêr de Teftat de foh 
Neveu & pupille ; par lamortd'iceluy, qiii 
femble avoir eflé advancéè en quelque fkçon 
à cette occafion. Donc iccluy Ludovic fe 
voyant au deflus de fon intention 9 a conir 
mencêlè premier à payer le RoydeFVance 
du bon tour qu'il luy âvoit faift, ayant cou*? 
vert du voyage ou paflage d*iceliïy"en Italie 
fon uflirpation tyrannique , jutqefes^ à ce que 
le temps eft venu puis après, que Lotnrs XII, 
fiicceflëur de Charles ait cfté commiflàire 
de la juftice de DieU contre ledit Ludovic » 
jûnfi que la vérité en eft aflèz cogneuë , 8ç 
mermes a fallu que le fils de ce Ludovic , 8c 
par confequent la race 9 en ait porté lès itiar^ 
fjues après fonperc, fousleRoy FàANÇcïs 
Premier de ce nom. 

Or combien que ces exemples & poi*' 
traiâte ayent leur* particularité^ félon les 
çcmps 9 lieux , & pcrfonnes , fi ne kiflènt 

ils pas 4'âyoir |cai* ufagcy tlleodu^' 6i regard 



Xa E P I T R E 

à la généralité de la providence de Dieu , la- 
quelle ne ceflè ny ne chôme jamais ^ quoy 
Sn'elle foit pleine de mer\'eilles en la diver- 
lé de fes occurrences , pour nous ramente- 
voir inccflammeot comme il y a une mefme 
règle de vérité ^ droiéhire & juilice de la 
part du Seigneur , pour tous âges , qualités 
& lieux , & que ceux qui ferment les yeux 
à telles leçons Scaâes, qui fe preientent iîir 
le théâtre de la vie humaine do temps en 
temps , eichaperont d'autant moins tofl ou 
tard la meftne vengeaace de Dieu par telles 
voyes qu'il luy plaira y qu!ils ont moins d'ex- 
cufe de n^avoir appris & profité aux defpens 
de ceu3( qui les ont précédé* 

^0M Shîdan a fait une traduit ion latine des 
Mmcires de Philiffis de Cemines en deux 
fartiesy dent l'une efi de heuys XI. Cr /*4«- 
$re de 0fétrles VI IL au devant defquel^ 
les H met des Epifires j eu des Préfaces , 
fdifins beaucoup 4 la louange de fin Autheur^ 
Cr à laneeenmandation de fin fiHioire^ à 
la leBure de filles les plus curieux font ren* 
voyes;^ : voicji feulement un extrait de la fc^ 
cer^de 9 ^adJrefée a Edoiiard Duc de Sommer^ 
fit j Cenfte d'Erford , C^ Prouileur d^An^ 
gUterre tf^c. touchant fadite traduflion. 



. o 



CEttx qui font quelques Pre&ces fur les 
livres des Hiftoriograpbes ont accou^ 

ftumé d^ iicciter pludcurs choies à la loiian- 



t)E SLElpAN. tnt 

ge de rHîftoire : mais d'autant que Ciceioa 
en a rendu fi grand & honorable tefinoigna- 
ge y il n*eft belbin d'en chercher autre : 
joint qu'il ny a celuy aujourd'buy oui ûc 
fçache combien la connoiflànce des Hifbi- 
res eft plaiiànte » profitable , & neceflaire , 
je me deporterayd'infiller davantage à lare* 
commander. Qr le principal requis en icel- ^^ qa^eâ 
le ) eft non feulement que rien de faux n'y principale 
Ibit couché , mais aufii qu'on puiflè apoer-* TnvnS^ 
ccvoir que TAutheur n'y ait efté meu a'au- «• 
cune afFeâdon i voire que Ifisconfeils&def^ 
feins de ceux qui ont conduit les a£&ires foient 
clairement manifefleï. Mais on trouvera pea 
de gens qui puiflènt bien dextrement obier*- 
ver ces trois poînâs , qui font toutefois ne* 
ceflàires en une vraye Hifbire. Et de fait ii 
cfl requis pour atteindre à cette perfeâion, 
que l'homme fbit doiié de grâces fpeciales p 
éc qu'il ait en maniement des affaires , ou 
qu'il ait eflé prefënt lors qu'elles fe ipsffoknu 
ou pour le moins qu'il les ait bien au bng 
entendues de quelque autre , qui luy ait ra« 
conté le tout de poiaâ en poinâ » 6c ièlotr 
la vérité. Quant à ceux qui couchent par ef» 
crit leurs propres aâes comme a fait Jules 
Celâr , il faut qu'ils les deduifent d'une bon<% 
ne grâce » s'ils ne veulent fe monflrer ridi'* 
cules à tout le monde. Car à grand peine (c 
peut-il Élire y qu'on n'eflime d'eux, ou <pi'ils 
fe loiient par trop , ou qu'ils ravifTent mali- 
d^ement i ou diflWeDt cattifilcufemenc 



^^ % p i t" R Ê 

la louange deuë à leurs ennemis. Le tnefitlô 
danger eft advenu aux Hifloriograplies y qui 
ont efté à la (liite des Empereurs y ou chefs 
de guerre : car fi quelque chofe a efté exé- 
cutée heureufemçnt par ceux*là,il$ defployent 
les richeflès de leur éloquence y & outrer 
paflent la jufte mefurë ^ en louant ce qu^ils 
ont en aâèâion ^ fe monftraos en cela plu^ 
iloft Orateurs , que Hiftoriographes* Cçux 
aufli) d'autre cofté, qui ne traittent ne ma- 
nient eux mefmes les affaires , ains fuivent 
en leurs efcrits la fby de ceux qui en ont fait 
le récit » combien qu'on ne les ait pour fuf- 
peâs de parler par affeâion y fi eft-ce qu'on 
doute de la vérité de ce quMls mettent en 
drâces de avant. Ciceron lotie principalement les Co m^ 
Jules ceftr. mentaircs de Cefar , dautant que par iceux 
il raconte ce qu'il veut dire avec une {impli- 
cite naïfve ^ une grâce plaiiàote ^ & fans 
Les Côm- chercher aucun afîbâé langage : car fe pro- 
ceS*^'"?^ pofant de mettre luy mefme par efcrit Ces 
pofez poux aâ:es9 il advirafbigneufementdedreflertel- 
cfac ïmittt. lement fon ftile * qu*on n'euft aucune occa-. 
fion d'eftimer qu'il ic vantaft par trop y ou 
qu'il fiift envieux des louanges de ceux Icf- 
quels il avoit furmontez en fait de guerre i 
ce qui doit ièrvir de patron & formulaire à 
ceux qui entreprendront d'cfcrirc leurs pro- 
Sâlufte. P^5 ^^^ ^ geftes. Quant eft de Crifpe Sa-* 
lofte 9 il eft bop que ceux-là l'enfuivent qui 
traitteront des aâes d'autruy : il n'eftoit gue* 
res bonamy à Ciceron ; toutefois iln'alailfê 

pour 



DE SLEÎDAN. ^ 

^r cela de raconter fidèlement la finguliem 
vertu d'iceluy , rînduftrie & ^igencc qu'il 
avoit tnonibrée à elleindre le feu de la* con* 
juration qui (e ifàifoit contre la République 
de Rome t en le liant on ne pourroit aper* 
cevoir aucun indice de malveillance qu'il por^ 
tât à Ciceron. Mais il eft aifé dé voir , 8c 
les Livres le montrent allez , Comment bien 
peu d'Hiftoriens ont gardé cène fobrieté, tb 
defpoiiillans de toute- afieôion : car encore 
que Je ne parie point de ceux qpii écrivent 
choies dont ils n ont eu aucune connoiflan*^ 
ce , & en parient ignoramment , combien 
en trouvera-t'on d'autres qui en leurs écritt 
(b monftrent préoccupez de paflions & pre-» 
judices ? & en cet endroit on commet de^ 
ûmes en diverfes (brtes & manières , lef* 

Quelles eftantapperceuës) onatxmner^fotl 
e ne croire , & ce faire grande eftime de 
tels cTcrits : car combien que le menfong? 
foit tousjours vilain 8c digne de blafme y en 
quoy doit«-il eftre eftîmé plus intolend>lc 
qu'en cela? Je(tiîs content de dire cecycom* 
me en paflànt , qu'à grand peine on en trou^ 
vent un feul qui mettant quelque fait en avant^ 
déclare les conièils & defièins de ceux def« 
quels il parle comme il appartient. De fait» 
aufli 9 il n'y a que ceux qui font eux-mefmea 
prdêns aux amires , qui puifiënt faire cela 
neureuiëment : ceux-cy , dis*^je j peuvent 
par defliis tous efcrire d'une matière en per- 
feâion » voire moyennant qu'avec jugement 



xn E P I T R E 

ils (ëpropofènt un but tel qu'il faut, c^eftde 
ne rien dire par &vcur , ny amitié , haine ^ 
ou ininaicié , mais ce qui efl le propre d^un 
homme de bien ^ dièdre par tout véritable^ 
Ceux donc qui ont deGr de fe faire connoi* 
lire parleurs efcrits ne doivent eftre aucu- 
nement ambitieux, ains advifer par tout 
moyen de rendre le Lefteur meilleur & plus 
icavant i en quoy peu iè (ont portez comme 
if feroit àdeiîrer. Or nous pouvons mettre 
Philippe de en un autre rang Philippe di Comims , com« 
doT X «ne à la vérité il le mérite : bien cft vray qu'il 
imité en n'cftoit que petitement exercé en la langue 
rHiftoirc, L^nç^ mais au demeurant homme de gran- 
de dextérité ^ & de gentil e(prit : il a def- 
crit les faits des Roys de France Louys XL 
& de ion fils Charles VIIL en langage Fran- 
çois , & de telle façon qu^il mente d'eftre 
imité de tous ceux qui défirent avoir honneur 
eicrivans quelque HiAoire. Il avoit aufii 
^rand moyen de ce faire , dautant qu'en pre« 
mier lieu il a fervy d'ambaflàde à l'un Se ai 
Tautre Roy , par devers grands Princes, 
& a manie la plus grande parc de leurs af- 
feires , qu'il a compris en fes Mémoires, tel* 
lement qu'il n'a eu befoin de s'attendre au 
récit d'autruy. D'abondant , il avoit aufii 
une finguliere fageilë , & merveilleufemenc 
bon naturel : 6( pource que de (on temps la 
France elbit fort troublée , il a bien voulu 
communiquer ce dequoy il avoit bonne con** 
Qoii&uKC K expérience à ceux qui vieodroienc 
I après, 



i5ESLEÎDAN. xHi 

iprés^Sc aoroient charges aux Republiqoesi 
aulquels rpecialement voulant profiter ^ il a 
remarqué diligemimeat les entreprifei & con*' 
lèils qui fe font pris es afEûres de graude im* 
portance f lans aVoir %urd à faveur oc pre^ 
judice de choie qui foit : car il nfc bue nul^ 
lemenc ceux de la patrie > ou race j ne mefî 
me les Rx>]rs, deiquels il aefté élevé engrand 
honneur i fîndn autant due la vérité le por-^ 
te 9 mdnifaranc le plus toixvent eil quojr iU 
ontfiuUySccontievenu à Icar devoir. Bief^ 
on le trouvera pair tout (èmblable àiby^nieP 
nie i edcier & véritable ^ comme il appar-^ 
tient : fié ce qui éft dé bonne gjticti A en^ 
tremefleauffi parmy fes narrations force bel-^ 
les femences. Que s'il tombe en un propos 
entre autres no^le^ fie dignie de mémoire j[ 
il advertit le Leâeur , fie nommément le^ 
jeunes Princes $ d'y adv^er de prés ) fie fe 
donner garde de ce qui a efté peu honnefle ' 
fie profitable^ es autres : monffare en fommé 
tout fiimçhtment Se. faontieftemént quel éfl 
kur devoir. Et ne fiiùc- penfer que j'infîfb 
trop fiit & biiange ^ cai* la vérité ell telle ^ 
2c on cognoiftra.miËux la grâce qui dl en g^^f^ ^^{i 
ïvy i li^((bâ Hiftoire. Orlacaufe quim*a qucysiciiail 
elmeu de ]é traduire eif Litin i Se le vous t^tiT»^ 
dédier ^ ëft que j'ay confidcré la grandeur de ftoi'^ç <i«c<A 
reliât fie digpité ^ co laquelle vous cftcs: "^**'- 
tombien . w'il fi>k parlé en Ton Livre de 
ce qui s'icfl fait fenlement et) France i fit 
îcafie i ujbtefois U çft i^pedient à celuyqut 



tvin E P I T R E 
fouftient une telle peiantem* & grandeur 
d'aftaircs ^ de cohnoidre ce qui a efté fait 
non feulement entre ceux de fà nation, mais 
auflî es pa)^ efbahgers. £t comme le récit 
des choies qui approchent de plus prés de 
tioflre.xemps a plus de force ôceâîcace d'en* 
ièigner^ donner plaifîr, auflî eft-il certain 
que vous aurez par les efcrits dp Comines 
coonoiflance de jcbofès exquifès &: mémo-* 
râbles. De tant plus donc je me (ûis mis à 
lé vou&recommander ^ que peu nous en avons 
qui lepuiflent repitlênter 9 ou imiter. II y 
a eqcprccela qui le. vous recommande, c'elt 
que quand Toccafion (e prefenteen Ton Hi- 
Aoii^e^ il n*a cdéikfplendeur Se magnifî- 
♦ îicntcnii cence de voftrc* Nation : comme on le 
lAngicttr- peut voir en Ion autre Hiftoirc , que j'ai 
auflî par cy devant mi& en Latin. Parqùoy 
Je ine perfuade qiie quand vot& aurez quel- 
que loifir , vous donnerez de tant plus vo- 
lontiers quelque temps à la leâure de cette 
Hiftoire,&can(èillerez voftre Roy que en* 
tre autres (èmblables il life auflS cette*cy. De 
fcûde c<m-pi|jficijrs qui font eâevest en honneur ôcdi^ 
j'eftatpuhuc^ite., comme vous , il y en a peu qui pri-^ 
coJS^T'^ ^^ Lettres/ &qui piseft , cftiment à 
«io», grand honneur de n^en tenir compte aucu-> 
nement. Les autres, ne regardans qu'à leur 
ambition 8c profit ^ maintiennent avec ob^ 
ftination leur façon de ùkc accouftumée. 
Or encore qu'ils voyent plufîeurs chofo à 
coxoger 9 & qu'on ne peut plus-dlffimulery 
I m 



DE S LE ID AR xtt 

be fbufÏTir > cependant pource qu'ils (ont 
totalement fldclonne:^ à fe (aire grandi 9 6c 
amaflèr richefliès j & s'advancer aux bon* 
neurs ^ ils ne s*en (bucient aucuûetnent; Ce 
leur eft tout un que le peuple fade i ou com^ 
ment il (bit enlëigné 1 pôotTeu qu'ils Tayent 
obeyâant 9 & félon leur fi^efib mondaine! 
il leur feodble grande folie u on change tant 
foit peu un elbtpreiènt : comme 11 kfoo* 
Venune (ageflè , oc félicité confîfioit en et* 
la 9 de commander à des gegs , quifoncdii 
tout plongez en ignorance bniak des cho^ 
fes necefl^es , 6c (ur ticHii; de leur iàlot. Ëc 
fi le Royaume d'Angleterre >6cle Rx>ypre(^ 
que ei^nt d'âge y affres le. trefpas du père » 
euft rencontre qùdque ambitieux Éc, nion* 
dain pour Gouverneur > 4ui n^euft dit que 
cela fud advenu d'une jufte vengeance de 
Dieu ? Mais quand 6À eft 1 non pàs'JFoftui*» 
tement) ains par certain jugement eflably^ 
qu^on aime les Lettres > ce qu'on incite ion 
Roy i duquel on a la charge 9 à toute hon< (eiicitéd'uti 

nelrecé; defirant une faînflte reformatîon de Javoî*j'"boit 
tant de corruptions qui font aùjourd'hby^ à gouvc<- 
ce que la gloire de Dieu (bit âdvancéè ,.. ôc ^^^' 
le touc ternis en bon ordre : qui eft-ce qui 
ne voit clairement qôe Dieu veut dcfploycr 
ks thréibrs de fe graide fur. un RoyaHme? Si 
vous pericvcrez çonftamment de gpuyemcf 
le peuple avec bon ordre i 8ç crainte de 
l>ieu , conome il eiUbien neceflàlre ^ foyei 
«fliwé qoç fiimonttnt toutvi (cmpeûes ^ 

i»* À tout 



( 



tt ÉLOGES DÉ PHILIPPE 

vûtis viendrez à bout de tout , & aborderess 
à boidiport f (àin & (auf. Et en cela il faut 
que Vous mettiez toute la peine que pourrez, 
Aitié ûétu tout voftce foin 9 dtUgence Sc vigilance. Car 
^^' comme la charge en laquelle avez elle cfla« 

bly eii cres-grande 7 aufli eiVil certain que 
Dieu bemra UMùs vos entrepriies , fi vous 
continuez dt plier tc flefchir refprit tendre 
du Roy à la crainte de Dieu, & d'avoir pour 
recommandé le falut du peuple. De Scras- 
bourgenMay, If48^ 

£lc^ êc TefmoignâgéS que rendent 
dte Philippe de Comînes plufieurâ 
célèbres Hiftoriens * & autres gra- 
Ves perfonnages^ 

JUSTUS Lïpsiùs in Hotis (tiis ad primum 

Lîbtum Politicorom* 

AT patrie (jP nâftrd ttvo vidàur tSfiorta fe 
camtmvîjji, Scrip^t eam attte amtos paulè mi'* 
i$us cenùtm rhilippus Cominsas ha laudabiUter ^ 
mf nihil vérear comPonere eum atm quovis antiquo* 
fum. hwtedsbik efi q'uàmilU cntHia videat^ pêne'- 
tret^ arcanacof^liorumeruaù ^ ^ fuhindeinfiru^a 
mosfàlutarib^ fatifquepraiepth f ^id diffuse Po^ 
Miam quodéon exen^h* Quamquam re vera Po* 
i/bium oui taiem aUquem tlle née vtdit : ^ hofç 
quoque laudemejus am^t ^ qfuod tant a praQitit^ 
iiterarum ommtm ruats , fold ùju réruiH peritus^ 
(^ naturali quadàm judicii èonitate . lie nuncfcia^ 
ii\ ^ lit^uamm altqua cognitiuncula vobis placée 

U» 4$ Fri9(€ps nmtr btm hsf^9 > ^ tnchiri* 



DECOMINES. n» 

nikts hic Phflippas, 

Ex Jac. MATchastij libro prîmo Dcfcriptfonfs FI»> 
drÛB , cap. die oppido CpmînTO^ 

Ornatwt PhHîppogeDt!sComlnfe,£)wft^,ifrte 
^tntpm iijf GalluSy & Rufchurij Cafietam Topm^ 
eèa: jus t^êufcMlamorationem hicexigH. Scrif^ 
GatUcè H^oriam , f «^ m SUidamu Lath dmêviê t 
Jujins Liffifts vaUé laudtU , exteris mi^is juàm 
yivi ma fSeyetQ frobatam. Ille Jrequeffiia diverii* 
fulaj ^de'Principummoribus^ de bea$ain^cre^ 
iras admmitiones. Hic transfuffum ejtis ^ jtsodéOH 
no 1472. 4iC(iM$j éfmimtmque in l£ftaria it^idmm 
refrebeniit, Sed Vivis a/pèrjio facillimè dilnitttr^ 
tum tailitate folitiçorum , qna intêrferit , para^ 
digmatufVy & fn^epiarum , (fuipr^dpuns /ff» 
Jmice firuaus : tum exemph tiinoria PofyUj ^ 
ac Senatwttm Romanorum , qusbus reMonem m^e^ 
£f oser où j qurnnpMici commodi ^fiffiç pû&la^ 
bai. Meyeri notaeji ienaciar , nequÊ enim Comi- 
ncus diffitetnr^ fefe à C^rolo BelUcofi , i^ cujm 
ditione nqbiliter qrtus , in cnjns fanfifia per ç^em^ 
ninm honorificè educatusfmtj ad Re^em Jjndovi^ 
€um XL iléus bqftemaffiduum defciviffe^ aliofauê 
ad inU$a$ionent pçUexqe t neque ejus faÛi ultam 
occqfiifnem ùfque expliciftt quodnùrari fubit imvi^ 
rogenerofi , prudenti , Juijue avi res geftas firi^ 
iente. Ftdem tamen ejus m kifhricis narrationU 
Ims pemlitari indignum fifi ; tum quid de rebut 
quas monumentis conjignavit^ non modo vere affihr 
rere poifiif çfnf^ Palapb^o 4bydenQ ^ h^uentc df 

vidsmns q$i4lis dieittfr , fed ferio feduloque ufa^U 
ptam ipfç partm induit ; f«v quid fiîiîoriam 
fuamje vtvoemanare invulgus pt^us j iifqmffi^ 

rgfftffff^ I ^^ rclmf itérant , mmi^mm v^fn^ 



îorii ELOOESrPE PHILIPPE 

fwftilto caufamy £2^ »^ qu^quam irritaret , x'/-' 
fkturjiluijp : cujus tamen primam fcinùllam vir 
fl^ui4àm gravis , ex aulicis natu majoribus hanc Ce 
^naudt^e mshs f^rravit. Phiïîppus, inquit^ ex il* 
fu/lri domo Comina^ , aureique velleris ornamenr 
fo fpk»4^fc^ent^ , Çarolo BurgufuHa Duci , tunç 
fuuf^ junior y Jùmejiicif fan^iliarior ^ folumqueCha- 
foioifi Cornes çratj tam gratiofus fuit ^ utquondam 
$ffta ex venéUiqne fevetfus , £^ confederit coram eo ^ 
^ jctcabmdus dixerst : Quiutu Çarolehismeocreis 
fxuis ? qmd ille quidern feat y âtqui fiatÎTri eifdetn 
hj\us peromùus , ComînîBum, ceu pari joco mi- 
jerè contfidit : unde in capta ocreatuw aulte fabula 
"Çs? fudihrium : namjuxta Ranimtri Aragonum re* 

fis parç^miam y Ncfciit vu'pecula cumqijo ludc- 
et. Quod illeclam agerrimèferens pronius demum 
mfcultavit Ludovico XL Galliarum Régi , hofpi- 
falif aulfe Burgundica minifiros çoncilianti , atque 
4^ Je allicienti. Quam narrati^nc^lam neque ut in-^ 
mdihilem rejpuo , neque ut certam ajfevero, Porro 
Çominso non minus condonandun^ , quod in lau- 
des tiegis illifts J^udoviçi y çutn q^o cubictilum 
ntenfamquc fapijfimè , ^ mentem jemper commu- 
^em habuit , propendeat , quàm Procopio Belifa* 
fiuf^ , çuifamiliaris fuerat , encpmtis qnfranti. Hoc 
fotius Flapdri glori^ ducam fempiternce , quod ne^ 
9920 in tota Gallia ingeniorum , facundia , nobilita^ 
fis , hakilitatifque copiojijjima , apud Regem faga- 
fijfimum 3 intim<e vi amicitia , ^ conjilij légat io- 
fumque uju dej^trq , Cpmin^o fla&^ro ^tecel- 
luçrit^ 



Ex 



PE COMINES. xïiii 

Ex Elpgiîs Sclgids Aoberti Mirsi Brazelleti^ 

fis 9 claflè IX. -, 

Phi LIPPUS COMINAUS. 

Jacfâit poft Sigehertum , CenAlaci in Br^bmitié 
wimacbitm B^necUâinHm^ amtos mukos ffiftoria^ 
rerumque nafirarum ff^emaria. £am PhîlippasCo* 
nixi^SQS frimeps pa$rum ievo revocavit ^ atqneilr 
lufiravit. fuit ts esç illuftri i^ud Flandres gaOf 
ComiD^ni, aurei velleris equepri omamenpojplm' 
defcentei vir forma elegan$$ ^ i^ procerd corporis 
dfgmtéOe, Rfs gejias ommum genttum ^ acpr^^* 
iim Rjomanorum G allie è redditas {fteque emmhé' 
tinè fciekat) diljgentijjimè léger at ^ ^ p^cmoria 
prope tenebat^ ^a là inprims valuit , açlfio u$ 
Juin Cafarif exemplo , quaUmas fapè fcribis 0$- 
ter as ^ de 'irariis gravij^irnifqs^ Reipublic4t n^gotiis^ 
eodem tempore di&aret , taimd quidem facuiUUç ^ 
quafi unum tantunmfoào traSaret argumeupum. hi 
dula Caroli Audacis^ flrenui illitfsffelgarum Prin^ 
çipis , annos ipfos oâo tferfatm ^ ^idem perfami^ 
»aris exflitit, Poil nefcioquâ reoffeufuSj adiUitfS 
bojlem toédovicum XL Galliarum Regem trofffiit, 
Plurimas , ejus ^ Caroli VIIL filij nomine y a4 
fummos Priucfpçs kgatioms obiit^ confiliifque cm* 
nibus , au0 de RepubUca hahebantur , non tuter- 
fuit n^Qck , fod ^ pr^it. Lud&vico è vivisfitr 
tlato , utlivori acpericulis exteri induits frinci* 
pum maxime folenteffe obnoxij , multum exercU 
tus fuit f Attgefcent^ demuminvidià , res eè dçdu^ 
a a ab adverfariis^ ut Idffia , quod opidum ^ ar^ 
Biturigum efi^ quajî l<ef^ Majejlatis rçus , in vin- 
cula çonjicerçtur, Duriter admodun^ eo in carcere 
ejl battus, C<r»jnpç iuterea Hcicna Chambœtf, 
quam fX famili^ duxerat Monforelh 9 in pniby>s 

AndegavQrnm % Jatagebisa ut Lutçtiam F0r\fi<»rM/n 



«117 ELOGES DE PHILIPPE 

^uceretuXf Que càm venijfet aliquafftopcfi açcerfi^ 
inr in Senatum, Cimque adverfarios hab&ret opi^ 
^us ^ gratta aéntodum fotenUs , adepque nullum 
jnvehiret fatrmum y çaûffam tffe Juam m Senatù 
fgit y' ^ ^as dua$ locutus , titàina ckm aUentio^ 
ffe (minium y ita dijferuit , ùt a Judiçihus inmcens 
■fSmitteretur, Ànnàs feri très in cufiodid fuit, Infe* 
quènte anno filiam i conjuge fujiulit Jqznn^m^ 
ipM foSÎea Renat^ Aremerico , Pentebria Comi^ 
fij nuùtnidata: quqexmatrimontQ multa ilJuJlrès 
tn Gallia famiisa matèttùmi origïnemhodiead Cô- 
nÀTi9i\xthreferuiit» Ohift auterri annos feri quatuor 
i*f fesfagintanatus y Argentoni Pi^onwh oppido^ 
^Hod ^xoria dotis n&tpine pojfidéb^ , c^mo l f 09. 
\6. KaL S^ptemhris y indexe Lutétiam Parrjio* 
fum delatus , ajpudfodaks Augtàtinianos adScqua* 
nom y infacelfo quodv^ivus exfiruendum curarat^ 
tum$èb mnrmoreo emdttur, J^ftus Lipjïus , cujus 
finiusinftar omnium jùdicium eftà ^ cum quovis 
eum veûrum JH[iftoricàrum confertf mn d^biiat ? 
nt qui Polyhij fXeinplo , utilifftma pnecepta , Ç5? 
ktvflia paradfgmata fréquenter adhiheai. Principes 
itaque }>unc legawt y fuadet ; quod dignus Alexan* 
dris fit omniMs hic Phîlippus. Scriplit'autem hor* 
TtatuAngeli Çàthi \ Viennenfis ad Rhodànum jfr^ 
fhiepifccfi y luculentam 34. annoruip tiijîoriamy 
asta Ludovici XL sff GaroliVlII. Gallf<e Regum^ 
ttemique Philipfi Boni \ ^ Caroli Audacis Bur- 
\unMa Èrabantiteque Ducum , res gejias corn» 
ilexus eji. " ' * " \ ' • . • - . < 

j^ Bîblîothcca Belgîca Valcrîj André», édita Lo- 
"' " ' >an!j . aano 1643. pag. yyu 

Phflîppus CoiTiinasus, ex illuftri ComlnaeoruTn 
^ud Flanaros famîlia , in aula primùm Carolf 
AuJacis Bel\^arum Prsncipis , anms oéio vixit: 
poji ^dovifi KL Galliàrutn R^i^ parles f^cutus 



DECOMINES. ixf 

fiJem gratijftmus fitit , ^ dum fat a Deufqmjinif^ 
pant^ Jfiimmaper Galliam auétoritafis. Ham Rm^ 
geextinâo^ in çarçerem cqnjeSus ^ varié exaghé^ 
ifusjkit^ auêcilio omni ^fayore homo externs Je» 
ftiuatif, Parifm itaque ^ uxoreagente^ accerfitus^ 
caufam ipfefuam in frequenti Sènatuegit^ (^ aa^ 
verfariorum , quorum magna erat apud Judices 
foteniia ^auéioritaSy conatum fregii. Forma fuit 
tleganti , Jlaturâ procera i^ heroicâ^ memorii in^ 
fgnij leàionis variât » fi^^ indefejji. Unum do^ 
Mai maxime y quiJy cimGaHicam^ Ipjhameam^ 
Gtrmanicam calterei linguas ^ Latinamjolamign^ 
raret. Et hoc guoque laudem ejus auget y inqtut 
Juftus Lij^fius miis ad librum frimum PoUfjccrum 
fuffrnm , à nid tanta praflitit litterarum omnium 
rudis y foîo ufu rerumperitus , (^ naturali quOf 
dam judicij bomiate. Ùetii nqn veretur idemÏJp* 
Jius ^ftm^en^ fpf^ponere çum ^quqvis an^iquofun^ 
mnoricorwn» Incredibite eji enim , qnàm ille om- 
nia videaty omnia fcrutetur ^ penetret ^ arcana 
conjifiorunf eruat , ^ fuhinde Po(yUj ^^f^loj 
tnfttHot msfaïutàribus rarifque fraceptis* Ftdem 
tamen in eo dejid^at Jac. mewerus JnnaL Ftan- 
dria lit, 17. ad ann. Ï47f> u&i muha deÇaroh 
(«f Lûdovico Provinciali lingua Comiasum benè 
qmidem fcripjiffh memorat ; (fed quasdatn , inauit , 
ctiam fcriplit plané mencteciter, moltaque dicenr 
da infidclitcr reticuit. Uxorem duxerat è familia 
Monfirella , in finibus Andegavorum , Helenatn 
ChambaBam , Argentmi Dominam , i qua filiam 
fuftulit Joantiàm, n$tptam Rcmio^i familia Bri- 
tannia Ùucum , Cemiti Penthifvrio. Fitâ decefr 
fitanno Dom. If^. fftatis 6z. 17. KaU ùeptemr 
bris , Argentwi j 'fepùltus Parijîis apùd Au^ufii' 
nianos\ infacello ^fe condiio. Ifizendus^ntnodc 
rébus à Comitï^BO ^eflis Pefrus Mattkéeus lib. de 
hudovici XL Galharum R^gi^ ^^^ i ^^ eddatier 
Jac, l^çbantim itn Dèfiriptionc Fkm4ri^ Hb. i* 



fxvi ELOGES DE PHILIPPE 

^bf de Cominaso apido traSiat, Aub. Mirteus in 
Çhronico fuo Belgico , adannum 1472» Item Andr^ 
QjKrçetanus Familta Genealogica de ChaQillon fur 
Marne ^ fag. ^04, Dequç Tamlfa Cliùa Flan-^ 
fkica^ fX quanatusfuit CoDlinasas , a/ide difertè 
fcribentemyhil^ PEfpimjum^ lih,de FUndria No-- 
InktaU, Scrtpfit Gailicè , quâ fotijjimitin linguâ 
é^cellùit^ adveterumWfiortcorum glmamve" 
mty Hijtoriam rerurn g^i^um fub Ludovico Xfr 
in Ga/lia^ BnrgunMaj Flandria , 4»gli^ > Hifpa- 
0iay Parip 1^39. ^ alibi ^Latine , interprète 
Joanne Sleidano , Argentine lj'4f« 4^- flandricè^ 
intert. Cpr». Kili^no , Antverp, typis Plantini , 
1^78. ^•.Mifpanici^perjoannem Vitrianum^ Ré- 
gi Catbolico à facris Oratorij , eum fcholiis luculen- 
fis, Hsfpano item idiot^ate. tki4çvp typis Joannis 
flOieurfij. J643. fol, 

]Ex Qemài Joannis Vofïïj et H!(torici$ iM. 

lîb, 3. pag. J78. 

Phîlîppus Comîngpus, Eques Fland^ , Dorni- 
pus kuskurij^ pretio corruptus transfugitàdommo 
fuo Carolo Èurgundia Duce y ad Luûbvicum XL 
francia Regem^ utieftapudJac.Meyerumlib,!^, 
Annal Fland. unde ^ ab eodem fapins ^ uttrans- 
fifga^ proditor inçeffitur. Liudovico intérim grar 
iijjfimus eratj cujus ^ res gejlas celebravit , or fus 
pb anno 1464. Étiam prodidit res gejiasfilii ejus 
Caroli VUL Etfi autern nonuno loço JD/feyerus di- 
fa$ inpluribus falli , tamen Hiftoricus efl verax ac 
frudens : çujus praclarum elogium vide ûpudju- 
^um Ifipjimn noipis in lib. |, froMc^fuorum ; £5f 
ScavoL Sammarthanum lib^ 2. qperis quo çlogia 
Çallorum doéirinâ illuftriumperfcripfip, ffic tantus 
vir cavire non potutt , quo minus mortuo R^ege J^u-» 
fhvico , peffidia accufatus in carç^rem conjicer^tur^ 

'éifrmmimi^imHffHlhJffii Çtim profs çapt- 



DE C O M I N E S. lxv^ 

fis çau^aip Jiçere çogehatur : nec enim {nvemehéh- 
ptr quifatrociniumejusfufcfùere auderet: tandem 
iameninnocetfsefirepertus, Ùbiit in Piâonibusam» 
po ifOÇ' l6» K^L Novemb. atatis 43. Reliqtth 
filiamunicam Joannam, qua nnpjit Rcnato Ptn^ 
tebria in Britanma Comité , eoque ex matrimoma 
ifMti complnres : ftndeefiquod hdieque multa ilhr 
fires familiie ift Gaflia originem mafemam à Co«- 
minaso ducant. Scriffit Q)ininasQ5 CalUci : fe4 
f^ini Iqquentemfe^tjoannes Sleidanus y qni & 
vitam aajecit^ ita uti eam à dome£lico Cominfln, 
platthigo Atrebate ^ viroProboj atque ertidito^ ac-- 
feperat. Vide^ qua de Comin») refertjac, Mar- 
ehantius Uk- l- Cowmentar, de Fh^ilriéfy capitef^ 
fuo de (fpidq Cominio traSat. 

|o. Marlana derebosHi(panis3libro^3. cap.f/ 

Verum dere tota , ac veto de tot0 hùc colloquiorum 
inter Principes gençre Philippum CominaDum n(h 
pilem in paucis hujuseetatis GallicaHifïoriafcrip" 
forem , veteribus comparandumpr4efiat andirç , e^ 
Gallico meis verbis Iqquentem llatinif 

r 

LùWfs Guichariin en Id Defcriptiou des Pdyf^ 

tias I (èlon la ver [ion de Belte-foref ) ^4* 

duit de r Italien, 

Non Ipînde la piititc villette de Meffine , liir 
le âeuvc da Lis cfl le village de Çomines , ayant 
un bon Chafteau , & en tceluy une trcs-bcîle & * ^^ t * 
rare t Bibliothèque ,ailèmblée & drefféc par Geor- ^ibâixlç. '^ 
ges Seigneur de Halluvinisf de Çomines^ Gentil- 
nomme très fçavant , lequel outre Ils œuvres 
plus dignes & ioiiables , & entre autres vertus 
(îennes , entrctenoil d^ordinaire en fa inaifbn & 
ailleurs, & carciloit conunucllen^ent boa nombre 



»m ELOGES DE PHILIPPE 

de gtnt do&t$ , & vertueux perfbnnages. De cet- 
te race & propre rmifbd fut PhîUppe de Comines^ 
Seigneur d'Argenton , quia elcrit i'Hîftoire &les 
CcHnmcDtttres d'une partie de ce qui s*e(l paffî 
de fon temps ^ avec grande candeur & iinçerîté : 
wffi fut il homme tres-noble, de grande entrepri* 
lè, & fakur , très illu^re , & expérimenté au^ 
liflîires, delquelles il a eu le maniement. Etpourr 
ce font les Autheurs de ce temps erand compte, 
h honoraUe mention de luy^ & rallcguent avec 
bonoenr , & nommément mon oncle Mr. Frax^ 
(CHS Gttichardin en (on Hiftofre. 

EPITAPHE 

m PHIWPP^ Pi ÇOMINES 

HISTORIEN, 

¥AR PIERRE DE RONSARD. 
ENTREPAI^I^EURS, 

ecPrestre, et le Passant, 

X^Pa*^ y elle cft cette PceQè empraînte ep 

\^ cette y voirjB ^ 
Qui ft rompt les cMveps à plcipçs mains i Pr. THif 

ftotre. 
Pa. Et l'autre qui d*un œîl trîftcmcnt defpjté , 
I^OTientc à. ce Tombeau? Pa. lyapmplc Vérité. 
Pa. Nc'gîft point mort icy le flomain Tite-Lîve ? 
pR. Non , mats pn Bourguignon , dont la vaçv 

moire vive 
Surpaf&ce Romain, ppurfçavoir égaler 
Li Vérité du faîâ avec le beau parler. 
I^A. py moy ce corps do{|é de tant de vertus dînes? 
pR. Philippe fut (on nom , fon furnom 4^ Cominçi. 
fh FV li riche, 9U j'U fuî4çl?aflrcracciflu? \ 



DE COMINES. mt 

^lu nfbtriche, &fîfatdenobkfiaig coaceiL 
pA. QQecontefonHifioireiP&.ËlIcdklcvo^^gt 
Qocfit Charles à Naple, &k bouché pai^ge - 
Pc Fortune conemie , & des mcûnes François 
Les combats variez encontre les Anglois, 
Et contre les Bretons, & les querelles foUef 
Pc nos Princes auteurs du Comte de Cfaaioks^ 
Lors que Mars avila de la France le los » 
Et qoclemont-Herylavît tourner le dos. 
Pa. Fut Hprefcntaufaiâ, ou bien s'il rouit dire I 
Pu. Ilfutprdèntau&iâ, & n'a voulu defoij^e 
Sinon ce qu'il aveu; ne pour Duc, nepourRbj^ 
n n'a voulu trahir de riliâoire la foy«^ 
Pa« De quelEfiat fiit il ? Piu De gouverner k» 

Princes^ 
Etfiige ÂmbaâàdeiirauTeftrangcsProvuicef 9 
Pour l'honneur de fin Maifltre, obffiné travailler^ 
Et guerrier pour (bn Maiifare , obftiiié batailla:; 
Pa. Pour avoir joint la plume enlèmble avec te 

lance. 
Qu'eut n (Prefire) dy moy , pour toute recoiih 

penlè? 
Pa. AhfiercfJhgrattmde / il eut contre raifim 
La haine <te Ton Maiflre, & deux ans deprifixii 
Pa. Quels Maiûrcs avoir U i Pu. Philippca da 

Bourgjongne^ 
LeRojr Charus HuiâiefînCi & Louis, ôvei^ 

gongne! 
UqDuc, & deux glands Roys: (a vertu toutefià 
NeftvidguerdonnernydeDucs, ny deRoys, 
Bien qu'ils fuf&nt ûiivis d'une pompcufe trope , 
Qu'ils éu£&nt en leurs mains^ les brides de l'Ev» 

rc^: ^ 

Si follèntils péris, & leur renom fuft vain 
Sans la vraye faveur de ce noble Elcrivaint 
Qui vifs hors du Tombeau de la mort les délivre ^^ 
£t mieux qu'en kui: vivant les ùix, epcore vi« 



tti ELOGES DE PHILIPPE 

Or toy, quiconque Ibis , qui t'enqueftesainfî^ 
Si tu n'as plus que êiire en cette Eglifc icy : 
Retourne en ta maifoti j & conte à tes fils comme 
Tu as veu le Tombeau du premier Gentil-hom- 

me, 
Qui d*un cœur Vertueux fit à la France Voir 
Que c*e(l honneur de joindre aux Armes le Sçà- 

voir; 

Dans )e^ ËfTals de Michel St. de Mortafgne ^ 
thap. là. du Livre i. où il parle des Livres. Eà 
mon Philippe de Ctmines il y a cecy ( à (çavoir 
du jugement de Philippe de Comines ) vous y trou- 
verez le langage doux & agréable , d'une naïfve 
fimplicité y la narration pure 5 & en laquelle la 
bonne foy dcTAudieur reluit évidemment, exem- 
pte de vanité (en parlant de Iby) & d'afFcâionat 
d'envie , tu parlant d'autruy \ fcs difcours & cn« 
hortemens acconipagnez plus de bon zèle & de 
vérité , que d'aucune exquifè fuffiikice ^ & par 
tout de rauthorité & gravité , reprelcntant fort 
homme de bon lieu , &,eflevé aux grandes affai- 
res, ^r; Et un peu plus avant.) La rranchifc & li- 
berté d'éfcrire^ qui reluit de plusfiraiche memoi- 
te en Philippe de Comines^ &c. 

Le Preudent Jaques Augufte de Thoti dan^ 
le il. Livre de fon Hiftoire , Tome pre- 
inîer ^ en parlant de la mort de l'Empereur 
Charles V. en iffS/dri iCautiortamen interdunà 
Cafar^ fef verfmtior plerifqae vifus eft , àb idjué 
ieélione Hiftoria Luaovici XL à Philippo Comi- 
II8B0 pruOentiffimo équité fcriptte deleètatûs fuiffè 
ferhibetur : in qua Ht multa prudentia pracepta 
tradi inficias non ierim ; ita ptura minas ingenui 
ntqœ adeo parum regij animt exernpla reperiri mi* 
nimè negari pot eft , itaque reprehenditur in Câfa-^ 
te vulpinus tUe perGatlias tranfitus^ &C. 

£tt à reowqacc œ ce pal&g« que cet £mpe« 



UÊCOMIÏ^ES. îttt 
i^cur tris-ayeol maternel de noftrc Roy , Prince 
eftimé des plus fagts & advifcz de Ion tcinps , qm 
flgiffi)ît & ^avernoit luy-meûne , fans & fiera 
autres du maniement de fcs aâàîres , iè plai/git 
beanconp à la leâure de ces Mémoires : qui n'eft 
pas un petit tefinoignage de T^ftime que les plus 
grands en doivent fiuiCi &du profit qu'ils en peut 
vent tirer- " ^ 

EXTRAIT DES ELOGES! r)E 
LA ROCHE MAILLET. 

PHILIPPE DE COMINES 

/£fforhgrapbe célèbre de France à 

Philippe de C aminés Sieur d'Argentodcn Pol^ 
ôou naiquit Tan 1445'. au Chafteau de Comines^ 
prés de Mefilne , fur le fleuve du Lys au^ys de 
Flandres. Il fut nourry en la Cour du Duc de il vroM éd 
Bouigongne,&en Tan 1464. ♦vint aufervicedu DucdcBonr- 
RoyLouys XL duquel II fiit Chambellan, &Se-«SîiÇÛvr« 
nelchal de Poiâou , & employé en dé grandes dcpeafion. 
chai^ , tant parleKoy Louysfbn Maiftre,que^Ce4oitêtie 
par Charles Vllh fon fucccfleuf^ Il a cfait €n.JfZ*j^^ ^ 
François THidoire de (on temps , que Ton eftioM: phm^ 4tf 
la plus véritable , laquelle a efté tradiùtc en La- Coma» 
tin , en Italien , & en Alemand. Il e^ufa Da* 
me Heleine deCharnbes^ de la nu^n des Com- 
tes de Mont-forean en Anjou , dont il eut uno 
fille unique nommée Jeanne , qui fut mariée i 
Rei^ de Bretagne , Comte de Penthieure. Il mou- 
rut en & maifon d' Areenton le 1 7 . Oâobre , i f 09^ 
ké de 64. ans. De (on temps il fit édifier une 
Qiapeilc dans FEglife des Auguftins de Paris ^ 
tonte entourée & enfermée d'airain , en IiqtkelUr 
il cft enterré ^vec 6 fçQUnc flc & fillç. 



E« 



l > 



ELOGES DE PHILIPPE 



Ex ScEVOLÀ Sammartïïan* 
Elogiorum Libro primo , Gallorum do- 
ébrinâ illuflxium i qui noftra patruraquc 
Inemoria âoïùeiimt. 

PkiLIPPUS COUlïiÈVS. 

PWlîppus Cominaeus Belga , fplendido génère 

éHuSy càm atiigijpet eam igtàùm ^ qua lahori mi" 

ihia Jifjferendo par effe *videretwr , in aulam Phi^ 

Ufpi BurgUMétia Ducs s ad Carolum ejus filittmfè 

€<mtulit^ eoforè tempwe jquoGallia conjuratipro» 

€eres^ Bùni publics obteMtu , Liidovico X/. Regl 

grave pericukfltmque bellum intulere, Cui belh & 

^efiûffignis Burgfindifis armatus interfuit ; £3? 

Carolo dehinç à Philippi marie rerum potito ^per^ 

egre^iam iniinuUis magni tnamenti negoûis Oomi 

forijque operamprafiitit. Quant hominis induAriam 

fiAodoratm Ludovicùs ( ut erat vifcfrum hoc fa^ 

€ultate praftantium diligentijfimus ^ fagacijjimus 

indé^ator) non prius conq/iievit , quâm eum qui-^ 

bufvis conditionsbus pelleâum »djms partes attra^ 

ieretyjibique totum ajfererei, faSus itaque Co* 

minœus GiUliie novus civis , duàâque uxore Mou* 

forella nobili ^ud Andes loconata^ hudovico deitè»^ 

€eps (*f Carolo ejus fitio perpetuus Çff fidelis adhajii 

4 ornes y eorumque res Ifello gefias ^ quorum isf p^r* 

éiceps fuerai y Angeli Cathi, Pontifias Viennenfu 

iortatu £5? impùlfu defcribere aggrejfus _j luculen* 

tam quatuor i^ triginia, amwrum Hiiiariam^ 

7»agna quidem fiyli ftmpliciiate^ fednec minor/pu^ 

ritate^ {flp quoa in rerurn Scriptore funinrum eji^ 

fitgulari aPud ofhnes fidei ac veriiatis épinione in-- 

Jigném pojteritati tranfmifii ; adeo quidem fauiïis 

ênitiis , ut v'ix ullum haéienus Gallta tulerit in e9 

geffere nobiË9rm% Q^ mihi verendwn minus ejl ,- 



iiitqms mirefur , OMi improiei y qmod Belgsm de 
re FràMcifa tam tefti pwkMin bis Ekgiss ttaerfir 
rere^ nofbrorimqHe b^fPihtmm numeru adfcribere im 
a m mi t m iltduxmm. Celfi^rt fuit ftatura ^ .vegetis 
inembrisy magnéupte Mhis^cris iff vmbms i£gmita^ 
te cmj^ieuus : ftèc eloquentia^ frudàaia^ aeterij^ 
yfte vtrttaibus ad fifmmas res traâandas idmeis^ 
uiil henmnum atatefuMfo^effu.Eo majore ommmm 
adnUraiiotie , quod vix ulk litterarmm frafidié 
fretm^ fenèfoîa Nature bfmtate niteretur. Nom 
tamen mferea ttiUtmfe .attt hmnunem vir-taftttU 
à féevê. ptttabilisFefrênmejoto vindicare pêtmt , cîmà 
ab oecf^.matevûhfum ^c^fhratiafte Mèd iLegefà 
Ijtdevkmm XIL in kn/i$àfts: ^ ferfidia ertmem 
addmSm , duram^ imipunHteterrimi carcerisea^ 
lamHMem , aliaqaefms meritis imdigwaditaijjimi 
faterftnr i net mlns fui furffmdi reSnjneretur h* 
eusyfatrofiisadverjmiormiàffiemiadeterriiis: do^ 
necfiutm iffe caufam in 6ena$H ageretj omnihtf* 
pte Patrmm^fententiis bmotififè tandem atpJvere* 
tnr. OUit Àr^èntani Piâonwn offide^ qnoa nxo^ 
riit dotis fèàrnsne poffidebat^ anm Cbr^anà falu" 
tit i5'ôO« ittatis antemjua.qnarto ^ jexagefimo j 
Lntetiémque delatns jt^sf Aâgntftinsana in ade ad 
Segnanam tnrnnh marmoreo à fe condiu fepnltnt 
^ : nmica fiUa fufiefftitè ]otXiXïà , Rentfo Brita- 
nioo Pentdffia Comiti eélhcatat quoex matrimo^ 
tno îtfnkée. illnUres in .GsaUia famiUé matemamt 
miginam ioditqni ad GomiiUBUin i^nm refit' 

Bogê à$ Phllim de Cminei pa^ Jhd^Jfbevé 
L <tnr#4« deU vie dis Hommes lUf^res. 

TOut àviQrqae l-hiftoirecfl: la choie la plus ncy 
ceifiiée , utile À foohiitable qu^oo puâS: ima- 
Kiner i cauile d'infloitéde biens , qp*çUe nou» 
cbmmimiqQc: âni&f & )iUc n'eft: amilbiuiée de 
tome IL " *♦♦ «m- 



ELOGES DE PKflLII^PE 

toutes les qaalitez,^ui y font requifes , c*eft li 
ehofe la plus à reprouver ^ tnerprilèr & rejeâer^ 
qu'on puiïlè penfèr; La raifon cil, qucrauthori^ 
té qu'elle tient , nous fait mifèrablement trebul« 
cher en infinies erreur» & finidres opinions dc$ 
diofes auparavant paiTées ^ & nous fait rouler ad 
précipice de menfonge; an lieu que fi elle efioit 
efmailHe àc$ propriétés^ qcM tuy doivent fyînpa- 
ti&r 9 nous relevant de plulkurs précipités juge- 
mens, qu'à tort& à travers nous pourrions don», 
cet, ellcnous jetteroitauport vtritablé dc'filut. 
Pùur preuve de tout cecyjepourrois me ruer fur 
latemcrké» infuffi{ànce^,vou mefchancëté d'au- 
cuns grîfonneurs ,- qui v- a^ lieu de propoltr le 
vray;^ iè. baignent dansutiord) fale&infcâma** 
rais. de bourdes & menteries ^ fi je ne craignois 
fkîrepen&r à âucun&,que je prends plaifir à fatt- 
rifer,! inordre & picquerun chacun ; jVrime par 
frop mieux icy vous reprefenter le pourtraiâ du 
Seigneur Id'Argentoa y tel qu'il efi en bofic tké 
de fou vivant deux ans devant fa mort en fa cha- 
pelle V qu'il a fait faire & bafiir en rEgfife des 
Auguftins de cefie Ville de Paris ; afin qu'en un 
fi riche & excellent Tablrau^de vérité, chacun fè 
puifi[èn)irer, qui aura envie de vrayement hifio*- 
rierfans dcfguifer les: matières , flater ledei,:oti 
bien mentir. Qu'à ce pcvfbnnage ce los de veri« 
lable., ne (bit à tre^bonrdrolâ efchcB y^helcaiiK 
roiion tonier.7 auti erocnt ce ièroit à crédit fb 
plaire au mcnfbnge : joint aufly que le rapport , 
du récit qu'il a fait de cejju'il a veu , ^vec les 
Hiaifcrk» ,^ 'palliatîôns , & Taulfètés des adiilteri* 
nés & . fbphifiiques. hifiorlens , poucra; aifimoent 
defcouurirla vérité de moiidire. Je fcay que plu* 
fieurs, qui Ont pattidlifô' contre ceux , dèfqudsi 
le Doâe de Comines i Idefcrit les faiâ^) diâs 
Ct geiles , trouveront cècy^de fort mauvaife dn 
geuioa ; mais s'ils vculettt pcrniettre qu'on leor 

ode 



DE ÇOMINES. xxxf 

la taye qui leur esblouitlcs yeux & leur fiiiâ 
dre le blanpour le noir, ils ne pourront fkti-^ 
ulls ne recognoificnt , que avec trçs juûc 
ifioD le titre de loyal & véritable hifbricn a 
donné â ce grand hiflonôgraphe; auquel qocl- 
uns femblcnt fcavoir mal gré parce qu'ayant ^^^ur i'Àii 
; temps efié au fervice de la maifbîi de Bour- genton k 
jnp i des l'an mil quatre cens fbixante qua- ton taxé. 
il ait fidtretraiàe vers le î^oy Loufi onzict 
mefines y en a eu de fi mal advîlêx i qu*i1g 
t pour cefle occafion taxé de perfidie & trahi- ^ 
Je ne veux ici entrer aux moyens qui pour- 
Qt cûrè employés à fa juftification \ crainte 
»roIixité; mais, en pafiànt diray-je bîcn^ file 
m d*un fubjeâou lerviteurnepeutefireefien^ 
lu préjudice de pieté $de laconicience, que 
leur d' Argenton a peu dciçouvrir le pernicieui 
iplot de fon Maittre à rcndrqit de riunocent^ 
qu^il s*.en dohnaA garde; ; & pour n'cfire eh 
^f de&perionrie,quil s'eA peu retirer i pu il 
ic à lauveté: mais qu'il n'ait e({é fidèle & loyal 
an Bourguignon (bit aux Roys de France ne 
: on le révoquer en doute; autrement je n'ëm^ 
rerois que les charges , privautés & famtliari'^ 
t dont il a efté honoré par ces Princes i plu- 
rs & fréquents amba(&des i apfquels Q s'eft 
aiocnt 'êmf)l9yé j que fes haineux mdmes 
ient c6h(iraiuâs de recbgnoijftre^ noapQÛH 
t k prudence & maturité d'^fprit 4 qui ^Qok 
ce pilonnage admirable, mats aufiy laloyad- 
, dont il empraHoit les affaires des Seigneprs i 
quels i( àvoit voué fervice , moyennant :que 
1. ne pèriçllta^rhonneur defaconfciehçe,qu'il 
ik en 11 grande reeommanjdatioh ^ que pour 
j les biens du monde il^euft efté bien 4àfi;hé 
£ure fan jfaux bond : mefmcs en eûoit il telle- 
ntjalbuxa'qû'il aima mieux quitér leparty^u 
ôrguignôâ ol charger le mafque de mai &• 



Kxvin ELOGES DE PHILIPPE 

Mais diamant qu'un G grave Hiflorien n'a defcrît 
le commencement du règne de Louys , & qu'il 
a obmis plufîeurs particularîtez notables , ne par* 
lant gueres que dés chofes dont il a eftë oculai- 
re tefmoin , le Roy Henry le Grand , 
il'cternclle mémoire, commanda à Pierre Mat- 
thieu , l'un de fes Hiftoriographes , d'entrepren* 
dre l'Hiftoirc enticrc de ce Prince , de laquelle , 
& de Comines^ nous avons tiré partie dé cet Elo- 

Îe; & de n'aguercg fous le Roy Louys le 
USTE , Gabriel Naudé , pcribnnage doâe & 
curieux , a mis en lumière une Addition à THi- 
ftoire du mefmc Roy Louys XL contci^antau* 
cunes belles remarques , que les autres n'avoient 
point touchée^. 

Quatrain mis defibus un portrait de Philippe de 
Q)mines. 

P^i^ipçus CpMiN4y$ 
Flander eques 

HiSTORICORUM PrinCEPS. 

Yi£t^ y inv'tdit me G allie a bella mtàjje 
Çrifpus Romana prîmus in Hiftqria : " 

Si te RoT^afuQ^ dixit ^ fermonè beajfetj 
Coimninae fores prmus tn Hifioria, 

^ Auh. mtneus. 

L'Autheur meftic dans fes Mémoires , pa- 
ges 103. & 104. parle dcradvantagc que les bon- 
nes Ltttrcs , & principalement les Hiftoîres , 
font "aux Princes, [Et ett grarid advantagc aux 
princes d'avoir leu des Hiftoires en îeur jeuncf- 
^, Ê5f<:. & cft ce me fcmblc (à çè gûéj^ay veii 
pluueàrs fpis* par expérience dé ce monde) l'un 
des grands moyens* de rendre un homme fagc, 
que d'avoir leuks Hiftoircs anciennes, & appren- 
dre à fe conduire, & garder , & entreprendre fa- 
gcmcnt par icellcs , ôc par les exemples de nos 
prcdeccflcurs. 1 



DE COMIN ES. mn 

Le mefmc Aothcar page iSi. dit poorqnjil 
dd^clalcâurc de fi» Mémoires. [Atflljeâi» 
iijpp compte que belles ne Amples nes'uni^Qnf 
point i lire cet Mcmoiret , maisPriocei, oaai^ 
très geos de Coffc y tipvveiont de bom «drei- ' 
tiflcmep^J i,_ . 

Le memie, page 312. [LesCroniqucursn'e& 
CTÎTeot comDiunetnEm -les choies qu'à la louaBgt 
de ceux de qui ils parlent ; mais quant à moy jé 
me délibère de ne parler de çlwfc qui oc foît vfaye^ 
ÙDS jivpîr égaid aux loUaoges. j 

PSEAUME ÎI: DE David. 

Et moK R^et hCtlli^iu : emditmni qtù ju£- 
tatis Urrant- Servife Domina in limort : ^prt- 
hemiite tUfciflitiam ejtu , fuqiuafdi ir^s^fir ^^ ir a ^l. 
ftreath 4* viajuft», _ ^deMÎ^ft^Ti, 

Etcpuccz donc mauitenant , vous Rofs , agcntie, rc 
Princes, foyez advifex : apprencî vons qui jngeznaud'leBau^ 
fur la terre, & tirez d'icy infiruâion de ce qu'ii i"p* f nSt 
voi)« fiwit faire. SerYC^ au Seigneur tout-puifflnt t^^, 
en crainte, & fans orgueil : recevez fàdoârioe, 
afin qu'il ne k courrouce , & que vous ne vpuf 
perdiez de la Ytaye Tpye, 




TA- 



•'. » 



Êkmmmi 




• 7 A: B; X. E 



' ^ <^^ ^^L^^ V^ «^ <^i ^49% «^^ <^^ 



t A B L E 

De quelques Pièces, & prinppaux 
Adtcs , inferezparmy les Preuves & 
Obfervations faites for les Memoi- 



jL^ Leâeup trouvera divcrfes Pièces que 
nous avons mis à la telle de ces Preuves 
& Obfervations fàifans la Troifiéme 
partie de cet Ouvrage ,. pour luy fervir 
comme de Préface , jdefquelles Pièces 
voicy le denon^brement. 




Xtrah <fune 
Préface qui 
ejl au ^- 
vani d^une Efijùonde 
€etteHiftoire , à Pa^ 
ris Pan 1614. 
JI. Extrait d'une ttettrf 
ou Préface mije au 
prnrnencement de I0 
^uxiérne partie de la 
verjion en Latin tù 
cet Autheur ^ faite fa^ 
Jean SIeidan très cer 
*iebre fiUlorien qui 

• ■ » 



\ 4. 



fis Négociations paf- 
1(1 ville de Strasbourg^ 
. laquelle Epijlre {fat- 
font beaucoup à lare* 
çommandation de cettei 
Hiftoire ) ef^- adrejfée 
à Edouard Duc de 
Sômrnerfet Comte 
ffErford ^ Prote- 
âeur dA^gleterre • 

lit Des Eloges ^ Tef 
moignages que re^- 
(lent ^ Philippe ik 
Çomines plujicurs ce^ 

Icbrçj 



DEg PR 

feires Jfiflorieus C<f 
oMtrcs graves perfin" 
9U^Sj Jf avoir, 

1. Jtifie làpfeenfes 
Notes ffir le^emier Iji- 
vre de'fes pqlitiépies^^ 
Latin. 

2. Jacques Marchand 
fnfon Livre i . de l^dt'^ 
fcriftim de FUmdres au 

fb^tre du Bourg de Co- 
mines i lfqtfeflivfeffiet$ 
Latin. 

3. AtAefi pSiféeus de 
pruxelies dans la ix. 
eU^e defes Eloges dei 
Beiges faits en Latiff, 

4. Valere André dans 
la BiblioUffue Latine 
des Belges fuùliée à Lou-? 
vain Pan 1643.^^. 771. 

f . Gérard Jean Fof* 
fins enfin livre des Hi* 
Jioriens Latips livre 3. 

6-JeanMari^fnadans 
fin Hiftoire en Latin de 
Rebas Hîfpaafs ^ Uvre 
23. chapitre f. 

7. Loâis Guichardin 
en la dêfiriptiondesPaysr 
bas filon la Ferfion de 
Belle-firejk traduit de 
f Italien en franpois. 

8. Pierre Ronfardyh 
friisce de la Poéfie Fra^- 
foifi dans le dernier fi^- 

fle^ fnafaitp§fH^hf 



EU VES. 



envers 



entreparJettrs un Pretira 
Uf un PaJJànt. 

9. Michel de Montétt-^ 
gne dans fis Efais chef. 
10. //v.a. 

10. Jacaues Aâgafi^ 
de Thou dans le 21. H^ 
vre de fin H^bnre Lotir 
fteTonte 1. 

11. La Roche Jdaillef 
^sfis Eloges» 

12. Scevole de SJUar* 
the dans le livre i. de^ 
Eloges Latins des hom» 
mes de lettres ilhûrês^ 
qm ont fleùry de fin§ 
ten^Sy où dçcehyr défis 
pères. \ 

13. Ehgede Philippe 
dç domines par André 
Thevet livre A^delavie 
des Hommes tllufires. 

14. Le Sr. Colletei 
dans fin Hifioire des Poe-- 
tes parle fort honorabh'^ 
ment de Philippe de Cor 
mines dans rJEloge de 
François Bairat Poète ^ ni 
à Argenton en Berry. 
}V. Extrait de P^kge 

^ RoyLouys XL que 
Scevole ^ Louys d§- 
S.Marthe freres^Çonr 
fiillers^'ftiftoHopraT 
phes ordinairexdu Rsy^ 
ont infiri au livre 
lA£h(cpiPrt ^.4e fffr 



TABLE 



/- \ 



H 



jhire Geneahgtgsie de 

Ja Maifon de Franc e\ 

dans lequel Eloge , // 

efi faite une tres-hono* 

rable mention de nth 

fireAutheur: comme 

auffiH eji repuirqu/ 

que ce Philippe cQ di- 

fioe de tous ks A- 

lexandres ; Que par 

ordre dk Roy Henry le 

grand , Pierre Mat* 

tbieu fun defes Ht- 

fioriographes entreprit^ 

éFefcrire PHifloire de 

£e Prince y ^ que fous 

le feu RoyLouys lejur 

fie , Gabriel Naudé y 

ferfonnage doéle iff 

t$trieuxy amis en lu- 

LIVRE P 

. A Bregéde la vie d^An- 

*^geloCaUhOy Arche^ 
tt/efque de Vienne , a 
qui FAutheur addrefr 
je fes Mémoires, p» i 

Uraitt/ d'alliance entre 
rr an foi s DucdeBrer 
t^ne^ CharlesCom- 
te de Charollois à 
. Nantes le 22. Mars 
.1464. 10 

^roÀtti i^ alliance entre 
François Duc de Bre- 
tagne Çff CharlesCom' 
te de Charollois à Èf 
fiampes Je 24. JuIIt 



miere une Adiitim k 
PHifloire du mefme 
Roy Louys XLDe tous 
lefquels , ces Hiflorio* 
graphes frères de S* 
Marthe , ont tiré par^ 
tie de cet Kloge. 

V. Quelques Endroits 
citez par PAutheur 
dans fes mémoires à la 
recommandation de la 

. fcience de PHifïoire ^ 
i^ de fes Mémoires • 

VI. Quatrain mis defTous 
un portrait de Philips 
pe de Comines. 

VIL Un Visrfet notable du 
Pfeaume IL de Da- 
vid avec fa Tradu^ 
élion, 

R E M 1ER. 

Traitt/de Paix , appelle 
de Conftans , entre le 
Rov Louys XL ^ 
Charles Comte de 
Charolois ^depuis Duc 
de Bourgongne , tan 
I46jf. k çinquiefme 
OélobrCf 29 

AsUre Accord de Paix 
faiâ à Sainéi'Maur 
des Fûfjiz^ entre le Roy 
fuouys XL dkunepart^ 
£5? les Ducs de lior^ 
mandie , Bretagne ^ 
Calabre , ÇjP J^AÙrrai". 
ne , de Bourbonnois ^ 
^Auvergne y ^ d§ 



DES PREU \f ES. 



Nemours: ks Comtes 
Je Ùharohis ^ d^Af" 
magfiacy de S, Paul y 
iif autres Princes de 
France Jouslevezfous 
le nom du Bien public^ 
iauSre fart : Pan 
146^. le iuingt^neuf- 
viefine Oéiobre. 45* 
Proie flation dudit Roy 
en fa Cour de Parle- 
ment de Paris, contre 
kfufdit TrMâe'JoU' 
ftenant qu^il avoit efié 
fais far force i^ con- 
trainte y contre fa vo^ 
hnté y ^ ne luffau- 
v.oit tourner à préju- 
dice : ^ ne pouvoit 

LIVRE S 

Lettre de Charles Duc 
de Bourgongne , don- 
nant advis asf Aoy 
Lo$tys XL de la mort 
du Duc Philippe le 
Bon fonpere.De Bru- 
ges , le dix neufh/ief 
ine Juin 1467. éy 

Comment le Cardinale 
laBalluê,^rEvef 
que de Verdun entre- 
tenoient la divijîvn en-y 
tre le Roy houys XI. 
bf fin frère Ciarles, 
Pufdfi Çuienne. 66 



.iaiUer.e» ^m^g, 

a fin frère Charles le 

Duché de Normandie^ 

puis qu^il avoit eflé 

w^ À la Couronne far 

les Rsys fés predecef" 

fetsrss'h mefme am 

■ 1465-. . j6 

Quelques pièces eomcer* 

^nans la Ville ^ &#- 

gneurie(fEfpimd. 60 

Lettres du Roy Louys 

XL portant puiffknce 

à Jean Du€ deCdor 

bre^dejjutraine^de 

fe faifir delà perffmne 

de ftm frère Charles. 

A Montargis , /f 8« 

Aotsfi 1466. 63 

E C O N D. 

Traiâéde Paix entra le 
Roy Louys XL d^une 
part , £5? Charles der- 
nier Duc de Bôurgonr 
gne^ diantre. A Pe- 
ronne^ le 14. 0£Mre 
1468. 71 

Ratification^ avec les ve^ 
rifications dudiffrait- 
ié dux Parlement y 
Chambre desCompteSj 
bf Cour dçs Ayites de 
Paris. 109 

Remarques fur le Trait* 
tédePcronne, II) 



tlt 



TABLE 



LIVRE TROISIESME 



Lottfs XL contre U 
mefmc Charks Duc 
de Bourgom^ ; fur 

Jm fang , Çj? atOres 
NoiabEs é^emblez à 
ttours , farlaquelkil 

fe tient quitte ^ def 
cbargi des promejfes 

Î^tfiî avait pùSespéfr 
^ Mdip Traitté de 
fermue ^ fai0 en 
1468. A Amtoife , 
Pan 1470. le troijfef- 
me Décembre* Uf 

JLettre de Charles Duc 
de Bourgonfne à if n- 
toine Je Cbabannes 
Comte de Dàmpmar* 
tin à Hefditf le i6. 
Janvier 1470. 124 

fiepotife du Comte de 
Dampnartin au Duc 
de BourgongnCf 127 



Donfaiâ au mefine Roy^ 
par Marguerite Rey- 
ne cf Angleterre , des 
droits qui luy apporte^ 
noient es Duchez^ 
d^ Anjou , de Lorrai- 
, ne ^ ^ de Bar , €3? 
au Comté de Proven-' 
ce Pan 1475*. le 7. 
Mars, 1 30 

Seconde cejjion îs? trans- 
port au fufdit Roy par 
ladite Marguerite des 
mefmes SeigneurieSf 
A Angers Pan 1480. 
& 19. Oétobre. 139 

l'raitté entre le Roy 
Louis XI y Charles 
Duc de Bourgongne , 
par lequel ils confir- 
ment le s traittésûtAr- 
ras , Conflans , Çs? Pe- 
ronncj îsfc» fait au 
Château de Crotoy le 
^'Oéiobrei^^l, 147 



LIVRE QU.ATRIESME, 



^raiâi , au Trefves 
marchandes. faiSes 
four neuf ans entre le 
Roy liouys XI, Çjf /e- 
dit Charles Duc de 
Bourgongne, ASolew 
vre , proche de Verr 
^fins^nPiçar^e^P(k^ 



1475*, le treiz^efme 
Septembre. ifS 

J^ttre que le Chance^ 
lier de Bourgongne 
voulut avoir dejjiuys 
XL à Peronm , avant 
que de livrer le Con- 
neftablç de Sainét 



bts PiiÈùvÊA 



Paul aux gens du£t 
Roj , tan\ 147^.. le 
11, Novembre. lyj» 
Iteftament dudit Conue^ 
Jiablâ de Sahâ Pauly 
a Peronne y le 24. 
Novembre y î'47jf;£g? 
k eoélicilefaiS à Pa* 

LIVRE CIN 

première Âlltautce des 
SuiJfeSy avec lafrau" 
€e y fous Charles Vil. 

Tauî^sS' ^^7 

Rasifica^ou JuditTratt- 

ti JCAlUance , par 

hmjsXl. Pan 1463. 

ipo 

Accord entre ledit Roy 

LouysXl. ^iesSûif- 

fes\ contre le Duc dé 

Bourgofigne , Pan 

1470. ^'19^ 
Alliance plus efiroitte en- 
tre le Jnfdit Koy ^^g 
kfdits Cantons des 
Ssd£eJ;tanij^à{. tçir 
Déclaration plus ample 
' du contenu en tadi' 
te Alliance , faiâe 
far le Canton de Ber- 
ne , la méfiée année 

Epitaphé de Charles ^ der- 
nier Duc de 'Àhvr- 
gongne , • qui fut tui 
devant la ville de 



ris , le dix nettfvîe/» 
me Décembre enfui'- 
va^. ' . ^fj 
Procès criminel faid am 
fufdit ConneUable ^ 
tan 1475-. // mois de 
Noi/enibre ^ y D^ 
cembroé 1^81 

QUiJSSMR 

Nancy 1 fant^*j6,là 
veillé des Roys. AqJ 

Tejlament du Roy Re^ 
ni de Sicile^ Com^ 
te de Provence , Pan 
1474. k 22. Juil- 
let. ' 199 

Extraits du Tejtament^ 
£ff des Cjodiciles dé 
Charles tAnipu Roy 
de Sicile , £3? Com^ 
te de Provence , Pan 
Ï4S1. lé lo. Decem* 
brci lis 

Arreft. du Parlement de 
Paris y en Fan 1477.* 
au mois d*AouJly con^ 
tre Jacques d^Arma* 

" r«^ , Duc de Ne» 
Imufi ,& Comte de 
la Marche , condam- 
né pour crime de le- 
Ze-Majefié. 221 

Lettres patentes \ par 
lefquelUs Louys XL 
annoblit Olivier le 
Dain^ Çg? Ity chm* 



T A B 

gé fin mm y £s? donne 
dis armùiriiSK 4 Char- 
tires ^ enOâobre^ mil 



L E 

qnatre cens feptakte^ 
qnatre. 2.24 



LIVRE S IXIES ME. 



itraitté entré k Roy 
LouysXI. ^Ma^i- 
milienDuc (t Autriche 
tant pour luy que powr 
fes enjann, AArras le 
i^. Décembre 1482. 

. . 228 

irois Lettres efcrittes 

far Loties Xh aux 

frères jacobins de 

Tmesj en 1482. i^ 

1483. 2S1 

Procès verbal drejfé par 
ordre dudit Roy ^ lors 
que le corps d^ un nom- 
mé Frère Je^rn de 
Ùand fut ievé de fa^ 
première feputture à 
ttroyes\y l^ani^fiz. le 



, 13. Novembre; 182 
Lettres efcrittes ^u Pa- 
pe par ce mefmeRoy^ 
' pokr la tanonifation 
dudit Frère Jean dt 
. . 6and. i^Sf 

Autrçs Lettres efcrittes 
fur le mejme fujet à 
un Cardinal. 287 
Infîruéiion de Louys XL 
■ peu avant fa mort , 
; àfon fils Charles vin. 
A Amboif e y le zi, Sep^ 
. tevfbre. 1482. 2b 8 
Du, niariaj^e dudit Roy 
' Louys XL avec Char- 
lotte fille de Louys 
Duc de Savoy e , Pan 

HS7' ^9S 



LIVRE S EP TÎ ES M E. 



kefponfes aux préten- 
tions de René IL Duc 
de Lorraine , fur les 
Ùuchet d'Âniou , 
omtez de Proven- 
ce ^ i^ du Maine , 
, Pan 1484. 207 

DroiS des Roys de Fran- 
ce au Rs&ya^mé de 



. Sicile , Êpr /x Corn" 
. tez de . Provence , 

Forcafquier , ts? au- 
.^ très 7 erres. 30 1 

Tiraidéde mariage d'An- 

ne fille du fujdit Louys 

XL avec Pierre de 
■ "Bourbon , Sieur de 

Beaùieù^ depuis Se- 
cond 



DES PREUVES- 



^ondduHomy Dncde 
hourbon z le 3. No- 
vemhre 1473. 316 

htvefiiture de la Du" 
cbéde Milan à Lu- 
dovic^ BuLojtys Sfor- 
ce , fftrmnmeleMo^ 
re , far r Empereur 
MaximilianL AAn^ 
^ers^Pani^. 322 

TraùS/ de Paix efttre 
le Ry Charles VUL 
l^maximilienL Rûjf 
des Romains, A Sen- 
lis, Panï^ç^. 338 

article fefaré du Trait-' 
té de Sentis -^Par le- 
qnel les' AMa^adeurs 
de Majçimilien Roy 
des Romains renon-, 
cent pour luyau titre 
de Duc de Bretagne. 
A Senlis le dernier 



May 1497. 363 
Citntraâ de Matié^9 du- 
dit Roy Charles nu. 
aruéc Anne Dnciefi 
de Bretagne. A Lan- 
gezFan 1491 • 366. 

37f- 
Inftruéiioni dbnnies par 

le Pttpe Alexandre VL • 

à uh Nonce par Iny 

envoyé à BajazetEm^ 

pereur des^ Turcs c 

Tan 1494. 3S1 

Lettres tPicelny Sultan 

' audit Alexandre. 386 

La vie dudtt Alexan^ 

drei \ 391 

La vie de Cefat B'orgia 

fU dé ce 'Pape. 40* 

Traiéié du Roy Charles 

VIIL avec ce nsejme 

Pape^Panï^^S' 4^3 



LIVRE HUITIESMÉ. 



Difcours touchant le 
droiH du Roy Henry 
IL fut éverjes Set- 
gneuries^ i^particù" 
dierementau Duché de 
Milan 4 409.412 

Ht la conférence de Ùa- 
marian au Duché de 
Milan/ani4\9S./^i6 



Droits des Roy s deFran* 
ce aux Comtez de 
Roujfillon j i^ de Cer^ 
dafncj ^li 

Du Irere Hierojme Sa" 
vonarolè de Ferrare y 
de r Ordre des Domi- 
nicains. 4i9.42<S 



Fin de la Table des principales Remarques , for 
k< boit Livres fos-mentioDii£2. 

QucV 



TABLE DÈS PREUVES. 
Quelques Additions^uxfuTdites Remarque^* 

Atnirt'txpUciaim | j^ . tre Philippe de Cài 

rfclairciBemem^J^au- . mines , ^ . HeUine 
etines eifofes dtfficiks de Jambes ^P an t^^*]!. 
à entendre en U &- 469 

Sure de cette ISJhi- ContraS de Mariage 
re^ touchant le t/oyâ' de René de Bretagne^ 
ge du Roy Charles ^ de Jeanne , fille 
vIlL en Italie far duditdeComineSyPau 

f. JeauSleidan* 43e . ifOJ.., 4821 

Jja viedeP^utheur^re- Epitapie dicelle Jeanne 
cueillie far le mefinse deComines. 491 

Sleidan. 443 Généalogie de la Maifotà 

Aunotatioits fur icelïe de Cofnines, 

Vie. 44^.4^1.^ Tables des Matières j^ 
fiiivantes. Remarques;. 

Çentraâ de Mariage eU' 



biVERS 






DIVERS 

TRAICTEZ, 

Conttiâs, Teftâmens, & au- 
tres Aâes, &Obfervations, 

Sei^ans iefreiOiei , û" lïlllujfrt- 
tioas aux Mémoires Je 

PHILIPPE DECOMINES. 



• Sommaire de la vie de Meâïte AnceloJîJ''*'/* 
Cattho , Archevetilue de Vienne , qui rcu'%^ 
& peut adjouter aux Croniques de ?*T5f?* 
Meffire Philippe de Comincs. &.& 

que de Vien- 
IE«IRE pHILlPPe DE C0Mt>«!,|esèig\«ï* 



Chevallier , Sthueur d'Argemon i"*!*^"'' 
^athtur dUfrefim Livre j «w con- uemoi 
tient les Mémoires du vit s des Koys^'*'"^ 



Lat^s ontitfme , Ky Charles hitiBiepae ^îrJ"d« n«jt 
Dieu alfetve , dit par fi» • Freefme , «^"«îi.^i'fttiî 
Wîl » cfti noutt .emicln tifittt d'aa ■ndtAPCcroiitiiptftudins* 
ft caticaS «te l'ftiWMf. * tige i. 

Tome 11. 4 «vftr 



2 PREUVES ET OBSERVATIONS 

avoir rtcolligez, Cr compilez. 4 ta reqiafle d^wn 

jirchtveÇqut de Vienne : duquel ilfaitfouvent 

^ mention en plujieurs * endroits de fefdits Me* 

%%%,i9z^* moires : fans toute sf ois déclarer , nj/ autrement 

401. 4tf5- exprimer y le nom dudit Archevefque 9 ne quel 

pcrfonnage c*efioit : Et powce que cela ne peut 

' efire advenu , qu^il rtatt efle homme grand O* 

vénérable , digne d^ejlre mis en plus grand lu* 

miere , il fera ici recité ce qui a efié recueilly 

Cr entendu de lui , par le rapport de trois per" 

fotinages de grande foy ^ prudence y O^authori» 

té : i*un defquels ( qui eft decedé ) ejloit mejftre 

fehan François de Car donne Chevalier , &/- 

gnevcr de la Folejne €7* du Pleffis-de-Ver en Brc 

• Il J^£^^ » Confiiiler , C^ AïaiJtre-d'HoJlel des 

loit avoir de Rojfs Charles huiffiefine , Louis douziejme , O^ 

lieu"- ïnon ^^^^Ç^^^ premier de ce nom , aujfi fouvent * al" 

que comines Ugué poT ledit SeigncuT d^ Argenîon ^ enlaCro* 

ftacic chofc JtiVyîwr r^ Meffire lehan Briçonnet 9 Cheva* 
queaqu-on^^.^^ ^fg/z^wr du PUJfiS'Rideau , Confeiller^ 
Cr* fécond Prefident des Comptes à Paris {q^iefi 
m&ttLï^M * ^^^^^-^ 'viy^nt ) €r le tiers efleit un GeniiU 
font rayez en homme de Naples y portifan de la maifon dUAn* 
Sf^a^^P^r! ^'^M , appelé meffire Renaldo ^Alhiano^ éSkffi 
fus dietdifuit Chevalier , qui a longuement demeuré en ce 

Sine auttc* -^^^^««^ 't ^ Jl ^fi ^ort du règne du Roy Fran^ 
snain : mais cois : LtÇquels ont coanu , veu O* freauentéle* 

il pouvoit j'^ c ' Air * j r 

encores vivre »'^ Seigneur Archevefque , ^«^ ^f fon propre 

jpn^ff y i^^w C7- furnom , s*appelloit meffire Angeb 

* Cattho , C^ fiîi^ï^ natif de Tarenteau Reyau^ 

me de Nèfles | cr avoit faizy ' la part de U 



SURLESMEM.DEPH.DECOM.Liv.1. 3 
maififi d^Aniou : mcfmes les Ducs lehan <T 
NkoléU dt CdéJbr€^& enfâns héritiers de ladite 
WMififif ^ui étvoient grand droiB audit Roy aw* 
mey Cr defyuels mention eSt aujft faite enflu^ * 
fewrs ♦ endroits defdits Mémoires , cr efioit « patcii. 
ledit Archevefyue ferfonnage de bonne vie ^$7-^7 ■ ^*i* 
grande literasure ^ modeftie^ €7* très fçavant*^^* ^^^* 
es AùtshtnMtiqnes. Et pource fU0 lefdits Ducs 
leban Cr Nicolas prétendirent pjkfecutivement 
au mariage de la fille umque du Duc Charles 
de Bewrgengne ( qui efioit lors le plus grand ma^ 
riage de U Ûsrefiiemé ) ils tindrent ledit mej^ 
fire Angdo Cattho prés de U perfinne dudit 
Due 9 pour conduire de leur part , lédit^ma^ * Ptgcxu. 
riage : lequel ne fut accomptj ne pour Fun ne 
pour Foutre: car ils vefquirem peu , <Tdece^ 
derent tofi l'un uprés Pasare : Cr après leur 
decis , leàit Duc y cognoiffanê le grand fins 
Cr vertu dudit mejfure Angelo y le retint en fin 
Çervice y <p^ lui donnapenfion. Et efioit pareil^ 
lement m fervice dJit Due ledit Seigneur * ^ ^^^^"t 
dtArgenton , avecques lequel il contratiagranr p. xys* 
de amitié O- familiarité , €^ pendant qu*il 
fut aivee ledit Duc , * il lui Prédit plufieurs * Prcdîc- 
éles fortunes bonnes Crmastvaijes qui luiaduin- ^^^^Iç^ 
drent : mefmesdes batailles de * Granfin O* ^}l chaiiei 
MarM,€:r après ladiubataUledeMoratcognoifi^;^^^^^^ 
fam Pebfiination dudit Duc , ( Crpeut-eHre ) * Page^7«r 
les malheurs qui croient a advenir a lujf^t^k ^^^^ 
fk mdifon 9 prit congé de lui honnefiement , 
co m me il pouvoit bionfaire , fins pour ceétre 
fnfreçbém ademnié : fât^il efioif efiranger 

4 1 ir 



4 PREUVES ET OBSERVATIONS 
Cr non fnjetdudh Duc : Et fut ta fi retiré par 
ledit Roy Louys onziefme ; duquel il tfioit de* 
venu nouvellement fujet , au moyen que le Roy 
René^ Duc d'Aniou cr Roy de Naples O^de 

• IcTcfta-*^^^''^' '^^^'^ inftitué* ledit Roy Lou^s enicief 

)nent s'en me 9 fonneveu^ fon héritier efdits Royaumes €7* 

Iwél ^^' tous fes biens. Et eitant au fervice dudit Rej 

Lopys ( qui le fit tofi jirchevefque de tienne} 

^^^^^^^' furvint la tierce bataille ^ donnée a * Nancy : 

en laquelle fut tué ledit Duc , la vigile des 

Roy s , Van mil quatre cens foixante O^fiize j 

O^ 4 r heure que fe donnott ladite bataille j & 

a V infiant mefineque ledit Duc fut tué , ledi$ 

*V^n^'^^ * ^^' 9'0/r/^ Mejfeen VEglifemenfieur 
€l>. 4. du 7. Sainil Martin a Tours , difiant dudit lieu de 
^vtttiucomi.js^^^^y ^^ dix grandes journées pour le moins • 

àue cet M- CT a ladtte Mejfe lefervott a Aumofnter ledtt 

à^f Aftro-^''^*^^f/f«^^^ r#>»w : lequel en baillant la 
logue : mjïspaix audit Seigneur : Ity dit ces paroles. Sire^ 
jncrvciiict*^-Dieu VOUS donnc la paix& le repos : Vous 
qu'il ne par- les avez fî VOUS voulez 9 quia confitmmatum 
unf^xMm^ ^^ • Voftre ennemy le Duc de Bourgon- 
»We ^quc gne eft mort , & vient d'eftrc tué , & ion 
le paflage de armée defconfite. Laquelle heure ceittéejuttrou* 
U *"?"„^'* vée efire celle en laquelle veritablemem avoit efié 

PucdeBour- / / j. ^ ^* 1 j- n - t rj- 

cojignc. tue ledtt Duc. Ettyant ledit Setgnewt lefdttes 
paroles s" efbahit grandement , O^ demanda au* 
dit Archevefque s'il efioit vrajf ce qifil difoit ^ 
€r comme il le fçavêit. Aquey ledit Arcbe^ 
vejque rebondit 9 qu'il le ff avoit comme lesau^ 
très chofis que NoStre Seigneur avoit permis 
guUl prédit à luy O* mfcH Due dit Bourgen^ 



lLESMEM.DEPH.DECOM.Liv.1. f 
C^ fans plus de paroles^ ledit Stigntur fit 
\ DicH Cr4 monfieur SainS-Martin ^ que 
nouvelles ijt^il difoit elle ientvrdjfes (comme 
S elles fe trouvèrent lien toft après ) quUl 
faire le treillis de la chajfe monjieur SainSt-' 
"in ( quiefioit de fer ) tout d^ argent ; Z>- 
pmu ledit Seigneur accomplit depuis , O* 
te ledit treillis valant cent mille francs , 
Huprés. Semblaùlement ledit Archevep^ 
mant aufervice dudit Roj Louys , ren-» 
4 y un Jour bien matin , mejfire GuitlaU" 
'riçânnet^ père dudit Prefident cy- Rêvant 
u { qui depuis fut Cardinal 9 comme fira 
f'Oprés ) homme * çrand & honorakle Cr * ^^ c^mmn 

*tt ^* ^ i /».cn parle ua 

onde prudence Cr vertu ^ C^ pour lors eJfon^cvL lutte- 
rai de Lanquedoc : letjuel General eïloit "î^"* » **S 
le par ledit Koj Uiuysonzjefme^ poural-qnc ceiuy • 
fverslty au Pie fis à Tours : B a^antle- 2."^y'f J^ûoit 
irchevefque efié quelque temps fans parler , affcftionné 
tgardé le ciH , Crpuis après ledit Gène- ^'^^ Yc^^ 

lui dit enfin ces paroles. Monficur le Gc- après vtrm , 
l , ie vous ay plufîeurs fois dit que le^^::",™;?- 
gc & fréquentation des eaux vous (ont ^'•'«'> «"«•'». 
jcrcux, & vous en adviendroit quelque ^'J«rV^"" 

un grand péril » & peut-eftrelamortri"»''"» »*y^ 
icns du Pleffis , où vous allez 2 Les IVgcssTs!^' 
: font grandes au Pont-(àin£te-Anne ,'^+*- +7»* 
3nt eft rompu , & y a un mauvais ba- ^ *' 
I : Si vous m*cn croyez; , vous n'irez 
t» Toutefois ledit General r! en fit rien y 
t le creut : dont véritablement il fut au 
grand danger du monde de^re noyé : car 



/ 



i 



4 PREUVES ET OBSERVATIONS 
C^ non pijetdudit Duc : Et fut tofi retiré pat 
ledit Roy Louys onsjefme : duquel il efioii de* 
venu nouvellement fujet > au moyen que le Roy 
René^ Duc d'Aniou cr Roy de Naples O^de 

• IcTcfta-*^^^^^^' ^"^^^^ injiitue'* ledit Roy Louys onxieÇ^ 

inent s'en me 9 Çonneveu^ fon héritier efdits Royaumes €7* 

après. ^^' ^^^^ fi^ biens. Et eitant au fervice dudii Roy 

Louys ( qui le fit tofi Archevefque de f^ienne} 

^^^^^^^' furvint la tierce bataille , donnée d * Nancy : 

en laquelle fut tué ledit Duc , la vigile des 

Roy s 9 Van mil quatre cens foixante &fiize j 

C^ d r heure que fe donnott ladite bataille ^ O* 

à V infiant mefineque ledit Duc fut tué , ledit 

•ilfctrou-]f^ # Zjouys oyait la Mejfeen PEj^lifimonfiewr 

ch. 4. du 7. SainS Martin a Tours , difiant dudit lieu de 

Xivrt dtcems.j^^^^y ^g dix £randes journées pour le moins • 

due cet M- CT a ladtte Mejfe lefervott d Aumofnter ledu 
cft^t^^Aûro- -^^chevcfjue de Vienne : lequel en baillant la 
logue : maiïspaix audit Seigneur : luy dit ces paroles. Sire^ 
jncrvciiict*^-Dieu VOUS donnc la paix& le repos : Vous 
qu'U ne par- les avez fî VOUS voulez , quia confitmmatum 
unf^xMm^ ^^ • Voftre ennemy le Duc de Bourgon- 
wWe^quc gne cft moFt , & vient d'eftrc tué, & ilbn 
Je pokage de armée defconfite. Laquelle heure cottée^futtrou^ 
u moirdu ^/^ ^fl^g ç^Hg ^f, laquelle véritablement avôit efié 

DucdeBour- //i.^ r* ^ 1 j- a • § n- 

Cojignc. tue ledit Duc. Ettyant ledtt Setgneur lejdttei 
paroles s" efbahit grandement , O^ demanda au^ 
dit Archevefque s'il eftoit vray ce qitil difoit ^ 
C^ comme il le fçavêit. Aquoy ledit Arche* 
vefque rebondit 9 qu^il le ff avait comme lésait* 
ires chafes que Naître Seignenr avait permis 
qti il prédit a lufCtaufen Due de Botsrgon^ 



SURLESMEM.DEPH.DECOM.LIV.L f 
pu: et* fans plus de par oies j ledit Seigneur fit 
vem a Dieu Cr4 monfieur SainS- Martin^ que 
flisnotevelles qt^il difoitepeientvraij/es (comme 
JefasS elles fe trouvèrent lien toft après ) quUl 
fer oit faire le treillis de la chajfe monfieur Sainit-' 
Martin ( quiefioit de fer ) tout £ argent : Le^ 
miel vmu ledit Seigneur accomplit depuis , O* 
pt faire ledit treillis valant cent mille francs y 
m k peu prés. Semhlablement ledit Archevef 
que s eSlant aufervice dudit Roj Louys , ren^ 
comra ^ un jour bien matin , mejfire Guitlau^ 
me Brifânnety père dudit Prefident cy-dcvant 
it9mme( qui depuis fut Cardinal ^ comme fira 
dit cj^aprés ) homme * grand & honerakle Cr * ^* c^minn 
de grande prudence t^ vertu y C^ pour lorsefion^a zutic- 
General Je Languedoc : leauel General eftoit *"^"* * ^^ 
mandé far ledit'-Roy Lou;sLzJef^e, poural^t^Vc^''. 
1er deversluy au Plejfis a Tours : B éyantle- Jecyf'dîoiî 
dit Archevefque efii quelque temps f^ns parler y aifcûioniié 
& regardé le ciel , Crpnis après ledit Gène- ^"^^ f 7,^* 
Tâl j lui dit enfin ces paroles. Monficur le Gc- après wr/* , 
ncral , îe vous ay plufîeursfois dit que le ^",/^^^" ?)yî' 
paflàgc & frequditation des eaux vous font ^'••«'> w-/» 

dangereux, 6c vous en adviendroit quelque ^'J^^V^r-* 
iour un grand péril » & peut-eftrelamort.-i"»'*"» »*y^ 
Je viens du Pleffis , où vous allez : Les pîgcs^sTfV*' 
eaux font grandes au Pont-fàinâe-Anne ,*^+*' +7»* 
le pont cft rompu , & y a un mauvais ba- ^ ^' 
fieau : Si vous m'en croyez; , vous n'irez 
point; Totttesfois ledit General r! en fit rien y 
O'na le creut : dont véritablement il fut au 
plus ffrand danger du monde d^eflre noje : car 

A } il 



6 PREUVES ET OBSERVATIONS 
il chtuten l'edu , Cr* fans un fauU^ qu^ilim* 
poigna ) c^eft oit fait de Ity : il fut ramené tn 
fin logis , cù il fut longuement malade ^ tanê 
de la frayeur que de la grande quantité d^eau j 
qui luj efioit entrée par la bouche O* par le nez» 
Cr oreilles : Et depuis ledit Archevefque vifita 
plujieurs fois ledit General ( qui efl oit fin amy ) 
dttrant Jadite maladie : lequel General pour lors 
êjloit marié ^ & avoit fa femme vivante ( qui 
efioitieune ) CZ* avoit quelques enfans ta net. :. 
entre le/quels eJloit ledit Prejtdent , C^ luipren 
dit derechef quUl firoit quelque iour un grand 
Perfonnage en VEglife 9 Cr bien prés d^eilra 
Pape : Chofi à quoj ledit Général rf avoit onques 
penfé j iz* n^J apoit aucune apparence : JSi 
ejantcela faiite femme ( qui iâppelloit Raoul^ 
fette de Seaune , femme de grande cha0eié^ 
d* honneur y C7* vertu ) n en fut trop contente : 
car c*efioit a dire quelle s'en iroit la première 
( chofe que les femmes if aiment pas volontiers) 
or vefquit neantmoirts ladite femme long-temps 
depuis y O^Jit plujieurs enfans y Ct* pour cette 
caufi , elle ^plufieurs autres difiient fiuveni 
que ledit jirchevefque ne difoitpas tous j ours ve*» 
rite : Toutes-fois enfin elle dcflogeala premic'^ 
re , t^ lafurvefquit ledit General fin mary : 
lequel fe tint longuement en viduité j fans paT'^ 
1er de fe faire Homme d'Eglife , O* après la 
mort dudit Roy Louys onKiefme ^ demeura au 
fervice de Charles huiSiiefme , fin fils ( auquel 
il avoit efié fpecialement recommandé par ledit 
Roy Louys , fin père } il fut de fin Confiil 

Pri^ 



SUR LES MEM. DE PH. DE COM. Li v. l f 

Privé j €T bien prés de fa fer forme , Cr aida 
€^favifrijk grandemem Ventreprife que fit /f- 
ditRffjf Charles pour la conque fie de Naples , 
téM pour le * von droiS au* il coonoi&oit que * îl s'en 

t J'i a • ^ ^ •* r *r • verra un diC^ 

loin Soigneur y avoH 9 que pour fattsfatre aux cours cy- 
requeftos t^peurfuites du * Pape Alexandre ^PJ"- 
FI. & du Duc de Milan , appelé le Seigneur bien la^mii 



maia 
au commcn- 



Ludovte y qu% folhcttotent fort ladite entreprt- 

r w r ' f I . I, ^ ccmcnr,poiu 

p y plus toutesjois pour la hatne mortelle CT" donner 
Ç4fuMe, q^iUfmaUm *«* Roys de N^Us^^l^^^ 
Jtlphonfe €7* Ferrand 9 que pour le bien O^ Kossàe isiA- 

augmentation de TE fiât dudit Roy Charles , j;e"pe,fifta'* 
tbofiqu^ils m déclarèrent pas du commencement g^^cs en ce 
do létdite entreprife , audit Seigneur ^ ry àfes J3t 'con^ 
frvitours % C^ leur fenAloit bien que 4juand i/j traire àchari. 
fifirofont mdeaidudit Seigneur a défaire lefdits loux de Tes* 
Roys de Naples , quUls lo chajferoient bien ai- piofperitcz. 
flmem de V Italie ^ comme ils donnèrent affez, 
4 cogttùifre par la * Ligue qu*ils firent centre * '*8* 5*®» 
tuy atfocques les f^enitiens ^ &la bataille qu'ils 
luy domurem a * Fornme ^ fi toft q^ il eut fait * Pagcn^» 
fadite conquefte : Et audit voyage de Naples 
fut éivecques ledit Roy Charles ledit mejfire 
Guillaume Brifonnet {quiyfit de grands fervi-- ^ 
tes) C^fut fait * i Rome HomTne-d^Eglife , & 500. 
Eve/que de Sainil-Malo , & Abbé de SainSh- 
Germain des^Prex,^ prés Paris : Cr depuis fut 
faiB Cardinal par ledit Pape Alexandre , C^ 
far^aprés fut Archevefque de Rheims 0* de 
Narvonne^ Cr eut quelques voix à l'éleSiiondu 
Vapat , après la mort dudit Alexandre , fui* 
vont ce que Ity avoit prédit ledit Archevefque^ 

A4 C^ 



I PREUVES ET OBSERVATIONS, &c. 
€^ depuis efiAtn Cardinal , durant le règne diê^ 
dit Charles^ Cr celuy du Roy Loujs deuzJeJ^ 
me^ fou piccefeur ^ atenugrand lieu €2^ grands 
gftatj en ce Royaume^ jufquesk eftre Lieutenant 
dudit Seigneur au gouvernement de Languedoc. 
Ledit mejfire Angelo Cattho , ArcheveÇcfue 
de^ufdk y defuif toutes ces chofes O* plufieurs 
éttares 9 qui ont par Ity efte prédites long- temps 
étU'Pormavant quelles furent advenues , eft ae^ 
çedé ) ^ant vefcu fainSement & auflerement ^ 
Cr gU enfin Bglifidef^ienm. 

Dans le OalUa Chrl/fiana de Claude Robert 
imprimé à Paris chez Sebaftien Cramoij^ Tan 
l6i<5. in folio y page i8t. Au Catalogue 
des Aîchevelques deVicnn^e, numéro ç6. 

jingelus Coin T^eutinui ^ exMedicoy C^ 
tleemojynario latdovici XL cujus fuafu fcripfit 
Commemarios rerum IPrâncicarum Philipfus 
Commineus. lacet infud Metropoli. £ius crat 

Symbùlum : lingenium fuperat vires, 




PREU' 




PREUVES 

E T 

OBSERVATIONS 

sur les memoires de 

Philippe de Comines. 




LIVRE PREMIER. 

|ACE 3. & page 622. MonfihntKT 
'S ^Bouchage ^c. \\i\mc\\o\x.Mbert 
I deBtOami^ Baron du Bouchage , & 
Sd'Auton, fieurdcMontrdbr , Coa- 
« fciller &Chambellsn du Roy. 
Page y. & 141, le Comte à"Eu^ "Charles d'Ar- 
tois Prince du Sang , lequel après avoir dcmcoré 
»ingt-trois ans prilnnnier en Angleterre, revint en 
France Tan 1438. il fut fort ai me de Louys XI. par- 
cl- qu'il HE tcnnit rien des arrogantes humeurs de Ici 
predeccilcars , & demeura dans k fervice du Roy aa 
temps qoe les principaux Seigneurs le quittèrent 
pour fuîvre l'Armée des Princes en 1465'. 11 nut 
d'accord le Roy & le Doc de Bretagne , [»r un Traî- 
tf f^t entre ces deux Ptinc» à Saumur l'an i4â9- 
leurs difficoltcz ayans cOé vutdées par ladcxtctité 
^cc Qomtc, & de ccluy de Dtmots. Il monnit 



îo PREUVES ET OBSERVATIONS 

k if' Juillet de Tan 1472. a^éde présdequadt*^ 
vingts ans y fans enfàns ,& e(i inhumé au Chœur de 
r Ajbbaye d'Eu. Jean de Bom^gongne Comte de Ne* 
Tersibnneveu, fut fbn héritier* 

EalzîXiidmept^ejkCiancelierdefraffcejVtcr^ 
redeMorvillierSeieneurduditlieu, dcClary, & 
de Charenton , fils de Philippe de Morvillier pre- 
mier Preiident de la Cour de Parlement de Paris au* 
paravant Prefident des Parlemens du Duc de Bouc* 
gogne :, pourveu le troiiiefme Septembre 1461. 

Îuitta les Seaux à Guillaume Juvenal des Urfins 
Saron de Treincl fbn prcdecefleur l'an 146^. 
En la mefme page PArchevefjtti de Narbonne 
Antoine du Bec^Crefpin , auparavant Evefque & 
Duc de Laon. Epifeopt Laudtinenfes dans (xallia 
Chriliiona^ numéro 66. Antonius de Crefpy. Tel 
Crejhi» 14^2. tranjla$us Harbonem [açràmetUum 
pdeùtatis préefiat 1460. 

Page 7. le Chancelier de Morvillier donna degran* 
des chiffges au Duc de Bretagne isf au Comte df 
Charollois difant , qtfils s^ejloient baillés [celles PuB 

a l'autre y ces deux Piinces avoient fait cnfemble 
le traitté fuivant : 

Traîné d'alliance entre François Duc de Brê^ 
tagne d'une part jC^ Charles Comte de Cha^ 
rollois d^ autre fart à Nantes le iz. Mars 
1464. 

TJ Rançoîs par la grâce de Dieu Duc de Bretaîgne 
^ Comte dcMontfort de Richemond d'Eftam- 
pcs & de Vertus : A tous ceux qui ces prefentes 
lettres verront & ourront , fâlut. Comme amour 
union & concorde entre les Princes foient caufè 
d'entretenir culx & leurs Principautet en obeif* 
fiincevers Dieu & en eftat, vertu, magnificaice & 

tranquillité & de les accroifb:e& augmenter, àquoy 

tout 



SUR LES MEM. DE CX)M. Liv. I. xi 

lOQtchacan Prince & Seigneur doit curieufcment 
feiiler& entendre , afin de re(»inier les Conten- 
dins â vouloir far eulx invadcr on entrcprandre , & 
que die long & ancien temps , tel que mémoire de 
hooune n'cft au contraire ait eu amitiés & allian- 
ces fimtes , nourries & maintenues tant par Con- 
fingoinité , affinité de lignage & amour naturelle 

ÎDC autrement entré fcuz Trcs-baulx & Puiflâns 
rinces les Ducs de Bourgongne & les feux Ducs 
de Bretaigne nos prcdcceuèurs Idquels en gloire 
pmflènt cnfcmble repolcr , & foit ainfi que puis 
aucun temps «ions eflé & (oyons bien acertenez , 
que aucuns elhns en auâorité & proches de la 
periônne de MonfeîgneurleRoy, meuz de mau- 
vais & dampnables propos Tont induit & chacun 
jour le indtû&nt à prandre inimitié indignation , 
de(plaifîr& malvueillance contre plufîeursdcsSei- 

Eeurs de Ion &ng & par iàulx & iniques rappors 
mettent en diflenfion & diviiion avec lui au Dé- 
triment de tout le Royaume le ConfôUent & en- 
bcotent i invader & entrcprandre fur eulx leurs 
Pays& Seigneuries & entre autres fur très Haulx 
k Puifl^s Princes nos très chers & très ame2 On- 
cle & Coufin le Duc de Bourgongne & le Comte 
de Charrolois fou fils , & fur nous efpecialment 
pour cnlx leurs Pftys & fubgcz, &nou$& les no- 
ftres grever & endommager fi faire le po voient, i 
quoy defirons pourvcoir par toutes voyes dcues 
pofiSbles&raifbnnablcs, favoirfailbns que en en- 
suivant ce qu'efl de raifon & les bons & louables 
fais de no(<lis predeceflëurs & pour obvier aux 
fbubdainnes legieres & torfbnnieres entreprinlès 
que mondit Sr. le Roy par la perfuafion cnhorte- 
ment & infiant Pourchas des defliifdis nos mal- 
veillans pourroit fur nous faire & invader , nous 
pour plus grande faculté avoir de y obvier & rcfi- 
ftcr& garder nos Pays , fubgcz & Seigneuries en 
kurender ainfi que fiunmes tenus de faire avoçs 

fcàt 



12 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fiiit & par CCS prdfentes Bdfons alliance confcde* 
ratio» & paâion avec nodre dcdiiCiit très cher & 
tfcs amé Coufin Charles Comte de Charrolois fils - 
& Ccui héritier de noAredit très chier & très amé 
OQcle de Bourgongne en la forme & manière qui 
s^eofiiit , cVft al&voir que nous lui fommes & fr 
rons vraj amy allié & bicnvueillant , le aiderons 
tendrons ion party confeillâ-ons , conforterons & 
lècourrons de toute noftre PuifTance à garder , fàu- 
▼er & dépendre la peribnne & celles de (es enfàns 
prefcns& advenir leur hcMincur, eflat» Pïijrs^ ter- 
res, Seigncurics& fubgei tant celles qu'il tient & 
poficdc prcfeniemcnt comme celles qu'il pourra^ 
avoir & poiEïdcr ou temps advenir ain^ que nous' 
ferions les nodres propres (ans differance aucune 
contre tous & vers tous cculirqui les perfbnnes de. 
luy & de (cfdiz enfans leurs Pays , Terres , Seî* 
gneuries & fubgeï vouldrofent grever , amoindrir 
guerroyer ou ufurper en quelque manière que ce 
fi>it (ans en excepter nere&rvermondît SrJeRoT 
ou cas que par fenhortcment oupourchasdenob> 
dits malveîllans ou autrement il vouldroit entre» 
prandrc ou faire guerre à nodredit Couiin de Char- 
rolois & ouquel cas & tous autres promettons (è- 
courir & aider iceluy noftre Gouiin tant envers 
mondit St. le Roy que tous antres quels qu'ils 
ibicnt qui le voudroicnt invader ou guerroyer par 
mettre & employer pour &en Ëiveur de luy & de 
fbn ayde nous, nos terres, Pays & Seigneuries ad* 
venus & advenir & toute noilrepuiffinceenguer* 
re contre iceulx invadans ou guerroyans& avec ce 
tout ce que pourrons (avoir cAre fait dit pourcbai* 
fé ou procuré en (on préjudice le luy (i^ifierons 
]*en advcrtirons & de noftre pouvoir Ten gard^ 
rons & en ces preièntes alliances Confédérations 
& conventions comprenons mon très redoubté 
Seigneur Monfnle Due de Bcrry& nos très chiers 
& trcs amez Couiins les Ducs de Calabre & de 

Bout- 



SUR LES MEM. DE CX)M. Liv.L ij 

fioQrbon ^ & en celles que par cj devant avons 
fidâes &qaecy après ferons à noftrc Loyal povoff 
jr comprendrons noftrcdit Coufin de Charroloîs 
£s Pays fubgez & Seigneuries avec Tes amis & al- 
fiez, prefcns&iid venir & ]em^Pays& fnbjci com- 
me ooQs & les noflres en tant que ils y vouidront 
cflre compris & l'accepter & ne ferons aucunes an- 
tres alliances ou O)nfederations préjudiciables i 
ces ptefèntes Promettans & par ces prclèntes pro- 
mettons & jurons par la foy & ferment de noftre 
Corps en parole de Prince & fur noftre honneur 
ces brclcntes alliances & confédérations tinir âc 
garder fênnement fans jamais aler alencontre ea 
aocone manière , moyennant &parmyce que no- 
firedit Coufin de Charrolois nous a fait & baillé 
pareilles promeilcs & fèurté en tefmoing de ce 
nous avons fîgné ces prefcotes de noftre main Se 
feeilédu lèel de nos armes. Donné ennoftre ville 
de Nantes le xxii. jour de Mars Tan mil CCCC 
finsante & quatre. Âinfi fîgné François avec pa- 
raphe, liir le replv efioit écrit par le Duc de (oa 
Commandement & iigné Milet avec paraphe. 

Page 9. Mejfeigneurs de Cray £îf dt Chitnayfre^ 
ns. L'aifiié s'appelloit Antoine de Croy Comte de 
PcKCcan, de Gaines, &dcBeaumontenHainaur^ 
Chevalier de hi Toîfond'or, &Favory de Philip- 
pcs le Bon Duc de fiourgongnc , qui fut Grand- 
Maifhe de France dés Tan 1461. & mourut en 
1475*. Lcpuifhéfi: nommoit Jean de Croy , qui 
fut Chevalier de bi Toifon d'or , grand Bailly & 
Capitaine gênerai du pays d'Hainaut pour le I>uc 
de Bourgogne ; & tons deux cfloicnt enfans de Jean 
de Croy Seigneur de Rcnty, Scninghcm& d'Arai- 
Des , Chambellan de Philippes le Hardy & Jean 
Ducs de Bourgoogne, & de Marguerite de Craon 
Dame de Tbou fur Marne. 

Page II. le Sci^nettrde HémltboHr£n^ Jean de 

Luxembourg fils baâudde Waleraod de Luxem* 



14 PREUVES ET OBSERVATIONS 

bourg Comte de St. Paul & d'Agnes du Bus fbn 

amie, (es lettres de légitimation ont cté données 

par Philippe Doc de Bourgogne à Arras le 12. Juin 

1433. il y eft qualifié de Chevalier Confeiller & 

Chambellan de ce Duc. 

MeCnc page^ & 78. 79- 82. & 86. leSeigneuf 

• îAuvtî iâM de Comay. * Guillaume le Jeune Seigneur de Cou* 

U Kêhuffi à» tay fils aifiié de Robert le Jeune Seigneur de la Fo- 

" vêifi, j^ gf de Gontay en Artois ( faut voir le troifîefme 

volume de Monfirelet , en la vie dé Louys XL 

fi>L çf, verfo 1463. ) fon frère puifné fat Jean le 

Jeune Cardinal Évefque d'Amiens & de The* 

rouënne. La po(ierité dudit Guillaume Sdoicur de 

Contayeft finie en fa petite fille FïançoilèDamede 

Contay, qui fat mariée avec Jean Seigneur de Ha* 

snieres. 

Page 13. Le Marefchal Joachiu MarefcM di 
France. Joachin Rouault Seigneur de Chaftillon , 
de BoifiTicnard en Poitou, d'où il edoit des envi» 
tons de Toiiars, &Sire de GÈamachesen Picardie 
époufa Françoise de Ruifek de Volluïre. Eftoitfilf 
de Jean Roiiault & de Jeanne de Bellay. Defquels 
delcendent en droite ligne mafculine Nicolas Joa- 
chin Rouault Marquis de Gamachcs Chevalier de 
Tordre du Saint Efprit, qui de Marie Antoinetede 
Lomcnie Ion époufc fille de Henry Augufte Comte 
de Brienne & Premier Secrétaire d'Eftat & de Loui* 
le de Beon , eft Père de Nicolas Emanuel Mar* 

Suis de Saint Valéry far Somme , & de Claude 
Llof , Comte de Cayeu tous deux marier & dans les 
dernières guerres Meftres de Camp de Cavalerie: le- 
dit Joachin avoit fait de grands ièrvices (bubs Char- 
les VU. & s'cfioit trouvé à la bataille de Fourmî- 
gny en Normandie gagnée far les Angloisen I45tx 
conquit partie de la Guyenne , & affiita au fiege ft 
prircdcBordeauii45'3. & Monftrelet dit oue le- 
dit Roy le fit Conneftable de cette Ville, & qaH 
en fit firmeoi entre les mains do Chancelier de 

Fran? 



MEM.DECOM. Lit. I tj 

En l'an 1465*. il défendit Paris contre le 
; Charolois , & les autres Princes armez 
ouysXI. fur le fujet du bien public^ ce 
cccRoyluy en donna le Gouvernement 
X cens Maiftres , & luy donna l'cfiat de 
il de France. Je trouve dans les Archives 
lifbn (dont j ay.veu une bcmne Partie) 
[lonoré de tous Ces titres & dignitez fous 
Roys Charles VIL & LoqîsXL (avoir eft 
crneur de Paris , de Connefiable de Guien* 
mbellan , Gouverneur de Fronfac & de 
, & de Senefchal de Beaucaire, Il fut pour* 
acié ûir les derniers jours, 
neûne page , k Vice Cbmtcelier de Bre* 
feU Rouville. Ce Vifchancelier de Bre- 

mal nommé de Rouville , il s'appeloît 
Romillé Seigneur de la Chelhelaye , fils 
de Romillé ou Romilly Seigneur de la 
ye , & de Marguerite de Bardoul , il mou- 
480. & laiflà pour héritier Jean de Romil- 
urde la Chelnelaye & d'Ârdenne, Gou- 
le Fougères , mort environ Tan 1498. pe« 
lutre ^n Seigneur de la Chefnelaye & 
le , père de Georges père de Charles ma- 
nçoiîè de Couvran Dame de Sace , père 
X de Romilly Dame de Sace , femme de 
Budes Seigneur du Hirel , Chevalier , Prô- 
nerai au I^rlement de Bretajjne , & Con* 
Roy Henry IL en fcsConftils , àycul de 
Gre Jean £^pti(le Budes Comte de Gue- 
Marefchal de France en 1642. après la 
viâoire qu'il obtint à la bataille de Ken- 
lie de Cologne, (urle General Lamboy, 
6 de Lieutenant General des Armées du 
Allemagne , mort d'une bleffure reccuë 
3* devant Rotv^, qu'il reduifît en robcif- 

Louys XIV. 

14. Monfeignem de NmuMkt dtfms 



i6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Groftd Matftre. Charles de Melun Baron des Lan- 
des, de Normanvîllc, &deNantoutIIet, Cham» 
bcDandc Louys XI. Gouvcmeor de Paris & de 
rifle de France , Lieutenant General par toat le 
Royaume. Ilcncourutladilgracedudic Roy, qui 
ayant eu foupçon&dcffiance dcfesaâions , luyât 
trancher la tête fur le marché d'Andely IcSamedy 
20. Aoud I483< CeSefgneureut pour un temps 
Tauthorité fur toutes les Armées de France « &ne 
luymanquoitqoe le nom de Conneftable , car il 
en faifoît les fonâions.. Il cftoit G favorifê que (on 
Prince luydonnoit (buvent la moitié de Ion lia; 
mais cette faveur ne dura pas longrtemps: une Cro* 
nique de ce temps-là en dît ces mots. Ce Chevalier 
ejio'Umoultfrivé du Roy ^ (ff avait couché plf^ewri 
fois avec luy , tant efioit familier de luy ^ la cmfe 
fourquoy je ne leffay^ finonqtte c'^eftoit lavobmt/ 
du Roy j qui tfavoit mercy d'homme fur lequel il 
avoiifufpicion mauvaife. Et dit-on que du premier 
€Oup que le Bourreau luy donna Une tuy coupa la tête 
qu^a moitié^ Êjf que le Chevalier fe releva^ qu^il 
dit tout hautj qffiln*avoit caufe ne coulpe en ce que 
k Roy le'mettott ^ ^ qu^il n'avoit mort defjèrvie^ 
mais puif que c^ejloit leplaijirdu Roy , il prenoit la 
mort en gré ^ & quand il eut ce dit il fut par après 
décapité, A peu prés dans le mefme temps un autre 
Charles de Melcun homme d'armes de la compa- 
gnie de Mr. TAdmiral & Capitaine du Chafteaa 
d'UfIbn en Auvergne fut décapité au Château de 
Loches pour avoir iaidë échapper le Seigneur da 
Lan du Chafteau d'Uflbn où il avoit eflé conftitué 
prifonnier par ordre du Roy* 
Vtyn, dMt Page If. le Seigneur de Coulcbes. Claude de 
hi&rs^dt M^^^^g^ Seigneur de Couches , &c. Chevalier de 
Séù^aTMar- l*Ordre de la Toifon d'or , & Chambellan du Duc 
<w. de Bourgongne , qui mourut l*an 1 470. En luy prit 

fin la pofterité ma(cuh'ne des premiers Ducs de 
Bourgongne, IbrtisdoDQcRobeit deuxkCnc fi!s 
du Roy Robert. Me(r 




SUR LES MEM. DE COM. Lnr. I. 17 

Mdhnc page , le Marquis de Rotbelin. Rodol* 
^ de Hochberg , Marquis de Hochbcrg & de 
Kotelia , Comte boaverain de Ncafchaltel en Suif« 
iè . depuis Gouverneur de Luxembourg mort ca 
1487. îbn fils Philippe , a laifle une fille unique 
nommée Icanne , qui par Ibnmariage avec Louis «» 

d'Orléans I. du nom Duc de Longuevillc a fait m^^. ' 

^ le Comté de Neufcnaftel dans la maifon de 
^uevillc. 

[eCne page, le Seigneur de Montagu, Jean de 
Neufchaftel , Chevalier de laToilbn d'or,& Cham* 
bellan de Philippe le Bon Duc de Bourgongne. 

Mefine page , le Comte de Beatùeu. Pierre de 
Bourbon II. du nom , depuis Duc de Bourbon 
après Jean Ion fterc, père de Sufànnc. 

Mefme page , le Cardinal de Bourbon. Charles 
de Bourbon Cardinal Ârchevefque de Lion , fils 
de Charles L Duc de Bourbon & a Agnes de Éour* 

Mefine page , le Duc de Nemours, Jacques 
d'Armagnac, ce fut luy qui ayant encouru ladif- 
grâce de Louys XL fut afiicgé & pris dans fon 
chalteau de Cariât , & eut la tcQc tranchée à Paris 
le 4. Aottft. 1477- Il en fera parlé cy-après plus 
amplement aux preuves [ur le livre f. 

Mefine page , le Comte i Armagnac. Jean 
d'Armagnac , ayant efté excommunié par le Pape , 
pour avoir elpoufé & propre fœur , fut afiicgé 
dans la ville de Leâoure , laquelle eflant em- 
por^ d'aflàut par l'armée de Louys XI. il y fut 
tué Tan 1472. 

Mcfmc page, le Seigneur tPAlbret. Alain d'Aï- 
brct , Sire d'Albret Comte de Gaure , de Pon- 
thicore , & de Pcrigord , Vicomte de Limoges 
& de Tartas , bifiiycul de Jeanne d'AlbrctReyne 
de Navarre , mcre de Henry IV. 

Page 17. le Comte de Dunois, Jean baftard 
dOrleans Comte de Dunpis , &dcLoDgueville, 

'XmelL B Llcu^ 



ïS PREUVES ET OBSERVATIONS 

Lieutenant General en Guyenne , fils naturel 
• de Louys Duc d'Orléans , frcre puiTné du Roy 
Charles VI. grand Chambellan dès Tan 145*0. 
mort en 1470. De luy defcend le Duc de JLon« 
gueville. 
/ j^^, f»fff^ Meftnè page , k Marefchal de Lôheac. André 
floirtdeMtnt' de Laval Seigneur deLoheac, nomméMàrcIchal 
morency dt du\^za 1439. puisdcfchargépar LouysXI. Tan 1461. 
ihifnt. derechef reftably l'an 1465'. & en la charge d*Ad» 
mfral de France jufques en Tan 1472. A facon- 
fidcra(tion ledit Roy donna à (on trcre Louys de 
Luval Sieur de Chaftillon en Bretagjic, Gouvet» 
neur de Dauphîné,Champngne, Brie, Paris, & 
Gènes , Teltat de Grand-Maillre des Eaux & 
Forefts en 1466. 
jîy 4 mnt vit Mcfinc page , le Comte de Dammartin. Antoine 
pMtttuiitrê ^ de Ohabiwincs Grand-MaiftrcdeFrance Tan 1467: 
'*'^'' après- Antoine Seigneur de Croy, mourut icjouf 

de Noël 1488. âgé de 97. ans. Il avoir clpoufiS 
Marguerite de Nantucil ConjtcflcdeDammartîo. 
Il étoit auffi Baron de Toucy , &duTour ,c(loît 
grand Pannetier dés Tan 14/0. Il eut bonne part 
aux bonnes grâces de Louys XI. 

Mcfme page , le Sei^newr de BueiL Antoine 
de Bucil Comte de Sanccrre, filsaifnéde Icande 
Bueîl Comte de Sancerre , nommé Admirai de 
France en Tan i45'o. & de leanne de Monteun 
fa première femme. II cfpoulà leanne fillt natoiel* 
le du Roy Louys XL fut père de laques de Bueîl 
Comte de Sancerre , qui de leanne de Sains fi 
femme eut trois fils Charles , Louys, & Charles 
Arche vefque de Bourges, Abbé de Plain pied. Char- 
les fut Comte de Sancerre , î! fut tué à la batail- 
le de Marignan l'an 15^15'. d'Anne de Polignac 
& femme , il laiflà unfiis lean Comte de Sancer* 
re tué au ficge de Hedin Tan 1^37. ne fiit ma- 
rié : (on héritier fut Ion oncle Louys deuxicfine 
fils de laques , lequel par cette fucceffion fat Com* 



LESMEM.DECOM.Uv. I ly 

xrre , Chevalier de TOrcIre de St. Mf* 
>itatne des cent Gentils hommes de la 
a Roy , Grand & Premier Efidiaofbn 
; il e(pou(à Jacqueline de h Tremoille 
ançois Seigneur de la Tremoille Vicom- 
MTS & d'Anne de Laval , laquelle luy 
1 mariage les Seigneuries de Marans & 
e Ré. Ils eurent entre autres cnfanslean 
: Sancerre , Seigneur de Marans, grand 
i de France .Chevalier des Ordres da 
i d'Anne de Dalllon fille de Guy de Dail- 
e du Lude & de laquclinc de la Fayet* 
Lené Comte de Sancerre & de Marans , 
;han(bnde France, ( (urlequelleCom- 
:erre a efté vendu au feu Prince dcGon* 
I 1637. ) De Françoiiè de Montafads il 
Bueil Comte de Marans grand Elchan- 
-motMeffieurs de SasnSe Mente fsfCbm^ 
afque en la Généalogie de Grimaldi , 
file celle de Bueil efl inferéç au RameMM 

3. h grafdSenefcial de Norman£e.fkr^ 
lé Seigneur de la Varcnne , d'Annet , 
ogent & Montchauvct, fils de Pierre de 
gneur de la VarenneSenefcfaald'Aniou. 
mence Carbonnel : Sa femme , qui eft 
ée * dans cette hiftoire , cftoit leanne Memoîies 
)ame du Bec-Crefpin , de Mauny, &* ^^* «4* 
nrier Mardchalle héréditaire de Normao- 
avoit pour frère Antoine Baron du 
nn après lean Ion frère aifné , le- 
toine fut depuis Evefque & Duc de 
nfin Archevefi]ue de Narbonne & Abbé 
rges, duquel eft parlé cy-devant, furyf^i-* 
Wec-Crefpht Arebevrfque de Nêrhmn ^ 
page lo. des Preuves. 
* page & 4^. FAdmral de Frmtce, lean 
dwtaubaB Seigneur ^ Landal ifladc\a 

£a NUîr 



ao PREUVES ET OBSERVATIONS^ 

Mailbn de Rohan , Maréchal de Bretagne , poif 
Admirai de France en 1 461 . grand maître des eaux 
& forelts & tort aôcâionné du Roy Louys onie 

Îu'il a toujours accompagné niellant encor que 
)auphin , pendant (à retraitte auprès du Duc de 
Bourgogne comme il cil dit an chapitre 13. d^ 
livre 6. de ces menooires. 
L$uvit^& Page 19.85'. 135. &z^i.Moxfeigneur desCor-' 
U M»rUtrt Jes ^ fonfirere. Ledit Seigneur des Cordes , au- 
^*,";JXi,^ cernent Defquerdes , cftoic Philippe de Crcvc- 
V4is. cœur , fils puifhé de MefOre lacques de Crevc« 

^œur Chevalier de la Toifon d'or , & de Bonne 
de la Vieville , fut Gouverneur de Picardie & 
d'Artois , pourveu de l'Office de Marcfchal de 
JFrancc Tan 1483. Lieutenant gênerai des Armées 
du Roy Charles VIU. en Picardie, mourut pr& 
.de la ville de Lion l'an 1494. Tans enfans : Son 
frère aifnécfioit Antoine de Crcvecœur Seigneur 
dudit Crevecoeur , duquel la poficrité mafculine 
cfi perie , & Tes biens paflèx en la mai(bn des Gouf* 
fiers par le mariage de Louyfc de Crevecœurû pe- 
tite fille , avec Guillaume Seigneiy;^ de Bonnivet 
Admirai de France. 

Page 27. MeJJire Geoffroy de SainSl Belin, Il 
cftoit Seigneur de Saxctbntkinc , Bailly de Chao- 
jnorit cnbaffigny , & mary de Marguerite lœor 
du Marelchal de Baudricourt : il en eut Catherine 
de Saind Belin femme de Jean d'Amboîfc Sei- 
gneur de BufTy , dont font iifus les Marquis de 
Gallcrande & les Seigneurs de Bufiy. 

Pages 32. 33. & fuivnntcs eft fait mention de 
l'aflèmblée des Princes Ligués à Eftampes, auquel 
lieu., le Duc de Bretagne & le Comte de Cha- ; 
.rollois rcnouvcllcrent la Ligue qui cAoit entre eux 
contre le Roy , &. firent à ce fujet le.lraiué qui 
Tuit. 






, , ...''••i.k.-a -Cp 



}trait* 



SUR I^ES MEM, DE COM. Liv, I. 21 

Trêitté italliénce entre François Duc de Bre^ 

Ugne €^ Charles Comte iç Charollois^ 4 

E/ianjpes le 24. Juillet l^àf. 

FRânçoIs par la grâce de Dieu Duc dé BretaT- 
gnc : A fous ceux qui ces prcfcntcs Lettres ver- 
ront (àlut, Comme amour , union , & concorde 
entre les Princes foient eau(è d*cntretcnir eulx & 
leurs Principautez , en obciflàncc vers Dieu & ca 
eftat, vertu, magnifîcence&tranfquilicé& de les 
flccToî(fa'e& augmenter, à quoy chacun Prince & 
Seigneur doit curicufcment vei)lier& entendre afin 
de reprimer les contendans de vouloir fqr eulx in* 
vader ou entreprendre , & que de long & ancien 
temps & tel que mémoire d'homme n'eft au contrai- 
re ait eues amitiex & alianccs feiâcs nourries & 
maintenues tant par confànguinité, affinité de lig- 
naîge & amour naturelle que autrement , entre 
fan très naulx & Pui(&is Princes de bonne memoi* 
te les Ducs de Bourgoingne & nos prcdeccflëurs 
Ducs de Bretaigne qui en gloire puiilcnt cnfembic 
lepofèr , en enfuivant lefquels nos Predcccflcurs 
entre beaux oncles à prcfcnt Duc de Bourgoingne 
Beaucoufin de Charrolois ibn fils & nous par ci de* 
vant ait eue grande àmicié certaine aliancc & bonne 
intelligence & il foit ainfy que defpicça ayons efté 
& Ibyonsrbfen acertene2 que aucuns cftans en au6lo^ 
rite & proQchains de la perfonne de Monfcig. le 
Roy, meus de mauvais & dampnablc couraîgeont 
induit & chacun jour induifènt mondit Seigneur le 
Roy à prendre & continuer inimitié, indignation, 
deQ>Iainr & malveillance contre les Seigneurs de 
Ibn&ng&pàrfaulx & inîcques rappors mettent ly 
&eaIxendi(cencion&divifîon grande &au détri- 
ment &dommaige de tout le Royaume le confcil- 
ICDtde invader cuIx , leurs Pays & Seigneuries & 

B 3 ÎA 



2X PREUVES ET OBSERVATIONS, 

par efpccial les Pays & Seigneuries dudit beaax on- 
cles de Bourgoingne & de noos pour ^cever 6; 
adommaigier ly & nous le faire le povoit ainfy que 
par effeâ là à (bu povoir ttionftré par Tinvaiion qui 
Puiïlànces d'armes il fift le fèiziefine jour de Joil- 
Bauille dc^^ derrcnicrcment paflK devant MonMe-Hery far 
Jdontieheiyioofireditbeau Counnde Charrolois qui pour ayder 
\ti6. imUcts^pourvcoir au bien du Royaume & de la choie pu* 
î'^ViLf^*^^' blicquc d'icelluy aînly qu'ayoit efté aviië& quene* 
iSpïc'îi!' «flaire cftoit de feirc vcu le grant dcfordrc qm 
' cftoit & eft oudit Royaume venoit joindre avec 
noflre très redoubté Seigneur Monicig. le Duc de 
Berry nous & autres Seigneurs du fang auquel jour 
au moyen de la bonne conduiâe & grant vaillance 
de noftredit Ck)ufîn de Charrolois Dieu pourveut 
au contraire de rintcnclon de mondît Seigneur le 
Roy ainfy que droit le rcqueroit , pourquoy^nons 
delirans pourveoir auxchofcs dcfii]fdittes& autres 
par toutes voyes dcues poffibles & raifonnablesia* 
voir failons que en cnfuivant ce qui eft de rajlbn 
les bons & louables faiz denofditspredeccflcurs& 
pourobvicr aux (budaines legieres & tortionneres 
entreprinles que mondxt Seigneur le Roy par len* 
hort pcrfuafîon & inftant pourcbas àts dcflbiSits 
nos malveillans ou autrement pourroit fur nous 
faire , nous pour plus grande acuité avoir d'y obvier 
& rcfifter & pour garder nous , nos Pays , fubgez & 
Seigneuries en leur entier ain(y que tenus ibmmes 
de mire, confbrmons ratifions & approuvons par 
ces prcièntes : Toutes lesdefliifdittes amiciez alian- 
ces &inte11igences avec leurs deppendenccs feloa 
la forme & teneur de nos Lettres fur ce fàiâes & 
données & dabondant en tant que meftier eft fiû- 
(bns autres a^iapces & confederations efpedaîet< 
avecnoftredit bcauCoufittdc Charrolois en lafiir* 
me & manière qui s'enfuit , c'eft af&voir que nous 
ly (bmmes & ferons bon frcre parfeuâ amy aîyé & 
bien vcuillant , Tayderons ^ tiendrons iôo Party^ 

con* 



SUR LES MEM. DE œM. Lnr. I. 23 

conlHlleroas, conforterons & fccourrons de touc 
Dofhc povoir â garder làuver & dctfcndre la pcr- 
foiinc de luy & de les enfians prcfens & avenir lenr 
honncar , Eilat , Pays, Terres^ Seigneuries &(iib- 
gi2 aînii que ferions lesnoftres propres (ans diflfèr 
rcnce aucune contre tous & vers tous ceuli qui 
peuvent vivre & morir (ans en excepter mondic 
Seigneur le Roy quant les pcrfonnes de no(tredit 
Coulin ou de fefdits cnffins leurs Pays fubgez^ 
terres & Sçîgticuries prefcns & avenir voulc^oiu 
grever amcndnr, guerroyer ou ufurpcr en quelque 
manière que ce foit , ouqucl cas & en toutes les aii- 
trcs bonnes & louables querelles & entreprînics 
d'icelïny noflre Couiinde'Gharrolois , nous pro- 
mettons iècourir & ayder ly & (êfdits encans tant 
contre mondit Seigneur le Roy que tous autres 
quels qu*i/s (cnent par mettre & employer pour ft 
en faveur id'culx & en leur ayde nous , nos lubgez , 
Pays, Terres & Seigneuries contre iceulxinvadeurs 
ou gucrroyans &les fecoudren perfonne de toute 
ix>(&c PuifEmceainfy&cn la manière que nodredic 
beau Coulin le vouldra demander , & eu oultre tout 
ce que pourrons favoir eftrè fait dit ou pourchailë 
ifbn préjudice le ly fîgniffierons & de noflre po* 
voir l'en garderons & aux ajianccs que avons fait- 
tes par cy devant ferons nodrc Lcal povoir de ly 
comprendre & en eellçs que ferons dorefhavnntly 
comprendrons entant que eilre. le vouldra & ne 
ferons aliance aucune préjudiciable à ces prefentes 
& pour la grande & parfàitte amour & fiance que 
avons à noflred. beau Coufîn de Charrolois fur 
Cous autres & aufty pour plus grand feurté & fer- 
meté d'entretenir de nofire part les chofes defTuT* 
dittes nous l'avons voulu mtQ & fàiioxis noflre 
vray ftere d*armcs , & pour ce que defîrons de 
tour noflre cueur les deflurdittes alianccs eflre in- 
violablement gardées tenues & obfervées , & affin 
que parfaultc de Déclaration & bon entendement 

B4 ȕ 



24 PREUVES ET OBSERVATIONS 

ny puift Iburdrc & avenir dîffiailté ou obicurité 
meifinement au rcçart de la claufe gcnerale qf 
dcfliis efcrîptc contenant que fecourrons & ayde- 
rons noftrcdit Coufin de Charrolois en toutes fcf 
querelles & entreprinfcs tant contre mondit Sei- 
gneur le Roy que tous autres par la manière def 
fuis touchée , nous Declaîrons & entendons que 
fjour quelque Débat ou Guerre de Mer qui puift 
cftre entre les Angîois ou autres de quelque ni- 
cïon qu*î]s foicnt & les fubgez de nous ou de 
nollredit Coufin de Charrolois , les fubget de 
celydenous deux qui n'aroitprisle Débat a Guer- 
re de Mer contre Icfdits Anglois ne feront point 
tenus nonobftant lefdittes alianccs de cuîx cfinoa- 
voir ne mettre en guerre*, ne de faire aucunement 
pour ceftc caufc contre les Trêves Traittie2 ou 
aiiances qui pour rentrecours de fa Marchandift 
•auroicnt efté faîâes entre les Pays & flibgcï de 
nous de noftredit oncle le Duc de Bourgoingne & 
d'icelly noftrc Coûiîn de Charrolois ion fils, Ains 
dcmourront quant, à ce point en leurs anciens ulài- 

Î[es&cduftumes,&s'Tl avenoit que aucuns de nos 
ubgez foubz umbre de leur guerre particulière ou 
autrement s'avançaflcnt cy après devenir es Pays, 
Fors & Havres de noftredit Coufin de Charrolois 
par Mer ou par Terre prendre , robcr & emmener 
aucuns Marchands ou autres Gens qui fcroicnt en 
la franchife dcfdits Pays Pors & Havres ou qui fc- 
roicnt en Trêves & ab(Unence de Guerre ou au- 
roicnt' ftnrté d'iceluy noftre Coufin de Chanoîoîs 
ou de (es oiSciers, en ce cas ceulxdc nbfditsiub- 
gc2 qui s'avanceroyent de ce feirc pourront eftre 
pris & arrcfteï cfcfits Pays , Pors & Havres d'iccl- 
luy no(ire Coufin deCiumrolois là où ils pourront 
cflire trouvez & d'icerilic pourra cftre faiôe telle 
pugnition correxioh & joftice que au cas appartien- 
dra par railbn félon les couftumcs & ufàiges dd* 
dits Pays Pors & Havres où ils fèrotit pris , & en 
i * ' oui- 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.I. if 

«litre ft iccnlx nos fobeex roboycnt ou dcftiouf. 
bjent en Mer aucuns Biens & Marchandi&s ap- 
«rtenans aux Marchans des Pays & Seigneuries 
IcnoftrcdîtCoufîn dcCharrolois refidçns & habi* 
ans en icculx ou à autres eflans en Trêve ou ab- 
ïnmce de Guerre ou en la fcureté d'îcclly noftic 
ioufin ou de fcfdîts officiers comme dîccftdeflus . 
: après amenaflènt ou fèiflènt amener Içfdrrs Biens 
: Marchandi(ès en aucunes des Villes Picnfs où Hâ- 
tes dcfdits Pays d'iccUy noftrc Coufin ç>our les y 
éndre ou butiner , ceulx qui les amenroient pour- 
ont oudit cas eftre pris & arrcdcz & lefdirs biens 
k mtrchandifès mis en la main de lioftrêdit Cou- 
in comme à luy conâfquez pour en dilpofo Se 
>rdonner à (àvoulonté foit de les rendre à ccuJx i 
[ui ils appartiendront ou autrement âiniy que fôn 
Jatfir lëra , & au Regart des perfbnnes ifs feront 
ugniz dudît mesftît a la volonté d*icduy noftrc 
>oufîn oudetcfdits officiers, Item 6c pour ce que 
ous defirons pourveoir à nos Pays & Sdgncuries 
our le temps avenir & les preferver de Vinconve- 
lient ouquel avons efté puis peu de temps en ça 
*il avenoit que aucuns de nos fuccedèurs vouliîft 
y après alcralencontredeCiittcs prefcntesaliances. 

Ce Dieu ne vueille , nous des maintenant pour lors 
nnons en ce cas à noftredit Coufin de Charro- 
ois ou à les fucceflèurs les Contez y Terres & 
Seigneuries de Montfort d'Efhmpci & de Vertus 
nrec leurs appartenances & deppcndances & del^ 
lits Contez Terres & Seigneuries nous dcfueftohs 
kdei&ififibns Aicelles cédons & tranQ>ortons des 
namtenant pour nous nos hoirs facceflcurs ou 
lyans cau(è à noftredit Coufln de Charrolois pour 
SD joir & ufcr en tous Droits , proufis & emolumens 
ierîtablement& àtousjours par luy fcfdits hoirs ou 
lyanscauft , tout»n(y & en la forme & manière 
auenous en joiflbns prefentemcnt & que nos pre- 
mûÔEcurs en ont joy par cy dcvofit , fans ce que 

nous 



2$ PREUVES ET OBSERVATIONS 

nous nofdit^ hoirs fucccflcurs ou ayans caufè j 
puiflbns jamais dcsla en avant quereller ou ceclar 
mer aucun droit en quelque manière ne par quel- 
que raifon que ce (bit ou puift eftre , Item & afin 
de plus eftroitcmcnt garder les devant diâes aliao- 
ces nous avons de rcchicf& de nouvel cfl^uxnotih 
mcz& commis, cl}ifons nommons & commettons 
de Doflre part coofervateurs dicelles les perlba» 
nés par nous autrefois cflcues & nommées en nos 
autres Lettres patente^ de ce faiTans mention pro- 
çcdens ce^es eu date & par ces meifines prclcnr 
tes. Leur donnons de nouvel autel & pareil povoip 
avec les port faveur foultieng & feurté tant à exe- 
cuter leur commilCon que autrement commç noir 
dictes autres Lettres patentes d*aliaace ou de coor 
lèrvation Icjportént & contiennent , ùem s*rl ave^* 
noit que leidits Confervatcurs ou aucuns d*eulx 
alailènt cy après de vie àtrefpas ou feuflènt dcoe» 
ment acculez de non excerferla charge defluldittt 
âeulxcommifc, en ce cas nous & noltreditGm^ 
fin de Charrolois &nosSucceûeurs ou ayans cauft 
& chacun de nous endroit foy pourrons fubroguer 
aultre ou autres confervatcurs ou lieu de cely 09 
ceulx qui feroiciît trespaflèz ou deuement excup 
fe2 conune dit eft , Icem pour cncores mienlx fifw 
mer & aflèurer l'entretenement defdittes aliancet 
d'entre nous & noftred. Coufin de Charrolois, 
nous avops voulu &ire & fatibns icellcs alianc^ 
de nos Pays & fubgcz avec icelluy nofhc Cei9£« 
de Œarrolois tout ainfy qu'elles font bittes en- 
tre nos perlbnnes , promettans par la fby & fee» 
ment de noifare corps en parole de Priqce & for 
noftre honneur les dcfliifiiîttes aliances & fta^<- 
nitez leurs circondances & deppendcnces unir Ik 
garder fermement fans jamais; aler au contraire e(i 
aucune manière & faire avoir à noQredit Giufip 
de Charrolois Lettres bonnes & valables de coi^ 
fcntement & ratification des chofes dcvapt dittyi 

deS' 



SUR LES MEM. DE GOM. Liv.r. 27 
la Eftats de nofdits Pays & Seigneuries pour du- 
crics vies de nous & de nos hoirs fucccilèars & 
JBD$ caufè à tousjours, en tefinoing de ce nous 
.vous fait mettre noâre (bel à ces prefcntes. Don- 
)é i Eftainpes le xxiiîj. jour de Juillet Tan mil 
XXX^ ibizante& cinq , ainfy figné François avec 
iraphe & fur le reply cfloit écrit par le Duc de 
m commandement & figné Milet avec para- 
be. 

^t^es 37. 192. page 214. Salkzari. Jean de 
aUczard , ou de Sallazart Gentilhomme E(pagnoI 
lUpm de Bîicaye, qui edoit venu aulèrviceda 
loy Charles VII. auquel il rendit de grands 1er- 
iœs contre les Anglois. Il elpouû Marguerite 
e hi Tremoille fille a lœur baftardc de George & 
xmys Seigneurs de la Tremoille , & de Georges 
e la Tremoille Seigneur deCraon : Il eut quanre ^^^ p^jp^ 
li de ce mariage, fçavoirHeâor de Sallazard Sd-dn ^nhtvtfi 
ncor de Saina JuÔ en Champagne , Galeas de^*« * ^«w 
altazard Sieur de Laz, Lancclot de Sallaiard Sieur J^**^ ^•^ 
e Marcîlly : Et Triftan de Sallatard le fécond 
êtes quatre fils Evefque de Meaux 1474 , puis 
^rchevcique de Sens en 147^. employé en la ne- 
Xiation du prenûer Traité que fit Louys XL 
fcc les Suiilès ; Ce Prélat combatit armé aux 
Dcrres d'Italie , mourut Tan m 8 , le ii. Fe* 
ricr , & fut enterré dans TEgliie de Sci^s foubs 
n tombeau de marbre qu'il avoit fait faire de Iba 
nmt. 

Faee 30* 210. & 270. ya^ues Galeoi ou Ga^ 
9ti ut Genouillac Seigneur d'Acier il a été 
rrand-Ecuyer grand Maître de Tartillcrie de Fran- 
:, & Senefchal d'Armagnac. Faut voir Thiftoirc 
uRoy Charles VIII. donnée au public l'an 1617. 
ir T. Godefroy M. P. in quarto , pages 91. 92. 
3. 94. & 2^3. & celle du Chevalier Bayart auflî 
I quarto pages 36. & 414. L'Hiûoire de Louys 
: la Tremoille de Jean Bouchet , feuillet^ 6u 



• 



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48 PREUVES ET OBSERVATIONS ■ 

L'Hîftoîrc agrégative d* Anjou de Jean de Bdnrt 
digue en la troiliefme Partie , chap* 21. feîiillct 
175'. où ildîtquefon corps fiit apporté à Angers 
en grande pompe militaire , par le commai\dement 
du Roy Charles VIIL 11 mouruç des blelïuKf 
receuès en la bataille de Sainâ Aubin du Comità', 
donnée Tan 1488. contre les Bretons. 

Pages 39. ■ 7 ï . 73 . 1 39.- & Chapitre 1 1 . do \mc 
3. Odeû de Rie depuis Comte de Comminge Set* 
^nefor de Lefcut on de Lefcun^ c*cft Qdet d'Ay- 
die originaire de Beam, Seigneur de Lefcut ou de 
Lefcun & de Fronffic fait Comte de Coinm&h 
ges en 1472. par donation du Roy Louis- lir.i 

?ui cette terre cftoit retournée après la mort de 
eau Bâ(lard d* Armagnac Marefchal & Adftiihd 
de France. Odct d*Aîdie a laîfliî une iSlle nommée 
Jeanne mariée à Jean deFoîx Vicomte de Lautrec 
dont elTe a eu Odet de Foix Seigneur de Lautrec 
mort ttï 1 5-27. Thomas de Foîx Seigneur de Lefcun 
Maréchal de France tué à la bataille de Pavieen 
•I5'24. & André de Foix Seigneur de Lelpatc mort 
en 15-47. 

Page 44. Guillartine -Chartier lors Evefqtêè it 
Paris. Il eftoit natif de Baycux eu Norrtiândîc ^ 
d'une famille enticrcnvent différente de'cell'edont 
il y a eu des Advocâts célèbres , & des ConleilT 
1ers au Parlement de Paris, qui font Origïnaire^dt 
la ville d'Orléans. Il eOoit proche parent , âu« 
cuns difent frcre à^ Alain Charticr Secrétaire del 
Roys Charles VI , & Vil qui a compolé iTHi- 
ftoire de fon temps, & fait quelques Pocfies y Et 
de Jean Relîj^ieux, & Autfieur des Grandes Cn> 
niques de S. Dcnys. 



Pa^ 



SUR LES MEM. DE COM. Liy. I. 19 

Pages 44. âf. 67. & 68. 

Trmaédê Paix éippelé U Traifté de Con« 
âans 9 entre URiBfj Uujs XL J^une fart y 
€7* Charles Cemtè de CharroUis depuis Due 
de Beurgongne JHémre. A Paris Van 146^ • 
le f . Oêobre. 

T Oays parla grâce de Dieu Roy de France. A "T'"'* '''• 
*-'tous çi»x qui ces prcfcDtes Lettres verront ,dcConflans. 
Salut : Comine nodre très-cher & (rcs-amd tccttd* Uuys xi, 
& confia Charles Comte de Charroiois, duvou--""'"/"!!"^'^" 
loîr & commandement de noftre treschcr &trcs« 'f^J^j^^^^t 
amé oncle le Duc deBourgongncfonpae,( pour ^iv, r^n 
venir & s^aflcmblcr avec no(irc trcs*cher & tres-i4<$- /< s« 
anaé frcrc le Duc de Normandie , naguercs Duc ^^•^"^ 
de Berry , & autres Sdgneurs de noftre Sang , 
ayans vouloir & intention de befongner & enten- 
dre en aucunes matières concernant le Bien public 
& univerlël de noftte Royaume , Tcftat & appai-^ 
icment defdits Seigneurs envers nous,) ayt depuis 
cinq jnois en ça mis fus grande & puiilante armée, 
ÙQS laquelle il ncpouvpit fcurenicnt venir & Iby 
trouver à ladite aflèmbléc. Pource mc&nemcnc 
qu'aucuns rapports luy avoient cfté f^ts en luy 
dormant aucunes charges ,. donnaos à entendre 
que nous le tenions noftre ennemy , & aufti que 
le Comte de Ncvers , le Sire de Croy, & autres 
qu'il tenoit & rcpùtoit pour fcs ennemis , par Tay- 
de 9 port & faveur de nos gens de guerre, villes & 
fortcrcflès s'eftoicnt mis en armes en la frontière 
àcs pais de noftre dit oncle , & fur Icspaf&ges de 
noflrc-di't frère & coufîn , & à l'occaiion de- ces ma- 
tières , tant avant raftêmblée d*iceluy noftre fterc 
& coulîn avec noftre dit frère de Normandie & 
autres Seigneurs de noftre Sang , que depuis plu- 
/icurs dif^^prdsy divilions^j & voycs4c.tfûi, ^ieot 

eu- 



3* PREUVES ET OBSERVATIONS 

dit Royaume: Etauffipoarconfidcratîon&reimi» 
ncràtion des grands ferviccs , miles & dcfpcDib 
que nofircdit oncle nous a faites , ftafouitenuâ 
pour nous du vivant de feu noftrc trcs-chcr fcigneur 
&pere, que Dieu ablblue,pardevers lequel , &en 
lès païs , pour éviter les dangers efquels nous efficms 
vray-Ièmblablementde noftre pcribnne , nous re- 
traifmes, & tant pour rentretenemcnt de TEdatde 
nous , de nodrc tres-chere & tres-amée compagne 
laReyne, que pour pluficurs notables AmbaOâdes 
envoyées devers noftredit feu (èigneur& perc, de- 
vers noifareSainâPerc le Pape Y & ailleurs , pour 
nos grands affaires touchant noûrceitat à venir à la 
Couronne, & d'autres grands frais & de(pens faits 
par uofkedit oncle &nollredit frerc &coui]n pour 
nous accompagner en noftre Sacre à Rheims , &' 
hollre Entrée à Paris à grand nombre de gens-d'ar« 
mes , par la doute que avions de trouver contra* 
diâîon en noihedtt Royaume : de tous lefqucis 
frais , mifès & dcfpeniès nous avons fouventes- 
fois promis & accordé à noftrcdftoncle&à nofbe- 
dit frère & couiin de les recompcnfer : Et auffi 
pour recompenicr iccluy nodre frcre & confia de 
la peniion de trcnte-fix mille firancs que nous luy 
avions donnée & accordée , & laquelle , certain 
temps avant lefdites divifîons , lui a cfté cmpefchée 
& rompue : Par Tadvis & délibération de noflre- 
dit frère de Normandie , & de nos tres-chcrs.& 
tres-amezcoulins les Ducs de Bretagne , de Ca* 
labre, de Bourbon, 6i de Nemours , les Corn* 
tes du Mayne, du Perche, d'Eu , d'Armagnac, 
des gens de noîlre grand Confeil, denofbre Parl^ 
ment, & autres notables hommes de noftreRoyau- 
me, avons baillé & tranfporté , baillons & tranir 
portons par ces prcfèntes à nofbedit fircre & confia 
le Comte de Charrolois, pour confidcration &rc* 
compenlàtion deschofes deiTnfdittes : & auiS pour- 
ce que nofirc dit frcre & couiin s'elllibcralement & 

plaine* 



SUR LES MEM. DE COM, Liv. L 33 

latnement accordé , entant qu'à luy eftoit , & gran* 
onent employé envers noiiredit frère & autres 
lei^eurs de nolfare Sang , à rappaifement defditcs 
livificms j & pour le bien de paix , pour luy & (es 
onsmaflcs ou femelles ^ dcfccndans de luy en di- 
eu^ ligne, & les hoirs de fcfdîts hoirs auffidcfced* 
ans d'eux en direâe ligne, àtoufiours, les Villes, 
Scez, Terres, FonerefIès& Seigneuries appartc- 
ans à nous de & fur la rivière de Somme, d*un codé 
c d'aotre , comme Amiens , Sainâ-Quentin , Cor- 
ne, Abbevîlle, enfemble toute la Comté de Pon- . ^''/'^'r'''* 
hicudcçà& delà ladite rivière de Somme , Doûr- '""•'"'"^•'"* 



flM* 



ens, Sainâ-Riquier , Crcvecœur, Alleux» Mon* 
treuil , leCrotoy, Mortagne^avec leurs apparte* 
lances &appcndauces quelconques, & toutes au^ 
res qui nous peuvent appartenir à cau(è de noffare- 
lite Couronne ^ depuis ladite âviere de Somme 
Qclofivement en tirant du codé d* Artois, de Flan* 
Ires , & de Hainault , tant de hoilredit Royaume 
[ne de l'Empire , Quelles noftredit oncle de Bour* 
;on^ctenoit& (Mtedoit n*aguercs au moyen dil« 
litlraité d'Arras , & avant le rachapt & defcnga- 
^ent que nous en avons fait : En y comprenant 
tofli, au regard des villes (èantes fur ladite rivière 
le Somme, du codé de noftredit Royaume , les 
»iilicuës& £(chevinages d'icelles Villes , & tout 
dnfi&enla forme & manière que noilrcdit oncle 
es tcDoit&pofIcdoit) pour iouyrparnoDrcditfre- 
T&coufîn, & (èfdits hoirs & les hoirs de fefditt 
lx)irs malles ou femelles , defcendans d'eux en dir 
reSe ligne dcOites Citc2 , fbrterdiès , Villes , Ter* 
res , & Seigneuries en tous profits & revenus , tant 
fe Domaine comme des Aydes ordonnez pour la 
guerre 9 & auffi des Tailles & autres emolumcns 
quelconques , ainfi que faîlbit noAtedit oncle, 
ft uns 7 retenir aucune chofè , fors les fby flt 
hommage , refibrt & Souveraineté : & lequel 
ttm&txt nous avons £ût & fàifbns, au rachapt de 
Tme IL C dwi 



34 PREUVES ET OBSERVATIONS 
ceux cens mille efcus d*or bons & de poids , à 
prcfcnt ayaus cours : L^rqucl rachapt nous & nos 
fuccdlèurs ne pounons taire de noilredit trcre& 
couliii, ne durant (à vie : mais feulement nous 
& i.ofdics fucccllcurs le pourront faire dcfdits hoirs 
de noilredit frère & couiin , de(ccndans de lor 
en direâe ligne , & des hoirs de ledits hoirs auffi 
dcfccndans d'eux en direâe ligne , qui tiendront 
iccllcs terres parmy leur baillant & payant à ooe 
fois ladite fomme d^deux cens mille eicus, âpre* 
lent courans : pour lafeureté duquel rachapt , no* 
ftrcdit frère &coufin nous baillera les Lettres Pa- 
tentes en bonne forme. Et voulons & entendons 
que noflrcdît frcre , & couiin, &(èl(lits hoirs def^ 
cendaus de luy , & qui tiendront leldites terres, 
pourront commettre & ordonner pleinement & à 
leur volonté, tous OfHcicrsqui feront necclEures 
à mettre & in(lituer au rcgnrd du Domaine deldites 
Citez, Villes, Forterellcs, Terres & Seigneuries 
delliifdites , & que les autres Officiers qui^-firont 
neccfBîrcs pour les droiâs RoPlîux , Aydcs, & 
Tailles, foientinfiituez de par nous & nofilits fiic- 
ccilcurs, à la nomination de noilredit trcrc&coo* 
fin, & de fefdits hoirs, pouricelles Aydcs & Tail- 
les impofer & lever ainli qu'il (c faifoit du temps 
^ que noilredit oncle de Bourgongne les tenoit & 

Bw9ffii. poflèdoit : Et en ounre comme par ledit Trairf 
d'Arrns, entre autres chofes ait eftc accordé que le 
Ck)mté de Boulongne fcroit & demcureroit à no- 
ilredit oncle le Duc de Bourgongne , & à lès en- 
fans malles procréez de fon propre corps : & que 
noilredit feu lèigneur& pcre feroîttenu de recoin- 
penfer ceux qui pretendroient y avoir droit. Nous 
pour les caulèsot coniidcrationsdefnifdites,&f4ns 
déroger audit Traité d'Arras , avons accordé & dé- 
claré , accordons & déclarons à noilredit frère & 
couiin , que luy & fcs enfhns malles ou femelles , 
procréez en mariage de Ibn propre corps , tant. 

feu* 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. I. 3 jr 

iletnent durant leur vie , tiennent & poîflènt te- 
: ladite Comté de Boulongne par la forme & ma- 
ere, que par ledit Traitté d'Arras noftredit frcre 
coafin la peut tenir , & en faire les fruiâs leurs, 
aune de leur héritage ; &àcc nous fcions con<- 
itir ceux qui prétendent droiâ en ladite Comté, 
feons tenus de faire les rccompen(àtions qui ap- 
rdcndront , & en tenir paiiible noftredit firere & 
ufin , & ledits enfans : £t auili avons promis 
accordé , promettons & accordons à nofiredit 
arc & eoufin que nous luy ferons bailler & depe& 
ter pleinement , purement & franchement , & en- 
ot qu*à nous e(t , luy baillons & délivrons dés 
aintenant les Chafteaux , Villes Cha{lellcnies,& 
'cvoftez de Peronne , Montdidier & Royc , avec p^rêmu, Mên* 
Qtes leurs appartenances & appendances quelcon- ^*'^'"' » ^ 
les , defchaiTjées de toutes gagicres & rachapts , ^'^'* 
i tels & lëmblables droits qu'elles furent baillées 
Cranfportéesà nodredit oncle Ion pcre par ledit 
iiitéd'Arras, pour les tenir & en jouyr ainfi & 
ir la manière contenue & déclarée audit Traité, 
ferons & procurerons par effèâ que noftre trés- 
or & trcs-amé coufin ledit Comte de Ncvcrs 
anlporte & remette à noftredit firere & côuiin le 
oaate de Charolois , tout tel droit qu'il a & prétend 
rohr cfdits Chaftcaux,Villes,Prevoftc2 & Chaftcllc- 
les ,& que de ce qu'il en tient il vuide & depcfche 
1 pcflcffion es mains de nodrcdit frère & coufin le 
iomte de Charolois, ou de (es Commis : Et avec ce 
rons baillé & tranfporté à noflredit frère & coufin , 
dm luy (es hoirs & fucceflèurs quelconques , & en 
eritagc perpétuel laCotrité de Guynes, & fes apar-^l^'^*^ '^* 
nanccs & appendances quelconques , pour en 
luyrparnoffarcdit frère &!cou{in& fcfdits hoirs & 
icccilènrs en tous droits, profits & emolumcns , 
mt de Domaine que des Aydes , Tailles , & au- 
pcs obventions quelconques, fans rien y rcfcrvcr 
le retenir pour nous , fors les foy & hommage^ 

C z rtt 



36 PREUVES ET OBSERVATIONS 
rdlbrt& Souveraineté : & du droit que le Sire dc 
Croy , ou autres, pourroicnt avoir & prétendre en 
ladite Comté nous ferons tenus le recompenfo; 
& d'icclie Comté faire & tenir noftredit frère & 
coufin, & lèfdits hoirs , quittes & paiiibles envers 
ledit de Croy& tous autres: toutes lefquellescho* 
fts nous avons promis & promettons en bonne 
foy , & par parole de Roy, parnofbe lcrment,& 
Ibus l'obligation de tous nos biens prefens & a ve- 
nir,* pour nous , nos hoirs & fucceflèurs , tenir, 
garder, entretenir , entériner & accomplir de pcim 
en point en la forme & manière dcûufdite , înviola* 
blement & fans enfraindre, ne jamais venir au con- 
traire par nous ou par autre , ne (bttffirir qu'autre 7 
vienne dircâement ou indircâcment , couverte* 
ment ou en appert, le tout fans fraude, dol , oo 
xnalengin , & nous fommes ibubmis & foubmec* 
tons pour Taccomplidcment , entérinement & en* 
tretjcnement des cho(ès deflùfditcs , & chacune 
d'elles à la cohcrtion& contrainte denoftre fâinâ 
Père le Pape> & à toutes Cours tant d'Eglife com- 
me Séculières , pour le(quellcs & chacune d*i- 
celles nous voulons & confèntons nous & nofHits 
fucceflèurs , eibe contraints à obfover toutes & 
chacunes les chofcs defFufciites , en renonçons i 
fous droits , privilèges , Ordonnances , Edits 
Royaux, exceptions , & chofes quelconques, par 
Icfquclleson ponrroit en tout ou en partie venir an 
contraire des chofes deffufdites , tout ainfi que li 
tous leldits droits , Ordonnances , Edits , exce- 
ptions , ou autres renonciations eftoient expreflè- 
ment déclarées & fpecifiécs en cefdites prefimtes: 
Et en outre mandons,. & exprcficmcnt enjoignons 
ànodreamé & féal Chancelier, & à nos amex & 
féaux Confcillers les gens de noftre grand Con- 
lèil , les gens qui tiendront nos Farlenncns adve- 
nir, gens de nos Comptes, les Généraux de nos 
Finances, Baillifs , Senefcbaux, & autres nos lu* 

fii* 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.L 37 

âers & Officiers ou à leurs Lieutenans , & à cha- 
a d'eux comme à eux appartiendra , que certes 
«preiëntes, & le contenu enicelles ils gardent 
fièrement , & accomplîflènt de point en point , 
ne fkccnt ou Ibufirent faire aucune chofe au 
Dtraire : & quand aucune chofe fera faîte aq* 
□traire ils la reparent & remettent incontinent & 
is delay au premier eflat& deu; & mefmcment 
iitsdcrarlcment, des Comptes, & des Finan- 
îy qnecèldites pre(èntcs ils vérifient 6c approu- 
nt , & les facent publier & enregifhcr par tout 
i 3 appartiendra , nonobftant quelconques Or* 
«{laDces faites de non aliéner , ne mettre hors 
nos mains les domaines de noffa-edite Couron* 
, & toutes reflriâions , promeflès & (èrmcns 
cnous, ou aucuns de nofdits Officiers auroient 
faire en gênerai ou en particulier , Ibus quel- 
nqiie fbrme de paroles par lefquelles on pour- 
it éç voudroît empelchcr Teftèt , accompliflè- 
cQt & entretenement de tout le contenu en cef* 
:es prefèntes : Icfqaellcs Ordonnances , reftri* 
ons,promclIès, obligations & (èrmens , nous 
ior le bien de paix , ne vouions , quant au cas 
elhit, déroger ou prcjudicicr aux tranfports & 
très chofes defTufdites & dcfdites promefîès ,fer- 
Ç$ïs^ OU autres refhiâions que nofdits Officiers 
«irroîcnt avoir envers nous au contraire descho- 
î deffiifdites , nous les tiendrons & tenons par 
dites prefcntes, & en accompliffant le contenu 
{ icclks, pour quittes & fuffifammcnt defchar- 
z. Et pourceque d'icelles on pourra avoir afFai- 
cn plufîeurs & divers lieux, nous voulons qu'au 
dkhus d'îcel les fait fous Secl Royal, foyfoitad- 
oftée comme à Toriginal ; En Tesmoing de ce 
vas avons fait mettre 6c appofer noftre grand Scel 
ces prefentcs. Donns;' à Paris le cinquiefme jour 
Oôobre Tan de grâce mil quatre cens foixantc 
cinq , & de noftre rcgnc le cînquicûnc : Ainfi 
^ C3 (iSu6\ 



38 PREUVES ET OBSERVATIONS 

figné, Par le Roy, le Comte de S.Pol Comcfla- 
blc , le Sire de Montauban Admirai de France , le 
Sire Deflandes , Maiftrc Ican Dauvet premier P^^ 
fidcntdeThouloufc, & autres prefcns I. Bonore; 
Et fur lercpîydcfdites Lettres cftoit efcrit , Leâa 
i^publicata Parijiis in Parlamento duodechna Jie 
Oâohris , anné Domini miUefimo quadringenUjimo 
fexagefiTno quinto, AmfiWgïié^Cheneteau. Et avec 
ce elt efcrit plus bas fur ledit rcply. Regiflrata ^fra* 
fehte Procuratore Régis y ^ non\ cùrstradicetfte. 
Aâum in Parlamento die décima feptima Oéiobris 
annomillejimo quadringentefimo fexagejimo é/uinto^ 
Chcncteau. SimtUter leéia , publicata Çjf regtfhrar 
ta in Caméra Computorumdominimftrt Régis Po' 
rijiis décima nona die d/Ûi menjis OHobris , am» 
quofupra, Badouillcr. 

LOuys par la grâce de Dieu Roy de France , A 
tous ceux qui ces prelèntes Lettres verront, Sa» 
lut: Comme par autres nos Lettres de la datte du 
cinquiefme jour du prelcnt mois d'Odobre , & 
pour les caufes contenues en icelles , nous ayons 
entre autres chofes baillé &tran(porté à noftre très- 
cher & tres-amé frcrc & coulîn Charles Comte de 
Charrolois, toutes les terres eftans fur la rivière de 
Somme , que noftre trcs-chcr & trcs-amé oncle le 
Duc deBourgongnefonperetenoit& poflèdoit au 
♦ r«Tf4»f//«f moyen du Traité d'Arras*, par avant le rachapt & 
^nT'^vu'Z dc^^^ng^gementque nous en avons nagucrcs fait de 
ThiiipptU B^rMl -t comme plus à plein eft contenu en nofditcs 
Dncdt B^ur- Lettres ; & depuis noftredit frère &coufin nous ait 
^tn^e à ^r- fait humblcmeut remonftrer qu'au Baiîlagc d*A* 

Y/'usI^nml ^^^^^ ^^"^ ' * ^"^ accouftumé d'cllre trois Pre* 
ért. * ' voilez , c'cft à fçavoir la Prevofté de Vimieu , la 
Prevofté de Beauvoifis , qui s'eftend en partie de- 
dans la ville d^Amiens , & laPrevofté de Foullby 
qui s'cftcnd deçà & delà la rivière de Somme : le& 
quelles^ parce que noftredit oncle les tenoit & pol^ 

fcdoic 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. I. 39 

fixloic paravant ledit rachapt, ne (ont point coni- 
pri(è8 audit tranfport qu'avons fàitdcfditcs terres à 
no(bedit frère & coufîn , en nous fopplîant que 
pour éviter les dilcors & débats qui pourroient cftre 
entre les Officiers qui (croient commis de par nous 
ddites Prevoftez & les Officiers ordonnez ctHites 
terres , & auffi afin que lefdites Prevoftcz ne Ibient 
démembrées dudit Bailliage d'Amiens , il nous 
pisûfc adioindre audit Bail &tran(port defdites ter- 
res y lelditcs Prevoftez & leurs appartenances & ap- 
pcndances quelconques , & luy en faire nouveaa 
tranfport , pour en joUyr comme defdites autres 
terres. Sçavojr faisons , que nous , de noftrc 
certaine (cience & pour les caufcs & confîdera- 
tions contenues en nofdites autres Lettres & autres 

■ 

juftes caufo à ce nous mouvans , avons baillé & 
tranfporté, baillons &tranfportonsàno(fa'editfrere 
& coufîn le Comte de Charrolqis , pour luy & (es 
hoirs defcendans de luy en dircôc li^ne ^ & les hoirs 
de les hoirs auffi defcendans d'eux en dircâe lisne , 
lefdites Prcvoitcz de Vimieu , de Beauvoifis , ot de 
Foulloy , & leurs appartenances & appendances 
quelconques , eftans dudit Bailliage d'Amiens , 
pour enioîiyr en la forme & manière, & en tels & 
(cmblables droits , & Ibus telles & Crmblabîes re- 
lèrvations de rachapts , que iccluy noftre frère & 
coufîn y & lèldits hoirs defcendans de luy en direâc 
ligne , tiendront & pourront tenir lefdites terres à 
luytraolportécs, comme dit eft : & voulons qu« 
nofbedit frère & coufîn &fcfdits hoirs, quant aux- 
diccs Prevoftez & leurs appartenances , u: puifî^nt 
ayder des Lettres que nous luy avons baillées & 
oîâroyées, conccrnans lefdites terres, & de tout le 
contenu en icelles , tout ainfî que fî lefdites Prc* 
vd}cz& leurfdires appartenances^ eftoient nommé- 
ment &expre(Icment déclarées & fpcciâécs en nof- 
dites Lettres. Si mandons & exprcflcment cn*^ 
ioignous à noftrc amé& féal Chancelier , & à nos 

C 4 zmcL 



40 PREUVES ET OBSERVATIONS 

amcz& fcaux les gensdenoffare grand Coofcil^Id 
gens tenans noflre Parlement , de nos Compte$| 
fqfenerauxdcnos Finances , & à tous nos Baiilifti 
Joûiciers, Officiers, &Subjets,quedeno(fa:epre- 
lent don, oâroy & adjonâîon ilsfaçent & fonf* 
frçnt ioiiyr &uferno(lredit frère &cou(în paifîble» 
ment y fans luy faire ne lbuffi:ir e(lre fait aucun 
deftourbier ou empcfchement au contraire, &qne 
ces nos prefèntes ils vérifient , publient & fàctut 
cnregiftrer par tout où il appartiendra, nonobdant 
toutes Ordonnances, rcftriâions, & autres chofet 
failàns au contraire ; Et auili mandons & comman- 
dons à nos amcz & fcaux les Commii&ires par noui 
ordonncx à bailler la poflcffion dcfdites terres à 
noftrc^it frère & cou(in, que pareillement ils met* 
tent luy oufes Commis en poflcilion defditesPre* 
voAcz, & les facent ioiiyr iàns difEcuIté ou con- 
tradiôion quelconques : Car tel eft nodre plaifir. 
En TESHPiNG de ce nous avons fait mettre no- 
ftrcfcel à ces prefeptes. Ponne' àParisIetrciziet 
nieiourd^Qâobre Tap de grâce mille quatre cens 
loîxante&cinq, &de noftre règne le cinquiefine. 
Ain(i ligné, Par le Roy, les Sieurs Dcflandçs , du 
Lan , de Bafbgcs , & autres prcfcns , G. Picard. 
Ètfurlcrcply eftoît efcrît ce qui s'enfuît, Le&a^ 
puHitata^ & regijhrata Parijiis in ParlamentoJi^ 
decintafexta Oaohris^ anno Daminimiiïejimo qm* 
4rigentefin9o fixagefimo- quinto. Chencteau , ^nV 
ma fcptima Oéiobris , millefituo quadrîngentefiim 
fexag^ejinfo quhuo^ vocatusfuit Jf^rocurator Rçgîs^ 
qui publicationi Çj? r^ifiratiopi praJiélis non am^ 

f£AV,Cheneteaii. SimiliterkSa^fublisata^ re^ 
gljlrata in Cornera Çon^utortm 4mfini nofiri iSr* 
gts Parifiis , decinM-po^a dk OSotris , anno D19* 
fnini millefimo quadrin^eM^fimo fexa^ifimo qmnh 

t9t Badouillcr, 

Char. 



f 



SUR LES MEM. DE CdM. Lir.I. 4t 

CHarlesdeBoorgongne Comte de Charrolois, 
Seigneur de Chafteaubelin , & de Bethune , 
Lieatenant gênerai de mon trcs-rcdouté feigncur & 
pcre: A rousceux qui ces prcfcntcs Lettres verront^ 
Salat. Comme Monfcigneur le Roy par fcs Lec«> 
trcs patentes en datte du cinquiefineiourdece pre> 
iènt mois d'Oâobre , & pour les caulès & conii* 
derations y contenues, nous ait baillé & tranfpor- 
té , pour nous & nos hoirs milles ou femelles de& 
cendans de nous en direâe ligne, & les hoirs de 
nofdits hoirs aufli defcendans d'eux en direâe Ijgnc^ 
àtonfionrs, les Citez, Villes AFortcreiTes, Ter* 
res & Seigneuries qui luyappartenoientde & fur la 
rivicre de Somme d'un coflé & d'autre ; comme 
Amiens , S, Quentin , Corbie , Abbeville , en» 
icmble toute la Comté de Ponthku deçà & de là la- 
dite rivière de Somme , Dorlcns , Sainâ-Riquier, 
Crevecoeur , Alleux , Monftreîiil , le Crotoy, 
Mortagne, avec leurs appartenances &appendan* 
ces quelconques , & toutes autres qui luy pouvoient 
appartenir à caufe de fà Couronne , depuis ladite 
rivière de Somme incluiivemcnt , en tirant du collé 
d'Artois , de Flandres , Si de Hainaut , tant de 
fbù Royaume que de TEmpire .* leiquelles terres 
mondit tres-redouté Seigneur & père tenoit &poC 
feioit nagueres au moyen du Traité d'Ârras , & 
avant te rachapt que mondit Seigneur le Roy eo 
ïïfàit &it de luy , pour en jouyr par nous & noÇ> 
dits hoirs , & les hoirs denofdits hoirs mafles oii 
femçllei , de(cendans de nous en direâe li^ne , ainfi 
& par la manière contenue & plus à plein décla- 
rée en lèCiites iiettres : Et lequel bail & tranfport 
mondit Seigneur le Roy ait fait au rachapt de deux 
cens mille efcus d'or , bons & de poids , à prêtent 
ayaps cours : Lequel rachapt mondit Seigneur le 
Koy & les fuccefleursne pounont faire de nous ne 
dorant nofire vie , mais feulement le pourront fài« 

rc iknc^Qits hoirs dciceodâas de pous en direâe. 

liçne^^ 



42 PREUVES ET OBSERVATIONS 

itene , &dc$ hoirs de nofdits hoirs auffidefcendans 
d eux en dircâe ligne , leur payant & baillant à 
une fois ladite fomme de deux cens mille efcus d'or 
bons & de poids à prefcnt ayans cours ; & pour 
la feureté duquel racbapt nous ferions ternis de 
bailler à mondit Seigneur le Roy nos Lettres pa- 
tentes en bonne forme : Et depuis , par autres 
Lettres du 1 3. jour de cedit mois d'Oâobre, mon- 
dit Seigneur le Roy en adjouilant au bail&tranf' 
port à nous fait defdites terres , nous ait baillé & 
tranfporté les Prevoftct de Vîmicu , Beauvoifîs , 
& Foulloy , & leurs appartenances & appcndanccs 
quelconques , eftans au Bailliage d'Amiens, pour 
en îouyr en la forme & manière , & en tels & 
ièmblables droits , & fous telles & iëmblablesre- 
lèrvations de rachapts , que nous & nofdits hoirs 
tiendrons & pourrons tenir lefdites terres à nous 
tranlportées , comme dit eft , & par icelles Let- 
tres mondit Seigneur le Roy ait voulu que nof- 
dits hoirs delTus déclarer , quant au(clite$ Prevo* 
ftez ou leurs appartenances , nous puifiions ai- 
der defdites Lettres qu'il nous a baillées & 
oâroyées , conccrnans Icfdîtts terres & de tout 
le contenu en icelles, toutainfi que fi lefdites Prc- 
voftct & IcurfiJîtes appartenances eftoient nommé- 
ment & expreficment déclarées & (pecifiées en fcC- 
dites Lettres , contenans le bai! & tranlportdeCli- 
tes terres defliis déclarées. Sç avoir faisons, que 
nous voulans & dcfirans garder & recognoiflre 
bonne foy envelr^ mondit Seigneur le Roy & fes 
liicccflcurs , de noftre certaine fciénce , pure & 
franche volonté , pour nofdîts hoirs defcendans 
de nous en direâe ligne , & les hoirs de noidits 
hoirs auffi defcendans d'eux en dircâe ligne , mafles 
ou femelles , à toufiours , qui tiendront lefdites 
terres , avons convenu & confenty , promis & 
accordé , convenons , confentons , promettons 
& accordons par ces pre(èntcsà mondit Seigneur le 
, ^ Roy 



SUR LES MEM.de COM.Liv.L 43 

Roy pour liiy & fes fucccflèurs qu'ils & chacun 
d^eox pa!i& ravoir , racbeptcr ,& recouvrer tou- 
tes & quantes fois qu'il leurphura après noftrede- < 
ceds f & non devant , de nofdîts hoirs , & des 
boffs de nofdîts hoirs mafles ou femelles , def^ 
cendans d'eux en direâe ligne , toutes Icfdites Q* 
tC2 , Villes -y Terres & Seigneuries dcffiis décla- 
rées, à nous tranfportées par mondit Seigneurie 
Roy , & lelquelles mondit feigneur&pere tenoit 
& pc^Ièdoic avant ledit rachapt &de(cngagement; 
& aufli lefdites Prevoftez de Vimieu , de Boiu- 
voifis & (fe FouUoy, & leurs appartenances, tout 
à une fois , en leur baillant & payant à une fois 
ladite ibnune de deux cens mille ecus d'or bons & 
de poids , à prdènt ayans cours : Et kfquelles 
Citez 9 Villes, Fortereflès, Terres & Seigneuries, 
& les Prevoftez dcflùfdites , nofdits hoirs defcen- 
dans de nous , & les hoirs d'iceux nos hoirs , 
aufli delcendans d'eux en direâe ligne , malles 
ou femelles , qui tiendront lefifftes terres , feront 
tenus de baiHer , reftitucr & délivrer à mondit 
Seîeneur le Roy , ou à fefdits fucceflcurs après 
nolnredit deceds , & non devant parmy recevant 
de luy ou de fefdits fiicceilêurs à une wit , ladite 
fomme de deux cens mille efcus d'or bons & de 
poids , à prefènt ayans cours : Et en ce cas eux 
du toutdefifkr & départir defdites Terres & Pre- 
voftez y fins 'y feirc difficulté ou contradiâion 
quelconque , & à ce faire & accomplir par la ma- 
nière que dit eft, pour après no(iredit deceds , & 
d& ihaintenant comme pour lors obligeons noC-. 
dits hoirs defccndans de nous , & les hoirs d'iceux 
nos hoirs deicendans d'eux en direâe lign€ mafles 
ou femelles , qui tiendront icelles terres , le tout 
jàns préjudice & innovation de certaines autres Let» 
très de mondit Sogneur le Roy , de la datte dct 
lùfdite , par lefquelles il a voulu ledit rachapt, & 
le contenu en ces nos prefcntcs eftrc entendu , & 

les 



44 PREUVES ET OBSERVATIONS' 

les chofes dcfliifilites par la forme & manière qaé 
dit eft , nous pour nofdits hoir$ , & les hoirs de 
nofdits hoirs defcendans en direâe ligne , avons 
promis & promettons en bonne foy par parole de 
Prince , par noflre ferment & ibos rQbhgation& 
hypothèque de tous & chacuns nos biens prefcns 
& à venir , & des biens de nofdits hoirs , & des 
hoirs d'iceux nos hoirs , avoir & tenir fermes & 
fiables , icelles par la manière dcflufdite , & non 
autrement , accomplir , entériner & entretenir , 
ùn$ cnfiraindre ne iamaîs venir au contraire par 
nous ne par autre, direâementouindireâement, 
couvertement ou en appert, & nous fbmmesibnb* 
mis pour nous & nofdits hoirs, & les hoirs d'iceux 
nos hoirs à la cohenion & contrainte de nofire S. 
p. le Pape , & à toutes autres Cours tant d'f^li* 
le , comme fcculieres , par lefquelles, & chacu- 
ne d'elles nous voulons nofdits hoirs , & les hoirs 
d'iceux nos hoirs eftrc contraints à faire & obfer- 
ver les chofes deftfdltes , en renonçans à tous 
dfoiâs , exceptions , & autres choies par lefquel-» 
les on voudroit , ou pourroit venir au contraire 
des chofes dcdufdites , tout ainii que (i tous lefdits 
droits, exceptions, & autres renonciations eftoient 
cxprcflement déclarées en cefdites prcfcntes. £h 
TFSMOiNG de ce nous avons fait mettre nodreSeel 
à cefdites prefcntes. Donne' à Confians prés de 
Paris le feiziefme jour d'Oftobrc l'an de grâce 
mille quatre cens Ibixante & cinq. Âinfi figné » 
Par monfcfgneur le Comte , le Sire de Neufcha* 
fiel Marefchal de Bourgongne , le Comte de Char- 
ny , les Sires de Montagu , de Crcquy , de Haï- 
bourdin & de Contay , Mcllires Guillaume de 
Biches , Girard Unory , Maiftre Guillaume Hu*» 
gonet y. Jean Carondelct , & autres prelcns « /. 
Gros I collation eft faite 



SUR LES MEM. DE COM. Ltt. I. 4f 
Extraiâ des R^iftres de la Chambre des 
Comptes , avec lefquels en. ver m d*uiie 
Requeftedecrettée de rordonnanced'icel- 
le du 2,7. jour de Février if 5p. en a cfté 
fiiite collation. Signé , ChcVéUier. 

* 
jiutre éccwd de faix fait à Sainlt Méur des 
Fo^ez. entre les Ducs de Normandie 9 de 
Bretagne ^ de Calahre ^ <T de Lorraine ^ 
de Bourhonneisy d^jiuvergne j €^ de Nie* 
meurs ; les Comtes de Charolois ^ iAr-» 
magnac y de SainB foui , Cr asares trin^ 
ces de France ^ fiuJlevez.fotislenomduBien* 
pvhUc d'nm part j &leRojLoitisXI.J^au^ 
tre 9 Van mil quatre cens fiixante cinq , le 
vingt-neufiefine Oitobre. 

/^Harlcsfils & fterc de Roy de France, Doc de 
^^ Normandie, François Duc de Bretagne, Ican o4obrê. 
Ddc de Caiabre& deliorraine, Charles de Bonr- 
gongoe Comte de Charrolois , IcanDucdeBour» 
boimois & d'Auvergne ) lacqucs Duc de Nemours 
Comte de la Marche , lean Comte d*Arma|gnac^, 
Louys de Luxembourg Comte de Saint Pm\ , 
Charte Comte d'Albrct , & Jean Comte de Da- 
nois. A tous ceux qui ces prelèntes Lettres verront , 
Salut •• Comme pour appaifcr les différends & df- 
vîfions meuès entre Monfieur le Roy d'une parc; 
jy^iKJ &plufieurs notables hommes de ce Royau« 
me joints & adhérents avec nous d'autre part, cer« 
tains traheï & appoîntemens ayent edé advifcz & 
accordez entre mondit Sieur le Roy & nous, aînfi 
que plus à plein e(l contenu en certains articles 
dont la teneur s'enfuît, & eft telle; Comme Mon* 
iicur le Duc de Normandie ^ & nagueresDucde 

Set- 



î4<($* 29^ 



46 PREUVES Et OBSERVATIONS 

Berry , & plufieurs antres des Sieurs da Sang jc^tt 
& adhérents avec luy » ayent fait remonftrcr ta 
Roy qu'ils s*e(loicnt unis & afKmblez enfemblè , 
pour venir par devers luy , & pour luy faire au- 
cunes remon(fa:ances& rcqueftes touchant le fkiâ 

* crédit ^ * ^^^^^ ^^ ^^ Juftice , & bien public du Royau* 

ixie : Ce qu'ils n'ont pu faire ne accomplir pour 
aucuns rapports à eux faits , portans menaces &i 
cette caufc & pour la feurcté de leurs perfbnnes 
s'eftoient mis fus en armes & en afièmblée de 
gens , fur quoy fè font enfuivies aucunes divifîons 
& voyes defaiâ : pour obvier auxquelles , & aux 

• avenix dommages & inconveniens qui en pourroient *ar- 

river , & auffi pour nourrir bonne paix, amour & 
union entre le Roy &Iefdits Seigneurs, aân qu'on 
puiflè mieux vaquer aux chofès neccflàircs pour le 
bien& utilité de la chofe publique du Royaume , 
ont efté traitées & appointées entre eux les chofcs 
qui s'enfuivent. 

Premièrement , Que toutes manières de guerre 
& voyes de faid d'entre le Roy & lefdits Seigneurs t 
leurs hommes , vaflaux,& fujets,leurs adhérents , al- 
liez , amis & bienvcillans , de quelque eftat ou con* 
dition qulls foîent , en quelques pays , terre & Seî* 
• & gneurie que ce fbit,au Royaume ou '*' dehors , à ciQ& 
defdites divifîons ou différends, ceflèrontdorefiia* 
vantde part & d'autre , & demeureront en bonne 
paix, amour & tranquillité > & feront le Roy & 
leidits Sieurs retirer leurs gens de guerre for leurs 
lieux , , &ns faire fejour , au plufioil que frire fi 
pourrai 

Item^ Que de quelconques choies qui fe foîent 
enfuivies i caufe defdites divifîons , d'un collé & 
d'autre, ne pourra jamais aucune cholb cAre im* 
putée, reprochée, ou demandée, ne molcftation 
faite par procès ny autrement, en quelque manière 
que ce foit , à aucuns defdits Seigneurs > ny des 
adhcrems, fcrvitcursj fubjcts, alliez^ amis & bien? 

vcil- 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. L 4> 

Vrillans ) d'uDC part & d'autre , ainçois demeure-* 
tootenboodc (cureté quelque part qu'ils (bu m, on 
demeurent au Royauinc , ou dv hors , fans que de 
lapanduRoyacdefditsSeigtKurs icurpuilic, ne 
i aucuns d'eux , aucune chofc efire imputée , re* 
procbéecu demandée. 

bcm^ Que lefdits Seigneurs ne feront ou mou-^ 
veront par eux , ny par autres , à i'occafîon dcfditcs 
cbo&s paflëes ne autrement , guerre ou dommage 
au Roy, & ne procureront que guerre ou domma« 
ge luy (bit fait par autres Seigneurs ou Communau- 
tel, & n'y bailleront ayde & fecours en quelque 
manière que ce (bit pour cau(è defditcs cho(ès paf- 
fécs ne autres quelconques , ainçois ferviront & 
otxïront le Roi , ainfi que tenus y (bnt. 

Aemj AuâiqueleRoyneparluyneparautre, à 
Toccafion de(<iites chofes paâccs , ne autrement , 
ne fera ou mouvera guerre ou dommage au((lits 
Seigneurs ne à leurs adhérents, fubjcts, ferviteurs, 
ou alliez , & ne procurera que guerre ou dommage 
kurfi)it faite par autres Seigneurs ou Communau-^ 
tet, & ne baillera aide ne ucours en aucune ma- 
nière pourcau(ë defdites cho&spadëcs, ne autres 
^clconqu€S> ainçois les aidera & fecourera com* 
me (es bons parcns & fubjets , & (ans touttsfois pour 
ce empc(chcr la voyc & pourfuitc de Juûice , ne 
rauAorité du Roy es cas , & ainfi qu'il appartient 
lèlon rai(bn , en autres cas qui n'appartiennent , & 
ne concernent leldits difTcrcnds , & divifions. 

lum^ Que les honmics& vaflàux, fubjets, (èr- 
Wtcurs, & adhérents, tant du Roy comme def^ 
dits Seigneurs qui ont tenu party , tant d'un côté 
que d'autre , retourneront & retournent franche- 
ment & quittcmcnt en leurs maifbns, places , héri- 
tages, rentes, revenus, & biens immeubles, quel- 
que port qu'ils (oient , (bit au Royaume ou de- 
hors , & fans qu'à cette caufc rien leur en puiflè 
^retenu, querellé, ou demandé le temps adve- 
nir, 



48 PREUVES ET OBSERVATIONS^ 

nir^ & feront demeureront, font & demeurent patf 
cedit Traité en leurs ioiiyf lances , podêfiions & ûî* 
fines cfquclles , & ainfi qu'ils eftoient auparavant 
lefdites divifions , nonobllant quelconques doos^ 
ceflions, tranfports, occupations ^ ou empcfcbé- 
tncns qui leurayent efté faits par le Roy ou kfditt 
Seigneurs, ou par autres à leurs caufcs& moyens, 
fbus couleur de jufticc ou autrement , depuis lefV 
dites divifions , & à Toccafion d^celles , lelqneit 
empefchemenslbnt & feront nuls, &denuIeÂc^ 
comme cho&snon advenues, & eft permis àtous 
lesdeflufdits d'entrer en leurfdits biens comme de* 
mjfteie vant, deleurauthorité, & fans aucun * miniflere 
de Juftice; &fi meftier cftoit , en feront baillées 
Lettres à ceux iqui les requerront , telles que be« 
foin fera. 

Item , Que les biens meubles efians en nature de 
chofes qui ont efté pris & empefchez Ibus couleur 
de Judice & autrement , par voye & cxploiâ de 
guerre, feront délivrez, dcpelchez, & reftituezi 
ceux aufquels ils appartenoient paravant lefdîte» 
divifions, & pareillement feront rendus & reftitoet 
tous les biens qui auront efté pris ou empcfciiés 
durant les trefves. 

JUm» Que les Villes & Communautez qui ont^ 
obey & adhéré à un ou à l'autre party , ne feront 
pour ce mal traitées, & ne leur fera fait ou donné 
aucun trouble , deftourbier , ou empefchcment en 
leurs droiâs , privilèges , oâroys , franchilès , & 
libertcz , ainçoîs y demeureront ainfi qu'ils elloient 
auparavant lefdites divifions. 

Ite»i. Et tant par le Roy que par lefdits Scigneorl 
feront rendues & délivrées les villes & places prifis 
& occupées de l'un party fur l'autre , à caulè dlcd* 
les divifions. 

Item , Le Roy ne contraindra lefdits Seignetff 
àvcnirdcversluy, & ne feront tenus d'y venir ca 
kuts perfonnes j fans toutesfols que par ce iceux 



SURLËSMÊM-DÉCOM. Liv.f. 49 

Sdgnears (oient exempts des fer vices qnlls doivent 
tQ Koj à caufë de leurs fidélités , quand beibin 
foa, pour la dcfcnce & bien évident du Royau* 
me. 

Sem^ Et quand le plaifir du Roy fera de venîr 
es inaifbns & places dcfilits Seigneurs , efquellcs ils 
ibont en leurs pcrlbnnes , il leur fera Içavoir troia' 
burs devant là venue. Aufli Icfdits Seigneurs ne 
itendront devers le Roy , fans premièrement en- 
voyer devers luy, pour fçavoir fon bon plaifîr & 
coolcntement. 

Item y Si onvonloîtimpofcr ou Imputer aufdits 
Seigneurs ou à leurs adhérents & fervitcurs aucun 
cas on maléfice , le Roy ne procédera ne ièra orocc^ 
der à rencontre d'eux par voyc de fhiâ, prilc , ar- 
rcft, ou détention de leurs pcrfonnes , ou autre- 
ment, que ce ne ibit par bonne & meure délibéra- 
tion dcconfèil , & à bonne & fuffifànte cau(è , in- 
formation précédente , & en termes de bonne Ju« 
ftice, & en^dant Icsdroiâs ^ dignités & préro- 
gatives dcfciits Seigneurs & de leurs pcrfonnes: Et 
pareillenient lefilits Seigneurs & leurs Officiers ne 
procéderont à rencontre des fervitcurs & adhérente 
du^oy, pour aucun cas & inalcfice que Ton leur 
wùadnAt impofcr.^ par voye de faiâ , prife , arrcft , 
'' oudetention de leurs perfonnes ne autrement , que 
oenefi>itparbonne& meure délibération, & ain(i 
que deflhs a efté dit de la part du Roy. 

Bem y Pour pourvoir aux plaintes & doléances 

que de la part dcfdits Seigneurs & deoluficurs fub-^ 

jets du Roy de divers eftats , luy ont elle faites d'au- 

cunsdc(brdre5& fautes que Ton ditefheaufaiâde 

ri^Iifè, dclajuftîce* & de plulîeurs griefs , exa* 

ôions & vexations indues , à la grand charge , fou« 

k & dommage du peuple ^ & du bien public du 

i\ Royaume a c^é traité & appointé , que k Roy com« 

t; mettra trente fix notables hommes de fon Koyau* 

a me, & IdCqocls il acQOimis, q'cft à fçavoir douze 

th limtfl P Pt^ 



;UR LES MEM. DE CX)M. Liv. I. j-i 
a Ces Lettres patentes, Icfquellcs Lettres fc- 
mbliécs A enrcgiftrées en la Cour de Parle- 
;^ en la Chambre des Comptes, & Bailliages 
mefchaullëes. Royaux , & les gardera & tcra 
et en tous leurs points : Et mandera à fadite 
rdc Parlement, aux Baillifs, Sencfchaux, & 
esOfl&ciers dudit Royaume , de les garder & 
letcDÎr^ fans enfraindre ne jamais venir au con- 
cc. Et dés maintenant veut & ordonne que les 
lltfs, Scnefchaox, & Jutticicrs jurent & pro- 
ttentainfile faire : Et ne feront baillées Lettres 
rie Roy en fà Chancellerie ne ailleurs , à l'cn- 
otre dcfdits advis faits & * accordez , comme dit • accorils 

: Aalquellcs Lettres , fi elles eûoient baillées 
rlc Roy en fadite Chancellerie, ou ailleurs, ne 
a en ce casobeyparlefdics Con&illers de Parle* 
ntt, Baillifs, Sencfchaux, & autres JufHciers. 

pareilleoient lefditsf Seigneurs feront tenus de 
rdcr entretenir lefdits advis , délibérations , & 
nclufions , & de les faire garder en tods leurs 
»ints par leurs Officiers , qui le promettront & 
rcronc comme dit éd. 

Item^ Durera le pouvoir & commîflion dcfdits 
mtc fir, deux mois, à conter du temps qu'ils com- 
lenceront à befbnjgncr , & auront puîmnce de ♦* prononcer 
txoger quarante jours pour une fois : Et s'il ad- 
aoit qu'aucuns dcfdits trente fix allait de vie à 
dpas, fbflent malades , ou tellement occuper 
a'ils n'y pufîcnt vaquer ou entendre , en ce cas 
«antres y fubrogeront d'autres tels qu'ils verront 
i leurs confc/cnccs , & commenceront à bcfon- 
ïcrfc quinzicfme jour de Décembre prochaine- 

oit venant. - — j. o • • 1 

bem Le Roy & Xtiaxtè Seigneurs tiendront , 
tdetoDt& accomplfront cnticrcment & cli tous 
n/»flittJf$ fwitei, accords, & autres appoio- 
«aS&sccordeï entre eux , tant touchant 



^1 PREUVES ET OBSERVATIONS 

trcschofcs ùitcs& accordées attl(litsSeigncats,& 
à chacun d*eux, & autres leurs adhereos ^ fims ja- 
mais faire ou procurer direôement oa indiveâO" 
ment aucune cho(c au contraire , toutainfiquefi 
tous Icfdits truittx , accords & appointcmens efloîent 
nommément & expreflèment inferez & incorporez 
en ces prefcns ardclcs. 

Item , Et pource qu*à caufc dcfdits dîflèrens le 
Roy a ait prendre fi mettre en fes mains les terres 
& Seigneuries de Parthenay , Vouvcnt , Maîrevent, 
Sccondigny, IcCoudray, Salvart , & ChafteiUal* 
Ion , Iclqucls au moyen dciTufdit, & auili par le 
moyen de certain don &traniport que ftu le Roy 
Charles en fit au Roy , qui à prefent cft le Rov, 
en a fait don & tranfportà Monfîeur le Comte da 
Maine fon oncle, lequel en a pris & appréhendé la 

Sfflèfiion , en delàpointant Moufieur le Comte de 
unoisdefdites places 9 terres ^ &feigneuries qu'il 
tenoit & poûèdoit au moyen du don & tran^ott 
qui luy en avoient cfté faits par ledit feu Roy Char- 
les , & depuis confirme par le Roy qui c& à jpre* 
fcnt, dont les Lettres avoient & ont efté verinéet 
tant en la Cour de Parlement qu*cn la Chambre 
des Comptes , a efté appointé & accordé pour te 
bien de la paix , en quoy Monfîeur de Dunois s'eft 
grandement employé, que mondit Sieur da Mai- 
ne , lequel dés à prefent delaiilè & renonce entre 
les mains du Roy tout le droiâ qu'il pouvoir & 
pretcndoit avoir cfditcs terres de Parthenay, &c 
Et qu'il en bailloit fes Lettres de renonciation i 
mondit Sieur de Dunois ; enlèmblc les Lettrés 
des dons à luy faits , & que le Roy confirmeroit 
* & bailleroit fes Lettres de confirmation de créan- 
ce, du don fait à mondit Sieur de Dunois par feu 
le Roi fon pcre , en déclarant qu'il veut & or- 
donne que ledit don fortiflc (on plein & entier ef« 
fcâ. Et d'abondant , afin que ledit Sieur de Do- 
noi$)ie foit cmpefché ou moltûé fous ombre do- 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.I. ^3 

dît don fait au Roy par le feu Roy ion pcrc, que le 
Roy fàît don & tranfport à mondit Sieur de Dunois 
du droiâ qui lu^ pouvoir appartenir au moyen du- 
dit don à luyfiiitpar lcfcuRoy& autrement, dc- 
hiffé & tranfporté à mondit ^icur du Maine ; & 
qu'à mondit Sieur de Dunois foit baillée & deli- *^ 
vrée rcamnent & de fàiâ lapoflciïion & paifîble 
iouyflince dédites terres & Seigneuries , laquelle 
le Koy tant par luyquepar mondit Sieur duMd- 
ne fera tenu de bailler promptement &fans delay 
à mondit Sieur de Dunois , & feront baillées oc 
rendues à mondit Sieur de Dunois les Lettres 
du doti fait par ledit teu Roy au Roy qui eft à 
prefènt. | 

Btm^ Et au regard de mondit Sieur du Maine, 
pour & âufl] qu'il s'cft grandement employé à la 
pacification , Âr pour la recompenfe du Droit que 
le Roy luy avoit donné & tranfporté , le Roy (era 
tenu de Icrecompenfcf , & luy donner & bailler* • p„ 

Ç>ur icclle recompenfc la terre & Seigneurie de 
àillebourg, laquelle le Roy fera délivrer à mon- 
dit Sieur du Maine , & fera rccompenlèr ceux à 
qui elle appartient. 

lum^ En faveur de ce prclênt Traité pour bien 
de paix , & à la tres-humble requcftc defdits Sei* 

Sieurs , le Roy a reftitué , réintégré & reftably 
nthoîne de Chabanes Comte de Dampmartin en 
les honneurs , chafteanx y places , terres y & Sei- 
gneuries, tentes , & revenus, droiâs , & autres 
biens imnxutiles , ainfi & par la manière qu'ice- 
luy Comte de E^mpmartîn & Damoifcllc Mar- 
guerite de Nantciiil (à femme les tenoicnt & en 
joiiyflôient au temps du feu Roy Charles derniè- 
rement trcfpaflë ; & anffi en fes biens meubles 
cftans en nature , quelque part qu'ils Ibicnt, nonob-* 
fiant l'Arrcft prononcé par la Cour de Parlement 
i rencontre dudit Comte de Dampmartîn , & 
tOQsdoos I ceâlons & venditions, publications & 



5'4 PREUVES ET OBSERVATIONS ^ 

vérifications d'iccux , que le Roi au moyen dudîl 
Arrcft tutoxi fait ou fait faire defditcs t;crres, Sei- 
gneuries & biens, ou d^aucunes d'icelles : &\d» 
quelles places terres , ^ Seigneuries » & biens delr^ 
fttfdits feront pleinement & quittement dcUvrcz & 
depefchei audit Comte de Dampmartin , & les 
détenteurs diceux à cç contraints , fans avoir égard 
audit ArreÛi dons, cçffions, venditions, publi- 
catignsà vérifications d'iceux, ne que à luy oulèi 
hoirs ils posent ou puifRnt porter préjudice ou 
dommage , & fur ce luy feront baillées Lettres 
ttUes quç^cfoin Tera. . 

pemy Le Roy de bonne foy, en parole de Roy 
& par Ion ferment, & auflî Icfdîts Sieurs de bonne 
foy & par leurs fermens , promettront & jureront 
de tenir, garder,- accomplir & obftryer foutes les 
chofès demis dites en tous leurs points, & articles, 
de les faire garder, accomplir , entretenir &ob- 
fcrver par leurs Officiers& fubjets, fins jamais par 
eux ou par autres direâement ou indireâement , 
couvertement ou en appert venir au conuair^; ne 
ibuffrir que autres y viennent en aucune manière, 
ou fous quelque couleur ouocçafion que ce ibit, 
ou puiflè. cftre. Et (i le Roy ou lefdits Seigneurs 
vouloicnt faire aucune cbo(è au contraire^, ne leur 
ftra obcy par leurfdits Officiers ou fubjets; &aufl! 
fî aucuns dç$Sçigneurs du Sang, loGoniKÛable, 
Marcfi:haux& Admirai , Comtes , Barons, & 
autres notables hommes , la Cour de Paiement, 
les Prélats & bonnes villes qui fcroWkraommczdc 
la part du Roy , & auffi les Comtes , Barons & 
notables hommes qui feront nommez de la part 
defdîts Seigneurs, promettront & jureront de te- 
nir , garder, entretenir, & accomplir entant qu'i 
eux eti&fera, toutes les choies demis dites, fins 
jamais venir au contrairc^par eux ne par autre , ne 
fouftrir qu'autre y vienne : & que fi le Roy ou lef- 
dits Seigneurs vouloicnt faire aucune choie au coa* 

traire 



SUR LES MEM. DE COM. Lit.L sf 

ke des choies dcililiHites en tout ou en partie y î]^ 
' aideront , ièrviront , ny afiifteront , ne &- 
it, ny donneront aucun aide, iervice , faveur, 
aflîilance en façon ou manière que ce (bit : mais 
oitf , procureront & promettront de tout leur 
ivoir j que toutes cho(ès faites au contraire 
ait reparées & mi&s au premier eftat & deub, 
m le vray entendement des chofes fufdites. 
ttemj Et avec ce le Roy, lefdits Sdgneurs , & 
is les deilttfdits ^ jureront & promettront que 
Httes promeflès, traitex& fermens , ils ne pour- 
nont , procureront , ne obtiendront difpenfi* 
o , relèvement , ou refcifîon Ibus couleur d*au<- 
sptomefZès, (èrmens, traitez, ouprotcftatîons 
cedentes , ne d'aittre couleur ou occafion quel- 
iqae : & s'ils obtenoienf^lef^iites difpenfâtions, • obticm,» 
nrement ou refdfion , ou qu'elles leur fuficnt ncnt. , 
foyéés & accordées , ils ne s en aideront , & fc- 
itdenul ef!èél& valeur. 
Uem , S'il advenoit qu'aucun defdîts Seigneurs 
ou voulfîft faire & entreprendre à rencontre du 
y contre & au préjudice' deCJits traitez & appoin- 
lens, en ce cas les autres feront tenus defcrvir 
aider le Roy à rencontre de ccluy ou ceux qui 
<rient fait , ou voulu faire au contraire , corn- 
ditefl, (ans leur &ire ou bailler audit cas aide 
fiiveur quelconque. 

r#flw, Auffi fi le Roy fiiîfoit ou vouloir faire au- 
le cntreprilc à l'encontre defdits Seigneurs , OB 
rund'cu);, contre & au préjudice defdits traitez 
ippointemcns , iceux Seigneurs pourront aider 
ixourir les uns les autres , fans que de ce leur 
flè aucune chofe cftre imputée ou demandée. Et 
)nt faîtes Lettres tant du Roy que defdits Sci- 
«rs entant que befoinfera, efquelles feront in- 
porez ces prclèns articles , & feront publiez & en* 
ifbrcz en la Cour de Parlement , & au vidimus d'i- 
les fcrafoy adjouftée comme au vray original. 

P 4 Sçv 



r«s. 



S6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

SçAvoïK. fiiilbns que nous , de noftre ccrtaioe 

fciencc , pure & franche volonté , par bonne & meu* 

rc délibération de Confeil, avons îoiié, confenty, ' 

& approuvé, îoiîons, confcntons, & approuvons 

, . paç çc$ prcfcntes , les traitez , accords , & appoin- 

I mati<- ^ç'jjjçpj Jqjjj mention cft faite es articles * deflhf 

tranfcrits, & tout le contenu eniceux ; Et avons 
promis & promettons de bonne foy & pv nos fe^ 
mens de les tenir , garder , & accomplir de noftré 
partinviolablement, toutainfi, en la forme & ma* 
jiiere quç lefdits articles le contiennent En te(^ 
jnoing dequoy nous ^vons fait mettre nos Seaxa i 
,ççs prcfcntes. Donnç' à Saînâ Maor des Foffiii 
Je vingt-ncufiefme iour d'Oâobre mil quatre cens 
Â>ixante cinq, ^sc.^^nattàafuperplscam , Par le 
commandement de Meneurs les vues & Comtes 
deflùfnQmmez I, Gros/ Et indarfo^ratfcriMim^ 
ijeéfa , publicata , ^5* regiftrata Parifiis in J^arls* 
mento quindecima die Nêvembris anno 1465'. iSiff 
Jignatum^ Chenctcâu. Çallatio fafla eii ÉxPra^ 
aum à Regijlris Ordinaiionum Regiar/tmi^C$ari4 
Parlamen^i regijiralarum. Pichon» 

6e Traité confirmé par le Roy Loûys XL cft- 
dans le premier Rcgiitrç des OrdonaaQçes de 
liouys XI. fol. 88. 

•■: Proreftation du Roy Louys XL en fk 
Cour de Parlement de Paris. 

XAÔf, 0^^ ^^ M^^^ Traité de Confiant fait en Fan 
mil ijjuatrf cens fiixanté cinq ^ avec les Prin^ 
ces mefcantens y fe faifoit contre fi volonté ^ 
O^ par force €r contrainte ^ 0* ne Ity poih 
voit tourner à préjudice. 
jSlt fiohdit Rojf Lot^s nepoftvoit bailler en ap" 

fana'^^ 



L 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.l fj 
fanage à fin firen CharUs te Duché de Ner* 
mandie , puis ^liil avait ejié tmj/ k la Cote* 
Yonne far les Rojs Ces predece^ewrs, 

E mcfine Rov tnvoya Guillot Pot Baillyde 
Vermandois & laques FoumierConfeillerau 
Parlement de Paris , pour deftourner Charles Doc 
de Bourgoogne d*ailiilcr le Duc de Bretagne contre 
Iny. 

Item^ Et quant à ce que Icdît Sieur de Crequy, 
Carondclet & Mcurin , ont dit que l'alliance & 
Traité d'entre tnciàits Seigneurs de Boufgongne 
&de Bretagne a çfté fait par le confcntement du 
Roy, oncques le Roy n'y donna conlèntement li- 
erai , ne de (à franche volonté: maisfçaitmon* 
dît Seigneur de Bourgongne que lors qu'on veut 
dire ledit confcntement avoir efté donnée la pluf' 
part de tous les Seigneurs du Royaume de France 
ef toicnt en arides contre le Roy \ le tcnoicnt affic- 
gé dans (à ville de Paris, chacun jour prcnoient 
& fiufpient rcl)ellçr villes , placer & fôrtcrefics cou* 
tre luy ; tellement que force & contrainte luy 
efioit , pour efcheverle danger & inconvénient de 
faperfonne , Scia totale deftruâion de fbn Royau- 
me , dont le péril e(loit lors dminent, de faire & 
paflèr ce qu'on demandoit , mais c'cftoit par for* 
ce , violence & contrainte des chofcs dcirufdites , 
& le monftra bien : car quand il vit que force & 
neccfljté^y fut deain(i le faire, ilallaenfaCour 
de Parlement , & ailleurs en plufieurs lieux , & no- 
tifia que ce qu'il fai^bit çQoit contre fon courage 
& volonté, par force & contrainte , à pour eC- 
chever les ipconvenicns tant de (àperfbnnequcda 
Royaume, qu'il voyoit en difpofîtibn d'advenir , 
protcftant exprcffémcnt , que quelque confcnte- 
picnt qu'il donnaft , ne fut valable , & ne luy 
pcuft tourner à préjudice. 
ltçn$ , Ct au^ toutes les çhofcs qui furept faites 



j8 PREUVES ET OBSERVATIONS . 

lors qu'on dit que ledit condotement avoit cfié 
donnif , ontefié rompues &cailëes .* Car premier 
remetit le Duché de Normandie qui avoit eûé bail* 
lé à mondit Sieur de Guyenne y luy a cfté ofié , 
tncfme à la requcfteduÛue quilebaillaauRojTi 
& par la délibération de la plufpart des Seigneun 
du Sang , tant de ceux qui avoientefté audit Trai- 
té , que d'autres, & depuis par conclufion de tous 
les trois Eftats du Royaume de France , a cfté 
trouvé & recognu que d'ancienneté par les Roys 
de France , & encor dernièrement par le Roy 
Charles Vit que Dieu abfoîve , il avoit cfté uny 
à la Couronne de France , & dit & déclaré qu*fl 
en eftoit ihieparablc , & ne le pquvoit aliéner ne 
cranfpofter. 

Pages 67. & 103. fauf celle de ce Marefchdl de 
Sourgmgne : lequel ne Vaimoitpas à canfe quedeï 
fieça en Lorraine ledit Roy Iny avoit donné E^* 
ml , ^ depuis o^é pour la donner a» Duc Jean dt 
Calabre , dont grand dommage en avoit eu lediè 
MarefchaL Les Batlly, quatre Gouverneurs,Prci 
voft V Efchevîn , grand Doyen , & les BourgeoiSi 
Habîtans , & Communauté des Ville , Chaftel , 
Chaftcllenîe , Rualmefnil , & Forbourgs d'Efpi- 
naî •• ayant rait obcïflàncc au Roy Charles VII. 
defdîtes Villes , Chaftel & Seigneurie d'Elbinal, 
& leurs appartenances , ibubs cet accord ocpro- 
meflè que iamais pour quelconques caufès , ti- 
tres ou raifbns qui fuflcnt , il ne Ie#mettroit 
hors de fes mains , ny de les fucceflcurs Rojrs 
de France. Et de ce leur en ayant oftroyé fes 
XiCttres , klquclles depuis furent confirmées & 
ratifiées par le Roy Louys XI. à fbn advene- 
mcnt à b Couronne ; N^onobfhint ces promel^ 
fts , tt depuis icelle confirmation , Ledit Roy 
Louys donna cette Ville à Thiebaut de Ncu^ 
chaftel Marcfchal de Bourgongnc , dequoy Lct* 
très furent expédiées ; mais lefdits Habitant ap- 
pelé- 



SUR LES MEM. DE CX)M. Lnr. 1 J9 

pekrent.de ce don en Parlement à Parts : Et en 
faite pour plufieurs vengeances & violences faîtes 
à ce (ubjet contre eux par ledit Marcfchal , du 
conlcntcinent dudit Roy Louys XI. ils (c mirent 
fimbs laproteâion & obcïflànce, & fe donnèrent 
î lean Duc de Calabre , & de Lorraine le zi . luiU 
let 1466. 

En Vêicj les Lettres de permijfion de 

ce Roj. 

LOOYS par la grâce de Dieu Roy de France, à 14^^. 
tous ccuï qui ces prefentes Lettres verront , tf- *ao»(I 
Salut. Sçavoirfaifons que pour aucunes caufes &^*y^î!^^2 
ccHi^derations à ce nous mou vans , nous avons y;„, /^'^j^Ti^ 
quit^ & defchargé , quittons & delchar^ons les Un^m ^ ««r 
bourgeois , manans , & habitans de la viUc d'Ef- '^^ ^^^i^' 
pinal des foy &^ Serment , qu'ils ont & avouent à xt umào^ê 
nous , & leur avons donné & donnons congé & eêPi/dtafiâ*» 
licence de prendre & choiiirtel autre party &Sch>î«* 
gocur <|ue bon leur (èmblera pour les fupporter, 
touflenir, & défendre en leurs biens, franchiiês, 
& libmtz , au bien & utilité d'eux & de leurdîte 
Ville, uns ce que ores ne ponr le temps à venir 
leur enpoifllons demander aucune cholb) ne don* 
ner aucun reproche en quelque manière que ce 
fbit. Si donnons en mandement à nos amez & 
féaux les iSens de nos Comptes , qu'ils rendent 
& reftituent auxdits d'Efpinal les Lettres qu'ils 
en ont autresfois fur ce baillées : Car tel eft no^ 
flre plaifîr. En tefinoin de ce nous avons fait met* 
tre nolbe Seel à ces prefentes. Donné à Mon- 
targîs , le (ixicfme jour d'Âoud , Tan de grâce 
mille quatre cens foixante fix , & de nofbe Rè- 
gne le fixîcfine. Sur le reply eft efcrit , par le 
Roy , les Sires de Cram , dé la foreft ^ ^ au* 
très irefens. S^'gné , le Roux avec paraphe. Et 



6o PREUVES ET OBSERVATIONS 

fcell^es do grand Seau cq cire jaune pendant c& 
queue deparchemin» 

jSr René II. Duc de Lorraine f^ Ces iMrtt 
données au Chaflel de Loufpy Van mil tin\ 
cens , le dixnctifiefme Novembre^ feitû 
fey t7* hommage pour la Fouerii d^Ef* 
final a fin oncle Henry de Lorraine^ 
Evefque de Mets^ Voicy les Lettres au 
long, 

/«fplnai , *^ lein, de Sicile , ^c. Duc de Lorraine j & 
tft ffnui kfêydc B^T^(:^c. Marchis, Marquis du Pont , Com- 
^ ^E^/ ^^ ^^ Provence , de Vaudemont y & d'Amra^- 
jU MitK^Nn^^i ^^- A tous ceux quî CCS prefentes Licttres 
i5«Qt. verront, Salut. Sçavoir iàifbns , comme par vcr« 

tu de certain contrat & Tranfport autres- fois fSut 
à feue noftrc tres-chicre Dame & mcrc la Royne 
de Sicile , que Dieu ablolvc , par N. de Ville 
iadis Vourclic d'Efpinal , vcufue de fto lean 
d'Anglure, pour elle & fcs hoirs de ladite Voiic- 
rie d'Efpinal , enfemble de toutes fes apparte- 
nances , comme vrayç héritière de ladite Voiic- 
rie , (bit icelle Voiierie après le trefpa» de noilre 
dite Dame & mère , à nous , comme fon fed 
héritier obvcnuë. El pource que ladite Voiierie 
& les appartenances font des anciens fiefs deTE* 
vcfché de Metz , à noftre înftance , prière , ft 
requefte ait Révérend Père en Dieu , ooftre très- 
chier oncle Meffire Henry de Lorraine Evcique 
de Mett, comme Seigneur fcodal de ladite Voiifr 
rie à ce donné ion con(cntement , Se agrcationi 
comme par fes Lettres Patentes à nous fur ce don* 
nées peut apparoir. De ce cdil que pour nous 
mettre en devoir £ç acquit envers noftredit oncle 






SUR LÈS MEM. Î)Ë CÔM. Liv. I. 6t 
k Son Egliïc avons repris en iîcds & hommage 
de loy ladite Voiiericavec (es appartenances , luj 
prcihnt foy & loyauté , d'en taire ou faire faire 
les fir vices , devoirs & obe'iÏÏànces envers luy & 
ibaEvefché, tels qu'audit fied appartiennent. Pa* 
iriltement feront tenus nos hoirs de faire ou faire 
âice p9r Procureur le9 reprifcs , toutesfbis que le 
CMS le requerra envers nôtredit oncle , & (es (uc- 
eeflèurs Êvêques de Mets , fans difficulté aucu<* 
ne. En ce(nioin de ce nous avons à cefdites pre- 
fentes , fignées de nofire main , fait appendre 
noftre Seel. Donné en noftre Chafiel de Lup- 
py , le dix-ncuficfme jour de Novembre , Tan 
niÛe cinq cens. Signé foubs le reply , AenA 
Et fût ledit rcply , Par le Roy de Sicile tfc. 
Les Prefident des Comptes de Lorraine, Pro- 
cureur gênerai dudit Duché , Lieutenant de Bail- 
ly de Barprelèns , Signé Boudet. £t àcoAé, Re- 
pfirsU Gallart pro Chafteau-neuf. Et fcellées 
d'un grand Seel de cire rouge pendant en queue 
de parchemin. 

Xtf BaiUy d'Efpinal , ^ ks quatre Gouverneurs 
9Ut la camffoiffance des caufes a! appela ^ lestrs Ju^ 
gemem owt mefme effeéi que ks Urrefis. 

Par Lettres du Roy Charles VIL de Tan 1444. jaaa^ 
le II. Sqptembre , données audit lieu d'Efpinal, ^^ 
il y eft ordonné qu'il y aura un Bailly qui aura la 
cc^oUfince des caufes d'appel dcsPrevofb & au- 
tres Officien de JufHce. 

Et par autres Lettres , Aux Montîz Icx Tours - 

l'an 1446. au mois de Mars , il cftablît un Bailly ^44^ 
& quatre Gouverneurs à Efpinal , pour y cognoi- 
fire de tous Appeaux intericâcz de rEfchcviti 
d'Eipinal , fans qu*il en puiflè eOre appelé par de* 
vant antres Juges en aucune manière* 

Par autres Lettres données auiQ au Montîx lez ^ 

Tours rani44S. le 24. Mars. Il mande au Par- I44*» 
temcnt de Paris qu'il n'ait à prendre cogaoU&nce 

dei 



6i PREUVES ET OBSERVATIONS 

des Appellations que l'on voudroit iotcrkâer def* 

dits Bailly & Gouverneur. 

Ifpînal. Lettres de Nicolas Marquis du Pont , LJecte- 

m4ff€iUtûHs. jjant de Cm pcre lean Duc de Càlabre , & de 

i*tf «• Lorraine j audit Duché & pais de Lomîiie:: Qd 

contiennent les Privilèges & Francbifes de ocu 

d'EfpinaU A Efpinal , Tan 1466. le 21. Juillet 

Confirmées par Charles IL Dacdc Lorraine/ A 

Nancy, Tan iS99' le aj*. Janvier. 

Item , Que par defliis lefdits Prevoft 9 & aii- 
tres Officiers de Juftice, y aura un Bailly de par 
xnondit Seigneur, lequel avec les quatre Gouvcr* 
ncurs que lefdits Habitans ont accouftumé fidre 
& rcnouveller chacun an audit lieu , auront la 
connoif&nce des caulès d'Appel & des Refibrts 
illcc meutes & ventilées , & en jugeront & deter« 
mineront félon les couftumes, u^ges, fiils&oih 
fervances accouftumées audit lieu , fans ce qu'Ss 
foient tenus de rdibrtir devant aucuns autres Ju- 
ges , Seigneurs , ne Baillis dudit Duché de lior- 
raine, ne d'autres : Mais forcira leur jugement 
ion plein effeâ comme par Arrcft & Sentence de* 
finitivc. 

La Ville deçà la rivière deMofclleeft appellée 
Efpinal. 

£t l'autre partie de laMolèlIe eft appelée Ruéh 
tneniL 

i4«<?. Page 7a. 73. 81. 98. & 99. il eft parlé de la 

le I. d'Aouft. fctraitte & fuite de Charles Duc de Normandie 
en Bretagne , & de la Negotiation & Traité que 
le Roy Louys XI. fon frcrc pourchaflbit avec luy, 
à quoy fc rapporte cette Lettre de ce Roy , dcmmaa 
pouvoir à Jean Duc de Calaùre ( Jonf efi fottuent 
fait mention dans les fufdits Mémoires ) dejifaifa' 
de Uiperfunne de fondit frère , l*an mil quéUre fem 
foixantejixj le huicilcfme Aouji. 



SURi-ESMEM.DECOM. Liv. L 63 
A Tous ceux qui ces prcfcntes Lettres verront ^ r'/u m 
^* ^F^^iv^^î?^- Nous Renault de Nouioy,/^'^^^^ 
an Gfann, Tabellions , & Gardes du Seel du Tz-fntê d» r^ 
dlionnage de Cbaftenoy , & de Neufchaftel , Sça- ^^3* x^- 
btf faiibnsque l'an de grâce noftre Seigneur mille 
oatre cens foixante & {ix,lc neufiefine jour du mois 
c Mars , nous avons veu , tenu exemple , & leu de 
KH en mot une Lettre elcriptes en parchemin fèel- 
Ses en double queue du Seel du Roy noftrc Sire en 
le jaune , &ines en Seel , & en cfcritures , fiins 
Qcun vice ou fufpicion quelconques , desquelles 
\ teneur s'enfuit. 

LO o y s par la ^race de Dieu Roy de France. > 
A tous ceux qui ces pre&ntes Lettres verront j 
talur. Sçavoir fkifons que nous envoyons prefen- 
cment noftrc tres-cher&tresamécoufinleanDuc 
e Calabrc & de Lorraine , devers noifare très-cher 
c tres-amé neveu & coufin le Duc de Bretagne , 
our traiter & accorder les diifcrcns d'entre nous, 
i noAre bc^uftere Charles. Et avons donné & 
ornions puiflance à nofhv dit coufin de Calabrc 
le mettre & faire venir en fes mains noilredit frère 
Charles , & luy promettre de le tenir en feureté , 
(de luy accorder la fomme de deniers qu'il verra 
firc à faire pour fii provifion de vivre : Et les 
hofês qu'il promettra & accordera à nodredit bcau- 
rerc , pour& au nom de nous, & après par nous 
crifiées , Nous con&ntons qu'ils les pui/lè entre* 
cnir de point en point félon la charge que luy 
ivons fur ce baillée , nonobilant la promeflê , 
Se Scellé que noftredit coufin nous, a baillé de 
ions firrvir à rencontre de nodredit beaufrcrc. En 
efînoin de ce nous avons fait mettre noftre Seel 
i ces prcièntes. Donné à Montargis lehuiâicfmc 
leur d'Aouft l'an de grâce mille quatre cens foixan- 
te fix , & de noftrc Règne le fixicfinc. Ainfi figné 
Uiys. Et furie ply deidites Lettres , Par le Roy, 

ks 



64 PREin^ES ET OBSERVATIONS;'^^ 
lesSitcsdc Craon , de la Forcfl , & antre» 'naBj 
fins , le RoKx. En tefmoin de U vîlîoti dctdim{ 

Lettres , & approbation(l'Lccllcs,noiis TabcUioniï 
lom , Gardes du Sccl devant nommez , moat' 
mis &L appendu i ces prcfentcs Lettres de FiJimm 
Le Seci diidît Tabcllionnage, avec nos Seings ma- 
nuels icy mis. Qui furent faites l'an &jouracvaQt 
cfcrits. SignéfoUbs le replyX.i^iVôwoy, Garin, 
^ Garirt, avecparafcs. Ëi Iccllécs d'un SwI en 
cire rouge pendant en qucoë de pardieoiia. 




preV- 




PREUVES 

Ë T 

OBSERVATIONS 

sur les memoires de 

Philippe de Comines. 
LIVRE SECOND. 

DAgc 7(5. Le DiuJeBoHrÉo^iK Pbilime , fc* 
I futi trejft^a ait «tais Je Juin 1467. Page 79, 
meitte faifonmom'KtfoMpere , auquel il fit trei' 
•Mdi:f fiUmul oèfeque à Bruges , {ff" J^ifia la 
eifùulit Seigneur mu Roy. 

ttiTt de Charlej Due de Baio-gàngne daa- 
tuaa advii oh Rty Louyi XL de U mort tin 
îiue Philippes le Bmfinfere. De Brugetlf 
Ip. 3itin 14*7. 

M Oa tres-tedbnté Seigneur, le nie recommande 1467» 
'à voflrc bonne grâce li trcs-huinblciiicnt que 
Kpais, &ToiispIïïl£ (çavoir, mmtttsreâotaé 
ignemr., qu'il a pitni si Dieu Souverain de lovict 
o(bs y difpofeta prendre à fàpait mon trcs-rc 
mté Seigneor & perc , lequel en rendant le dcu 
namic [rcfpïflii de ce moTCel monde Lupdy da* 
Tome //• £ m«f 



166 PREUVES ET CffiSBRVATIQNS 

ntcrpaflè entre neuf & dix heures apr^midj » ft 
pource , tnoM tres-redouté Seigneur ^ que de vcnK 
grâce vous avez eu iiogulier amour & afi^ionlfia 
niondit Seigneur & à (à intiibn , j*€ii¥oye prefin- 
temcnt par devers vous mon amé& féal ChevalieTi 
Confcillcr & Chambellan, MeâireEmart Bouton 
Seigneur du Fay porteur de cettes, pour vous %û- 
fier ledit cas douloureux , à moy tant deiplaiUDl 
que plus ne pourroit cftre , vous fuppliant tres-hum- 
blement qu'il vous plaife avoir en voilre bonne m- 
cemoy&les païsfujetsquîmc font par ledit cremss 
cfcheus, tant en voilre Royaume comme en TEin- 
pire , defquels je vous dciirc faire tout (crvice & 
plaifir , en moy mandant & commandant vos boni 
vouloirs pour les accomplir à mon pouvoir ) com- 
me raifon ell & ainii que tenu y fuis , à l'aydc de 
noftre Seigneur Jefus-Chrifl,auquel,iffMy|yTi-fAAff- 
té Seigneur y je fupplic qu'il vous ait en fi digne & 
benoîte garde , & vous donne bonne vie & longue , 
avec l'accompliiremcnt de vos hauts & nobles defrs. 
Efcritcn ma ville de Bruges leip.jour de Juin Tan 
1467. &deflbu$efcrit, yoftretres-humik Çj? fret* 
cbeijjànt fuhjet Charks Duc de Bourgmigne t^dt 
Brabant , & ligné Charles , N. Gros. & dmis etcril^ 
A mon tres-reaouté Seigneur Monfeigneur le E»y. 

Extraiâ:d*un Regiftre des CJhartcs de Fnuw 
ce de Louys XL & Charte VIII. 1457. 
1468. 8c depuis 1492.. jufques en 1498. 
Lettre xxi. 

Pages 81. 99. loi. T39. & 403. k Câr£u4 
Ballue. F^autlire^Ai Ballue, 

Comment le Cardinal de la Bullue\ C^ PE* 
wfifue de f^erdun entretenoient U divifion entn 
le Rey Lotys XI. &[onfr$r€ ChsrlaDtic iê 
Guyenne. 

Gctf 



SURLESMEM.D£GOM.Lnr.IL 67 
' Ceoxqaî ont dcxit la viedn Roy LouysXI.rc* 
BMcqocnt que Jean Cardinal de la liallaë avoit on 
pimd poavoir prés de luy : Que ce Cardinal le 
ndnt an Traité qa'il ftiten 1468.3 Peronneavcc 
Ghirlcs dernier Duc de Boorgongne^CarceTrai» 
ré I07 fut fort honteux , & au de&vantage de TE- 
te , auffi le fcit-il cflanc prifbnnier dans le cha- 
9eaa de Pcronnc. L^ Roy eftant hors du pouvoir 
k ce Duc j conunença à rccognoiAre latrahifon 
la Cardinal , qui avoir efté corrompu par le Duc 
de Boorgongne , tellement qu'il ne voyoit plus fi 
voIoDticrs ce Cardinal. En ce tems-là l'Èvefque de 
Verdun vint i la Cour , attiré par ledit Roy, par- 
ce qu'il (çavoit que Charles fon frère le gouvcr* 
Doit par cet Evelque : Cet Evcfquc d'autre cofié 
proQut plus qu'il ne pouvoit au Roy , & clperoit 
par là de venir à la Cardinauté : mais n'ayant pas 
pea fidre ce qu'il avoic promis auprès du irere du 
Roy , il fut fort mefprifé à la Cour , qui mefiire 
ordinairement les hommes par l'avantage qu'ils en 
cQxrrcnt tirer. Ce Cardinal dif^jracié fut trouver cet 
EvcTque^qui le reciognoiflbit fort mal à la Cour, 
& luy propofii l'eftat où ils edoient tous deux , & 
combien ils eiloient mefprilèz : Que ce Roy ne 
fiûloit ellat que de ce qu'il craignott , Qu'il cftoit 
£an inconfiant , & ingrat , Qu'ils pouvoient ren- 
tra CD leur premier effot , s'ils pouvoicnt conférer 
finceremcnt enlèmble.Cet Evelque cmbralQ volon- 
tiers ce party. Charles , frère du Roy , s'cfloit re- 
tiré en Ëretagne prés le Duc : L'ontraitoîtdefon 
letour & de raccommodement avec le Roy fon 
frère : Le Duc de Bourgongne avoit les AmbaHà- 
deurs prés ce Prince en Bretagne : Les condi-v 
cions de raccommodement que l'on propofoît 
de la part du Roy à Ibn frère efloicnt , que au 
lieu de la Champagne & Brie , il prit la Guyen- 
ne , comme plus advântagculè. L'Evefque en- 
voya feaetement en Bretagne advcrtir ce Prin- 

£ A ce 



6i PREUVES ET OBSERVATIONS' 

ce de ne pas accepter la Gayenne : Qq*î1 s*dk 

fnoit trop dé la Bourgongne , ce que dcfiroit 
Loy: qu'il (croit en ce pais environné de grani] 
Provinces du Royaume , (ans aucun Iccours ; 
8*il voulôitcfprouvcr comme il difbitvray, iln* 
voit qu'à demander que l'onluy adjouffailt une d 
Provinces voiiines de la Guyenne , qu'il (çavoitq 
ronluyrefufcroit, &que, lors qu'on avoit dcm 
advis auRoyqueleRoyd'Efpagneavoitpcrdnfi 
frcrc , qui l'avoit fort troublé, il avoit dit que o 
te mcûne fortune manquoit à fa fèlidté* Le G 
dinaldcfon Codé envoya un des fiens en Bret^ 
pour traiter avec les Âmbaflâdeurs du Duc 
bourgongne, qui avoit ordre conforme à celuy> 
rËveiqiie de Verdun , & adjouftâ qu'il fàloit qi 
le Duc de Bourgongnc fe confervat en Tamitiéi 
Charles frère du Roy, lequel en la (èule confid 
ration qu'il eftoit , héritier du Royaume, une grt 
départie des Princes du Royaume fcroient de û 
cofté; quil ne fàloit pas qu'il quittât la Chsanf 
gne. A celail adjoufla que le Roy difbit tous I 
jours mille injures contre IcDuc leur Maiflre. 
arriva par un hazard , que l'on prit comme par u 
racle, undesdomcflîquesdc TËvefque , quipo 
toit des Lettres du Cardinal au Duc frère du Ko 
lequel fut arrefté prés Chafteaudun, & fut troo' 
chargé de Lettres en chifire , dont il Içavoit Pe 
plicatlon: il fut conduit au Roy, qui de(couvrit 
trahiibn du Cardinal, & de rEve(que. Le Royl 
fit venir devant luy , & leur reprocha leur per 
die , & les fit prendre & mettre en prKbn : Pd 
envoya quelques Conlcillcr» de (on Parlemcn 
pour les interroger : L'Evefque confèifii tout , 
]e Cardinal aulii , qui dit qu'il avoit fait cette tr 
me pour (c venger de ce que l'on Tavoit ofté i 
Miniftcre, & qu'il avoit recherché les moyens d 
rentrer parla divifion : Le Roy depc(cha încom 
nem à (on fi:€rc tout ce qu'il avoit appris de .ci 



5URLESMEM.de œM. Liv.ir. 6ç( 

prisonniers, & layrcmondra de quelles gens ilfè 
icTToît , quin'avoicnt antre dcflèin que de les te- 
nirm divifion pour en profiter , qu'il ne iuy im* 

Kte qu'il ait la Champagne ou la Guyenne : Ls 
c flelchy par les diCcoursdu Roy fon frère « &. 
itlbltit de prendre la Guyenne où il avoir inclina?', 
tion: Lekoy &fon firere arrcftercnt de fe voir en 
Anioo Ihraneriviere'où l'on fit conftruire un pont, 
& nneefpeoedeChafteaude boisdefifus : Le Rojn 
& fbn frère iè veirent au travers d'un treillis , le. 
frercfè ictta aux pieds du Roy , &re baillèrent U 
mami travers des barreaux : Le jeune Prfnccs'ex« 
cttfkaa Roy fur (es mauvais Cpnfcillers. Le Roy 
prit la parole, & Iuy dit, que ceux qui Je gouvef* 
noient avoient grandement fiully, qu'il ne pouyott 
pas faire plus mal que de fe &parcr ainfi : ^om 
0vez erré ça bf là efilave de %fos valets , appro* 
ebom-mms^ nous recogmifirms oà nous offt jwrteles 
wrtifices de ces nsefchans {Je vous pardonne fins vo» 
bmeiers fue je recognois que vos voyages ne fini pat 
dev^e moHvemenP. Cequcdeilus eft extraiade 
llliffoirè de Iiutucs Picolominy Cardinal de Pavie, 
livre 7r de fes Commentaires , de l'imprcilion fai- 
te à Milan , Pan if6o. le %^. Mdissnfolh^ page 
40f. & foivantes. 

Dans le GaJlia Cbriftiana àt Claude Robert cy« 
defliu nUcgné, pagejçS. Au Catalogue des Eve& 
qoes d*Evreux , numéro ^% 

Joannes de Baluë e:ç Confeffario ^ Elcemofyna^ 
tiùhndnneiXL t^ Abha^ 33. Becci^ eoaue primo 
Commendafario confeçratnr in Eçclefia , Parijienji 
I46j'. éSe Dominfcajuarta Afigujii^ pojlea Cardi- 
MoUSy, ^ And^avenjis Adminijiraior , qui tandem 
e9f amieo fmmtCHs faSus Régi JLudovico XL annos 
nndeeinf iff earçerçeum £piJcopo yirdunenji tranfe-^ 
Xit ^' tejie Philiffpo Comminao lib, Z. cap, ultimo^ 
d^qnQetiofn Onuphrius^ ^Ciaconius. lUtJHe e^^ 
fmus â/t fIora$iaffHm illud, ^ 



70 IPREUVES ET OBSERVATIONS 

Dulcis inexpertis culiura fofemfis amid» 

Et du Catalogue des Evdques d'Angers 9 mh 
mero 67. Joannes de Baluèf ex Etroicei^ , fefUê 
Cardinales , Epifiùpus Albanenjis i fiUns SiorUriL 
Vide dmmnum de Refuge , TraâaiM GaUèc9 à 
Curia , pag. i. c 2f . Petram Mathieu Uh^ i\% 
vHa Ludovici XL Gunguinum lihro ii. 

Dans le Recueil des Ubertez de rE^UfeGaOh 
€ane imprimé l'an 1639. au Traité des Droiâi 
Eccleji^ques ^ fait par Antoine Hotman Advoort 
en Parlement Tan 15*94. pages 287. & 288. 

Le Cardinal de Ballue fut cmpriibniié avec TE* 
vefquc de Vcrduu, du temps du Roy Louys on* 
ïiefme, FaÛi auttm caufam vulgari viotatam é 
Us Majeflaiem fsf quietem Regni artibus impeJr'* 
Sam , ce dit Jacobus Cardinaiis PaPienJis lik 7 
Contmeta. où il recite tout ce difTcrend, & comme 
ce Jean de Baluë eftant de petit lieu , panrtnt avec 
grande induflrie à edrc Cardinal du titre de Saioâe 
Suzanne^ & gouvcrnoit tout le Royaume de Fran* 
te : Mais impatient de fa fortune , & (c voulam 
méfier trop avant des affaires du frère du Roy, qui 
eftoit Charles Duc de Guyenne , il fut conflinié 
prifbnnicr; & deux Confcillcrs du Parlement en* 
voyez à Rome , Icfquels remonftrercnt le droift 
qu'avoit le Roy de parfaire ce procès pour les os 
privilégiez concernans le Royaume de Francét 
fans diltinâion At perfônne Ecclefiaffaquc , voilC 
eflant du corps de TEglife de Rome. ' 
tA P. WUriw P^K<^ S9. Monfei^Mesir de MoUy. Colârt Seigneur 
4t Cêfié Mini' de Moijy & de Chin , Gouverneur de S. Quenciiii 
mecn fonHi- & gaîlly de RoUèn : Cette maifon cft tombée cft 

fiq«c^'irl';•3««^^^^^^^ de Lorraine , par le mariate 

-vii éTsAntêi^ qe Claude de Mouy , ou Moy , fille unique oe 
miti9 de Boni- Charles Marquis de Moy , avec Henry de Jjomiat 
J;^»^,^*'*^' Comte de Chaligny, auatriefme fils de Nicolas dif 
^^oTd-Tjîs! Lorraine Comte de Vaademont, &dc fttrdficf 
me femme Catherine de Lorraine» 



SUR LES MEM. DE œM. Liv. IT. yt 

Pages lOi, IJ4« & iSî. le Stipuwr J^Vrfi^ 
Retre cPUiiîî, &îgnciird*Urfif,BaiIly du Comté 
de Forefis, Chevalier de l'Ordre dû Roy , & grand 
Ëlcayerde France Tan 1487. cftoit fils de vxttït^'»^* Sah.^%* 
Setgnear d'Urfif , Bailly de Forcib , Grand-Maifirc *^*'- 
des ArbaleAriersdc France : Il fut employé parle 
Roy Charles VUI. aux gacrrcs contre rEmpcreiir 
MuimElian I. Ildecedalc ic).Oâobre ifo8. 

Pi^es 116, 13^ & 189. page 1^16, & 13a pa« 
ge 178. kTraâédi PaiXj&c. 

* 

Traiit Je fdx entre le Rttj Loujs XI. Jtune 
péot y €Z* Châties dernier Duc de Bourgon» 
ne eTmOre , 4 Verenne le cjuâteirzjiefme OSe^ 
wrg^ mil ^Uéitre cens foixante htàli. 

LOnys par la grâce de Dieu Roy de France. A ^*^ * 4it« 
tous cenx qui ces prefcntcs Lettres verront ;"'^^**'^ 
Saint» Gooiine depuis certain temps en cà plufîeurs 
débats , qneftions & difRrends fc foient meus entre 
Bons&nofire tres*chcr& trcs-amé frère & coufin 
kDncdeBonroongne , tant an moyen de ce que 
ooflre dit frère & coufin dilbit que pluiicurs trou* 
Mes &cmpe(chemcnsluy avoicnt efté faits &don- 
WSL par nous & nos Officiers , à rencontre des 
traiworts que nous luy avons faits par le Traité 
deConflans, depuis iceluy Traité , & autrement: 
Et mcfinement que le Traité de Paii fait à Arras 
entre fêa Aoftre très-cher Seigneur & pcre , & fea 
Dofice oiKie Philippe Duc de Bourgongne , que 
Dico pardonne , n^avoit pas cité par nous entre- 
tena & accomply en aucuns points ; tellement 
qa*à l'occafîon des chofes dcflrufditcs , & autres 
moyens & rapports tenus & fisiics , les courages de 
nous ft de Boftredit frère & coufin ont efié eûneus ^ 
en diffidence , & ont cauië rumeur de guerre de 
dîiofrilité parmy le Royaume entre nous & noftrc* 

E4 4it 



i% PREUVES ET OBSERVATIONS 

dit frère, en telle manière que .nos Tnicts n%m 
pféconvçrfcr éspaïs de nofircdit frère, nelesfkni 
^s noftrcs : Et à ce moyen , & autrement ont eflé 
. faites grandes Aûçmhlécs degensdc^ucnetantde 
portre part que de ]a fîcnne , & û avant y a efié 
procédé , 6c les choies fi prctles & préparées qu'el- 
les cftoient; difpofëes à toute guerre , il ce n'euft 
cfté la grâce de Pieu : & que pour obvier aux 
grands maux , dommages , & inconvcniens qui 
s'en fufTcnt cnfuixis de part & d'autre , . ploficoq 
Nobles & notables hommes de noiire Royaume ^ 
dç touscAats» fc fQpttr9vaille^& entremis çnvery 
nous & poflredit frtrc & coufîn , de trouver aucuns 
bons moyens pour faire ceflèr toutcis voycs de 
faiâ, & d'appointer & appaifcr lefiiîtcs queOioni 
&dièerends; & parce moyen conclure , nourrir 
& entretenir , & garder bonne , feùrc, parfaite, 
$naj€ , & perpétuelle Paix entre nous , nos Pa% 
fcfpjets , & noftredit frère & coufîn , (es païs & 
fujets ; à laquelle fin, & pour à ce que dit eft par- 
venir, nous ayons envoyé, au mois de Septembre 
dcrpiçr pafTé , nos AmbaUadcurs en la vil le de Ham 
en Vermandois , auquel lieu noftrcdft frcre ait 
parçillemcnt envoyé de fcs gens& Ambaflàdeurs, 
Iffqucls de fa part ont mis avant les dolcanccs qu'il 
avait touchant Icfdits Traîtei d'Arras & de Con* 
:0ins ^ le^ tranfports , & autres rcmpnftrances, 
defquelles nodredit frcre H coulin & douloit, 
compiaignoit & requcroit y avoir proviiion : Sur 
quoy pluHeurs CQmniumcations ont cdc tenues, 
& bonnes & grandes ouvertures faites par lefdita 
Àmbaflàdeurs d'un collé & d'autre ,& ladite iour- 
née continuée & remifc en cette ville de Peronne, 
en laquelle nous & noilrcdit frerc nous fommes 
trouvez , auquel lieu derechef par ceux de noifae 
Confcil Içfdiies doléances , remonftrances , & rc- 

Îuciles de noftredit frcre & coufîn , avec aucuns 
e Ton CoafcU 3 pqt cA^ dcbatucs bien à plain ; 



SUR LES MEM. DE COM. Lir. tt. yj 

Mx iiiiaicmcnt avons fur icelles donné & accordé 
kl provifions & rcfponfes telles , en la forme & 
nuttiicre que particulièrement cft contenu fur cha- 
cune doleancc , remoqilrance , & rcquefte de 
poftrcdic frère & couiin , efcrites i la fin de ccg 
pitlcDtcs. SçAvoiR FAISONS , quc nous dcfirans 
de tout Doflre cœur obvier aux grands efclandres, 
dommages , & inconvenicns qui enflent jpû , & 
poorroient advenir au moyen defdftes di^rencct 
flt diffidcnces d'entre nous & nfitreditftm, vou* 
tans pourvoir à ce que nos fujets puiflènt vivre en 
bonne paix V repos & tranquillité (oubsnous, cou- 
fidcrans auili la prosiimité de lignage & d'affinité 
en qnoy nous attient nolbcdit frère & coufîn : Et 
pour la grande & fîngulicre aflxâion que nous 
avons & dcfirons avoir à loy, & le bon& parfait 
dcfir , vouloir & aifcâîon que fçavons & cc^oif' 
fons que ièmblablemcnt îi a de nous complaire, 
Bt faire ièrvice , ainfî que de fa propre bouche fl 
pous a dit. Avons aujourd*huy avec noflrcdît 
Irere & couun fait , conclu , accordé , promis & 
juré (br la vraye Croix es mains de noflrc trcs-chep 
8c féal amy le Cardinal d'Angers , & en la prcfcnce 
de pIuGeurs de noilreSang ce lignage , & d'autres 
nobles & notables hommes , tant de noftrepart 
qucdcnoflredît frcrc& couiin , & p2rla teneur do 
oefics y promettons & jurons bonne Paix , amour, 
union & concorde pcrdurabicment , & demeurer 
i toufiours cfdites paix, amour, union & concorde. 
Guis jamais par quelque voye , moyen , querelle , ou 
occafîon que ce (bit , ou pmftc eftre , faire , donner, 
procurer par nous, ne par autre, guerre, mal, de* 
plaifir,erief, préjudice, ne dommage à noflredit frcre 
Se couiin , fcs païs & fujets : & en oun-e avons 
promis &juré folenncUement, & fur ladite Croix . 
promettons & jurons par cefdites preicntes d'en- ^.^'^^/^^^ 
tretenîr , garder & obfcrvtrà toufiours ledit Trai- r#»ji«/«>i^f 
tti'Axw I le contenu en iceluy, ledit Traité de «a, 

Ç9^: 



Ï4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Conflans & tout ce qu'il contient, entant que tOQ^ 
cher peut ànollre dit frerc & couiin , & tous Ici 
dons & tranfporcs que lors & depuis luy avons iàitti 
lesquels Traitez d'Ârras , & de Conflans , entant 
qu'iceluy de Confl ms , peut toucher à nofbedft 
nerc &cou{in , & aufli Icfdits dons & tranfportl 
nous tenons , & voulons eitre tenus pour icy re* 
pctcx , cogooiflàns & . affirmans (çavoir & avoir 
d'iccux Traitez & dons , & de tout lecontenuâ 
Lettres qui en font faites , vrayc & bonne louve* 
aance , proniettons aufli & jurons cntRtenir & 
garder toutes les proviii jns & rcfponlès faîtes & 
données far Icfditcs doléances , remonfiraoces 
& requeftcs de noflrcdic frerc , & coufln , décla- 
rées en la fin de ccfles , comme dit eft : Et icel« 
les , & chacune d*icclles faire mettre à dcuë exé- 
cution 9 le tout fclon leur forme & teneur : Et 
Donobffamt cette pr-.ft-nte paix & réunion , & le 
contenu efdits Traitez d'Arras & de Conflam i 
nous i la requcfle de no(fa:edit frcre & coufio y 
avons de noftrc certaine fciencc confcnty & accor- 
dé , con(cncons& accordons par la teneur de ceAcs. 
pour nous , nos hoirs & fucceflèurs , que noflre* 
dit ircre & couiin puific tant & fi longucnient 
qu'il luy plaira garder & entretenir , & mre gar- 
der & entretenir par tous fes vaf&ux & fujets ton-' 
tes les alliances , & auflTi les traitez de trêve , & 
rentre-cours de la marchandife qu'il a faits &paife 
avec le Roy Edouard noflrc ennemy & adverfid- 
re , & le Royaume d'Angleterre , pour la defèn- 
ce & fcurcté de fa perfonne , de fonEflat, delcs- 
iucceflèurs , de fes païs & fujets , & aufli icclles 
alliances & traitez que noflrcdit ennemy , & le 
Royaume d'Angleterre ont faites avec noffaedik 
frère & coufln , fans qne noflredit frerc & coufio, 
ièfdits fucceflSrurs ou fefdits fujets , en puificnt 
effare repris , blafmez , ne reprochez: Mais néant* 
tBoios noilit dit frère ne donnera aufdits Aogloia 

ayde 



SUR LES MEM. DE œM. LR II 7f 

yde en leurs querelles , pour envahir ouendonn 

Xnons & nos fujcts en nofbre Royaume , ne 
os pais ou Royaume s & ne baillera hifcor 
le palier par fis pais pour guerroyer , giever oo 
nneà nous, nos païs & iujcts en aucune manie- 
: : £(par cefiiîrcs Paix avons déclaré & déclarons 
Miccs entreprises , voyes de A\â , & autres cho- 
fs perpétrées & adirenuës de coût le temps pailë 
caule des différends qui ont cfté entre nous & 
otbedit frère & coufin , tant par les citez & vil* 
s de nofire dit Royaume , comme par nos (cr* 
itcurs & (ùjcts , & ceux de noftrc dit firere & 
Dufin, de ù$ Alliez, & de leudTdits fcrvitcurs Se 
Bjets , ou qui ont fervy ou tenu le paity. d'iceluy 
loAre ftere & coufin , & de (èfdîts Alliez , qui 
cronc ce voudront cftre compris en cette Paix , 
our non faites & pour non advenues , & fans 
|ii*à roccafiond'iccllcs aucune choie en puiilèeftre 
lemandée , querellée , ou imputée ores ne pour le 
emps advenir , en quelque manière que ce (bit : 
nais entant que meftier fooit , lefdites chofcs 
9cm abolies & abolitions par ccsprefentes,con« 
Bntans & accordans en outre par ceprefcntTrai* 
é que toutes & chacuncs les Seigneuries, places, 
erzcs , héritages , & poflèffions quelconques pri- 
es , occupées , fiûfics ou empelchées d'une part 
k d*autre , & autres chofcs perpétrées & advenues 
la temps pallë à l'occafion dcfdites différences ^ 
bnt & UTODt rendues & r^ftituées pleinement , 
îancbement & ouittement à ceux à qui elles ap- 
partiennent , leiquels y pourront rentrer , les 
xendre , & appréhender de leurpr(^>reauthorité, 
ins ancune œuvre ou myftere de Jnftice , ne au- 
le confèntement avoir ou requérir de nous , ne 
le nôncdit frère & eoufin ; & avec ce ferons bail» 
1er & expédier nos Lettres de main-levée & d'abo- 
lition , particulièrement pour les fujets de nofire 
(fit firere » & pour ceux qui l'ont fervy & tenu 



i 



y6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fonparty,oa qui ont fervi ou tenu 1c parti de i! 
dits Alliez , qui les voudront avoir : & (pecit 
ment à la requeftc de noftre dit frcrc & coufii 
voulons & confcntons qu*i noftretrcs-cher&tn 
«mé frcrc & coufin Philippe de Savoyc , ftrc 

ttn$t é Bref-^^^^^^ & délivrés les places &chàflcaux / vil! 

fh4 & terres qui de par nous & nos gens ont eflé p 

tes &ciYipefchées es Comtezde bcaugié , pais 
BroÛSb , & autres terres & Seigneuries appartem 
tes i noflre dit frcrc & coufin Philippes de Save 
ou à &s fervîteurs &fujets , &iceux(èsfcrvit£i 
ft fujcts pris &empefchez , ou mis à rançon | 
la guerre , délivrez francs & quittes dMcelle n 
çon : Et feront noftre très -cher & trcs-amé ft 
ce coufin le Duc deSavoye, lequel Duc & mail 
de Savoyc nous tenons aufli pour noftre allié, 
nofbe tres-chere& tres-amée four laDuchcflè 
Savoye, & nos tres-chcrs&amez frères &cottf 
rEvelquc de Genève , ledit Philippe, le Scign< 
de Romont , & tous les autres alliez de noihe 
frère & coufin de Bourgongne , leurs fujcts, ce 
qui les ont fèrvis , ou tenu leur party , comp 
en cette prelcntc Paix & Traité , fi compris y v< 
Jcnt cQrc r auquel cas , fi compris y veulientefii 
& dontlefciits alliez feront tenus de faire decli 
tion en dedans un an , ils & chacund'cux jouyn 
de Tcfièt de ce prefent Traité, & du contenu 
ces prelèntes : Si toutesfois nos alliez > oq a 
de noftre dit frcrc & coufin, ou aucun d'eux, 
vouluftent en laditepaixcftre compris, nous nea 
moins & noftre dit frère & coufin , & chacun 
lious , demeurons entiers en toutes nos alliano 
Icfquellcs nous avons rcfcrvées& refcrvonspar^ 
preièntes , fans parce prefenr Traité àiccllcsr^i 
tant qu'à nous ou à luy toucher peut , preju 
cicr aucunement ; laquelle Pûix & Icfdits Tiiaî 
d'Arras& de Conflans , entant qu'iceluydcQ 
flaps à nous & à noftrç.dit frcre âçouftp touc! 

pcq 



SUR LES MEM. DE œM. Lit.II. jf 

ftQt , les dons & tranfports par nous à luy faits , 
colèmble les provifions & reiponfcs par nous don^ 
nées & oâroyées fur les doléances , rcmonikan- 
CCS & rcquclles de noilredit frcrc & coufin , & 
toot le contenu encecces, nous avons promis & 
juté , promettons & jurons de bonne foy fur no^ 
flte honneur & en parole de Roy ^ & fous l'obli* 
gatroQ de tous qos biens prelèns & à venir pour 
nous , nos hoirs & fucceflcurs , entretenir, gar« 
der , & accomplir à nolbe loyal pouvoir, lànsja- 
mail ores ne pour le temps aavenir faire ne venir, 
ne. foofinr faire ne venir au contraire dircâenitnt 
OD indîreâemcnt en manière quelconque : & avec 
ce an cas que par nous ou par autre de nofire (ceu 
ou confcntcment direâement ou indircôcmcnt 
bdite Paix fèroit enfrainte , ou contrevenu an 
contenu en ces prefèntes & ciHits Traitez d^Arras 
& de Conâans, entant qu'à noffaredir frère &cou- 
En îceloy Traité de Conâans peut toucher, oucl^ 
lits tranfports , dons , & provilionspar nous faits 
1 nofircdit frère & coufin, ou que fufCons refufàns 
}a en demeure de faire mettre noftre dit frère & 
Boofin en pofËfiion paifible , & ioiiyf&nce des 
ilotes contenues & déclarées efdits Traitez , & 
h Lettres dcCiitcs tranfports & dons , ou de tout, 
mtant qu'à nous peut toucher , & ce qui eft ac* 
x>mpliflable , de noRre part exécuter ou Êiilre 
mecoter deuëmcnt , (èlon la forme & teneur de 
resprefèntes , & des Lettres que fur lefclites pro* 
rifioni à nous aujourd'huy oâtroyées» ou que par 
ions fuft fait ou donné aucun deflourbicrou em*- 
>eCchement à rencontre & au contraire defdits 
laitez , tranfports , dons , provifions, & autres 
:hplcs , ou l'une d*icelles , en ces prefcntes de* 
clârées , nous avons confcnty , traité , & accor- 
dé , confèntons , traitons, & accordons à noftre-' 
dit frère & coufin , pour luy , fes hoirs, & ayans 
Moft , que ils leurs YaiOàux & fiyets Ibicnt&de* 

meu- 



78 PREUVES ET OBSERVATIONS ■ 

meurent quittes & abfbus perpetuellemeiit ftl 
toufiours , des foy & hommage , iervices & fir* 
mens de fidélité , de toute obeïilânce , fujettoOf 
reflbrt , & (buveraineté y qui par*luy , &$ hoiiSt 
& ayaas caufi , &lèrdits valuux & fujets,noQS 
font & feront deus i caufe des Duché, Comta^ 
païs , terres , & Seigneuries qu'il tient ou tiendia 
cy- après de nous i caufe de noftredîte'CooromK, 
& dcnolfarc Royaume, &(biu la deflbfiiitc peine i 
i fçuvoir que ooftredit frère ftcouiin , fcshoits^ 
& fucccifeurs , fcs féaux & fujcts qu'il a, ftaota 
cn^ioftrcdit Royaume » feront quittes & abfôai 
perpétuellement defdites iby & hommage ^ firvi* 
CCS & fermens de fidélité , d'obeïilàncc y reffinti 
& Souveraineté , nous avons promis & juré, pro- 
mettons & jurons , que les provifîons par nooi 
accordées à noftrcdit fircre & coufin cy-aprâ dé- 
clarées , qui font' en prompte & preftecxccntion^ 
defquels de datte J^aujouribyy avons fait txfe^ 
dier nos Lettres , nous ferons icelles^nos Lettrei 
vcrificr & entériner par ceux , & où il appartien- 
dra , & làns aucun dclay , & tout le contenu en 
icellcs dcucmcnt exécuter ; & par ceux de nos 
Officiers qu'il appartiendra mettre nolbedit fint 
& coufin en paiiible poflèfiion & jouyfSuice des 
chofcs contenues & déclarées efdites refponfèi & 
Lettres de provifions accordées fur les doleancet 
& remoofirances de nofircdit frère & coufin ; Et 
au regard des autres provifions qui ne & peuveot 
mettre prcflcment à exécution , fors que par dé- 
livrance des Lettres , UfquelUs auffi nous avons 
fait expédier de la datte ^anjonrdfbuy^ nous «VOOI 
promis & promettons (bus la meune peine , de 
faire entcrincr Icfditcs Lettres entant que mdUer 
efi , &de faire & procurer efire Ait de noftrepar^ 
& entant qu*à nous toucher peut que en doiani 
trois ans cufuivant la datte de cettes : & lequel 
temps lous & noitredit frère & coufin ponrrooi 

coa« 



SURLESMEM.DECOM.Lnr,ir. 7^ 
Qcof dableoient , & de rafltntcinent de nous & de 
, prolonger. Les procès & diiTercnds defqucli 
&:cc oiencioa efdites rcfponfcs , proviiions , 
Lettres feront appointez , dccidc2 , & deter- 
incz à -fin dcuë par les Commiilàircs , arbitres, 
xtart>itres, ou autres qu'il appartiendra félon la 
:xnc & teneur d^icelles refponlcs , provîfions & 
xtres : £t tout ce que par Icfdics commifSures 
ntres fuperarbitres ou autres qu'il appunicndra, 
-a appointé , jugé & déterminé dVnirctcnir,ac«^ 
niplir , garder & oblèrvcrii avant que nous toa« 
eta ., & toucher pourra , & ce que appointé , 
Ijé, & décidé fera , exécuter dans (ix mois , & 
m tous dclays, après le jour & enfui?ant le jour 
la prononciation defdits Jugemcns , dcciiion 
L appointemens , & aufli exécuter ou faire exe- 
1er , accomplir , entretenir , garder & obfcr- 
r tout ce que nous fommcs tenus , devons & 
ODS promis de faire , contenu & déclaré efdits 
litez , tranfports, dons, & proviiions, & en ces 
cïcntes : fans de noilre codé , entant que à 
ïûs touche ou peut toucher ^ y faire, donner , 
i (buï&ir, faire ou donner aucun deitourbieroa 
apcfchement : & (ipar nos Officiers ou autres 
»ttr & au nom de nous aucun deftourbier , re- 
rdement ou cmpefcbemcnt fuft donné à nolfare 
t firerc & coufin es chofcs dcirufdites , ou aucunes 
icellcs , ' nous , & fous la inerme peine pro* 
étions & jurons que dedans un an après , que 
: la part de noRrc dit frcre&coufin en ferons re- 
lit & fbmmciy le ferons réintégrer, reparer, & 
tout remettre en cflat deu&tel qu'il appartien- 
ra , ièlon la forme & teneur defdits traitez » tranC» 
arts , dons , & Lettres defdites provifions ; Et 
otre plus , avons confcnty & accordé , confen- 
3I1S &;:ccordonsque les Princes de noftreSang , 
clique voudra nommer & avoir noftrqdit frcrc & 
;oQlia , juraont & promettront fur leur foy & 



8o PREUVES ET OBSERVATIONS 
honneur d'entretenir & garder ladite Pair ft Mt 
le contenu en cettcs, fans rien faire , ne fouffiiùàt 
au contraire ; & qu*i!s & chacun d'eux afliAerontÔC 
icrvîront nollre ditfi:ere& coufin à rencontre de 
nous en leurs perfonnes » de tonte leur paKfinai 
& de leurs pays & fujcts , aux cas que par nous , 
ou par autre de noftre fceu & confèntcment ladiM 
Paix (bit enfrainte, ou contrevenu au contenu ca 
çcfles : Et dés maîntcnnnt leur commandons &ez- 
preâèment enjoignons d'ainfi le faire, & enbailM 
leurs Lettres & Sellez en forme deuë à noflredit 
fi:erc& coufîn ^ fans dclay ^ contredit , on diffi- 
culté , & déclarons qu*au cas de ladite infrafiiort 
& du contrevcnemcnt à ces prefentes 5 ledits 
Princes feront & demeureront quittes, abfbus, & 
exempts envers nous & nos fucccflèurs detousftr- 
mens, devoirs & (crvices que par eux ou leurfiiitf 
fujets nous Ibnt deus : & dès maintenant pour loi! 
audit cas les en quittons, ab(blvons& exemptons* 
& leurcommandons& ordonnons par la teneur de 
cettes , qu'ils , fans mefprendre , envers nous & nof' 
dits fucceflèurs , fervent audit cas noftredit ftcre 
& coufin contre nous comme dît eft , & defquels 
€X)n(èntement, ordonnance , abfblunon , &qait-' 
tance nous promettons bailler nos Lettres ànoflre* 
dit firere pour chacun dcfdits Princes qu'il nonn 
Bfiera , requerra > & voudra avoir pour (àfèureté* 
& pour Tobicrvation , entrctenemcnt & accom^ 
pliilèment des chofcs defliifdits , & de chacmie 
d'icelles nous avons renoncé & renonçons par ces 

£ refentes à tous privilèges donnez à Nous ^ sur 
Loys, & à noftre Royaume de France , & dont 
pourrions ufer , pour non e(he contraints par Ici 
ccnfuresde TEglife, ou autrement, & aufC à ton* 
tes difpenfations que pourrions obtenir de nofire 
fainft Père, des fainâs Conciles Généraux , oo 
d'autres Conftitutions , Edits Royaux , ou Or^ 
donnanccs quelconques faits & à faire , contrairer 

ov 



LES MËM. DE OOM. LirJI. EU 

idables à cesprefcntes , on anconcs 9'i<' 
: à toutes exceptions que nous on nos 
s pourions alléguer , tant de ùASt com^ 
ntj & autrement, & mefinementàrcx-* 

I droit qui dit que la générale renoncia* 
lut Çi la fpcciiale ne précède ^ 6e tout &nt 
arat ^ ou malengin : & arec ce nous atron» 
: Ibubmettons nous^ nos hoirs ^ nos biens 
s» à la jurifdiéUon & cohertiOQ EccIch* 
à Içavoir de nôtre (ainâ Pere^ du ûinSt 
^fiolique ^ des &in6b Conciles gcneraut 
pour par nollredit (ainâ Pcre, ledit ûinA 
Conciles généraux^ & par chacun d'eux 
caintspartoutescenfares d'Eglifè, âl^a* 
x>mmuniement , amvation ^ r^grava- 
erdit en noftredit Koyaume 9 & autres 
; & Seigneuries, Sa plus avant en la for- 
tinii que la cenfure d'Eglifi: le pourra 
lequel no(fa:e ùiuâ Père & &s fucceflènrt 
is tQcu ^ eflifons & acceptons noftre Juge, 
loidre & décider tous dificrends qui pour- 
X à caulè de ce pre(cnt Traité. 

t/gftt les doléances ^nmoi^ranceS ^ ^ n* 
nofiredit frère £«f coujin , avec les frovi^ 
tjp09tfes far mus à luy accordées fur cha* 

it les remonflrances & doléances faîtes 
mbaflàdcors de monilcur le Duc de Bour? 
les refponfes faites de la part du Roy à la 
tenue à Ham en Vermandois le Mercred^ 
:GDejourdu mois de Septembre l^an mil 
ns foixante huiâ ^ & entretenue jufques 
vingt-neufiefme jour dudit mois enfui* 
depuis continuée & remift en la ville des 
en ce prefcnt mois d'Oâobre audit an 
huiâ- Et Premierernent , touchant les xtntei fur u 
lommagcs des Comtei de Ponthieu , StriviertàeStn- 
îça & (klà la rivière de Somine. ». & des ^* 

II F ttoîa 



' Si PREXJVES ET OBSERVATIONS 

trois PKvofiei de Vitneu, Beauvoifis, &FoiiIIofy 
tnnfportéesparleRoy: lcfqoelsfiefi& hommages 
ont cdé demonllret appartenir à mondît Sieur i 
caufe dndit tranfpon ^ par plufieurs niions , & 
pour ce fnpplient que le plaifir du Roy (bit en ce 
son bailler empefchement aucun à mondît Sieur ^ 
ains le luflër paifibkmcnt ioiîyr dudit droit , & qu'il 
puiûè contraindre Icsrefufans ainfi qu'il eft accon- 
fiumé , & en tel cas faire & doit. 

Surcea eJUreJptmdu de par le Roy qt^H déclarera 
kf dits fiefs (sf hotnmagèï appartetfir a mmdit Siettr 
€omme les astres ebojes contenues atuSt tranjpertm 
(sf en toutes les terres fpecifi/es audit article , (7 
que les vaffaux qui n^ont encor fait le ferment de 
fidélité , Ks hommage , le facent en la manière 
accouftûmée ^ pour firvir mmdit Sieur ainfi qtie la 
nature £«f conmion du fief le requiert , refervé contre 
le Roy ; («f de ladite déclaration le Roy baillera fes 
lettres patentes , par lef que lies il defibargera • tjf 
fous la refervation dejfufaite , les vajauxdes bom* 
mages ^fermens d'iceux^ ^ qui doivent à caufe 
défîtes terres ; ^ avec ce mandera à tons (^ficieri 

S Ul appartiendra y qu^ ils facent ceffer tous troubles 
empefchemens au contraire , ^ ai^ts ihi^pmx 
tenans lefditspaïs , qu*ils entrent en lafoy ^sfiom» 
mage de monait Sieur ^ ^ luy facent ledit ferment 
de fidélité en la manière i*f refervation deffus de* 
€larée. 

Item , Touchant les Tailles & Aydcs defditts 
Prevoftex , efquellès aucuns Officiers du Roy ont 
mis certains empclchemens , & avec ce Guillaume 
Lamourcux a cftéinftitué par leRoyEHeu édites 
Prevofteï , en de(àppoîntant quant à ce rEfleo 
d'Amiens , contre la forme deldits tranfpûrts : & 
pour ce a convenu remonftrcr que mondit Sieur ne 
toit troublé ne empelché touchant lefditcs Aydes , 
& autres droits à luy compccens efdites Prevoficz : 
£t en outre , qu'il plailè au Roy fiùre cei&r les 

• • • tioii* 



I 



SUR LES MEM. DE COM. Lir.n. «^ 
troubles & cmpelchemctis faits à ToccafioD des 
Lances & tailles des Gens-d'armes & francs-Ar- 
chers en icelles Picvoftcï , & ledit Efleu remit 
co fi)n Office , pour iceluy exercer édites Pre« 
fofiez. 

Smrce départe Roy a ejlé reJpoHdu , aue mondii 
Sieur ioityra def dites Prevoftcz , Çsf en levers touf 
ks frofits , ^ ioUyra des droits Rayaeix totU ainfi iif 

Îarla mefme firme fff manière qu^il doit ioùyr des 
^revofiez ÂÔj^aks ejians fur ladite rivière an ctfté 
JC Amiens: Et aujji cejfèront les Tailles mifesfiis 
four ks Lances^ francs^Arckers , Es? atares GenS" 
df armes ^ fans que defdites Aydes , tailles de Gens^ 
d* Armes , ne asàres profits venons des droits Royaux^ • 
yfwt rienpris on demandé de Impart du Roy , i^ 
fera à la nomination de mondât Sieur , (ff à tinfti* 
futiom du Roy reflably tEfleu d^ Amiens : Et do» 
refnavaut les mandemens pour impofer lef dites AydeS 
feront baillez fans delay ou difficulté ^ ^ enbailleru 
k Roy fes Lettres en forme deue. 

Et pource que la matière du Grenier de Grand* 
Viiliets dépend defditstranfports , à ce propos ont 
efté renoonitrées les forces , violences , troubles 
& empdchemens faits audit Grenier, & es Officiers 
de mondit Sieur le Duc illec, par les Offidcrsda 
Roy, tant au pourchas de ceux de Beauvais, comme 
autrement, dont a cfté requis réparation : & que 
telle provifion y (bit faite, que dorefhavant lefdits 
troubles & cmpefchemcns ceflènt. 

Air ptoy a eRé refpondu^ que le Roy fera ceffer 
lefdits troubks \i empefchemens mis audit Grenier y 
tant au pourchas de ceux de Beauvais comme au^ 
trement : bf fur ce baillera fes Lettres patentes de 
frovffion teUes qu^il appertiendra , le tout fehm la 
forme des Lettres ducut tranjport. 

bem y Touchant les terres* & Seigneuries de 

Mortagne tranfponées à mondit Sieur , efquclles Mértépt. 

ft ifis OSckrs infiitucz par le Roy à & nomina- 



84 PREUVES ET OBSERVATIONS 
lion , fi>nt fidts journeikinent plnficurs trool 
& empefchemens, contre le contena des Lea 
dodit- transit : Sur quoy ont ledits AmM 
dears &it les remonltrances à ce pertinentes de 
OQÎs qu'il (bit mandé au Bail]ydeToumay,ft 
Toumc&,& à fon Lieutenant) & autres Offid 
du Roy, fe déporter defdits troubles &eiiipe(cl 
mens , & en laiflèr joiiyr mondit Sfènr paifib 
ment & les Officiers , félon la forme du Tn 
d'Arras , & lefdits tranfports de ce faits , & ai 
fclon le contenu des iJettres , fpeciakment 1 
ce par le Roy oéboyées. 

Sur ce a fait nfpondre le Roi » qu'il efi a 
tent que maudit Sieur joâ^JJè Jefâtes terres &f i 
gueuries de Morté^ue , (sf qtCil nomme to$u Q 
tiers pour les cas Koyasix , (*f qu^à fa nominat^ 
fiaient par le Ray it^ituez : ^ mandera am Bai 
i*f autres Officiers de Touruay^ de Toum^ e, 
déporter defdits troubles isf empefchemeus ^ le U 
félon le contenu defdits Traitez a^Arras ^ des L 
très de tranjport , (^ non autrement. 

Item . A eltc remonftré au regard de la P 
vodé de Sainâ Quentin , des terres & lieux e(h 
delà la rivière de Somme., que Ton dit & noi 
me rexensftion de ladite Prevofié , que Maif 
Georges Duret en pourfuivant renthcrînemcntc 
Lettres fur ce oâroyées par leRoyàmondîtSic 
le Duc , bailla l'original d'icclles de bonne (q 
Mniflre lean de Reilhac , lefquclles depuis n'c 
cfié rendues 5 pour ce cfl demandé rcititutionc 
celles ; Mondit Sieur le Duc de Bourgongnes' 
déporté audit article de rcffèt de(clitcs Lettres, 
du droit qu'il avoit en ladite exemption , au prc 
du Roy : & ce au moyen de certains dons h 
par le Roy à mondit Sieur , & doat ils ont e 
& font d'accord ; Mais pourcequeaiTcztoftapi 
lefdits tranfports, le Roy & mondit Sieur èfbui 
*"î^ «' Vilicrs-le-bcl , ♦ fiu fupplié le fel .de Salins, ai^c 

■ , cw 



Memoixa 



SUR LES MEM. DE OOM. Lrv.D. 8f 
tours en Marconnois: laquelle choie le Roy aroît 
oâioyée , fi le dommage de ce n*cxcedoic qua* 
(re mille francs. Sur ce poinâ a efté remonftr^ 
qu'en en(aivant ledit don , & ayant égard que de 
loôte ancienneté iceluy (cl de Salins a en cours en 
Maiconnois : & que illec la Gabelle du ù\ doit 
appartenir à mondit Sieur par le Traité d'Ârras, 
& plaficors autres caufes au long déclarées , il 
plaifi: an Roy permettre le cours du fel de Salins 
ndk Maiconnois , ainfi que dit eft : & défendre 
k cours dn lel de Pequais pour lequel la Gabelle 
ifmra cflf receuë an Pont St. Efprit , ou ailleurs , 
au profit du Roy 9 & rendre les dommages & in- 
terefis de mondit Sieur , montans à plus de cent 
mille firancs , à comter de ce que eufl vallu à 
mondit Sieur la ditte Gabelle depuis que ledit 
Traité d*Arras fbt fidt julques à prefent. 

Le Ray a accordé les Greniers à fel à mmMt 
Siemr de Bourgonçne /s Comté deMafcon^ isfpMf 
de Mafcamtois , ^ // lie»x ^ villes Royaux en^ 
€lavez eniceux^ pourluy^ f es hoirs ^ i^fjuccejfeurt 
Comtes (^ Comtejjis de Mafcon , comme il apferÈ 
fmrfes Lettres patentes fur ce expédiées. 

Le Iccond point concerne les matières dépen- 
dantes du Traité d'Arras, & premièrement au re- 
gard de l'impofîdon foraine , laquelle fcdevoitle- 
Tcr es extrcmitez du Royaume , & par ledit Traî«*' 
tf doit appartenir à mondit Sieur en fes païs. Sur 

Îupy leidits Ambafiàdeurs ont fait deux doléances , 
c rcmonfirances. 

La première , que mondit Sieur eft troublé en 
b perception dudit droit* 

La C:conde , de ce qu^on la veut lever es lieux 
non flccoufiumeï , & que Ton contraint les Mar- 
chands à bailler caution en forme non accoufin- 
née : & mefînement , qu'eft chofe bien nouvel- 
le & bien ellrange , les Ofiiciers du Roy s'efiTor^ 
cent de leva le droit de ladite impofîtion des den* . 

f 3 réa 



86 PREUVES ET OBSERVATIONS 

t€çs & marchandilès que l'on defcend es païs de 
Bourgongne , Bar-fur-Scînc , AuxcrroU y Artoit 
& clâites terres traQfportécs , comme fi ftuf&nt 
terres de TEmpire , où elquelles les Aydes. n'cuC 
lent cours , & Ipecialement audit Auxerrois « des 
biens appartenans à ceux de ladite* Comté , & en 
icclles menés des lieux voifins. Pour ce ont requis 

Sue ladite nouvelleté (bit ofiée , & que mondk 
ieur joiiyâè de fondit droit (èlon la forme dudft 
Traité , & que lefdits Marchands ne (oient cod» 
traints à bailler ladite caution autrement , qw 
d'ancienneté ils ont fait , à içavoir de dcichargcr 
les denrées en aucuns lieux du Royaume, ou que 
ks Aydes ayent cours. 

Sur cet article a ejlé dit de par k Rey^^ q$filA 
^ fera content que la caution (fuife bailk par kt 
Marchands à caufe de Vimpofittm foraine , foà at 
la forme ^ manière de toute ancienneté obfervée^ 
à ff avoir de def charger les denrées en aucun lien 
du Royaume , auquel les Aydes ayent cours de par 
4e Roy , fuppoféquemonditàieurparCoéhray duKfiy 
prenne à fin profit icelles ^ydes , fans les faire can^ 
tionner de vendre isf dijîribuer lefsUtes denrées A 
pats du Royaume auquel lefdites Aydes ont cours , 
€omme le pats d* Artois , i^ auffi autres pais é^pwr» 
tenons ^ tranfportez par le Traité d*Arras , (^ 
éÊUtrement à mondit Sieur , Çj? ejquelspais lefdites 
Aydes ont cours , le tout fans fraude ; Toutes-fois ^ 
fi cy-aprés appert , que d^ ancienneté telle n*eJloitla 
manière de cautionner ^ le tout fera réduit a la for* 
vte Çjf façon de faire quife trouvera parlesOrdoU' 
nances Royaux anciennes , Çjp autrement avoir efté. 
gardé ^ obfervé : Et à cette fin , ^pareillement 
quant à la Duché de Bourgongne y en laquelle 
wondit Sieur prétend femblable nouvelleté aruûir^ 
faite j feront députez deux Commiffaires , t* un par 
le Roy , Çff Vautre de la part de mondit Sieur de 
Bourgorffte s Icf quels deux Commiffaires verrouê 



SUR LES MEM. DE COM. Lsf^ïï. 9f 

'^iËUsOrdowiamces Royaux j ^ttêfmerrertnnftumt 
\ Pufance àf autrement , la.vèrâé : ^ .U t»ut 
ftu , en ordamteront ^ appohiterofft film qm^ilê 
rouvercntt ejhrc à faire de ratfm ^ fans rtnvaf tm 
^fellation : isf abrezeront j'dedderaut (sf-deffim* 
mt kjdits Commis TefJHs différends en dedaêss "um 
wfrocJbain pour tâus delays : iff avte ce fefa le 
*jBy oiler tous troubla ^ nouveUetez , (ff ^^P^ 
'femens ^ &f conjent que mondit Sieur joi^dtt 
roit de ladite impofition fitrainè es pays du EjoiatH 
te à luy tranjportez , felon^ que parle Traita érÀr* 
tu faire fe dutt : EtfironttouUSé^ellationsmifii 
>ar les fujets de mouM Sieur de fis villes iArras é 
^mfsâ Umer , Hefdin , Teroâetme, Aux^rre-^ '{gr 
utres y à caufe de ce que Fou leur a voulu faire 
ailler ladite caution autrement quUn ladite marniez 
eaccouftum/e d^aucietmeté ^ mtfes au néant foui 
mende ^ fans defpens : ^ àuffi tous procès mené 
*f encommencez quant au principal à Poccafiom 
lejfufdite , ^ce qui en dépend , tant en la Cour 
le Parlement , devant les gens des CompM^ com^ 
lee par devant les Generattn , qu^ailleurs ^ tenue 
M eflat ^ furfeance jufques À ce que /efdits Ùom* 
ni^aires auront lefdits différends appointez , le touê 
ans préjudice du droit du Roy ^ de mondit Sieur 
le iourgongne : Et au regard du droit des haute 
yaffs^es , qui eji d'autre nature , les Commiffaireo 

?'afris advifez , auront pouvoir dy appointer &? 
en faire jouyr mondit Sieur ainji que par ledit 
traité iArras appartiendra en ^ par toutes les terret 
Royaks appartenantes àmonMt Sieur par ledit Trai^ 
/d^Arras ^ i^auffi es terres dela^ deçalarivie* 
'e de Somme , {^artenantes à mondit Sieur par le 
ion fef tranfport à luy fait par le Roy» 

Item , Toachant les enclaves de la Daché de 
Boorgongne , & anffi touchant aucunes viil^^ 
riUages des Comtei de Malconnois, Auxerrôis^ 
kdciBar-far-Seine, de&uels mondit Stcur ne jpuyt 

F 4 t^ 



î 



I 

68 PREUVES ET OBSERVATIONS k 
pas cnticrenicnt , ne {w la manière qn*n dcntfih i 
Ion. la forme dadit Traité , & les appotntemeai 
depuis fur ce rendus , lefdits Ambal&deurs ont 
icquis que mondit Sieur (bit mis en paifible pollen 
iion defditcs villes , villages & autres drcMtstranf- 
portez par ledit Traité d'Arras pour en avoir & 
lever les profits , & que reffitution luy Ibic faite 
defiiits profits e(cheus & perceus par les Officicn | 
Royaux « depuis ledit tranfport fait & les cmpe£> 
chemens y mis ; Et i cette fin lelilits Ambalfih 
deurs de mondit'Sieur ont requis que l'on ordoot 
ne & commette quatre notables Uonmniilàires , 
ideu:jk deja part du Roy , & deux de la part de 
mondit Sieur , aufquels fera commis & ordouoé 
in*ils(ë tranfportent es lieux dont ils feront requis 
e la part de mondit Sieur , pour eux informa 
ibmmairemcnt des droits prttendus par mondit 
Sieur , fi défia inform^ion n'en efioit faite : à 
fi information cneft f^teà fuffi&nce, qu'elle (bit 
prefiemeut veuë , & fur icelle &ite declaradon 
des droits de mondit Sieur , pour l'en faire joiiyr 
incontinent & réellement , lèlon queparlafbnne 
dudit Traité d'Arras appartiendra , fans y garder 
aucune forme de procès ou de figure de Juge* 
xnens , ne en faire relation ny renvoy au Roy ne 
i aucuns autres Officiers quels qu'ils foient , & 
nonobftant appellations. 

fW Cdtartkh a efié de par le Roy reJpouJufifil 
Jeta c(^eHt , ^ordomcT ck fa part quatre dom*. 
mjnàires pogtr befongner petites matières^ f^ieJide^ 
€iaer avec qnatre autres Commjpùres qtù JermA 
uommez, dfi la part demondit Sieur ; i^ fi kfdkf 
ImiH Commtffaires ny veulent oupouvqieut'vaqutr^ 
Usfix , àfcavair trois du çofU du Roy , ^ trois 
du cqft/ de mondit &eur y pourront vaquer. : Etfi 
fesfix py veulent ou peuvent vaquer , Us quatre^ 
^ffavoir deux de chacun cqflé ^ y pourront (sf de^ 
vront vaquer ^ iefongner félon la firme deçUnrk-: 
0u4it ^trfrçk, ^ item i 



SDR LES MEM. DE CX)M. Uv. IL 89 

'" hem ^ Âtt regard des troubles &€mpcichenieD$ 

lins es Greniers appartenans â mondit Sieur par 

ledit Traité d*Arras , & contraintes fidccs i pin* 

fieurs les fujets es païs de Bourgongnc , Ma& 

cannois, Charroloîs, Bar-fur-Seine&Auxenois, 

de jprendre fel ailleurs qu'efdits Greniers , contre 

Il nxmc dndit Tndté d'Ârras , & i ion grand 

fatxvcft & dommage. Pourquoy ont kfiiits Am- 

baflàdcms requis que ftmblabicmcnt , il y (bit 

ponrveu , & tellement que Idfdits troubles & cm- 

pefchanens doivent cefér. 

&m fmy # efié refpondu , qtte , ccmmt Jejfus 
^ Ufubé j k Ray veuf qui mondit Sieur joûyjfe de 
temt ce^uihy doit effartemr^ à caufe dudii Trai* 
tiJPArras : &f que t(ms troubks ^ empefebeviens 
feits es Greniers de mondit Jieur , ^ eoutraintes 
défis fitjets à prendre fel ailleurs ^contraires audit 
2rMté ^ fiient ojïez : bf pour mettre la chofe à deuë 
exécution , lefdites Commtffaires fe tran/porteroni 
fur les lieux , ^ fommairement enguerront de la 
mérité , ^y tiendront telle ifffetnblaile forme Çj? 
manière qtfen P article précèdent^ ^ fuis en feront 
jmefr mondit fieur , fi faire fe doit ^^ fans renvoy 
ou appellation , comme dit eft. 

bem^ Et pareillement iccux Ambaflàdeurs ont 
fait remonimnces & requeftcs touchant aucunes 
terres , lieux & villages eftans des Bailliages & rcf- 
fims de Maiconnois , & de Sainâ Gcngon , & 
ancones autres de la Comté d'Auxerrois , & les 
antres de Bar-fur-Seine appartenans à mondit Sieur 
par le Traité d'Amis , lequel eft empe&hé en la 
joînri&nce d'iceux. 

ùtar cet articleaùffi aeflérefpondu^quedésnudn* 
tenant , le Roy déclare qtfilveut que mondit Sieta^ 
P^[S^ des villages ^ refforts dejdits Bailliages de 
i/Sfcou j de S. Gengon ^ &f auffi des r effort s £9? 
viUages iAuxerre & de Bar-fur^Seim ^ félon le 
wUim^dtÊ^pTraiêé dfÂrras ^ nonoi^fiant tous em^ 



90 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fefchememsy mis au ctMtraire : (^ à cetu jmlrf'» 
jks huiS Commsjfaires , les Jix , ou Us quatre | 
eu la numiere degus déclarée ; aurout commiffim 
far Lettres du Roy i^ de mondit Sieur y pouren^ 
tendre^ vaquer ^iefouguer eu cette nuttiere y ^lê 
décider aityi que de raififu , ^ par ledit Traité 
dfArras appartiendra .^ (^ par la firme ^ mamm 
qu*il eft déclaré au huiâiefme article précèdent y tf 
eu la refpoufe faite fur iceluy. 

Item , Que mondit Sieur cft troublé & empd^ 
ché en la joiiiïTance de plufieurs fiefs & honunh 
gcs à loy appartenans à caufè dudit Traité efiiitei 
Conitcx , & Bailliaj^es de Mafoon , de S. Gen* 
gon , & Auxerrc, & en leurs refSnts : fpecule* 
ment du pays de Beauiollois , qui doit reflortir 
au Bailliage de Mafcon , dont lefSits Ambaffi- 
deurs ont fait doléances & remonfbances afin 
qu'il y fnd pourveu y & qu'il en peuft paifibk- 
ment jouyr. 

Sur auay a efié dit de par U Ray , Ofte cemm 
dejfus ejt déclaré en casfemhlahle , le Roy ueveut 
empefcier mondit Sieur en la jouiffance des ebrfei 
eoutenuès en cet article ; fi ils luy compétent par le» 
dit Traité d^Arras : ains veut q$te foit d&uue forme 
four Pen faire jouyr , fi faire je doit. Et fourtaut 
le Roy ejl content , que pareillement lefdtts Com* 
miffiùres client fur tes lieux y ^ fommairemenê^ 
fous figure de procès sUnforment , pour après y ap* 
pointer , ^ le tout déterminer isf exécuter > dut^ 
auront pouvoir ^ authorité mnoifiant comme d^* 
fus y en enfuivant le contenu dudit hmSiefine artp* 
de , (ffla rejponfe faite fur iceluy. 

Et au regard des autrespoints & articles odd« 
tenus & déclarer audit Traité d*Arras : Iccut 
Ambaf&deurs ont requis au nom de mondit Sieur 
que ceux qui feront trouver non accomplis , oa 
cfquels Ton adonnéempefchement, &quei|iooh' 
liit Sieur n*en aura eu la connoifËtfice , que lefaitt 

Corn- 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.II. pr 

Gmuniflàircs ordonnez en la manière deflûdite , 
ifent pouvoir d'enquérir Ibmmaireincnt & (ans 
pKOoés,& fins aunre renvoy, delay, oudifScalté, 
l'te&ire joiiyrnonobftant toutes contradiâions & 
fpellations y comme deiTus cft dit. 

Sttr cet article a ejlé reffondu de par le Roy , qu^il 
f^cwUf^ que mùndit Sieur joriyjre de chofes ctnOe-- 
"mis Csf déclarés audit Tratté aArras , ^ potir 
fpasfer tous les différends qui Pourraient ejire tant 
! caiufe due^ T'raiti que des dépendances d'iceluy^ 
WKttre une fin le ptufiojl que faire fe pourra ^ fe^ 
mt ûrdonnez lefdits huiâ notables Commijfaires^ 
ijfovm' quatre de la part du Roy^ ^ autant de la 
art de mondit Sieur : aufquels , ou auxfix , ou 
mx quatre cTeuxJera donné plein pouvoir (ff autho^ 
Hé y touchant les différends (sf matières déclarées 
uMt Traité j pour jVeuis les inforwatiotts i*f procès 
'^a faits j i^ les informations qu^ilfemblera eftrc 
faire, les titres bf enfei^nemens qui fe bailleront 
^UM cqfté (ff i autre : i5 auffi par infpeélion des 
eux fommairement , ^ fans forme de procès en 
pointer , juger y bf déterminer , Çjf leur jugement 
ffettre à exécution deuê , & faire joûyr mondit 
iiettrde ce qu*ils trouveront a luy appartenir , i 
aufe dudit Traité ^ des dépendances d^iceluy^ 
vmobilant contraSions ou appellations quelconques^ 
li fans en faire aucun renvoy : Etji me Hier eji^ 
wmmettront aucuns qui enquerront la vérité j £7 
romettra le Roy dés maintenant non muer lefdites 
ifnme, £5? procédure , ^ en donner fes Lettres pa^ 
entes en forme deuë : £<f pourveu que fi. lefdits 
lommiffaires tfy veulent ou peuvent vaquer , les 
\x ^,À ffavoir trou du cofié du Roy , ^ trois de la 
mt de mondit Sieur y pourront vaquer : ^ Ji 
^ditsfix ny peuvent vaquer , les quatre , a ff avoir 
kux de chacun cofié ^ y vaqueront^ befongneront^ 
oneme dît ejl. 

Le tiers point prihdpal , concerne les chofes 

com^ 

I 



91 PREUVES ET OBSERVATION 

competans à mondit Sieur le Duc, à caufe defli 
Seigneuries qu'il tient tant au Royaume que ixxs 
îceluy. 

Et premièrement touchant les limites du Royaii* 
me , de la Comté de Bourgongne , & de rems 
du redore de Sainâ-Laurcns , qu*iccux AmbaiE^ 
deurs ont fait remontrances des procès furccftits^ 
pour le fait dcfdites limites , requerans que Com- 
miifaircs notables & agréables à mondit Sieor 
foient ordonnez de la part du Roy , & mondit 
Sieur de fa part en ordonnera en tel &^ fèmbltble 
nombre que fera le Roy , pour juger & dctermiDcr 
kfdics dii^èrends fans en faiicrcnvoy , nonobfiaDi 
contradidion ou appellation quelconque. 

Sur auoy a ejlé dit que le, Roy efi content quebM 
Commtffaires foient ordonnez , ayons plein fonvHt 
d^appaifer les différends def dites limites du Royaume^ 
^ de la Comté de Bourgongne , ^ defdites terres 
du r effort de Sainél-Laurent , a ff avoir auatti iê 
la part du Roy , ^ quatre de la part ae mon^ 
Sieur , es mains def quels feront mis les procès fmtt 
four les juger par diffinitives : Çjf /V/f ne font par» 
faits ^ inftruits , les parferont \Sf infhrtitnut 
comme il appartiendra y pour les jus^er^ décider ^ 
Ji par autre moyen ils ne peuvent eflre é^pointez* 

Item , £c entant que touche les limites des païl 
& terres appartenantes à mondit Sieur ioignantei 
aux Comtc2 de Flandres & d'Artois , & autres 
païs du Royaume : pour le fait defquellcs limitcf 
aucuns procès ont efté meus, au moyen d'aucunes 
appellations relevées par aucuns particuliers en li 
Cour de Parlement , requièrent lefdits Ambaflâr 
deurs qu'il plaifc au Roy tenir & mettre cnXfar-. 
feancetous lefdits procès , à cau(è du fkttddxiites 
limites , pendans , meus & à mouvoir , fini y* 
çfire procédé , ne aucun exploiâ fait par ladite 
Cour , ne autres Officiers du Roy , julques à 
Ioog<-tcmpS| comme de dpuze ^, a^ que fiuf 

pro» 



^R LES MEM.DE COM. Liv. IL 9$ 

noces & (bmmatrement aucune voye fbît advifêe 

ibiisle bon plaîiir du Roy & de mondît Sieur: > 

par laquelle ce qui fera en difficulté touchant le& 

dites limites , puiflèeifare appointé à moindres fraiz, 

ne fait n'a cfié au procès defditcs limites da 

tcmité de Bourgongne. 

iSarr cet article le Roy fera eotitetade tailler fur* 
fonce de huiél ans , fans par le tmym de ladite 
fitrfeance prejndscser ne déroger an aroit de rejfirt 
fni fêta ou doit competer au Roy , ne ladite ftir^ 
fiance tirer a quelque fojfejjion ou confeauence en 
aucune manière , contre le Droit du Roy bf de 
^Ê^ondit Sieur : ^ que quand la manière cherra en 
frocednre , qtCelle foit appointée par CommiJJaires 
commis j comme dejjin eji touché^ des autres Corn* 
miffàires* 

.. item y Ont îceux Ambaf&deurs de mondît Sieur 
tût doléances des appellations que Ton reçoit des 
•ppointemens & jugemcns faits par les quatre 
pindpales Loix de Plandres contre les Loix & 
Privilèges dudit païs , en troublant lur ce mondît 
Sieur en lajoiiyuàncc toute notoire •• mefmement^'^J]J^^ 
tu fàîâde la marchandife, fur laquelle iccluypaïs^^c;„^,',J//4 
de Flandres eft principalement fondé , & pourtant cow d* f«w«. 
ont requis fur ce leur cftrc pourvcu. "»«*'• 

Touchant cet article le Roy a ordonné (ff déclaré 
far fes Lettres patentes , kf dites quatre principales 
Loix de Flandres ejire franches ^ exemptes de la 
Cour de Parlement , i^ de fes Officiers quelcon- 
fues : &f que par droit de rejfirt ne pourront ^ 
$re devront derefnavant eBre attraites ne évoquées 
en ladite Cour , ne ailleurs au Royaume , ^ dudit 
reffirt a fait don ^ iranjbort à mondit Sieur le 
Duc ^ à fes Succejfeurs Comtes Çff Comtejfes de 
Flandres y Jehn le contenu def dites Lettres ^Q ainfi 
qst elles le déclarent plus à plein. 

bem^ Ont remonlfa-éque (èlou le droit du païs 
4c Flaadrcs, la Cour de Parlement ne d<^c rccc^ 



. 94 PREUVES ET OBSERVATIONS 
Appgfi^ifl^^^^ aucunes apellations des antres Loîx & Ji^ 
iff^MM^^T"^^ Flandres, omiffomedio , car lereflbrt doit]xe- 
mier appartenir à niondît Sieur le Duc , & ne doit 
point mondit Sieur cftre travaillé de requérir le 
renvoy à ladite Cour , comme Ton fait pour kl 
rcfibrtsdes autres pays du Royaume : Car l'on ne 
doit bailler aux fujets de Flandres reliefvemênt en 
cas d'appel, fi Tappellation ne procède immédiate 
du Jugement du Comte , ou de la Chambre de 
^ fon donfcil en Flandres s & pource a efté reqdSi 
qu'il plaife au Roy fur ce donner fès Lcttra pa- 
tentes de provifîon en terme deue. 

Sur cet article a efi/ refpondu Je par le Ray ^ qifH 
tjï content que du contenu audit article fort fait fe* 
Ion les droits ^ couftumes defdits pats , dsf ^à^ 

Îu*a efié de lon^-temps obfervéy ^ que tous tnn^ 
les Cj empefcffemens faits au contraire foientifiez» 
Item, A efté faite remon(fa:ance parlefdits Am- 
baflàdeurs, des troubles & empefchemens fintsâ 
appellations emifes es caulcs dereflbrt) es tend 
tX!iu' * t;haftellcnies de l'Ifle, Doiiay, &Orchîes, en 
&or€bi^^' la chambre du Confcil en Flandres , contre 
toutes bonnes raifbns & moult évidentes , & (knt 
mondit Sieur a efté en paifible joiiyflânce de tres- 
long-temps fans aucune difficulté , excepté depnii 
peu de temps en çà , qu'aucune contradiâion y a 
efté mile ; requérant fur ce , que lefdits troubles 
& empefchemens fi notoires dcuflèntceflèr, atten* 
du que Icfditcs Chaftcllcnies de leur première & 
ancienne condition, ont efté de la Comté de Flan- 
dres , & depuis que le Roy les a tenues , en fài* 
fhnt & traitant le mariage de feu le grand Doc 
Philippes bifayeul de mondit Sieur , elles forent 
rc unies & rejointes audit Comté de Flandres, pour 
les tenir par le Comte en un feul fief avec ledit 
Comte. 

Le Roy a accordé (sf accorde , qtie dorejhavant 
aucunes appellations ne f oient receués en la Cour de 



SUR LES MEM. DE CX)M. Lmlt çf 

PmrlemewP , Procédons des Loix ^Ju/tices des Cha^ 
fielUmes de Plfle , Doûay^ Orchiesx mmsfe rf- 
hverant lefdites affellations prealatlemcnt em la 
Chambre du Confeti en Flandres , eu devant le 
Hntuemeur de Pifie ^ ou celuy d'eux devant qui lef* 
iies appellations de leur droit ordinaire , ^ faut 
moyen , doivent fff ont. aceoujluméd? ancienneté ref^ 
firtir 9 ^ eftre premièrement relevées. Et pareil 
lement a efté accordé par le Roy , que les i^pella* 
69ns qui font interiettées dudit Gouverneur de y IJie y 
y defes Sentences Çjf Jugemens^ feient relevées 
tm premier lieu en ladite Chambre de Flandres , 
de laquelle Chambre , ou des Sentences , Jugement 
m éfpoiutemens d'icelle s* il en eft appelé ^ les ap* 
dilations feront relevées ^dtfcutées en la Cour de 
Parlement. 

bem , Pource que le Roy , ne fa Cour de Parle* 
aient , n'a aucun intereft (i Monfieur ou (on grand 
Confèil , des caufes de les fubjets au Royaume 
cognoift en l'Empire : Et è contra , confideré que 
l'appellation & le vctToTt par ce , ne font cmpefchez, 
pour pluiieursraifbns& bonnes conliderations, par 
k£lits Amballàdeurs remontrées , ont prié & re- 
quis, qu'en ce ne (bit ûdt par le Roy ou fes OfS* 
ciers , aucun troidble ou empefchement : & que 
les rdSbns , Souveraineté , & autres droits , tant 
du Roy que de mondit Sieur , y Ibicnt gardez. 

Snrqutiy le Roy a fait rejpondre , qu il ejl(fffe* 
Ya content que mondit Sieur ou fon grand Confeit 
cognoift des caufes des pats ^fujets (fions au Royau^ 
me en F Empire , fatg^kt declinatoire des parties ^ 
^ de celles de t Empire ou* Royaume , le tout fans 
Préjudice des fouveraineté ^ rejjortdu Roy^ quant 
à ce qui eft du Royaume îîf des droits -^ Jhuverai^ 
ueté competans a mondit Sieur , en ce qui eji de 
P Empire; Çff durera ledit confentement tant que 
vivront le Roy ^ mondit Sieur de Bourgofigné. 

bem^ Touchant les quatre mil livres de rente 

au* 



96 PREUVES ET OBSERVATTDNS 

annaelle ^ appartenante à mondit Sieur , à caoft 
de Ces pccdecdOlcors Comtes de Hainault&dOflo* 
vant, for larecepcc de Vennandois , «>paiteiiiDt 
au Roy , & dont les arrérages font deos de pla&on 
années : Sur qnoy lc((lits Ambaflàdeurs (Xtf ùk 
pluficurs gr^indes rcmonftrances y & ont reqois 
jouyilànce de ladite rente & payement des arrérages^ 
comme railbn cfl* 

Sur cet éortick le Roy a fiùt rejpomdre , jtfileft 
€onUîa que les Lettres faifans mention defdtts fMê* 
tre mil livres de rente , fount i/euis fût UfâU 
CommiJJaires commis , lefquels auront fmvoèr ff 

2 fpotntertsf déterminer j (sf en faire UraiJonànMh. 
i Sieur y & icelle mettre à deitc exécution fâM 
rem/oy ou Mellation» 

Item y Iccux Ambafladeors ont (ait dolca&cs 
& remonftranccs des contraintes faites es ihjcts 
& (èrviteurs de mondit Sieur, natifs, aucuns ca 
fk Comté de Bourgongne , es terres fituécs hors 
du Royaume , les autres de la Duché de Bcnvr 
gongne , & autres pais de mondit Sieur , à faire 
nouvel & non accoutumé ferment de lèrvir le Roy 
envers & contre tous , & fpecialement contre 
mondit Sieur^àns avoir dkanà à ce que ledits fqjett 
ibnt vaflàux de mondit ^ieur ; &mefinementlcs 
aucuns natifs du Comté de Bourgongne : Etpov 
ce qu^'ls en ont eflédelayans , jaçoitquMlsayoïtjà 
fait le ferment de fidélité en la forme accoufia- 
méc : & qu'ils ont eftéprcdsdc fervir félon lâna» 
turc & qualité de leurs fiefs : Toutesfbis moà* 
ficur dcChailiilon, & autres Officiers du Roy, ont 
procédé contre eux par pluficurs indues & derafon* 
blcs voycs , tant de main-mifes en leurs terres & 
Sci^ncurics , & perception des frui& , profits 
& cmolumens d'icelles , a£&uts faits en aucunes 
defdites terres comme en terres d'ennemis , qoa 
confifcation de corps &de biens , & ont appliqua 
Icfdits fruiéb à leur fingulier profit : Et qui pli» 



SUR LES MEM.de CX)M.Liv, II. 97 

cft, ledit Sieur de Chaflillonaainfi procédé à Ten* 
contre de mondit Sîcur le Duc , a caufe de la 
Se^griburîe de Foavans , laquelle luy appartient. 
Au Contenu en cet article , Isf es articles fuivams 
tl. 22. 23. ^ 1^ le Roy ejl cément que toutes 
fîtes t/oyes déclarées efdits articles cèdent dorejna^ 
^oMt à rencontre des [uj et s ^ fervitewrs de mondit 
4eur , Çîf que la main mife es terres defdits fu/ets 
Sf ferr^tenrs de moniUt Sienr ^ à Focc^fion Jpeci* 
l/r amlit article , foit entièrement kv/e ^ ^quUk 
•mjoâyffent ainJiqM^ilsfaifoientParavantl Etqtumt 
mxfhùts d'icelles receus par ledit Sire de Cffoftil* 
^a» j ou autre les arrejis i^ prijes faites tant far 
'•erre que fat mer , des fubjets de mondit Sieur ^ 
*xgimées efdits articles , les fertes ^ dommages 
n^uit/ii , que refUtution enjoit faite : Et four y 
rdomeer forme , îe Roy commettra terfotine uotur 
>/f , auquel les Commis de mondit Sieur feront af-^ 
*aroîf des chofes defjuf dites ; lequel Commis de far 
e Rjoy aura pouvoir , de pourvoir Ç«f appointer 
ouchant lefdites réparations , ^ refiitutions ; (ff 
es upfointemens , ^ordonnances on exécutera fans 
^pel ourenvoy : i^ avec ce le Roy mandera deli-^ 
^frer tous prifonmers franchement , i^ donnera feu* 
'été pour toufksfujets des pais de mondit Sieur ^ 
ie pottvoir feurement aller , converfer , ^pefcher 
uns empefcbement : au vidîmus de laquelle feurett 
^ fera adjoufiée ^ ^pareillement rejiitution fera 
^éùte , ^ feurèté baillée aux gens , ferviteurs^^ 
%jéts du Roy , endommagez cf emprifonnez par 
bsgeus de mondit Sieur de Bourgongne : Et en ou* 
Ire le ^Rsy a accordé ^ que j|f v^aux ^ fujetsde 
mondit ùieur , demeurans & rejidens enfes pays ^ 
y aujjijes ferviteurs domeftiques qui ont terres , 
fiefs ^ ^ feigneuries au Royaume , À caufe defquel" 
les ils doivent fervice^ quand le Roy fait mandemene 
gênerai eu fon Royaume , pour la defenfe iicelOf ^ 
m feront contraints à faire ledit fervUe en leurs 
Tome IL G fvt- 



9» PREUVES ET OBSERVATIONS 

propres perfonnes : mais feront qaUtes ^ defibatpte 
iCtceltiy fervice parmy baillant Çff délivrant far 
chacun d^eux autre perfonne ^ une au plufienrs , 
ifahiles ^ en point pour fervir , aififi fipr comme la 
nature i^ condition des fiefs le requièrent : îsj/î»" 
ilablement fera fait au regard des fujets ^ vaffau»^ 
y ferviteurs du Roy. 

Item j En outre , ledit Sieur de QiafHIIon , 
& autres Officiers du Roy ont mis dehors Lm- 
gres les gens d'Eglifeayans illec Bénéfices, pour- 
ce qu'ils eftoicnt natifs des pais de mondit Sieur 
le Duc , & publiquement ddEcnda que eux , ft 
autres natifs des pais de mondit Sieur , ne poif- 
£:nt demeurer es lieux de leurs Bénéfices, ne ail- 
leurs enfon Royaume. 

Sur ce le Royeji content ^ que les rens d^EgEfe 
natifs des pays de mondit Sieur , puijjent retourner 
es lieux de leur s Bénéfices^ isf d^tceux pa^fiblemewt 
jouyr ; £s? que les fruits perceus à cauje de kwr 
abjence , faite à Poccajion déclarée audit article | 
feront entièrement rejiituez Par ceux qui les ont r^ 
eeuSé Et de ce aura pouvoir ledit Commijlain or* 
donné par le Roy , dy appointer comme dejfiiS' 

Item , Mondit 5icur de Chailillon , & autres 
Officiers du Roy , ont pris les biens de ceux de 
Valenciennes es foires de Rheims , & d'antres 
plufîeurs notables Marchands & fujets de mondit 
oieur , en paflant par la Champagne , &fkitplti- 
ficurs arrefts de pcrfonncs fur les gens de Thoflel 
de mondit Sieur , & autres , fcs ferviteurs , offi- 
ciers & fujets ; A fçavoir monficur DeTernant, 
Guillaume de Villicr^ Maidre Jean Jacquelin , 
le Receveur d'Auxoî", Jean Gormont , & an- 
tres, aufqucls n'a cdé faite reditution de leurs per- 
tes, intcre(ls& dommages : Avec ce, paraucoDS 
Officiers du Roy , fut arrefté (ans caufe Maîftrc 
Jean de Janly , envoyé par mondit Sieur k 1^ 
devcis mondeur de Calabre& leRoy d'Ansf^f 



SUR LES MEM. DE COM. Lnr.II. 99 

« canft de leur diflèrend , & dont (tit €ak grande 
Âijure à mondit Sieur le Duc & audit Janly inte« 
râ & dommage , ain(y qu'il a été remontré aa 
loi^par les députés de Mondit Sieur le Duc. 

Sur ce a ejléreffondu ainfi qu^au vingtieffm ar^ 
iick précèdent. 

Item y Lefdits Ambaflàdeurs ont requis , que 
Celles voyes & contraintes- nouvelles & non raifbn«* 
nables , quant aux fujcts de monAit Sieur le Duc, 
dorcfnavant dcufiènt ccflèr ; que la dite main-mi-^ 
fc es terres desfujcts de mondit Sieur (bit entière- 
ment levée , & en telle manière qu'ils puiflènt 
joiîyr & ulèr paifibicmcntainii qu'ils (aîlbient para- 
vant , de leurfdites terres & feigneuries ; & que 
les fiuiâs & emolumcns d'icelles receus , foient 
entièrement reflimei : & aufii les pertes , interefis 
& dommages . à Toccafion deflùfdite , & lefditt 
gens d'EgliK demeurer à Langres , & ailleurs ^ 
fur leurs Dcncfices , & joiiyr des fruits d'iceuz , 
cônmie raifon cfl. 

Sur ce a efié rejpondu comme fur F article prece* 
deuté 

Semblablement foit faite rcftitution entièrement 
des biens pris aufdits fujctsde mondit Sieur, tant 
de Hollande , Zclandc , Brabant , & Flandres ^ 
depuis peu de temps en çà , dont lefdits Dépu- 
tez de mondit Sieur le Duc ont fait de grandes 
doléances li remondranccs , afin ^ue lefdits biens 
fuflcnt reftituez , & les corps prifonniers mis à 
délivrance : & avec ce fuflreftitution faite de leurs 
pertes , intereib & dommages , & mander par 
Lettres patentes deceflèr dorefnavant de ces voyes 
de fait & hoAilité. Et pour lefquels lefdits fujcts 
de mondit Sieur ont eu grands dommages, pour 
rempefchement qu'ils ont eu en la pcfchcric du 
fasôenc , tant au pays de Hollande , Zelande y 
Brabant , que Flandres , & Boulongne , & pour 
avoir prcfw proviiion pour le fait de ladite pclchc* 

G 2, tlo 



îoo PREUVES ET OBSERVATIONS 

rie qui fc pafic , qu*il p!ai(c au Roy oStrofcr&K 
Lettres de (cureté pour tous les fujets des pays de 
mondit Sieur , afin qu'ils puîflcnt feuremcntpel* 
cher & eflre furlaincr : & que au yidimus deP 
dites Lettres de fcurcté foy (oit adjoullde : Car 
il €(t à doutef que les proviiions qui (croient à pren*. 
dre de monfîeur l'Admirai , ou de (on Lieute* 
nant, ne foicnt trop longues : & que par ce moyeu 
la harangui(bn (è paficra & (è perdra entièrement 
pour cette année. 

Sur ce a tili refpondu comme fur P article fn* 
tedent. 

Aufll ont iceux Ambaflàdeurs de mondit Sieur, 
demonftré le don à luyfait par ]c Roy , des Ay^ 
des de Chaflel-Chînon , & dont appert par fcs 
Lettres veriâées , & lequel don tftoit de iiz ans 
entiers , mais mondit Sieur n'en a joiiy qu'un an 
ou deux ans. Pourquoy a cdé requis, queleplaffir 
du Royfud , mander à Me(&s. le Généraux, de 
faire joiiyr mondit Sieur defdites Aydes, le temps 
de iix ans. 

Sur cet article le Roy ejl content ^que mondit Sienr 
de Bourgongne jouyjfe des Aydes four le terme ék 
Jix ans , déduit le temps qu'il en a joûy ^ tout ft' 
Ion la teneur au furplus des Lettres du don déclaré 
audit article , l*f ainfile commandera aux gens àt 
fes finances. 

Avec ce, par plufieurs bonnes caufes & remon- 
(Irances , ont iceux Ambaflàdeurs de mondit Sieur 
requis , qu'il plaiic au Roy évoquer les caufis 
pendantes en fa Cour de Parlement , entre Jean 
Boutilhac , & Mcffire.Chrilb'en&Jcande Digon- 
ne frères , laquelle fut faite pour le temps des di- 
viiîons , & par ordonnance de mondit Sieur le 
Duc , Maîrtre Jacques de la Galée , & meffieuis 
de Lalaing & de Montigny , Guerard le Febvre i 
& ceux de Bruges , & le Procureur du Roy joint 
cfditcs caufes , évoquer devant luy : & après , cd 

cnfoivant 



;UR LES MEM. DE COM. Liv.II. lot 

ivant l'abolition faite à Conflans , & le con- 
des Lettres , autrefois par le Roy fur ce 
oyécs, faire entretenir lefdites Lettres d^aboli- 
, & pour pluiieurs bonnes caufts , parlefiiics 
ite2 au long demonitrécs. 
r cet article le Roy efl content^ £ évoquer Ut 
r déclarées audit article , devant luy ou fim 
l Coujeil , ou devant les Commis 4 la reforma^- 
ie la Juftice univerfelle de fou Royaume , ^ 
monjieur le Chancelier de France eft Pun : Et 
gard de la caufe de Jean Boutilhac ^ ^ le Pro^ 
r du Roy joint y à F encontre de Monjieur Chri^ 
Eff lean de Digonne , à caufe de laprife dudit 
ilhac j en enfuivant le TrMté de Conflans ^^ 
ition Jur ce faite , renvoyer lefdiis de Digon^ 
y tmfefer jilence audit Bouttlhac ^ Procu^ 
: Et au regard descaufes defdits Je Lalaingj 
e que lefdites caufe s dépendent des matières des 
ts dejjufdites , efquelles a ejl/ bailléfurfeance , 
r main-levée de leurs biens arrejlez ÇjP em- 
fZ à cette occajion : ^ que cticeux biens qm 
^s mains des Commis ^ ou de ceuxqut lesdoi* 
, y qni ef cherront cy-aprés^ ils joùyffentfai* 
tent^ Jufques a ce que par lefditsCommifjaires 
ûs , ladite queftion des limites foit appointée Çj? 
ie jp^on la forme dejjujdite , purveu qs^euXy 
us leurs biens demeureront obligez^ exécuta-» 
four fournir Çff accomplir ce qiCil appartiens 
t leur part , le lugement defdttsCommiffaireï 
^ ^ rendu en cette partie. Et quant aux ap^ 



loi PREUVES ET OBSERVATIONS 

{latentes , par lefquelles toute ponrfuice fbtt inter^ 
dite à toufîours , au fîeur deThorc? & fès hoin , 
& ayans caulè , touchant certain Âncft par loy 
Mémoires obtenu Contre feu le fieur de * Saveulë » contre 
'^'X- «s. j^ ^gjjç^,. ^^ Traité d'Arras ; lequel Arrcfta eflé 
depuis qu^il fut donné nus en furîcance « julques 
au trefpas du feu Roy » & par le Roy qui m i 
prefentjufques à quinze ans, àconrunenccrcnran 
ibixante. 

Le Roy rejpond^ que ladite furfeoMce dejuhne 
mu s'entretiendra , z^qu^ après le/dits qminze em 
expirez , encores fera tenue Fexectaion dudit Ar-^ 
reji en furfeance, fans aucunement ejire execut/^ 
jujques à vinit ans enfuivans : ^ neasttmoins des 
maintenant^ C5f auffi lefdits vingt anspaJfiZyieRw 
Cff mondit fieur demeureront quant a (e ^ ^ Jm 
ibroit qui à chacun deux peut competer , en leur 
entier. 

Item > Ont eflé fkîtes remontrances & dofeasoes 
au long par lefdits Ambailàdcurs de mondit fieur 
le Duc , touchant la dénégation des mandemens 
en cas d'appel , & autres provifîons de Juftice et 
Officiers & (ujctsde mondit fieur; &meCneineitt 
quand fcs Officiers ont appelle & requis provifîoa 
pour la confcrvation de fa Juflice & Seigneurie ^ 
& de fcs droits, requérant fur ce dorcfiiavant con- 
venable provîlion leur eflrc faite. 

Sur cet article , le Roy commandera à tousfef 
Officiers , mefmement à ceux ûui tiennent fes Ctan* 
eelleries , que bonne (sf Mefi/e Juftice fait faite 
0UX fujets de mondit Sieur , & que toutes Letêres 
(ff tnàndemens de Juflice en cas d'ifpel , ou OM' 
trement / leur f oient oâroyies fans difficulté y &p 
vilement qu^un chacun cognoiffe que kRoyveui les 
fujets dç mondit Sieur eftrebien^ enbtmne Juiliec 
boitez. 

Item j Ont lefdits Ambaflàdeurs requis qu'il 
pl^c au Roy^feirc mondit Sieurjoùyr des terres. 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. II. loj 

fe^ories , & droits parluy tranfportcZy&deluy 
bailler nouvelles Lettres de ratification deClits 
) tnuiiports.* & que par iccllcs Lettres les troubles 
r & enipefcheiiiens faits au contraire , Ibient décla- 
rez nuls j &àe nulle valeur , ou au moins rap- 
pellex & mis au ncant , &r tellement que mondic 
Sîeor puiflè demeurer paiiible joiiyflànt du con« 
tenu aux Lettres d'iccluy traniport. 

Le Rcyfera content de confirmer tous Us irons* 
forts par Iny faits à mondit ôteur , félon leur for^ 
me ^ teneur , ^tout le T'raité de Confions , en- 
tant que à mondit Skur feut toucher , ^ de ce en 
basUerfes Lettres patentes en forme deûe , Çff con-^ 
tenam les claufes ace appartenantes: là quelefdites 
Lenres feront vérifiées QS? enregiflries par tout ok 
il appartiendra, ■ 

Item , Ont requis qu'il plaife au Roy , avoir eC 
gard aux grands dommages & intereAs Ibuflenus 
par mondit Sieur & lès fujets , au moyen des 
troubles & cmpefchemens faits de la part du Roy 
es cas & en la manière cy defliis dcclaret , que 
Ton pourroit loyalement eftimcr à plus de deux cens 
mille eicus d'or. 

Sur ce point a efté dit , que des interefts Ç^ dom^ 
mages des fujets de mondit Sieur , le Roy fera 
faire refiitution , comme dejfus a efié refpondu Cîf 
déclaré \ Et pareillement aux fujets du Roy fera 
faire mondit Sieur le Duc refiitution y ainji quecy^ 
devant efl exprimé. 

Item , Plaife au Roi défendre au Bailly de Sens 
de non recevoir dorefhavant les appellations , ny 
bailler reliefvement en cas d'appel , aux fujets du 
Duché de Bourcongne , attendu que ladite Duché 
cft la première Pairrie de France , à caufc de la- 
quelle mondit Sieur & fefdits fujets , ne doivent 
par appel fortir ailleurs qu'en Parlement , (i boa 
ne leur femble, 
i> Roy a accordé ledit article. 

Q 4 Itm^ 



ro4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Itetn , De non empefchcr dorcfiiavant les B 
ly , juges , & Officiers de mondit Sieor ai 
Duché, de prendre counoiflàncc des fqjetsd'ice 
Duché , fous ombre que lefdits fujets & fi 
bourgeois de la' VilIc-neufve-lcRoy 5 & qu*îl 1 
défendu audit Bailly de Sens , & à tous autn 
de bailler gardes & debitis aux fujets de mon 
Sieur en fondit Duché ^ fous couleur de lad 
bourgeoife. 

Le Roy a aujp accordé le contenu audit ar$icl 

ftem j Qu'il plaife au Roy oâroycrfesLetti 
patentes , & déclarer par iccllesque toutes ezec 
(ions qui fe feront par vertu du Scellé dudit £ 
ché , portent main garnie félon & en enfuivi^t 
privilège dudit Seellé ^ &nonob(lant appellacic 
à faire , & &ns préjudice d'icdles. 

Le Roy fetfAlahkment à accord^k contenu tm 
article. 
\ Item , E( fcmblablemcnt , que toutes compU 
tes en cas de nouvcUcté , qui feront données]: 
mopdit Sieur en fondit Duché , & autres ièsp^ 
tepus du Rojaume , ou par les Juges e(clits pgï 
qui peuvent a ont accouAumé bailler Icfdilcs coi 
plaintes , foient exécutées & fournies reauhnic 
& de fait , & par les exécuteurs d.lcçlles , nonc 
fiant quelconques appellations , & Cuis prcjudi 
d'icellçs. 

Aujj^ k Roy a accord/ k contenu em iceluy à 
tick. 

Item , Jaçoît que les villages Digrandes , Mj 
lay Sainâ Quillain , Pucray . & autres jotgna 
à îceux , foiept nuë'ment du. Duché de Bourgo 
gne, appartenans à mondit Sieur , & reflbnim 
^d'Autun. ^^ Baillage * Doftun .• Toutcsfoisles Officiersc 
Roy fo font entremis de les faire rcâbrtîrà Lion 
tant en Jufticc comme en Aydes ^ au préjudices 
mondit Sieur .• & auffi contre lé Traité d*Arra 
par lequel tous Ie5 profits & droits Royaux ^sBa 



7R LESMEM. DE œM Liv.II. lof 

le Mafcon & de Sainâ Gengon doivent ap* 
r à mondit Sieur, car fi le Roy avoit efàits 
s aucun droit ce feroit à caulè defdits bail- 
le Mafcon & de faint Gengon tant feule- 
& pour ce feu monfieur le Duc en jfit 
linte à feu le Roy Charles , & depuis au 
ai eft à prefent : & fut advifé^queMeffire 
urd Ba(Hcr Juge mage dudît Lion , s'intbr- 
dc la vérité , & rinforination vcuè ,. y fc* 
po'nré : laquelle intormation a cflé faite 
it Mcliire Guichard. Et pourtant requièrent 
Ambiifadeurs , que ladite information ibit 
t vîfitée par Icfdits CommilSûres qui feront 
icx pour Icà autres matières deflâs decla* 
pour après appointer & rcAablir mondit Sieur 
fait defdits villages , dont il a efté deûp- 
i tort & fans raifbnnable caufë , tu cas 
bis que ladite inform^ion foit fuffifante 
e faire : autrement y ibit procédé par leC' 
>miT)iiIàires y en la manière deflùfaite. 
fft article a ejié refpondu^ que ladite hrfoT' 
fera mife es tnains defdits huiâ Cimrmtjfai^ 
" en fdire felùm le contenu audit article , ^ 
te de raifon appartiendra, 
i , Et pource ()u*il y a auouns articles qui 
euvent prefèntement exécuter , mais con- 
a'ils (oient vuidez , décidez , & detcrmi- 
r Commiilàires , qui feront ordonnés par 
& mondit Sieur par main commune , & 
or ce faire convient auili avoir temps con- 

■ .• Fr nnnrrfi eikre - anc îïirnît niip If^fHifc 



i 

f 



to6 PREUVES ET OBSERVATIONS P 

delinr. S*il plaift au Roy il baillera & fcra cxpo B tf 
fcs Lettres , & mondit Sieur les fienncs, parlcC 
quelles fera accordé d'une part & d'autre , qœ 
audit cas iceux Gomtniflàîres , s'ils iont en diicnd 
& différend, pourront eflire& cboifirun SupcMV 
bitre , pcrfbnne fuffifànte qulls advi&roiit , nca 
eftre fnfpcSt ou favorable à l'une des parties ntl 
l'autre ; auquel Super-arbitre ils communiqucraot 
& déclareront leurs difficultés & diâcrends : et 
après qu'il aura elle du toutinftruit , il declaica 
Ibn opinion lèlon Ci confcience, & fins qudoon- 

Î|ue faveur : Se lèlon icelle fera jugé & appoioié 
elon l'advis de ceux defdits Commtf&ires qui fi- 
ront de l'advis dudit Superarbitre , noaobibmtbl 
contradiâion des autres , fiuf toujours la phis 

Srande & faine partie en nombre de pcrfbnnes ft 
'opinions defdits ConuniflSures, par l'advis de la* 
quelle plus làinc partie , en nombre deperfbnneS| 
la choie fe décidera , déterminera, &demeuiaa 
valable , tout ain(i que fi par tous lefciits Conh 
miflàires , & d'un conunun accord , elle avoit 
elle faite : Et encor fî iceux CommifSiires ne peu* 
vent accorder entre eux d'eûire ledit Super-acbftrTf 
en ce cas , ceux du Roy feront tenus de nommer 
deux pcrfbnnes notables , & ceux de mondit Scor 
ièront tenus d'en nommer deux autres; &ld^neli 
ainfi nommes , ne feront natifs oufujetsduKoft 
ny de mondit Sieur , ny auili fufpeâs aux pir- 
tics : Defquels quatre ainli efleus & choifia , fin 
l'un cHeu par fort & gift de fortune, finsfiande» 
barat, ny malengin ; & celuy à qui furviciidni ft 
cfcherra ledit fort , fëra& demeurera Super-ariff* 
trc, pour fisdre en cette partie en la manière que 
dit eft, & fi les Commifuires qui feront ordonnes 
pour le Roy , ne font d'accord à confcntir de choi- 
fir & eflire le Super^arbitre en la manière devant 
déclarée : en ce cas les Commif&ires de moor 
dit Sieur le pourront faire fans ceux du Roy , à 



accord ^ la chofè elioic faîte. Et pourront 
» Conuniflaires d'un codé befoigner en cet- 
iticre , au deiiàut & refus des autres Corn- 
lies de Tautre codé , & proccdcr avec le 
(iper-aji>itre , tout aiufi comme fi tous Icfdits 
mifEiircs eflioient enfemble : Et tout ce qui fera 
appointé 9 & exécuté efdites matières en la 
ae dcfTufdite , fera & demeurera bon & vala- 
erpetuellemcnt & à toufiours : & Icfquels 
mÛ&ires , & chacun d'eux jureront & feront 
atlblenneldebelbngner, vaquer & entendre 
diès defKùfdites , par la manière que dit cfl , & 
rderloyalement le droit de chacune partie, & 
occder &ns deky ou interruption , & fins 
1er aucun efibyne , excepté de mort ou de 
lie ; au lieu duquel efibyne audit cas , fera 
m autre Commis par celuy qu'il appartiendra, 
1 Commis procédera avec les autres , fcloa 
me & manière deffiifciite : 
' Hffy a accordé lé contenu audit article. 
rates les provifîons & refponfes fur chacun 
c , ainfi que cy-devant font cfcrites , fpecifîées, 
datées, onteflé accordées & acceptées parle 

fr mnnHîr 5%ÎMirl« T)iicdeRnnriynnpnc . enr 



io8 PREUVES ET OBSERVATIONS 
prefens&i venir, leurs Ldeutenans^ & à 
d'eux endroit (by, & fi comme à luy appard 
que le contenu en ces prefcntes , & aimi es s 
& appointenicns cy-dcilùs (pecificz & déclara* 
entretiennent, gardent, oUbvent,- & accoDipljll 
lèut , & par ceux qu'il appartiendra, fùcent etui^ 
lenir, garder, obferver, & accomplir de poimjili 
point inviolablement, & uns faire oefbufihrfiw 
aucune choie au contraire * & mcÇncment aufililî 
gens de noQre grand Confttl, & aofiiita ^vdBf 
Doltre Parlement,, gens de nos Comptes^ T9fi>« 
rier&&G|enerauxdeIaJuftioe, que ccidîtes prête* 
tes , & tout le contenu en iceIks,&efdit8aqppQi»i 
temcns, il$:publient& enregi(lrent , & les nceaC 
publier & enregiûrer par tout où il appartieiidnt 
nonobftant quelconques Ordonnances p^^ixm 
faites ou à taire , de non alienet ou mettre bon 
de nos mains le domaine de noftrc Couroime^ te 
peines & addrinâions indices & (èrmcns fido par 
les gens denoftre dit Parlement, ledîtes geiii.dci 
Comptes, & autres nos Officiers quclcoijqQeSy:& 
lefquels ils ont peu ^re en gênerai & etf poiticii- 
lier , fous quelconques fbfmcs de paroles 91'dlci 
ibicnt faites ou efo itcs , par le&ucflles Toa ràa^ 
droit ou pourroit empefcher Vcmt , accompHQb^ 
ment & entrctcnement de ccfdites- prefentes , ft 
defdits appointemens : Et lefquellesordomiancei^ 
reftrinéUons , promedcs , obligations & fomens ; 
Nous pour le bien de paix, ne voulons déroger ne 
prejudiçier aux chofes defliifditcs , & dcfilitci 
promeflès , fermens & autres obligations qoc oofr 
dits Officiers pourroient avoir envers nous , m 
contraire de ce quediteft , nous les tiendrons ft 
tenons par' ccfdites piefcntes, & en accomplfffiiit 
le contenu en îcelles, pour quittes & ftiffifànuDCOt 
dtfchargez : Etpo'urce que de cefdites prdentcs 
]'on pourra avoir affiiire en plufieurs lieux , nooi 
voulons qu'au vidimus d*icelles , fiut (bus Scd 

Royalj 



SUR LES MEM. DE COM. Lnr. II. 109 

il , & collatiooné & figné par Tan des Gre& 

de Doflredit Parlement , oq de ladite Chambre 

^e$ Comptes, foy fbit adjouflée comme à rorigî- 

ml. En TisMoiNG de ce nous avons fijgné cet 

isdhitcs de Doftre main » & à icelles fait mettre 

aoflrc SeeK Donne* audit lien de Pcronne le qna- 

tORxefinejoordOôobreran de grâce mille quatre 

censfoixante haiâ& de noftre rcgne le huiâiefme» 

SicfigiuUfim Loys & for le ply. rarle Roy en (on 

Coo£il de la Lioerc. Leâa , pubUcata & regiftra^ 

tM^ fréefcMte Çsf €<mfetaiente Frocuratore generali 

lUpSj *Parifin imParlamento fecunda die Martii^ 

amn mU^mo quadrifigetOefimo jexagejimo oâavo^ 

^Brimât ExtraStana Re^ifiris Ordinatiommrt-* '' Btunii^ 

namm im Caria Parlamenti regijbratarttm , Da 

Tilleri CMaiofaâa eft. 

iMiifeatim iuiit Traite de Peronm , de Fa» 
1468. fait par le Roy Loujs XL avec les ve* 
rificatians dudit Traité aux Parlement » 
Chambre des Comptes , O* Cour des jiydts 
dç Parts. 

LOuTS parlagracede Dieu Roy de France. 
Atoos ceux qui ces prcfentcs Lettres verront, 
SalQt. Gcmime le quatonielme jour du mois d*0- 
âobre dernier paiTé, cnla villede Peronne, entre 
nous d'une parc , & noflre très-cher & trcs-amé 
frère & coufin le Duc de Bourgongne d'autre part, 
pour les caufes à plein contenues , fpecifiées & 
déclarées en nos autres Lettres cy-^rés inférées , ait 
cflé faite, conclue, & accordée, promifc & jurée 
fur la vraye Croi?: , es mains de noffare tres-chcr & 
féal amy le Cardinal d'Angers , & en la prcfcnce 
deplufieursde nofbcSang & lignage , & d'autres 
nobles & notables hommes , tant de noflre part que 
de noQrcdic frère 6c coufin , bonne paix , amour , 

umoU) 



iio PREUVES ET OBSERVATIONS 

union , & concorde perdoniblemcnt , & à 
demeurer à toujours efdites paix j amoVf 
union , & Concorde, &auffi ayent cfté accordés 
pluiieurs chofes au long déclarées & (pecifiéesd^ 
dites Lettres, defquelles la teneur enfuit de mot) 
mot. LouysfarlagraceJe Dieu Roy de Frattce^à 
tons ceux qui ces f refentes Lettres verront , iHî^ 
comme depuis certain temps, &c. Suit Je Traité à 
Peronne 1468. 14. OSobre. 

Et par nous ait eftédit& accordé à noflreditfiCR 
& couiin ledit Traité de Paix , & tout le coatenuca 
iceluy vouloir confcrmer , & de ce en bailler IKM 
Lettres patentes feellées de noftre grand Sed. 
SçAvoiR. fkifons, que nous dcfirans de tout ncflil 
cœur entretenir bonne paix, amour, union ftcoD' 
corde entre nous ftnolhcdit frère &coufîn,&àl 
icélleperfi{ler& perfevcrerde nodrepart, àThon 
neur de Dieu , & foulagement de nous , de doSr 
Royaume & de nos fujets: Veuë par nous, & aucun 
des Princes de noltre Sang , & les gens de noflK 
grand Confèil, eflansilcînous, lefditeslettresiA 
tout le contenu en icellcs, & fur tout le contan 
avec eux, & autres nobles & notables hommes de 
nodre Royaume, eumeuradvis & grande ddib^ 
ration de Confôl, & pourpluficurscautcs &CQQ' 
iiderations à ce nous mouvans , & de noftre certaiiN 
fciencc , pleine puiflànce , & autborité Royale ,pcni 
nous, nos hoirs &fuccellcurs, Royaumes ,^^«tf, 
terres, Seigneuries, vafiàux & fujets, ledit Traiké 
de Paix , réunion & accord fifdt entre nous & 00- 
(Iredit frère & couiin le Duc de Bourgongne ^ ft 
tout le contenu efdites Lettres âitcs dudit Trà^ 
avons loiié, grcé, ratifié, confirmé & approuvé, 
louons, gréons, ratifions, confirmons & appcon* 
vous : & d'abondant en cas que befoin e(t , & 
derechef, faifbns , paûbns , accordons & concluons 
parcesmeCnes prcîlèntes, pour nous, nofditshoiit 
&fttcceilcttrs, Royaume, paî's, terres &fcigneii* 

ricS| 



rRLESMEM. DEœM. tif.n. m 

vec noftredit ftere & coufiopcAir luy • iè£> 
>irs & fucceflèurs , ledit Traité de Paîx^ 
& accord, &tout le contenu es LiettiTs d*i-> 

promettans de bonne foy , & en parole de 
& fous Tobligation de tous nos biens prefens 
nir pour nous , nos hoirs & fiicceflèurs tenir, 
iCntretenir & accomplir perpétuellement & à 
irS) fans fraude, déception , ou malengin 
raîtédePaix, & de toutes les cho(cs fpeci* 
: déclarées eClites Lettres , & chacune d*H 
, uns jamais faire ne venir ne (buffijr faire 
air au contraire , dircâemcnt ou indireâe* 

CDUvertement ou en appert , en quelque 
PC que ce Ibit , fur les peines & cenfiuet 
luës & déclarées audit Traité : nous fimb* 
is quant à ce aux ccnfures , cohertions , con- 
s & peines déclarées efdites Lettres , audft 
. Si donnons £>« MANDEMENT à nos smés 
iz Ics^ens de noftre Parlement & de nos 
ces , Trelbriers de France , Généraux , tant 
Sdt & gouvernement de nos Finances , que 
Bût de la Juftice de nos Âydes à Paris , que 
)rdcnte confirmation , ratification , appro- 
, oélroy; vous publiez, verifiex, &enteri« 
&fiu:iezpubHer, vérifier & entériner par tout 
appartiendra, &icelle entretiennent, gardent 
crvent : & par tous nos Baillifs , Prevofk » 
bhaux, & autres nos Juiticiers, Officiers, ÔL 
quelconques qui ce regardera, le fiicent en* 
ir , garder & observer inviolablement & à 
ors, làns enfiraindre , ne fiûre , ou fouifrir 
ucune choie au contraire , nonobstant quel- 
les Ordonnances , mandemens , conllitutions, 
its Royaux, dcfiènlès, peines, aflnâions& 
31S &its par nos Officiers au contraire. Car 
nous plaî(l-il , & le voulons cftre fait : E.^c 
oiN de ce nous avons fait mettre noAreSeeii 
cdèntes. Donne' en nodre ville d'Amboifc le 



m PREUVES ET OBSERVATIONS 

quatorziefme jour de Mars Tan de grâce 1468. 
de ^o/fa-e règne le huiâiefme. Signé fur le rept 
Par IcKoy ^Bomry^ &ùc\\é du grand Seau de ci 
jaune, à. double queue : Et for ledit reply il y i 
Leâa , fublicata , i*f regiftrata ^ prafente ^ cdfi 
ttente Procuratore Gênerait Régis , Péftifiis in Pm 
mento 1 8. die Martii anno Domini I469. G. BnUK 
Similiter leSa ^ fublicata^ i^ regiftrata , prafen 
tsf confemiente Procuratore Régis , in Camt 
Compntorum , Parijiis die , menfê^^ ^ anno fi 
husptpra Badovillcn Pariter USa , fublicOta^i 
regiftrata in Cornera Jnïlitiajuvamsnttmypr^e 
te 6f confentiente Procuratore gênerait Regts ^ pif 
faâo diâorum juvaminum die 19. Mmï anm ^ 
fitpra. Vivier. 

Remarques fur le Traitte de Veronm. 

X^Ag'e\i6. Philippe de Commities parlant de 

•■-promeflè, faite par ]eRoyI/)uisonze,aulX 

de Bourgogne , de tenir le Traitté de paixaccp 

dé entre eux , n'entre pas dans le Détail des aâ 

qui en furent paflcx à Peronne. 

Alafin de Cela a donné occaiion à Mr. Varillas de câ 

rargument furer cetautheur , & d^avancer hardiment , qv 

d"?Hft*^'c^*^ convaincu de feuflcté., par des pièces autcnl 

de Louise"! qu^s , du Ttcfor dcs Chartes, & du rccudl < 

édition de lomenic , dans lelquels il pnîtcnd qu'il y a vin 

Paris in 4 en deux traîKéz faits à Peronne , dont il donne \ 

iwifi. I^^ta" à fa manière. 

Ce feroit une belle Découverte pour rHiftoîP 
que vingt deux traittés , quand le public n'< 
connoit qu'un ; maismalhcureufcment, ces pi 
tendus traittéz , (ont de Tlnvention de Mr. V 
rillas , qui donne ce nom , à des aâes faits pa 
Texecution du Traitté de Peronne. 

Les DifFcrens entre le Roy Louis onze • 
Charles Duc de Bourgogne , avoient âé Éx 

II 



m LES MEM. DE COM. LnrJL 113 

I , par des Cbmmiflàires ^ dans une Con* 
:e tenue exprés , dans la Ville de Ham en 
andois 4 depuis le ii . Jufques an 29. Septem- 
f68. 

( Commiflàires du Duc , avoient donné , 
:ette conférence , des articles., fur lefquels 
>nuniflàircs du Roy , avoient donné leurs 
(es , & ces reponfcs auroîenteté acceptées, 
jonclufion n'en avoit été remife , à TEn- 
ic de ces Princes. 

iztremité , où le Roy fc trouva réduit , dans 
oeau de Pcronnc , ne luy permit pas dere- 
uicune chofe au Duc , & ce Prince ne (e 
Dta pas , de la promeQè faite par le Roy , 
laîfiËr jouir , de pluficurs droits qu'il luy 
cédés par provifîon , il voulut encore avoir 
lettres patentes , pour s'en mettre ea|)oflèjf> 

Roy s'engagea de donner ces lettres , & le 
i n'étant pas fufii&nt pour les expédier , 
^nvint de les datter , du jour de l'accepta- 
du traitté , qui fut paflfé le 14. Oâobrc 
» 

mtes CCS Circonftances , fe trouvent cx- 
îcs , dans le préambule du Traitté de Pe- 
: j les articles propofez& repondus àlaCon- 
cc de Ham , y font inférez au long , les 
es patentes données en confequence & que 
^arillas voudroit faire paflèr pour autant de 
tés , ne font que de iimples Commifiions , 
mettre à exécution quelques-uns de ces ar* 

ilippe de Commines n'a pas été abfolument 
é , de raporter toutes ces particularitéz.; il 
, pour fa juftification , qu'il p'ait rien écrit 
:e fujet de contraire à la vérité ; & quand 
roit manqué en quelque chofe , il n'apar* 
mf€ IL H te- 



114 PREUVES ET OBSERVATIONS 
tenoit |as ) M, VarlIIn de le calomnia 
qui a mis plus de fauïletés qnc de lignes , 
le Bxcit qu'il a fait , du Contenu aux pfâi 
vingt deux traitiez de Pcronne. 





PREUVES 

)BSERyATIONS 

sur les memoires de 
'hh,ippe de Comines. 

LIVRE TROISIESME. 

JA^es tii2. & 143. Parjtayfit Unir Us trait 
^1 aTaurt , &c 

'ttitraienduRByl^tXI.eotartCStiirtettUr- 1479. 
'tDtudtBtargtngmfftirCMiidnPrinai]^^^^ 
v/m Sang , O" autrtt NoIabUt ÂJftmbU:^ 4 chsigu tki 

"ttélts aaroient efi/ tCadvis que i.caH{i dettûCkl Chu^ 
'•"pirations dudit Duc de Beurgatigite "ffe^Md^lnt- 
^litRo; Lou^s XI. Ilepit^uiSeKT defehfrgé gonga^ coa- 
^' frmcjfesqu' il luy aurait fàS par le Traùé^H^^^ 
^ fermne , C autrement : Et ^uefij 7 erres Cr 
''^newifjlte/devoitTtttjfrecet^fqiUtt. Et par 
*^meieaiet Primes furent déclarez, qmfiei 
^i^chargtz desSeelex., CT" Promenés ^ ^a 
^fètududit Roy Loufsilt luf auraient ftit^t, 
^■dadfùTt Pua lAJO.U j. Dsamh*. 



1X6 PREUVES ET OBSERVATIQiNS 

LO U Y s par la grâce de Dieu Roy de France > 
A tous ceux qui ces prcfèntcs Lettres verront i 
Salut. Pourcc que de la part de noftre Procureur 

S encrai , & des Princes & Seigneurs de noftre 
lang , Gens d'Eglifc , Nobles , Marchands^ fc 
autres pcrfonncs de divers eflats de noftre Royau- 
me , nous a eftérctnonftré que depuis aucun temps 
en çà , noftre coufin le Duc de Bourgongne mau— 
vaiicinent , & comme dcfobeïflànt&cntreprenan'r 
grandement à rencontre dé nous & de noftre Sôu— 
veramcté , a mis fus pludeurs gens en armes ,& a 
, tout grand nombre de gros navires garnis d*habiîle- 
mens de guerre fait partir de fes pais & venir es 
havres en nos paVs & Duché de Normandie , ou 
iîs fe font efforcez foire divcrfcs invafions & voyes 
de faiâ contre nous, nos fujcts, & bienveillans, 
en proférant les plus rudes , injurieiifes , & ou- 
tràgeufcs paroles qu'ils pouvoicnt de nçftre pcr- 
fonnc , fans eux en vouloir déporter, pour quel- 
que rcqucfte ou rcmonftrancc qui leur fut faite: 
mais en continuant leurs rnauvaifès & damnables 
entrcpri(ès , dcfcendirent à terre à bannières cilo 
vécs & dcfployécs , & par gr^de hoftilité armât 
& embaftonnéx vindrent courir fus à nos gens , 
& fubjers , boutèrent le feu es navires &maîfons, 
tuèrent & meurtrirent les aucuns , & les autrcf 
f rirent & firent prilbnniers , en intention de von 
loir appliquer & ufurper. à eux la Seigneurie / 
tout le païs , fî nos loyau^ & féaux à Tayde ( 
noftre Seigneur n'y cuflènt rcfîrté. Etavecceno 
a efté rcmonftrd comme ledit Duc de Boi 
gongne en demonflrant vouloir ,• de demeu 
noftre perpétuel enncmy , & de la Couronne 
• Pax. 16. Pfîs la * Jarticre & Ordre de noftre ancien er 
1x2. cr I5S. my Edouard de la Marche Anglois , & porte 
Enfcigne , qui cft la croix rouge , & avec lu] 
& contra6rc diverics Alliances indcuës& à luy 
pcrmifes , & contraint nos fubjets fes vaflà 



l•^. 



SURLESMEM.de œM.Liv.IIL H7 

txy faire fcrmeot , & protneilc de le fervir envers 
Se contre tous , fans vouloir que en ce aucune* 
nent noArc per(bnne fut exceptée. Et qui plus eft, 
ivoit cfcrit ledit Duc de Boorgongnc à ceux de 
Valais certaines Lettres , par leu)uelles il déclare 
évidemment ic mauvais , damnable & dctefhîble 
vouloir qu'il a dés pieça eu , & a de prefcnt à 
lous & à la Couronne de France , & à la gran- 
de & fingulierc amour , & aiTeâion qu'il a eue 
aufdits Anglois , à fin que toujours ils profperaf- 
(ènt .* Nous a efté auffi par les deflùfdits expofé , 
que (ans cauièraironnable ledit Duc de Bourgon* 

fne en contrevenant à la feureté par luy baillée 
tous vcnans, àla Foire d'Anvers , aiait pren- 
dre reanmçnt &.par œuvre de faiâ les biens, de- 
niers , denrées , & marchandifcs que on a peu 
trouver , que nos fujctsavoient menez & achetez 
à ladite Foiire d'Anvers , & ailleurs en iès païs : 
Et depuis encores fans cognoiflànce de caufè , & 
iàns demander, ne faire demander juftice à nous ^ 
ne à nos luges , ainfi qu'il eft tenu de faire, coov 
me noilre vailàl jufticiabiç & fujet , a donné, & 
contre toute forme de Juftice, Lettres de marques 
i un nommé Ucques * de Saveulès Chevalier, fur Mémoires 
noflits fiijets , a mandé vendre & adcnerer leurs* ^*^' ^^* 
marchandilès , pour rcftituer ledit de Saveufesde 
certains biens qu'ils difoit efire demeurez en la 
ville de Bloi^ , de la fucccfllon de feu lean de 
Saveuiès , laquelle il maintient luy devoir appar- 
tenir : jaçoif ce que à cau(è de icelle fucccffion 
(bit procès pendant indécis aux Rcqucftcsde no- 
lire Palais à Paris : & que dcfdits biens l'on ne 
peu; prétendre quelque querelle fur les biens de 
noldits fujcts , à qui la matière ne touche en rien , 
avec pluficurs autres cntreprifes fur les dtoiâs & 
apthoritcz do la Couronne de France , & noftre 
Seigneurie. Et en ce & autrement traiâant & 
poorchailànt par maintes mauvaifes & iniques voyes 

H 3 plu* 



îi8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fieon maux , éditions , guerres , rebellions , & 
ddbbcïflàiices contre noftredit Ro;^ume , & la 
chofe pobliqfae d^kcluy , & dont ii proTifibn n'y 
cùcât donnée , fe cnfuivroient inconvenîens irre* 
parables, & la fiibverfiondclajadice, & de ton- 
ce la paix & tran^llité xi'icelny Royaume : Et 
avec ce ledit Duc de Bourgongne n*afàit, tenu, 
ne accomply pluiicurs choies que par traitez il 
èfioît tenu de faire , & qu'il avoit Iblehnellement 
promiiès &jurées. Parcjuoyraifbnnablementnous 
{Se tous les Frînces & Seigneurs de noftre Sang 
font quiâcs & déliez du tout de TcfFcâ , & con- 
tenu, efdits Traitez ; Rcquerans , & pour donner 
exeirfple à tous autres , que par nous fut fur ce 
pourvcu de remède convenable , & tel que aa 
cas appartient ; Et combien qu'après Ie((iites re- 
monflranccs ayons longuement diilcré , & pa« 
tiemment toléré lefdits ounrages : toutesfbis pour- 
ce que de plus en plus les plaintes fecontinuoient, 
nu moyen que de la part dudit Pue de Bourgon- 
gne les dctcdablesmauxlcmultiplipient^accroif- 
ibtcnt de jour en jour , avons , pour en ces ma* 
tieres procéder par grande & meure délibération 
Mcfn«îrM de Confeil , fait aflcmbler en noftre vil le de ♦Tours 
» p.t^s i4*.aucunsdc$Prînccs&SeigneursdenoftreSaiig, Prc» 
& fmv. jjits^ Comtcs,Barons , & autres Nobles , & gens No- 
tables & <k Confeîl,C'eft à fçavoir nôftre trcs-cher & 
•tres-flimé oncle le Roy de Sicile, noftre très cher & 
trcs-améfrere&couflnleDucde Bourbon, noftre 
tres*chçr 6(tres-amé fils & coufin lelN4arquis da 
Pont , noftre trcsrcher & amé coofin le Comte d'Eu, 
ntïftre très-cher & amé coufin l' Archevclque &Com- 
tc de Lîon,no8 tresrchers & amez confins les Comtes 
de Guifc, & du Perche , Baron de jBeauicu, & Comte 
Dauphin d'Auvergne , noftre très-cher & amé coufin 
leComtedeSainà-PaulCpnneftablede France, le 
Chancelier , noftre très-cher & amé coufin leC>om^ 
K <(e Duupis ) ^ nos ame^ & féaux confins & 

CQqfcil» 



SUR LES MEMDECOM. Liv.in, 119 

Conlcilkn l'Evefque & DucdeLangres. Pair de 
France , les Ëvefques d^Avranchcs, deSoiflbas, 
& de Valence , le Comte de Vaudcmont , le Cein- 
te de Dampmartin grand Mai(b:e d'Hoilcl , le 
Sire de Roi»n ^ les Sires de Loheac & de Ga« 
mâches Marefchaux de France , le Comte de 
RonffiUon Admirai de France , les Sires de Char 
ftillon j de Craon, de la Forcft , de Briqnebec, 
de Manlevrier grand Scnefchal de Normandie , 
de Coifol 9 da Lude , Maiftre Jean le Boulanger 
Prefident , Jean de Lorraine , Gafton du Lyon 
Senefchal de Thouloulè, Guy Pot Chevalier 
Bailly de Vermandois , Jehan de Sallezart Che* 
valier Sire de Sainâ Juft , Guillaume CoufinoC 
Chevalier Seigneur de Monffa-eiiil , Selehadio 

d*Anglure Seigneur de Nogent, ... N de 

Beanmont Sieur de Brefuire , Jean du Fou grand 
EichanraD , Olivier de Bron Seigneur de la Ntoran* 
daye , Triftan TErmite Chevalier , Prevpft dor 
Marefchaux y May de Houlfort Baillv de Gaën , 
Maiitre Jean de Ladriefche , Prefident de nos Corn* 
ptes , & Trelbrier de France , Pierre Doriole , 
& Jehan Hébert Généraux de France , Jehan do 
Ponpaincourt Prefident defdits Comptes , Pierre 
Poignant , Jacques de Baternay , Regnault 
de Dormans , Adam Fumée , Simon Davy & 
Jean Berard Maifires des Requcfies ordinaires de 
nolbe HoAel , Guillaume Compains , Pierre Sa* 
lat • Pierre Gruel Prefident du Dauphiné, Aubcri 
de Vaily Raporteur de noftre Chancclerie , Jean 
Chotiart Lieutenant civil , Bernard Laureti noftrt 
Advocat en nofire Cour de Parlement i 'Thon* 
louiè , Louys Aftalés , Jehan du Moh'n , Char^ 
lès Efbrs Chevalier , & Guillaume de Cerilây 
Greffier de nofire Cour de Parlement à Paris : Es 
prelènces defquels bien au long particulicrement ^ 
& i la vérité lefdites de(bbeï(Ianccs , maux, en* 
treprifès , griefs, forces, & malveillances ont dlé 

H 4 rcci* 



120 PREUVES ET OBSERVATIONS 

recitées , & à toutes fins longuement & grandematt "^ 
dcbatuès & arguées , ainfi que félon droiâ&rai- 
ion appartient , & tellement & fi évidemment que 
d'iccux nul n'en pouvoit avoir , ou prétendre 
Ignorance : Et ce fait , & les matières entendues, 
& ce que à icelles fervir pouvoit comme traitez, 
lettres , fcellez & appoinâemcns veus &.!eus pu- 
bliquement , demandée opinion à un chacun de 
ce que félon Diieu raiibn & juflice , touchant les 
chofes dcfTus dites , nous devions & eftions tenus 
de faire, Etconfidcré que defdits faits en la grai- 
gneur partie la vérité eft fceuë & congneuë par 
notoriété de fait , & par ce qu'il en eft famé pu- 
blique , & commune renommée , &queplufieUrs 
des opinans ont à Toeil vcu & congnçu partie de& 
dites entreprifcs , invafions , voycs de fait , def 
obeiflànces , infidelitez & outrages , & (ëmble i 
tous concordablemcnt , & fans difcrepance ou 
diverfité aucune : & ainfi Ta dit chacun par (on 
opinion & en fa conf^ience , qucpardifpofittonde 
tout droiâ , & aufn par honneur & &lon raifon 
que nous cAions , & (bmmes quittes & defçhar* 
gez de toutes promefilcs & autres chofes dont au 
* preuves moyen des Traiftcz de * Peronne , & autrement 
P^j. 71. lecjit Pue de Bourgongnc pourroit dire, prétendre 
ou maintenir , nous avoir, cfié tenu & obligé , & 
qu'il avoft envers nous très- grandement mefpris 
& ofiènfé en fàifant les hoftilitez , def obcyflin- 
ces, invafions , voyesdefàit, cntreprilèsinduâ, 
& autres griefs & torts par luy perpétrez; & que à 
l'occafion d'iceux toutes fes terres & Seigneuries 
font & doivent à nous cOre forfaites & acquifes , 
& que pourtant nous qui ibmmes le Chçf & Sou- 
verain & Proteâeur de 1^ Couronne de France , 
& des droiâs Royaux. Veu lesièrmcns que nous 
► Biwi hprt avons faits comme Roy à nofire *Sacre,n€ pouvons, 
mit r#m« au ne devons, honneftement diffimuler , ne dîfïçrer 
Mi,^«iy(, d'eniatfc punition ; xnai5.a iccUe procéder vigpu* 
7»- rcuft: 



aiite acs outrages deiiuiaits, nous y lervir, 
& fcconrir de leurs perfonncs, & de toute 
puiilànces : laquelle opinion & délibération 
)rdablc par devers nous rapportée, nous con- 
as qae en confidoire publique , & es prcfcnces 
le l'autre elleavoitefté faite & déclarée, pour 
3S en plus , & de mieux en mieux efire confeil* 
ccde partie &hous y conduire par tres-meur 
r^ait advis & confcil , requifmes à tous ceux 
ic cette délibération eftoient , que derechef 
(lènt pcnfcr à la matière, & après que cncores 
oient mcurement penfé , retourner chacun à 
:iiy & de fon libéral arbitre, & de^'snt Tabel- 
, publics en dire ce que en honneur & con- 
tre , & fans faveur quelconque leur (èmbleroit, 
s nous voufillcnt loyaument confeilkr de ce 
lous aurions à faire , & depuis par divers in* 
les es prefenccs dcfdits Tabellions ont dit, 
f , délibéré , & nous ont confeillé comme 
s , &&ns varier & changer en aucune manière 
neparlcfdits Tabellions nous a efté relaté & 
)rté , ouy lequel rapport pource quVfltons fou- 
is que de noftre congé par nofdits oncle , frcrc, 
i& couOns , & autres certains fcellez avoient 



m »PREUVES ET OBSERVATIONS 

Bretagne , & autres nos frères & confins cftoicnt 

Îuittesdes lèellez qu'ils , par nodre fceu, avoicnt 
>aillez audit Duc de Bourgongne : & afin d*y dé- 
libérer feufement & fainemcnt, nous fHfinespIoS 
Hcertes, & meurement dcbatrc ladite matière qat 
n'avions de noftrc feit propre » lire, & expolèr le 
contenu dudit Seellé par le double d'içeluy , & 
icetix tous , & par opinion unique , & d'un com- 
mun accord & deliberatbn ^ dirent, opincrent, dé- 
libérèrent & prirent (br leurs confciences , preleot 
lîoftredit oncle le Roy de Sicile , &lefdîts Tabcl* 
lions , que iceluy noftrc oncle , noAre frère de 
Guyenne,noIfee nercu de Bretagne & autres efioicDt 

5 >ar honneur, & félon raiC>n, quittes, francs, d^ 
ie2, délivrez & déchargea de leurfdits Scellez, & 
en leur entier & libéral arbitre , comme ils cfloiefit 
devant iceux baillez. Defquellcs délibérations i 
Hdvfs & coniàulx ont efté ces prefentes Lettres 
oârovées ; Aulquclles nous avons fait mettre ft 
lippofcr nofhre Seel. Donne* à Amboîfc le tiers 
jourdeDcçembre, Tan de grâce mille quatre cens 
foiXantc-dix , Et de noftrc règne le dixfcfme : & 
fignéparleRoyen (briConfeil A. Roland: Etcft 
tlcrit Ibubs le reply. Ego Tïomas de Mardeanx^ 
Clericns Redonenjis Diœcejîs oriundus , in Legsbtts 
hcentiatns , aufioritate Apoftolici Notarius jftnstttS 
(if Taiellh publicus j Frinctfufn ^ Prd^Huornm^ 
Comtttan , Nohilium ^ Conjiliariomm delikera* 
fiombus ^ opinionibus prtenanratis , una ernn Venera^ 
^ilibus Notdriispublicss fcrtptis prafens fui , illafine 
fitri viji Çjf audivi^ injirumentaque hiblica , ft' 
tundum qfta hçcc coram mbis Notarits gefta futtfy 
tonftci, tdcirco hutc Litterarntn Reriarum nfargf 
9ti Signum meum confnetum , in tejumùnittnf vcri* 
iatisy una cwnfignis ^ fubfcriPUonibus diÛorum 
JNfotariorum fubfcriptorum appojui , reqnifitut Ç^ 
rogatus. Ainfi fignc de Mardeaux, Ego Petr$ts de 
Jieitnfs , Çleriçus And^gm/^njis Dim^ts oriundMSj 

m 



XLESMEM.DECOM.Liv.IIL nj 

!fus Baccalaureus ^ publicas auSloritaie Àpo^ 
Votarius ^ Tabeltio juraltts , Principum 
rum, Comitum^ Nobittum bf Ctmjiltario' 
liberationibus ijf opiniombus franarratis , 
n vetterabilibus Notariis ptibticis ftepra isf 
riptis pMfens fui y illafqsie fieri vids £3? au^ 
nfhrumentaque publica , fecàndum qu^e hac 
toram nobts Notariis gefta fim$ , c<ntfea\ 
bmc LiUçrfimm Regiartm margini fignum 
Trfuftum , ^ ff$ teflimonium veritatfs^ tau 
m^Jubfcriptiûftibm Mâontm Notariorum 
, nquijitus & ro^attfs. AinûGgné ék Ren-» 
9 Guillermus Satnti^ Clmcns l'urmenjis , 
r^n Baccalaureuf , audorifatç jlfofloiicm 
t jurons i^ Tabellio pubUeus ^ Pnncspmm^ 
rmmy Comitttm^ Nobilium^ Ctmfiudria^ 
Hberationibus ^ cpinionibus pranomiwuis ^ 
n V^erabilibus Notariis pubScis fu^a fcri^ 
^ef/sfuij illafquefieri viat Cs? auMvi^ infirit* 
ffpfiblfçaj Jecuffdtim qute h^cjingmacoram 
otariis gifla funt , covfeci , ideo husf Lit" 
'■ rcgiarum margini figntm weum confuetnm 
wmium veritatis , una cumjitms bf fitb* 
ibms diâorum Notariorum app^ui requ^fituf 
tus, Ainfi figné SainSicr, Etfignées fur le 
Par le Roy en fbn Confcil , Roland, Sur le 
oppiede la Déclaration faite à Amb^lfe par 
(p tiers jour de Décembre 1470, 
144. Reddition des villes de St, Qpentm 
ftiens entre les mains du Roy. Le Diic de 
jne (cachant que le Comte de Dampma^ 
: negotîé cette intrigue luy en cfcrivit 1:| 
p fuit & en rcccuLii^KPo^^ ^^^ fuivrd 



UU 



114 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Lettre de Charles Duc de Bourgogne d jintom 

de Chabannes Comte de Dampmartm 

A HeÇàinle i6. Janvier 1470, 

LE Doc de Bourgongne. , de Brabaot , de lÂm* 
bourg, & de Luxembourg, Comte de Flan* 
dres, d'Artois, de Bourgongne , &de Hainaoti 
deHoIandc,Zelande &Namur. G^mtcdeDam- 
martin: nos très- chers & bien aineïles Mayeur$& 
EfcheviDS de no(ire bonne Ville & Cité d'AmieoSi 
<ux demonftrans nos bons vrais & loyaux. fiibjetSi 
ont envoyé certaines lettres clofès du Roy , pre» 
Icntées â aucuns de noflreditte ville, par un Offi* 
cicr d'artiKS , lequel a fait certaine (bnunatioD, 
& depuis nous ont envoyé autres vos Lettres à eux 
adrcflantes; fansicelles Lettres du Roy ny lesvo- 
ftrcs, ouvrir , voir , ny faire refponcc , que par 
nodre vouloir & plaifîr : & à ccfîc caulè nous nous 
ibmmes voulu charger de faire refponfc à vousi 
qui vous dites Lieutenant General du Roy : & 
pour rcfponfè , vous fcavei que par les Traitta 
faits à Conflans , defquels n'avez pas eu moindie 
fruit ny profit, que de voftre vie , eflat , & chc» 
vance, le Roy nous laifli , céda & tran4>orta la< 
ditte ville d'Amiens & autres villes & terres edaos 
fur la rivière de Somme, que feu noftretres-chet 
Seigneurie Père, que Dieuabfolve, avpit poflc- 
décs depuis le Traitté d*Arras , & le(quellcs te 
^oy , en fa ville de Tours , nous avoit promis & 
juré en parole de Roy n'en rachepter du vivant de 
noftredit feu Seigneur & Pcre ; & outre nous 
tranfporta les Prevoftez de Vimeu & BeauvpiGs, 
en tout droit & terres que les autres villes & terres 
deffufdîttes , defquclles il nous feroit bailler & dé- 
livrer la poflèffion , en quittant & defchargeant 
tous les Vaflàuz & autres fubjcâs dUcelles villes 

& 



l 



lLESMEM.DECOM.Liv.nL tif 

s , des fidélité & ferment qu^ils avoicnt â 
1 leur mandant de nous &'re le ferment de 
y & nous cfire bons vrays & obeiiratis (bb- 
:c qu'ils ont fait tant à la perfonoe de nos 
îs , Ambâflâdeurs , qu'à noftrc pcrlbnne ; 
5 tranfports , le Roy par Icfdîts Traitez de 
is & de Pcronne, faits &jurc2 fur la vrayc 
a promis & juré en parole de Roy , & liir 
hneur , garder & entretenir , fans aller au 
re en aucune manière , & fiir les peines 
les au Traité de Peronnc ; & neantmoins 
"aignantâc contrevenant notoirement aufd. 
; , il a fait mettre en fa main kfditcs Pre- 
ieVimcuôc Bcauvoifis, pourcflre rejoints 
domaine : il a fait prendre nos gens & fcr- 
, & les traiter inhumainement , après vous 
nvoyé de par luy grand nombre de gens 
s devant ladite ville d'Amiens , à toutes 
Lettres du Roy , cuydant au moyen d'icel- 
Duvoir les habitansde noftreditte ville à vous 
: , & adjouter foy aux paroles dudit oflBicicr 
s , &de maiftre Pierre de Morvilliers, s'ils 
it voulu ouir ; pour les fouftraire de noffa-e 
tîce , ce qu^ils n'ont pas voulu &irc, mais 
1er leurs promeflès , fermens & loyautez 
nous : parquoy à telles parollesfcditiculès 
eftoupé leurs oreilles , ufànt en ce de la 
ce que nature donne auferpcnt, comman- 
a fainâe Efcriture , à s'cftouper les oreilles 
la voix des enchanteurs^ & pour ces caufcs 
aepar crainte ny fubjcâion d'autruy, ainfjr 
intiennent vofdittes Lettres : ils ont dclaiflé 
faire reponfe , en la remettant à nous , fça- 
|uc de leur bonne volonté , ferme & entière 
5 envers nous , fommcs bien ccrtiorés , & 
icelles leur loyauté, eux & autres nos fub- 
lous garderons, dcftcndrons & préfervcrons 
inant Taydc de Dieu nollre Créateur , du- 



ud PREUVES ET OBSERVATIONS 

qacllapr6fence& tcfmoignage parlefdits lermeof 
cutrcvcnus , Icfdiâs droiâs Cbnt par telle & autre 
manière concemncz & violez ^ nous avons bien 
vcu par vos Lettres efcritcs à noflrc amé & fed 
Confcillicr & Chambellan , & Capitaine de Moo* 
didicr le Bond'Arly, que vous prefupofèxquece 
que nous avons fait parnos Gens ^ entretenir no* 
Itre poffcffion dcfdites Prcvoftcz, ceflcront contre 
Fauthorité du Roy ; Dieu le tout-puifl&nt , duquel 
lesRoys & Princes tiennent leurs Seigneuries, ne 
leur ayant pas donné authorité de roihpre leurs 
promedès , & contcmner fbn nom & fa puii&ncc 
par les fermens entrevenus en leurs convenances 1 
Parquoy plus véritables , on pourroit dire que la- 
dite main-mife faite efdites Prévoyez , fans caufe 
& fans ordre , nous non appeliez ny ouys , & pour 
du tout nous en cuider ^ débouter a elle , & eft 
contre l'authorité de Dieu lefflîts Traitez & pro- 
meûès , lelquels vous n'ignorez pas eftre violes 
ny enfrains , par la cautcleufe & deceptueufc prife 
de noftre ville de fainâ Quentin 5 par le Coœte 
de làinâ Paul Conncdable^ par les courfês , pil- 
leries , meurtres & occifions faits par le^ gens do 
Roy en nolhe Comtd d*Auxerre , & les feux bou- 
tez & homicides faits es Eglifès en noflre Comté 
de Bourgongne 5 & en vous n'a tenu que les ha-, 
bitans de noftre ville d'Auxcrre ne fe foient (ba- 
(iraits de nofhe obeiflànce ^ desquels à ccfte fia 
avez fait venir aucuns pardevcrs vous , qui depuis 
nous ont fait fcavoir les paroles que leur avczdi* 
tes tant en apert qu'en fecrct : comme aufly ont 
fait autres nos féaux , Icfquels par promeflès , le 
Roy a voulu faire attrairc & efmouvoir alcncop* 
trede nous; mais par la bonté Divine feront con- 
vaincus toutes telles cautellcs & frauduleufes m^ 
lices , & n'eft ja befoin que déformais vous ^ 
(àicz de parvenir à vos fins par telles efcriturcsny 
langages ; car au plaifir de Piei} nous (bmincs de* ' 

libères 



RLESMEM.DEOOM.LiT.IU ii; 

\ de garder , preferver & defièndre nofilifi 
\s de tout no(tre pouvoir , atnfi que nature 
K>n renfeigne , & par la concraventioQ & 

dndit Traité de Peronne , & les pcinq 
mes en iceluy encourues à nofire profit , il 
oîft de le &irc. Elcrit en nofire Chaftel de 

le feizieme Janvier 1470. Ainfî limé par 
: Duc& au deflbus de Longoeville a fedlé 
c rouge à fcel plaqué* 

mfi du Cûmte de Dampmarùn au Due 
de Bovxgàgne. 

es haut & Puiflàht Prince , j*ay veu vos X^et^ 
\% que vous m'avez elcrîtes , lefquelles je 
ivoir cflé diâécs par vofire Confçil & trei 
s Clercs , qui font gens pour fiiire lettres 
: que moy , car je n*ay point vefoi du mo- 
e la plume; & pour vous faire reponce par 
, je connois bien le mécontentement qu*a* 
: moy , pour ce que tout ce que j^ay rait & 
toute ma vie contre vous ^ n'efi qu'à Thon- 
k profit du Roy & de (on Royaume; tref 
it Puii]&nt Prince pour vous fiure refponec 
ant Tarticlc de ConiSans , que vous apjpelléf 

1 fublic , & que véritablement doit e(tre ap* 
le malpfiblicoù'ycàois, dont vous dites quç 
f point eu moins de fruiâ & honneur , que 
vie , e(lat& chcvancc ; vous entendez bien 
*gvenement du Roy à la Couroqne , il ne 



n8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

par bonnes juftifications vcucs par la Cour de jj 
Parlement, & par Arreft d'icelle donné alencoo" 
tre d'eux, qui ne mefccurent atteindre: très haut 
& Puiflànt Prince Monfieur voltre Perc , â qui 
Dieu pardonne , Icavoit bien que je luy elcri?^ 
que (on bon plaifîr fut me mettre en la bonne en- 
ce du Roy, ce qu^il me promifl faire; &s'ilcUoft 
en vie, je ne fais dogte qu'il ne portait bon cet 
moignagc pour moy ; & veux bien que vous en- 
tendiez que fi jVuflc cfté avec le Roy, lors que 
commençâtes le mal public , que vous dites le Ut» 
public , vous n'en cufliez pas efchapé à fi bon 
marché que vous avez fait , & mefmement i la 
rencontre de Mont l'hery , par vous îndueoicnt 
cntrcprilè : mais vous qui eftes ingrat du bien qoe 
le Roy vous fait , avez pris & prenez peine de 
jour en jour de luy faire toutes les extortions & m»> 
chinations que luy pouvez faire , tant furfcs fab- I 
jets & Seigneurs de fon Sang , que autres Princes 
fcs voifins qui luy veulent mal àvoftre RequeflCi 
Icfquels vous avez émeus & tafchcz encor d'cf- 
iTiouvoir de jour en jour à luy vouloir mal, d^ 
quoy voftrc Souverain Seigneur & le mien viendra 
bitn â bout à l'ayde de Dieu & de noftrc Dame» 
& de Tes bons & loyaux Capitaines & gens d'armes : 
très haut & Puîfïant Prince , vous m'efcriva 
dés paroles par vofdittcs Lettres , qui equipoleot 
d'cftre enchanteur ; ce que je n'ay tàît jamais, & 
quand je me fuflc aidé de cet art , je VcxitSk c» 
ploité & mis en t-fted , lors que menaftes le Rcf 
en Liège , contre le gré & confentement des Sei- 
gneurs de (on Sang , & les plus fages de fon Royau- 
me , tant de Tes Capitaines , & autres de (es Coo- 
feillers de (à Gourde Parlement, & de(bn grand 
Confcil , mais la grande fedition que par vous lof 
fut faitte , ne Tcn peut oncques émouvoir qu'il n'ai- 
laft vers vous , fous rcfperance de Taffiencc qtfï 
avoic en vous , non precogitant le danger m S 

. s'eft 



«•■nrftA^^kaïAi»' 



perdae, lefquellcs chofcs dureront par cter- 
mcmoire envers tous Princes qui (ont net & 
te ; & de moy , je ne fiis point la guide de 
r Içdit Seigneur Roy audit Pays de Liège ; 
jefus piufioftcau(c defon retour, parce que 
voulus rompre Tarmée qu'il m'avoit laiâëe 
les mains ,f & que luy vouliez faire ^parer: 
BOt & Pttiflànt Prince , fy je vous elcris choie 
DOS deplaife , & qu'ayez envie de vous en ven* 
e moy ; j'efpere qu'avant que la fcfte fk depar« 
cas me trouverez fi prés de vofire armée con-* 
lus , que vous connoiLirez la petite crainte que 
le vous , eftant accompagné de la pui(&nce 
a pieu au Roy de me donner , qui n'eft pas 
! pour la rcconnoîilànce qu'il a eue des (èrvi* 
,ue j^ay faits au Roy Ion Père \ à qui Dieu par* 
: , &:à luy, & pouvez effare leur que vous ne 
iauriez efcrire chofè qui me (ceut garder de 
tousjours fcrvicc au Bx)y ; & requiers à Dieu 
luy plaid: me donner grâces de faire, (èlon que 
e vouloir , & devez Ravoir que je ne vous 
; choies touchant cette matière ^ que je ne 
donne à connoiflre , & fbyez aufly ièur que 



r» 






igo PREUVES ET OBSERVATIONS 

ment vous rccrit ; & en la fiilcriprton cfloit'l 
Monfîi ur de Bouigongne. 

Page 1 76. & 436. marguerite R^y»e JtAt^ 
terre. Liadite Marguerite vefVc du Roy d'At^ 
terre privée par mort de tous cnfkns vint en An- 
jou finir (es jours y & trelpaflà en la Paroiâè de 
Dampicrrc prés de Saumur chez on GÈentil-hom- 
me nommé François dclaVignolle , Seigneur de 
Morains , qui autresfbis avoit efté (èrvitenr dùSof 
René de Sicile, pered'icclle Reine. Jean deBm* 
e^gne enfin Hijtoire agrégative JCAmoUi p-emert 
Partie y Chap.'^.page'j. Apr& beaucoup de mal- 
heurs , traverfcs & perlecutions que cette Prinaflê 
endura en Angleterre , elle fè rcfbgta en France 
où depuis elle fit don au Roy Louys XI. de tous 
iès droits & prétentions fur diverfès Terres & Sel* 
gneurics. , en confîdcration du bon accueil , affi- 
ihince& fbcoursqu^elle avoir eu decePrinoepen- 
dant fts adverfitez , dont voicy TAéle. : 

Don fait an Rcy Loujs XL par Maar guérite hj* 
ne de Angleterre ^ des Vroiffs qui tuj étffor* 
tenaient es Duchez. d^Anieu , de ù/rrmnt^ 
Cr de Bar ^ ty au Comté de Provence^ fi» 
mil. quatre cens fiptante cinq , le feptiefm 
Mars. 

A Tous ceux qui ces prelèntcs Lettres verrootî 
Philippes Bover Licentié en Loix , garde da 
Sccl cftably aux Contraâs de laPrevofté de ftmr* 
ges , & Procureur gênerai du Roy noflre Sire en 
Berry, Salut. Sçavoirfiîfons, queenla prefcnoe 
de lacquet Compaing & Guillaume de Brîeie 
Clercs jurez & Notaires du Roy noftreSirc, dans 
.de noftre auâorité,& pouvoir , & de Guillaume 
Robin & David Ouvre, Clercs Notaires Apoft^ 



a vivant Roy d'Angleterre , cftant de les 
!8 , conlidcrant les grands plaifirs , curîalitcz^ 
oifies ; cnièmble les (grands & Ibinptncux 
os que le Roy no(h-cdit Sîre , duquel elle cil 
le germaine , a fait & fouftcnu pour elle, 
)por le recouvrement du Royaume d'Angic- 
, pour ledit feu Roy Henry fon mary , & 
le Prince de Gales fon fils, en faveur &con* 
latîon fingulicre de ladite Rcyne M^gueritc. 
iffi la grande aide, Iccours, & contbn, que 
»y noflrc Sire a donné aufdits dejfùnts : & pa* 
ment à ladite Dame Marguerite, & les grands 
zts , inconvcniens étpcrils eiquels ladite Da« 
Marguerite s'cd trouvée audit Royaume d'An- 
rrc après la mort defilits défunts, parce qu^elie 
es mains & en la puiiSuicc du Roy Edouard 
gleterrc leur ennemy, & pour larachcpter& 
X hors des dangers dudit Roy Edouard , qui 
loit comme prifbnnîcrc. Et que le Roy en 
nuant le bon vouloir qu*il avoit envers elle, 
le la mettre en fa franchilc & liberté , & U 
rc hors des dangers où elle edoit, à ta grande 
:& requefte de ladite Dame Marguerite , & 



132 PREUVES ET OBSERVATIONS . 

voulant & délirant de fa part reco^noifîte cotrcff 
le Roy noQFcâil^cîgneur , Icfdits grands plaifirs 
& dcfpenfés , & ixxm eftre & demeurer quitte en- 
vers le Roy noftredit Seigneur, de ladite fbmme 
de cinquante mille cfcus , & de tout ce que le Roj 
luy eu A peu demandera Toccafiondes choies def- 
fufdites, pour & en acquit , fblution & payement 
de ladite fbmme de cinquante mille elcus s en- 
semble defdits fraiz , plaifirs , courtoifics , & autres 
cho(cs deffiifdîtes , dcfquels plaifirs , curialitei, 
courtoifies , fraiz , impcnfcs , & Ibmme defliifili- 
tes , ladite Dame Marguerite s'eft & tient pour 
contente , & en a quitté le Roy nofircdit ScigneuTt 
& Tcn a relevé & defchargé de toute preuve : a^ 
-ladite Dame Marguerite donné , cédé , quictéi 
iranfporté , & du (out perpétuellement dclaiffi, 
purement & fimplehicnt par donation mere^ fim- 
pie , pure & irrévocable y faite (blennéllemcot 
entre vifs , & (ans aucune condition , ou efperanœ 
de jamais le révoquer ne venir au contraire , au R^ 
nofbrcdit Seigneur , (es hoirs , fucccflêun , A: 
ayans caufe , combien qu'il fbit abfènt : Noos 
Garde & Procureur deffiifdits prefcns avec Iclditl 
Notaires, (lipulans & acceptans pour le Roy no* 
firedit Seigneur , fcfdits hoirs , fiicccflcurs , ft 
syanscaulc: tout tel droiâ, nom,raiibn,aâioiif 
propriété , (bigneurie , vray domaine , poikffion 
& (àifinc , que ladite Dame Marguerite a peu & doit 
avoir , & qui luy compcte & appartient , peut & 
doit compctcr & appartenir à caulè de la GicctC* 
lion defadite feue mcrc , en (on vivant DucheflË 
de Lorraine, tant audit Duché de Lorraine & en 
toutes & chacuncs les appartenances & appendan* 
ces d'iceluy Duché , que autres terres & (Hgneurici 
à elle advenues & cfchcuës , à caufè & par letrtf* 

Îas de fadite feue mère. Et avecques ce a» icclle 
)amc Marguerite donné , cédé , quitté , tra^ 
poné , & perpétuellement dclaiiË au Roy ooflre- 

dit 



!UR LES MEM. DE COM. Liv.in. 133 

dgoetir , lès hoirs , facceûèurs & ayans can- 
x)Os & chacuns ks droiâs , noms , raifons, 
is , vray domaine propriété , & Cbigncurie qui 
oiirront& devront competer & appartenir es 
icxd^Âniou, & de.Barroîs & en la Comté de 
mce , tant après le decez & trefpas dndit Roy 
ctlc Ion père ^ que autrement par quelque eau- 
ttre, ou moyen que ce fbitorcs , ou pour le 
8 advenir , uns aucune chofè y retenir ne à 
cièrver , voulant & confentant ladite Dame 
^erite que le Roy noftredit Seigneur puiflë, 
ribicloifîbledés àprefcnt prendre, apprehen- 
retenir y con(crver , & garder de (a propre 
vite lefditx droiâs , part & portion , eicheus^ 
venus à ladite Dame Marguerite > à cau&de 
cceffion de ladite feue mère. Et en tant aue 
hc ladite fucceiïion^dudit Roy de Sicile Ioq 
t ladite Dame Marguerite a voulu &con(en« 
^cut & confcnt que le Roy noflredit Seigneur^ 
itinent après le decés dudit^oy de Sicile , 
le ladite Dame Marguerite , puiflè & luy loifc 
propre auâorité prendre t appréhender , re- 
y conferver , & garder la pofleflion & ûifine 
: , aâudlc , & corporelle de tous & chacuns 
s droiâs , part & portion qui appartiendront^ 
roDt , & devront competer & appartenir à la* 
Dame Marguerite , au moyen de la fucceffion 
ùr dudit Roy de Sicile fbn père , que autre? 
t eClits Duchez d' Aniou , de Bar , & Comté 
!rovcnce. Promettant ladite Dame Margtfe» 
nrfifbypour ce baillée corporellement es 
is defdits Notaires , & convenant exprés que 
ce lelHitcs donations, baiJ,ceffion, tranlport^ 
itres chofes deiliifdites , ou aucunes d'icelles , 
ne viendra, ne venir fera par elle , ne par au- 
n aucune manière, & ne donnerai aucun >. oa 
ns caufè, matière, aide , feveur , pu occa- 
de jamms contrevenir : ains'a promis ladite 

1 3 DaXEft 



t34 PREUVES ET OBSERVATIONS- 

Dame Marguerite garcntir, defièndre, &delhricr 
au Roy nollrcdit Seigneur , les hoirs , fucceflèurs , ft 
ayans caufc lefciits droiâs, & autres choies dcfluf* 
dites ainfi par elle cédées & tranfportées, que dîtcfl^ 
en tant que tou'^hc , & pourra toucher le fiât d'i* 
celle Dame Marguerite lèulcment : & avec ce a 
promis ladite Dame M irguerite rendre', reftaorer^ 
& reflàrtir au Roy noftrcdit Seigneur Icfiiits hoirSy 
ou ayans caufe , tous cou(ts , înterefis , donunaffO 
& defpens , que le Roy noffarcdit Seigneur , fe(3ia 
hoirs, & ayans caufc, pourront avoir, encourir, 
& loyaumcnt Ibuftcnir pour faute d'accomptijOb* 
ment & obfcrvance des chofès dcflùrditcs : & quaot 
aux chofcs deflufdites ^ & chacune d'icelles niit^ 
tenir, garder, & accomplir en la manière que dit 
cft, a obligé & oblige ladite Ihme Marguerite an 
Roy nollrcdit Seigneur^ ^ fès hoirs & fucccilèan, 
elle (es hoirs , & tous & chacuns fes biens, meuUes, 
& immeubles , prefens , & à venir , qu'elle a pouce 
iburmis & fupporc2 à la jurifdiâion, force , coo^ 
âion, compu]i]on,& contrainte dudit lèel Royal 
de ladite Prevofté de Bourges , & des Cours de 
la Chambre Apoftolique , & de rAuditeor gène* 
rai , Vif auditeur , Lieutenant & Commufiare 
d'icelle , & de toutes autres Cours Eccleliaffi* 
ques : Renonçant en ce fait ladite Dame Mar- 
guerite à toutes aâions & exceptions de dol , de 
mal , de fraude , de barat , d^crreur , lefion & 
circonvention es chofcs defliifdites , à l'etception 
defdites donation , bail , ceflion , tranftort , & 
autres chofcs defliifdites non avoir ^nntcs,di« 
tes , paflëcs, confcnties& accordées en la manie» 
re que dit eft, & que plus ou moins aye dlé dit^ 
oue efcrit, & efcritquedit, à la relaxation de fbv 
& ferment , au bénéfice d'entériné , rcflitutîon a 
tout , aide de droit efcrit & non efcrit, Gmon i 
& Civil , & par efpecial au bénéfice du Senatuf* 
confalt y Velleian ^ & i tout autre privilcge&be* 

jiefice 



OR LES MEM. DE COM. Liv.ni. isf 

: introdoit & à introduire en la faveur de$ 
ics, & au droiâ di&nt que paâion ou rranfport 
: future fucccilion ne vaut rien , & générale- 
à toutes & fingulieres autres aâions , excc- 
s : oppofitioDS , appellations , allégations , 
is , & defTcnics y cauteles, &eaviItetionsde 
t de droiâ quelconques qui contre les chofcs 
rdites ou aucune d'icelles , pourrdent cflrç 
lées , objicécs , dites , ou propofées , & au 
k difiuit Générale renonciation non valoir , 
[pccîalc n'eft avant mife : Et cftàfçavoirquc 
idnent & fans delay les chofcs demis dites , 
ftites con&nties & accordées , ladite Dame 
[ucrite de fk certaine fcience pure & franche 
ité par la meilleure forme , voyc, &manie«> 
l'cllc a mieux pu & dcu , tant de droiâ que 
3Ultnme , afàit,conflitué , créécttàbly &or- 
lé : & par ce$pre(cntcs , fait , conftitue, crée , 
lit & ordonne (es procureurs gencraux , & 
ms mcf&gcrs efpcciaux en telle manière que la 
lalité ne déroge à la généralité, neaucontrai- 
3US& chacuns les Procureurs & Notaires des 
rs de la Chambre Apoftolique de l'Auditeur 
rai , Vis-auditeur , Lieutenant & Commif- 
d'icelle , & de toutes autres Cours Ecclefia- 
es , qu'elles & où qu'elles (bient, en laquel- 
1 cfquelles il adviendra ce prefcnt contraâou 
iment, eilre exhibé , produit, porté &mon- 
, & chacun d'eux feul , & pour le tout , en 
manière que la condition de l'un d'eux ne 



136 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Lieutenant , Conunif&ire, & devant tous autre! 
luges Officiaux ordinaires « extraordinaires , dele- 

fuez fbuz-deleguez , & Commiffiûres des Cours 
efliis dites, & à cognoiftre & confêflcr une foîi 
ou plufieurs , ladite Madame Marguerite confti- 
tuante auroit de fon bon gré fait les donations » 
çcflions , trâniporcs , promefles , obligations , ft 
autres choies cy-de(Iiis en ce prcfcnt contraâ ou 
infiniment contenues , déclarées fi elcrites • i 
vouloir & confcntir ladite Darte Marguerite enrc 
par lefdits Auditeur, Vif^auditeur, Lieutenant , 
Çommii&ire , luges Officiaux ordinaires, extra- 
ordinaires , déléguez , ibubs-delcguez , & chacun 
d'eux efire condamnée & contrainte par ccnfme 
^cclefiafiîque , à garder & entretenir les dona- 
tions , cernons , tranfports , promefles , obli^ 
lions , & autres chofes dcfliirdites , icion la ro^ 
me & teneur d'icelles , à acquiefcer & cpnlcntic 
aux condemnations , & commandemcns qui pont 
ce par lefdits Auditeur, Vis-auditeur, Lieutenant 
Commiflàire , luges , Officiaux ordinaires , a« 
traordinaires, déléguez, Ibubsdeleguez , & cha- 
cun d'eux feront faites & données , fàiâs &doiH 
nez , &à Ibuffiir , pour icelle Dame Ma(:gucri(e 
confiituaiite , & en fon nom , tous commande- 
znens , toutes condemnations & monitions Ibufat 
cenlbres Ecclefiafiiqucs , qui pour les chofts lut 
dites feront par les defTufHits Auditeur , Vif^au- 
diteur ^ Lieutenant , Commiflàires, luges, Offi« 
ciaux ordinaires , extraordinaires , déléguez , é>ubH 
déléguez & chacun d'eux ùàSts , pronrez &doD« 
nez , ou faites, proférées & données , & àlbub* 
mettre & refoubmettre ladite £hme Mat;^ucrite 
confiituante , quand à obferver & entretenir ton* 
tes & châcunes les chofès deflùCclitesfansenfnia* 
dre , à la jurifdiâion & compulfion de chacune 
des Cours dcfliifdites , & généralement à dire , 
faire , procurer , &, exercer pour îcelle Thaac 



JR LES MEM. DE COM. Liv. m. 137 

joerite conftrtuante , &en Ion nom toutes & 
mes les autres chofes q^ui lèront en , & pour 
K>lcs dcflùlclites necefkires & opportunes â 
, & que ladite Dame Marguerite conftituan* 
:oit , & faire pourroit , fi prelènte yeftoiten 
rfbnne: Donnant, & oâroyant ladite Dame 
^crite confiituante à fefdits Procureurs , & 
tcun d'eux feul & pour le tout plein pouvoir , 
>rité , & mandement fptcial en & pour tou^ 
: chacunes les chofes deflùfclites: Promettant 
moins ladite Dame Marguerite conftituante 
I foy & ferment , pour ce corporellcmeoc 
1 en la main defdits Notaires deiliis nom* 
, fiipulans & acceptans pour & au profit de 
& cfaacuns ceux ,. qiiî en ce ont & pourront 

intereft , en quelque manière pour le temps 
lir y fbubs Thypoteque & obligation de tous 
acuns lès biens meubles & immeubles , pre* 
k advenir , & foubs toutes renonciation & 
Ile de droîâ & de faiâ à ce necei&ires , eU 
!s maintenant avoir agréable , ferme & fia- 
lut ce que parfèfclits Procureurs , & chacun 

(èol & pour le tout , fera ou aura efté fait , 
roaln » confeilty , Ibubmis , confeflfé , ac« 
bé , & autrement exercé & procuré es cho* 
rflbfditçs , & en chacune d'içelles , leurs cir^ 
ances or dépendances , & payer Tadjugécon* 
le , fi mefiicr cfi , & les relever , & dés main- 
t les relevé de toute charge de fatisdationt fi 
ne nous Garde deflufdit , avons veu & oi^ 
les Notaires & tefmqins dcflbs , & cy cm* 
lommez , toutes & chacunes les chofes deT- 
es , par ladite D^une Marguerite eftre faites « 
, j>affîes , voulues , confenties , & accor- 
ËO tefmoin def!]ue]les chofes nous avons 
e appofé à ces procntes Lettres le Seel de& 
: , avec les feings & fbubicriptions de^*ts 
ires Apoiloli<{uc$ dcllùs nommez » )c fepticG 



t^S PREUVES ET OBSERVATIONS 

me jour du mois de Mars Tan de grâce mille qn^ 
tre cens (bixantc & quinze , Nobles & honon* 
blés hommes , & fiiges , Meffire lefaan de Hao- 
f^ft Chevalier , Seigneur de Jmly , Mailfaci 
François Gaultier , Pierre du Brculh Licencié ca 
Loix , & lean Lialemcnt Bourgeois & Marchand 
de Bourges tefmoins , à ce prefèns requis & ap- 
peliez. Fait & donné conune ddfiis, CompMg^ 
Jk Brie lie. 

Et ego Gmlklmns Robin , LetMovicenjU éËœeifa 
publicus , auâoritate ApoftoUca j veneraUliJifU 
Metropolitana ac Biturtcenjis Primatialis Cmiê 
Notariw ^ Juratut , quia fufrafcriftis doȉtM\ 
cejfioni , dimiffioni , quiâtUiom , fromijjiom , é* 
bgationif^ue , renuHciationi , ac Procuratonèmet»^ 
JUtufioM , poteftatis dationi , ratibabiùoni j ptr 
mijjtfque atits , fmnibus ^ fiugulà % dmm Ju 
fr^efatur^ dicerenUtr ^ arerentur^ ^ fièrent ^ imÀ 
€mm domino C triode , Notarin fublicn fi^s tf 
infra fuhfcriptif , ac teftibm ante nominatèpr^em 
interfui j eaque fie fieri vidi , ^ audivt : Ut9 
frafentes litteras , feu ffrafempublicum hi^nmen^ 
ium y manu aliéna fiaeliter firiptum , Muâ cnm 
frafatts Notarin publicis recepi ^publicaui , f^fiê 
èanc publicam jhrmam redegi , bicqiu mamm pmr 
pria me fubfcripfi , ^ fignum meunrfolitum uni 
€um prifati Cujlodn figitli appenfione , atqtttfigf» 
Isf fubfcriptione Notarti pubttci infra fubfcrhti ^ 
fofui , in fidem (ff teHimonium omnium & juh 
guhrum pramijforum requifitm , Çj? ro^atus. 

Ego vero DavidOuvre^ Clericut Btturn mun» 
dus ^ Âpojlojlolica auétoritate Çjf curiarum Metfo* 
folitana domini Jrchidiactni , acvenerabiUumvh 
rorum dominorum Decani ^ C^ituli fauiSa Prf- 
matialn ^ Metropolitan^ Ecctefia Biturieenfa i 
éul Aomanam Ecclefiam nullo medio pertinentii \ 
Notarim luratm : Quia donationi , ceffiam , ^ 

0^ 



SUR L£S MEM. DE COM. Lit. III. 139 

mifiem ^ ipâSatiom , pfvmiffiom , ^ remumio' 
thm 9 ProcMTéUorMmcimJiif/aioniifoieiïati dation 
m , ralihédritiom , 4^ r<e/f rv pramijjis y cmnibin 
f^fJitigM y dxmjic ut proTniUitur , agtrentur , 
^ dktrentttr , nr jffrr^^ «riri i*»!» domim Cufla* 
de , N^Uurii pmblicn ^ teftibm pranominati /r^ 
fmsfki ) r^mrf 0i»»/« là fii^ulafic fieri (sf dici 



p$élico iftfirumexto aliéna manu » nualiàoc* 
cufato utgotiis , fideliter fcriptis ^ five fcrifto^ me 
fiftfirhfi , isf^guum meum pnblicumfolaumunà 
cumjfgilli adcontraSus in Prapqfitura Bituricoffi 
fiaiutt éfpet^one figms , ac fuifcriptioni Nuarith- 
fwm pubUcarum pr^diétorum ifpofui, rejuifitÊtsiu 
fÙern j robur , (sf ufiimmum ^orumdum pr4emif 
firumbf rogatus. 

Et an dos , Uttera acjuifitiems ^ tramfpartm 
Ducaim I/ttiaringîa fiiSi RegiFrancia^ perdomi* 
umm Uurgaritam fiiiam Renati Régis SicsM.hvïVy 
JuHs pucatus Andega9/ia , Barri , ac Comitar 
tus Privimiie « tampojldecejjitmfuipatris^. quàm 
dsasja ^mupetcutistm ^ tu auuo 1475*. Signé & 
tccUé. 

Excndâ du Trefor des Chartes de France , 
quieften la fainffce Chapelle du Palais à 
Paris , dam la Layctce de Bar , mm. 

Ceuionae 

Sèemdi Ccfton , «r Tranjpùrt au mejùn ^^^^^"^^^^ 
téOÊtfS XI. Cr a f es hoirs , C^ aj^ans catijeKoydcS'tcïic 
fétr Udke Marguirhe Rejn, £ Anglttent ,*^„2ff'le 
vetfve du Rcy Henry VI. €7* féconde fille de Lorraine, au 
X^né Roj de Sicilo , Cr d'IÇMli Duchejfe \IJ t^'t^^ 
fir Lorraine 9 des droilfs qui luy pouvoient Tes dxoias 
Urs a^anmr , êu lu; app^tiendroient au^^lV^^to', le 



ff4o PREUVES ET OBSERVATIONS 

futur y es Duchfz de Béor ^ <^ de Lerréimi 
4M Marfêifat du Pcnt^^Â-meuffen ^ €7^ is ï 
Comej^ de Provencf 9 de Ferçal^mur 9 O* } 
de Piedmont ^ O' ce^n conpderaiiên de €ê 
qt^elle e fi oit couRnegeruMtnedudit Bfij Leufs^ 
€7* des grands hiert^aitr j tr entretemmm 
qiielle avoit receus de luy. A Angers Pm 
1480. le Ip. Oltohre. 

S CACHENT tous prclcDS & ï vcmt , qnc en 
noftrc Cour pour le Roy no(be Sire à Ang^i 
en droîâ , par devant nousperloDiielteinentcflt* 
blie très-haute , &cres-excellcntePrinoel& Madt* 
Ine Marguerite , Reyne d^Angleterre , veofVe de 
très-haut , très-excellent, & puifl&nt Ptince, & 
de bonne mémoire , feu Henry en ibn vivant B07 
dudit Royaume d'Angletarre : Et fille de tro» 
cxcellens , & pui(&ns Prince & Princeflè, de loua- 
ble mémoire , René etf ion vivant Roy de Jero- 
filem , d*Ârragon , & de Sicile , Ducd'Ai|joO| 
&de Bar , Comte de Provence, de Barcelonoet 
de Forcalquier , & de Piedmont , Marché 9 & 
Marquis du Pont : Et de Dame Ifabelle de Lor- 
raine , Ducheflè de Lorraine , & Dame defiiïl 
lieux jadis Ibn Efpoufe.Soub-mcttant ladite Damé 
Marguerite , elle fës hoirs, avec tous &chacans 
les biens meubles & immeubles , prefcns & à ve- 
nir , au pouvoir , deflroit , reubrt , & jurifdî* 
âlon de noftre dite Cour , <juant â ce qui s^eo- 
fiiït , laquelle fbuvent reduifant à mémoire kl 
chofës qui s'enfuivcnt. C*c(l à (çavoir la pioxinû^ 
té du lignage qui efl entre le Roy nofire fbovcnài 
Seigneur , & elle. Et pour aucune remuneratibb 
des grands , & innumerables honneurs , aides, & 
ibcours qu'elle a eues en plufîeurs manières, tant 
dudit Sire , que de ftu tres-cxcellent Prince , & 
de gloricufc mémoire le Roy Charles VII. de 00 



St7RLESMEM.DEC0M. Lnr.III. i4r 

nom, père du Roy noitredit Sire , par le moyea 
& honneur duquel , & par fa grande conduite , 
pdnes , & labeurs quMl y prit, elle fut hautement 
colloquée en mariage avec ledit feu Roy Henry, 
paiGblc dudit Royaume d'Angleterre : &ii haute- 
ment eflcvée en honneur que mieux n'eut Icea 
dire , comme il eft tout notoire , auili trcs-bien 
cpngnoiflànt les louables fupports , âveurs , & 
aides qne depuis elle à eues &a duRoynofircdit 
Sire , auquel elle eft couHnc germaine , tant au 
ùk de guerres & divifions , qui depuis fondît ma« 
nage Ibntfurvenues contre ledit Roy fon cfi>oux 
& tilt , pour obvier aufquelles elle a toufiours 
ta ûm certain , fcul , & propre recours au Roy 
nofhe dit Sire , qui Ta benignement fècouruë en 
toutes fês neccâitcï , baillé gens-d'armes , navi- 
res , & conduites contre les advcrfaires , & en* 
ncmis de fondit feu cfpoux , & d'elle par diver- 
fês fois qu*elie eft venue fuitive d'Angleterre en 
ce Royaume , ce qu'elle ne pouvoit ailleurs trou* 
ver , & tellement que par les bons termes , aides , 
& confort du Roy nofiredit Sire , elle a longue- 
ment reiïfté par armes , & obtenu plufîcursbatail* 
les & viâoires contre lefditsadverfaircs : leditfca 
Roy Henry c(lant eftroîtemcnt détenu prilbnnier 
en Icun mains , Apres ce d'abondant luy a le 
Roy noRrcdit Seigneur pourchaflë alliance de ma* 
riage à fès grands frais pour le feu Prince de Gal- 
les fbn fils , ou le Roy nottredit Sire fraya moule 
pour toufiours les fortifier d'amis ; Et encorcs en 
fbj monfirant plus fervent en la vraye amitié que 
«voie & toufiours eu ledit Sire envers ladite Dame 
cflablie fa parente , voyant la piteufe deftreflè cti 

2uoy elle fut détenue defapcrfoRncâpréslamort 
e fcfdits fils y & efpoux , pour ce que lefditsad* 
Tcr&ires la detenoient , & par long temps Tont 
détenue & encore de prefent , & toute la vie d'el- 
le Tcuflènt pu détenir en grande captivité I pa^* 



144 PREUVES ET OBSERVATK»« 
propres diofes à loyacquifcspar droîâ dlicrita^ 
uns ce que ladite Dame , ne autres pour , ne aa 
nom d*elle, y puiflc ores, ne pour le temps wt^ 
nir y prétendre, demander, quérir, ncrccimer, 
& avoir aucun droiâ en pctitoire ne potSttbm ea 
quelque manière que ce (bit : Et fins ce que en ce 
taifint (bient faites & oblcrvées aucunes autres Ib* 
lemnitez, qui tant dedroiâ comme de toufiuroe 
y pourroicnt ou devroient eflre requi(cs & faites i 
aulquelles & à chacunesd'icelles, ladite Dame de 
faditc certaine (cience & volonté y a renoncé ft 
renonce par ces pre(èntes au profit du Roy noflr^ 
dit Seigneur : Et en outre a voulu & confênty • 
veut, & confient icelle Dame cftablil&ntc, qoen 
autres clau&s, ou choies particulièrement eAoknt 
nece(&ires ou profitables eftre dites , déclarées , ou 
fldjoufiées , quelles y (oient mi&s s dedmes, 
fpedfiécs, ou adjouftées i la feureté , intention « 
bonpiaifir, profit, & utilité du Roy no(lreditSei« 
gneur pour mieux valider ce prelënttranIpoit,ceC 
non , & tout le contenu en ces prefentcs. Aul^uels 
donailbn , quittance , baillée . cefiion , & tranfr 
port , & tout ce qucdeflus eftdit , & devîff, te- 
nir, garder , & entretenir fermement & loyale- 
ment de poinâ en poinâ en tous articles , fins ja^ 
mais fiire ne venir encontre par applegcmcnt , oon* 
trapplcgement , oppoficîon , appellation , recifioDi 
ne autrement en quelque manière ne par quelque 
caufeque ce (bit: Et Ie(<iitcscho(èsainfîdonnéeS| 
baillées, quittées, cédées , & tranfportées, gar 
rcntir, Ikuver, délivrer, & défendre de tous qiKl» 
conques empefchemens envers tous , & contre toni| 
a obligé & oblige ladite Dame , elle fcs hoirs, avec 
tous & chacuns (es biens , prefens & à venir. Et 
quant à ce a renoncé & renonce par ces prelèntei 
à toutes grâces, relievemensde Prince , diQienoe 
de Pape , & d'autres Prélats , déception d'outre* 
moitié de jufieprix, ou autre: Et par eQ>çcial aa 

bCQC; 



9CJRLÈSMEM.DECOM. Lnr.m. t4f 

& ^de du droiâ Vellcycn ; clic fur ce 
de nous acertcnéc , & gcneralement à tous droiéte 
fiib & introdok» en faveur des femmes. Et à tou« 
les & €hacttnes les chofcs , qui tant de fait , de 
Âoiâ y que de couflume, pourroicnt efire dites , 
tll^oées , ou objicécs contre l'cfictâc la teneur de 
ces pfcioites en quelque manicrc que ce toit : Et 
an droiâ dKànt générale renonciation non valoir; 
& de toitt ce quedeiltis eflt dit , tenir, & aCcom-» 
plir , iaos jamais faire ne venir encontre en aucu* 
ne manière : En eft tenue ladite Dame par lafby 
à: ferment de fbn corps fur ce donnée en noffarc 
main dont nous Tavons jugée & condamnée par 
le jugement! & condamnation de noftredite Cour 
ic £m con&ntement. Donkë' en Recul lée pr^ 
ft hors les murs de la ville d'Angers , Ibubs les 
Iboiox cflablis aux contraâs de noflrcdite Cour 
k ij^ jour d*Oâobre Tan de grâce 1480. Et 
efloient â ce prelcns Révérend père en Dieu Mon* 
fieur Guillaume , Evcfque de Poitiers : Noble 
&patfSuit Seigneur Monfieur GuyotPot, Com- 
te de fiiinâ Pol .* Vénérables perfennes lean de 
la Vignolle , Doyen d* Angers •• lean Vinci , lu* 

5c d*Anjou : lean Binel Procureur du Roy noftrc^ 
k Sdgneur : Hervé Regnault Prcfidentdu Con- 
fiil dudit Seigneur : Emcry Louet : Meffirc Guil* 
bnme de la Barre , Preftrc , Aumofnier de la- 
dite Dame 5 Robert Tyrine fbnMaiftred'Hoftcl, 
& d'autres pIufîeurs.Lciquellcs Lettres nous avons 
autresfois faites , rendues & baillées par nous No* 
laîres cy ibubfcrits à MefTcigneurs du Confcil , 
ft des Comptes du Roy à Angers , pour le profit 
dodit Seigneur , & depuis par ordonnance & com* 
mandement de Maillre Lyenard Baronnat, Con* 
feillcr dudit Seigneur , & Maiûrede fcs Comptes 
i Paris. Derechef ont efté rcffiiites , & rw;roitec$ 
pour ledit Seigneur pour icelles porter à Paris en 
la Chambre dédits Comptes , pour ce que l'on 

^ II. K IL 



146 PREUVES ET OBSERVATIONS 

■ f 

a à dire , & efgaré l'autre groflic , &n'CQpciit-0!f 
fincr ; Refaites & baillées audit Baronuat le lo. 
jour de Février Tan 1492. Signé. Ptktier^ &G. 

Page 181. VAhbideBegar^ de l'Ordre de Cî- 
ficaux , dans le Diocefe de Trq;uicrTriqact,oa 
Lantriguicr , au Duché de Bretagne, f$ùs Evef» 

Îue de Léon P$ur le Dut de Bretagne, Il s'appelloit 
'incent de Ker Leau , de lanobleÊiinilledcriile 
en Goclo , Confeiller du Duc François II. Chan- 
celier de Bretagne , & Abbé de Bc^ar, Ordre de 
'Çiikaux : depuis à la recommandation du Dœ 
il fut clleu par le Chapitre > Evefque de Léon , 
fit fon entrée folennelle en l'Eglilè le dixiefine 
jour de Juin mil quatre cens lèptante trois. Il ne 
tint ce Sicgc que trois ans , & deceda Tan mil 
quatre, cens fcptante (ix , poftoit pour armoiries , 
D'azur au Cerf paflànt d'or. Frère Albert kGrémi 
lacobin , en rHtfioire des Sainâs iff des Evejqtus 
de Bretagne, Au Catalogue des Eve fiues de Lcon* 
fage 491. 

Page 184. Et le Chancelier de France , é^IU 
jMeJftre Pierre d*Oriole» Il clloit Chevalier , Sd- 
gncur de Loyrécn Âunis , General des Finances 
.du Roy Louys XI. & fon Chancelier après le trc& 
pas de Guillaume Juvenal des Urfîns, pourveo 
le vingt fixieûne , ou félon d'autres , le vingt- 
huiâicfme Juin mil quatre cens (èptantc-d'eux , 
àont il fit le ferment en laprelèncedeceRoy: & 
dcfchargé Tan mil quatre cens quatre-vingts troiSy 
fcion les Rcgiftrcs de la Cour de Parlement; Il 

Ïrelida au procès fait au Connedable de Sainâ- 
^aul , Tan mil quatre cens feptante cinq. 
Page 184. Le Duc de Bourgongne tiraàArrât^ 
^ au chapitre fuivant i^f fecretement fe traitts t 
entre eux faix finale ; ces paroles ont donné lieu 
de croire que le traitté avoit été fait à Arras , ce* 
pendant iled certain qu'il n'y a eu d'autre traitté 
de paix que ceiuy qui fuiu VCràift 



SURLESMEM.D£COM.Liv.IIL X47 



emri U Roi Louii XL Cr CharUi Dug 

de Bourgogne , far leijuel ils confirment les 

Traitiez. iCAnas^ Confions^ C^ teron^^ 

noj &€• Fait ak Château de Crotoj ^ le l. 

, OSobre 1471. 

CHarIcs, par la grâce de Dîcu Duc de Bourgo* 
gne, de£x)thier, deBrabant, deLimbourg, Booxgon» 
Bt de Luxcmbooig , Comte de Flandres , d'Ar-^"*^,^^,, 
Dm , de Bourgogne , Palatin de Hainaut , de Hol- j. oâobie* 
lande, de Zelande , & de Namur,, Marquis da 
S. Empire, Seigneur de Frilc, de Salins, & de Ma- 
tines : A tous ceux qui ces prelèntes lettres verront ^ 
Salot. Comme pour du tout pacifier les guerres^ 
qpeftions, &dijfierences, étans entre Monfieur le 
Roi &DOUS, aient été faites certaines ouvertures 
pour parvenir au bien ineftimable de paix finale^ 
aufquelles ouvertures pour Thonneur & révérence 
de Dieu nôtre Créateur , éviter reffufion de ÙDg 
humain, & les maux, inconveniens, &domma-^ 
ges irréparables , qui pouroientaveniràcau&de là 
guerre, à nous & à toute la choie publique de not 
païs & Icigneuries , aufli pour confideration de fai 
pioxinf)ité de lignée , en quoinous attenons Mon- 
(Utfieur le Roi , & la fînguliere amour que nou» 
avons eue & délirons avoir à lui , & à la Couronne 
de France , nous foions libéralement condeiben* 
dos. Savoir faifons, que nous pour les cau£csdel^. 
fhClites, mémemcntpour le grand deiir que nous. 
avoûsd*ébtretcnir nofditspaïs, ièigneuries, &lii« 
jets, en bonne paix & tranquillité s ôcqucMondit- 
ficorlcRoi&nous, puiflions dorénavant vivre en 
bonne tmour, union , & concorde , & pour antres 
grandes & raifonnables caufcs & confidcrations à œ 
nous mouvans , avons de nollre certaine, fcience & 
l^oprc mouvemoit , & fur ce bien çonfeillez & 



^4« PREUVES ET OËŒRVATIONâf 

svertis, fait, pafTé, traité j fermé, accordé & coq- 
ela, faifons, paflbns, traitons, fermons, aoco^ 
dons, & concluons paix finale avec Monditficiir le 
Roi , en la forme & manière qui s'enfuit. 

Premièrement^ bonne, (cure, loiale , ferme, 
finale & durable paix à toujours c(l faite , paflëe , ftr- 
mée, accordée & conclue entre Mondiàcîgneur le 
Roi & nous , pour Monditftigneur le Roi , (b 
roiaumes , païs , fdgneurîcs & ffajets d'une uart^ 
& pour nous , nos pais , terres , fcigneuries a (a- 
jets, d'autre part. Et ccilèront dorénavant & à tou- 
jours, entre Monditfdgneur le Roi& nous , fcf- 
dits roiaume, païs, fcigneuries, & fujets , & les 
BÔtrcs , toutes guerres, ho(liltte2& œuvres de fkic 
par mer , eau douce , & par terre , Cms ce que i 
l'ôccafion defdites guerres paffêes aucune çhofi 
puiflê être imputée ou reprochée de nous on des 
nôurcs , à Monditdeur le Roi , à fefdits fujets , m 
autres , qui ont tenu fou parti, ains feront tous les 
exploits de guerre faits d'une part & d'autre duiaot 
te temps defdites quefiions & différences , tenus 
& réputés pour non faits & non avenus. 
'■■ Item. Et â ce que mieux & plus convenable* 
tnent ladite paix finale fbit inviolablement gardée 
& entretenue, & que jamais guerre ou diviuon ne 
puiflè venir entre nous , mais que dorénavant nous 
puiffions vivreen bonne, parfeite & vraie amour, 
union, & concorde, MonditfieurleRoidefkpart, 
& nous de la nôure , avons ratitié , confcrmé & 
approuvé, ratifions, con&Tmons, & approuvons 
les Traitez de paix faits à Arras entire feu. le Roi 
Charles père deMonditfieur le Roi , & jfêu nôtre 
tres-cher fëieneur &pere, que Dicuabfblve, auffi 
le traité deConfians, en tantqueàMonditfieurle 
Roi & à nous toucher peut : & fèmblablement le 
traité de Pcronne , tout ainfi que fi iceux traitex , & 
CDUt leur contenu , étofent exprefIèment&auIom[ 
i&fcrez& incorporel en ce prcfent traité , cûtinoiG 

fini 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. IIL 149 

fiai &afreniiantdefdîts traitez, &detootle conte« 
imeniceux^ avoir borfne & vraie (buvenance. Et 
le(qnels Traitez d'Ârras & de Conflans , en tant que 
loache i Monditfîeur le Roi & à nOMs , & de Pérou*» 
ne, Nous de nôtre certaine fcienceen tant que bc« 
fiMneft , & &ns innovation ou dérogation d'iceui, 
tvôDsfaie, traité, conrenti& accordé^ & dcnou* 
vel failbns , contraâons , con(cntons & accorr 
dons avec Monditfîeur le Roi, fous les promefles^ 
firmcns, aj[lri£lions , peines ^ cenfures , & (bu* 
mifljons Mlcs & icmbhbles que contiennent lefdits 
Traitez. Et feront & demeureront dorénavant Icf^ 
dits Traittez d'Ariras & Peronne , & celui de Con* 
flans , en tant que toucher peut Monditfîeur le Roi 
ft nous , en leur pleine & entière force , vigueur » 
vertu & valeur, en tous leurs points , articles, ôc 
chofis dedans contenues (clon leur forme & te^ 
neor. Et feront tous lefdits points & articles dudit 
Traité de Peronne , qui encore relient à exécuter 
èc accooiplir , fournis , exécutez , & accomplis par 
h formel manière, ^ dedans femblable tems & 
termes contenus & déclarez audit Traité de Pe- 
ronne. 

f/^mr* Et par cedit prefcnt Traité de paix a été 
dit & accordé , que Monditfîeur le Roi rendra & 
fora rendre réellement & de fait, à nous ou à nos 

Sens commis & députez , les cités & villes d'Amiens 
[ Saint-Quentin , cnfemble les Prcvôtcz de Vî* 
meo, Foulloy^ & Beauvoifîs , & leurs apparte- 
nances & appendanccs Quelconques , & generiale- 
ment tout ce qui auroiteté fur nous pris, occupé 
& fbiïflratt depuis un an en çà , en quelque manière 
Stpar qui que ce (bit , de toutes les terres à nous 
tranfportées par lefdits Traitez de Conflans & Pe« 
roone, pour en jouir par nous avecles aun-es vil- 
les f places , terres , & feigncuries par Mondit fei^ 
Eeur le Roi à nous tranfportées par lefdits Traite:^ 
Conflans & Peronne, par la* forme , manière. 



î> PREUVES ET OBSERVATIONS 

nature , état & condîtîoQ contenus & ddcla^'ei eClte 
Traiter de Conflans & Pcronne , & icion le trtnlr 
port 9 que par iceux Traitez nQos en a été fait par 
Monditficur 1c Roi. Et pareillement nous rendraflt 
fera rendre rccllcment les villes ^ places» prevôtcZt 
tcnes , £c (èigneurics de Roye a Mondidier , te 
leurfdites appartenances &appendances, &aufficQ 
qui auroit été pris de la prévôté de Pcrûniic , pour 
en jouïr & le tont tenir & pollèder ep autels 4t fiflh 
bhbles droits , prcmgatives, rentes, revenus, pro* 
fits , & émolument , & en la propre inaniae & 
état \ que fai(]ons paravant icelles divifions. Et fi 
aucunes autres villes , places , terres ^ ou fii-^ 
gncuries nous avoient été fouftraites depuis un au 
en çà , Mondftiicur le Ror les xious fera lemblabk*! 
ment reftîtucr & rendre pour en jouir comme para* 
vaut Etau regard des places, vill^'s* châteaux, éc 
fortercflès des Duché, Comté, & Païs de Bour- 

Sognc, Charolois, Mâconnois, Auxetrois,&dQ 
^icge , que Monditficur nous a fait rendre ^ refil- 
tucr, nous en jouirons ,^ chfemble de leurs appar* 
tcnances &appendances quelconques ,' & de tout 
ce que efdits Duché , Comté & Païs auroit été em- 
pêché, tout ainfi que feifîons paravantléfHites que« 
fiions &divifions, & fansdfftcrcnccaucune. 

Item. Et au regard de tons les biens meiibles« 
quels quMls foicnt , pris & occupez par ceux de l'un 
des partis fur l'autre, ou donnez par Mcxiditfieur 
le Roi ou nous , aulH pris & occupez , & des profits, 
revenus , & émolumens des terres , fcigneories , 
rentes , & héritages , qui auroient été pris , pcr« 
çâs , levez , & reçus par ceux de l'un parti fiir rau* 
tre, n'en firra jamais fait qucftion ou demande en 
jugement ni dehors , ni auflî des dettes , qui ont 
été levées ou reçues , ou qui ont été données , cé- 
dées, remifts, ou quitéesparMondîtfieurlcRor, 
ou nous; &n'cn pouront ceux à qui lefSits biens » 
mçQblcs, dates , profita, & émolumens defiUtca 

tctrcSf 



SUR LES MEM. DE COM. Lîv.ïïI. lyi 

terres , {èigneories , rentes & héritages competoient 
&appartenoîeDt faire aucune qaeftion ou demande 
parjuftice, on autrement, ni quelque choie en re- 
procher, quereller, ou demander. 

Item. Par ccdit prefcnt traité de pais a été & eft 
accordé &conclu, que tous les fujcts &(crvitcurs 
d'une part & d'aqtre,fcront & font pleinement & en- 
tièrement re(Ut\ic2 à toutes leurs terres , fcigneuries , 
héritages, rentes heritablcs & viagères , & c;cnera- 
lement â tous les héritages , poucflions , & bictis 
immeubles quelconques , en l*état qu'ils font de 
prcfènt; aufuà leurs biens meubles écans en nature 
dechofe(ur les lieux de leurfditcstenes, fcigneuries 
ft iKritages,& aux arrérages qui ne ièront point levez 
deflittes terres , feigneuries , renteè hereditables & 
viagères, & revenus quelconques^ &s'en|x>uront 
CD&finer , & eux mettre en po0èmonl8c. fàifine de 
leur plein chef, & fins aucune folcmnité où miftc- 
re de juftîce , & en jotiir pleinement & paiflbie- 
ment , cnfèmble defdits biens meubles étans en na- 
ture , fi aucuns en (ont par eux trouvez fur les lieux 
de leurfdites terres , feigneuries ^ & héritages , & 
defciits arrérages non levez, comme diteft , £in$ 
aucun eontrcdit , débat ^ ou empêchement quel- 
ccmques , tout ainii qu'ils fai(bicnt , ou euilcnt pft 
faire parmnt kfdites divifions dernières pailëcs. 

Item. A été & efi accordé , que toutes choies fai- 
tes, eommifes, perpétrées, ou avenues durant lef» 
dites guerres , quedions , & différences demtcrea 
paflëes par ceux de Tun parti fur l'autre , eq quel- 
que Oftaniere , ni pour quelconque cau(c qu^e]]es 
nient été iattcs , font remifo , quitées ^ pardonnées 
& abolies d'un côté & d'autre, tout ainfi quefi ja» 
mais n*avQient été faites , conrîmifcs , ou perpc^ 
trées , & fans ce que aucune aétiôp ou ppurfuite tt 
puiilè être faite ou intentée de lHin4rai;itrcea ju- 
cçmcnt ou dehors , ne que aucun en puiffi: être arrc« 
lté| dctenu, ou empêché en corps , ne en biens, 

K 4 d^offir 



ifz PREUVES ET OBSERVATTOhfe 

d*officc de joAice , ne autrement , en quelque for- 
me ou manière^ ne pour quelconque cautè ou oc* 
Ciiionquccclbit. . 

Item , Et que ppur ce que à rcnconunencement 
défaites dcruicrcs quediotis & difièrcnccs » furent 
faites défcufes de p^Monditfdgncur le Roi ^^ tous 
Icsfujcts , de non communiquer marchandcmeuL 
ne Autrement en nos pais, terres &fèigneuries, & 
pareillement le fifmcs à tous nos fujecs , a été ac- 
cordé & conclu , que toutes lefditcs défenfès d*iuie 
part& d*autre, font abolies , annullécs, & mScM 
du tout au néant; &pouronttous les fujets& to^ 
vitcurs d'une part & d'autre , aller , marchander^ 
& ccxnniuniquer les uns avec les autres pour toutes 
leurs marchandifcs cùfcmble ou (cparement , & 
tous leurs autres afiaires quelconques^oc aller en toop 
tes les villes, païs, places, terres, & fèigncuriet 
de Monditûeur le Roi , & de nous , & par tout ail» 
leurs où bon leur fcmblera , par mer ^ eauës dou- 
ces, & par terre, tout ainfi qu'ils faiioientparavant 
lefdites défenfcs , qudlions , guerres , & dificreo- 
ces. 

Item^ Pourceau^il eA i douter \ que pendant 
lefdites qucftions adiÇèrences aucuns arreft$,lèii» 
tences, jugemens, deffaots, congcz»& antres ex- 
ploits dejalHce , aient été faits ou donnez par la 
Cour 4c Parlement , pu autres juftiders & offidcn 
de Monditficur le Ro;, à rencontre d'aucuns noi 
ferviteùrsoufujets, qui du commencement defili- 
tes guerres (c font déclarez tenir nôtre parti contre 
lui , & pareillement par nos jufticicrs & officiers^ 
à rencontre d'aucuns des fujets ou ferviteurs de 
MonditOeur le Roi , qui du commencement d*i« 
celles guerres fc llbnt déclarez tenir (bn parti , a 
été & eft traité & accordé, que tous lefdits aircfiSi 
fentcnces , jugemens , défiants , congez , condam- 
nations ,& autres exploits de juftice, qui, pendant 
& durant lefdites questions & dificrcnces ont été 

ou 



R LES MEM. DE COM. Liv. in. ifj 

ont donnez & prononcez par la juftice de 
itfîcor le Roi contre nofdîts (bjets ou fervi- 
& pareillement par notre jafticc contre lefd. 
m Icrviteurs de Monditfieur le Roi , jfoit par 
, contumace, non comparence y ou autre* 
en quelque manière que ce Ibit , ju(qu*aa 
ela publication de cette prclcnte paix finale , 
St demeureront de nul effet & valeur , tout 
les'il n*en a voit été aucune chofc dite, fen* 
'? Jug^C) & prononcée , & feront receuës 
ties contre lefijucUcs lefdits arrcfls , Icntcn* 
iigemcns , condamnations , défauts , con* 
>u autres exploits dejuihce auroient étéainii 
: & prononcez , à elles deilèndre ou agir en 
;nt Ci dehors , tout ainfi qu'elles pouvoicnt 
paravantlefdites dernières que(Hons& difiè* 
; & dés à prefcnt Ibnt remifes au propre 
: état qu'elles étoicnt paravant rencommen- 
; d'îcellcs. 

I , Et feront compris en cedit prelènt traité dé 
; alliez d'une part & d'autre , qui y voudront 
mpris , auquel cas fi compris y veulent are. 
Ht tenus d'en faire déclaration par leurs le- 
«ntcs dedans un an prochainement venant; 
it tenu&Monditfieur le Roi & nous , fignifier 
autre ceux qui auront fait ladite déclaration 
Ination , dedans deux mois après ledit an 
& en ce faifant ils jouiront de TefTèt de ce 
traité de paix : & au cas que aucune deda-. 
m nomination n'en icroit faite , fi fera & 
reraneantmoins ce prelènt traité de paix eo 
î & vertu , félon (a forme & teneur , & Mou- 
le Roi & nous entiers en nos alliances. Tou- 
uelles chofes defiiifditcs & chacune d'îcelles 



ff4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

meubles , prcfins & ftitnts, & furies ineGnespô* 
nés , afiriâions , ccnfures & obligations contenoËs 
& déclarées es lettres defdits traitez d*Aras , Coq- 
ftins, &PeroDne, & en chacune d'icclles, garder, 
tenir, obfcrvcr, & entretenir, & ftîre ^oer, te- 
nir , & d)ferver inviolablement , fans enfreindre en 
Înelque forme ou nianicrc,ne pour quelconque C2Q> 
b ou occafion que ce foit , ou pût être. Et d'abon* 
dant ; (}uant à ce nous ibumettons aux cenforcs ec- 
clefiailiqucs , lefquelles nous voulons & confai- 
tons en cas de contravention , qucDieunevcuilley 
être contre nou< promulguées par nôtre Saint foe 
le Pape , ou par tels Légats , Archevêques , Evé- 
ques , ou autres Juges Ecçlcfiaftiques quelconque^ 
ceft à (avoir , d*excommuniemcnt , agravanon, 
reagravadon , interdit , anatçmatiiadon , & par 
toutes autres plus fortes cenfures & fulminations, 
que Monditfieur le Roi voudra requérir & dés i 
prefent nous en tenons & reputous pour admon^ 
fiez les première , ftconde , tierce & quarte (bis 
<l*abondance. Et quant à ce renonçons par expiés 
itous privilèges papaux;, par lefqucls l*OQne pou- 
roit procéder contre nous par fentenced''excômnno- 
niement , & à tous privilèges , & autres cho(b 
quelconques, qui pouroiept retarder ou empêcher 
le plein & entier e6èt , ou exécution de cêfditcs 
preièntes; & voulons, confentons , & nous plàlt, 
que audit cas de contravention Ton puifle procéder 
à rencontre de nous par lefdites cen(hres , tout 
«infi que l'on pouroit (aire contre une privée ^par- 
ticulière perfonne , non aiant privilège quelconqde^ 
$i donnons en mandemçt^t à nos très-chers & 
fbaux Chancelier & gens de nôtre Grand Oonfeit, 
sux Gens qui tiendront nos Parlemens de Bour- 
gogne , à nos Prefident & Gens de nôn^ Con(Hl , & 
dcnos Comptes à Dîion, & ànosBaillifs , &«z* 
très Jufticiçrs & Offiaers de nos Duché & GoditcK 
4c &)urgognc , Gbfrolois , Mâconnois , & Auxec^ 

coi, 



1 



SUR LES MEM.de COM:Liv.âl. fff 

lois, à nos Pre(ident& Gens de nâtre Conlêil ,& 
de nos* Ccunptes en Brabant , refidens en nôtre ville 
de Bruxelles , à nos Gonverneors & Gens de ndtre 
Confëil en nos Païs & Duché de Luxembourg & 
Comté de Chiny , ànosPreiidcnt&Gens de nôtre 
ChmnbrcdeConfeil en Flandres , refidens cnnô"" 
tre ville de Gand , à nôtre Grand Bailli de Hainant^ 
& Gens de nôtre Con(èi! à Mons , à nos Sénéchaux 
de Boullenois & de Pontieu , à nôtre Bailli d'A- 
miens 9 â notre Gouverneur d*Arras , & à tous 
nos fiaillis d'Artois , à nôtre Gouverneur de Pe« 
ronne^ Mondidier, &Roye, à nos Lieutenant & 
Gens oe nôtre Confcil ordonnez en nos Païs de 
HoUande, 2>elande & Frilè , refidens à la Haje» 
à nos Lieutenant de Lîege , & Gouverneur den^ 
fre Comté de Namur, & à tous nos autres Baillifi, 
Jufticiers d OflSders , qui ce peut & poura tou- 
cher , ou à leurs Lieutcnans , & à chacun d'eux 
endroit loi ^ queccfdites prefentesils enregîfirenti 
&publienloii faffînt çj3cegi(fa:er & publier par tout 
ou métier '(èra , es Ueùlt& places en tel.ets accoo» 
tumez , fit iceilcs eaious teurs poims; & articles 
gardent ,^entretienû<:nt ^ fc obfèrvent , & fàflènt 
garder, entretenir, & obferveri toujours , félon 
leur formé & teneur, fans faire ouallc<, ne lbuf« 
^rfàireoualler au contraire, en quelque manière 
que ce (bit ; ic pour ce que de cefdites prefentes l'on 
pouraavoir à faire en plofîcurs & divers lieux , voa« 
lonsen outre & nous plaît, que auxvîd!musd*icel« 
les , faits (bus les (beaux de Monditficur IcRoioa 
de nous , ou (ignées par Tun des notaires & fècre^ 
taîres d'icelui Monfleur le Roi , ou par l'un do 
nos {ccrctaircs , pleine foi foit ajoutée comme à 
ce preicnt original En témoin de ce nous avons 
fi^ mettre nôtre fccl àces prefcntes , & icelles avons 
fignéesdc nôtre main. Donné à nôtre Chadel du 
Ootoy le 3. jour d'Oâobre , l'an de grâce 1471. 
$or Iç rçpli €ft <crit , par Monfcigaeut le U^c. 

Sigoév 



if(S PREUVES ET OBSERVATION%ft& 

Sgné, Gros. Et fccllé d'un maà Sxaa de df 
ro^e pendant 3 doub'e bande de parchemin. 
I%c 193. Sâa^eintKr 4t Crural. Loays Stir 

g cm de ûu(£)l , & de Lcvls , ChimbclbBi dl 
)y \jam XI. Senefiihal de Poiâon , Gonm* 
peur da Dauphiné , Grand Paacticr de Fiaqce 
vers l'an mil quatre cens ftntante , mourut à Bai* 
cekme le vingE^imicfine Âooit mil ijuatre ceni 
icptante trois. 

Page 193. Mery Je Crgy. Il y a appareaccqpc 
fi nom eA conompn , car il n'en c(t poiqt pvlï 
CD aacune façon dans la genealc^ede la MaiCn 
4cCro]r : Et dans la Croniqoc icatulaleii& il cA 
nommé Mery Je CoAé ^ iôubs l'an mil quatre 
cens fcptaote deux. 




fREU* 




PREUVES 

ET 

VBSERVATIONS 

SUR LES MEMOIRES DE 
*HILIPPE DE COMXNES. 

LIVRE Q.UATRIESME. 

lAge 24f. 3iy. & 397. Mmfe^Héxr it Terer. 

Jeâm d'iînouteville Sient de Blainville , & de 
jrcy , Lonys XI. le fit Gr^ad-Mudre du Ar- 
lellrters , fe fia à Iny de la garde da Caidinat 

U Baluc aa chafteaudcMontiM^D. Cefutlu^ 
i Tîtit advettir ce Roy du dangfft qu'il y avoïc 

IsUEt eotrei les Anglots en u grand nombre 
ilini Amiens , durant le Trait£ de Piquigny : 
Ait anâi Grand Chambellan du RoT : il edoit 

exercice de ladite chargedcGrand-Muftrcde! 
Inleftricn de France dés l'an 1449. fuiVant 
sin Chanîer , & en l'an 1473. comme porte 
I Rmflre de la Conr de Parlement En cette 
aSte il sâHla aufiî avec autres Semeurs qoal!- 
t aux Efhts tenus à ToutsTan 14^7. 

Piges 14^. 403. fji. S3f m- f4i- fro- 

q. ySi. & ySfl. MmfitgueMr de GU à 
tu heurt Marefchalde France. Pierre de Rohaa 
OC de Ncmouii CooSe de Goyft , & de Soif 



#8 PREUVES ET OBSERVATIONS ' 

fcns , Sdgnenrde Gié,dq>uisLkniteiiaiitdQK0jf 
Charles VIII. co Bret^ne , Chefde fimConfiA, 
& Lieutenant de firs Années en Italie , pourfca 
de rOffice de Mardchal de France l'an I47<r. 
oondaifit l'avant-garde à la bataille de Fomone 
Vm I49j;. & mourut Tan IS13* Il fut l'un des 
^uatrequigouremerentrEftat durant dix ou doute 
jours lors que Louys XI. tombamUadeàChiooQ 
en 1480. 

P^ 160. Et concbul laTrefvepour nemfamy 

Traité j ûu Trefva marchandes faiies pour nmf 
ans y entre le Rty I/ncfs XI. <T Charles 
dernier Duc de Bowgongne , 4 Soleuvre^lê 
ireisjefinc Seftembre I47f . 

CHARLES par la grâce de Dîen Duc de Bour- 
gongnc , de Lothier, dcBrabant, &c.Com* 
te de Flandres , &c. A tous ceux qui ces prefen?^ 
tes Lettres verrcmt , Salut : comme par cy-de- 
vant plufieurs journées aycnt edé tenues en divas 
lieux entre les gens à ce commis & députez de po: 
le Roy & nous , pour trouver moyen à réduire 
& mettre en bonne paix & union les queffions , 
divifions, & différends eftans entre nous , & lut 
{celle trouver , recevoir , & accepter une paix fina- 
le i laquelle cho(b jufques icy n*a peu prcndte 
conclufion , confiderant qu^à Thonneur & loiiai^ 
des Princes Chrcffiens rien n^cft pins convenable 
que dcfirer & aimer Paix \ de laquelle le bien & 
le fruit des choies terriennes cft fi grand que plus, 
ne pourroit : Nous , defirans envers Dieu noAre 
Créateur nous monurer par effet vertueux & obdf^ 
Iknt en toutes nos opérations y afin que TEglifi; 
en vaccant au 1er vice divin , puiflë prendre vigueur 
& demeurer en feore ^ & vrayefianchilè& liber* 



SURLESMEM.DECX)M. LiT.lV. i|g 

lé y tes noUa & courages des hommes abotider 
en repos & tranquillité , fans ftrvitades d'armes; 
k que i'entretcnement de nos paî's & feigneurics ^ 
tam ao fait de la marchandi&oa autrement , puijé 
Cbefire permanent & TEdât d'un chacun » demcu* 
[er en Ion entier , & conlcquemment le pauvce 
Se menu peuple , en(cmble tous nosfujets.puif- 
Int labourer & vaquer chacun endroit iby^a leur 
ndu{fa:ie& artifice, (ans quelconque violence ou. 
)ppreffion s & le temps advenir , moyennant la 
n»cedqDiçu , entr'euxvraye& perpétuelle Paix, 
k Juftice ncccilàire à toute la terre Chrétienne 
garder , entretenir , & confcrvei: , & en icelle 
l^îvre & mourir inviolablemcnt , ayons par advis 
kdeliberation.de plufieurs Sieurs de noure grand 
[jonlèil fiût Y conclud , & accordé entre le Roy 
k nous , pour nous , nos hoirs , & fiiçceflèurs , 
kpour tous les ports , terres & (cigncuries d'une 
>art & d'autre , Trefves générales en la forme & 
[naniere qui s'enfuit. 

Ce font les articles faits & aecùrdez. entre U 
Rey C^ monftcwr le Duc de Beurgongne ^ 
touchant Us Traitez. <y Trefves faites #»• 
tr^eux. 

Premièrement , Bonne , (eure , & foyale tre* 
île , &ur edat., &ab(lineQces de guerres Ibntprî- 
[es & acceptées , fermées, conclues & accordées, 
MT terre , par mer , & par eauës douces entre le 
koy & mondir Sieur Duc dcBourgongne, leurs 
x)irs , & fucorflèurs , païs , terres , Seigneuries ^ 
[bjets & fcrvitcurs , icelle trefve , leur cftat & 
ibilinence de guerre commencans ce jourd'huy 
xeiziefmejoardc Septembre, durant te temps & 
rerme de neuf années , & finiflànt à lèmblablc 
^rdzieùne Scpteiçbre , lefdits neuf ans révolus , 

que 



ièù PREUVES ET OBSÈRVAtlOH» 
1484. que Vùa dira l'aa 1484. Pendant Idqiieilcf tn^ 
▼es 9 foir eftat , & abtKnence de goôre , etSt* 
tout d'une part & d'antre tontes gnerrts , bol^ 
litCL y & Toyes de fait , & nelbront fintsi%roent 
de Tun party fnr l'autre de quc]qné cftat qn'&i 
Ibient y aucuns exploits de guerre , pri(cs ou en- 
treprifes de villes , citcx , chafleaux, fortereflbi 
ou places teniies ou cflans es mains ou obciifiih 
ce de Tun ou de l'autre , quelque part qu'eDci 
foient fituées & affifes , par aflâut , fieges , aoi» 
blécs , efcbellemcns , conq)ofition8 , pour occa- 
iion ne (bus couleur de marque, contre^marque^ 
repreiiïille fous couleur de debtes , obligatfons , 
titres , ne autrement , en quelque forme ou ma» 
nicre que ce (bit , ou puideefhe , iuppoS ora 
que les Sdgneurs ou les habitans défaites villes, 
citez, chafteaux, places, ou fortereffo , oaceox 
qui eu auront la garde , Us vouluflènt rendre ^ 
haiilcr & délivrer de leur volonté, ou autrement, 
i ceux du party & obeïiTance contraire : auquel 
cas , s'il advcnoit , celuy pour lequel , ou à l'ad* 
Veu duquel auroit cfté prift la ville , ou viHes , 
places , chadeaux ou fortereflês , les feront te- 
nus faire rendre &re(tituer pleinement à ce! vy fur 
qui ladite prifè auroit edé faite , fans en délayer 
la reilimtion pour quelque cau(è , occafion , on 
manière que ce foit advenu en dedans huiâ 
jours après la Ibmçiation fur ce faite de Tune 
dcfdites parties à l'autre : & en cas que défaut y 
auroit de ladite reftitution , celuy fur le party du- 
quel ladite prilè auroit edé faite , pourra recou- 
vrer ladite ville , ou villes , citcx, chafteaux , 
f>Iaces & fortercâcs , par fieges , afiauts , efthcl- 
emens , amblées , compofirions , par voye ft 
hodilité de guerre , ou autrement , ainfi qu'il 
pourra , fans que Tautre y donne refîftance ou 
pmpefchcmcnt : ou que à l'occafion de ce lefHites 
tretves , fcur eûat , & abftincnccde guerre, poif* 

(CflC 



SURLESMEM.de œM.Liv. IV. i6t 

fkot eftre dites ne ^tendues , rompaes ne en* 
ftainccs ^ mais demeureront ledit temps durant en 
leur pleine & entière force & vertu : & fi ùtz 
tenu celny qui n'aura fait ladite rcftitution , ren* 
ire & payer tous coufls & dommages qui auront 
cfté , ou feront faits ou (bullcnus en gênerai & 
particulier, par celuy , on ceux fur qui ladite pri- 
le auroitainfy efté faites 

ifem j Et pat les gens de guerre, ou autre dti 
party on alliance de mondit Sieur de Bourgofagne 
911 Voudront eftre compris , ne (èrotit faites au« 
cônes prilès de pcrfbnnes , courfès , roberies ^ 
pilleries , lo^'s , appatis, rançonnemens , prilès 
on deûroufles de perfonncs , de befies ou d'autres 
biens quelconques fur les terres , villes , places^ 
fcignewries , & autres lieux eflans du party et 
obeïffiuKe du Roy & pareillement par les gens de 
guerre & autres eftans du party ou alliance dis 
Roy • qui voudront efire compris fur les terres ^ 
villes , places , Seigneuries , & autres lieux cdans da 
party & obeï(&nce de mondit Sieur de Bourgon* 

Se ; ains feront & demeureront tous les fujets & 
viteors d'un codé & d'autre , de quelque cftat» 
qualité , condition, ou nation qu'ils (bient, cha- 
cun en ion party & obeïïlànce lèurement , fka* 
vement & paifîblement de leurs perlbnnes , & de 
tous leurs biens , y pourront labourer, marchan* 
der , fiûre fit pourvoir à toutes leurs autres befbn* 

Ses , marchandUès « négociations ft af&ires ^ 
is deflourbier ou empefchcment quelconque & 
sont ainfy que en temps de paix. 

/Um , Pendant & durant IefditesTrcfves,(êur 
cftac & abftinence de guerre , les fujets, officiers» 
& ftrviteurs d'une part & d'autre , foicnt Prélats » 
gens d'Eglilè , Princes , Barons , Nobles , Mar- 
chands , oourgeois , Laboureurs , & autres, de 
quelque eftat, qualité, ouconditionqu'ilslbient,^ 
pooRoot aller y venir ^ fejoumer, conyerièr mar^ 

^ '* L chan- 



t6i PREUVES ET OBSERVATTONSf 

chandement , & autrement en tel babilenxttitqiie 
bon leur femblera , pour quelconques leurs ne* 
goces & affaires les uns avec les autres , 6e les 
uns es païs , Seigneuries & obcïflànce de l'autre 
làns làuf-conduit » & tout ainfi que l'on pourrait 
communiquer , aller & marchander en temps de 
paix , & ians aucuns deûourbier arreft ou cmptC* 
chement , fi ce tCcÀ par voye de Juftice , & pour 
leurs debtes , ou pour leurs délits , abus & excès 
qu'ils y auroient d*icy en avant perpétrez & com* 
mis , fauf auûi que gens de guerre en armes & 
a puiilànce ne pourront entrer de l'un party en l'au« 
tre , en plus haut nombre que de quatre-vingt à 
cent chevaux , & au deilbus , & ne feront dits 
ne proférez à ceux qui iront &converlèront d'une 
part& d'autre aucunes iniores & opprobres à cadè 
du party ; & fi aucuns font le contraire y lèront 
punis comme infraâcurs de Trefvcs. 

Itetn y Tous Prélats , gens d'Eglilè , noblesi 
bourgeois , marchands , a autres fujets , officiers 
& ferviteurs , d'un party & d'autre de quelque 
tOzt & condition qu'ils Ibient durant lefdites Trê- 
ve fcur Eftat & abfiinencc de guerre , auront , 
& retourneront en la iouyf&nce & poflèffion de 
leurs bénéfices , places , Terres , Seigneuries, & 
autres biens , immeubles en l'ellat qu'ils les trau^ 
vcront , & y feront receus (ans empelchement » 
contredit , ou difficulté , &(àns en obtenir autres 
Lettres de mainlevée , ne e(lre contraints en &ire 
nouvelle feauté ou hommage , en falfànt ferment 
en leurs perfonnes ou par leijuts Procureurs en la 
main du Baillif, ou Lieutenant, (bubs qui ièroDt 
lefdits Bénéfices, places, Terres, Seigneuries , & 
biens, immeubles , de non traiter ou pourchofler 
d'iceux quelconques, chofès préjudiciables au p^ir- 
ty où ils feront , & les Seigneurs d'un party auir 

3ucls appartiennent les places eftans es firontiera 
e l'autre party , en recevant la délivrance d'icel- 



SURLESMEM.DECOM.Liv. IV. i6j 

le , promettront , jureront , & bailleront leur» 
feellcx de non en faire guerre , au party où elles 
font 9 & que cette trefVe expirée les delaiilcront 
en la pleine obeyflàncc dudit party où elles Ibnt 
à prefint,tontesibispour aucunes caufes & conii- 
fiderations , le Roy eft content que la place de 
Ramboccs foit entièrement baillée & délivrée au 
Seigneur d*icelle , fans y mettre aucun Capitaine 
ou garde , pourveu qu'il fera ferment , & auffi 
baillera fon feellé en la main de celuy qui luy 
fera ladite reftitudon , que durant cette prefente 
trefVc , ne après icelle finie ; il ne fera , ne pour* 
chafièra cho(e préjudiciable au Roy, neàfespays 
& Seigneuries , ne auâi à mondit lieur de Bout* 
gongne, ièspays& Seigneuries, & ne mettra gar* 
niOm en iccUe place, qui porte ou fiicc domma^ 
ge à Puneou à l'autre des parties. 

Et quant aux places & fortereflès de Beauliea 
& Vervin , mondit iieur de Bourgongne con&nt 
qu'en luy fkifiint la délivrance rceile des Villes & 
Bailli^es de fainâ Quentin , & des places dont 
traité eft fait entre le Roy & luy , les foncrcflès 
defdits lieux foicnt» abbatuës , le revenu & Sei* 
gneurie demeurant entièrement aux Seigneilrs d'i<r 
celles. 

Et auffi eft traité & accordé pour plus ample 
déclaration que les Terres & Seigneuries de laFe* 
re , &, Chaftelkr , Vandeul , & ùdnSt Lambert 
dépendantes de la Comté de Marie , demeurent 
an Roj en obcyf&nce pour y prendre tailles ,. ai- 
des , oc tous autres droiâs , comme es autres 
terres de ion obeyllànce , la Seigneurie & re« 
venu d'icelle demeurans à Moniieur le Comte 
de Marie. 

Et pareillement les Chafteaux, Villes , Terres , 
Chaftelenies , & Seigneuries de Marie , Jarûy , 
Moncomet , faind Goubain , & Aily , demeu* 
rercmt à mondit ficur de Bourgongne en obeyUm-* 

• L i ce 



i&f PREUVES ET OBSERVATIONS 
ce pour y prendre tailles ^ aides , & tous autres 
droiâs deflùfdits , la Seigneurie & revenu detneu* 
rans au Comte de Marie fclon lecontenadcrar- 
ticle précèdent. 

Et auffi cfdites prefêntés trefves & àbftinencc 
de guerre en tant qu'il touche lefSits articles de 
communication , hanti(è , retour ^ & jou^&nce 
de biens ne feront conspris, M. Baudouin, tbydi* 
faut ballarddeBourgongne , le Sdgneur deRen» 
ty , Mcffire lean de Chaflâ , & Meffire * Phi- 
• De aminés lippe de Comiues , ains en feront &dcinenretODt 

^mthtmr de de tOUt forcIOS & CXCCptCZ. 

^î!LT'I3ïrfî ^'^ * ^^ ^^ aucune chofe eftoît fiute ou attcn- 
guttres^'excius' técavL Contraire de cette prefèntetrefVe, lèureftat 
éU cent Trif'& abftincnce de guerre , ou d'aucuns poinâs & 
^v - articles qui y font contenus , ce ne tournera , ne 

àiTchlrtes P^^^^^ préjudice, forsàrinfraûcur ouinfraûcuts 
Béurgwitte fculemcnt , ladite prcfente trefVe toufiours demeu- 
¥Jti. ». i4« rant en ùl force & vertu ledit temps durant , lef* 
quels infraâeur , ou infraâcurs en feront punis fi 
griefvemcnt que les cas le requerront , & ièroot 
les infraâions , fe aucunes font , reparées & retioîfcs 
au premier cftat , & dcu par lesconfcrvateurs cj- 
^rés nommez, promptement , fi la chofe y eft 
difpofée , ou plus tard commenceront à y befon- 
gner dedans fix jours après que lefdites infraâions 
feront venues à leur cognoî(&nce , & ne dépar- 
tiront lefdits confervateurs d'une part , & d'autre 
d'enfèmble jufques à ce qu'ils auront appointé & 
fait faire lefdites réparations , ainfi qu'à if>ptf- 
tiendra & que les cas le requerront. 

Item j Et pour la part du Roy , feront confo- 
vateurs pour la Comté de Eu , de fiûnâ Valleif^ 
&des autres places à Tcnviron, MonfieurleMt- 
refchal de Gamaches : pour Amiens , Beanvoi- 
fis , & marches à l'environ Monfieur de Torcy: 
pour Compiegne , Noyon , & marches à Tenvi- 
ron le Bailly de Vcrmandois : pour le Coaté 

de 



SURLESMEM.DECOM:Liv.IV. i6f 

4c Guyfe la Tkrache & Rethelois , le Sieur de 
Villers : pour la Chaftcllcnie de la Fere & Laon, 
le Prevoft de la Cité de Laon : pour toute la 
Champagne, Monfîeur le Gouverneur illec y pourra 
commettre : pour les pays du Roy environ les mar- 
ches de Bourgongne , Monfîeur de Bcaujeu y pour- 
ra commettre : pour le Bailliage de Lionuois , le 
Bailly de Lion, pour toute la code de la merdq 
France Monfîeur TÂdmiral y pourra commettre. 
liem , Pour la part de mondit Seigneur de Bour« 

f)ngQC., feront confcrvateurs pour le pays de 
onthku & de Vimeu Mcflir* rhilippes de Cre* 
vecœur ^ -Seigneur des * Cordes : pour Corbîe *4i/.Defquer^ 
& la Prevofté de Feuilloy & Beauque&e le Seigneur <ic^ 
de Contes : pour Peronne & laPtevoftéde Peron* 
ne le Seigneur de Clary , & en fon abfoite le 
Seigneur de la Hargerie , & pareillement pour 
les Prevoftez & Villes de Montdidîer , & Royc , 
& pays, à Penviron : pour Artois , Cambrefis fc 
Beaurevoir , lean de Loneueval , Seigneur de 
Vaux : pour la Comté de Marie , Monfcigncnr 
de Humbercourt : pour lepaysdeHainaut, Mon- 
fieur Daymeries grand Bailly de Hainaut : pour 
le pays de Liège & de Namur , mondit fîcurde 
Hombercourt , Lieutenant de mondit ficur le Duc 
efdits pays : pour le pays de Luxembourg le Goa- 
f orneur dudit pays de Luxembourg Marquis de 
Rothclin : pour le pays de Bourgongne , jDuché 
& Comté , villes & places à l'environ e(hms en 
obeïi&nce de Monfeigncur , Monfîeur le Maré- 
chal de Bourgongne qui commettra en chacun 
lieu particulièrement où il fera belbin : pour le 
pays de Mafconnois , Replaces à Tenviron, Mon- 
fieur de Clefly , Gouverneur dudit Mafconnois ; 
pour le pays 6e Comté. d*Auxerre , & places à 
Fenviron , Meffire Tridan.de Thoulonjon .Goa- 
vcmeor dudit Auxerre : |^ur la ville & Chafle» 
leoie de Bar-fur-Seine & places à Tenviron le 

L 3 Sx. 



i66 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Si. D'Efchauct : pour la mer de Flandres , Mef- 
fiTC loQk de Lalaîng Admir:il : pour la mer de 
Holande , Zclandc , Artois , & Bolonnois , 
Moniieur le Comte de Boukatn Admirai cfdits 
licu>:. 

Item y Et s'il advenoit que pendant & durant 
le temps de ladite trefVe aucuns des conlèrvateors 
nommez d'une-part & d'autre allailènt de vie â 
trefpas , en ce cas le Roy de fa part , & mondit 

• ficur de Bourgongne de la fienne , feront tenus 
ide nommer , commettre & eftablir autres confe- 
vateurs , qui auront tel & (èmblable pouvoir 
comme les precedens , & ie fignifierauxconfer* 
iratcurs prochains , afin qu'aucun m^en puiflè pre- 

.cendre ignorance. 

Item , Lefquels confèrvateurs particuliers qui 
ainfi feront commis pour la part duRoy, &poQr 
la part de mondit (ieur de Bourgongne ou leun 
fubrogés ou commis s^ils avoient légitime excu- 
fation de non v vaquer en perfonne , c'eftà fça- 
voir les deux de chacune marche pour les deui 
codez , feront tenus de eux ailèmbicr diacune 
fèmaine le jour du Mardy une fois es limites du 
Roy , & autrefois es limites de mondft fieur de 
Bourcongne es lieux propices & convenables qu'ils 
adviC&ont pour communiquer illec de toutes les 

• plaintes & doléances qui feront furvenuës d*da 
coûé & d'autre touchant lefdites trcfves , & pr^ 
fiement en appointer & faire réparation ainfi qu'il 
appartiendra,» s'il advenoit que pourauconc grande 
matière il y euft difficulté entr'eux dont ils ne fc 
peuflènt appointer, ils feront tenus de les fignifier, 
& faire fçavoir incontinent ; c'efi à fçavoir les 
confervateurs de la part du Roy , pour les mar» 

ches de pardeça à N.. •..••^& desmarches 

de Bourgongne â N. ^ & les cimfcrva* 

• teurs de la part de mondit Seigneur de BoumMigne 
jés marches de pardeçà i Monfeigneur le uiance- 

lier, 



JRLESMEM. DECOM. Liv. IV. 167 

& gens du Confèii de Monfèignenr de 
;ongnc , & es marches de Boorgongae à mon-* 
îgneurleMarelchal, & aux gens da Confèil 
à Dijon , la qualité defditcs plaintes & ce qu'ils 
-ont trouvé , leiquels feront tenus de incon* 
, & le plus brief quefàirc (è pourra après ladi- 
iificationvuider& dedder lefiiites plaintes & 
ices s & en faire jugement & decifîon , tel que 
rs confciences ils adviicront eftre à faire. 
S9 , Et au cas qu'à caufe defdites difficultet 
tconfèrvateursrenvoyaflènt lefdites plaintes ^ 
[ue dit cil , & s'il y a pcr(bnne empefchée, 
i conlèrvateurs leur pourvoiront d^eflai^'flè* 
^ & s'il advcnoit qu aucuns defdicscontcrva- 
[èvouluflènt excufo d'entendre ciclites repa- 
s ^ maintcnans & pretendans Icfdites infra* 
> non eftre advenues en leurs limites, ils fc* 
n ce cas tenus le fîgnificraux conlèrvateurs es 
s duquel ils maintiendront lefditcsinfbâions 
idvenuës , lequel confèrvateur au cas qu'il ne 
ra entreprendre la charge d'entendre icul à la- 
eparation , Icra tenu de (by aflèmbler avec 
t Confèrvateur quiluy aura fait ou fait faire 
fignification : pour ensemble avec le Con* 
ïeur ou Confervateurs de Tautre cofié , be- 
ler cfdites réparations par la manière del&i& 

m , Et (Iront les Jngemcns' que feront lefdits 
èrvateurs d'une part & d'autre , exécutez re- 
ent &de fait, à ce feront contraints les (ujets 
: part & d'autre , nonobftant oppôfitions ou 



ieJ8 PREUVES ET OBSERVATIONS : 

Caaillc & de Léon , le Rqy d'Efcoflfe ^ Je Roy de 
Dannemark, le Roydcjerufiiicm &deSîd]e, le 
Roy de Hongrie, le Di}c de Savoye , le Duc de 
lx)rrainc , l%ve(qtte de Mets , la Seigncone & 
Communaatéde Florence, la Se^neurie &Goah 
xnunauté de Berne & leurfr 3l\\ki qui furent cooh 
pris en la Trefve précédente faite en Tan tnilqua* 
tre cens fçptante deux , & non autres ; Ceux de 
la Ligue, de la haute Âl^magne, & cei^duMfs 
de liiegc, qui le (ont declarçi pour le Rojr,a re- 
tirez enfouobeïfi[àncc,lefqueIs Alliez (èroQt WM 
de faire leur déclaration «'iif voudront eftre cooi- 
pris en ladite Trefve , & icelle fignifier à mondft 
Seiffneur de Bourgongne en dedans le premierioac 
de Janvier prochain venant, â( pour la part de mon- 
dit Sei|;neur de Bourgongne y feront copnprtf fi 
compris y veulent eftre , Très-haut & Trcs-puîf 
Ûnt Prince le Roy 4'Aqglcterre, le RQyd'£fco& 
iè, le Roy de Portugal, le Roy Fernande de Je- 
rufalcm , & de Sicile j le Royd'Arragon yleRoy 
de Caftillc &de Sidlefon fils» le RoydeDanne* 
mark , le Roy d^Hongrie , le Roi de Pologne « le 
Pue de Bretagne , Madame de Savoye , le JDuc 
fonfils , le Pue deMil&n&dcGençs, Iç Comte 
de I^omont &mai(bn de Savoye , le Pue & Sei- 
cneurie de Veniiè , le Comte Palatin , le Pue de 
Oleves, & leDucdeJulliers, les Archevelque de 
Cologne, Evefbuesde I^iege , & d'Utie<dit &de 
Mets, Icfquelsuronttçnus de faire decltfatioiislls 
veulent efke compris en ladite Trefve, & le figot 
fier au Roy dedans ledit premier jour de Janvier 
prochainement venant;:. Ce toutesfois attendu , 
quef! lefdits Alliez compris de la part du Roy ou 
aucuns d^eujç à leur propre querelle, oueo fiivear 
& ayde d'autruy mouvoieqt qu failbient guerre à 
mondit |kigneurdc Bouigoogne , il €e pourra con-. 
tre eux de^dre , & àcette qnles oi&ndrc , faire 
& exercer Ui guerre i g» «ttrement y relier d 

obî 



SURLESMEM.DECOM. Liv.IV. 169 

obvier de tonte fii puUIance» les contraindre & re- 
dofrc par armes & hoffilitez, ou autrement , (ans que 
le Roy leur en pniflè donner , ou faire donner iè* 
cours, ay de , faveur, neaffillance à l'encontre de 
inondit Seigneur le Duc , ne que ladite TrefVe (bit 
par ce enfrainte;& pareillement fi leldits alliez corn* 
ms de la part de mondit Sr. de Bourgongne , ou au* 
rons d'eux à leur propre querelle , ou en faveur & 
lide d*amruy mouvoient ou faifbient guerre au Roy, 
1 iè pourn contre euxdeffèndre, oc à cette fin les 
^fienore , faire & exercer la euerre, ou autrement y 
refifter & obvier de toute u puifiSince , les con* 
kramdre & réduire par atmes& hoftilitez,& autre- 
ment, làns ce que monditfieur de Bourgongne leur 
puifiiè donner ou faire donner (ècours, aide, faveur 
ne afiiftflnce , i rencontre du Roy , ne que laditte 
trefve fi>it par ce enfirainte. 

6em^ Pour ofter toute matière & occafion de ^^^ *J* 
guerre & débat pendant ladite Trefve , le Roy fei^'A '- 
déclarera pour mondit Seigneur de Bourgongne iDuedê smu 
L'encontre de l'Empereur des Romains, ceux dclaç»»»»» ««"^ 
Cité de Cologne , & tous ceux qui leur feront cy^'^SïïKwr 
après ayde & ièrvice i l'encontre de mondit Sei* 
gncur de Bourgongne, & proinettra ledit Roy de 
non leur fidre ayde , (ccours , ne àfiUiancc quel- 
conque à. l'encontre de mondit Seigneur de Bour- 
gongne, (es pais, Icigneuries & fujets en manière 
que ce loitou puiflè eitrc. 

Jbem^ Pour confideration de ce que ce prefènt 
Traité fut despieçamefmement au moi^ de May 
Pan 474. pourparlé & conclud entre les gens du 
Roy, & mondit Sieur de Bourgongne, le Roy con« 
(èm & accorde , que toutes les places , villes , & 
terrtt^ -qui depuis les pourparlemens decedit pre- 
fènt Traité , ont eflé prifes & occupées fur mondit 
Sieur de Bourgongne lès fujets ou Icrvitenrs , m^ 
quelque païs que ce (bit , par les gens du Roy » ou 
aotrtiy qui de û part ont & voudront cfire çom* 

pris 



170 PREUVES ET OBSERVATIONS 

piis en cette pr«i(ème Trefve, foient rendues &rf* 
fiitaées à mondit Sieur de Bourgongne , & à fef 
dits fajets& ferviteurs : &ainfî leferafiure paref* 
fet le Roy de toutes celles qui (but en ion obeif 
fimce, & les autres qui font de ùl part compris 
en cette Trcfve , feront tenus de le faire quant ) 
celles qui font en leur obdf&ice , avant qu'ils 
puiilènt joùyr de Tcfiet d'iccUet , ne effare reputez 
y compris. 

Item^ Pour meilleur entretenement de cette di* 
teTrefVe, ell accordé que les places de Harcy & 
Gcrondelles feront abbatuës , fi défia ne le font ,& 
les tares demeureront de telles fèignenrks qu'elles 
font. 

lum^ pour confîderation de laquelle Trêve, & 
mieux prq>arer& difbofcr toutes diofêsau bien de 
Paix perpctuelle , le Koy. fera tenu de bailler & de« 
livrer par efièâ, baillera & délivrera à mondit Sci- 
0ieurde Bour^ongne la ville de S. Quentin j &lc 
Bailliage dudit S. Quentin ^ pour le tenir en tel d^oit 
qu'il feifoit avant le commencement des prefentcs 

Î[uerres & divîfions : & dedans quatre jours aptâ 
a délivrance de toutes les Lettres accordées , le 
Roy en baillera ou fera bail 1er l'entrée & pleine oa« 
verture délivrance &obeï(&nce à mondit Seigneur 
de Bourgongne ou à fon Commis à ce , en telle 
puif&nce , ot en tel nombre de gens qn*U plaira i 
mondit Sieur de Bourgongne , en retirant ilule- 
ment par le Roy de ladite ville de Sainâ Quentin 
fon artillerie, telle qu*il y a fait mettre & amoier 
depuis qu'icelle ville s'eftoit mifb en fon c^rïfiân- 
ce , fans toucher à l'artillerie appartenante an corps 
de ladite ville, ne â autre y cdant- avant que ladke 
vilie fuit mife hors de robet (lance de mondi 



mondit 

gneur de Bourgongne ^ ou appartenante i antre 
qu'au Roy ou fes Capitaines : & à cette fin pourra 
mondit Sieur de Bourgongne, avoir aucuns 4e icf 
gens pour voir charger & emmener ladite aitiUe* 

ce 



SUR LES MEM.de œM. Liv. IV. 171 

• appartenante au Roy , & pour faire recaeîllir 
garder celle qui appartient à ladite y\\\c , ou à an- 
s qa*an Roy on à ftfdits Capitaines , & en rece» 
int ladite ouverture, obeiï&nce& délivrance de 
lite ville de S. Quentin par mondit Seigneur de 
^urgongneou (es commis , iceluy Sieur baillera 
idelivrera, ou par fon commis fera bailkr & déli- 
er es mains des gens & Commis du Roy â faire 
rlledelivrancc , fcs Lettres pour les manans Se ha* 
.ans dudit Sainâ Quentin , de les garder & cntre- 
lir en leurs droits , biens , & privilèges, & de 
m les ttavailleroumolefter pour les chofès pa& 
es, & auffi mainlevée de leurs biens immeubles, 
de leurs meubles cfhns en nature & debtcs non 
ceuësou acquittées , cflans es païs de mondit Skur 
^Bourgongne , & de lestraitter ainfi qurun bon 
imeur doit faire fes bons (ujets. 
oem , Quant à toutes villes , places & autres 
oies quelconques, dont cy-dcuiis n'eft faite ex* 
efK mention ne déclaration , & fur lefquelles n'eft 
trement difpolë & ordonné , elles demeureront 
teleflat, party, & obeïûànce durant & pendant 
Ktc Trêve, qu'elles font de prefènt. . 
Et icelle Trêve , abfUnence de guerre , & autres 
ides cy-dcillis declarct , le Roy & mondit Sei- 
eor de Bourgongne pour eux , leur^ hoirs & fuc- 
Sèors , promettront en bonne fby & parole de 
ijfic de Prince, par leurs lèrmensdonneï furies 
nâs Evangiles, fur leur honneur, âclbusTobli- 
iaa de tous leurs biens & (agneuries , avoir & 
lir fermes & fiables , & icelles garder, entretenir, 
acoomplir inviolablement , durant le temps & 
r les manières .ey*deflus (pecifiécs &* déclarées , 
is aller, fanre aucune choie , ou (buffrtr qu'autre 
ic aucune cholêaa contraire , dircâement ou in- 
êâcment, (bnsq[uèlquecau(è, couleur ou oc- 
Son que ce (bit , ou puifle elbe : &(:n feront fai* 
ft depefchées Lettres d'une part & -d'autre en 
le forme qu'il appartiendra» . Et 



174 PREUVES ET OBSERVATIONS ; : 

Et avec ce avons promis & juré , promcttootft 
jurons par tous les (crmens deûùfdfts , de îamaii 
avoir ne pourchaflcr de noftre fàinâ Pcrele Pa- 
pe , de Ck>ncile, Légat, Pénitencier, Arcbcvei^ 
qut, Evefque,' ne autre Prélat, ou perfimne quel- 
conque , di(pen&tion , abiblution , ne relief 
vement de toutes les choies deflufdites , ne d'au* 
cuncs d'icelles : & quelque di(pen(àtlon qui en fi> 
roit donnée & obtenue par nous , ou par d'autres, 
ibubs quelque cau(è , couleur , & excuiàrïon qnc 
ce (bit , nous y renonçons dès à prefènt , pour 
lors , & voulons qu^elle (bit nulle , & de nulle 
valeur & effet , & qu'elle ne nous lott on puiflê 
efire valable ne profitable , & que jamais nous ne 
nous en puiffionsayderen quelque manière queee 
ïbft , ou puiflè efire. Et t)ource que de ces prcfin- 
tes l'on pourra avoir bcfoin en divers licox , nous 
voulons qu'ans Wifi»ffx d'icelles, faits &fignctpff 
l'un des Notaires & Secrétaires du Rot, oadeTiui 
de nos Secrétaires , ou Ibus Seaux Royaux , no- 
fires , ou aun-es authentiques , foy (bit adjouflée 
comme à ce prefent original. Et afin que ce fbk 
chofe ferme & ({able , nous avons fi^né ces piefin* 
tes de noftre main , & icclles fait (eeller de noftv 
Seel. Donné auGhaftel deSoulleure le treixiefine 
jour de Septembre l'an de grâce mille quatre cens 
(bixante& quinze. Ainfîfigné, Charles ^ &daSe- 
cretiireparmonfieurle Duc, le Gros. 

Pag. 262 & fuiv. & beaucoup d'autres endroks 
precedens&fuivans , il cft fréquemment parlé éa 
Conneftahle de Sainà Paul : Et particuliercniCDt 
page 268. où fa mort eft annoncée. Il faut VfAÏ 
ccfujet lliiftoîredelamaifon de LuxendxMRX dc 
Nicolas Vîgncr , imprima in quarto Pan lôi^, 
depuis la page 623. jufqucs à 732. donnéeau pilUîe 
par George Pavillon, qui parle amplement aeton* 
te la vie de ce Prince : Et les Mémoires pour l^Hî- 
ftoire de Navane , & de Flandre , mis en liin»^ 

K 



SUR LES MEM. DE COM. Lnr.IV. t^f 

it Van 1648. in folio par le (ieur Galland Prefbc 
derOratoire, page 191. Voicy quelques autres- 
pièces auffi le concernans. 

En la page 267* Et baillèrent kdit Connefiàbh 
à la forte de Permne^ &c. / 

Leftrt tfut le Chancelier de Bourgongne vûului 
avoir de Lotys XL à Teronnp avam que de 
, livrer le Conne fiable aux gens dudit Rey ^ 
pan mil quatre cens [eptante-cinq. 



LOuy5,&c. Atous,&c. Comme nofbe très- ià^^^ 
cher & tres*amé ftere & couiin le Duc de Bouc- ^ ' 
googoe nous ait &it remonflrcr, que jaçoit ce que 
parles Traitez naguercs faits , conclus. , jurez & 
promis entre nous & noftredit frère & couiin ^ nous 
lujr avons fait don , ceûion & tranfport de tous les 
biens nocubles , joyaux , or & argent appartcnans à 
Louys deLuxembourg , cydevant Cooneftable de 
France, & des villes, chafteaux, terres &fcigneu« 
riesdeHam, Bohain, & Bcaurevoir , & leurap* 
partenanoes , à nous confifquées , efcheuës & appar* 
tenans pour les caulcs & moyens contenus & decla* 
tex es Lettres fur ce faites : Ncantmoins il a efté ad-* 
vcrty , que ledit Louys de Luxembourg a , & tient 
aucunes autres places , terres & (èigncurics , & biens 
immeubles, tantennoftre Royaume que dehors, 
qui ne font compris efdits don & tranfports. En 
nous requérant que nous luy voulions donner y ce- 
der,&cranfporter rentière confifcadondudit Louys 
de Luxembourg , quelque part , & en quelque païs 
qœ lefdites places , terres & icigneuries (bient fi« 
tuées & affiies , en noilre Royaume ou dehors : 
& auffi que. pour meilleur entretenement de la Tre* 
ve prUê entre nous & luy , & afin de efchever 
toute matière de qucfiion & rigueur entre nops & 
tay^ nous le voulions quitter & dcfcbiarger de la 

rcfti- 



176 PREUVES ET OBSERVATIONS 

rcftitation des places de Lorraine ^ & deTot^n» 
ttpn que nous ou antres , en vertu de ladite Ire- 
▼e & des Lettres qui en dépendent , pontrioBS 
prendre à rencontre de noftredit ftere & confio, 
uns ce que nous ou autres , en vertu d*io6llo 
Trêve , puiflions ou doyons à caufe de ladite re- 
fiitution faire fait , ne prendre querelle contre loi* 
Sçavoir fàifbns , que nous ces choies conlidertoi 
defirans Tentretcnenient de ladite Trêve, & voo- 
hns en cette partie complaire i noftrcdit ftere à 
coufîn,luy avons confcnty& accordé, conloitODS 
& accordons par ces prelèntes , Tune deldites denx 
Requelles deiQùfdites à (on choix & option, doflt 
il fera déclaration , & nous fi|tiifiera laquelle dcf- 
dites Requeilcs il voudra choiur & ellirc 9 en dedtos 

le. prochain venant , & dés mainteottt 

pour lors , s'il choilit ladite Reauefte touchant & 
concernant ladite entière confilcadon , loy avooi 
cédé , remis & tranfporté, cédons, remettons& 
tranfportons pour luy , (es hoirs , & fucceflèmSy 
toutes les places , terres , & feigneuries , & tB« 
très biens quelconques appartenans audit Louysde 
Luxembourg , quelque part qu'ils (oient fituez & 
alïïs en noftre Royaume , & dehors , pour en 
joiiyr par la forme & manière que contenu eft 6 
Lettres dudit tranQ)ort , defdits biens, meubles, 
villes , places ^ terres , & feigneuries de Ham , 
Bohain & Beaurevoir ; & tout ainfi que fî en icel* 
les Lettres de tranfport eftoit faite expreiK men- 
tion dcfdites autres places , terres & leigneuries r 
& biens immeubles appartenans audk ixmys de 
Luxembourg en noftredit Royaume , & dehors: 
& ou cas que iceluy noftre frère & confia cboifr 
roit ladite Requefie touchant & concernant ladite 
reftitution deldites places de Lorraine , nous déi 
maintenant pour lors , avons quitté & quittooi 
parcefdites prcfentes noilredit frère & coufin<telt 
reftitution defdites places de Lorraine , &dcl» 

ic 



LES MEM. DE COM. Liv.IV. 177 

on que en vertu de ladite Trêve on pour* 
re ou maintenir à rencontre d'iceluy 
e & coufîn , & luy avons oudit cas 
'il choifira ladite Requefte , & promet- 
urole de Roy , & fur noltre honneur , 
; , nos hoirs & fucceflèurs , queàcaufe 
ifon de ladite reffitution, nous ne ferons 
rendrons querelle à rencontre de nofire* 
c coufîn : & celle defditesdeux Reque- 
otre dit frcre & coufîn ne choifira, de- 
omme non accordée , â en faire & difpo- 
replaifir , à la première fois que noftre» 
i coufîn le trouvera devers nous , ou 
Ira pour cette caufè envoyer devers nous, 
ing de ce ^ &c. Donné à Savigny fur 
ouxicfme jour de Novembre l'an de gra- 
atrecens feptante-cinq ^ &d€noftre rc** 
inziefine* 

t de Meffin Loujfs de tjixiwAêurg 
de SainB Pol^ Cânneftééle de Fran^ 
Peronne^ levinff-fuitriepne Nevem^ 
l quatre cens fef tante-cinq y t^leCe* 
fait à Paris le dixnetifiijme Décembre 
ont. Extrait fur V original. 

ine Patrisj &f /?///, ^ Spiritus foftâi , 
îLouys de Luxembourg Comte de Sainâ X475'. 
nellable de France , fais mon tcflament en 
olonté , en donnant mon ame à Dieu , & 
iant que icelle il veuille recevoir par Çà mi- 
: Et le corps au lieu de l'Abbaye de Ser- 
u casquejemourray plus prés dudit lieu 
3iartois de Hennés ,& confequemmcnt (i 
plus près dudit Hermès que de Sercamp, 
eftee enfepulturé audit Chartois de Hcr- 
IL M m^s: 



î78 PREUVES ET OBSERVATIONS 

mes : & au lieu où on me mettra foit dite une baflê 
MefË chacun jour à perpétuité, laquelle je vcus& 
ordonne qu'elle foit fondée* bem^ J*ordonneque 
pour mectreaion ame en repos, foient dites dôme 
mille Méfies , & veus que Ton commei^ce dâ 
cette heure à les dire , à deux (bis d'Artois pour cha* 
cune Méfie. Item , J*ordonne que tous mes torts 
faits (oient bien paye2, & pareillement mes debtes* 
Item fipt Méfies folcnnclles à Sainâ Paul, Luchea, 
Anghîcn , Ligny , Bricnne , Bohain & Ham. Item 
Fonder le vivre de treiïc pauvres fur Lambret. Item 
Je donne à mon petit fils Looystous mes meubles 
dont je n'auray point difpofé à mon trcfpas. j^ , 
Luy donne pareillement mcsacquefis, deiquekje 
«l'auray point difpofé , & à telle charge que ils fe* 
ront.Pareîllement sMi y a argent , je veux que icelay 
mon filsLouys face mon ordonnance toud»nt moa 
ame devant toutes chofes accomplies. Item^ Je vcox 
& entends que ma Comté de Lincy (bit à monditfils 
.liouy s , & tel droit que je puis y avoir es ]cvée$ de la 
dcbtcdcuë par Monlîeur d'Orléans. Ttem^ Je veux 
que mon fiîs Pierre ayt la Comté de Briennc , 
Pougy & laterrcdcBourdeuay: Etoucasqucl'on 
luy voudroit of ter ou cnipefcher , qu'il ' euft vingt- 
quanre mil efcus que auront & pof&deront de oioy 
ceux qui y voudront donner cmpcfchemcnt. £m« 
Je donne deux mille francs aux ferviteurs efians de 
mon Hoftçl au jour de mon .trc(pas. Je veux que la- 

Î^uclîne de Sainél Simon ayt à (a vie pour lubvenir à 
es affaires, latcrrequej'ayà Chavignon en Lao- 
nois , & la terre toute que j'ay à Crcfly. Item , i 
Anncttc la baftarde , la terre de laFctoillye en prés 
Chaftel en Cambrcfis. Item , luy donne trois 
mille francs furîeplusbcaudcmesrcvehus. /few, 
Je donne à Yolant aoffi baftarde deux millcfiancs, 
pour avancement de fbn mariage. Item , à mon 
fils Louys , je luy donne mamaifbn de Bruges. 
ùem , Je donne au petit Charles toutes mes tares 

de 



SURLESMEM.DEOOM. Liv.IV. 17^ 

de Cambrcfis, &ina maifon de Giaihr^y : Et it 
d'adventote il efloit homme d*Egli(è) je ved!&or- 
domie que Icfdites terres & maifon retournent à 
mon fils Lôuys, (ans ce que il en puiflè rien alie* 
ner. Item y L'argent de mon mariage fera converty 
en rente par l'advis de mes Teftamenteurs ,' pour 
mondit fils Louys , àfinqu'ilncfcdefpende, mes 
deteesft laigs payez. Item , Tout Targent qùîmc 
fera dca par le Roy au jour de mon trefpasV pa- 
ffcillemêtit je le donne à mon fils Louys. Toutes 
les choies deilbfdites que je luy donne , c^ëft à la 
dm^ du mariage de (à fœur : Toutesfois ic fcûs 
d'advis & d'opinion qu'elle foit mife d'Eglifèaa 
Pont Sainâe Maixence avec û fœur: Je luy bail- 
le cent ou 61 vingt francs à â vie , de laquelle 
rente en ce cas , pareillement mondit fils en fera 
chargé. Bem , Ordonné toutes les chofes qui toq- 
uent mes debtes , & le faiâ de ma confcience \ 
icront pris en deux ou trois bougettes qui font (ur 
le Moine noir , & que Maiftre lean Richer a porté : 
& fi cela ne fiiffit , (è prendra fur ce que Monfieur 
àc Roy a. Jtem , Je donne à Maiftre lehan Richer ^ 
ponrayderà fupporter fès afffîrescinq cens francs. 
Item , J'ordonne tous mes chevaux & hambys i 
Mefiire lehan le bafiard. Item , Je ordonne. & 
donneà Heâor de TEfclufe la terre de Bbrgtuval. 
Item , Je donne à Looys mon fils la terre d*A* 
cre, aflireprés de LcfiSne. Item^ Je donne à mes 
Tcflamcnteurs Monfieur le Prevoft,MaiOrc lehaa 
longlet , Maiftre Ican Richer , Maifire lehan de 
Senne , & Monfieur de Rout, au(quels je donne 
en accompliflànt mon teftament , ainfi que j*en 
ay en eux parfaite fiance , à chacun quatre ceni; 
fhmcs. Fait à Pcronne le vingt-quatriefme jour 
<k Novembre mil quatre cens foixante quinze ^ 
fbnbsmonfcing. Signé , Loi^s de Luxembourg , 
«vccicing manuel. 

M % £«l 



iSo PREUVES ET OBSERVATIONS 
E/i éne feuille Çtfuyit. tH tfirit ceqù fiât. 

* - • ' " ' ■ ' 

MEsTeftamenteurs je vous prie « que veuillcl 
doDuer quelque chofc , (elon vos conioencesi 
à Mathieu de la Haye pour fatîsfaire à Tachaptque 
feis dd fa terre , pour les Mottes que je convenis 
au payement de Tachapt de ladite terre. Pareille- 
ttient , eàtant que vous pourrez , accomplUfo 
mon teftament , fi vous avez des biens de œoy | 
veuillez donner à lacques le baftard mil fhmcs , 
& à fa fœur demeurant fur de Varenne , .mille Jt 
cinq cens francs ; & priez tous Dieu pour moy. 
Itetn j Tay donné & donne à mon fils Louys ma 
terre que j'àyd*Âcre , quieftducoftédelJéffines. 
Je donne à Mefiire lehanle bailard mes chevaux 
& mon harnois avec la terre de Hauboordin pour 
hiy , & fes hoirs malles yflàns de luy. EÎcrit en 
ITHloftelde la Ville le dîx-neuficfmc jour de I>5- 
cembremil quatre cens fbixante& quinze à fàriSi 
le tout fans préjudice de mon teflament précèdent. 
Signé , Louys de Luxembourg , avec (on fting 
tnanùel au bas , duquel .& de ùl propre inain (ont 
efinrits ces mots, Priezpourmoy. 

Copie (ûr les Originaux (bubGgoez dudit 

Comieftable. ^'. 

jl diSix feuilles efi attaché un affe ejeriê en pat" 
chemin f contenant ce qui ef^t : 

A Tous ceux , &c. Cet Aâc cotitient la de» 
claration d!aucuns tefînoins ouys pardevant 
Notaires , qui attellent lefdits Teflament & Q>- 
dicilcefirefoubfigncz dudit Connefiable > & bien 
recognoifire fon fein manuel : mefine ïim d'eux 
dit, que ledit Connedable luy depofii aurc les 
mains ledit Tcftamcnt fait à Peronne. 



M 



SUR LES MEM- DE COM. Liv, IV. iSt 

" Enmcfinc page, ^ôT.Ilfufu^cmJemnéàmmp -, 

rir , Ç*f tout f es biens furent confifquez* 

frocés Criminel fait a Meffire Loujfsde Luxim* 

botirg OmtedeSainSl^faul » ConnefiaHc ucLû^^ 
de Franc f y l'an I47f . ^^^f' ^*"*^ 

nu J$ Ufê- 

Du Lundy 17- jour de Novembre Tan i47f.^»^^''«» 

Qnsieur Meffire Pierre d'OriolIc , Cheva- **^** 
lier, Seigneur de Loyre en Aulnis, Chance* 
lier de France, Meffire Jean le Boulengicr,Che« 
valîcr , premier Prefident , MonGeur de Gaucourt, 
Lieutenant General du Roy , & Gouverneur de Pa- ^J^i^^^^p^i, 
ris , &de l'Ifle de France , Mefficurs les PrcG- Mudijfutétsfi^ 
dents, Maiftres des Requcftcs ordinaires, &Con' ^'»^ ^ t'*^^ 
feiUersL Clers , & Laysde la Cour de Parlement ,^f^ ^'^- 
Proonreur &Advocats du Roy en icelle Cour , ctw tk r!^lêm 
Philippe Luillier Capitaine de la Baftille fainâ mmt 
Anthoine à Paris , fire Denis Effelin , Confetl- .,*^^î«; 
1er , & Maiftrc d'Hoftel du Roy, & Maiftre Aubert r^""^^ Z 
licvifteauffi ConfeillerduRoy, &Rapporteur en conuiiiexf 
(à Chancellerie , eftans tous dans ladite Baftille. ''« ^ ^••' ^ 

Arrivèrent en ladite Baftille Monficur Louys » ^*''''^** 
Balbrd de Bourbon , Comte de Rouffillon,Âd* 
mirai de France , Meffire Jean Bloflèt , Che» 
valier , fieur de faiqd-Picrre, Bailly d'Alençon, 
& Capitaine de Cacn , Imbert de Batarnay, Efcuyer 
fieur du Bofchage , Confeillers , & Chambellans 
du Roy, & Maiftre Guillaume de Cerifay Proto* 
notaire , & Secrétaire du Roy ', & Greffier de 
(à Ciourde Parlement ; lefquels par la bouche de 
mondit fieur l'Admirai dirent , & cxpoferent à 
nxmdit fieur le Chancelier , & à tous Mcffieurs 
de ladite Cour de Parlement , & Commiflàires de& 
fils nomme2, que par Texprés commandement & 
ordonnance du Roy , ils avoient amené Meffire 
Louys de Luxembourg y Chevs^lier , Comte de 

M 3 ûiv\ô. 



i82 PREUVES ET OBSERVATIONS 

• él tîgfiy. ^^^^ Poî 1 ^^ * Lincy , de * Converfkn , & de Bricn* 
« mI com- ne , Seiencor * d'Enghicn , & Conoefteble de Fran- 
merfan. ccquicftoit prefent, & le delivroient es mains de 
caycn?*"" ttODdîtfieur le Chancelier & de ladite Cour, pour 
^ ' par icel le Coar eftre procédé à fidre fon procès , tou- 
chant les charges & accafatîons qu'on difoît cftrei 
rencontre deluy , & en faire tout ainfi que fclon 
Dieu , railbn , Juftice , & leurs confciences , ils advi- 
fooiente(fa«àfaire. Lequel Monficur le Chance- 
lier , après qu'il euft parlé & confulté avec tous mef 
dits Sieurs , dit , & re(fX)ndit à mondit Sieur T Admi- 
rai y Seigneurs de Sainâ-Pierre , & du Bolcb^e , & 
Ghxffier de ladite Cour dcfTus nonuncx, que paifqne 
le plaifir du Roy eftoit d'envoyer ledit Comte de 
tt chance^ SainâPol fon Conneflable entre les mains de ladite 
lier ditfuU Cour de Parlement , qui ell la Indice Souveraine , & 
jr«[y vffJ«ir capitale du Royaume de France , que ladite Cour 
Vjj!d!^s,' ^^^^^^ ^^ charges qui cftoient i rencontre dudit 
PoMifut iu^i Conneftable , & fur icelles parleroit à luy ; & ce fait, 
far u cwf <^enordonneroitainfi qu'elle verroit e(lre à faire p«r 
£4Wm#irt ^ j^jfoj. Et demeura ledit Comte de Saind Pol de* 
dans ladite Badille en la garde dudit Mcffire Jean 
Blolict Chevalier , Sieur de Sainâ-Pierre , auquel te 
Roy en avoit commis la garde. 

Dh Mariy i%. jour dudit mois de Noxftmbn^ 

audit an I47f • 

En la Cour de Parlement , icelle aflèmblée, en la» 
quelle préfidoit mondit Sieur le Chancelier , Ait de* 
libéré & conclud, qu'iceluy Monfieur le Chancelier, 
mondit Sieur de Gaucourt Lieutenant du Rojbqtd 
prcfcnt cftoit , Meilieurs les premier & fécond Prcfi- 
dcnts, Mai Ares Raoul Pichon , Jean Avin , lean da 
Feugcrays, Guillaume de Vie, Henry Délivres, Jean 
Bauldrv , Jean Levifte , Pierre Turquan , Guiilaa* 
me de V itry,tous Confei 1 1ers en ladite Cour de Pa^ 
kment, Sire Denys Effclio, & Maifirc Aubcrt Lcvi- 



Péris. 



SUR LES MEM. DE COM. Liv.IV. i^ 
fie ddliis nommez, fc tranfporteroient en la Baftille, 
pour examiner ledit Meffire I^oys de Luxembourg 
lur les charges qui eftoient trouvées contre luy; & 
feraient fa coofi^flion rédiger par elcrit par ledit de 
Ceri&y Greffier de ladite Cour de Parlement , pour 
le tout rapporter à ladite Q)ur. En enfuivant laqucl* 
le délibération mondit Sieur le Chancelier , & mef> 
dits Sieurs les Coinmif&ires ordonnez de par le Roy 
& ladite Cour > fe font incontinent tranfportez en 
ladite Bâfiille , en la Chambre où eftoit ledit de 
Luxembourg Conneftable : & par la bouche de 
mondit Sieur !e Chancelier , après pluficurs belles 
& notables remonftrances , luy a elle dit , qu'il y 
adeu^ voyes , & manières de faire touchant ledit 
de Luxembourg, Tune de douceur , & Tautre de 
Joftice., La première, que fi ledit Connedable veut 
cboifir&eflire, d'efcrire, ou faire efaire la vérité 
des cas dont on le trouve chargé , & l'envoyer au 
Roy, & luy faire telles requeftesque bon luy (èm- 
blera; ou s*il ne luy plaill efcrire , ou faire efcrire t 
& il veut parler, ou dire de bcMiche la vérité defdi^ 
tes charges à aucuns de Meffieurs qui font prefents, 
ou autres de ladite Cour, qu*on Toyra tres-volon** 
tiers, & advertîra-ron le Roy de ce qu*il dira, Sç 
dont ille voudra advcrtir, ou requérir: Et Tautre 
voyeeftd'cftre interrogé par Juftice, ainfi qu'il efl 
accouftumé,& qu'il choififlè laquelle des deux voyes, 
qui luy fcmblera eflre la plus utile, il voudra.. A 
quoy il a dit , & refpondu qu'il y veut bien penlcr,& 
arequis qu'il ait delayjufques après difner» Ce qui 
luyaeftéoâtroyé. Et ledit jour après difnermcmdit 
Sieur le Chancelier , & mefdits Sieurs les Commif* 
ûires prefbnts en ladite Baftille , ledit Meffire Louys; 
de Luxembourg a dit^ qu'il avoir bien entendu ce 
qu^aujourd'huy matin luy avoit efté remonflré p&r 
. tXK)ndit Sieur le Chancelier , & qu^il avoit bien 
penfé: £tpourrefpon(cdit, qu'il aymoit mieux, 
eflre interrogé , félon la forme & manière de pro^ 
céder en Juiticc. M 4 X?«^ 



f«4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Dudit Mardjf tS.jofir deNavemkrey I47f. 

Prdcnts McflSeurslcsChaticeUer, Premier Pk- 
tt frtmttr fidctit , Admirai , de Gauoonrt , Nanterre Prcfideoti 
?rcfidcnt 4». Je Saind Pierre , Avîn , Feogeraîs , Pinchon «Ctp* 
!^^'^" ^'°^^^ laBallille, Eflcadc Paris. Meffire Looyi 
rouTemeur de Luxembourg Chevalier Comte de Sainâ Pol) 
ê Fêrit. de Liney, de Convcrfàn, Seigneur d'Enghien , Con- 
neftable de France , ayant juré (ur les iainâs Evan- 
giles de Dieu, par luy touchées , de dire veritéi 
a dit & confeffî ce qui s'enfuit , i^c. Suivent 
les Interrogatoires qui luy furent fiûts ce jour, 
& autres fuivans ^ avec les reiponles qu'il fit for 
iceuj. 

Vu i6. jâttrde Becembri midit an 1475* 

En la grand Chambre du Parlement , ladite Cour 
& toutes les Chambres adèmblées , & Commif&i- 
res dcffiifdits prefents , en laquelle Cour prefiddt 
mondit Sieur le Chancelier , adlé leu tout ceqoi 
fut le jour précèdent dit ôcconfeûëpar ledit Mef- 
fire Louys de Luxembourg : Et ce Ëiit a edé delibe* 
ré par ladite Cour ; Que en enfiiivant ce que a cité 
dernièrement conclud , c'eft à (çavoir de faire droiâ 
fur la confcffion dudit de Luxembourg , l'on pro- 
cederoitau Jugement dece prclènt proicés. Veupar 
la Cour le procès fait à rencontre de Meffire Loujs 
de Luxen]k)urg Chevalier Comte de Sainâ Pol, 
Connedable de France , enfèmble ûi confèfiBon 
volontaire par luy faite en icelle Cour, à quoy il a 
toujours perlèveré; Par laquelle appert des conipî- 
rations,& machinations par luy fôtes , pour indmre, 
(èduirc, inciter, &commouvoirplufîeurs des Pria- 
ces & Seigneurs de ce Royaume, & autres, d'eux 
cflever , faire Traiter » & bailler leurs Scellez au Duc 
de Bcjurgoogne , & autres ennemis de et Royaume^ 



SURLESMEM-DECOM. Liv.IV. %2f 

I rencontre do Roy ; duquel Duc de Boui^ongnc 
ledit de Luxembourg avoît dcfia pris le (celle & 
l)aillé le (ien, par' lequel ilai)romis & s'efi obligé 
mdît Duc de Bourgongne de le lèrvir envers & con** 
tre tons , uns excepter le Roy. Et par ledit feellé d'i- 
selny Duc de Bourgongne , il a promis audit de 
LfOzembourg d^entretenir à tous les Princes & Sei- 
meurs de ceRoyaume tout ce que par luy au nom 
audit Duc de Bourgongne leur lèroit promis: En» 
Kinble les Liettres de creanccpar luy eicrites au Roy 
d'Angleterre par Louys de Xainville , auquel de 
Kainville il avoitexpreilèment chargé , dire audit 
Roy d'Angleterre telle créance de par luy , que ledit 
Doc de Bourgongne luy ordonneroit : & piufieurs 
autres grands cas & crimes de leze-Maiedé , dont 
en ladite confeffion eft plus à plein fait mention ; le 
tout par luy fait , & commis depuis le feellé par luy 
baillé au Roy à Famiers le quatorziefme jour de 
May Pan mil quatre cens fcptante quatre , par le- 
îuel feellé il avoit promis & juré fcrvir le Royen- 
irers & contre tous , fans avoir regard à autre que à 
luy, & uns prendre intelligence avec Anglois, Bour* 
pignons , & autres ennemis du Roy par feellez , ne 
lutrement, en quelque manière que ce fut : com* 
Men que à ce il ait obligé par fuietion & aflriâion 
ic fidélité à caufe de faperfbnne , dùdit Office de 
Conneftable, &des foy, & hommages qu'il avoit 
Sùts au Roy de piufieurs de fès terres , & feigneuries 
îenuës & mouvans nuëment de la Couronne. Et 
tout confidcré ce qui fait à voir & confiderer , à 

Sinde& meure délibération, il ftra dit : Que la- 
cCpur a déclaré & déclare ledit Meffire Louys 
le Luxembourg crimineux de crime de leïe-Ma- 
cfiéf & comme tel Ta privé dudit Office de Con- jjc^ntféi 
leftable de France, & de tous fts autres offices, */« ^ SaM 
loimeurs , & dignitez : Et outre pour punition def- ^^^^^^i 
lits cas, ladite Cour Pa condamné & condamne ^/W/4 fim 
\ f^Màtmon , & cAre décapité en la Place de </< Guvi* 
T Gre* 



i8(J PREUVES ET OBSERVATIONS, te 

Grève à Paris , & a déclaré & déclare tons & cM 

Clins fes biens meubles & immeubles cflre 0CHifi& 

It cfrffs iUvoit qxxez& appartenir au Roy. Et combien ^ quevcQ 

^•J";"»*^''rcnormitédcs grands & exécrables crimes deleie- 

tnZnAJ^' Majefté par luy commis , ledit Mcflîrc Louys de 

pendus en Luxcmbourgdoivecdrecfcartclé, (èsquatremcQh 

%fêyt pMqm bres pendus en voyc publique , & le corps an gibet : 

mn'paTu Neantmoins pour aucunes confiderations à ce mon* 

chan^iiec vanslaCour; mefmesibn dernier mariage dont dl 

éê France, yffii cnfins , & autrcs cau(ès ; Icelle Cour a ordon* 

né, que après Tezecution publiquement faite défi 

peribnne , ainfi que dît eft , (on corps Icfa inhmn£ 

en terre fainâe , s'il le requiert. Prononcé en Par» 

lement par Meflire Pierre Doriole Chevalier, Chan* 

celicr de France, le dixneufiefme Decembic 

Tan mil quatre cens foixante& quinze. 

jExtrailt d*une petite hiflûin mânufcrite du Duc 
Charles de Bourgongni tranfcrit mot fewf 
mot I fiubs Van l^^j^ 

Ledit Duc tint un jour ces propos à Louys àt 
Luxembourg Conneftable de France , cftant prés 
Mémoires ♦ iccluy Ducde la part du Roy Louys XL BeoM 
Page 81. Coujin^ i/ûus ejles bien mon amy , îs? partant je 
vous advertis que vous preniez garde que le Roy ne 
face de vous coinmeil a fait d^ autres ^ votuvotdez 
demeurer far defcha , vous ferez le tres^tien de* 
meure. 

L*autheur ano;iy me d'îcellc petite Hîftoîre efloft 
Flamand , comme il eft aifé de reconnoiftrc par fin 
langage. 



PREU- 




PREUVES 

E T 

OBSERVATIONS 

sur les memoires de 

Philippe de Comikes. 



L IVRE ClNaUIESME. 

PA^. 271. wnlî qne es pss. 38. tii. ii6. 177. 
284. a86. 348. 389. 418. 544. ^46. yj4. 
587. j-Sb. fçi. 606. 607. où il eft fort parlé des 
Smiffis , de leurs alliances , mœurs , exploifte , 
& îerrtcct rcn>lus à la France : £t entre anircs pa» 
ges 389 & sçi où cfl &it mention de leuis Trai- 
ta avec la France. 

frtaitre AUiaac» dis Smfu «vie UFr4nce^ 
foiàs Chartes flJ. fan 14^5. 

CHari£S par la grâce de Dieu, Roy de Fran- 
ce.* A tous ccuxquicesprcfentes Lettres ver- 
root, Salut: Comme ainljfolt que l'cltal de iacon- 
dition hnmainefoit muable félon les divers mou- 
Tcmeos des ai^ires du oiondc , & n'y ait , cy bas 
qu'onc chorcquiQOUsreptcfcatc l'im^ de la vie 
bien- 



t88 PREUVES ET OBSERVATIONS^ 

bîen-heurcafe & celefte , à (çflvoir la dileâîon b- 
quelle ne s'altère point par les cvenemensfbrtoiQi 
ny bien fou vent nefe divile parles mefineseveBe^ 
zncns qui font afliftez de laraifon, qui ne peut s'é^ 
loigner , ny edre corrompue par le long coursdct 
anniées ; certainement nous cftimons efbre fort rai- 
lbnnable& bien fcant à nodre humanité , clémence 
& bénignité pour confcrvcr la bien-vcillance, paix 
& tranquillité d'un chacun , de nous munir de cette 
dileâion , ce que nous voulons de bon cœur , voue 
eocores le defîrons : Partant y comme aiofi 
aïie les Bourgmaiftrcs , Advoyers , Ammans,< 
Kils , Citoyens , Communautez , & Patriotes des 
Q'tés, Villes & Terres cy-aprés nommées, & can- 
tons de la vieille Ligue de la haute Allemagne : {(^ 
voir de Zurich, Berne, Soleucre, Luceme, Vry, 
Swits , Undcrwald demis & deflbus le bois « Zot^» 
& Glaris , bruflans de cette dileâion , & defiraps 
fort de s'allier au Sceptre des Lys , & converfèr eo 
no(fa:e Royaume : nous ayans nagueres requis de 
les recevoir dans les bras de noftre amitié & bien- 
veillance, & qu'il nous pleuft entrer en bonne in- 
telligence avec eux : Nous à ces caulès defirans uoi- 
vcriellcment la confèrvation d'un chacun, &prin* 
cipalement de ceux qui s'efforcent de vivre en bon* 
ne paix & tranquillité , après avoir meurement coa- 
fidcré la (inccre volonté & entière afièâion qu'ont 
envers nous les Bourgmaifbes , & autres fufnom» 
met touchant le traité d'Amitié , qu'ils défirent 
contraâeravcc nous &nos fujets , afin d'ofter R» 
perturbateurs de la Paix ; & qui haiÏÏcnt le repos 
des hommes : Avons traité & confenty , traitons 
& confentons avec les fufdits Bourgmaiftres , A* 
voycrs, Ammans, Confeils, Citoyens, Commu- 
nautez, & Patriotes des Citez, Villes, Terres,* 
-Cantons delà vieille Ligue de la haute Allemagne^ 
Sçavoir de Zurich , Berne , Solcurrc , Luceme, 
Vryj Swits, Undcrwald deflus&dcilbtts Je bois, 

Zoug 



SURLESMEM.DECOM.Liv. V. iftjfr. 

26iig & Glaris , Tamitié , intelligence & conven- 
\IODS fuLVantes. En premier lieu , nous avons pro* 
QiSs & promettons par ces prefentes pour nous & 
les fbccelièurs uii accord oc convention durable, 
I toufiours de n*e(fa» jamais contraires par nous , 
ly les flijcts de noAre Royaume , ny aller à Ten* 
rontre dcfSits Bourgmaifires , Advoyers v Ammans, 
i^onfcils, Citoyens, Cbmmunautcz, & Patriotes 
les (iilHîtes Citez , Villes, Terres, & Cantons de 
a vieille Ligue de la haute Allemagne , ny contre 
cors fiiccelleurs , ny donner aide , fecours , ny fa- 
veur à aucune perfonne qui vciiille entreprendre 
:ontrt eux j ny recevoir ou confcntir efire reçeu par 
noflre Royaume, ou autre lieu de nofire domina- 
tion aucun qui veuille attenter à rencontre d'eux* 
ligm s Que les fufdits habitans defditcs Citez ^ 
Vailles, Terres, & Cantons de la vieille Ligue de 
la hante Allemagne , Ambai&deurs, Gentilshom* 
mes , Marchands , paflàgers , & autres quelcon- 
ques du pays, de quelque condition, degré, cftar^ 
DU dignité qu'ils foient , puiflènt palier & retourner 
{nrcctous leurs biens &elquipages , armez &non 
armez» àpied, & à cheval par nofire Royaume, & 
Terres de noftre domination • uns recevoir aucun 
trouble ny fàfcherie réelle ou verbale , pourvea 
qu'à rocGifion de cette permiffion , il ne foit ap^ 
por^ aucun dommage, préjudice , grief, ou in- 
commodité à nous ou à nos fujets , aux Princes 
denoflre Sang, à nos confèderez , ny i nos AN 
lianoef •• Lciquelles chofbs , afin qu'elles ibienc 
plus fermes & fiables i Tadvenir , nous avons en 
tby 6e parolle de Roy confirmé , & corroboré ^ 
confirmons & conoborons de noitre Seau ces pr&* 
lentes. Donne' la quatriefine Ferie d'après la 
FtRc de Pafques , l'an de no(b:e Seigneur , mil- 
le quatre cent cinquante-trois , Et de nolire règne 
le^&c. 



nço PREUVES ET OBSERVATIONS 



JUfificMtiùH du Traité J^AUiéÊme de Ùké/^ 
lis Vlh avec les Suif es , fsr U Ry 
LêWfs XI. Pan l^l* 

LOu Ys parla grâce de Dieu Roy de Fnncei 
A toas ceux qui ces preftntes Lettres vatooti 
Salut. Comme ainfi (bit que vivant d'heoretifi va> 
moire, noftre Pere& Seigneur, (à TamednqBd 
Dieu face mercy , ) aycnt efté entre luy d*inieptft| 
& nos tres-chers & bien aimez les Gonfbils , G 
toyens , Communauté , & Patriotes des Giteii 
Villes , Terres, & Cantons de la vieille Ligoede 
la haute Alemagne cy-defibs nommeï içai^ de 
Zurich, Berne , Soleurre , Luceme 9 VryiSvrits, 
Underwalddeflbus le bois,Zoug & Glaris,d'aiir 
tre; Eûtes , traitées & arreftées certiines L^iKfy 
Pache * Conventions , Amitiez & intelligences , ce 
* Pâfts requerans ledits Confeils , Citoyens, & Comnm* 
nautex : Sur quoy iceluy nôtre Seigneur & poc 
anroit lors fait les Lettres , contenans ce qui s'cimnt; 
Charks^arUgracede Dieu Roy de Fran€€^ Atm 
eeux qm eesprefeuees Lettres verrous , Sahet. Cmmm 
ainfi Joitque PefiaSde la eoudHion humaine fois mmh 
hle^&c. maintenant les fufditsCon(èils, Citoyen 
& Communautcz des Villes, Terres, & Cantons 
delà vieille Ligue de la haute Allemagne noosûnt 
envoyé leurs Ambaûàdeurs , nous cxhortaas p« 
trcs-in(tantes fupplications de confirmer , TadfitTi 
& continuer les fufdîtes Ligues, Amitiés, PachcS| 
Conventions, & Intelligences , à quoy leurs ver- 
tus ce requerans , & confideré le zèle de finccre dî- 
Icéhon & révérence , qu'ils ont eu jufques icy en- 
vers nous & noflre fufdit Seigneur & père, noof 
avons efté meritoîrement inclinez : Nousdoaqaes 

?ui dcfirons de toute noftre affeâion amplifier hi 
aix & l'amour entre les peuples Chrefliens : Sça- 

voff 



?UR LES MEM.DE COM. Lir. V. îçî 

fàilbns , que pour les caufes fafdftcs , & au- 
à ce nous mouvahs , lotions , approuvons & 
ons ; & après la ratification avons loiié & ap- 
vé , & eu agréable , comipe nous avons par 
>refentes îeÛitcs Intelligences , Amîtieï , Pa- 
, Conventions , & toutes autres chofes fufdî- 
voulons & con&ntons les tenir & obfover (Pr- 
ient à jamais par nous , nos fujets , amis Se 
kderei , tout ainfi qu'elles eftoient tenues & 
rvécs par noftrc fiifdît Seigneur & pcre , com- 
il cft contenu & exprime 6s Lettres q^-deflus 
îles : En tefmoin de quoy nous avons fait met- 
yottrc Scel à ces prefentes. Données i Abbc- 
; le vîngt-ftptîefine Novembre mille qua- 
!ens lôixamc trois , &deûoftie Rogne le troî* 

rard entre le Rfff Leujfs XI. O* les Suijfes^ 1470. 
entre le Duc de Beurgenffie Fan 1470. 

OUYS PAR LA GRACE DE DiEU 

Roy DE France. Et nous les Bourgmai- 
i, Advoyers, Ammans, Confeils, Citoyens, 
nmunautez , & habitans des Citez , Seigneuries, 
i^inces , & Cantons de la grande Ligue de la 
c Allemagne cy après nonunez , Içavoir de Zu« 
, Berne, Lucerne, Vry , Switz , & Under- 
i d'autre part: Sçavoirfaifbnspar cesprefèntes 
us prefens & advenir , Que nous de part & d'au- 
>our la confervation de noftre (incere & ancien- 
anitié , laquelle s'eft jufques icy notoirement 
titenuë entre nos Seigneurs prcdcccflëurs&ma- 
I , & nous , & pour continuer une bonne intel- 
1CC& union, nous nous fommes accordez en 
mne & manière qui s'enfuit, 
çavoir faifbns que nous Roy de France fulHit^cn 
temps à jamais ne donnerons par nous ou les 
rc$| coniointement ou divifcmçnt , dircôcmcnt 



ipi PREUVES ET OBSERVATIONS 

ou indircâcment aa Dac de Boorgongne ancot 
ficourSy ayde, aflifiancc, nvfàveiir , comrenûi 
iofditstres-chersÂmisde la Ligue i aa moyen de 
quoy, ou les leurs en gênerai ouQxcial , puiffitt 
recevoir quelque détriment en leurs corps ou tneoii 
ou en quelque autre £içon qui puiilè arriver : Nooi 
ibnblablement fufdits Conièderez de la Ligoe^ 
promettons de ne jamais donner direâcment ou 
indireâcment aucun fccours, faveur , ou afiiflifloe 
au fufdit Seigneur Duc de Bourgongne contre le 
fulhommé le Sereniffime Seigneur , leTrcs-CSiie» 
fiien Roy de France, au moyen dequoypuiffiam* 
ver à luy ou aux liens en gênerai ou fpedal ancundfr 
triment de corps & de biens , ou de quelconque au* 
tre chofe , le tout fans dol , fraude , ou faullè ma- 
chination : Sauf toutesfois les Intelligences ftàxM 
dés long-temps entre les fufdit Rov , & nous de la 
Ligue, àce quVntous leurspoinas& ardclesdld 
demeurent, fauves , & en leçr perpecnelle fbroe 
& vigueur : Pour sUIcurance dequoy , nous avoui 
i ces prefentes fait mettre nofire Seel; DooBé 
chez le Roy en la villç de Tours le vingfiefiae 
Septembre mille quatre cens feptante, &de noûit 
Règne le dixiefme. 

^^j^ Alliance plus cftroite entre le fufdit Rey Lêiy$ 
XL Cr lefdtts Cantons des Suifes , Pan 
mil quatre cenf feptante-quéare^ 

NOus Bourgmaîftrcs , Advoyers , Amans 9 
ConfeiIs,& Communautczdes Villes &Pio« 
vinccs de Zurich , Berne, Luceme,Vry,Swits, 
Underwald , Zoug , & Glaris , de la grande Li^ 
de la haute Allemagne ; enfembleles Advoyersfc 
Coufeils des Communautez de Fribourg & So* 
leurre , à tous ceux qui ces prefentes Lettres va> 
ront , Sçavoir faifons que pour ce qu'à ce . toiv- 

d*haj 



SURLESMEM.DECOM. Lf\r.V- fpi 

iPhuv il y a eu ) &y aencoresune fcable charité & 
diteoion , voire perdurables intelligences entre 
Trcs-Chrefticn & Sereniiliine Sei^eur & Maî« 
tet y à nous très gracieux par deflus tous autres^ 
nous avons pefé a conclu en nous mefines d'af- 
Krmir & accroifire ces mefmes intelligences & am{« 
dexmutueles , eQ)erant que de ce fondement Teftat 
Bt commodité des deux Parties en acquerra une 
grande & durable Iblidité , à l'occafion dcquoy 
nous avons traité & accordé avec ledit Seigneur 
ELoy cette intelligence & union de (inccrc .& in- 
violable foy, en la manière qui s'enfuit. 

En premier lieu ^ qu'iceluy Seigneur tLoj en 
tontes & chacuncs nos guerres , & fpecialemenc 
contre le Duc de Bourgongne ^ & tous autres , 
il nous doit fidèlement donner ayde , fecours & 
ddïnfè . à fes defpens. 

Outre plus tant qu'il vivra 9 il nous fera tenir & 
payer tous les ans en fa ville de Lion , entcfinoî- 
gnage de fil charité envers nous, la fomme de vingt 
mille francs» Içavoir cinq mille à chaque quartier 
d'année, pour eflre difhibuei efgalement entre 
nous Parties fufdites. Et fi ledit Seigneur Roy en 
lès guerres & Armées avoit beibin de nofire (è* 
cours , & d'iceluy nous reqneroît , dés lors nous 
ferons tenus luy fournir à fes defpens tel nombre 
de fbldats armez qu'il nous (èmblera honnefie,& 
que le pourron&faîre ; c'efi à (çavoir , au cas 
que ne tuffions point occupez en nos propres guer- 
res : & fera la paye de chaque fbidat de quatre 
florins & demy de Rhin par mois , comprenant 
<k>iixe mois en l'an. 

Quand ledit Seigneur Roy voudra nous de- 
mander tel (ècours , il fera tenir dans l'une des 
villes de Zurich , Berne , ou Luccme , la paye 
d'un mois pour chaque (bidat de la levée qui 
luy fbra accordée , & pour les autres deux mois 
foivans en la cité de Genève , ou autre lieu 
Tome II N S.^i 



Î94 PREUVES ET OBSERVATIONS , 

qui nous fera commode , à noflre choix & vo* ji 
lonté. 

Du jour que les noflres feront Ibrtis de lenrt 
maifons commencera la paye defdits trois mois ^ 
ils jouyront de toutes les franchi&s , immunitez, 
& privilèges , delqucls les fujets du Roy jotiïf- 
fent. Et (i en quelque temps que ce ibit nous re- 
quérions ledit Seigneur Roy de nous prefier t> 
cours en nos g'ucrres contre le Duc de Bourgoogoe, 
& «que pour autres fîennes guenes il ne pcuft noos 
Cbcourir , dés lors à fin de pouvoir (buftenir nos 
dites guerres ledit Seigneur Roy nous fera dé- 
livrer en (à ville de Lion tant & û longuement 
que nous les continuerons à main armée , la foimnc 
de vingt mille florins de Rhin par quartier , fins 
préjudice de la fomme cy-deffiis mentionnée. 

En quand nous voudrons faire Paix ouTrefVcs 
avec le Duc de Bourgongne > ou autre ennemy 
du Roy , ou de nous , ce qui nous (èra loifîblc 
défaire , nous devons & fommes tenus de refer- 
ver fpecifiquement iceluy Roy : & luy fcmblable- 
ment comme nous doit en toutes fes guerres avec 
le Duc de Bourgongne & autres , pourvoir que 
faifànt Paix ou Trefves ( ce qui luy fera aufli loi* 
fible ) nous foyons fpecifiquement & finguliere* 
tnent refèrve^ comme luy. 

En toutes ces chofès nous refervons de noflie 

Eirt noftre Sainâ Père le Pape, lefàînâ Empire 
omain & tous ceux avec lefquels nous avons jof 
qucs aujourd'huy contraâé aUiance , union , in- 
telligences , ou obligation par Lettres lèellées.Le 
mefincfcra de la part du Roy, horfinîs le Duedc 
Bourgongne , à Tendroît duquel Tun & fautic 
nous nous comporterons ainfi que dît a cfté. 

Et fi félon que les chofesfe trouvent difpol&s, 
îl arrive que nous foyons maintenant enveloppa 
de guerres avec le Duc de Bourgongne , dés kw 
& à rinftant iceluy Roy doit mouvoir pttîffim- 

ment 



SUR LES MEM. DE COM- Liv. V. tçf 

ment & ferîeufement la guerre contre ledit Dac 
& fàure les choies accoutumées en guerre qui 
fblent à luy & à nous commodes & profitables , 
le tout iàns dol & firaude aucune. 

Et pour autant que cette amiable union doit efire 
de bonne foy gardée , ferme , & inviolable , & 
à icelle fatisfàit durant la vie d'icelny Roy (laquel- 
le Dieo paru bonté luy doint longue & heureuic) 
à cette cauiè nous avons à iceluy Roy fait délivrer 
ces Pràèntes feellées des Seaux , delqucls nous 
liions dans nos Villes &Païs , ayans receudeSa 
Majeâé les lèmblables lèeilées & confirmées de 
fim Seau. 

Et denoAre part, nouslufilites Communautez 
de Friboorg & Soleurre confcflbns & advoiions 
tout ce que deûùs , & le recevons & avons pour 
agréable* En tefmoign^e dcquoy nous avons fait 
Radier nos Seaux à ces Prefentes. I>onné le disief» 
me iour du mois de Janvier Tan 1474. 

Dtclatation pins ample du contenu aux prece^ 
dens Articles O* Alliances 9 faite par U 
Canton de Berne , la mefine année mtl qua^ 
ire cens fiptante-quatre. 

NOus Âdvoyer &Confeildelaville de Berne, 
A tous ceux qui ces prefentes Lettres verront. 
Sçavoîr &i(ons , que comme ainfi Ibitque cy-de« 
vant ayt elté fait un Traité de ligue & confédéra- 
tion amiable entre Tres-Chrefiien & Sereniffime 
Roy & Seigneur Louys Roy de France nollretres- 
redonté Seigneur , & les Magnifiques Seigneurs 
de la vieille Ligue de la haute Allemagne , & 
certains Articles ayent edé efcritsf & arreûez fur le- 
dit Vr^té entre les Ambaf&denrs Royaux & ceux 
defiiits Seigneurs de la Ligue , contcnans la for- 
me dte ladite confédération , lefqucls ontcÛépor- 

Ni ' tel 



f ptf PREUVES ET OBSERVATIONS 

tCL & mondrcx audit Seigneur Roy , toutdbif 
poorce que Icfdits Articles àcaufede leurgencnh 
lité fe trouvent ambigus , ce qui pourroit a Tadve- 
nir apporter de la dilcorde entre ledit Seigneur 
Roy Tres-Chreftien & lefdits Seigneurs de la Ligue. 
Pour cette cau(ë , pour la (inguliere ai&âk>B qu ice^ 
luy Roy porte aufdits Seigneurs de la Ligne ^ & 
pour couper chemin à toute queftion à radvcoir, 
devant que du tout terminer ledit Traité & ÂH 
liancc , Sa Majefté a voulu pour plus amplede* 
claration du contenu aufdits Articles , eftrceiciai^ 
cy de la volonté & intention defdits Seigneurs de 
la Ligue : Pour ce eft-il que nous Advoyers & 
Confcils recognoidàns ledit Traité de ligue & con- 
fédération amiable , utile audit Seigneur Roy & 
audits Seigneurs de la Ligue , afin qu'il ne foit 
interrompu , mais conclu par une bonne fin, pour 
oftct toute occafion de Crrapule & doute , après 
avoir cfté bien & dcucmcnt informez de rinten* 
tiou & volonté defdits Seigneurs de la Ligue, en 
déclarant les chofes fufditcs qui cfioient révoquées 
en doute , nous adcurons , interprétons y & dé- 
clarons que ledit Seigneur Roy ne fe doit aucune- 
ment mettre en peine pourlcfecoursdelaLîgue, 
iinon au cas qu'il en foit par eux requis : & enco- 
res enco cas ne leur doit donner (ecours contre 
leurs ennemis , (inon entant qu'ils enflent fi graâ- 
de puifTance que lefdits Seigneurs de la Ligue 
preilèx & en urgente neceflité , euflènt befbin ne* 
cef&irement d'eitre lècourus , & ne puflènt autre* 
menr rcfifter à leur enncmy : Et fi âf Padvenir le- 
dits Seigneurs de la Ligue demandoienc lèœurs 
au Roy contre le Duc de Bourgongne , & kdit 
Seigneur Roy occupé en fes guerres propres ne 
pouvoit les fecourrir d*hommes , en ce cas il leur 
fera tenir & délivrer dans la ville de Lion viog^ 
mille florins de Rhin par chacun quartier d'améCi 
tant quela guerre effcâuellenKm docen: Et de 



SUR LES MEM, DE COM. 1.1V. V. 197 
Doilrc part nous promettons , foubs noQre fby & 
honneur , que toutes & quantes fois que ledit Roy 
demandera fccours aufdits Seigneurs de la Ligue , 
nous aurons le (()in & ferons efièâuellemeat qu'ils 
le cfcouteront & ayderont de (ix mille hommes 
en fcs guerres, Sç expéditions , fuivant la teneur 
de la dernière union & alliance faite entre eux 1 
toutesfois en payant : Et de ce nous nous rendons 
refponi^es vçrs (edit $eigncur Roy. Pour plus 
grande adèurance de laquelle déclaration , nous 
avons fait mettre (e Seau de noflre Ville à ces 
Prefentes 4onqées le fécond jour dumpis d'Oâo* 
bre 1474. 

Page 308. Et entre autres y mourytjkr k cif^wf 
ledit UHcde Botirgongne , &c, 

J^iptfihe de Charles derni^ Duc de Bottrgon^ i^^g, 
gne , qui fut tne d^evant N^ncj j Pan mil CetEpitapht 
auatre cens feptamcftx , U vxilU dfs'co^^fUf, 

KPJS t abrégé , lei 

' tftions les 

••*• / 1 ^w4 f ^«t « •v^ • é\ pi**' mémo* 

Tire du Tombeau diccluy Duc 9 qui eitiabies de la 
enterré dans l'Eglife SainaCcoi^e de laj^^* '* 
vieille ville de Nancy j en une Chapelle , 
qui eft à main gauche du Chœur , an 
deflbus des Orgues ; du codé de la cefte 
de l'Effigie. 

« 

CAroLUS ho€ Mlo Bargtmda ghria gèntif 
Condttur , Éuwopa qui fuit ante timor. 
Ganda. * rebellatrijc hoc plebs domitore , çremaSayitmtAtti 

Ptfifatrite leges perfete preffujugo eft. •Pag- 94. PS« 

Jfee msnàs buncfenfittellus ^Leodina crue0Mm 9 «, . 

Càmférro £îf ^mis Urbs pofulata fuit. , Jf *' *^ 

Monte fui Heritto * Fronças cum Rege cohortes , 

Lefavidam valida truferaS enfe fugam^ • pago u* 

N 3 Kk 



Ï98 PREUVES ET OBSERVATIONS 

• nge 17!. HoJlibHS expulfif Edméirdum *m Régna bcavH 

^figlica j frhnavo reftituem folio, 
Bella Ducum^Regumjue^ Cafarh omniafftmem^ 

lotus in effujo fanguine latus erat. 
Denique dstmfolitis fidit temerarius annis , 
66*^9"^ yf/f«^ Lotharingo ♦ cumDuce bella mwet\ 
291- 3oji Sanguineam voimuit * média inferPneliat/itam^ 
ios, Aureaqne bo/iili vellera liqmit i$tmo. 

• Pagc|o|. Ergo triumphaior hngava infecta Renatus , 

J^almam de tanto Principe viétor babet. 
tihi qui terras quafifti ( Carole^ ) Calum 

Det Dens , ^fpretas anteà Pacis opes. 
Nunc die Nanceios cemens ex athere muros j 
■'^ A clémente ferox hofte fepulchror ibi, 

Difcite terrenis quidfit eor^dere rébus , 

Hic toties viaor denique viéius adejl. 

Aux pieds du mefine Tombeau font encorcs 
efcrits ces vers qui fùivent. 

Duxjacethîc Carolus Bélgarumilla ignea virtus 

Cui Mavors dederat bella gerenda pater : 
Quemtimuit fubitis animofus Gallus in^armis , 

Cuique- Alemanorum terga dédire Dûtes , 
Quique animum HefperiasMlis agftabat inttrbes^ 

Sedfuhità invertit fors temulentaviam : 
Nam cicrn Ranerium beRo Jibi provocat hoflem ^ 

Occubuitfufo milite fir'atushunûi 
Et ne tanta viri laits iMellahiJaceret , 

Hoc viéiorviâi condidit offaloco. . 

ECCE Léo cegtdit^ iam paic 

QJJJ&SITA VIGEBIT. 

G H R O N O G R A P H E. 

koCte regUM sUCCUkUIt 

G A R o L Û s. 

A un quart de lieuë de.Iadice ville de Nancy 9 fiir 
^ • le 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. 199 

le chemin de Sainâ*Nicolas » y a une Chapelle 
^ue Ton nomme No/lre-Dame Je hft Secours ^faO' 
dée en mémoire de cette viâoîrc , attenant & 
proche laquelle fc. voit un Cimetière où furent 
enterrez ceux qui furent trouvez morts en ladite 
bataille. 

Pages 318. 319. le Roy Re^ de Sicile, &C. b 
Comte du Maine depuis Comte de Provence , &C« 
& pages 278. 279. 

Teftament du Roy René de Sicile , Comte de Prê^ i^J^ 
vtnct , Vm 1474* U vingt-dcuxiejmc 

Juillet. 

CE (ont en bref les claufês du Teftament de 
très-excellent , & tres-pui(&nt Prince René 
par la grâce de Dieu Roy de lerulklem , d'Arra* 
^on y des deuxSiciles , de Valence, Maiorquc, 
Sardaigne & Corlè , d'Âniou & de Bar , Comte 
de Barcelone ^ Provence , Forcalquier , & Pied* 
mont. 

Premièrement , Recommande fbn Ame an 
jour de (bn trefpas de ce monde à Dieu le Créa- 
teur , à la glorieufc Vierge Marie , & à toute la 
Cour celefie. 

Item, Ledit Roy teftateur veut que en quel* 
conque lieu qu'il tre(pa(Ièra , lèlon la volonté de 
Dieu 9 fon corps foit porté en r£glifed*Angers, 
pour dire en icelle fevely & inhumé ou lieu qu'il 
a ja efleu & préparé pour là fepulture , & ou quel 
cft ia lèvely le corps de la feue Reyne Uàbel de 
tresnoble mémoire en (on vivant ronefi)Ou(c. 

Item, Ledit Roy tcflateur veut & ordonne que 
a toa(iours-mais chacun jour perpétuellement foi( 
dite & célébrée une Meflè ba(ie pour fon intention 
à TAutel qu'il a fait edifiçf & ériger devant fadite 
fipulture en ladite Eglife d'Angers. 

N 4 **»« 



aoo PREUVES ET OBSERVATIONS 

Item^ Ledit Seigneur veut & ordonne que cba« 
cun an à toufiours-mais , foient dites & célébrées 
deux Méfies fblcmnelles à notte audit Autel , 
Tune pour (on intcndou , & à tçl iour qu'il tref* 
paûcra de ce monde , l'autre à tel jour que tref* 
paflà ladite feue Reyne Ifabe4U ^ pour le remède 
& intention de leurs Anles , & de Iciirs parcns & 
amis tref{>aflè2, & les Vigiles folemnclles des Tre£ 
paflcz le jour devant à \^fpres. 

Item , Ledit Sieur veut & ordonne que chacun 
an àtoufiQursmaisle fécond iour de Novembre , 
qui cA le jour de la Commémoration des Morts 
loit faite foicmnelle Commémoration & Oraifoq 
des Trcfpnflcx devant lefdites fepultures & auflî de* 
vant les fepultures de feu le Roy X«ouys fécond foa 
père , de très digne rpempire, & de la feue Reyne 
Yoland fa mcre , & de la Reyne M vie fcn ayeulc , 
& que devant chacunes defdites Içpulturcs , (bit 
chanté un Rcfppns des Morts, cniemble lesVe^ 
fet & Çolleéle accou(lumez : çVft à (çavoîr In- 
cHm , & Fidelium , & pour les fdrvîccs defluf- 
dits , ledit ficur laiilè , ordonne , & baille à ladi- 
te Egflife 4'Anger5 la fommc de cinquante livrer 
tournois de rente annuelle & perpétuelle , pour 
laquelle avoir & acheter , ledit Sieur veut fit oc- 
donne eftre baillé aux Doyen , &Cbapî^c de la- 
dite Eglife ppur une fois la fomme dç mil cin^ 
cens lYvres. 

Jtern , l^cdit Sieur donqe & laiflè à ladite Eglffe 
la belle Croix d'or dont Içpied eft d'argent doré 

Jiui a accoutumé de fcrvir au grand Autel de fa 
!!hapclle aux boqncs Fcftcs ^ en laquelle a une' 
grande pièce dç la vrayc Croix, 

Item , Donne ^ laide l teelle Eglife fa belle 
tapilfcrie , en laquelle font conteiiuçs toutes les 
figures & vifîons de l'Apocalypfe. 

Item , Ledit fieur veut & ordonpe , que fon coeur 
{q\\ porté 1^ IcnfjeiTi^iq de îox^ obiten r£çlifcdes 

frères 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. aor 

ftercs Mineurs dudit lieu d*Angcrs , pour cftre 
inhumé & fepulturé en la Chapelle de ùàn& Ber« 
nardin qu'il a fait engcr , édifier, parer, &four* 
nir , concîguë à rEglîfè defdics frères Mineurs. 

Item , Ledit Sieur veut & ordonne, que en la* 
dite Chapelle de Sainâ Bernardin , foitdite & cé- 
lébrée chacun jour de Tan à toufiours-maisperpe- 
tnelkment une bailè Meflc , & chacun an à tel 
jour qu'il trcfpaflcra une Meflc a notte , & le 
jour devant Vigiles des Trelpaflèz folemnelks 
pour le rcmcde & le falut de Ton Âme , & de fes 
predeceflèurs parens & amis trefpaflèz , & pour 
lefdits fer vices eftre faits & continuez , delaiflc& 
donne aufdits frères Mineurs en aumofnc perpé- 
tuelle chacun an à toufîours-mais le nombre & 
quantité de trente fcptiers de fourment , & pour 
k luminaire defdites Mcflcs aufli chacun an à 
toufiours la fommç de dix livres tournois , les- 
quelles quantité de trente feptiers de fourment, & 
fomme de dix livres , ledit iieur afliet & affigne 
fur les rentes & revenus de la Menidre. 

Ilem^ Veut & ordonne ledit Sieur, que le jour 
4e l'inhumation de fon corps, cinquante pauvres 
^ient vefiùs de noir à lè^dclpens, lefquelsporte* 
ront chacun une torche du poids de trois livres , 
& veut en outre que les luminaires de cierges , 
torche^ & flambeaux, fôicnt mis par dedans TE* 
elife tout à Tenviron , comme eft accoutumé à 
wtc pour les Roys , tant le jour de Tinhumatioà 
du corps , comme le jour du fervice , & que la 
Chapelle ardante qui fera deflus le corps (bit four- 
nie de luminaire & de paremens , comme en tel 
cas pour les Roys cft accouQumé , & auffl que 
pardedans l*£glife tout à Tenviroh , foit une Hte 
de bottgran , ornée & femée des Armes dudit 
Sieur , avec les paremens femblables à ceux qui 
furent mis en ladite Eglife à la fepultureou inhu-* 
Oiatioii de ladite feue Reyne I&bel , & que le 



ao2 PREUVES ET OBSERVATIONS 

grand pulpite de l'Eglife foitanfli couvert de fin- 
Diable boQgran noir. 

Jbim , Ledit Seigneur Roy teftateur , veut & 
ordonne que tous Chapelains qui voudront com- 
paroir & affilier à ladite inhumation de Ion corps, 
& illec célébrer Meflè ils Ibient receus , & qœ 
pour les Meflès par eux célébrées , ils iôiait 
payexfàns delay en la manière en tel cas aocou- 
fiumée. 

Rem ,Ledît Sieur veut & ordonne , que 'tons 
ks Religieux desMonafteres&Convents , SLwaù 
û tous les Collèges de ladite ville & faux-boQxp 
d'Angers foient a conduire fon corps jufqœs i 
ladite Eglifè d'Angers, & que chacun defdits Col* 
lq;es, Monaftercs , & Couvents fiicent une cooh 
memoratton far le corps , laquelle faite , ils re- 
tournent en leurs Egli(ès , pour dire & célébrer 
le fcryice accoutumé en tel cas pour les trelpal* 
fez i & pour lefdits lèrvices & proccffion^ ledk 
Sieur laide & donne à chacun defdits Collées & 
Monadcres la (bmme de dix livres tournois , & 
à chacun defdits ConventsMandianslaIbnuiiede 
cent lois. 

Ifem y Ledit Sieur tefiateur lallSc & donne â l'E- 
glife d'Angers pour la proceflion & conduite de 
ion cœur jufques à l'Eglife defdits frères Mineurs, 
la fi>mme de quinze livres tournois , & à chacou 
defdits Collèges & Monaftcres la fomme de fi>ixau- 
te fols tournois , & à chacun defdits Couvents 
Mandians la fomme de quarante fols .tpuriiois , 
veut auffi & ordonne tous Kmblables fèrvices , prp- 
cieffions , & luminaires eflre faits à l'inhnmatioQ 
du cœur , comme à la fcpulmre du corps, &qoe 
toutes lefditcs chofes foient faites le lendemaiia de 
la fepulture de fondit corps. 

//«», Veut & ordonne ledit fîeur Roy tedateur, 
que les ferviccs de proceilton y ilation , lumioat- 
rc » chapeaux , adminifiiation de pain & via par 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. 20 j 

loy infiituex, &ia accouftumcz de faire à TEglilê 
d'Angers, à caufëde l'une des hydries * efquelles* cnichei 
Noftre Seigneur fît miracle en converfion d'eauë en 
vin es nopces d'Ârchitriclin , & laquelle hydne il a 
donné à ladite Eglife , & ait icelle colloquer en 
lieu honorable prés du grand Autel d'icelle Ëglifê, 
finent entretenus & continuez à toufîours , mais per- 
pétuellement en la forme par lui inftftuée & com* 
pofée , & pour la fondation defdites chofes , il laiflè 
& donne â ladite Eglife d'Angers trente livres de 
rente annuelle , & perpétuelle , pour laquelle avoir 
& acheter, ledit Sieur veut efire payé aux Doyen 
& Chapitre pour une fois la fbmmc de mil livres 
tournois. 

Aem^ LfCdit Sieur Iaiflè& donne à ladite Eglift 
h (bmme de cent livres tournois de rente annuelle 
& perpétuelle, pourdire& célébrer à jamais, per- 
pétuellement une Mcflc baflè à Tautel de Moniieur 
fiu'nâ Maurice dernièrement conftruit & édifié en 
lacroifée de ladite Eglife à main dextre , & pour 
fournir de luminaire , veftemens , & Ibnnerie à 
l'heure qu'elle a accoutumé edre fbnnée , & dite , 
&8ppelléelaMefl[ède Tordre du Croifiànt , pour 
laquelle rente effare achetée par les Doyen & Chapi- 
tre , ledit Sieur veut & ordonne leur effax payé pour 
une fois la fbmme de trois mil livres. 

Item , Veut & ordonne ledit Sieur , qu'en lieu 
dç la charité ou aumofhe accoutumée de donner 
aux pauvres es jours des funérailles & fèrvices des 
Roys, Princes, & grands Seigneurs , afin qu'op- 
preffioD, bleflure, ou mort de gens ne s'enôiive, 
comme autresfois on a veu advenir,aumofbes fbient 
difinbu&s à l'equipolent , & di vifées en quatre par- 
ties, c'efl à fçavoir à pauvres filles à marier, pau« 
vres malades ou indigens demeurans aux champs f 
à pauvres ladres, & hofpitauxmal garnis de lias, 
linceuls , & autres chofes neceflàires ; pourveu 
que les pecunes ne foient point- baillées es Mai- 

fttes 



£CH PREUVES ET OBSERVATIONS ' 

ftres dcfdits hofpitaux , mais feront achetées lefditè» 
chofcs plus ncccflàires par les mains de Tes Exécu- 
teurs qui feront cy-aprés nommez : & pour lefdites 
charité &aumofne accomplir > il donne & laîile h 
fommc de mil livres tournois , à payer pour une 
fois &pour effare divifècs en quatre parties el^alles, 
pour fournir à ce que dit eft ; & laquelle Ibmme 
il veut eftre prife fur les plus clairs deniers venans i 
la Treforeric&mainduTreforicr d*Aniou. 

Item , Ledit Sieur donne & laide à fa tres*chere 
& trcs-amée fille Marguerite Rcync d'Angleterre 
pour fon droit d'inftitution , la (bmmedcmile(cQS 
d'or à payer pour une fois : en laquelle Ibminede 
mil cfcus il in(lituë& nomme (àdite fille héritière: 
Et fe il advient que ladite Marguerite Reyne , la- 
quelle eft à prefent vefve par la mort du feu Roy 
Henry d'Angleterre iadisfonefponx, fe tranfportc 
es parties de France , ledit Sieur veut & ordonne 
que tant que ladite Dame Marguerite demouraen 
vc£Vage, elle ait & prenne chacun an deux mil li- 
vres tournois fur les rentes & revenus de fon Du- 
ché de Bar , en laidàht en outre à ladite Dame (à 
fille fon habitation & demeure au Chafteau de Kœ* 
vres.* & ou cas qu'elle voudroit lever les truiâs& 
•emolumens dudit Chaftcau , ledit Sieur veut que 
Icfdits fruiâs par icelle leveï , foicnt comptez en d*- 
duâion de ladite fomme de deux mil livres tour- 
nois ^ & commande ledit Sieur que icelle Dameft 
fille foit contente deschofesdemifditcs , & qu'elle 
ne puiflè autre chofe demander. 

Item , Donne & laiflè ledit Sieur à fa tres-chffe 
&tres-améc fille Madame Yoland à prefent Du- 
cheflc de Lorraine, pour fon droit d'inftitutîoQ, It 
fomme de mil efcus d'or ; & en icelle fbmme de uA 
cfcus y avec le douaire à elle conflitué , il înftîtuè' 
& nomme ladite Dame héritière commandant que 
de ce fbit contente , & que autre chofc ne puiflè a^ 
mander. 



1 

m 



{ 



SUR LES MEM. DE COM. Lm V. 20f 

bem^ Ledit Sieur Roy Tefiatcur par (bnprefènt 
Testament, de fa certaine fcience& propos delibe- 
ce , confirme , loiie , ratifie , & approuve les dons ^ 
^ toutes & chacunes les donations par luy autrefois 
faites , & qu'il fera an temps advenir avant Ion de* 
ceds àtres-eikcellentc Dame Jeanne la Rcyne (on 
clpouic ) pour toute là vie durant ; & defquels dons 
& donations il peut & pourra apparoir tant par les 
Lettres de Ion mariage que par autres plulieurs Let*> 
très depuis 8c confiant ledit mariage faites & paflëes, 
& tant es parties d' Aniou , :de Barrois , que de Pro^ 
vence, lèlon les teneurs defdites Lettres , (bitqu'i- 
celles donations foicnt entre vifs& par tranlpôrt 
&îtâ ladite Dame ou autrement , en quelques ma« 
nieres qu'elles ayent eflé faites , delquelles dom^ 
tioDS la déclaration s'enfuit de mot à mot. 

Premièrement , Au Duché d'Anjou le Comté de 
Bcaufort , cnfemble toutes (es appartenances ^ \n 
Cbaftelr, Ville &Chaftellcnic de M'rebeau , avec 
toutes & chacunes fes appartenances ^ l'impofition 
foraine ) les fayens de la rivière de Mayne, les lieux 
de Chauze&delaRive, les Lieux de Lannois & 
du Palais , rifle-bonnet ) les Prez de Loyau , & {es 
Bois de Lefpau , enfemble toutes les appartenant 
ces en la Comté de Provence, les terres, chafteau 
& domaine de Sainâ Remy ; enlèmblc toutes ks 
appartenances , droits , jurifdiâions , tenemens, 
rentes, emolumens , dons , aydes fiuts & i aire 
parles fujttsdu lieu , tant en vaflàux ^ hommes^ 
Ibjecs ) comme en poflèfiions de terres cultivées, 
non cultivées, prez, champs , paftures , bois & 
canes en offices, & autres chofès quelconques, la 
-Tîile , terre à, domaine de Perthuis , avec la Ca- 
pitainerie dudit lieu, la Seigneurie, haute & baflè 
JurÛdiâion , cnfemble cous les dons & aydes qui 
feront faits parles fujcts dudit lieu , & toutes au- 
tres chofes appartenantes illec à la Seigneurie dudit 

Seigneur, ks ChaÛeaux des Vaux , ce Cadilion^ 

de 



V>6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

de Morcres , & de Vaguieres fituez aaditpaïs de 
Provence , & toute la Baronnie des Vaux , enfcm- 
ble la Vicairie & Capitainerie defdits ChafieaoZi 
avec les dons & fobfides que feront les fujets def- 
dites terres. 

Bem , Les terres, chafteau & ville d*Albaîgne, 
avec tous les droits & appartenances : & aoni le 
chafteau deCafielet, enlembletous les dons &a]r-. 
des defdits lieux. 

Item^ Lia grande traite de lèl des villes de Yeres 
& de Toulon , & généralement de tout les païs de 
Provence , & tout le droit qui peut venir audit Set' 
gneur à caufè de ladite traite. 
If 4I. péage» Iiemj Le ^payage de Tarafcon , enlêmble fis 
dépendances & appartenances. 

Itemj Les villes, terre & domaine de BrignoleSi 
cnfemble toutes les appartenances & vai&ux , hom- 
mes, fubjets, poflèmons, terres cultivées & non 
cultivées, vignes, prez , champs , bois , eauës, 
offices, & autres cho(ès quelconques. 

bem y Les quartonsdesfalinesdeVervette, de 
la ville de Notre-dame de la mer , enfèmble tous les 
droits, rentes, & emolumens appartenans aufditi 
quartons tant de droit que de couftume. 

lUtH , Plus donne ledit Teftateur dés àprelènt, 
pour en joiiyr après fon decex , à ladite Damefixi 
cfpoulè , fi elle le furvit , la ville & revenus de 
Sainâ Canat avec toutes fes appartenances, &les 
baftides d*Aix& de Mat2 , ainfi qu'ils (ë compo^ 
tent , enfcmble tous les meubles eftans efdhs lieux, 
pour en jouir & vie durant lèulemenL 

Ou Duché de Bar les villes , chafteaux , terres 
& feigneuries d'Eftain &de Bouconville; enlèm- 
hle tous les droits , aydes , emolumens & appar* 
tcnances defdits lieux , &auffi le chafteau & .do- 
maine de Morlay , avec le Capitainerie , dons à 
aydes dudit lieu : veut suffi ledit Sieur que toutes 
les donations delTufdites fortifient leur plein & deo 

cfict, 



SUR LES MEM.de COM-Liv.V. i#f 

cfiet , nonobfhnt rigueur de droit , ufàges de 
pus , couftumes, confiitutions , meûne la cou- 
ftame d'Anjou , par laquelle une femme mariée, 
après le decei de fon mary , ne peut avoir en- 
fonble douaire & donation , & toutes autres cou- 
fiâmes & u&ges à ce contraires : Et pource que 
ledit Sieur a touiiours aimé & aimera parfaitement 
ladite Dame jufques à la mort, tant en ftveurde 
mariage , comme pour les grandes vertus & bon- 
té d'elle , comme aufli pour les agréables fervices 
& bons termes qu'elle luy a toufiours tenu , il ^ 
veut , ordonne & commande à fcs héritiers qr-^ 
mes c(crits , qu'ils honorent & révèrent ladite 
Dame , & la laiilent aller , venir , reiider & de* 
mcttrer par toutes &chacuncs les places , ftignech 
ries & domaines que ledit Seigneur tient à pre» 
fent, & qu'il pourra tenir aujour de fon dece2. 

Item 9 Veut & ordonne ledit Seigneur , que la- 
dite Dame Reyne Ibn efpoufe ait tous les biens 
meubles qu'elle a à prefent avec elle , & qu'elle 
aura en fes offices & maiibns au temps qu'il dcce* 
dera de cefiecle. 

Bem , Plus ledit Seigneur laiilè à ladite Dame 
Ion e(poufe , & donne les joyaux qui s'en(uivent , 
c*efti fçavoir le grand t>alay , le diamant à la cef^ 
fb "^ , le grand collier , un autre moyen balay , « ^^ ^^^ 
le petit collier à diamant , les taflès & dragcouer 
d'or s les grandes taflès d'argent , les baffins d'or, 
la coupe & e(guierc d'or garnie de pierres , une 
ctcix de diamans. 

Hem j Ledit Teftateur donne & laiflè après (bu 
deceds , &de Cidite efpoufe , à lean fon fils na- 
turel les villes de Sainâ Remy & Sainâ Canat , 
avec tontes & chacunes leurs appartenances & de- 
pend^ices , pour en joiiyr luy & les fiens defcen- 
daos de fon corps en leal mariage à toudours- 
mais : & s'il alloit de vie à trefpas , ou fans en- 
Ami ;> Uns hoirs légitimes dcfçendans d'eux, le& 

dites 



io8 PREUVES ET OBSEIIVATIONS 

ditis chofes retoaraeroient au Comté de ProvdMr. 

ttén ^Jin- I^^^ 9 Donne & laifTc à (bndit âls le Marqu« 

/•» kétférd fkt du Pont fitué & afîis en fbn Duché de Bar ^ 

d'tàfpnt vmms ^y^^ toutes & chacuDCS fes appartenances quclcon* 

^i^9uiUn.SRt-V^^^ , pour en ioiiyr luy , & les fiens delccndu» 

my ft ^i.C4-de fbn corps en mariage à touiiours, &s'ilarrivoit 

Uê$n que luy &'lcs fions allafiënt de vie à trefpas ùas 

hoirs légitimes de l'ccndans d'eux, ledit Marqaiiàt 

rctourneroit au Duc de Bar. 

hem , Ledit Seigneur veut & ordonne que en 
TEglifede làinâ Anthoine de Pont à Mouâcm^ 
en laquelle eft inhumé & (cvcly le corps de fei 
Monfeigneur Louys iadis Marquis du Pont fim 
fils , foit faite une fepulture honnefic , &]on la 
condefcence de fbn cfùt , & pour ce faire feront 
pris les deniers fur les rentes du Marqtiifit da 
Pont. 

Item , Veut & ordonne que en ladite Eglife de 
fainâ Anthoine foit dite & célébrée une Méfia 
chacun jour de l'an à toufiours perpétuellement, 
pour le remède & falut de l'ame dudit feu Sieur 
Marquis .- Et pour la fondation de ladite Meffi 
ledit Seigneur Teftateur laiflTc & donne à ladite 
Eglifè de fainâ Anthoine la fbmme de cinq cens 
florins de Rhin à payer pour une fois , laquelte 
X Ibmme fera convertie à achepter rentes à ladifcr^ 

tion des Commandeur , Religieux &Gouverfieucs 
de ladite Eglife , Icfquels en recevans ladite 
ibmme s'obligeront à célébrer ladite Mefifè à tou- 
fiours, comme dit e(l, & feront pris lefditsdenieit 
fur les rentes & revenus dudit Marquifat du Pont. 
Item , Ledit Sieur laifilè & donne à TEglife de 
la benoiltcMagdelaineau lieu de Sainâ MazLami 
la fommcde fix mil fix cens florins de Provence, 
à payer par égale portion chacun an dedans dix anS| 
qui c(l en chacun dcfciits ans cinq cens foixaote 
florins , laquelle fbmme il veut & ordonne tee 
convertie à la continuation & accomplifiÈment^ 



SÛfe LES MEM.DE COM. Liv. V. 109 

''oQFrage de ladite Eglilè , par les mains des Sya- 
b*C5 de ladite ville , & du Prieur de TEglife du» 
\k lieu de Sainâ Maximîn , lefquelsferont tenus 
Dlêmblc & conjointement faire ferment folcmncî, 
ue ladite fomme ne fera en autre chofc convcr- 
e qac à Touvrage de ladite Eglife , comme dit 
1 , & veut & ordonne ledit Seigneur que lefdits 
eniers pour ce Êiire foicnt pris & levez fur les 
abelles de Rofne , nonobilant toutes autres a& 
mations faites & à faire fur lefdites gabelles , 
u^odlcs ledit Seigneur préfère , &veut eftrepre- 
eré celte prefente donation ou \ép , en fkveur 
l*icelle glorieufeSaitiâe , &delkdtte Eglife. 

Jbem y Ledit Sieur donne & laiflë à la ^ande 
Eglife de Strasbourg la fomme decentflonns de 
Rhin une fois payée , lefquels il veut eRre pris& 
levez fur les plus clairs deniers de ibapays de Bar- 
rois , & effare portet à ladite E^lilè , & ofièrts à 
une Chapelle eflant en ladite Ëglife , fondée de 
fàinâe Ùoîx , en laquelle a grande quantité de 
vœux. ' 

Item j Ledit Seigneur donne & laiflè à TEglifè 
de Noflre-Dame de * Lience un marc d*or , le- ^ . j.^*. 
quel il veut effare pris & levé fur les deniers plus 
clairs des rentes & revenus de fondit païsdeBar* 
rois. 

- Aem , Il veut & ordonne que les héritiers cy*^ 
mes efcrits , entretiennent à leur pouvoir fbn 
Ordre de Sainâ Maurice , ièlon la manière & 
forme contenue es flatuts & ordonnances dudtc 
Ordre. 

Item y Veut & ordonne ledit Sei^eury qu'en 
cas que la (ainâe &rcligieuie fraternité de paix ne 
(êroit entièrement érigée & publiée au temps de 
(on deceds, fes héritiers doivent fblliciter k pro* 
curer la publication dMcelle tant en Cour de Ro« 
me que autre part , tellement qu'elle puiiià Ibrtir 
tffcx félon l'intention dudit Seigneur , mi en a 

Tome //; O t&a 



iro PREUVES ET OBSERVATIONS 

e(ié premier commenceur & promoteur . & Ê- 
Ion la teneur des Bulles , par le Saina Siège 
Apofiolique fur ce o&oyées & pafiées , & en ce 
eux employer, 

Bem , Veut& ordonncledit Seigneur, que en 
cas que le vœu du voyage par luy promis au&ioâ 
Sepulchrc ne foit accomply avant Ton deccds,fo 
héritiers & exécuteurs fbient tenus incontinent tfxh 
ibndit deceds , envoyer homme propre & expcâ 
audit fiunâ Sepulchre , pour ledit vœu Uen & 
deuëment accomplir : & pour ce faire ledit Siear 
lldflë & aonne la fomme de trois mille Duats ^ 
pour eftre convertie tant au voyage de celuy qui 
ira , comme pour les oblations & bienfaits qui fe 
feront audit lieu , pourveu que les delpcns&c^ 
Inyqui fera le voyage feront taxez à rarintre & 
jugement dcfdits exécuteurs , pris fur lefdits trois 
mille Ducats & le refidu de toute ladite Comme de 
trois mille Ducats ledit Voyager fera tenu de por* 
ter& offiir loyaunnent an nom dudit Seignôir , 
& de ce rapporter aufdits héritiers & execoteois 
ibffifàntc certification. 

Item , Veut & ordonne ledit Roy Teflateur i 
commande & enjoint à (es héritiers, qu'ils aycDt 
pour teoommande2tous &chacuns{ès fcrviteutSy 
en maintenant & confçrvant ceux qui (bnt pour? 
veus en leurs edats , peniions , offices & autres 
provifibns , fans aucunement les leur lever &oficr 
pour quelconque caufè que ce foit. Et ceux qoi 
ne font pourveus , leur donner penfion ou pro» 
vifion pour leur entretenement , jufques i ce 
qu'ils loient pourveus d'offices condefcents i leur 
wat , ou autrement , aufquels offices ledit 
gneor veut iceux fèsfçrviteurs eftre re 
À préfères à tous autres , &ainii le commandei 
lefdits héritiers. 

Mim , Veut , ordonne & commande ledit Skar 
&oy, quctoutes & chacones fes vrayca debtesibieiit 

CD* 



L7R LES MEM.de COM.Lir.V. lit 

reiiient^ payées parles mains de (es exécuteurs, 
I forfaib amendez à toutes perfonnes & cre* 
rs , qui de ce feront apparoir fuffifammcnti 
:ttt en outre ledit Seigneur , que au ferment 
lacun créditeur , (bit creu , & adjouftd foy 
les à la fommc de vingt livres, pourveuquc 
s exécuteurs auront regard à la qualité des 
mdans, &auxcaufesdesdebtes, & que pour 
ire (oient pris des plus clairs deniers des ren« 
c revenus ordinaires de (es pays, e(quels leC* 

debtes (èront deuës à la difcretion , advis, & 
nuance de Tes exécuteurs cy-aprés nom- 
» 

rm , Veut , & ordonne ledit Seigneur , que 
dUamens & dernières volontez de fèui^ très- 
liens Princes le Roy Louys fécond , fon pe* 
&du Roy Louys tiers (on frère , & av£R de Ou Teanftt 
noble Dame leanne Reyne tierce foient accom- fcconde. 

entant que fe pourra faire des biens du Roy 
die , quand il (èra es mains dudit Seigneur , ou 
» héritiers , & fuccedèurs. 
em j Veut & ordonne ledit Seigneur , que les te* 
ens & dernières volontez de fea tres-reveretid 

en Dieu Monfieur le Cardinal de Bar ^ & de 
lame Marguerite de Bavière , en ton vivant Du- 
!c de Lorraine , (oient accomplis c'cll àiçavoîr 
t Cardinal fur les biens du Duché de Bar , & de 
e Duchellc fur les biens du Duché de Lorraine* 
fwf. Veut & ordonne ledit Seigneur, quetou- 
:chacunes les fondations faites par Icfdits Sci-^ 
îrs Roys fcs predcceflÈurs , & prindpalcment 
es ayeul , & ayculc de trcs-dîgnc mémoire, dcf^ 
les (ont faites afllgnations lur larecepte ordi-^ 
; de (on pays d'Anjou, & autres dt fes pays, 
it entièrement accomplies félon la volonté dc& 
Sdgneurs , ou que les héritiers qui tiendront 
erres & Seigneuries , fur Icfquel les ont efté fiii* 
elles affignauons , payent une fommc d'argent 

O ai ^QOit 



m PREUVES ET OBSERVATIONS 
pour une fois à la raifon de ce que peuvent monter 
iccUes fondations par Tordonnance & advis dcfdits 
exécuteurs. 

Item^ Veut & ordonne ledit Seigneur, que tou- 
tes les fondations par luy faites & ordonnées en 
quelque lieu que ce fbit, foicnt parfaites & entre- 
tenues de poînâ en poinâ fans aucune mutation 
par ftfdits héritiers. 

Item y Veut & ordonne ledit Seigneur que au eas 
que tous & chacuns les ouvrages , édifices, peintures 
& autres choies par luy commencées ,ou comman- 
dées à commencer en aucune Egli(è , comme à 
làinâ Pierre de Saumur , à la Chapelle de fainâ 
Bernardin d'Angers, à fafepulture érigée à (kinâ 
Maurice d'Angers & autre part , n'efioient accom- 
plies & parfaites au tcms de fon deceds, (es héri- 
tiers, qui tiendront les terres & Seigneuries defdits 
lieux ibient tenus de les accomplir & parfiiire en la 
manière qu'elles font commencées , & félon fon 
intention. 

Item , Ledit Sîçur Roy teftateur , en tous fes 
Royaumes , Duchez , Comtez , Vicomtez , Baron- 
nies , Dignitez & Seigneuries , aâions , raifons , &c. 
Il inftituë & nomme de fa propre bouche fes héri- 
tiers par parties , & refpeâivement ceux qui s'en- 
fuivent ; c'eft à fçavoir tres-noble & puifunt Sci- 
Chêrlts i'^n- meut Monfcigueur Charles d'Anjou, Duc de Qi- 
jêH demiir Jabre, Comte du Maine fon nepveu , portant le nom 
jiw , nIvM ^ ^^ Armes d'Anjou , comme fon premier princi- 
tr principal pal & univcrfcl héritier en toutes les choies deflbP 
ktruitr dudit ditcs , & tant de fucceffions , comme d'acquefb faits 
'^W Du€ de P^^^ predeccfTeurs & luy , excepté dcceuxdontil 
Ufrainefiis autoit difpofé & difpofcroit julques à fon deceds,»- 
dt r^fiiu » frf- cepté ce qui s'enfuit : c'cft à fçavoir le Duché de Bar, 
«r'i £*r^*' auquel & en toutes fes appartenances & depcndan- 
*'*'*''• -ces, fans y comprendre le Marquîfit du Pont, le- 
quel il a oonné à lean fon fils naturel, ilnommcft 
jnflituë fon héritier particulier Monfcigueur René â 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. ir j 

prefent Duc de Lorraine fon nepveu , fils de Mada* 
me Yo]and , Duchefle de Lorraine (à fille , voulant , 
ordonnant , & commandant par ce prefirnt tefh* 
ment , que ledit Monlêigneur René foit tenu & obli- 
gé accomplir toutes & chacunes les chofcs par luy* ot fin ma* 
léguées, ordonnées , laiffêes , & dilpofëes es Duchex rw^» *wc 
de Bar , & de Lorraine : enfemblc toutes les fonda- i^^^îf'ifl wlt 
fions , dotations , augmentations des Eglifcs , Cha- tf^df/e r^» 
pelainies , & autres lieux pieux & Eccleiiaftîqucs ,1455* & 9»^ 
&aufli entretenir, & faire payer lespenfionsapro-'"^ Mfurwfi» 
vifions par luy faites à fes gens& fcrvitcurs , &^^^d!cedi}' lun^ 
trcs perlbnnes quelconques audit pais de Bar &X49S. Suhfli* 
Lorraine & garder auffi& maintenir ceux qui feront '**''•» auprès 
conftituczen Offices , ou qni auront Terre, Sd-^^]'^ 
gneurie , ou autre provilion aufdits pays, & porter /y;>rrr/»i^r« 
toutes les charges qui feront à porter par raifbn & 9^ chéries in» 
droiâ audits pays , & félon la teneur de cepre-^,'[|"'^^J*^^J5^; 
fcnt tcftament toutes autres chofcs contenues &}^ ^'^prtfitdê 
defignées en ce prefent teftament fera tenu accom-z^v^' xi. à- 
plir ledit Monfeigneur Charles , premier & prin-^' j"/'^^^*^^ 
cipal héritier, & généralement faire obferver,gar-^^",^ /^^J^i 
dcr , entretenir & accomplir tout ce que bon he- $1 a fait far 
ritier & fucceflcur doit eftre tenu &obHgé.Etcn-/«» Jeftamtnt 
tend ledit Seigneur cette prelèntc inftitution & ^ •!*!! 'Ali' 
nommation de héritier avoir licureellement&partrnritf» efi ri' 
eflfèt , en cas qu'il n'aura enfans légitimes procréer duuic ,f fiant 
de fon corps en loyal * mariage : car en tel cas il "^^^l {'^^*\ 
veut les cnfans légitimes eftre préférez i tous au-^J^',»/'*^"* 
très , comme de raifon cft ; Et pour toutes les uondtcrux 4$ 
dio&s lùfdites bien loyaument & diligemment ac-/'»'^''"'^'»- 
complîr , ledit Seigneur Roy Teftateur a eflcu , 
député , nommé & ordonné les exécuteurs à^^on^^^l^^fill^lff^ 
preftnt teftament ceux qui s*enfuivent. 

Premièrement , trcs-noble&tres-exccllenteDa-k, 
me la Reyne Jeanne fon efpoufe qu'il a de pre- 
fent , Monfeigneur Charles Comte du Mayne fon 
Îremîer & principal héritier , Monfeigneur René 
)uc de Lorraine fon fécond héritier, Meffire 

O 3 Giiil* 



%i4 PREUVES ET OBSERVATIONS 
Guillaume de Harcourt Comte de Tancarville f 
Meffiçurs Guy de Laval Chevalier Seigneur de 
Lotie Senefchal d'ÂnioQ , MaiOre Jean delà 
VignQle Doyen d'Angers , Prefident des&aaas* 
jours & des Comptes d'Anîou , MaiQrc Jean 
Perrot Doâeur en Théologie (on Ccmfèflair , 
Maiftre Pierre le Roy dit Éeniamin , Vif-cban- 
celîcr dudit Seigneur & Efléu d'Angers , Mefiirc 
• al. Burd jea^ * vinel Doôcur en Loix & Juge d*Anîou , 
Viiu ^"^^ * Maiftre Guillaume * Tourncville Arçhiprcftrc 
d'Angers , & Maiftre des Comptes ; Et ou cas 
que ledit Seigneur tre(pa(Iêroit en fou paî's de 
Provence , il conftitiië & ordonne, avec les fuf- 
dits fes exécuteurs , tres-reverend Perc en Dieu 
Monfeigneui: l'Archevefque d'Aix & noble Sei- 
gneur monfeigneur legrand Sencfchat de Proven- 
ce , qui font à prefcnt , on qui pour lors feront , 
donnant & oâroyant ledit Seigneur Tefiatcur i 
fcfdits exécuteurs , & chacun d'iccux licence » 
plenicre puifTance & faculté d'exécuter pleinement 
& franchement toutes & chacunes les choies def« 
fufdites , ainfî di(po£ëes & ordonnées comme dit 
cft : &ç s'il advient que aucun , ou aucuns dcf- 
dits exécuteurs meurent avant l'exécution & ac« 
compliftèment de ce pre(ent teftament , 6c de tou- 
tes les chofes devant dites , les furvivans , un ou 
pluiieurs auront, &aura puifTance pleniere d'exé- 
cuter tout le reiidu dudit fien teftament ; & lèra 
licite aufdits exécuteurs, & à chacun d'eux agir en 
jugement , & dehors pour ladite exécution , & 
conftituer Procureurs ou aâeurs pour toutes les 
chofes deflîifdites exécuter & accomplir. 

Iiem , Veut & ordonne ledit Seigneur , que ou cas 
que tous les exécuteurs deflufdits nommez, decede- 
roient avant l'accomplillèment & totale exécution 
de ce prefent teftament, que lefdits héritiers (oient 
tenus toutes & chacunes les chofes ainfi difpolSes, 
léguées , & ordonnées , loyaumcnt & diUgexnment 



8URLESMEM.DECX)M-LmV. itf 

czecater& accomplir &potir toutes les chofes de& 
faillites parfaire , accomplir & exécuter , ledit Sd* 
gneur oblige & hypothèque par la teneur de ce pre* 
lent tefiament , tous & chacuns fes biens meubles & 
immeubles, en quelque lieu qu'ils Ibient , mefme 
tous les fruits , rentes , revenus & emolumcns quel* 
conques, ordinaires & extraordinaires de tous les 
fais j terres & {èigneuries qu'il tient à pre(cnt,& qu'il 
tiendra au jour dc£bn deceds : & fpecialement ledit 
Seigneur veut & ordonne que dés à prefent toutes les 
renies , revenus Se cmolumens de ùs Prevofieï & 
Receptes de Dun-le-Chaftcl , la Chauffée avec 
Te^mç dudit lieu , (ituei en (on Duché de Bar, tant 
ordinaires comme extraordinaires, tous les emolu- 
mens du grenier à (èl de Freins en fbn paî's de Pro- 
vence, & mille francs au païs d'Anjou , pris de (es 
deniers premiers & plus clairs du trefpas , demeurent 
chacun an tant qu'il vivra & après fbn deceds , • 
^ient dés à prefent mis es mains de fes exécuteurs » 
pour efire appliquées au payement de fes debtes , 
& à Taecompliflement de fondit prêtent teftament ; 
tellement que les deniers qui feront receus chacun 
an des rentes & revenus deilùfdits , ne pourront 
jamais eflre appliquez à autre chofe ne venir au pro* 
ft defdits héritiers , jufques à ce que fondit tefla* 
cnent fbit entièrement par&it & accomply. 

Extraits du Teflament * de Charles d'An- j^^^^^îj^j 
jou , Roy de Sicile , & Comte de Pro- • »^<»;«6 a- 
vencel'an 1481. le 10. Décembre , tiré^*'^-'^^ 
des Archives du Roy en Provence dans 
un Rcgiftre des Teftamens des Roys de 
"Çicile , & Comtes de Provence. 

^37 ^l^a haereMs ivfiittah efi caput ^ fundoh 
^ mirtftm çujnfiikit tejiamcnti ulùmat volnnia' 

O 4 ils 



%i6 PREUVES ET OBSERVATION» 

iis (sf Mhofiùomà fimalm ^Hârns Seren^^fiwm éb» 
minm mjter Rex t^la$or ^ obiàlsf ex sertis aliis 
caujis movem$ibiU , jttfiè ^ réÊtitmMUter mewUm 
tjus bis melsorihus tmdo , vti , ^ forma ^ qmèMS 
ijk Jure , ware^ r'ttu , flyh vel amfmetuJimeféKert 
foufi , i*f detet m mnmbtts , gmiverfis t^ Jumdis 
JlfgmSj Camitatibuî , VicêcmnitatihMf , Èarth 
miisy Terris^ Domamis ^ Rtbus , Bonis a&am* 
bus , juribtu , ratiombus , forimms i^ facmbaû^ 
bus fuis mobilibus & immôbtlibtu y ac fer fe »o* 
veutibus ac nominibus debitorum ad euudem Sere» 
nijjimum dominum uofirum Regem tefiakarem de 
jure , more , ritu , fiylo isf côufuetudate j (ff item 
auavis ratione , occafioue five caufa fertiueuti^ 
ius , comfetenttbus , ^ fpeSantibus y feu ferti» 
nere iff fpeûare potentibus , i^ debentibus nmte 
i/el iu futur um , videlicetprafentibus ^fiiUtris put* 
€umque , quaUacumque , & quautaquefiut ^ & tu 
quibufcumque hcisy terris , patriis ç^ regi^mibus , 
tff peues quafcttmque perfonas exijlant , ^ juo^ 
€umque uomiuefeu vocabulo tsMUcupeutur y focit , 
hfiituit (^ ordiuavit , ac are fuo proprio nomiua* 
vitjibi héeredemfuum univerfalem , ^ infolidum 
CbriJîiauiJJimum , ac exceilentiffimum Priucipem 
isf dominum , dominum Ludûvictan Dei gratta 
Francorum Regem ^ ejus coufobrinumbf dominum 
ClariJJimum atque Reverendijfimum , fcf poft eum 
lUuJiriJfimtim & ClariJJimum Principem dominum 
Carolum Delphinum ejuÇdem excellentijjimi domi* 
ni Francorum Régis primogenitum , isf confeqtteu- 
ter omnes t*f quo/cumque fuccejjores fuos defcettdeth 
tes à Corona tranci^ : Per quemji qt^demCbri^ 
SïianiJJimttm iff P radar ifjimum domintem Franco* 
rum Regem tanqtucmfuum univerfalem ^ in ph 
liJum , idem SereniJJmus dominus nofïer Rex te* 
ftator exfolvi , exequi , compleri , ^ adimpleri 
• voltiit j (^ ordinavit omnia Per eum , $it Jupra 
kgata , reliâa , difpojita cSr ordtmaa poli ipjiur 

da* 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. 117 

jhmhÊS nojiri Régis felîces dies, Pofihac autempr^ 
Uus Serensjfimus dominus nojier Rex tefléOûr , Je 
ias eerta fcientta , ac proprii motus iffftifgSu ^ pa^ 
'iamfikan Provinciaoe terras illi adjacentes spfi 
*hri fit antffimo domino Franc or um RegHaredifuo^ 
im diâo ,. Tnente ^ animo commendavit , Èun» 
emque CbriJiiani(Jimum dominum Regem sîudiosè 
tgavit j ^ humiliter deprecatus efi , rogatumque 
ïcit atque deprecatur per hoc fuum ultimum tefia^ 
leutum , ut pro Deo isf amore quem ipfe domi* 
us nojier Rex teftator habet , Çif vifceratim gerit 
rfra ipfum ^ diâum ciarijjimum dominum Del'- 
binum , patriam ^ terras ipfas adjacentes non 
olurn intuitu precumfuarum , quaji iterum , isf ite» 
"um preees precibus accumulando infunMt , fufeipiat 
miMliter commendatijjimas , ^ brachiisjua huma^ 
iHatis tsf manfuetudinis ampleélatur , verum etiam 
nfuispaâionilfUSy conventionibus , privilegiis^ li" 
'fertattbus , franchejiis , ftatutis , capitulis^exem* 
tionibus Çjf prarogativis. Item i^ in tribus , ritibm^ 
mrUfUt , ftylis i^laudabilibfuconfuetudinibmquat^ 
^Uée , (2r quos acceptare , ratificare , approbare ^ 
)f confirmare dignetur ^ velit , quemadmodum 
dem dominus nqfUr Rex teftator poftfelices dies ater* 
ke reccrdationis domini Régis Renati ejus imme* 
Uati préèdecefforis fsf Patrui recoîendijftmi in Con^ 
ilio trium Sp'atuum aiâae patria , Provincia ra» 
ificavit , acceptavit , approbavit ac confirmavit • 
y obfervare , tenere Çj adimplere , tenerique , 
tfefvari , mandare , £5^ cum effeéiu facere , pol- 
icitus eft , isf jurejurando promijit ^ fufeipiat ^hd'- 
eat , manuteneat , ^ defendat , eafdemque pa^ 
riam & terras adjacentes etiam , amplioribuspri» 
*ilegiis j gratiis t^ beneficiis profequatur , &c. hoc 
Utem ejFiffeJfè voluit di^us SereniJJimus dominus 
ojier Rex teftator , de certa ejus fcientia fuum 
Jtitnum teftamentffm , ^ fuam ultimam volun* 
$tem five difpojitionemftnalem omnium Regnorum , 



^i8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Cifmita^MMm , VicecamhatuHm , &c. ^atermoh 
que hoHorttm JMorum , prafentium &? futtirerum^ 
&c. Adafuerunt b<ec omnia , recitata ^ pM- 
, tata Maijiliie in domo jam diài domni nofiri fjf 
gis , videlicet in Cornera in qua Rex dominns «o* 
fier ^grotus jacebat, Prafinûbuf , &c. 

Extraiâ: d'un codicile en date de Tan mil 
quatre cens quatre-vingt-un , le onzicf- 
me Décembre ^ où la claufe que deflûs 
cil répétée. 

PKovTEKE A fupranominatum Chrifiiamjfimm 
dominum Francorum Regem h^edem fitm 
mnivtrjalem , Id in folidum affeâum & validé à* 
fifotum ipji fanâie Mart^ Magdalena y ^ ejus Et^ 

Item , Voluit ^ ardinavit jam diâus diûimn» 
pofier rexquodfupra diâus Cbrifiianiffimms ae ex- 
fellentijfimus d&minus Francorum rex-, tanquam ejn 
bières univerfalis , isfinfolidmnteneaturçsf depf4 
dare ^ folvere , &ۥ 

. Item, Pariter tnemoratus Sereniffim$u dommuf 
Hojler rex , quamquam in fradiéio fuo ukimoja» 
faâo tejiamento rogaverit , ^ fuerit httmfUur 
deprecatus fitpranominatum excellentijjimum (^ 
Chriftîanijjimum dominum Francorum regem bat' 
redem fuum univerfalem iff infolidum , &c. 

Cafera vero omnia^ Jingula infupradiélo tefiâ* 
mento , per jam diéium excellentijjimum dominuM 
regem legata , difpojita^ i*f orMnata , Çff J^nauUr 
Jnftitutionem hareMs faâam defupradiâo Chrijtiâr 
mffimo domino Francorum rege y ac sllufirijfjn^ 
Principe domino Delphine spjius Cbrifiiamffm 
Jomins Francorum régit primogenite y ^ fms fin* 
€effiribus defcendentibus à Corona Franchie. Idem ac 

moratns dominus no fier rex per prafeutes Jkos coér 

ciller 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. V. 219 

tillos apfrobavit , acceftavit , ratsficavil ^ con* 

Deqtûbas omnibm unsverjis ^ Jingulis /r<e- 
mijjis j (^ q$u>libetpromijfor$tininemora$fésdominw 
ftçfter rex volm$ , ac exfrefsè mandavit tam Séio 
Cbrijlianiffimo Francotmn régi haredi fuo univerz 
falij quam aliis , &c. 

Autres extraits d'un iêcond codicile dudit 
Teftateur , Ic^ mefme jour & an que 

deflus. 

CiETERA veri omnla l^ fingula , tMfupradiéto 
tejlamento per jamMétum excellèntfffimfim do^ 
minttm noflrum regem legata , Jifpqfita ^ ordina* 
ta , ^ fignanter infiitutionem baredis faâam de 
ftipradiào Chriftianijfimo domino Framcorum 
^^f 1 ^ illufirijfimo Principe domino Delphi' 
no ipfius ChrfftianiJJtmi domini francornm régis 
frimcgenito , ^ fuis fuccejjoribus defiendentibus à 
Corona Francis : isf item pari fer alios codiciUos^ 
famh ante pracedenter fa&os. Idem memoratus do* 
minus no fier rejç , ipfos praf entes fuos codiciBos ap* 
frobavit , ratiftcavit , (^ confirmavit. Hos amtem 
fsiosultimos coMcillos idée prafatus dominus nofier 
rex voJuit in perpétua firmitate manere , &c. 
. Volens tamen çsf ordinans omnia per estm , u^ 
fupra j difpqfita , legata , feliéia Çjr ordinata per 
jam diélum ChriJiianiJJimum dominum Francorum 
regem , tanquam haredem fuumuniverfalem^ in 
folidum exfolvi , fieri , oMmpleri y iff cum effèSm 
obfervariy ac fi in eodem diao fuo tefl ornent lega^ 
ta , ordinata , reliéia , («f omnino difpofita firent. De 
ftfèbus omnibus univerjis ^ fingutis pramiffis ^ bf 
fnolibet pramijjorum » memoratus Jominus nofier 
rex voluit , i^ exprefsi mandavit tam diSo Cèrim 
fiianiffimo domino Francornin régi baredi fuo uni* 
yerfali , quam aliis , &c. 

Notai 



A 



220 PREUVES ET OBSERVATIONS 

1486. ^^^ ' Q^''^ X ^^^ <Icp^îs des Lettres Patentes i 
^ ^ du Roy Charles VlII. données à Compieene an 
mois dOâobre i486 , le qaatriefine da R^ne 
dudit Charles par lefquelles îl unît à la Couron- 
ne de France les Comtex de Provence &de For- 
calquier. 

Item y Autres Lettres du Roy Louys XILa la 
poftuiation des Eftats du pays , portant claufes , 
de ne pouvoir eftre aliénez nydefunis, données ï 
Scnlis au mois de Juin 1498. homologuées &re- 
giftrécs en la Cour de la Scncfchauiléc de Pro* 
vencc. 

Ténor teftificationis Jacobi Gau&idi. 

Nno Dmnint 1497. Me x6,menjis Oâobris , 
éUco , tejiificor , ^ depono ego JactAus Gatifri* 
'497- dus fuijfe rogatftmpro receftione tetlamenti qmih 
dam beatét mémorial régis Caroli de Andegavia^ 
&c. in Caméra MaJJilienfi^ ubi ipfe daminus rex in k- 
3o agrofus jacebat , ^ dixitquad ipfe condere v(h 
lebat fuum teftamentum , C^ dttm fuit in infiitu* 
tione haredis nominavit Jihi haredes regem Ludo* 
t/icum , cui ego ioquens dixi , Qucra Ludovicum 
inltituis haBTcdem ? ^ ipfe rex refpondit y LeRoj 
Louys de France « & après luy MonficurleI>iu- 
phin ; Etpofl modict temporis ifztervallum dîxit , 
- & la Couronne , hoc verbum bis reiterandô^ &c. 
Du Regiilre Griffonis. fol. 37. vcrfo. 

Pages 318. 424. & îf. du Duc de Nemours , &C 
^47^* Jacques d'Armagnac , Duc de Nemours , & Com- 
te de la Marche y mis pnTonnicr à la Baftille le 
4. Aouft 1476. accufë d'avoir promis au Duc de 
Bourgongne de faire prendre le Roypri(bnnier,& 
Monfîcur le Dauphin. Le Roy le fit prendre aa 
Çhaficau de Cariât en Auvergne, puis conduire ao 
Chafteau de Picrre-cn-fize à Lyon , & de là à la 
BaQille. Interrogé par le Chancelier Dorîole , & 
autres Prefidents , & Confeillers du P«u:Iement , tu 

par 



SUR LES MEM. DE CX)M. Lnr. V. lit 

or certains grands Clers du Royaume demeurant 
n diverfes villes , aflèmblez par ordonnance du 
ioj en la ville deNoyon, avec & en la compa^ 
;niedefdicsde Parlement , &dc Mon&igncur de 
îcauieu illec reprefentant la pcrfonne du Koy , fut 
leclaré criminel de leie-Majcfté : condamné à 
[voir, latefte tranchée aux Halles à Paris, fes biens 
t>nfi(quex au Roy , fbn ArrcA à luy prononcé à la 
3a(lil!e j par Mcâire Jean le Boulanger premier 
^refîdcnc , accompagné du Greffier Criminel de 
a Cour, & de (ire Denis Hcficlin, MaiAre d'Ho* 
kl du Roy: & lemefinejour exécuté, qui fut le 
i.Âou(l 1477. & fon corps livré aux Cordcliers; 1477. 
« le vindrent quérir aux Halles , jufqucs à fept ou ^ ' ' 
huiâ vingt Cordeliers , auxquels il fut livré quatre 
torches pour le conduire. Le Roy luy avoît pardon- 
né par deux fois , & par Arred du 4. Septembre 
1470. il avoit edé condenuié par contumace à avoir 
la tefte tranchée* 

jtrrefl du Parlement de Paris en Van 1 477. r»»- 

tre Jacques d* Armagnac , Duc de Nemours^ ^' ' ' 
Cr comte de la Marche j condemnéfour cri'^ 
me de lesie^Majefié. 

LE continuateur de rHîftoîre de Monftrelet, 
imprimée à Paris Tan iS9S' P^g^ ^3» & ^'Hi- 
ftoireduRoyLouysXI. àitc la Chronique Scanda^ 
leufe , imprimée l'an 1620. pages 279. 280. & 281. 
Audit an 1477. leLundy 4. jourd'Aouil,Mef- 
(îre Jacques d'Armagnac, Duc de Nemours , & 
Comte de la Marche , qui avoit efté conditué & 
amené prifonnierde la Éaftillc fainâ Antoine, à 
tel & femblable 4. jour d' Aouft , en l'année précé- 
dente, pour aucuns cas , délits, & crimes par luy 
commisse perpétrez , durant lequel temps de fon 
cxppriibnnement , eniceluylieudelaB-flille, luy 



m PREUVES ET OBSERVATIONS 

forent faits plufieurs interrogatoires ûir Ic(3itet 
charges , aufquels il relpondit de bouche , & par 
cfcric y tant pardevantMon(cigneur le Chancelier 
de France ^ nommé Maifire Pierre Doriole , qu'au* 
très des Preiidens , & Confeillers de la Cour de 
Parlement , par plufieurs & diverib journées , & 
cncores par devant certains grands Clercs da 
Royaume , demeurans en divcrfes Citeï & Villes 
dudit Royaume, pour ce mandez tt aflcmblez (te 
l'ordonnance du Roy en la Ville de Noyon, avec & 
en la compagnée defdits de Parlement , & en la 
prelènce de Monfeigneur de Beaujeu illec repr^ 
lentant la perlbnne du Roy. Fut toute veuë » & 
vifitée la procédure par ladite Cour faite à Tencofi* 
tre dudit de Nemours } cn(èmble auffi les excufi- 
tions par luy faites & baillées fervans à fâ làlvatioo; 
& tout par eux veu , conclurent audit procès. Tel^ 
lement que ledit jour de liundy quatriefine jour 
d'Âouft fut audit lieu de la Baitille Mcfinc Jean 
le Boulenger, premier Prefident audit Parlement, 
accomp^nédu GrefHer Criminel de ladite Cooi) 
deSireDenys HelTclin , Maiftrcd'Hoftcldu Roy, 
& autres y qui vindrent dire & déclarer audit de N^ 
mours, que veuës les charges à luy impofiëes, fcs 
confeiCons & excufations par luy (ur ce faites , & 
tout veu & confideré à grande & meure délibéra* 
tîon, luy fut dit par ledit Prcfîdent, &parlaCoQr 
de Parlement , qu'il cftoit crimineux de crime de , 
lezeMajeflé, & comme telcondemné par Arreft 
d'icelle Cour, à eftre ledit jour décapité es Halles 
de Paris, fts biens, Sdgncuries & Terres acauilcs 
& confi(I]uées au Roy : liaquelle exécution nit l^ 
dît jour faite à l'efchaJtfaut ordonné édites Halles, 
à l'heure de trois heures après midy, qu'il eut îllec 
le col cotrppé , & puis fut enfevely , & mis en biè- 
re, & délivré auxCordeliersde Paris, pour eitre 
inhumé en ladite Eglifc, & vindrent quérir le corps 
efditcs Halles jufques environ de fept à buiâ vingts 

Coc* 



SUR LES MEM- DE COM. Liy. V. la j 

G)rdelicrs, aufqucis furent délivrées quarante tor- 
dies pour mener & conduire ledit corps dudkSci* 
gneor de Nemours en leurEgliiè. 

Pages 321. 325". 326. 327. 328. 4423. Maifiri ledit oUvin 
Oli^ter . Barbier du Roy Louis XL natif tf un village fM^l^^^^ 
auprès de la ville de Gand^ quifefaifiit affeller Corn- Mculant *, 
tedaMeulant^ &c. Olivier le Dain y natif de Thielc ^m ef um* fê- 
ta Flandres, fut premier Barbier de Louy s XI. & de- ^''* *"•(• ^'^ 
puis ftît Capitaine dû Pont de Meulant, Coufmen ^X' * J^'J 
vHifimrede Touruay. Le Roy LouysXI. par fes pam» d*nt i 
lettres données â Paris le 10. de Novembre 1477. •hitc^if^- 
donne à Maidre Olivier le Dain fon valet de Cham» ^* 
bre , & premier Barbier ordinaire , pour luy fts 
hoirs defcendans en loyal mariage, les Eflangs de 
Meulant , & pareillement la Bergerie effauit an 
bonlevart devant l'Hofiel de la Sangle d'iceluy lien 
de Meulant , pour le tout unir & joindre à l'Hoi* 
fiel du (gourde Meulant , dont pieça il luy avoit 
§ait don , en payant au jour fidna lean fiaptifte à la * 
recepte ordinaire dudit Meulant une maille d'or de 
franc devoir du prix de vingt-quatre ibis. Ces Let* 
treslbnt an Grefiè de la Chambre des CotnjMts an 
Regîfire cotté. P. folio huit vit^s èui$. Dupleiz 
en-la vie de Louys XL dit qu*il It changer le fur» 
nom de fon Barbier Olivier le DiaUe en celuy de 
Maliuj & depuis en celuy de Dain. lequel il qualifie 
mal , Comte de Melu» pom Meuhmt.- Il avoit en* 
treprisde clore le fort de Meulant de xnurs tout de 
brique , il en fit faire une bonne partie , con\me 
Ton voit à prefent : fes Armes & voycnt encore 
maintenant audit fort de Meulant (ur la porte du 
cotpsde garde, & (brdeux petites pièces decam* 
ftfjae ( ou de baterie ) elles Ibnt d'un chevron ac- 
compagné en pointe d'an Dain paflànt , l'elcuflbn 
Booofieau codé d'un rameau d'olive , & au fenelfare 
4*nne corne de Dain, céteiouflbn couronné d'u- 
ne eonronne Comtale. 



• / 



Ltu 



il4 PteUVES ET ÔBSERVATlÔJiS ^ 

Lettres Patentes , far lefijuelles le Rey Letijs Xt. 
ennoblit Olivier le Dain ^ <^ Ity change U 
nom qiiil fertoit de MatevéUs , en liff kail^ 
lant celfy de Dain ^ O* Itejf donne des At^ 
fnoiries. 

LOuYS par la grâce de Dieu Roy de Franttf 
SçavoirfiEÛfbnsacous pre(èas& aid venir , que 
nous recordans» comme puis ancon temps par nos 
autres Lettres patentes en forme de Chartre,& pour 
les caufcs dedans contenues , nous avons emiobly 
Aoflre cher & bien amé Valet de Chambre Maifiie 
Olivier le Mauvais , & fa pofterité née & â ntiflre 
en loyal mariage, fans ce que luy ayons donné ne 
ordonné aucunes armes pour enlèigne, ce quilojf 
cft necef&'re d'avoir, pour porter en ligne & d^ 
monftrance dudit cdat de NoblûQè perpétuel ^k loy 
&aux fiens defcendans de luy en loyal mariage , 
Gonfidcrans auffi les bons , grands , continuels & 
recommandables (èrviccs qu*il nous a par cy-d^ 
vaut & dés long-temps , à Tentour de noftre pa* 
Ibnne & autrement , en plufîcurs & maintes m* 
nieres , fait & continué de jour en jour , & dEfC* 
rons que encor plus hcc , voulans aucunement 
les recognoiftre , exaucer & décorer luy & ks 
fiens en honneurs & prérogatives àiceluy Maifite 
Olivier, pour ces caulès &confiderations > & <^ 
très à ce nous mouvans , avons oâroyé & ooroyoQS 
de noftre propre mouvement , grâce dpecialei 

Ïlcine puiffiuice , certaine fcience , & authorilé 
Loyale par ces prefentes, voulons, & nous pUft 
que luy , & fadite pofterité & lignée née & à na^ 
en loyal mariage , puifleut comme NoUes'pocier 
les Armes cy-peintes, figurées, & arrooyées, && 
en tous lieux , & en toutes contrées & regiooi 
dorclhavant , perpétuellement &à toufiours^tot 



. SUR LESMEM. DECDM. Liv. V. iif 

Si noftre Royaume que dehors j & tant en temps 
le guerre comme de paix, & qu'ils enjouyiIènt& 
iCbnt , leur vaillent & fervent à la décoration d'eux , 
3UC aînfi & par la forme & manière que fi elles 
Kureftoient ordonnées & efcheucfsdedroiâ, cfirci 
i ligne : & avec ce voulons & nous plaift , que 
ly & liuiite pollcrité & liguée fbient dortCiavant 
ifnommez le Dain en tous lieux , & tant en Ja« 
eznentque delu^s , & en leurs aâes & afl^-s; 
: Iclquelles armes & (uroom nous avons dou- 
ez , oâroyex , & tranfinucz , donnons , oâroyons 
L tranfinuons audit Maiffare Olivier & fadite pofte- 
ité & lignée , fans ce qu'il ibit loifîble à aucun de 
»lus les lurnommer dudit fiirnom de Mauvais s le- 
[uel nom leur avons ofté & aboly , odons & abg- 
iiE>ns par cefdites prelèntes , par lelquelles nous 
lomions en mandement â nos ameï& féaux Con- 
billcrs les eena denoflreCour de Parlement , au 
^evoftdelBiris, & à tons nos autres Judiciers & 
!)fficiers , on à leurs Lieutenans ou Commis pre- 
èns & à venit , & chacun d'eux fi comme à luy ap- 
partiendra , que de nos prdèns , grâce , don , tran& 
nutation & oâroy , & de tout le ciontcnu en ce& 
lites prefentes fàcént , Ibuffient , & laiflcnt ledit 
\Sàimz Olivier le Pain : en&mble fadite pofterité 
\i lignée, joiiyr&ufer pleinement ôcpaifiblement^ 
ans leurfmre, nefoufhireftrefait, ores ne pour 
c temps advenir aucun defiourbicr ou cmpeiche* 
nent au contraire, ainçoîs,fefàit, mis ou donné 
cnr eiloit , l^oftent , reparent , & mettent ou fa- 
xnt oftcr » réparer & mettre incontinent & fans 
lelay au premier cdat & deu : & afin que du con^ 
tenu en celdites prelèntes aucuns ne puiâènt prc« 
tendre caufe d'i^orance ^ nous voulons & leur* 
RUindons qu'ils taccnt icelles lire & publier par tous 
les lieux de leurs Jurifdiâions qu'il appartiendra, 
& dont ils feront requis : Car ainfi nous plaift-il 
cfire ^t , & afin que ce fi)It chofe ferme & Aable I 

Tom^ IL P tôv 



ii6 PREUVES ET OBSERVATIONS» 4t 
toafîouis, noQs avons ^t mettre noftreSed iea 
prcfeatcs , fàuf en tutrcs chor» uofire droiâ, & 
l'aumiy en toutes. Drainé i Chntics m mmt dO- 
ûobre Tan de grtce mil qnitre cens fcûxantc^ 

JipiaUoK fupraplieam , Par le Roy Ttlèart. vilt. 
it eflfiri^nm i Le3a , piAUcata o- rtgifiriU 
Parîfiuj m ParUmtnto ptHMkiMa Jie Jamurit, 
Muo mille fiiao quaJrit^ent^tmfeptiL^eJiviofur- 
to. SieJignatmm^ Brimât. Ctmio faâatfi , tm 
«righiati. 




vu» 




PREUVES 

E T 

►BSERVATIONS 

SUR LES MEMOIRES DE 
HILIPPE DE C 0*^M INES. 

LIVRE SIXIESME. 

Ages 369. 370. & 386. U Prince J?Ortmt 
M^ tncw Ttgne aujomibnf ^ &c. IthodcCna- 
icoond dnnoih Princff d'Otenge. L'an 147Î'. 
j. Septembre il fit hommagcsuRoyLouysAl. 
fidite Principagté , tel que l'avoit fait Guil- 
me fbti pcre : Et krdits jour & an 71 fit aufli 
nmd^ des terres e(lânsmDaQphUié,inourai]s 
Roy Dauphin : Il y eut dcpuii Arrcft de Dan- 
né contre ledit lean , par lequel ladite Priocî- 
<tt fût confifquée fur luy , h unie infèpara- 
ment au Pairimuine Dauphinal , pource que 
it lean avoit commis felotinie contre le Roy. 
fez en l'Hiftoirc de Lauys XL de Mathieu , 
fre ooziefme page jj-o. 

?age 401. Wahm x«fn/e Sieur des Roches Saint 
KDtin en Touraine , ^koàqi Maillrc des Re- 
cftctde l'HoflcI , depuis Garde des Seaux en 
iDce l'an 1479- durant le dcfappointcnicnt du 
ancclier DoiipUc, jufqncs \ ce que en 1483. 
P a GmV- 



ii8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Guillaume de Rocheifort fut indallé au grade it 
Chancelier. Il edoit fils de Pol Fumée Gouva- 
neur de Nantes , envoyé à Rome en Ambaflade 
par le Roy Louys XI. vers le Pape : Le mefine 
Adam Fumée fut Confeillcr, & premier Mcdecm 
des Roys Charles VIL Louys XI. & Charles VIIL 
& dcceda l'an ifôo. 

Pages 406. 412. & 4^9. l*Authenr par- 
le que Louys X. fit paix avec Maximilîan Doc 
d'Âuftriche , & les enfàns. à Àrras , dite autrt- 
meut JFrMichize , Tan i|iil quatre cens quatre 
vingts deux, le vingt- troifîcfme Decembre$& 
quoyquc le mariage qui y avôit été arrefté da 
Dauphin avec Marguerite fille de ce Duc d'Aa- 
tslchc , n'ait pas eu d'cfFcâ & par conlèquent qv 
ce traitté ait été annullé , cependant on a craque 
le Icâcur fcroit d'autant plus aile de le trouvericy 
que la copie que l'on en donne efi plusconreâe, 
que celles qui ont cté imprimées jufijucs à pce* 
fcnt. 

Traitté entre le Roj Louis Xt. O* Maximilim 

Duc d^ Autriche tant pour lirf que pottr fis 

enfans à Arras le 1^. Décembre 1482. 

LOys par la grâce de Dieu Roy de France, fr 
voir faiibns à tous prefens & advenir , que 
comme pour mettre fin aux querelles, queilionsi a^ 
baz & à la guerre meue à cède occafion d'entrenott 
& noftre tres-chier & trcs-amé Confia le ÎHocMâxi' 
milian d'Autrice nos tres-chicrs & tres-améCou* 
lin & Coufine le Duc Philippe & Dwaoi&llc Jlùr' 
guérite d'Autricc fesenfans leurs Pays Seigneuries 
&fubje£l$plufieurs communications Parlemeos & 
aflàmblécs aient par divcrfcs fois eilé tenues de nos 
Gens Ambailàdeurs & Commis & des Gens Am- 
baflàdcûrs & Commis d'içeulx nos Çoufins & de 

Icurl* 



SUR LES MEM.de COM. Lw. VI. 229 

leorfilits Pa^s par Icfqucls pour parvenir à bien de 
fiiinâe & fruaueufc paix ont cAé faiâcs plulicurs 
oovertares, ftânablcmentcn la ville de Franchife 
alias Arras «i la convcncion & adàmhléc iHec te- 
nue ont par nofdits Âmbaflàdeurs & les leurs cfté 
délibérez accordez & concludz plulicurs points & 
articles (urlcfqucls ait efté faite conclute , jur(5c& 
publiée peux finale union & intelligence à toujours 
entre nous Doftrc treschier& tres-amé fils Charles 
Daulphin de Viennois noftrc Royaume Pays fci- 
eneuries & fubjeâs d*unc part , nofdits Coulins & 
Confine leurs Pays , feigneuries & fubjeâs d'autre , 
&mcfinemcntpour plus grand Iceurté d'icellc ait 
elle confcnty, conclud & accordé le mariage de 
Donredit fils le Daulphin & de nodredittc Coufme 
d'Autrice (èlbn & en la forme & manière que con- 
tenu eft es Lettres fur ce faites & expédiées par nof- 
dits Ambaflàdeurs & ceulxde nofdits Coufîns& 
leurfdits Pays defquellcs lettres la teneur cfl telle. 
Pbelippe de Crevecueur Sehneur Defauoerdes de 
iMiMoy Conlèllier & chambellan du Koy noflrc 
fîrc (on Lieutenant & Gipitaine General ou Pays de 
Picardie Chevalier de Ion ordre 0/m>rZ>^ Quatë" 
man aufiy chevalier con&illier & chambellan du 
Roy nofbe fîre & (on Lieutenant en la Ville de 
Franchifc alias Arras, JehandelaVacquerie Con- 
IciilierduRoynoffarcdit Seigneur & premier Prclî- 
dent en (à Court de Parlement à Vm% Jehan Giterin 
•Maidre Doflel tous Ambaflàdeurs Commis du 
Roy. noffare (buverain Seigneur Jehan de Lannoy 
Ahhé de faint Bertin chancelier de l'ordre de u 
Thoîlbn d*or Philippe Abbé de faint Pierre lez 
Gand.GoJfuin Abbé d' AfHàghem , Guillaume Abbe 
d^AumonP de Tordre de ïaint BcnoiA Jehan Seio-neur 
de Lanmy de Rume (ff de Sebonrg , Jehan de Ucrghes 
feigneurde IValhain^ Bauduin de Lannov feigneur 
de ilfo/iM»^4^'j chevaliers dudit ordre Confcillicrs& 
Chambellans Jehan 4^ le Bouvrie Selgnem du Bier- 

P 3 *^- 



\ 



230 PREUVES ET OBSERVATIONS 

beque &diWierre QianceHcrdeBrabantPMii^if 
Baeufi Sr. de r0/ni»/>;e//fPrefîdent de Flandres Jtf* 
ques Je Goy Sr, iAuhy Chevalier Gonitillier & 
Chambellan & hanltBailIydc Gsxià Jean Dât^étl 
GonlèilHcr & Maiftre des Requcftet ordinaire de 
Toftel Gérard Nmmm 6l Jehan de Beere Secrétai- 
res en ordonnances denoilre tres-redontéScif 
Monfr, le Duc Maximilian Jebam Ptmftoc chpra- 
lier Bonrgmaiiire Jehan RjoUamd Elchevin fie la 
Ville de Louvain Nicolas de Etnelde^ Rolland IM 
Chevaliers Gort RoUattts Confeiller Pcncionnai* 
redela ville de BrouxellesJ^i&^C^/iSi^AeiijBoiiig' 
maifire Jehan de HymmerzeeUe Chevalier Efèbevia 
de la ville d'Anvers Getnrge de la Mœrt premier Et 
chevin de la Koere GuilutnmeRym premter CoQ* 
feillicr Jaques de Steenwerfer Conleîllier des Ef- 
che%'ins des Parchons de lavilledeGand/^P^Miir 
Witte Sr. de Ruddervoirde Boutgmaiflre de la ville 
de Bruges Jehan de Niemvenboven chevalier cham- 
bellan, Gilles GuifeUn Confeillier hJebamCoem 
Pencionnaîre de la ville d'Ipre Jaques de Landti 
'Efchcyin Jehan Franf ois ConlèilKcr de la ville de 
Lille, Simon de Bercus pccndct E&htv'm Jebanà 
laVacquerie Conlcillier de la ville de DoaayCM* 
flofle Gauthier premier Efirhevin de la ville de 
^o}^% Jehan fourneau Clerc du Bailliage de Hayn* 
naut Servais Wandart Confeillier de la ville de 
Mons , Thierry le PwVr^ Efchevîn Gshert Hena 
Conitillierdc la ville de Valenchiennes Robert m 
Jûaneville Chevalier Bailly Nicolas DaverheA 
Majeur David Daudenfort Efchevin PMtffe à 
Sujjaint Legier Con{èillier& Robert DeQnrz Pro- 
cureur de la ville de &int Orner, tous Anutfffideoxt 
Commis & Députez de mondit Sr. le Dac tant en 
ion nom que ou nom de Monfr. le Dac Philippe & 
Madamoi^lle Marguerite d'Autrice lès en&ns 
nos Princes &, Sçigneurs naturels & des Êftats de 
leurs Pays tant pour eulx que aufli pour & oa 

non 

S. 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VI. 231 

Dom d'iccttlx Duc Phelippe & Damoifcllc , A 
tous ceolx qui ces piclèntcs Lettres vcnont falut 
Avoir £ûfi>ns que en vertu des pouvoirs à nous don-^ 
pest & cy-aprés inlèret nous avons ^t conclud Se 
locepcé promis & jurd , fidfons , concluons ac- 
ceptons promettons & jurons paix finaleunîon , in- 
telligence & alliance perpétuelle entre le Rmy , Mxnu 
fei^meur le Dau^bÎM j le Royaume, leurs P^s, 
Seigneuries & fubjeâs d'une part mondit Sr. le Duc 
Monfi. le Dmc PèiJifpe & Damoifèlle^^ti^irrr/^- 
U les eofims leurs Pays Seigneuries & fubjcâs 
d'autre enfèmble le Traiâié du mariage qui au 
plaifir de Dieu Vc fera fblempnifcra & parfera de 
monditSr. /irZ)^i&i«f &d*{cclleDamoifclleilf^- 
^llmlltf ainiy par la fourme & manière qu'il cft 
contenu &declairé es articles fur ce par nous advi- 
ùz con&Dtiz & accordez dcfquels la teneur s'en* 

Au nom & à la louange de Dieu no(lrç Créateur 
de laGlorieuIè Vierge Marie & de toute la Cour 
Celeftc Paix finale ^ union , alliance & intelligence 
â toujours eft faite promife & jurée entre le Roy 
MuÊfeiff^mrkDattpbin^ IçRovaume, leur Pays, 
Seigneuries & fuicts d'une part , & Monfieur le Duc 
JiSaximiliam d'Âufirice Monfieur le Duc Pbilifpes 
A Madamoîfelle Marj^ueritte d'Auilriche ^ fis 
cnfins , leurs Pays Seigneuries & fujets d'autre, par 
laquelle toutes rancunes , haines & malveuiilanccs 
des uns envers les autres font mi&s jus & oftées 
& toutes injures de £dâ & de paroles remifcs & 
pardoonées. 

hem , pour plus grande (êureté de laditte paix 
traité & alliance de Mariage eft fait promis confcn* 
ly. & accordé entre mondit Sdgneur le Dauphin 
éttl fils du Roy &herider apparent de la Couronne 
ft madittc Damoilèlle Margueri^ d'Aufbiche (cu- 
k fille de mondit Seigneur le Duc & de feue Ma-^ 
ûmtâlariede Bom^a^gne fille unique de ftu Mon* 

P 4 ficur 



iji PREUVES ET OBSERVATIONS 

ficur le Duc Charles que Dieu abfbil]c& lèparft* 
ra & (blemnifcra ledit manage laditte Damoifclte 
venue en agc requis de droîâ. 

Item & incontinent laditte paix publiée & ici 
feellcz. promeflès, obligations y lettres & lènra- 
tez baillées aux ÂmbaiËdcurs dudît Duc & des 
Eflats de fefdits Pays en la ville de Lille ou de 
Pouay madittc Damoifblle (cra en toute diligence 
iàns mettre lacholcendelay amenée en cette ville 
xie Franchie alias Arras & oiife & delaiflëe es maini 
de Monjieur de Beaujeu ou autre Prince du fiog 
commis de par le Roy i & la fera le Roy garder 
nourrir & entretenir comme fa fille prinapgcnitt 
Epoufe de mondit Seigneur le Daulpnin. 

Item qu'en fai&nt ladite délivrance niondit Sr.^A 
Beaujeu ou autre Prince Commis de par le Roy 
ayant pouvoir efpecial à ce en la prèlënce des Pria* 
tes & Seigneurs qui auront conduit & amené 
îcellc Damoiiclle promettra par (ènnent Iblemnd 
fur le fuilde la vraie croix &làinâe$ Evangilesde 
Dieu pour le Roy tant en fbn nom que comme 
Perc & foy faiùnt fort de mondit Seigneur le Daol* 
phin que maditte DamoiftUe venue en âge requis 
de droiâ mondit Seigneur le Dauphin la prendn i 
femme & cpoufc légitime & procédera au liirplas 
au parfaiâ&conibmmatfon du mariage de luy & 
d'elle félon l'ordonnance de fàin^ Eglilè. 

Item pareil ferment & promeflè rera mondit 
Sr. de BeHUJeu ou autre Prince commis aiant pou* 
voirfuffifant à ce de mondit Sr.leDaulphinauâD* 
rifé & difpcnfé par le Roy de fon jeune âge pour& 
au nom d'iccluy Sr. 

Item en feveur dudit mariage iceux Seigneur 
Duc d'Aulhriche & les Eftats de fefdits Pays ont 
confenty & accordé tant en leurs nonis que pour 
& au nom dudit DucPhilippes & pour fon mineur 
agc comparans en (on lieu, que Xo^OomuztT Ar» 
fois , 4ç Boufgot^ne & Içs (çrrcs & Seigneuries 

de 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VI. 233 

it Jïïafiomtois , Auxerrois , Salins^ Bar-ffur-Seine & 
de Noyers foient le partage , dot & portement de 
mariage demaditte Damoi&llc avec mondit fieur 
le Dauphin pour en jouir par eux leurs hoirs ma* 
ks & femelles qui yfleront dudit mariage, heritar 
blement & i tousjours , & en faute d'iceux retour* 
neront audit Duc Philippesou à fès hoirs, &pour 
cequele Roy tient en (à main & occupe prefèntc* 
ment ledits Comtcxde Bottrgongne^ Mafcmnois^ 
Auxerrois y Salins y Bar-fur^eine ^ Noyers , & la 
piufpart de ladiue Comté d' Artois ^ ilconfcntpour 
autant que la chofe luy peut toucher que îccllcs 
Comtez & Seigneuries foient le Dot héritage & 
patrimoine deladitte Damoifellcpourcn jouir par 
mondit Seigneur le Dauphin comme ion futur 
Mary par elle & leurs hoirs ifliis de ce mariage , 
&en tàote d'iceux retourneront comme deflùs. 

Sattf que s'il avenoît que lefdittcs Comtez , ter* 
res & Seigneuries vinflènt & ccheuflènt en autre 
main que de mondit Seigneur le Dauphin ou des 
hoirs ifliis d'iceluy mariage; en ce cas lcRoy,mon« 
dit Seigneur le Dauphin & leurs fucceflèurs Roys 
de France pourront poflèder & retenir lefdites 
GimteK J^ Artois & de Bourgongne & autres terres 
& Seigneuries deiTufdittes, juiques à ce qu'il foit ap* 
poinaé dndroiâ prétendu par le Roy es villes & 
Chaflellenies de hille Douay & Orcbies efqucllcs 
trois villes & Chaflellenies , fi ledit cas de retour 
n'avient , le Roy & (es fucceflcurs ne prétendront 
iocnn droiâ ; mais en jouyront les Comtes & 
Comteflcs de Flandres comme ils ont fait par cy- 
deVant,& fi ledit cas de rctr)ur avient, le R6y & auffi 
le Comte de Flandres qui lors feront , feront di- 
ligence chacun de (à part d'appointer dud it .diffèrent 
en dedans trois ans enfuîvans la venue dudit cas ou 
plutôt iy fÎEiirc fe peut. Que maditte Damoifèlle ve- 
nue en la ville de Franchifè alias Arras fera du 
ctmfeotemcnt du Roy par mondit Sr. de Beaujem 

co 



\ 



234 PREUVES ET OBSERVATIONS ' 
en la pre(èncedcsper(btmcs des Eftats d'Artois & 
des autres terres & Seigneuries de IbnDot, quiil- 
kc feront trouvez , lefquels uns en faire autre at 
fimblée reprefenteront les trois Etats d'Artobi 
tenue ^ receue & déclarée Comteflè d'Artois , de 
Bourgongne& Dame des autres Seigneuries , &fi« 
sont mondit Seigneur le Daulphin comme funr 
mary d'elle & elle tenus par le Roy pour diligent 
touchant les devoirs qu'ils feront tenus de fidrepoot 
lefdites terres qui font du Royaume. 

Jbem de là en avant ledit Pays & Comté d'Artois 
fiuf la ville, Chaftcl & Bailliage de faima Omr 
dont cy après fera touché lèra Regy & Gonvcmf 
cnfesdroios, u&ges , & Privilèges accoutumei 
tant au regard des corps des bonnes villes comme 
du plat Pays (bus la main & nom de mondit Sr.le 
Dauphin futur mary&bsil de maditte Damoiftile 
& le Domaine & revenu d'iceluy Pays & Comté 
réduit au plus grand profit que /l'on pourra & les 
officiers de juQice & de recepte defdits Pays & Com- 
té & les loix des villas créées & rcnouvclléesdepa: 
luyaunom quedeilûs. 

Item , Sera pareillement fait de la Comté à 
Bour^ofigne & autres terres & Seigneuries qui IboC 
dn uot de ladicte Damoîfelle. 

Item y Sur la Requefte que lefdits Docs ft 
Eftats font que le plaifir du Roy foit » remettre 11 
Ville de Jfraftchife alias Arras en fon ancknne Po- 
lice & Gouvernement fous la main de mondit 
Seigneur le Dauphin, eu y Commettant offidcn 
de par luy comme dit cft , le Roy sVtttcnd i 
Monfî. le Dauphin lutur Mary de maditte Di* 
moifelle, d'entretenir & traiter laditte Ville en fis 
Gouvememens & privilèges anciens & aoooatn* 
me2 comme les autres Ville d'Artois. 

bem au Regard de la ville , Chaftean & Bifl- 
liage de Saima Orner qui eft de laditte Comté 
d'Artois , clic cft comprifc & tout ledit BaJUit- 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VI. 235- 

ge «vec ledit Comté d'Artois au Dot & porte- 
ment de Mariage oae maditte Damoilèllc fàiâ 
anrec mondit Sr. le Dauphin fbus les limitations 
qm f*cnfuivent , ladittc ville chafteau & Bailliage 
utoot mis & délivrez en la poficffion de mon- 
dit Sr. le Dauphin & d'elle incontinent ledit ma* 
n^ par&it & con(bmmé & non devant pour 
en jouir par eux leurs hoirs & fucceflèurs comme 
de ladîtte Comté d'Artois & autres Pays & Sei* 
gneurks deflùs dittcs* 

bem dés à prefènt lefdits Ducs & Efiats tant 
en leurs noms que pour & au nom dudit Duc 
Philippes remettent la Garde & gouvemementde 
ladittc ville Chafieau & Bailliage & les delaiflè du 
tout à la garde & entretenement qu'en feront & 
firont; tenus faire les gens d'Eglifi: , Nobles 
Bourgeois manans & habitansdeladitte Ville pour 
la garder & délivrer à mondit Sr. le Dauphin Ic^ 
dit mariage confbmmé, touts lefquels Manans^ 
échabitans & trois Eftets de laditte ville feront dés 
à prdent tenus faire foment fblemnel es mains du 
Roy ou de fcs Commis de faire bonne & £èure 
garde de laditte ville durant la Minorité de ma*» 
ditte Damoi(ëlle & non permettre &ibuf!rir à leur 
pouvoir que ledit Duc d'Aufltiche & ledit Duc 
rbilippes fon fils ne autres de par euxyayemau* 
cua port auâorité ne aucunes gens mais demeu* 
rera icelle ville au Gouvernement defdits des 
Eftats pour la bailler rendre & délivrer en pleine 
obcii&ince à mondit Sr, le Daulphin mary de la- 
ditte Damoiièlle incontinent elle venue en âge, le« 
dit Mariage confommé , cei&ns tous contredits , 
Exculb ou Delays. 

]^m pareil Serment feront tcpus faire lefdits ht» 
bitans & trois Etats à mondit Sr. le Duc d'Au- 
flriche de non délivrer laditte ville au Roy ne à 
DKmdit Sr. le Dauphin ne i autres de par eux 
datant laditte Minorité & jufqucs ledit mariage 
fi)it con&mmé. ^^w 



asô PREUVES ET OBSERVATIONS 

Item que en particnlier les Prélats , gens d*E^ 
glilè , Nobles , Maycur , Efchevins , Manans & 
habitans de laditte Ville qui font Chefs d'ho(ld& 
autres qui viendront demeurer en icellc ville durant 
laditte Minorité de quelque Eftat ou Condttioo 
qu'ils fbient feront Serment fur la Croix ou &iD- 
tes Evangiles d'entretenir ledit traité fur peine 
d'être tenus & reputeï parjures & déloyaux aof-. 
dits Princes & à la ville &aufiy comme înfraâeati 
& violateurs de Paix edre punis à la volonté & 
ordonnance de judice, & foa ledit ferment en- 
regiftré en un livre & Rcgiflre à ce (crvant 

Item afin que laditte ville .ait mieux deqaoy 
pour foy garder & entretenir, le Domaine d'icct- 
le ville, Banlieue & Bailliage tel que au Conte 
d'Artois doit appartenir demeurera durant la ns- 
norité de laditte Damoifelle au. profit de laditte 
ville pour TEntretcncment d'icelle , d fi feont 
lefdites ville & Bail liage durant ledit temps quittes 
de leur portion de Payde orMnaire d* Artois ^&itl 
leur Convient faire plus grande miCe pour ladite 
garde , le Roy & audy mbndit Seigneur le Doc 
d'Aullriche leur (bcoureront & ayderont. 

ïtem & au regard de PlnfUtution des cffiders 
que le Comte d'Artois a accoutumé d'inffituer 
comme , Bailly , fous Bailly , Chadelain Bur&ra* 
ve , Ammanfcip , Procureur , Receveur , Scr- 
gens & autres mondit Seigneur le Duc comme 
Fcrc de maditte Damoilèlle en aura durant ledit 
temps la nomination & Monfr. le Dauphin com- 
me futur Mary d'iceIlc/'m/?//«//W,& Icrontîceox 
officiers tenus en obtenir lettres de mondît Sr. l€ 
Dauphin & faire le ferment es mains des Enatsde 
laditte ville , ainçois qu'ils puificnt exercer leQits 
offices , & leur feront Icfdittcs lettres expédiées 
fans frais ;&n maditfe Damoifelle allait dévie i 
trépas paravant ledit mariage confbmmé , laditte 
ville 9 Chafleau & Boillage feront par lefilits Mar 

niBi 



SURLESMEM.DECOM. Liv.VI. 237 
lans & habitans remis en l'obeif&nce defdits 
Pues d'Autriche & Duc Philippes fon fils ou fcs 
Chccefiturs. 

lum que pendant & durant la minorité dcladitte 
Damoidilc laloy de ladîtte ville fefcra & renou- 
vellera par ceux d'icelle ville en la manière accou-» 
tnmée & fy auront lefdits Mayeur & Efchcvins 
pouvoir de créer les ofË^iers en dcffous eux & 
sommeils ont fait par cy devant & le fera la ju« 
(ticeen laditte ville & Banlieue par les Mayeur 
& Efchcvins qui fixont entretenus en leurs anciens 
droits & prérogatives ; & au Bailliage la juilice 
fi y fera & exercera comme il s'eft fait de tout 
temps & fous lereflôrt où il appartient; Et en tant 
que couche la garde , les trois Edats de laditte vil« 
lepoarront faire telles ordonnances &(htuts qu'ils 
advîfiront eftre requis pour leur feureté (bit pour 
tenir Ibudoycr ou mortes payes pour la garde de 
Jaditte ville & chadeau ,ou s'ils entendent en leurs 
Confciences qu'il leur foit belbin, pourront corn* 
incttre & élire un Chef entre eux pour la garde 
d*icelle , tel qu'ils aviièront de Tun d'eux en tenant 
toujours à eux la charge & Gouvernement de la- 
ditte ville pour la délivrer commcdit efl. 

Z/^Mf quant aux forts & Chafleaux prochains de 
ladîtte ville parlel^uels ils pourront eflre tenus en 
aucune fujettion , ils auront les feellet & promet 
fis des Seigneurs d'iceux forts & fbrtereflès de non 
leur nuire mais les afiidcr à la garde & délivrance 
de laditte ville comme dit^cfl. 

bem & fî aucune guerre Iburdoit entre le Roy 
& ledit Duc d'Âuflrice ou autres voifîns de laditte 
yille ilshe s'en mellcront ny ne recevront aucune 
gamifbn d'un coté ne d'autre. 
. Bem que les Bourgeois , Manans , & habitans 
de laditte ville , Banlieue & Bailliage de quelque 
Eftat ou condition qu'ils foient pourront aller 
i)antcr,& irequemcrmarchandcment& aun:emcnt 



138 PREUVES ET OBSERVATIONS 

par tout le Royaume de Franceipar lei Payide 
mondit Sr. le Dac d'Aufiriche Monlr. le Doc 
FhiUfpes fon fils & en antres Royaumes & pays rd- 
lins , & pareillement les fajets dédits Royanmes 
des pays de mondit Sr. le Duc & antres pays voi- 
fins pourront fenrcmcnc hanter & convenir cnb- 
ditte ville & banlieue marclundement & antie- 
ment, uns aucune repriie,ne enœfaire ondon* 
ncr aucun empcfchement pour marques, oonoe- 
marques ordonnances ou defiènfb au contraire. . 

Item (y lefditsir St. Orner ne Ibnt contensdcs 
lettres , leellex & ièuretex qui le baUIeront pooc 
la Généralité de ce traité : le Roy pour & pot ft 
aufly mondit Seigneur le Duc d*Auftrichepoiirli 
ficnne , leur bailleront lettres en particulier &6- 
ront bailler par lesEftatsde leur pays &tdlesvilki 
& communautés qu'ils requerront par Idquclld 
chacun en fbn regard promettra entretenir & Aire 
entretenir tous les points confentis & accorda 
touchant la garde deladitte ville. 

Item qu*en failànt par lefdits Manans & hsbi* 
tans la délivrance & obeif&nce de laditte ville de 
Siùnâ Orner à mondit Sei^cur le Ebiuphin ft î 
maditte Damoifelie le managçconlbmmf comme 
dit eft , iceuz Seigneurs & Danoilèlle feront fo- 
ment d'entretenir & garder laditte ville chaftean , 
Banlieue & Bailliage comme membre de ladicte 
Comté d'Artois , & aufly icclle Comté d*Artob 
en leurs drofâs franchifcs & libertés , nfiigcs & 
privilèges accoutumez comme les predecel&an 
Comtes & Comteflcs d'Artois ont fait uns les dé- 
régler ne mettre le Gouvernement & Police de 
laditte ville ne des autres villes d'Artois en auttc 
train que par cy devant a eOf. 

Item confirme dés maintenant le Roy les pro- 
vifions obtenues par laditte ville tint de feue Ma- 
dame la Duchefle d'Âufiriche conmie anfly de 
mondit Sr. le Duc d'AuOriche Mtfjr d^dlc poor 

la 



SUR LES MEM.de COM. Lnr. Vt. 139 

b quittance & modération des debtes & rentes denet 
par laditte ville &aufiy pour le delay du payement 
d*lcelles rentes & debtes lelqaeUes provifions dc- 
menreronten Iearforce& leur feront valables. 

Item les Ambaflàdeurs dudit Duc d' Autriche 
ont remonftré oue laditte dcfiinte Duchefle d'Au- 
ftriche , IcDuc Charles fbn Père & autres predeceP 
fturs Poflëfleurs dcfditcs Comtex & Seigneuries 
ont emprunté plufieurs deniers & vendu rentes & 
iccUes affignéeseftre payées (Ur le Domaine Ren- 
tes & revenu dudit Comté terres & Seigneuries, re- 
quérant que pour l'acquit & décharge des amcs de& 
dits Ddîmts, le Roy & mondit Seigneur le Dauphin 
pc^Gbfièur defilites terres & Seigneuries , fallènt 
payer lefdittes cliarges & dettes a ceux à qui elles 
Ibnc deues : En obtempérant à laditte Reouefie le 
Roy & mondit Seigneur le Dauphin Pollèueur dd^ 
dites terres feront dorefhavant payer & acquitter les 
Cours des Rentes deues par les corps des villes & 
antres qui en fontoblîgex pour lefdits défunts \tC* 
quels en feront rembourfèx & leur fera déduit fur 
jce qu'ils devront , par le Receveur de& Domaines 
dcClites Comtcz. 

Item quant aux deniers prêtiez en la Camt/ de 
BoMTgoKgMe ceux qui ont faits lefdits prefls bail-* « 
leront leurs lettres , enfeignemens & affignations 

ai*ilsenont es mains de ceux qui feront commis à 
ce rcfht du Domaine dudit Comté pour en 
Cure rapport à mondit Seigneur le Dauphin & les 
appointer comme par raifbn. 

Item au r^ard des anciens officiers qui par la- 
ditte Duchefle le Duc Charles & le Duc Phitippes 
6m ayeul ont eflé aflignex d'aucune fbmme an- 
nuelle par forme de provifion pour leur vivre, à la 
prendre fur le Domaine defdits Comtez & Seir 
meuries, ils y feront entretenus & en feront payez 
Klon leurfdittcs aflignations. 
&em fur ce aufly que lefdits Ambaf&deurs ont 



»40 PREUVES ET OBSERVATIONS 

requis que le plaiGr du Roy foit faire entretenir 
par mondit Seigneur le Dauphin , les fèrvitenit de 
ièuc maditte Dame & de mondit Sr. d'Auftriche 
es offices à eux donna etdits Clomtex & Seigneih 
ries en &iCintle fermentes mains de mondit Sei- 
gneur le Dauphin : A efté rcfpondu que qr-aprésoQ 
pourra informer le Roy de l'ydoioeté defdits offi- 
ciers & (cra fait pour le mieux. 

Item que moyennant leDot&puti^ftit iim- 
dittc Damoilèllc des Comtcx &Sei^airiesdcffiis 
déclarées le Roy au nom de mondit Sr. le Dm- 
phin & pareillement mondit Seigneur le Daupiûii 
auâorifé & difpenfé de fon âge comme futur Ma- 
17 de maditte Damoifelle, promettant luy fàgôrt rs- 
ciâercllc venue en âge, renoncent i tout tel droiâ 
part & aâion que iccUe Damoilèlle & ledit Sr. i 
caufe d^elle , pourroicnt avoir clamer & demander 
es Duchez , Comtez , terres & Seigneuries , biens, 
meubles & immeubles quelconques demeorcï du 
trépas de Madame la Docheflè mère d*icclle Da- 
moifelle, (y nouvelle fucceflion ne elcheoit. 

Item que Tintention de mondit Sr. le Duc & det 
dits des Eftatscftque le dot & partage confenty i 
maditte Damoifelle eflen faveur & contemplation 
du mariage de mondit Seigneur le Dauphin & 
d'elle , parquoy s'il advenoit par quelque cas de 
mort ou autrement que ledit Mariage ne parvint , 
lefdits Dot & parte^c feront tenus pour non ftitt 
& feront Icfdittes Cx)mtcx & Sci^euries délivrées 
rendues & reilituécs à mondit Sr. le Duc ^ au eu 
que fcfdits enfans foient encoresibus agc,& le& 
ditscnfàns cftans agez,à mondit Sr. le Duc PA#- 
Ijppes comme héritier prindpal de maditte Dame 
fa Mcre (àuf à icellc Damoifelle fiifœnr audit cas 
fbn droiâ fi partage naturel tel que avoir le devra 
paricsdroiâs & coutumes it&ixiiV?:^^ & Seigneu- 
ries, entendu aufly qu'en ce cas le Koy fcroit efi- 
lier au droiâ qu'il prcten4 efditcs villes ft Cte- 

flcl» 



SDR I£S ftiEM. DE GOM. Lit. VL 041 

fleùeidesde Xf/Zr , Dim^y & Orfhia félon lare* 
ttmtàoa ddrofdittc. 

àem que te Mari:^ par&il & codfbnmié s'il 
idfcnoit diie mondic Seignear le Dauphin ï qui 
Diea parn grâce doint bonne yie& longoeallaft 
de vie a tfcpa&delaiâanc , <m non^ en&ns de maditte 
Danioi^lle,ioeUejçiûra deOics Comtes d'ArfxnSp 
de BottÊpKum , & autresdcilbs nommct corn* 
me de Ion uot & hérita^ & avec ce aura pour 
fini donihke cinquante mil livres tonmois pu an 
mii Inv" Icront affignées prendre commençant an 
Bmt m nmem Êis y Crttl j MoiOargis timtst%\tt 
pins bdtes placesét demeures qnconfçaura arifit 
en C èm mpâgÊe , Beny ^ Touraine. 

Smf^xoBXnkt s'il advenoit qu'elle voifê de 
Vieàli)^ par ayant mondit Seigneur le Dan- 
phia V les ennns tlfiis dVux fucoedcront efditca 
Comtèi 4e Seigneuries qui font du Doc & rarta^ 
ge décile ; ft s'il n'y a nuls Enftns lefdits CSom- 
tfft ai Seigneuries retourneront à fês plus pro* 
chains hb&s foubs là âimtaâon delTurditc àttilk 

bem que Ibus ombre de celte alliance de ma^ 
riag» 16 Roy» ne mondit Se^penr le Dauphin dn» 
tant ta mmorité dudit Duc PbHkfis ne preten* 
dront avoir le Gouvernement deufits pays de Bnt» 
hmt fUmirts & autres appartenans audit Duc ^ 
mais les bdf&ront en tel Eftst qu'ils font. 

lum fi le Jeune Duc Pbilifpes alloit de Vie l 
Trépas' en minorité dlgc que Dieu ne veuille 
pâtqiKqr laditte Damoifelle (uccedaftauz Duchex 
Gonitet & Seigneuries de (bndit frère en ce cas le 
Roy & iQondit Seigneur le Dauphin accordent 
me le Gouvernement deClits pays demeure en 
FEitat qu'il (èra trouvé tant qu'elle (bit venue en 
ige, en fiûiânt par lefdits pays â mondit Seigneur 
k Danphin au nom d'elle les devoirs que iceux 
pan doivent ft leur Seigneur. 



^ iîDpU VES; ÇT OBgERVATIQN» 

Ârà atvCt s'il avenpit madittc DjiubîMi t 
ëftant en igc & le Môrùgc cpnlbinniéqQÇ qioilf ) 

4e ù. chtir pu que piii t^uçlque autre caslc» pqi 
&Scigpènnes d'icel^y-^ondiiSr. le 'DacPhU^ ' 
pêi (oQccâàâxnt à madttg D:imoMcllc ilÀ.CBnD& 
les hoir» iHuE d'elle & qu'ils fulVent heritU)ii deli 
CouiooDc de France., U Roy & mund^ Sf^Dca 
le Dauphin promcoruai &:f>ail1cioDtlenn]citicl 
pour eux & leurs fucceflcurs & feront bùlkt pH 
les £(bus de France à chacun dcfdia P9ys4c *>« 
- dit cas traiter leldiu Raxs.JB:Jon.lç|U ïUSllf%.9l 4 
ks entretenir en leurs sijâQ|epfidirtMâs,nciiif)tioiB, 
nlàges , coutumes & faiv/leg^ & . )éi VUites cQ 
leursPiiviicges., FrançË^qt'y PolkcfijQeHcnic- 
tncnt iccoycuihn , & sufqHMa.pATs^ili&itithotf 
du Royaume que les jÇiijets ^iccui n« ftroiit tù 
icz par-tppdiation ne aUreoinitca tef q»-f^P«r- 
^n»f»r <i Paris grand .(tie^l. du Eçy p^ulkin 
bots dcfdits piys. , ■^'■''- '■■ 

. An» i^eux iiicigneqrf.;K.|fiai| pqrf ^^^DCBCt 
& fujcts pour confcrvation de ]» pair sinqw ft 
jinion pi^petuclle procédant de UditeWlioioe & 
Tnarisge «ydctoiu & aHîAerôpt Tdo L'ytVtgmiDiDB 
•mis envers & encontre roiu ceax qui vo«dioiit 
ÇQtrcpreadrefurl'Efbt àperfonnes dcÔib iW* 
ces ou de l'un d'içcui où taiTy fur ledit UppOs 
tue , leurs Pays , SçigncurîCB & fujost 

Ârm rcconnoiHcnt lefilits Duc & £(fam «0 Rof 

oufeiaiae- la SouveraimU ^ reprit», la Cemt/Jt fU^dril 

Ui la li^.'^'°"'=^ Sui a cAé ») »inp> paflif & p ro oic tt ent 

je. 'que ledit Duc PhilippesvcQu en Âgcil fera lesfcf 

hommages & devoirs conunc il a[^>iitienl & qnB 

l'on a accoutumé de faire & de ce Ûlletont la- 

tresmondit Sr. le Duc d'Autriche &lei ttoisMem* 

brcs dcFlandres. 

. hcmiius le Roy de là cert^ne fôence , p&if^ 
uncc & iuthotiitf a çonûrorf & ( — " 



SimLESMEMDECOM. Liv.Vl. i4| 

pthrikgcs anciens & nouveaux accorde^ & con« 
ftiDCZ par icelle feue Dame avant (on mariage 
êc par mondit Sr« le I>uc& elle conftent leur ma* 
ru^ tant aux trois Membres de Flandres en ge* 
nenl j qu^en particulier aux Villes &Communau* 
tel dadit pays é^Flandréi^ villes & ChaOellenies 
de Ulk Ùoiêay & fainS Omet enlèmble tous les 
droiâSylobt 9 u&ges& coutumes dcfdîtes villes & 
Comjnnnaotez de Flandres'^ villes & chafleDenies 
de SmuS Omtr Ufie Do9uy ^ Orchies. 

Item màSf a le Roy confirmé aux Manans Se 
habitani de la ville d'Amms les privilèges qu'ili 
ootdcsPredeoeffiurs Roys de France pour lafhn** 
dnlè de la foire d'icelle ville, 

tum en tant qu'il touche le droiâ d'iflùe do 
Royaume flnpofition foraine & antres droîâs que 
ron ponn^ demander pour les vivres danrîîes & 
ttiarcbaDdifii qui feront amenées & conduites ab 
Pays &C!dmte de Flandres villes & chaftellenDei 
de lilk Dotutf & Orchies en fera fait comftie da 
temps de feu le Duc PhiUpfts dernier & aupara--' 
vant. 

Bem que les énfellaions des fieges de la Gou- 
vernance de Lilte Douay & Orchies (ë relèveront 
en la chambre de Flandres comme refibrt immédiat 
& de laditte Chambre iront en laditte Cour de 
Parkmem à Paris fi ce tant que Icfdites villes & 
diaflellenies feront poflcdées par les Comtes & 
Gosnteflcs de ' Flandres defbubs la rdervatioa 



Bem que ks appellations des hix Je Fbtiires 
ddà la Kiviere dm Lys qui par moyen ou fans 
moyen fe relèveront en la Cour de .Parlement ^fc' 
iont muées & converties en refbrmation &Cc cxe« 
cutcra le jugé réparable par difHnîtivc à camion fc- 
km les^'Cttdonnanccs que pour le bien & cours 
de la tnàrchandife audit pays da Flandres en ont 
cfié fiâtes autemps paflé. 

Q X Item 



»44 PREUVES ET OBSERVATIC3K5 

Item qu^cncc traîné de paix eft compriCelapv^ 
tonne de Madame JMargucriUe Dacheflè de Boor* 
gongnevcfîie de f(;u MoDfr.le Doç CiarkfàH 
têra rendue la pleine jouiflànce des terres da 
CbauJfiHs &de la Perrière mmckàpt .de vingC nul 
écus d'or au pays de Bourgongne & fur ce \ïïf 
oâroycra le Roy fcs lettres patentes iêion Iccoo- 
tcnu qu'elle en a dcfdits Ducs & D^cbeAè } & 
s^il avcnoit que Dieu ne veuille que Monfieur le 
jeune Duc allait de Vie.iTrepas&qu^âccnxijfai. 
les pays cfquels tnadite.Damea fonddttaire&ui- 
tres terres à elle données làvîe durant vinflêntoi 
la main du Roy ou de MonCeigneiir le Daophm 
que le Roy & mondit Sr. en ce . cas^ ptooKttraat 
par leurs lettres laillèr jouir maditte Dame de Aih 
dit douaire & autres terres fi vie durant paifible- 
Vient uns à elle fairip ou ibuilrîr faîne ^ocun cm* 

exhement & (i elle a meltier de l^ayçlf jmi .port da 
ôy & de mondit Seigneur le Dan^ia iœni la 
cx>nfbrteront en fcs a^'res & ayderont conunf 
leur parente & Coufîne & aufly entretiendront i 
madite Dame audit cas les traiâez & paâicxii 
qu^élIe a eues avec maditte Dame d'Autiiche 
pour la rcflitution du Dot & des deniers de ûxk 
mariage. 

Item par cette paix eft faite abolition générale n* 
peau de tous bans défauts & contumaces aux fa* 
jets d'un party & d'autre de quelconques cas, cri- 
mes; délits ou oSènlcs que l'on les ]x)urreit impo* 
ûr à (cavoir que le Roy de fa plenierc .puif&Dûe 
& authorité Royalle fera & fait abolition generrie 
â tous les fcrvitcurs & fujcts tant des pays 3e'BoiB^ 
gongne que par deçà & autres qui ont tenu le 

Erty de feu Monir. le Dup Charks Madame la 
uchcflè Marie fa fille, de Monlr. le Dnc&de 
Mefirs. (es Enfàns de tous & quelfcpnqucs cas 
commis & perpètres depuis le commencement des 
guencs dudit Duc Cbarles foit en ayant tenu ledik 



SURLESMEM.DECOM. LiT.Vt 24^ 
fMKty les ayant fcrvy & avoir cfté en Âmbailàde 
pour eux en Àf^leterre vers le Duc de Bretagne oa 
«illenrs ou eux avoir armé& fovyen guerre con- 
tre le Roy , conicillé aydé & fàvorifé de fàiâ , de 
parole ou par écrit la partie & querelle d'iccax 
Ducs & Duchefle , avoir efié contre leurs fermcns 
OQ promeilês bu en quelque amre manière que ce 
ibit ou puillèeftre avoirofTenfè dclinqué envers lo 
Roy & leur renict quitte & pardonne le ^oy tou- 
te dfS:ofi: & peine corporelle & civille cnlcmblo 
tomes peines & amendes adjugées en temps pailë; 
impo&mfur ce filènce perpétuel à fon Procureur ^ 
fims ce qu'il fi)it befoin à nulsdefdits fujets & (êrvi** 
teoncn obtenir autre abolition & pardon en parti- 
colîer, &neantmoinsceux qui eu voudront avoir 
lettres les auront fans frais; & pareille abolition o& 
fie faire Jt fidtmondtt Sieur le Duc pour ceux qui 
<mt tenu le party du Roy , aufly pour les Manans & 
l^bitans de laditte Ville, Banlieue & Bailliage Je 
Si. Oimr & particulièrement eft accordé par le 
Ilioy 4tMitiw générale en telle façon que pour cho- 
ie taire dite ou refcritte pour le tenips pafTé Ton ne 
les pourra jamais redargucr en judice j oc au^ 
trement. 

bem qu'auily les fujets & ferviteurs d*un partjr 
4cd*amrc tant Prélats, Chapitres, Couvents no- 
Ucs, Corps de Villes , Conununautez & les par- 
ticQliers de quelque e(tat ou condition qu'ils foicnt 
tdonmeront à leurs Dignitez ^ Bénéfices , Fiefs ^ 
taxes 9 Seigneuries j( autres héritages deniers d'hè* 
titages rentes he^tiercs ou viagères deucs par les. 
PdnœSyComme celle deue à Monfr^ de dames fur le 
Domaine 4'Amiens,que par corps de Villes ou par 
particuliers , à en jouir & podèder depuis le jour do 
b paix en tel cftat qu'ils les trouveront ; qui cil i 
entendre que ceux qui retourneront à leurfdits. 
Bims parceile paix feront tenuEs en telle poflèffioa 
4 jo«(ufiD«e 4c kursPignitçx. Bénéfices & autres 



Ï46 PREUVES ET OBSERVATIONS 

biens qu'ils cftoient paravant rempdchcineiir for* 
vena à caulè de la guerre fins ce que Ton leur pmft 
objîcer interruption de poflcffion ou pre(èriptioD 
pour le temps que la guerre a duré depuis qu'elle 
commença du temps dudit feu Duc Cbatles^ te ce 
nonobdant quelconques dcxis ou difpofiâoos ) 
temps ou à toujours rait& au contraire par IcRoyen 
fbn party ou par mefdits Srs, le Duc & Ducnefle 
au leur , ne quelconques déclarations de con- 
fifcations , de lentences ou arrefts obtenus par 
contumaces qui d' un party & d'autre pour te bien de 
ccfte paix (ont mis au néant & déclarez nuls nonob' 
ftwtaufly quelconques venditiontd'iceux héritages 
ou raphapts defdittes rentes &îts durant la ^uene 
par ceux ou à ceux qui ont eu don deCdits héritages 
& rentes. 

Item fy aucuns héritages ou rentes ont efié ven* 
dues par Décret pour debtes hypothèques dont les 
debteurs fuflènt en party contraire , lelSits debtcors 
ou leurs héritiers pourront retourner incoatûoent 
aprJs ladîtte paix à leurs héritages ainfy vendus en 
fatisfaifànt en dedans l'an du deub pour lequel ils 
(croient vendus tant feulement , & s'ils n'avoient 
fàtisfàit en dedans ledit temps , le Décret demeo* 
teraen & force & retournera de plein droiâ ledit 
acheteur en fa poflcffion : Mais fi le {propriétaire 
vouloit débattre ou (butenir contre la dcbte il y Ic- 
rarcceucnnamptif&ntdes deniers comme ^ileoft 
eflé pse&nt , fi toutesfbis par laditte adjudicadoD 
de Décrets aucunes rente» avoient eflé foupites 
icclles feront du jour decefle paix remifès en leor 
cours comme paravant laditte adjudication. 

Item aufiy fi les debtes pour le payement dcf 
qucllies l'on avoit procédé à vendre lesheritwesde 
ccluy ou ceux qui efioient en party contraire efoieot 
pures perfonnclles , non hipotequées defquelleseafl 
eflé fait don par rccompenfè pu party où leur dcb* 
leur efbit demeurant , içeluy dcbtcur rctonniert 



■i 
f 



2 fin héritage sdnly vendu fins rcftituer les deniers' 
prbicipatix ne ancres chofes àTachctcurdcClicshcri- 
lages oaàlbnayaot caufe.' 

A»» en tontes autres tnatîeres Eccicfîafiiqûcs & 
prcyfancs oà (but données aucuns défauts ou con-^ 
mmices contre ceux eflans au party contraire i!s fi 

giurronc pnigcr en dedaùs l'an contre qui qu*il9 
îent obtenus. 

Item \e% fiijets d*un coté & d'autre Fctourncront 
i leurs biens immeubles à fçivoT tant ccuî dont 
Ils jduiflbicQt avant les divitions commencées du 
lempt dn feu Duc Charles que ceui qui dçpuJ»' 
leor fimt fuccedez & echdis ; fùppofd ores que Id 
trépas de çduy duquel viendroîeiit !cfdics bicùsfut 
avenu on que lefdîts biens Ibient fituez au party 
conMbe auquel s'efl; timu fonplus prochain héri- 
tier, fins que Ton peut' objiGerâ rheritfcr que fbn 
predeceflèur (bit mort ennemy du Prince fous le- 
quel il ftvdtfis biens ou en icrvice de Guerre con* 
tre Iny ou audit héritier qu'il foit inhabile à fucce- 
der parce qu'il auroit tenu party contraire du lieu 
oà leQits biens (ont echeus. 

hem & quant aux fruits & levées des héritage^ & 
rentes tout ce qui a eHé levé & donné depuis le 
oommencement des divifions duDuc Charles ]\xÇ^ 
quesaujourdelapaix par mandement des Princes 
kors Liieutenans ou Commis demeurera levé & 
donné & n'en pourra jamais elhe fait pburfuites 
contre les Commiflaires qui s'en (ont entremis ne 
ceux qui les ont receus ou qui en ont profité, ne 
aiDifl^ contré ceux qui les ont pnyez & contentez & 
quant aux arrérages des rentes & ccn(cs dont les ter-* 
mes (ont echeus ou pour pied coupé qui encor ne 
fi)nt levez afin d'odcr toutes matières de procès ils 
dcnMureront à ceux qui en ont le don des Princes. 
Rem pareillement toutes debtcs pcrfonuellcs 

données par les Princes ou leurs Lieutcuans fupr 
^lîîqiie iicnjic foit levé demeureront au profit d(5 



vfl PREUVES ET OBSERVATIONS 

celay oaccuxquieti auront le don & quant itov 
tes autres dbo(cs mobiliaires quelque don qui eu 
tyt e(té fkitfy elles n*ont efié ievécs ou qu'il n'CQ 
(bit prooés , ce qui fe trouvera en cfire après la 

S'x publiée appartiendra iceluy ouccnx antqucll 
dits biens eftoicnt auparavant la guerre & lei 
pourront prendce& lever partout où ils les trouve- 
ront fans ce que on leur puiflè donner aucun cca^ 
tredit ou empêchement pour quelconque cmCc qoe 
ce (bit. 

Item (embl$blellient eft accordé pour tcfiiiti à 
fiihfâ 0»ifrque pQurqueIqtiefecomi>eniercocQe^ 
remifiion, quittance obtoQue parle corps de la ville 
i& aufly par les particuliers Bcm^eoii Mtnaos & ha* 
bitans d'icelle ville Banlieue & Bailliage de quel- 
que eftat ou condition qt*\]$ ibient ils en demenn* 
ront quittes & déchargez & n'en pourra contre eo:t 
cfire rait pourfuitc. 

Item que fo\is la généralité de oc Tnûtté nxHid. 
Sr. le Duc d* Auftrichc & (efdits enfàns lèront & de- 
zpeurcront quittes & décharge! de toutes dettes 
qu^ils peuvent devoir à ceux qui ont tenu poty i 
eux contraire & ne feront Icfdits Créanciers pour 
quelque caufc que lefdites debtcs procèdent japsM 
receus si en faire pourfuittes contre mondlt Sr. la 
Pue meClits Srs, fcs enfans ou leurs biens « fimf tou« 
lestbis des rentes & pépiions â venir qui €; pajcroot 
decejourenavaut 

Item que pour retourner au fienToQ nçfiratenu 
de faire aucun fcrnlent au Prince pu Semeur Chu 

Î|ui Icfdits biens (ont fauf les ficficz& vai&ux qui 
eront tenus de faire ferment de fidélité pQur lems 
tek lequel ferment le pourra encore faire p9r Pro« 
cureur ayant pouvoir fpccial. 

Rem fiir ce que les Ambaf&deurs de mondit 
$r. le Duc & des Etats de les Pays ont requis que 
Madame Vcfiie de fèa MdSre Pierre de Lmxem* 
hurg & DaoïoifèUcs Marie dc ir^foifi (i;s $Uc| 

ici 



SUR LESMEM. DE COM. Lxr. VI. 249 

letoumenU leurs biens tant ceux dont ont jouy ca 
leur vivant Miffire Louis de Luxembo$trg Comtt 
de S^ânâPatU Madame Jeamu de Bar (àfcnune 
Mcâire Jeém de Luxeniboufg Comte de êlUrle 
knr fiU aiûié , qiic ledit Meffirc Pierre de Luxem-^ 
iissu;^ À ce nonobstant qoekonqucsarreHSylcntenf 
ces , déclarations de confilcation & forclufion de 
Trêves £iites par cy-devam & pareillement Mm» 
fient de CroyComitàt Percien pour lequel ils ont 
requis qu'il retourne à (es biens, terres & Seigneu- 
ries dôDtftu MonH^deCroy fonPere & Madame 
Hlhirgmerite de Lorraine fa Mcre ont efté jouil&ns 
& noounémeiit à la Comté de Porcien , les gre« 
liuers àlfelduChafieaudc Cambarfof , MofUeomet 
& antres appendanccs dudit Comψ la Seigneurie 
de Bar-fnr'^Atdn & autres terres en Picardie la» 
ditse VdiiL & cnfisuis dudit feu MefOre Pierre de 
Luxemhm:g & ledit Sr. de Croy jouiront du be« 
neficedetgpaix &uf qu'ils ne retourneront pre&n- 
tçmçnt à leurs biens & pourront pourfuivrc leur 
cas devers le Roy quand bon leur lemblera. 
hem quant àce que IcfditsAmbaflàdeurs outre» 

Si que le Roy fàflc rendre & reftimcr à Monfr. le 
mSici^Hfimeid làComtédc iZ^woM^, Ion Pays 
de Fam^c dt autres terres & Seigneuries qui luy ap- 
partiennent au Pays de Savoye à canfe de (on parta- 
is, kfiUtles terres ne (ont point en la poflèffion du 
Koy ne d'autres de (k fujettion , & quand ledit Sr. de 
Rjment voudra faire diligence de les recouvrer le 
Rov eq ce le fiivorilera. 

Ani» touchant les Princes &Prince(Ies d^Orme 
Iç Comte dcjoigmf , Liepart de Chaku Sei&ueur de 
l^emee Me$rc Guillaum de U Baume Seigneur 
du Loin Meflire CUnde de TkfuhftgeQm Sr de /g 
Bafiip pour Içiquels lefdits Anobafl^eurs ont (èm* 
bjablement oequis qu'ils Ibient compris en cette 
{aiz,a efté rdpondu qu'ils y (ont compris & re< 

ttHVQcrwt à leurs incps ou qu'ils foicnt tant au 



^Vor PREUVES ET OBSERVATIONS^ 

Royaume qa^au Dauphîné & Comté de Bonrgon^r 
giK fous ia Gcncralité comme les autres. 

Item Darcilkment les Religieux Abbé & GoQ^ 
Tcnt itÀnchin font compris en lageneralké dure* 
tour au fiwii tant pour les biens de TAbbé cotnine 
du G>ave(it & en auront les (teilûs nommez &a(i- 
trcs , lettres particulières fi avoir les veulent» 

ùem fèmblablement les Religieux de TEglifi & 
Aùbaje dcfaitaffall éPÀrras quife font tenus en 
robeii&nce de moiidit Sr. le Duc d* Aufiricbe pour 
leiquels lefdits Ambalfiukurs ont fint requefle 
pourront retournera leurditte Abbaye & vhncdcs 
biens d'icelle* 

ùem fur ce que lefdîts Ambaûâdcurs requièrent 
que les» habitansde la ville de Frambife aUas Ar* 
ras qui font efpars & rctraiu en divers lieux tant 
en l'obcillànce du Roy qu*cn l'cMfllànce démon- 
dit Sr. :e Duc puiflênt ftanchcment retourner i 
leurs mailc)n$ & habitations , f.*ire leurs marcban- 
diil-s mcfticrs & Itilts comme ils faifoient avant la 
guerre Gins ce que de chofe ùitt ou avenue en tcms- 
p^iTé depuis le commencement dcfdites divifioos 
Ton les puiflc de rien impoC;r,ron entend par ce 
Traitté que ceux de laditte ville qui font retraits 
es Pays dudit Duc d* Auftrichc retourneront à leurs 
Uens fous la généralité de tous les autres & pour- 
ront aller conver(ër& demeurer en laditte ville & 
y faire leurs marchandifcs & mefljers & es antres 
lieux du Royaume ; & quant aux autres habitans 
qui font demeurez en Tobciffincc du Roy Ton y a- 
desja pourveu. 

Item les héritiers de ceux qui ont cfté executd 
& mis à mort pour caufcdc la guerre & pour avoir 
tenu le party & adhéré à autres qu'à celuy où ils 
cftoiem demcurans , retourneront à leurs lûens 
qu'ils trouveront en nature & fucccderont . & aufljF 
ksvcftir.s deClits exécutez à leurs droiâs À Douai- 
res , (y n- c doit que telles exécutions ay^t eflé faites» 
I>arproG£s&^vigc^otdvua\£çs. bem 



SUR LES MEM. DE COM. Lm VI. ift 

* Rem pour avoir la joui(&ncê du fien Ton nelm 
tenu venir ou firirc rdidenceen Piuioaratitrcde& 
dictes parties ; mais jouiront ceux qui Ibnt du party 
da Roy des biens qu'ils ont es Pays de noondit Sr. le 
Doc&Mdlrs. fès enfàns & pareillement eeuzqui 
font demeurans es Pays & obeif&nce de inondic 
Sr. le Duc tant les ddSis nommez qn^atitres de 
quelque efiat ou condition qu'ils foient des pays de 
courgongne Se des pays de pardcça jouiront des 
biens â eux appartenans ou qui leur fiiccederont au 
partyoud>dffiuiceduRoy & de mondlt Seîgnen^ 
le Dauphin làns qu'ils Ibient contraints venir de*' 
BKurer & refidcr fur leurfdits biens. 

bfm fiir ce que kfdits Ambaffideurs ont remon* 
flré que pourreflburdrcle pays & Comté J^Ahm 
il pUuèau Roy^ cc»iftntir & accorder que la ville 
de Frofffhife alias Artas^ Aire^ Lens^ Bi^amne^ 
Beûmm les villages dcOîts lieux & laChaltellenie 
de Lilers & leurs cnclavemens Ibient tenus quitte! 
& paifibles de F aide ordinaire €P Artois ces premiers 
éàaiJt ans & que nul autre aide ne taille extraordinai- 
it ne fint levée ce temps pendant , & pareillemenc 
de tous les arrérages duditayde ordinaire du temps 
pafliS afin que les nabitans dcfdites villes &BsiIlia» 

S (qui la pluQ)art Ibnt inhabitées & au plaîfir de 
eo là paix ^te (è repeupleront , n'en puiilènf 
cftre pourfuivis mais en ibient tenus quittes & dé- 
chargez , le Roy a quitté tous lefdîts aydes pour le 
temps paflë aux villages inhabitez & lieux qui ont 
delaiflë à payer à came de la guerre & aufiy afin 
qu*ils (è puiucnt mieux rcflburdre& labourer il les 
tiendra quittes de leurs portions d'aydes rcrpaec de 
& ans à compter du jour d'iccllc paix. Pour ce qud 
défunte Madame d'Auftrichc après qu'elle fut ve* 
nue i Seigneurie & ellejouii&nt de laComté d'Ar* 
lois au moins de la ville de Franchife alias Arrasj 
â'confcnty&oâroyé à ceux de la ville dé Douéiy 
pour les Bourgeois Manans & habitans bonnes 



À 
i 



jfi PREUVES ET OBSERVATIONS 

niaitbns , & bofpitaux de laditte ville qu'ils ftiflcnt 
& demeurent quittes exempts & affianchîs de payer 
tailles audit pays d'Artois pour les héritages qu'ils 
ont illec dont ils ont lettres par forme de chtttes 
en las de foye& cire verte ^ le Roy à la requclle 
deldics Ambaflàdeurs tant pour luy que pour mon* 
dit Seigneur le Dauphin confirmera & oâroycrade 
nouvel ledits Privilèges. 

ùem que ceux qui retourneront i leurs biens np 
la paix ne feront ne aufly leurs héritages pourui* 
i^les des Rentes foncières & furoens pour le tempa 
de la guerre mais feront tenus ks décharger ceux 
qui en auront jouy par reooinpenfi: & fi ce fimt he« 
ritages qui pour catàè des guerres ayent cflé en mi* 
De& fànslaboAir ils demeureront déchargez ded^ 
tes rentes & (brcens pour le temps qu11sQ*onteflé 
labourez jufques au jour de Noël inftant mdiia 
mais dudit jour en avant foit que l'on les laboote 
ou non les rentes & furcens le payeront. 

lum pour ce aufly que pluueurs £b trouvcrraot 
qui feront tenus pour entrer en la jouiflànce dca 
biens fiefs & heriuges à eux fuccedez durant la 

f lierre faire & payer les reliefs & autres devoirs aot 
eigncurs de qui lefdics fiefs & héritages font fie* 
nus y coofenty & accordé eft que ceux qui doiveni 
faire lefdits devoirs auront terme & induce de troia 
mois au jour & date de ta paix pour faire ledits de- 
voirs en fai&nt lefquels ils joyront de ce qui tcn 
efcheu depuis le jour & datte de cette ditte paix fins 
avoir égard à ce que lefdits reliefi & devoirs ne 
Ibient encore faits. 

Item que les nobles & ficficz delHits Pa^fs de 
mondit Sr. le Duc d' Auffariche &de mondit &r* te 
Duc Philippe! fon fils qui auront fèigneurics 8l 
fiefs au Royaume ne feront contraints a fervirque 
fous mefdits Srs. ou leurs Lientenans $l Conunia 
ou cas qu'ils ou IHin d'eux foient au lèrvice du 
Roy & Q mefditt Srs. ou l'un d'eux n'dloicnt cq 



SUR LES MEM. DE COM. Li?. VL 15'? 

pcrfbnne audit Icrvice Icfdits fieâèx ne Icroot con« 
Rraints de lèrvir en perfonne mais pourront fkire 
fovir par aunny lèlon la valeur de leur» fiefs. 
l$em les fcntences & appointemens rendiis an 

Fmd ConlHl de fini les Ducs Philippts Charles 
Dttcheflc & Monfr. le Duc prelènt & auffjr en 
la Cour qui s'eft tenue àMalines^d*entreles fujets 
d'iceux Ducs&Duchefle ou pour herita|;es , con* 
traâs, dains arrefis ou fucceffionsde biens lors â 
eux fujets fbrtiront leur effet pounreu que lefitites 
lèncciioes ne toucbaflènt dircâcment le droit da 
lloy oa qu'il n'en y eut queftion en la Cour de 
Pariçment â Paris ou autre Cour Souveraine oà 
k Procureur du Rov fut adjoinâ avec la partie. 
• Btm que les càufts & procès par cy devant in- 
ttodaits éfiiits grand Con&ulx &Cour deMalines 
qui enootes nt (ont dedfcs du Pays d'Artois des 
vdExts & enclaveoiens d'ioeluy & des terres fur la 
liviçK de Somme qui lors tenoient le party de fea 
k Duc CharUs tant celles de la première indance 

£%li cas d'appel &fèmblablement les appellations 
boadieou par écrit, emifo de la. Chambre de 
Flandm relevées en laditte Cour de Malines audit 
nandCodèilttcront renvoyées en l'eftat qu'elles 
footcn laCour de Parlement àParis &y pourront 
cçpzqui voudront pourfuivre letu: drdâ fiure aP>. 
fifjner jour à leurs parties advcrfes & feront lefdits 
piQ«éB receus à fçavoir ceux qui font conclus en 
droîd pour les juger & décider à fin deue & les au- 
ties pour les parfaire & tnflruirc & y procéder pat 
Ifis parties lèlon les retroaâes & dertiiers appoin* 
tcniens. 

Item pareillement les mMrtiStmens compofi^ 
tbns momveaux acqn^ & amgoblijjimem ùits par 
kfdits Ducs & DuclKilè demeureront en valeur & 
Sirtiront leurs effets en prenant par les fujets da 
fm d'Artois nouvelles lettres d'annobliflS^ment 
Id^udles leur feront baillées uns frais & ans finan- 



ce \ 



!« PREUVES ET OB^RVATIONS' 

ce ; ou s'ils n*cn obtiennenc aucunes lettres ft 
pourront vfda de ceprclênttraitté. '^ 

bem aufly les abolitions remifiSons & pardons 
faits & baillez par MonGr. le Duc ChéorUs Mada* 
moifelle là fille & par mondit Sr. le Duc d*Aulbif 
che & elle depuis fon maruge aux Villes & Cmh 
munautex&aul]^ aux particuliers de leur Pttfs de 
Flandres yUJU ^ Douay \ ÀrUis & de Bo$trgotm0 
feront entretenus , en prenant par les fujcts d*Ar^ 
toîs lettres comme en l'article précèdent & ne fin 
nul reoeu i faire procès pour rq)aration de màct 
ou autres injures contre les corps & paitteliHtt i 
defdittes villes & CommunauteZ'pôurksaifrGdflK 
tenus édites abolitions. . 

Item que pour le temps i venir eftconfincy ptf 
ce traîtté de paix que ks Boa^;eois Manaos & 
habitansés villes & Pays dé fioniieres defditsDiicir 
d'Auftriche &lêsenfàns & autres dtens (fajccs iU 
Couronne, adjournczàcompannraiperfeiiiMeai 
ladite Cont de Parlement ou pardevant anm^a*' 
ges Royaux pour quelconque cas qu'on-toodrt 
dire par eux avoir eilé commis feront Manis ît 
comparoir par Procureurs nonobftant lef!iitÂijoiir« 
nemcns perfbnnels durant le temps dtcQKicedtelt 
minorité de maditte Damoiièllc & paMllMeni 
cft accordé pour ks habitans de ladite vilk^fiii^ 
lieue & Bailliage de faifuS Omer^ >• •' ^^ 

Itetn que pour les drgnltez aufquelks les ftjetf 
& tenans le party de mondit &• le Duc^ont-dK 
pourvcus par eleâions grâces espeâativea oa «h 
trcs provisions de Cour de Rome bend5oea*<ioA* 
nez par ledit Duc Charles par feue maditte DttBCf 
avant fon mariage & dcptis par mondit Sr. le Doc 
d^Âutriche & elle conftakit • leur mariage ca kàt 
patronnage & auify par les collateurs tenahslcir 
party ou q'ui ont cAé accepta par lefdittes naM 
cxpeâatives ou autres provifiôns de Cour de Romtf 
les PolTeûèurs & ceux qui ainfyont eAé powvcai 



SyRLESMEM.iœtX)M. Lfv.TI. ^f 

ne pourront dire inquietex ou travaillez pour icc^ 
to dignitez ou bénéfices (bUs couleur ^/tf^4g:«i* 
fiqMê on pour quelques antres cas ordonnances on 
ddènl^s loîx ftatuts fidts au Royaume en petitoiie 
P17 en :ppflç(£>ire ^ & ^ aucun compétiteur fcap* 
paroiâbit les pourfùttes &'çn feront pardevant. ju» 
ges ocMWus es pajrs dudit Duc d'Auflridie & ne 
pourront ledits fujets eib^ traitez au d Aon (bus 
ombierdês Previleges dei Efiudians ^ Ùmva> 
Htm. Je Ppuris , Orleam , ou ailleurs. 

tiem oi icelle paix Ibnt compns les Villes & 
SaiUiige de Towmay , Toumefis , SaînS Amand 
& Hfyrt^me & les iujets& habitans d'iœlles &en 
jottirçut entièrement comme les autres |iays , vilv 
k^ &^ figcts du Roy. 

lim & fi le Roy ou autre ayant caufi de luy^ tient 
micones. places , rorts ounon fortsen laDûchédc 
laÊX€mhurf & Comté -de Cbi$^ elles feront ren<^ 
dues fkreilitnées audit Duc d*Au(lriche SiPhtlèp^ 
fer Ion fils ou aux fujets aulquels elles appartien- 
nent nonobfiant queloonqaes dons faits par le Roy 
Idqodti jl révoque. 

Bem lesmaifins de Flandres à Paris & de C(n» 
tms4kîQat rendues jiudit Duc d'Au(lri<fhc;& fbn 
û!l$iL-la}Maifofi ^Artois audit lieu de; Paris de-* 
meorcra à maditte Damoiftllc & fur ce que lef* 
et» Amta£ËLdtms ont rcmonfiréque feue Madae 
QIC fai Dncheflè pour coniideratioQ des loyaui 
finrkef que luy avoienC fiùtMonfi-. \tiPrinee iO* 
toÊge & proximité de lignine de maditte Dame 
ft de Madame la PrinceflcluydonnateSeigTjeu^ 
fàe$ d€ Ciafleauielm Qrgeleù k autres contenues 
6 lettres de Don fituécs au Comté de Btmrgmgnê 
kCqneHes font anciennement panies delaMailon 
de Gbmhms dont mondit Sr. le Prince eft d)cf re* 
qoetant iceux Ambaf&deurs qu'il . pleuft au Roy 
fu nom de mondit Sdgneiur le Dauphin côoCn-* 
lir & accorder queledît Don demeure valable con- 



%S(i PREUVES ET OBSÊftVATJOMS 

Odcré que quand il a edtéttàt maditceDamedloft 
Daine& poil^iioic laditte Comté : Le ]^ ne ftA 
que ceit ai i*cn pourront Icfilits Princes & Prin*; 
ceflls faire informer. 

Item à laremonft.anceqiie kClîtsAmbtflidciB 
d*Auftriche & des ElLts dadit Pays ont 6A que 
pour i'entrecours de niarchandifcs commiimcstîoQ 
des fujets d'un party & d'auirc&fouls^emencdci 
ftontitres^auiry afin qu*il ne leur fidlle tenir gHw 
nifon fur les frontières le plaifirdo Roy fôkqo'ik 
prés que madittc Damoiftlle fera amenée & d^ 
livrée entre fes mains pour mondit Sdgneor k 
Dauphin faire partir les gens d*arines des ftontie- 
res: Le Roy fen partir les garnilbns de toutes lo 
pedaes places comme Làts^ PEfilmJe ft aano 
ièmblables & quant à ceni qui ieroot ocdonBQ 
pour la garde des grandes villes fur les fiontmci 
â Içavoir jirras , Betbtate , Àirg , Tiemuame « 
Hefdm Saina Paml , Gng^ ^ Smma QuaHm^ 
il les diminua ra & mettra R^gie en telle fiçoD 
que mondit Sr. le Duc & ceux des Eftatidesrqfi 
qui font cette Requefte auront can(c d*cfiic cm* 
trns. 

Item fur ce que lefdits Ambafladeots ont I6 
quis que pour certains regards & confidmtkm 
qu^'ls ont remonfiré aux gens du Roy que Ion pl«* 
fir (bit comprendre en ce traité de niz b Ibf 
ePjlMgleterrtyieDucdeBretéigfte:Atùi6ftpùaiA 
que les Anglois font en Trêve avec IcRoy&qoc 
ce traitté ne leur touche de rien ; & quant aa INc 
de Bretagne le Roy n'y a pcrintdegaerrc&a pdl 
finale & (èrment entre le Koy & luy que le Rof 
de fa part veut entretenir. 

Item fur ce que Icfclics Ambaffidenrs ont re* 
quis que le plailir du Roy foit déclarer par Cide 
paix qu'il ne fura ne fouffrira bailler par quelqie 
voye direâ'. ou indircôe aucun avde fircoan oi \ 
afliOanct de gens on d'argent à Meflkc GmBm^ j 



SURLESMEM.DEœM.Liv.VI. nj 

ne d*Àremierçb Uegeoss adherans à luy fai&nt 
(oerre au Pays & Duché de BrahiVft^ ne à ceux 
le Cleves & de la Cité iVtrechi fki&nc guerre 
sontre ceux de Gheldresfi du Hollande, ôcmcimc; 
nent que fon plaifir foit mettre horsdefbn fervi- 
X & jibandonncr ledit MciGre Guillaume. A cA6 
«pondu qu'en cnruivantrarticIecydeflùs^fiuCiDt 
aenticm des amitiés & alliances, Le Roy la paix 
vite affifiera&aydera àmondit Sr, à ceux dcBra^ 
féttti & autres des pays dudit Duc contre tous 
xox qui leur voudront nuire. 

Itçm que pour (cureté des pays & fujets d'une 
Mit & d'autre qui (ont (ur la code de la mer, le 
Roy ft mondit Sr. le Duc promettront tenir la 
mer CD bonne feureté , en façon que les fujets d*une 
part Se d'autre y pourront (èurcmcnt labourer & 
mx y tenir pour pe(cher ou quelque autre nego- 
âttion fiure,6t aufiy pourront reurement& ûuve- 
Boent aller , venir , hanter , fréquenter à tout leurs 
navires , danrées & marchandifcs par laditte mer 
8e par eaue douce , du Ro^ume es pays & Sei- 
nieuries de mondit Sr. le Duc & de mefdits Srs. 
fo eniàns & autres pays & Royaumes , & des pays 
de mondit Sr. le Duc & de Medèigneurs (es enfans 
radit Royaume de France & autres pays & Royau- 
mes , (èjonmer , demeurer es ports & haures en çha- 
cuns defdits pays & eux en panir à tout leurfdits 
navires, vivres &marchandiés à leur plaifir & vo- 
lonté , fins ce que aux fujets du Roy foit fait au- 
cune ofiënfe , detourbier ou cmpefchemcnt par les 
officiers & fujets dudit Duc d'Aufeiche^ny aux 
fhjetsd'iceluy Duc, par les officiers & (ujets dudit 
Royaume , ainçois feront lefdits officiers & fujets 
tonte amitié ayde & affiftance l'un à l'autre, 

iï»M»encorcs e(lconfcnty,fy aucunes prifès ou 
detrou£Ës fe faifoient en la mer en aucuns ports 
on haures d*Icel le depuis la publication de laditte 
paix^en cecasle tout fera entièrement rendu & 

Tome a. R t^\ 



t^8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

rcftitué à ccluy ou ceux fur lesquels ladite prift 
fera faitte , nonobftant que les fhâcurs ou prcneun 
ne fudcnt avertis de ladite publication, & fera ci» 
cun de fa part incontinent laditte publication. Jàî* 
' re avertir ceux de fbn party , afin de faire^ ceffif 
piar laditte mer comme par la terre touy exploits 
de guerre. ^ ' 

ùem s'il avénoit après laditte paix pablift que 
aucuns malfaiâcurs fe retiraûènt en on party oa 
l'autre pour eux garcntir,ay ant commis quelqaes.de- 
liéb, ceux du party qù ils auront delinqoé en fer 
ront l'information, & ce fait en avcniront les pro- 
chains juges du lieu où l'on entendra ou'ilsfooDl 
réfugiés, lefquels feront tenus prendre «apprehco* 
der lefclits delinquans , fi faire fc peut , ou en a?cttîr 
les autres juges fous lefqucis ils entendroicnt cftf 
lefdits malfaiteurs, pour par eux les prendre & pu- 
nir (clon l'exigence des cas, ou les rendre aux ju- 
ges du party fous qui lt$ délias auroicnt tB£ 
commis. 

/i^^Mi pareillement les infraâeurs & violateurs de 
cette paix , fi )lucuns s'en trouvent , de quelque party 
cflat ou condition qu'ils (oient , feront punis fans d^ 
port ou difiimulation,des peines ordonnée de dnài 
à l'exemple de tous autres , £s lieux où ils ûmÈ 
trouvez & appréhendez, fans en faire aucun toh 
▼oy , & fi aucuns , pour eux cuy der fâuver , s*ub&tt 
tcnt ou réfugient d'un party à i'auure , Ton fin 
tenu au party où ils feront refusiez, les prendre & 
appréhender , & fur les informations^ qui firont roh 
voyéesdu party dont ils feront ab^ntcz, fiùxe la 
juftîce. 

Item Si neantmoîns , fî à cette paixefbitcyapiA 
contrevenu , que Dieu ne veuille , en aucuns de &$ 
points , un ou plusieurs, par qui que ce fbit^urtant 
ne ferat'elle tenue ne réputée efireenfrainâc,niiii 
fera incontinent les entre fiiites , reparéc,& fous cou- 
leur d'aucune cnfrainte qudc la juflice & repin- ' 



;WlLESMEM.DECOM.Liv.Vl. if9 

non Êute, Ton ne pourra procéder par voye 
ùt 6a contrevange > marque ou contreroar* 
,tiy retourner à la guerre , que premièrement 
LoîbaflEideursduRoy&demonciîtSr. le Duc» 
lis*, le Duc Philipfes fbn fils & les Eftats de 
ipaysn'ayent enlemble parlementé, attendu 
ébats & difcords oui (èront , pour les appaifcr 
blement, fi fàîreie peut. 
mf que par ce ptelènt traitté le Rojr , niondit 
tienr le Pauphin d'une part , & mondit Sr. le 
Pbilippes (on fils d'autre , demeurent entiers 
ntrea choies non comprifts en iceluy , pour les 
rw demander & pounuivre par juftice^ & non 
ment» 

Mil maditte Damôlielle amenée eti la tîlle de 
on Douav , préalablement & avant qu'elle (bit 
née en la Ville d^Arras alias Franchifiti deli^* 
es nudns du Roy ^ feront faites & baillées 
its Ducs & Eftats , pour Pentretenement & 
mpliOèmeiit de ce que dit eft , les feellei pro** 
es ftlèuretez qui s*enfliivem ; ques*il avenoic 
Dieu ne veuille , que maditte Damoî(èlle venue 
^ ,mondit Seigneur le Dauphin ne voulfifi pro» 
r in parfait ou confbmmation dudit mariage , 
[ne ledit mariage rompift par le Roy , mondît 
Dtur ieX^uphm ^ ou autre de leur part ^ durant 
nnorité de laditte Damoifelle, ou après « en ce 
naditeDatnoirelle fera aux dépens dit Roy ou 
ncKidit Seigneur le Dauphin , tendue , remife & 
tuée à mondit Sr.le Dûcfon Père où à MonCr^le 
: PhilippMs ion Frère franchement & li vrement 
targéede tous liens de marine & de toutes an- 
obligations en Tune des bonnes villes des Pays 
rabmluFlandreSfHainault^en lieu feur cûant lors 
'obeiâance d*iceux Du&s ; & audit cas le Roy 
rtat) mondit Seigneur le Dauphin & leurs fuc« 
nrs en la Couronne fe foumettront & promet* 
td<!s maintenant pour lors , de eux départir de 



i6o PREUVES ET OBSERVATIONS j 

la détention & occupation des Pays & Comté ^/Ir» 
tùis^ de Bourgofigne , Charolojs , Mafconmis , Auxer^ 
rois Seigneuries de SalimpBarfur'Seime & de Ncyen 
& d'iceux audit cas fbiifiriront & laiflcronC jouir 
Monfr. \e Duc , au nom de mondft Sr. le Doc 
PJbilippesfbnûls eftant foubs âgé &iceiuy mondit 
6lr. le Duc Philippes venu en âge, conrmfie Iba vny 
& ancien héritage , (huf & refové feulement au Rxnr 
& à fes fuccefleurs le reffort tsf SouvtrMmuU k 
droiâs qui en dépendent > 

Item & pareillement , au cas deflbdiit de biom- 
pturc d'iccIuy,Mariage,leRoy pour luy & Icflits 
fucceflèurs Roys de France renoncera & renonce 
au rachapt des villes & Chaftellenies de VIJleDumtfi 
h Orchies^&i confentira qu'elles demeoremiMipe- 
tuité aux Comtes &Conitel&s de Plandics^unsce 
que audit cas fbitplus avant enqui$ ne coonsdii 
droiâ prétendu par le Roy édites Comtez & Sei- 
gneuries deifufditcs, ne pareillement efiâittes trois 
villes & Chaftellenics par racbapt, ne autrement. 

Item que le Roy pQur luy, mondit Seigneur le 
Dauphin &fefdits uicceflèursRoys de France, ptf 
les lettres patentes en las de fbye & cire verte, \ 
conlèntira, ratifiera, approuvera &confirmeratt)os 
les points & articles cy dcflus déclarez & en mo- "j 
le de Roy les promettra entretenir, garder k ob* \ 
fcrver & pour robfcrvation d'iceux (bomettra fi * 
perfbnne, celle de mondit Seigneur le Dauphin & 
îbu Royaume à toutes cohcrtions & CenfiuesEGde- 
iiaftiques nonobftant le Privilège qu'il a de non pou- 
voir cftrc &pareillcmcnt Ton RoyauiQe abOnols 
& contraints parCenfurcs. 

Item , & mondit Sr. le Duc pour luy & Monfr. i 
le Duc Philifpes fon fils & auffi les Etats des Rçs, ! 
fera & feront de leur part pareille confirmation & ] 
ratification de ce prefent traitté fur cenfures & en j 
toutes aijtres telles forme & manière queleRoj» 1 
mondit Sr. le Dauphin, leurs gens & commis le ^^ ^ 
qucrrout. tm 



I 



SURLESMEM.DECOxM.Liv. Vr. i6i 

. bem que cncoresle Roy & mondit Seigneur le 
I)aaphin,aathorifë & difpcnlë de (on jconc âge , en 
laprelêncedes Ambafladcurç ou Commis de mon- 
dic Sr. le Duc & iceluy Monfr. le Duc, en la prcfcn* 
ce des Amballàdcurs& Conunîs de par le Roy , ju- 
rerotitlblemnellcment fur le précieux Corps dcno- 
Oie Seigneur, fur le fuft de la vraye Croix,Canon de 
ta Mcffi ou ÙÂnSts Evangiles , entretenir ce pre&nt 
Traitté de Paix & de Mariage en (es points & arti- 
cles & non jamais-iAler ne (buffrîr cftre allé au con- 
tniie , par quelque voye ou moyen que ce foit. 
. lum que pour plus grande feureté , ce prefent 
taàtté de paix (èra entheriné, enrcgiftré & vérifié en 
la prcfince & du confentemcnt du Procureur du 
Rojr.eahcour de Parlement à Puris & chambres des 
Goaiptcs & du Tre(br. 

Am & fi fera le Roy bailler & depefcher lettres 
parles trois Eftats de fon Royaume au nom d*E- 
û$ts j Lie(quels promettront & par ordonnance & 
commandement du Roy s'obligeront d'entretenir 
cedit Traitté &,tous les points & articles y conte- 
nus; & s'il avenoit, que Dieu nedoint,quc le Roy 
on mondit Seigneur le Dauphin ou leurs Succef- 
ièors RoysdeFranccycontrevin(Icnt,cnce cas ils 
ne les ayderont alTidcront ou favoriferont,ainçois 
an contraire porteront toute ayde faveur & aififtan- 
cCy ft mondit Sr. le Duc , à fon fils & à fcs Pays pour 
Tentretenement dudit Traitté s &oun:e ce,tera le 
Roy bailler à mondit Sr. le Duc & aux Ellnts de 
fts Pays les lettres & feellez en particulier de Me(^ 
lieunles Ducs d'Orléans, d'ÀHgoulefme, de Bout- 
hm , Ordinal de hion^dM Comte de Nevers^dQ 
lAonù. de Beaujeu & de Vendofme, comme Princes 
dn (àng fubrogez au lieu des Pairs^de l' Archeve(quc 
&Dncde/?^/^i,desEve(ques& Ducs de Laon & 
de Loitgres & des Evcfques & Comtes de Noyon , 
CtaloMs j Beauvais Pairs de France , de V Uni vcrfité 
de Paris & des villes , citez & conununaotez de Pa^ 

R 3 ri^ 



z6i PREUVES ET OBSERVATIONS 

risj Roue» & Orléans ^ Tottmay , Uon^ TfV^h 
Bourdeaux^ laRoçhellçy At^çrs^ P^iSier^^Tfti^ 
hufe , Reims , 4^ieHS j Âbbevilk , Mmireml^ 
fainSl QuepÛH ^ Pçrqnne ^ françhife alias ^#J| 
{lefdî^i Therouenne^ 4fre^ J^eliâMe ^ Bfimlome^ 
Salins^ Dole , Pqiigny , Àrkois , Prélats ^ A»> 
f?les dçfetits CotnteZi aÇArtufs ^ 4^ J^urgoMgm^ 
tous lelqucis promettront parkqrs lettres & iceif 
lei, entretenir ledit Trente en tous fès ppioâs & ar- 
ticles y ellans,& fpecialemcnt en ce qa*il touche^qne 
par mondit Seigneitr le Dauphin fera procédé aQ 
parfait du mariage de luy&dcmaditteDamo^le, 
icelle venue en âge , & que jamajs ne cpnlcQtiroQt 
epaqtrc mariage , & au cas que ledit mariage oe 
parvint, de rendre madittc Damoi(èlle, fraD^)e,libte 
& déchargée de tous liens de mariage & autres obli- 
gations, en lapuiffancc daditl^uc d'Auftricbelbo 
père , félon rarticlûdeifus touché de ce fàiCmt tûfst 
t'ion & pareillçtncnt les articles qui touchept |a re- 
ftitution des Ç)omtcz & Seigneuries baillé» caPot 
à laidîtte Damoifelie , avi cas que ledit mariif;e oc 
parvînt , o\\ que icelles ecbeuflènt à rctQur fur okhi- 
dit Sr.Ic Duc Philippes ou fes hoirs, & çnçqr Qoe 
mondit Seigneur le Dauphin & maditte DiUQoiu^ 
le, ne prétendront, ne querelleront janiais aotrç 
droiéi: , fy de nouvelle fucccflîon n'cchet en Pajs & 
Seigneuries venaqs de inaditte Dame la Docndlê 
Marie, Auily en tant quMl touche çc poinâ &sr* 
ticie, qpefl par faute d'hoir iiliide mondit Sr.le 
Duc Philippes > les Pays de Errant , de jFh^'t 
Hainault , flolande , ZeUnde , & autres qoi luy ip* 
partiennetit fuccedaiOfentfunnaditeDamoilèll&oa 
iès hoirs iflùs d'elle,heritîer$ de la Cpuronne , que le 
Roy les traitera en leur ancienne nature,ûiis de rien 
les dérégler , comme il eft contenu cy-aeflus,&cih 
cor que de la p^rt du Roy , de mondit Seigoeor te 
Dauphîn , ou autre de par eux , ne fera faite ancone 
(ntrçprife ou prati^uç m copu:ai|:ç dn trattcé & 

tas. 



StJRLESMEM.DECOM:Liv.VI. i6i 

(euretex accordées aux trois Eflats dç la ville J^ 
St, (?;»^, durant le temp^ de la minorité demadic- 
tc Damoifelle, & qu'en ce ils les ayderont & aflîftc- 
ront par elfta^ôç généralement de aydcr & affiftcr 
à l'entrctcncmcntdctous les autres poinâs& arti- 
cles cy*deflùs fpccifiei & contenus audit traitté ; & 
aue s'il avenpit que de la part du Roy & de mondic 
âcîgncur le Cauphin y eut aucune enfraintc ou con- 
travention, de^en ce cas , cftrc aydans & co nfortans 
mondit $r, le Duc , Mohfieur le Duc Philippes fon 
fils fip leurs Pays , & à cette fin le ^oy dés mainte- 
nant leur accorde ^ ordonne audit cas, ainfy le faire^ 
& les a déchargez ^ dçcharge de leur lèrmeiit. 

hem ftrpjitNnécsde la part dudit Duc d'An- 
flriche 9l des Eflnts defdics Pays, pareilles feuretet 
des Prélats, Nobles, Vil les & Communauté! des 
pays&Duchez de Brabant^ Lîmbourg , Luxemr 
bomifg , Gheldres > Comtez de Flandres , àcHainaulty 
JHklamJe^ Zelande^ Namur^ que le {loy voudra 
avojr. 

bern que lefdîts hnbîtans de St. Orner bailleront 
leors Icttlres &fcclkz au|lpy& à mondit Seigneur 
le Dai^phin, futur mary de maditte Damoifelle , par 
Icâaeltes ils promettront & s'obligeront par leur foy 
ôç ferment fur leur honncvr, de bien & loyaumejjt 
gitfder Içfdjtcs villes d^Chafteaux durant laminoci- 
ttî'dc ladîttc Damoifelle , & de non fouffrir ou per- 
mettre que du party ou quartier de mondit Sr. le 
Duc ou de Monfr, Iç Duc Philippes fon fils., foît 
(kit,. procuré ou pratiqué, diredcment ouîndircâe- 
ment , aucune chofe aij préjudice du Traité , ^ que 
maditte Damoifelle venue en âge & le marfage de 
mondiç Seigneur le Dauphin & d'elle conjfommé. 
Ils baillctont & délivreront par effet, cii&ns tous 
contredits & excufes ou délais au contraire , lef- 
dittes ville & chaftel, en la pleine & entière obcift 
fance de mondit Seigneur le Dauphin comme ma* 

7 tf elle, 

R 4 fyn 



^«4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Item & pareillement Icfdits de fainâ Orner bail- 
leront leurs Lettres & feellei à melclits Srs. to 
Ducs & aux Eftats de leursPays par lefquelles ils pro- 
mettront & s'obligeront par leur foy & lèrment & 
fur leur honneur, que'durant Jadîttc minorité &JQ& 

Îues à ce que le mariage de mondit Seigneur te 
>auphin foit confbmmé, ils ne délivreront lefilittes 
Ville & Chafteau au Roy , ne à mondil Seigneor 
le Dauphin, ne à pcrlbnne de par eux, mais les tien* 
dronten bonne &feure garde ;& outre ce, que s'il 
avenoit que ledit mariage ne parvint , par la mort de 
mondit Sr. le Dauphin ( que Dieu par ùl bonté 
veuille garder) ou par quelque autre cas procédant 
du ÙLiSt du Roy , ou d'iccluy Monfèigneur le Dau- 
phin, ou autre de leur part , & aufly par la mort de 
ladittc Damoîfclle, durant (à Minorité, de en ce 
chacun d'iceux cas, rendre lefditcs Ville & Cha- 
flel à mondit Sr. le Duc, pour & au nom de mondit 
Sr. le Duc Philifpes fon fils , ou à mondit Sr, le 
Duc Philippes s'il cftoit en âge. Lequel Traité de 
Paix& Mariage en tous & iinguliers les poinâs & 
futicles cy-denus contenus , nous avons piomis & 
promettons loyaument & de bonne foy , fous no- 
flrc honneur;Nous lefdits Ambadàdeurs du Roy,au 
nom d'iceluy,& Nous les Âmbafladeurs de mondit 
Sr. le Duc, denofdits Seigneurs (es eufkns & des 
E(latsdeleurfditsPays,ou nom d'iccux, fournir & 
entretenir & accomplir de poinâ en poinâ & les 
faire ratifier , confirmer , gréer & approuver par iccuz 
Princes & lefdits des Efiats &dcce en faire builcr 
& délivrer leurs lettres patentes en forme deue & 
fuffi&nte d'une part & d'autre* 



^, 



• S*en- 



l LES MEM. DECOM. Liv, VI. 26; 

S'enfuivcnc les pouvoirs. 

Pouvoir du Rty. 

lys par la grâce de Dieu Roy de France ù 
is ceux qui ces preièntes lettres verront^ fa- 
mme pour trouver moyen de paix finale en- 
re Royaume, Pays & lujcts, &'no(lre très- 
très-amé Coufîn le Duc Maxsmilianà^A}i- 
&aufl[y noftre très-cher & très-amé Coufia 
\Philtpfes fon fils ,les Pays de Brabant, 
rs, Hainault, Hollande, Zelande& autres 
:igncurics&fujcts, paroles ayent efiéouver» 
)urparlées entre aucuns nos Amb^deurs 
mbaflàdeurs de noilredit Coufin , du maria* 
lodre très-cher &trèsaméfils Charles DsiU'^ 
: Viennois & de la fille ainée d'iccluy noftre 
le Duc d'Âuitrîche & delà Duchefle&feue 
; pour traiter & conclure lequel mariage,afin 
enir à laditte Paix , foit belbîn commettre 
inner de noftre part aucuns grands jperlbn- 
nous fcurs & feables , qui ayent puimncc de 
le befbngner plus à plain en cette matière 
)ftredit Coufin , fcs Gens & Ambnflàdeurs & 
i des Eftats des Pays de Brabant , Flandres , 
It & autres;Sçavoir faifons, que pour lagran- 
iguliere & entière confiance que nous avons 
(onnes de nos amez & fcaux G)n(èillers Se 
ellans Philippes de Crevecœur Seigneur 
rdes noftre Lieutenant General en nos Pays 
rdie & d'Artois Chevalier de noftre ordre, 
de Quetman noftre Lieutenant en noftre 
I Franchie , Jean de la Vacquerie premier 
nt en noftre Cour de Parlement à Paris & 
'uer'tn noftre Maîftre d'Hoftel & de leurs 
3yautc2 & bonne diligence , à iceux, pour ces 
Se autres à Cjc nous mouvans , avons donné 



i66 PREUVES ET OBSERVATIONS 

& oéhoyé , donnons & oétroyons par ces prefenteS) 
plein pouvoir, authorité & pniilàncc , de tnriters con* 
dure & accorder , avec noflredit Coufîn le Duc 
d'Auftiiche, oufefilics gen$& Commis, & lefdks 
gens des Eftats dcfdits Pays de Brabant , Flandres, 
H^inault & autres , tant en leurs noms , que comme 
au nom dudic Duc Philtres & de ladittc fille ainée, 
ledit mariage de noûredit fils le Dauphfh de Vien* 
tiois, &d'icelle fille de nolbedit Coufîn le Duc 
d*Auftrichc,de promettre,baîller & accorder les cho- 
fcs qu'ils verront eftrc à faire pour traiter & con- 
clure ledit mariage , faire, prendre & jurer Paix fina- 
le entre Nous,no(tredit Royaume, Pays fi fujets ; le- 
dit Duc d'Auftriche , ledit Duc PhiUfpes Ion fils 
& Icfdits Pays & Eftats de Brabant., Flandres, 
Haynault i& autres leurs terres , Seigneuries & fujets, 
& icelle paix faire crier & publier par tout où il 
appartiendra , & généralement de âirc , bdbQgner, 
traitter, promettre , conclure & accorder toutes cbo- 
fes touchant ledit mariage &paix deflùfditte , tout 
ain(y que ferions & faire pourrions, fi prefèns , &ea 
noftre perfonne y edions , (ans avoir de Nous autre 
charge, pofé qu'il y eut aucune chofè qui requit 
poyoirplus cfpecial, Promettans de bonne foy& 
en parole de Roy , parées prefcutes fîgnées de do- 
flrc main , tenir & entretenir , tout ce oue par eqxfe* 
ra fait & bcfongné , conclu , accordé , promis & 
juré touchant les cho(ès deflufdites , & les fkireen- 
trctenir & accomplir par noftrc très-cher & très* 
amé fils Charles Dauphin de Viennois, &dçtout 
ce que par eux fera fait &befi)ngné, en bailler dos 
Lettres de confirmation , ratification & approta* 
tion, telles & fi amples & en la forme & manière 
qu'il appartiendra, fans jamais aller,nevenir,nçftire 
aller, ne venir alencontre en quelque manière qaece 
fo\t : En temoi n de cc,Nous avons fait mettre rioftre 
Icel à cefdittcs prefentes. Donné au PleffisduP^ 
kznoibe ville de Toftn le quatrième jour cteDc- 

cen* 



SURÎ-ESMEM-DECOM, Liv.VI. aô; 

Cembrc Tabde grâce mil quatre cens quatre vingt 
deux & de noftre Rcgne Te vingt deuxième. Ainfy 
fignéLoys,& fur lereply , par le Roy , les Sei- 
gneurs du Bouchée de hochechouart , de Cur-- 
Jay j Je la Hochf , Maiftre Jacques de Coitier 
Prclident des Comptes & autres prefens ^Parent. 

Pouvoir de- Maximili^n Archiduc £ Autriche. 

MAximilicn par la gracç de Dieu Archiduc 
d'Autrice, de Bourgongne, de Lothier, de 
@rabant,de L^embourg^de Stirie, de Karinte,de 
Camiole , de Luxembourg & de Gueidres, Comte 
de Flandres , de Halpurg , de Tyrol , de Fcrretc , 
de Kiburg ,, d'Artois , de Bourgoingne , Palatin 
deHaintiault,de Hollande, de Zellande, de Namur, 
if, de Zuytphen,Marquis du Saint Empire de Bouc- 
goine y Ciomte Palatin en Elfas , Sr. de Frize, Mar- 
quis d'Efclauonie , de Portenaut , de Salins , & de 
Alalinesi A tous ceux qui ces prc(cntes lettres ver- 
ront làlut; Comme pluiieurs parlemens journées & 
aihmblées aicpt par ci devant cflé tenues en divers 
lieux^pour traié^ier, accorder & terminer les que<- 
relles, queftions & debas,& mettre fin à la guerre 
niueà cède caufc , entre très Hault & très Puiilànt 
iPrinçe Monfr.IeRoy,fon Royaume, Pays, Sei- 
gneuries & fubgeâs d'une part , Nous, feue noftre 
très chicre & trcs amée Comp^îgne la Ducbeflè , 

Îne Dieii abfoillc, nos très chicrs & très ame^ Fils 
t Fille, nps Pays Scîgpcurîes& fubgeéts d'autrf,& 
puis nagucrres,Nous&ks Eftas de nofdits Pays, 
ayons envoyé en noftre ville ^*ifrr<?j,nosamcz& 
fiaulx Maiftre /if^» Dauffay Confciller & M^ftre 
des Requeftes ordinaire dç noftre hoftcl ,6(7r/i!oA 
fond Confeillicr & Pencionnaire de notre ville de 
33ruxellcs,7^<^»&^^»^^^^Confeiller&Pencion- 
paîre des Efchc vins des Parchons de noftre Ville 
4c (iand,& depuis , Nous, & lefdits Çftas ay on^ illçc 



a68 PREUVES ET OBSPIVATIONS 

renvoyé , avec les trois deffiis nbtnme2 , Révérend 
Pcre en Dieu nos amex & fèanlx Mcflire Gtffm 
Ahbé d^Hafflighem , Mcff Jehim Seigneur de Laamj 
de Rume ^ de Sehurg^McfC. Bauduin de Lamm 
Sr.de Molembais ^Mc& Jaques de Goy Sr. Daiaj 
notre hault Bailly de' Gand , Ci&^^/Vx nos Con- 
feilliers & Chambellans , lefquels tant pour par- 
.venir audit bien de Paix , que aufi^ à Taliance de 
mariage de très hault & très ruiflànt Prince 
Doftre très cher Sr. & Coufin Mefilrc Qùirlà 
•Daulphin de vienne feu! fils demonditSr. le Roy 
& de Doibreditte très chiereâc très amée fille , aient 
cupluficurs communications avec les gens&com* 
mis du Roy eftans audit lieu d'Arras, dont de tout 
nous a efté & aufdits Eftas de nofdits Pays,faît ample 
rapport tant de bouche que par éfoipt , & Ibient les 
matières en telle difpofition que, à lonneur, looange 
& ayde de Dieu noûre Créateur auâeur de paix, el- 
les (oient en cfperancc& apparence d'effaré en brief 
traiâées, achevées & conclues en tout bien; pour la- 
quelle conclufion faire & fumir de noftrc part, & de 
la part de nofdits fils & fille & i^s Eftasde nofdits 
Pays,ibitbe{bin choifîr & ordonner notables pa> 
ibnnaigcs , gens d'auâorité loyaulx & preudommes 
à nous,& aufdits des Eftas, comeus & expérimenter 
Scavoir fàifbns que nous confians à plain es ièns,v«l« 
lance,expcrience, loyaultcx& bonnes preudommies 

Sue congnoiflbns & lavons cftre es pcdbnncs de 
Lcverends Pères en Dieu nos amet & feaulx Con- 
feilliers,Mefljre/(?/&<i» Abhi de faint Bertin Chan- 
cellier de noftre ordre de la Thoifond'or,Mcff 
Philippe Abbé de faint Pierre lez noftre ville de 
Gand , ledit Mefi: Goffuin Abbé dHafflighem , Meff 
Guillaume Abbé^Aumont , ledeflbfdit MefnTir&m 
•Sr. d^ Lannoy ^ de Sebourg^z^.Jehan de Bergbes 
Sr. de fValhain^Xtixt MeflT. Bauduin de Lanmy &-. et 
Molembais tous Chevaliers nos Chambellans, McP 
fire Jehan de le Bouverïe aufly Chcvidier Seigncor 

de_ 



SUR LESMEM.DE COM.Liv. VL i^ 

e Bierbecque ^ de IVierre Chanccllier de no(fa:e 
aysdeBrabantyMeO: PauldeBaeufi Sr.deVoir-^ 
tizelle Prcfident de Flandres, ledit McfL Jaques 
e Goy Sr. Dauhy haalt Bailly de Gand , ledit M2i'' 
IQ Jehan Dauffay , Maiftres Gérard Numan Êîf /<?- 
an de Berre nos Secrétaires en ordonnance, Mefll 
ehan Pinnock Chevalier Bourgmaiftre de no(fa:o 
ille deLouvain , Loys Roelof& Jehan Rolland £f> 
hcvins ôc Maiftre^^^^ Lobe Pencionnaire dndit 
A>avain , Meffire Clays de Etuelde , Mcfli Rolland 
e ilfb/ Chevaliers £u:hcvins de la ville de BraxeN 
:«, ledit MaiAre Gort Rolands Pencionnaire d'ioel- 
£ ville, Maifire Jehan Coleghens Bonrgmaifbre de 
loftre ville d'Anvers,Meff./(pA^ Dymerzelle Che- 
alier Efchevln de laditte ville, G^or^« de kMœre 
remîer Efchevin de la Kuere de noftre ville de 
jand, Maidre Gheldolf vander Hage premier £& 
hevin des Parchons de noftrcditte Ville , Guilla»* 
^ Rym Confeiller & Pencionnaire de laditte ville^ 
cdit MaiAre Jaques de Steenwerpere Pendonnairc 
es Efchevins deld. Parchons de Gand, MeiT. Char' 
rs de UaJewin Chevalier Sr. Duutkerke Bailly de 
loftre ville de Bruges , MefK Jehan de Nieuwenho- 
'€ Chevalier nodre Chambellan, Maifbe Jehan de 
Vite Bourgmailhe de noftre ville de Bruges, G/V- 
is Guifelin , Jaques van Holbecque Efthevins de 
loflrc ville d'Ippre , Maiftre Jehan Coene Pencion- 
airc de laditte ville, Jehan le Monnayer ^Jaques de 
^.Mdas^M^iSbicJelMnFranfhoisCoTk^X&t^ &Pen* 
ionmiire de nolîre ville de Lille , Shmm de Bercus ^ 
^ebandela Vacquerie Con(èillier de noftre ville de 
youûj y Chrijlophle Gauthier premier Efchevin de 
loftre ville de Mons en Haynnault,/ei&^9 Fourneau 
3crp du Baillage de noftre Pays de Haynnault,&r- 
msfVaudart Pendonnaire de noftre ditte ville de 
VIons , Jehan Bruneau Prevoft de noftre ville 
k Valencienncs, 7î&/>ry le Poivre 'SXcïitsfmfiobert 
F/in^ Pencionnaire duditVaIenciennes,McfC Ro^ 




170 PREUVES ET OBSERVATIONS 

tert ddMauneville ChcvzWcxB^xWj ^ Nicolas Davt' 
rout Maycur, Dauid DauJenfir^Ètchcvïn^ Mtt- 
ftrc Philippe de SuJJàinù Legier Confcillicr & Rotert 
Defprez Frocureur de noftre ville de (àintOmer^ 
A icculx nos Âmbailàdeurs qui ibnt en nombre de 
quarante huit perfonnes & aux dix huit d'iceoz 
pour le moins ^ deiqucis Ibient fix de nolciits Con- 
ièillers,deceulx desE(his denoftrePaysdeJBr^iijtfi 
Deputcï des trois Membres de Flandres , Corn* 
tCiizHaynault^ Hollande ^ Zellande & de ncftec 
^ Tille àtfaint Orner douïe, Avons donné & donnooi 
plain pouvoir, auâorité, mandement efpecial ab* 
ibu 1 1 & irrevocable,de ou nom de Nous & de nofire 
trcs-chicr& trcs-amé fils Meflîre Philippe Archl* 
duc d'Autriche & de Bourgongne,& auliy de no(be 
tres-chicrc fiWi: Marguerite ^KmXxvx de Bourgon- 

S te , &c. De(quels comme Père avons le Bail 
ouvemcmcnt & admininratîon,accordcr, conlbif 
tir & conclure avec mondit Sr* le Roy en fii pcr* 
fbnnc, ou avec tels Princes de fon fiingou autres de 
fes Gens & Commis que fon plaîfirfcra ordonner 
& Députer , Paix final le , intelligence & amitiez 
perpétuel le entre le Roy, mondit Sr. le DauphiDi 
leurs Pays, Seigneuries & fubjcéts d'une part,NoiiS| 
norditscufans,Pays, Seigneuries & fubjeéh d'au* 
tre; &pour fccurté & fermeté deladitte Paixtraî- 
âicr, accorder & conclure alliance de marimgc it 
mondit Sr.le Dauphin & de noftreditte fille, aufi^ 
confcntir & promettre la délivrance dMcelle en no* 
(Irçdittc ville d'Arras, ou autre lieu & à tel jour 
qu'ils adviferont , de rechief accorder & condu* 
rc avec le Roy , ou fts gens , toutes & fingulieres te 
chofes que nofdits Ambaflàdeurs advileront pour 
le bien & fceurté deladitte paix , repoux & tranir 
quilité des Pays & fubicâs d'une part & d'autre; fi 
obliger à faire toutes telles (ceurtés, que de nofbe 
part & de nofdits enfans feront requifirs & par le* 
dit Traiâé fe devront faire : faire conâituer &a€* 



. LES MEM. DE COM- Lw. VI. rjt 

. nodrcditte fille pour fon dot & partaigc les 
, J^i^rtois^Bburgongne Mafionnoisy Auxer^^ 
igncurics de Salins , Ëar^fur-Saiffe & Noyers^ 
tenter du douaire & provifion de vivre qui 
afl]gné,de tout ce, prendre & recevoir lettres 
:^ , & d'icellcs fc tenir pourconcens, bailler 
e reccpidc, nous obliger foubs l'obligation 
nos biens, Pays, terres & Seigneuries prc* 
dvcnir,& foubs no(hc honneur, à cntretc* 
i traiâiC)& de ce, faire ou nom de Nous (a> 
Icmpnel, nous (bubmcttre à le ikirc en pcr« 
c à le Êire confermer & ratifier par nos 
latentes, èc généralement de en tant qu'il 
ledit bien de paix & traiâié de mariaigc 
^ & toutes autres chojSïS qui en dépendent ^ 
x:order, confèntir & promettre tout ce que 
idûnes en peribnne faire pourions €t pre* 
rftionsja fuil-il que le cas requift pouvoir 
>ecia] -.Promettant en paroUe de PriiKe,(bubz 
iOnneur,foy, (èrment& obligation de tous 
[concqucsnos biens prelèns & avenir, avoir 
; , tenir , fournir & accomplir de point en 
out ce entièrement , que par les deflîifnom- 
is AmbailàdeurSyCn tel nombre & de telle 
que dit tû , fera faiô:» tr%iâié , çonlènty , ac- 
i promis pour ledit bien de p«x & traiâié de 
icfifis jamais faire^ire ^ ne aler au coatraire 

2ue manière que ce ibit ou puift , En tef- 
: ce , Nous avons cefdittcs preCcntes lignées 
« main & les fait feeller de no(fa:e (eau, dont 
:en noAre Chancellerie de Brabant en l'ab-^ 
;a nodre. Donné en noAre ville d^Àloft le 
de Novembre Tan de grâce mil CCCC 
vingts & deux : ainfy (igné Masimilianus, 
z ply parMonC le Duc en fonConlèil ,oa 
de Kavcftein, le Comte de NaÛâu premier 
dlan j le Sr. de Beures & autres,e(l(»ent , 

Pou* 



\ 



lyz PREUVES ET OBSERVATIONS 

Pouvoir dts Eftats de Brubant y Flandres 

O* éMTîs. 

LEs gens des trois Eftats des Pâys& Duché de 
jBr^tfxtf, des trois membres du Pays & Conté 
de Flandres ,^ des trois Edats du Pays & Conté de 
Haynnauk^ les Depputezdu Pays & Conté àtihk' 
lame & Zellande , des trois Ellats des villes Ban- 
lieue & Baillage de St. Orner , villes & Chaflelle* 
nies de £///?, DotMytx. Orcbies , nousfaiûnsfori 
& prcnans charge pour les gens des Eftats des Pays 
& Duchiezdc Lembourg^ Luxembourg &dc Gel" 
dres y Contez de Namur , Zt^^ben,Seîjgneuries 
defrize^de Matines. A tous ceux qui ces pre» 
icntes lettres verront , (àlut. Comme plufieurs par- 
Icmens , journées & ai&mblées aient par cy-devant 
cfté tenues en divers lieux, pour trai£tier, appoinder 
& décider des querelles, queftions & debas & mettre 
fin à la guerre mené à cefte cauiè , entre tres-cxcel- 
lent , tres-hault & tres-puîflànt Prince le Rov de 
Ftzaccfiuveram Seigneur de nous ^Icfâits dethoh 
dres , Jaif^ Orner , Ltlle , Douay ^ Orcbies^ ModC 
le Daupbin (on feul fils &. hentier apparant de It 
Couronne , le Royaume , lebrs Pays & Seigneuries 
& fubjtébi'i^^/'^ir^.-Tres-haùIt & tres-puifiSntPdiH 
ce noftre tres-redouté Seigneur Monf. Mucbm- 
//V» Archiduc d'Audrice , de Bourgongne, MooC 
PArcbiduc P/&/7///?^ , & Madamoîfcllc d'AQ(faioe& 
de Bourgongnc Tes cniànsnos Princes & Seigneurs 
naturels, leurs Pays Seigneunes & fubjets >f «k^: 
& puis nagucre$,mondit Sr. par Padvis de nous 
Icfdîts des Eftats itBrabant & Membres de/Zi»* 
dres ait envoie en la ville d*Arras nos tres-dâos 
& bons amis,Maiftres/?i&Âir Dat^ay Confôlli^ 
& Maiftre des Requeftes ordinaire de loftd de 
mondit Sr. , Gord Rolland Con(cillier & PencioB- 
naire de la ville de Brouxelles Sa. Jaque de Sietih 



SUR LES MEM.de COM. Liv. VL 273 

nwrpere Conlcillicr & Pcncionnaire des Efchevios 
desrarchons de la ville de Gand:&derreinement 
noftredît Sr.&Nouslefdits des Eftats de Brabant 
Membres de Flandre ^itHaynnauU ayons pour 
îfaaSatceméoX de laditte Ambaxade envoyé audit 
IkxL^Arras Révérend Père en Dieu nos tres-chiers 
ft boDDOuretSrs. & efpcdauIxamis^MeffireG^. 
Jmm JAMJeHâfflighemyMcff. Jehan Sr, de Lan* 
9WÇsf de Rnme^Msff. Bauduin d^ Lannay Sr. ^ 
tiolènéoys^ & MctT. Jàcjues de Goy Sr. Dauby hault 
Baiilyde Ciand Chevalier Confcillier & Chambel- 
lan de noûredit Seigneur, lesquels avec les trois deC> 
fus mmiiQcï le font joinéb & trouvez avec les Gens 
ftConomis du Roy audit lieu d^Arras^tzxn pour 
parvenir au bien de la paix , que pour la iceurté & 
fermeté d'icelle aliance du Mariaige pourparlé , & 
oniaa plaifir de Dieu fe parfera , de mondit Sr. le 
Dam^mlf & de noftreditte Damoifelle & Jeune 
Prinoefle,& enfemble ont eu plufieurs communica* 
dons &aidviië& conceu plufieurs provifions& feu« 
relc2 pour ledit bien de La paix, repos & tranquil^ 
tté des I^ & fubjeâs d^une part & d'autre, & 
aoifir pour ledit trai£Hé de mariaige Se chofes qui 
cb Gcpendent, dont de toutaeftd fait rapport bien 
& auloog , de bouche & par efeript , à mondit Sr. & 
iNdiit;& il (bit que à TaydedeDieu noRre Ré- 
dempteur auâcur de paix , lefdittes matières foient 
fy avant aprouchées, qu'elles font en apparance de 
bonne efperance dièdre conduittes & menées à boa« 
ne & fruaueufe fin , pourquoy foit bcfoîn de de- 
nonomer, ordonner & commettre notables perfoti"» 
naigeSygens de bonne auâorité & prcudommie, 
OUI ayent commillion & povoir fuâîfant de mon- 
dit Sr. & de Nous, pour conclure lefdittes matières 
& à icellcs mettre fin : Savoir fàifons que Nous^con* 
fians i plain des fens, vaillances, loyautez, preudom* 
mies & bonnes dihgences^ que par expérience la» 
vons & congnoiilQps eûre es pcrfonnes de Rcve* 
T(mull S Ktvi% 



\ 



1^4 PREUVES FT OBSERVATIDNS 

rends Pcrcs en Dieu, nobles & puiffîns nos tr» 
chicrs & honnourez Srs. & amis McfEJeboM Ak- 
bi de St. Berlin Chancellicr de l'Ordre de la Tbd- 
fon d'or, Meff. fbilipp Abbé Jk Jéùnt Pierre kx, 
GaHd,\Qdit Mcff. Gù](uinAbbé(ka^9éemJSAéL 
Guillatpne Abbé d^Auinont , les ddGhifiiits MdH 
Jehan Sr. de Lamtoy i^ de Rnme^ Mefll Jehmn à 
Berghes Sr,de IVMain, ledit Msff.Bambiim ék LéOh 
noy Sr, de MolenAais tous Chevaliers & Ambaxa* 
deurs de nollredit Seigncur,Mefl7irÀMr de h Btmve- 
fie anfly Chevalier Sr. de Bierbecqne ^ de f¥iem 
Chancellier de Brabant, Meill PanldeBûef^ SrM 
Votnnezelle Prciident de FiandreSyledh MtffJéÊjms 
de Goy Chevalier haultBailly de GandJedicMaifire 
Jehan Dauffay Maiftre des Requefles , Maiflto 
Gérard Numan isf Jçhan de Berre Secrétaires en 
ordonnance de noflréditSr, Mefl! Jebam Pinmdt 
Chevalier Boorgmaiftre de la ville de Lomnin 
Loys RoelcfSc Jehan Rolland £fcheTins& Maifhe 
Jehan Lobbe Peneionnaire dadit Louvain , Mcfll 
Clais de HeetueUe , McfE RjoUand de Mol Chevs- 
licrs Efchevins de la ville de Brouxelles, ledit 
Maifire Gort Rollands ?tncionnn\te d*ice11e ville, 
fAûiRrc Jehan Colleghens Bourgmaifire de la ville 
d'Anvers^ Meir. Jehan de H^merzeeUe Chevalier 
Efchevin de laditcc ville , George de le Moere p(^ 
xnicr Efehevin de la Kaere de Gand, Maifire M 
rofVander H^he premier Efchevin des Pvchoss 
de laditte ville, Guillamne Rym Confèillierft 
Peneionnaire d'icellc ville, ledit Maiftre JajMtsà 
Steenwerpere Peneionnaire des Efchevins des Ptf- 
chons deGand,Me(r Charles de Hahi/inChevê' 
lier Sr» Duutkerke Bailly de la ville de Bruges « 
TS/itff. Jehan de Nieuwenhoue aofiy Chevalier ft 
Chambellan de nodredit Seigneur, Maiftre /riiiil 
de fViue Bourgmaiftrc de laditte ville de BrogeSf 
Gilles Guifelin , Jaques de Holbeqtte Gonfallîers 

de la ville d'Ippre , Maiitre Jehan Coem ?» 

cioD* 



tVR LES MEM. DE COM. Liv. VI. 17^ 

CiomuttC de lidhte Villcjcba» le JUmwyerjJajmiS 
ieldmdas^ Maififc Jebâi François Conièiiticr & 
Fcndoiinaire de la ville de lÀWi&^SimmdeBercus^ 
Jéhm de U VaefMerU Coniallîer de la Ville de 
DoQXjy Cbriîi^c GaxthitrfttvtÀtt E(chevin de It 
villede MonscnHaynnauit, Jehan Foitmeau clerc 
dn Baillage de Hay nnaQlt,iSn^<i// Wajtdoft Pendon* 
aaice de laditte ville de Mons , Jehan Bruneam 
hcvoft de la ville de Vaienciennes , Thierry le J^oi^ 
vrt Eichcvin, GobertHerm Pencionnaire dudic Va* 
kadeDoes^MeiT. Rohert de Manneville ChtvzWot 
'BmiljyNicolas DaverautMsL'^OJiX^ David Dauden* 
fart Élchevin , Maiitre Philippe de Sujfaint Legier 
OouftiXBaj&Âûiert Dejprez Procureur delà ville 
deSaintOiner: A icculx deffiis nommez qui (bot 
en nombre de quarante huit perlbnnes, les dix huit 
d'icenlx pour le moins » defquels en ait les fix du 
Confiil de noflrcdit Seigneur f & du Pays de Bréh 
imn^FUmires y Hapmank^ Hollande & Saint Orner 
doose^avcms donné & donnons plain povoir,au- 
fiorité & mandement e(pecia1,abiolut & trrcvoct» 
blc^deaanom de Nous les Eftats des Piavs delliis 
nommez , aflcmblez en cette ville à'Altfi & aufly 
des. Eflats des autres pays & Seigneuries de Nofdits 
Sàf/asem^ & Princes de pardeça , defquels Elias 
picoons la Charge &nous ftifonsfors, & aud^au 
nom de nofdics jeunes Princes, fi avant que pour 
loir jeune Ige, Nous, comme leurs bons & loyaulx 
fobjeâs , pdvons & nous loifl: avoir regard , cure & 
firing fur eulx ,1e bien & Elhtde Icurditpays;ftH 
fe^pccndre, conclure & accepter paix final , intellî* 

rx & amitié perpétuelle, entre le Roy,moodft 
le Daulphin, le Royaume, leurs pays,Sdgneii* 
tfcs & fubgeâs d*une pan, Nofdits Seigneurs dC 
FHnœs , leurs pays , Seigneuries & fobjeâs d'autrci 
•oœpcer, recevoir & conclure toottcs telles provi* 
4Bons& Iceurtez que le bien de laditte paix & des 
itos y Sqgneuries & lùbfeâis le requerra & fera 



276 PREUVES ET :OBSERVATK3NS i ^ 
advifé, &eiicores,dcTOiiomâeNaas,proiinflRre 
& accorder telles (ceurtez & ptovifions qne'je» 
gens du Roy requerront pour rentretenement'dfr 
laditte paix, à la Iceurté du Royaume & fubgcâi. 
d'icelluy , aufly de confentir, accorder &(pnctiBe 
le Mariaige, de Monf. leDauphiu&denoftredittier 
I>ainoi(elle,& la délivrance d'icellc à tel jour qoc, 
pour ce,rerapnns & adyilK pac nofiiit8..Ambâxa- 
dcurs avec le Roy ou les gens; faire ^coiiftitaer& 
confcntir àicelle Dainoi&lle^dot & partaige as» 
terres & Seigneuries de Tancién hcritaige de fieoe 
noftre trcs redoublée Dame Madame là Doçhef 
ic d'Autrice de Bourgongne:.& de Krabaot i&c. 
Gomtèlfe de Flandres &c. que Dieu abfixUe^'fr 
nommément de , ou dit dot y comprendre les Coï!^ 
Cez (t Artois ^Bourgongne j lH/Lfcomtois^ AuxertniSf 
Seigneuries de Salins ^Bar-ffor^Saine tsf Noyers jtb 
aully de traiâer & convendonner le douaire de 
maditte Damoilèlle , ou cas qu'il ait lieu , & provî- 
fibn de vivre : nous (bubzmettre & obliger àbailler 
de toutes lefdittes ièuretez & provifions qui lèroiit 
fldvifécs 9 lettrés & lèellez en nom commun des 
EftasdefditsPays, par enIàmble,ou des Efias de 
chacun Pays à par foy , ou encoires en particulierdo 
tels Prclas , Villes & Communauttei que. le Roy A 
fes gens le requerront avoir de Nous : Juna: ou oob| 
de NouSfdc tenir le£(ii£b tcaiâicz.dc paix^paâioDS 
& convens de mariaige, recevoir toutes les (ccurtn, 
par lettre & autrement, que lefioy, mondit Sr.te 
Daulphin , les Edas 9 Princes , Fers, Prclas, hk)- 
blés & Cooununaultex du Royaume, feront tenus 
d*en faire & bail 1er de leur part, d'eulx tenir contens 
defdiâes lettres & en bailler lettrà de recepifflf,ft 
généralement en tout. ce qui concerne, regarde & 
^epend Icdrâ traiâié de paix , & auii^ ledit tnh 
€dé de Mariaige, faire ^ pafter, accorder , & concluid 
avec le Roy, ouavec fes Gens &;Commis, toutes 
& iingulicries; les choièSj^QnteoaQns , provifioDSi 



St«JbE5ME]Vl©E<X)M.Lnr.yi. 277 

ftlceiinei qui fcroût requifes & advifées d*une 
ranie éc d'autre, fautant faire que nous meifme^ 
hâfÇ pouirioDS €c eb nos pcrfonnes prcfens y citions, 
ja folt jl que le eas requift povoir plus efpecial : PrCh 
iOâtaQç jdc; bopnefoy Ibubs nos honneurs & obli- 

r don die tous &.quelfconcqucs nos biens, fournir 
enti^qEiir de point eu p<^t , tout ce que par IcC^ 
dits 1 4.nit3â3^curs dcifiis nommez , les dix huit d'i* 
oeolx en la qualité que de(Ius, fera fait, conceu , coa- 
fcaij êc, accordé & promis , fans jamais aller , Biirc, 
ne iouffiir effare allé au contraire, à quelque titre, 
€(MilçQr,ou occa(ion que cefoit. En tefmoing & 
approbation, de vérité, Nous avons pour nous tons, 
nit Ificiler cefdittcs prcfèntes du feel aux Caulès de 
laditteville d*Âloâ ,& requis les Nottaircs foub& 
crîpïs^'pardevant Icfqucls tout le contenu en cef» 
.(}îttçà prefentes a eflé pnfTé & recongneu , le vou- 
loir. ..^ânoipenicr ,. roborer , & iigncr de leurs 
finngs accomtumez. Fait apdit Âloft le huiâieme 
jour de Décembre T^n mil CCCC. quatre vings 
4 dciur. Aiq.(y fabfçript' & fîgné , tsf J^àj Petrus 
. Ckriei ^ Johannes de Walle Ç 1er ici Cameracep^s 
Ûiocefis ^publici Apoflolica isf Imper iali akâoriki'' 
tibus Notarii ^ quia pramijjis omnibus ^Jinçrulis ut 
fi^a fcribuTTtur fièrent^ agerentur^ una cum ho* 
mrabilibus viris Roberto Vander Vijjcherien y Jo" 
•JHOfm^^^^ert Scabiffis^piM jlUoJie^fis di&<e C«- 
-mef^ik^Ji DioceJisT'eliibus adhac voaais^pritfentes 
hUetefiéwus , idàrco Utteras praf entes ^Jigillo ad Caur 
fas êft^ilem oppidiJ\gilla$afymanibus nojlri propriù 
fiff^Srifi^ff^MS y acjignis pganualibus n^ris conftie^ 
fit Jjikfigfianfimus in mmium ^ Jingulorumpr^* 
méJorMm i fidem ^ tejiimonium requijiti ^ roga^ 
$i^éumo\menfe^ die (^ iocopnediâisClerici. Jo.de 
ValUJStoitéirinSn En tefn^oîog de ce , Nous les Am- 
baxa^eurs du Roy deiTufnommei , & Nous 7i?>&ai!r 
AUféde^^ Bertin , Philippe Abbé de faini Pierre , 
G^iffAbi^ de HaJ^gb'çm(i Jehan Sr.df ]Lonmy^ 

S 3 Bau^ 



178 PREUVES ET OBSERVATTOm^ 

Baudusn Sr. de MoUmbâhjJebém de U Bêmme 
Sr. de Bierbeeqne , P^ile d^BéÊemfiSr. de Fahudte* 
ieyJehanDauffof Maîftre des Reqadles^/abiiJir 
.Beere Scctttâirc ^ Jehan PywmckCbevaUer^Jelm 
JSoi/cMrâf E(chevm, Gûort RûlamdPcoaoaùmfefiHr^ 
gede la Moere premier E(cheWn , Jehan de Vfûk 
%ourgmaiftre, «SrVvMf deBercms Etdïcrin^Jehaaie 
la Facq$$erie Con&ilHer, Ubierry k Pah/re Etche* 
yin^ Gotert Her^PcnclqtïûsikCjlk Robert Défret 
Procureur, Ambaxadeur^deinoDdit Sr* le Docft 
fêfdits Pays, avons ces présentes (êellé de nos femilZi 
& Nous les autres AmbaxadeiirS' dcfiitts Duc & 
Pays, en Tablence de nos {eaux , avons odQiKes 
prefentes (ignées <ie nos (âin&s manuels. Dbboé 
audit lieu de Franchtfe alias Arrasle xxiu.ioarde 
Décembre l'an mil CCCX^. quatre vings a deux. 
Ainfyfigné , Guillaume Abbé D'OmtM , &^ 
Un , Daudeufort , Jeha» de Bervhes , /. Ceem i 
Ph. Suffaint Legier , /. de Lém£u • y. «tf Getf i 
le franfois , Numau , Chrijkffie GaMer % 
Hetuelt , de Mol ^ Fourneau ^Celeghem ^VMÊtt ^ 
rmmerfel, R. de Mameville , W. Rim , AmN 
werparjDaverboUy Nieuu/euhove. 

Ratification du Rty. 

^J Ousayans, comme Roytres-Gre(lien,pU6ft 
'*-^ compaiSon du pouvre peuple , voulant i no- 
ftre povoir éviter les maux innumerébles qni de II 
guerre (burdcnt & enfuivent, Avons en rhoDneiir& 
révérence de Dieu noftre Créateur, Pritweft an* 
âcurde paix,& de fa tre8glorieu{cMei€,a0cé, 
loué , confcrmé & approuvé , & par ces pcwOtes 
(ignées de noftre main , agréons , louons , oonfa* 
tnons & approuvons , & en bonne fby & paiollede 
Roy promettons ennretcnir,& faire entretenir ledit 
traîâié de paix & de mariaîgç en tous ft chacooi 
les points & articles cy*delmaccordcX|& ce titf 

(S 



SUR LES MEM. DE CX)M. Liv. VI. ^79 

CD nofire nom , que pour & ou nom de noftreâk 
ires-chier filslcDaulphin, duquel pour (on jeune 
jnûge nous nous femmes fait & fàilbns fbrsy&au^ 
de ou nom de nos Succeileurs Roys de France ^ 
fins jamais allerpar Nous, nodredit fils y ou nofdics 
ihcceflcurs Roys de France , au contraire dudittrai- 
ûié ou d'aucuns des poins & articles cydclTus ac* 
cordez ; & pour ce coitTermer & inviolablcmcnt 
tenir , avoiis fubmis & (iibmettons Nous , npftredit 
fils, nos Ihcceilcurs & nolfare Royaume, à toutes co* 
bercions, paines & ccnfures Ecclcfiaftiqucs , nonob- 
ftant le privilège que avons , que Nous , nofdits fuc* 
ceflèors & nolbe Royaume, ne pouvons ou de- 
vons cfire fubmis ne ailrains par cenfurcs; & s'il 
advenojt, qiie ja Dieu ne vucille, que par Nous, no- 
flredic fils, nos fucceflèurs , ou autres de par Nous, 
ftuft contrevenu en aucuns des poins & articles 
deflos accordez, nous confentons, voulons, ordon- 
nons & enjoingnons aux Princes eftans de nofire 
iang , Pers de France & trois Eftas de noftre Royau- 

a, que toute aydc, faveur & aflldcnce, foit par eulx, 
it cas , baillé , donné & porté par c£feâ , à nofdits 
Confins & aux Eftas de leurfdits Pays & contre 
Nous, noftredic fils & nos fucceflèurs , à ce que ledit 
traiâiéentous & chacuns lès poins foitaccomply 
& entretenu, & que les contravcncions & cntres- 
fimlz , fe aucuns en font , foient réduites, reparées & 
semifes; Et pour ce povoir mieulx faire fims aucu- 
ne m^e ou reprinfc. Avons oudit cas, Ie(<lits de IK)« 
ilrc &ng , Pers & Gens des Efias de France , qui par 
noftre ordonnance ont baillé & baillent leurs feel* 
Ici, abibubx & relaxez , abiblons & relaxons de leur 
lirmens. Si donnons en Mandement i nos amex 
i& feaulx Confeillers les Gens de uottxc Parlement 
]à Paris, Gens de nos Coqoptcs & Trcforicrs de Fran- 
ice, à tbiis nos Baillifs , Senefçhaux , Prcvofts , Juges 
ou officiers , où à leurs Xieutcnans ^ à chacun 
d'eux fiir cerequis,& fi comme àluyappartiendr?, 

S 4 qvc 



ato PREUVES ET OBSERVATIONS 

que ces prefentes ils vérifient, enthcritient & enre^ 

£'(trent,oa faûênt & fbuârent vcrifier-yeotheriDcr 
enrcgifircr en leurs Ck>urs , jurifdrâicms , flcges 
& auditoires , en la manière accoatuméc, & tout le 
contenu en iccl les gardent ,<& fà(&:nt garder & ob* 
fover de poinâ en poinâ, fans aller, ne Ibufirit 
eflre allé au contraire, en quelque matiicre que ce 
ibit : Car ainfy nous plaift-il, voulons & ordonnons 
eftre fait ; & pour ce que de ces prefentes l'on pour- 
ra avoir affaire en plu(ieurs& divers Itieux, Noos 
voulons qu^au vidimùs d'icclles,ou cxttaiâ d'tç- 
cuns des points & articles y contenus, fait (bus (èd 
Kopl ou autre fecl autentiquc , foy y fcit adjomée 
en jugement & dehors comme à ce prcfebt origi- 
nal : & afin que ce Ibit choie ferme & fiable i toi^- 
jours,J4Qus avons tait mettre noifarcfèel àcefdittçs 
prc(èntes , fauf çn autres cho(csno{lre droiô & Tan- 
truy en touttes. Donné au Plejps du Bore lei 
Hourf au mois de Janvier Tandegracé mille qu* 
tre cens quatre vingts &deux &de nofire Règne le 
vingt-deuxième. Ainfy (igné Loys,&fttrlcplyPflr 
le Roy cnfbnConfcil J. Charpentier. LeâaPÉ' 
blicata Çff itegifirata ^prafente Çs? cmfeH$knU Pw 
€urator€ Gêner ait Régis, Aâlum in P or lamento quarte 
die Februarii anm millefimù CCCCmo, eétu^efim 
fecundo^cfignatum Ciarcelier. LeSa^tthliçatA^ 
Regtfirata in Caméra Compotarnm Dtffnini ncfhi 
Régis ^'ïhefdurariis^ tramiée ibidem exiftentUms^r^^ 
curaZoreque kegio prafen$e f^ confenfiente^ die jpàf' 
ta diâi menjis Februarii ^^anno qm fMfrafic fiffuir 
tum PaJûuHier. 

Dans les Chapitres huiâ& dixiefme dufixiefnie 
Livre, pages 409. 410. &419. TÂutheur fait bien 
particulière mêntioii des dévotions de I/>uys XL 
& comme on luy envoyoit de plnfieurs endrobs 
divcrfès chofcs pour fk guerifbn î Voîcy comme 
un échantillon deThùmeur & desaSèâionsdece 
Prince en telles rcQcoi^tre») touchant un boirHer- 

mitc 



I 



^bR LES MEM- DE COM. Lnr. VI: 281 

te de Sainâ Claude , nommé Frère lem de Gand^ 
iiimé à Troyes , de la fepulture duquel ledit Roy 
fiure recherche ; laquelle fut trouvée au Con- 
it des lacobins d'icelle ville , & i ibu inftance 
corps fut levé de terre , & mis en lieu évident z 
\ plus il efcrivit à Rome pour fi caflonization^ 
ne les- aâes & mémoires fuivans , - concemans ^ 

it ce qui îtyzSSx en cette aâion « ont cfié im* 
mcz > & mts en lumière par les iieurs Camuzat 
lanoine de Troyes , ^pmxûj îcsMifielkmeaHtfio» 
a , pages 3^ & fuivantes , & des Guenoys 
sfire dans ion Livre des Sainffs de Tttyer^ pages 
^. & fuivantes. 

fits des trois lettres efcrites aux Frereildeâ» 
• bins de Treyes far le Roy Louys:XI. 

|E par le Roy, eh&f^bsen omet , pôui^ee 1482^ 
^ que nous deiirons içavoir , que devint , où 
mrut ,' & fut enterré un bon Sainâ hfpmme Her» 
te i qui du temps de feu noftre très-cher Seigneur 
^è, que Dieu abfblvic/ V & durant les grandes 
mes , qui lors eftoient entre luy & les Anglois, 
it parplnfieursfois'devers luyr Nous envoyons 
ftre amé & féal ConfeiHer le Curé de Mâche 
rteur de cette , ibyen informera enquérir. Si 
os prions , & neantmoins mandons , fur tout le 
jfir & fervice que notis devez faire , que fi vous 

(çavcz aucune choft , vous le dites a nofbcdit 
ofeiller^ & luy aidiez i le (çavoir & quérir, ainfi 
'il vous dira Redonnera par entendre,* & que par 
anciens hommes » livres, Regiftres, &efcritu- 

d'Eglifcs , & autrement on le pounatrouver & 
.voir , & vous qous ferez tres-(ingulierplai(ir. 
>nhé au Pleflls-dn^psrc le 13. joï>f (POâobre. 
pé Lattys , & plus bas Parent : En là fufcrir 
oii , A nos chers £y bienamez les friemr^ C<m* 

^ De 



r • 



x%z PREUVES ET OBSERVATIONS 

m 

De par le Roy , chers ^ bien ornez , nootcn^ 
troTons devers vous nofircamé & fcal Conlcttkr, 
& Maiftre d'Hoftel Collinet de la CbefDaye, vpof 
porter un drap d*or pour mettre Ibr le cercueil de 
feu frcrç lean de Gand Hcritiire de fiùnâ Oaude^ 
& luy avons cDchargéfoy informer, finousavops 

t/fii. aucune chofc à Troyès de noflre domaine pour le 
vous donner ) nous vous prions que vous vadlla 
croire noRrc dît Maiftre d'Hoftel de ce qo*il vous 
dira de par Nous. Donné au PlcÛis-du-Parc letroî- 
ficfine jour de Décembre. Signé Lotys CbarfeB' 
tier^. en fufçription , A tw ebers ^ item éimez Us 
Jacobins de nmre ville de Itrcyes. 

DeparleKoy, cbers^btenamez.y pieça nous 
avez envoyé des Pâtenoftres , & autres Elelîqacs da 
iainâHermite de fainâ Claude , & à cette caulb, 
nous êfi:rivimes pourlàcanoni&tionànoftrc&iiiâ 
Pcrç ; & pour ce que nous délirons fiogulieremcot 
avoir quelque chofe dudit Ekrmite , nous vous 
pricms que incontinent ces lettres veuës , vous noQS 
«nvôycx d'autres Patenofires dudit Ciinâ HemâiCi 
& quelque chofe de lès Reliques , en filant ppor 
noltrc pro(bcrité prières envers Dica& ledit uifiâ 
Hcrmite , a vous nous ferez tres-Ongulit r & agréa- 
ble plaiiir. Donné aux Montils le dix-huitufine 
jour de Juillet* Signé Louys. CbMfemtier. Ea 
r^ Tufcription , À nos chers ^ bien ornez les Prieur^ H^ 

^ 4°3 • ligiestx Êsf Convenu de no/ke bonne ville de Tmyes. 

Procez verbal drejfé lors qu§ le cerfs de Frm 
Jean de Gand , ftà lî*ve du lien deféjm- 
miere feptilture, 

X482. r 'An.dc grâce 1482, le Mercredy 13. jour dv 
}-^ mois de Novembre, environ l'heure de neuf 
heures du matin d'iccluy jour Guillaume Thcve- 
nin , & Jean Cofteret Clercs Notaires Royaux ea 

U 



SUR LES MEM.de CX)M. Lnr. VI. 183 

Ul Prevoiié deTroycsfetranfporterent avechono-> 
table homme & fage Marftrc Jacques de Rofl^y, 
Lieutenant General de Monfiear le Bailly de 
Troyes , en TEglilè des frères Preichcurs dudit 
Troyes; en laquelle Eglifeefioicnt, & trouvèrent 
Révérend Père en Dieu , Moniieur Maiflre Louys 
Renier Evelque dudit Troyes , nobles Sieurs Jac- 

SrsDelirfnay, Seigneur de Segrey, Con(èiIier(& 
ambellan du Roy noftre dit (leur, Nîeoias de 
la Chefiiaye / auffi Confeil 1er d'iceluy Sieur , & foa 
Maifire d'Hottel Commii&ires ordonnez en cette 
partie de par ledit Sieur , vénérables &difcretes per» 
ibnnes Maiftres Pierre Fiene Officiai , Jtan Pinet* 
te Receveur , & Nicole Solas Seelleur dudit Rêve» 
fend 9 tous Prcfiresft Chanoines deTroyes^Gtdot 
de laViexville, Nicolas de la Viczville, maifire 
Pierre de la Huproye , Notaires Apoftoliqucs , & 
Tabellions de la Cour Eccleiiafiique dudit Troyes , 
avec pltificurs notables gens dTglift 9 & bourgeois 
de ladite Ville enjgrand nombre : lelquels Rêve- 
ccnd & Commimires faiibient & firent en leurs 
picftnoes& defdits Notaires & autres gens deflùiP- 
nomtlKZ , ouvrir par eens& ouvriers en ce co^ 
noii&ns la terre qui eitoit deilbubs & i Pendroia 
d'une petite tombe blanche de pierre dure de deux 
fricds & demy de longueur , & d'un pied & quatre 
doigts de largeur ou environ, qu'ils avoientnît le- 
ver» pour ce faire, du lieu oùelleeftoitaffifed'an* 
cieimeté, qui efioiten la nef de ladite Eglilc , à 
fendroit du grand portail d'icelle y fur laquelle 
tombe qui toufiours fut laifTée à l'endroit de ladi- 
te ouverture , efioit emprainte & figurée l'image 
d'un Hermite ayant grande barbe , grands cheveux, 
les mains jointes, patenofhcspendansiicellcs, & 
A Tentour dudit image cfioit efcrit & engravé ce ^ui 
Sieiifuit: Cegifi PHermiteJefaiMt Claude , imfi 
mrnmoitfirere Jean de G and , ^ treffaffa en cette 
ville de Troyes ^ le 29. jai^r d» mois 4f Septembre 

fan 



^2^ PREUVES ET OBSERVATIONi ' 

fati 1439, & à rentOQT .dfi Chef dudit. iouge 
{Mifereremei Deus,) Et après ce qae Icfiiits ou- 
vriers eurent vacqué fthefongnépar i'cfpace:d'eQ- 
viron deux heures fans aficr , & fait utiegcande 
foilc d'environ cinq pieds de large , fipt pieds de 
long, &fept pieds en parfond , trouYcreot dedans 
ladite foflè au bout d'embas d'icelle,&jQiri duli^ 
où feoit ladite tombe d'environ cinq pieds ^latefte 
d'une perfonne morte , qui autrefois y avoit efié 
jnhumée & mife aux pieds dudit frerc Jean de 
Gaud ^ & fe nommoit ladite perfonnc^^rr^ DiJkr^ 
4]ui avoit cfié Religieux defdits frères PrefcheoR« 
.comme dirent &certiâereot aucuns Religieux del* 
^itcs.freres Prcfcheurs, & autres gens qui affift(ricot 
& eftoientprefèns à faire ladite ouverture, p^ârli^ 
quels ouvriers fut encore fo(fi>yé&creufê plus bas 
environ deux pieds , & tôusjoursà Tendroit dudit 
lieu où Ton avoit levé ladite tombe : . & teltement 
qu'ils troiiyerent l'eauë qui fourdoit ea grande 
.abondance ea ladite fofle ', - & lors trouvèrent va 
: cercueil de bois qui cfloit droitement defipus , & 
-à l'endroit du lieu où avoit eilé affife ladite tombe» 
lequel cercueil qui eftoit fort pe&nt à l'oocafionde 
' la terre i& eauë qui efloient entrez dedans , fut levé 
& mis hors de ladite foflè , & porté au chœur de 
ladite Eglife où il fut pofé i & laiffê durant que Ton 
mit à chîintcr une haute Meflè , que l'on dit & (X* 
Itbra au grand Autel de ladite EgliC: , après laqo^* 
le Mcflè dite , s'approdierent prés dodit cçrcudl 
ledit Révérend , Commiflàires , & Notaires , plu* 
fîeursgcns:d'Eglife& autres: lequel Révérend fit 
dcfcouvrir ledit cercueil, &oftcr la couverture de 
delTus que j'on trouva pour la plufpart froiifée & 
.ro.mpuë; & incontinent furent veus &apperceusd^ 
dans ledit cercueil un Chef avec fes mâchoires & 
dents, d'iccluy , & piiiScurs des os des autres 
membres , & parties du corps d'un -houUDC 
mort y qui efloient par . ordre giikns. audit cer- 
cueil} 



syR LES MEM. DE COM. Liv:VI. iS^ 

caeil -,' tSfOS aucune apparence de chair j peau ^ 
)e cheveux.^ & couverts pour la plufpart deter«* 
^, .&d'eauë^ &pourcç que le peuple affluoit,& 
iloît ei^ eraad opipbre pour ce voir , ledit Rêve* 
leod & CoQUniÂires firent porter ledit' cercueil 
infi qu'il cQoit au treibr de ladite Eglifè., & iU 
ec ^n fireitcnce defdit; Révérend j Commii&ircs, 
NTotaîres, $ de pluficursgens d'Eglife furent pris 
edk Chef, ^piembres , & os dedans ledit cercueil y 
i lavez Tun. après l'autre par aucuns dcfdits gens 
V]S£Ïiiki^<^ prdonnci: par ledit Révérend le plus 
\fgp^mmi^ honneliement qu'ils peurent y & après 
nis^eo-UB co#re de bois d'environ cinq pieds de 
long prq>aré.pour ce faire y auquel ils furent lni& 
fez en ^dl(e Eglife, & ledit coâre fermé àclef , 
]ue lefdits Commiilâires mirent & rctindrent de- 
irers eux , & ce fait , ledits Commiilâires , L!eu<- 
icnant & Notaires le départirent de ladite! Eglilë^ 
Se requirent icçux Commii&ires aufdits Notaires, 
lettre^ 4'>Qfifunient des chofès deiliiClites , qui 
leur pâcoyercnt ces prcfentes y pour en faire & 
ordopper Iclon le vouloir du Roy noftre Sire , & 
fmîr.eatems & lieu ce que de raifbn, lesquelles 
éa lefipQîa , . ^c 

Lettres ejcrita au Pape par ledit Roy Loujfspout 
:40Canomz/Utor^dHdit Frère lean. 

TRcs-SAïKT PcRE , il uous eft veuu en me- 
.pnôir^ , que durant la vie de feu noftrc très* 
cher Seigneur & Père que Dieu abfbive , au corn- 
menc^ent de fon règne , & que les guerres & 
divifipns eurent cours en noflre Royaume y un 
Hçrmite qui (c tenoit à Monfeigueur fainâClau* 
de y & qui efioit renommé eflre de trcs-bonne & 
£unâ(e vie , vint plufîeurs fois devers noffareditfeu 
Seigneur & Père , & luy notifia qu'il auroit lignée 
Ottfle , & le premier fuccedcroit après luy à la 



%U PREUVES ET OBSERVATIONS 

Couronne de France , qui a cfié Nous : & tnffi 
luy demanda à diverfes foisa'ilvoaloit avoir pa&i 
lequel noftredit feu Pcreluyrefpondit qnes^HplaH 
foit à Dieu il le voudroit bien : & ledit Henniie 
luy dît & afllura , que puis qu'il defiroit paix qo*3 
Fâuroit : Et aufli fe tranlixxu ledit Hermite pa> 
devers le Roy d'Angleterre ^ qui tenok & ufor* 

foit lors certain pays & contrées du Royaume de 
rance , & luy dit & demanda ftmblabtementsH 
vouloir avoir paix ^ lequel luvrelpondirquenoDi 
& qu*il avoit bien intentfon de toutcooqiK^?! 
quoy ledit Hermite luy re^ondk qu'il n'y parvkv 
droit point y mais que de brief il mourroft : ce 
qu'il fit , & furent les Anglois déboutez &diaiSs 
par nollre dit feu Seigneur & Père hors du Royaih 
me de France , dont iceluy nofire Père dcmcors 
paifiblc , ainii que raifbnnablcment faire fi: devofti 
& Nous fublèquemment en Ibmmes dcmcmezapiéi 
luy paifiblcs , & fit lors ledit Hermite plufieQff 
belles chofes à Taugmentation de noftre rof , à 
auili Dieu noftre Créateur à fk requcfte & inttf» 
ccilion fait de beaux miracles : parquoy nous t& 
venu en dévotion & volonté de faire quérir eo ' 
tous les lieux où ledit Hermite convolbit, aaqoel 
lieu il avoit elle inhumé. Et après pluiieurs inqoffi* 
tîons par Nous faites faire, fii fepultureae(ldmm> 
vée au Couvent des Frères Prelcheurs de Troyes, 
où Tavons ( pour l'Amour de Dieu , & de laboib 
ne& Ciînâc vie qu'il menoit) fait relever & met* 
tre plus honorablement qu'il vCcùoit , ft à cette 
caufe , & aufli pour la grande & bonne renommée 
oui a efté fccuë & trouvée de luy ^ maintes peD* 
tonnes de divers eftas conftituet en certames toh 
ladies , ont eu recours â luy , & chacun jour y 
ont , par la prière duquel leur a femblé ^ que 
Dieu noftre Qeateur tes a relevez & guéris de 
leurs maladies , parquov avons voué & deliberf 
de le &ire canonilcr , s^il eft trouvé que fiss ffs* 

nc5 



SDRLESMEM.r>EœM.Liv/vi. 287 

vtts& vie l^âycnt mcrité. Et pour ce , Trtsféùm 
Pert 9 que nous avons cette matière bien fort à 
oœor , nous prions voftre Sainâcté fi tre&ccrtey 
ft en charité , que plus pouvons , que par noffare 
cher & bien aymé Maiftre Pierre Frezet , ReHgîeuz 
dodît Convcnt des Frères Prefcheur$ , Doaeur 
en Théologie, & Inquifiteur de la Foy auDioce* . 
le de Troycs, ^uenous envoyons par devers elle 
pour cette matière, Ibn plainr foit nous envoyer 
poii&iicc & commiflion a tels Prélats , ou autreft 
notablci perfonnes que nous ad viferons , pour eut 
inforaierde la vente des chofesdefliifdites , 6e au- 
tres bien-fiûts & mérites dudit Hcrmîte, & ladite 
infbrmadon renvoyée par devers voftre Sainâcté^ 
pour par elle procéder à la canontfation dudit Her- 
nrite 9 (i par elle eft conneu , trouvé , & prouvé 
que la vie & œuvres le mentent : Mars nous la 
prions derechef quMl luy plaife n*y faire aucune 
dîfltoilté ny diffimulation. Et elle nous fera , en 
ce fiiiûat , très-grand & fingulier plaifir ^ dont 
nous tiendrons grandement obligez à elle, laqucl* 
le nous prions lebenînFilsde Dieu qu'il lavueilie 
longuement maintenir & garder au bon régime & 
)[puvernemcnt de &inâe Eglilc. Efcrit aux Mon* 
dis les-Tours. Signé Lotiys. 

• 

Ç9fi€ é^mans Lettres ejcrius fur le mifmeftAieî 

d un Cardinal. 

MOnfieur le Cardinal , îl m*cft (buvenu d'un 
Hermitc de Monfieur fainâ Claude , qui vint 
plnfours fois devers feu mon Père , & eftoit de 
^ttuâèvie, &à cette caulè, i'ayfàit enquérir de la 
mort , & oàil fut inhumé, & a efté trouvé qu'il 
<ft enterré aux Frères Prefcheurs de Troyes , îc 
l'ay fiut relever , &. depuis y affluent plufieursper* 
ibûoes au(qucls Dieu par fon intcrceflion fàft 
•{ comme Ton croît } de beaux miracles^ parquoy 



a88 PREUVES ET OBSERVATIONS 
ie ddîberedelcfkirequKUiUèr, fiiavie&icsœr 
vrcs le mcritent. Tefcris i oofire St. Perc qi^ 
in'envoye une commiffion&paiffincede âîrein- 
formation de fa vie & oeuvres méritoires. Etpoor 
ce , ie vous prie que vous Ten (bllicidez , a k 
priez tant que vous pourrez de par moy qu^l îefr 
ce, & qu'il m'envoye ladite Cominiâion, par 1^ 
tre Pierre Frezct Religieux duditConveot des Fte- 
res Prcfcheurs , Doâeur en Theol(^e , & bh 
quifîteur.de laFoyau Diocefê de Iroyes, le* 
iguel renvoyé par delà expreflèment , pour octté 
caufe : Mais je vous prie derechef que vous y &• 
cîex diligence , 6e vous me ferez bien çrand pMftv 
Et Adieu Monjieur le Cardinal, Efcnt auxMm* 
tils Ics-Tours. Comme les pomfnites de cetteCaaù^ 
mfatioHfe faifoient a Rome , Lottys ICI. mmn^ i 
Is V affaire démettra nom o/ccomfly. 

. Dans le Chapitre onzJiifme du Livre tixieSm\ 

bie. page 420. P Atahettr forle comment Lmfs 

g JCf.Jit venir vers luy Charles fan fils ftB 

^ ' avant fa mort y O* des commandemeHs O* 
ordonnances qtiUlttjifit : t^oicy au long Fit' 
firuElion qtiil bailla à ce ieune Prince y dam 
laquelle fe peut remarquer comment ce RBjre* 
connoi^oit luf^mefine avoir failly en certMU 
thofes pendant [on Règne ^ à Amboijh le lU 
Septembre 1482. 

LOVYS parla grâce de Dieu RoydeFrancef A 
toiis ceux qui ces prefcntes Lettres verroolf 
Salut. SçAvoiR FAISONS , que nous coniidonov 
la naifTaace de toutes chofes , & la fin & temûni- 
tion d'icelles ; & mcfmcment d*humaine nature 
qui en brefs jours termine fon temps ,& que Diei 
fiofire Créateur nous a fait de fi grandes graco • 

qoll 



SURLESMEM.bÈCX3M. Liv.VL zi^ 

p*il luy a plea nous faire Chef , Gouverneur & 
^rince de la plus notable Région & Nation de 
leflns la terre , qui efi le Royaume de France , 
lonc plufiëurs des Princes & Roys nos prcdccef- 
cors ont cQé û tres-grandsf, venucuz & vaillans 
lU'ils ont acquis k nom de Hçy Très Cirejlie» , 
înt en mettans & redul&ns à la bonne foy Ca« 
lolique plufieurs srands païs & diverfcs nations 
abitees par les inndeles , en extirpant les herelics 
c vices ce nofdits Royaumes y & entretcnans le 
linâ Si^e ApoQoliquc & la fainâe Eglife de 
)iea en leurs droits , liberta & frsnchîfcs , qu*ea 
û&nt plufieurs autres beaux faits dignes de pcr* 
ctuelle mémoire , & tellement qu*il y en a ccr" 
aio nombre tenus pour fainâs & vivjans ctcrnel- 
ement en la tres-glorieufc compagnie de Dieu ^ 
n fbn Paradis ; lequel nofbe Royaume , & au- 
Dcs nos païs & fcigneuries , nous avons , grâces 
Dieu & pat rinterccffion de la tres-gloricufe & 
cnoifie Vierge Marie fa mère, fi bien entretenu^ 
Icfcndù & gouverné , que nous Savons augmenté 
ï accreade toutes parts , .à grand cure , fbllici- 
ode ^ & diligence , à Tayde auffi de nûs bons ^ 
rnys , & loyaux officiers , ferviteurS & fubjets ; 
açoit que cetantoft après noQre advenement à U 
Couronne les Princes & Seigneur&de noftre Sang 
i lignage , & aunres grands Seigneurs de noftre- 
lit Royaume , qui que ce foit , laplufpartd'iceux 
M confpiré * , ait conduire & mener contre 
nous & la chofe publique de nofiredit Royaume Mcmoiiei 
rfoficufs grandes pratiques , trahîlbns & confpî-* ^^»»'^o. 
:ttions , tellement que par le moyen d*icelle$ fi ^^' 
fuïées guenes & divîiions s'en font (burfcz ^ & 
aonduites , que merveillcuic cffufîon de ï^ghu- 
imin , deflruâion de païs , & dcfolation de grand 
domlm de peuple en font advenus , qui ont duré 
depuis noftre advenement jufques à prefent, qui 
CDcores ne (but du tout eftrintes » & qui après la fin 
Tmf U. T d« 



ipo PREUVES ET OBSERVATIONS 

de nos jours pourroicnt recommencer & loi)fl0> 
ment durer , fi aucune bonne provifîon n*y doit 
donnée :Pourquoy, Nous ayans à ce regard &ooib 
fidcration , & mefmcment l'aage où nous finh 
mes'fdc certaine maladie à nous furvcnuë , à IflOOcUe 
avons ctté de tres-^ande dévotion voir & viucrie 
glorieux corps y^ ùin€t & amy de Dieu roonfiev 
* Vdn i4to.oainâ * Claude , dont fufines grandement amen- 
i'^' 404* dcz , & retournez à l'aydc de nollre Greateur | 
de fa benoillc mcre , & dudit Salnâ en bonne 
profpcrité & fanté , ayatis dciibcré , conclad ft 
dirporé,de,aprés le retour de nollredit voyagc,TOff 
nodrc trcs-chcr&tres-amd fils Charles Dauphin de 
Viennois , & luy remonfircr plufieurs belles & no- 
tables choies à Tcdificment de fà vie en bonnes 
mœurs , gouvernement , entrctcncment& condoi- 
tc de la Couronne de France , s'il plaid â Dieu 
qu'elle luy advienne après nous : pour lefqaellcf 
chofcs accomplir, & que nous avons cfié de retour 
d'iceluynoftre voyage en no(fa:e ville d'Ambdfef 
nous fommcs allez au chaflel dudit lien , où cfioîr 
nofiredit fils le Dauphin , que toufiours y avouait 
tenir & nourrir ; & en la prefcnce de certain nombie 
de Seigneurs de noftrc Sang & lignage , & anutf 
grands perfonnages , gens àc nofne Confeil , avons 
fait venir iceluynoftrcdit fils par devers nons&lny 
avons fait&rcmonûré lés chofès, paroles, & I^ 
'monflrancesdeflufditcs , & autres qui s'enfaivcnt. 
Premièrement , Après récitation par nous ftitti 
nodrcdit fils des chofcs dcfïïifdites, ou de laplufist 
d'iccllcs, nous luy avons remontré le grand defir 
que nous avons qu'il pend après nous, parvenir, i 
l'aydc de Dicti , à la Couronne de. France, fia 
vray héritage , & qu'il peuft fi bien gouverner & 
entretenir que.ccflift àfon honneur & loUangç, IB 
profit & utilité des fubjcts du Royaume, & deb 
chofc publique d'iccluy, 
' Item^ Que quand il plaira àDicniUteibntiDiB- 

fOttP 



> 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VL içt 

ttandement de nous , & que noftredit fils (èra , 
comme dit eft ^ parvenu i ladite Couronne de 
France , nous luy avons ordonné ^ commandé & 
enjoint , ainfi que père peut faire à ion fils , qu'il fè 
gouverne , cnuctiennc & maintienne au bon régi- 
me & cntretencmcnt dudit Royaume , par le con« 
Êîl j advis & gouvernement de nos parcns & Sei« 
gneors de norare Sang & lignée , & des autres 
grands Seigneurs, Barons, Chevaliers , Capitaî^ 
nés &aunxrsgensrages & notables de bon confcil 
& ^nduite, & principalement de ceux qu^'l fçaura 
&cognoifira avoir elle bons& loyaux à feu noftre 
très-cher fieur & père , que Dieu abfoluc, à nous, 
& â la Couronne de France , & qui nous au- 
ront efté bons & loyaux fcrviteurs , officiers , & 
fiibjets. 

Hem j Nous luy avons auffi par exprès cofn- 
mandé , ordonnée enjoint , & quand il plaira i 
Dieu qu*il parvienne à ladite Couronne de France, 
qaMI entretienne es charges & offices qu'il trouvera 
cftre lefdits Sieurs de noftre Sang & lignage , les 
«nties Barons , Sieurs, Gtouverneurs , Chevaliers, 
Efcuyers, Capitaines & Chefs de guerre, & tous 
autres ayans charge , gairde & conduite de gens, 
irillcs , places & fbrtercûès , & les officiers ayans 
offices tant de Judicature , que autres de quelque 
manière & condition que lefdits officiers & char- 
ges (oient , uns aucunement les muer'* , changer, 
ddcharger , ne dedppointer , ne aucun d*eux,* jf J*^^^ 

fioon toutesfois qu'il hift, ou eftoit trouvé qu'ils, ^^^«-.rfwl 
ooaneuns d'eux ftiflènt & (oient autres que bons Se ne?nint à u 
loyaux, qu'il en appcrebien&deuëmcnt , & que 9«»?»*« ''•':'* 
bonne & deuë déclaration en fcit faîte par J^f^cc j^Af^^ 
ainfi qu'en tel cas appartient. • y^^ ^/,3 

iRm , Et afin que noflredit fils puîfic & veuille k#;«^«. 17. 
BMCuxavoîr i cœur, accomplir, & entretenir noftrc*7- *^* 7H 

dit domaine , injoncHon & commandement , nous 
luy avons remonllré les grands maux & dommages 

T a tac^ 



291 PREUVES ET OBSERVATIONS 

irréparables qui nous advinreiu*pea de temps aptâ 
♦ p^^"" . noftre ad venemcnt i la Couronne , pour n^avoir en- 
3 s • 44. 47* (retenu lefdits Sieurs & officiers de noftre Roysome 
47* 4f • en leurs eihts , charges & offices , qui bien loag* 
temps ont duré à la très-grande foule , domms^c a 
dcfbuâion de plufieurs nos pais & fubjets ^ qui ca- 
cor durent fans y avoir fin de paix , jaçoît, qoecei 
comme dit cft, nous n'avons rien perdu delà Qm- 
ronnc : mais icellc augmentée & accreuë de grandes 
terres & fcigneuries , efperant de bref, au vouloir de 
xiolbedit Créateur , y faire mettre paix tranquille & 
union; &quequandnb(fa:editfils feroit lefimbît- 
ble , & n^cntretiendroit & continueroit lefdits fieurs 
&officier$, illuycnpourroîtfemblablement, ainfi 
ou plus arriver , & que fur tout il ayme le bien , hon- 
neur, & augmentation deluy& dudit RoyaumCi 
qu'il y eud bien regard , (ans faire ne venir ancoQ^ 
. traire , pour quelque cas qu'il advienne. 

Item , Et Icfqucllcs remonftrances ainfî par noof 
faites à nofoe dit fils le Dauphin , pour le bien delà 
Couronne de France^ & afin que leldites ordonn^B* 
ces , commandemens & injonâions à luy fiûts i fo- 
tificnt effet, & en fut perpétuelle mémoire, noos 
avons demandé à noffare dit fils ce qui luy en Icm* 
bloit, & s'il n'edoit pas bien content, deliberé,& 
en bon propos , vouloir , & intention de &ire enttc- 
tenir & accomplir les chofts deflii(dites^ & aotro 
par nous à luy dites, &mefmemcnt touchant Icfli- 
^( tes charges & offices; à quoy il nous a humblement 

fait refponfè , & dit de bouche que très- volondût il 
obeyroit , feroit , & accompliroit de bra coeur, & de 
tout (on pouvoir les enfeignemens, ordonnanotif 
• uftru- & înjonaions * que nous luy fàifons , dont tid- 
ôioAs. humblement nousremercioit» 

Item^ Nous luy avons commandé qu'il lêretf- 
raft devers aucuns de (es gens & offiders , qui illcc 
efloient& parlait à eux fur les chofes ddfuiditesà 
luy remonilrées, & qu*il adviûft bien s'il ne voq- 

Joit 



SUR UES MEM.PE COM- Liv. VI. >9? 

oh pi»sbiçnentreteqir toutceqqe nous avons en- 
oint & ordonné ; ce qu'il a tait , & pois après nous 
i die telles paroles ou fcmblables. Monjiçur , à l'ay- 
1^ de Dieu , ^ quand jon bon plaifir fera que les CDU* * 
^esadviennent , fobeyray à vos commandemens bf 
>laifirs , l^jerçy , entretiendray , ^ accompltray ee 
fue m^avez epiqint , commandé^ ^ chargé y ^ ahfi 
jâÊi*ila efifarreftéy âcconimc nous luy avons dit» 
goc puis que pour l'amour de nous il Icvouloit, 
qa*il levaft la main , & nous promift d'ainfi le faire , 
PC tenir, ce qu'il a fait. 

bemy Et après plulic^rs autres chofcsi par nous à 
luy remonlbrécs , depcndans des chofes defliifdites , 
&auffideplufiei;ir^fîcu|:s nos advcrfaires de noftre 
Royamne , qui toufiours avoicnt edc contraires à 
nous , & à ladite Couronne , dont en partie les maux 
& incnqvcpiens 4evant dits , çftoîent ad venus, à ce 
qu'il y prit garde , -nous Iviy avons recommandé au- 
cui^ de nos bons & loyaui: fcrvitevrs & officiers qui 
4lleccftoientprcfens, & les aucuns ab(èns, luy re- 
monftrant que bien & loyailinent ils nous avoient 
ièrvy, tant à rencontre de nofdits advcrfaires, à l'en- 
tour de noQre perfortqe qu'autrement , en plufieurs 
fi diver&s manières , dont & defquellcs chofes , & 
d'ime chacune d'icçlks Içurs circonftances & de^ 
j)eDdanc€s ; nous avons ordonné & commandé à 
jkoilre amé & féal Notaire & Secrétaire , tant durant 
jU)Qre règne , que ccluy de noftredit fils : Monfieqr 
l^icrrc Parent illec prefcnt en faire toutes lettres & 
cxpcditions, proviiions, patentes ,& chofes dçcla* 
tatoires de nofdits vouloir , commandcmcns , & 
, prdODnaQceque befoinfera^ tant durant noAre rè- 
gne 9 mt celuy de riodredit fils , & au commence* 
ment de (bndit règne par manière de confirmation 
jUiClits officiers, en confirmant îc^ux en leurfditcs 
charges & offices: Et avons ainfi commandé à nor 
flrçditfils leur faire par ledit Parent comme noftre 
Sccrcuire & le fîcn : Si donnons en mandement par 

' T 3 CC8 



Î94 PREUVES ET OBSERVATIONS 
ces mefincs prefcntes à nos ame2 & fcaox les mi 
de nofire Cour de Parlement , Eichîqnier de Nor- 
mandie, gens de nos Comptes, geoerauzConlcil* 
1ers de nos Finances de la Jofficc de nos Ayda, 
Muiitres des Rcqueites de noftre Hofiel , Ptmft 
de Paris, àtousmllifs, Senefchaui^ PreYofis,& 
autres nos Juflicicrs, Officiers, oo Sabiets, ou) 
leurs Lieutcnans, ii comme à chacun d'eux appa^ 
tiendra, quiàprcfentfbnt, ou Icront cy*apr<sde 
noltre temps , & de noAredit fils , que de nos pcç* 
fentes ordonnances , commandemcns , declirh 
tions , & de toutes & chacunes les chofes fufdîtes 
en ces dîtes prefcntes contenues, & que chacnncs 
d'icelles , leurs drconflances & dcpeddanccs , ils 
ftccnt, entretiennent ,& accomplirent , &ftcfnt 
entretenir de poinâ en poinâinviolab!ement, fins 
enftaindre, ny aller, nevenir jamais au conôaire^ 
ores ne pour le temps advenir , pour quelque csolè 
ouoccofionquccelbit, & v contraignent , oo fit- 
cent contraindre reaument a de Bdu les empeichans 
&contredi(àns, & tous autres qu'il appardendrt, 
&qui pour ce feront à contraindre par la prifè de 
leurs lettres au contraire , caiTation & annullations 
d'icelles , arrcfl & détention en noflre main de leurs 
biens , emprifonnement de leurs pcrfbnnes , &toat 
ain(i qu'il cfl;accou(him<5 faire pour nos proprcsbe- 
fongnes Se affaires , nonobftant oppolitions , oaq>- 
pcllations, clameur de haro, do?eances, & quel* 
eonques ordonnances faites ouï faire par nous, oa 
noflredit fi's, rcftriâions, mandctnens , dcâcnccs 
& lettres à ce contraires , pour iefi]uel]es ne voulons 
aucunement cftrc cmpefché, ny le contenu cfictft 
exemption de cefditcs patentes en aucune manière; 
& pour ce que de ces prefcntes , pluiieurs pourront 
avoir à befongiicr en divers lieux , noas voulons 
qu'au Vidimus d'icelles fait fous Steel Royal , oa 
fîgné par ledit Parent, ou autre de nos Notaires* 
Secrétaires ordinaires , pleine iby (bit adiouliée 

corn- 



SURLESMEM.DE0OM.Liv.VI. xçf 

Btena prefcnt orjginal. Entesmoing de ce nous 
iTons f^it mettre & appofer noftreSeel à cefditcs prc- 
bitcs.DoNNE* au Chaftel ci*Ainboi(è le vingt unicf* 
ne joUr deScptcmbre l'an de grâce mille quatre cens 
loatre-viugt; deux » 6e de noftrc règne le vingt- 
lettxiefme. Signé par le Roy , Monfdgneur le Dau- 
>hiD 9 Moniicur le C!omte de Beauieu , le Comte de 
Miarle Marefchal de France, rÂrchevefquc de Nar* 
x>nne, les Sieurs du Bouchage, dePrecigny, du 
?lcûy, Bourré, du$o!luret,IeandeDoyaiGou* 
ircmcur d'Auvergnç,Oiîvicr Guerin Maiftre-d'Ho- 
Sel , & plufieurs autres prefcns j Parera. LcÛa^ 
>ttbUcata & regifIratainCuria Parlamenti Puca^ 
\9U BwgundiéC ^Dfvioni (tieduodecima menfisNo* 
vembris am$o Pomini rmlUJimo quadrin^entefima 
^Ûiu^^imo fecunJo. Slcfignatum^ Dupuis. 

P^«4-52.' 433- ^ Reyne fa femme ^ &c. Item, l 

Ufe maria avec la fille dh Duc de Savoy e^ &c. 

Vu matiagt du Roy Loujs XL avec Charlotte fil'* 
le de Lùtys Duc de'Savoje ^ Van mil quatre 
cens eifiquant^ fipt. 

L*Ak mil quatre cens cinquante, Louys Dan- idfQ. 
phinde Viennois, depuis Louys XI. du nom 
Rot de France, fils du Roy Charles VIL fortit de 
bUoor malcontent, par jalqulie contre ceux auf- 
guels fim pcrc avoir le plus de confiance , & s'cdoic 
remis de Tadminiilration des principaux affaires di^ 
Royaume; &cncores 'pour* plufieurs autres fujcts 

! ni à ce fiiire le meurent : Il fe retira en Dauphiné , 
c en Tan 145'a. rechercha en mariage Charlotte de I4J'^« 
Savoye, fille de Louys Duc de Savoye , quilaluy 
accorda fous le bon plaifîr du Roy Charles , &avec 
Dette condition cxprcflt , qu'il ne rcfpouferoîtqu'au 
préalable il n'euft fon confcntcmcnt ; Ce Traité de 
mariage mit en ombrage & diffiancc le Roy Charles 
^•'- T 4 coa* 



%r^6 PREUVES ET OBSERVATIONS,! 

contre ledit Loiuf s Dnc de Savoye , cominç sH caf 
cjlé participant des deflèins & mauvais vooloâ: de 
fon fil s , & pour ce réTolm de luy monvoir gncrre ; 
mais par te moyen da Qurdipal d'Efloutevilte il ft 
fitunccntreveuëenti'cux, & leDucLouys efhot 
venu trouver Sa Majcilé , la contenta en forte , qu*it 
accorda lors en mariage fa Çllc Yolande avec Ame* 
. dée Prince de Piedmont fils aifiiédadit Dac, mais 
i la charge <)ue pour Theure il ne fuft p^ffé plus ou- 
tre au mariage de Charlotte avec le Dauphin Louys, 
ce que le Duc promit , & garda fà parole {uviolabI^ 
ment: De manière que , epcor que IcDsKiphin de- 
meurai depuis plus de quatre ans en Pauphiné, il 
ne vit point fon accordée , jufques à ce que l*àn mil 

Îuatre cens cinquante-fix il fe fuft retiré devers le 
)uc de Bourgongnç , que le Duc Louys vînt ) 
»4^^' Paris & obtint du Roy Chacïcs que ladite Charlotte 
fa fille pcuft aller le tenir avec ledit Dauphin, & 
quelques mois après la fit conduire es Paj's-bas de- 
vers é)n mary. Ledit Dauphin efioit audit an mM 
quatre cens cinquante-deux aagé de vingt-neuf anç 
car il nafquit Tan mil quatre cens vingt-trois ; Et 
avoit eflé marié en premières nopces en Tan ixiil 
quatre cens trcnte-fixayecMarguerite fille de Jac- 
ques I. Roy d'Ëfcofiè ; d'ôu il s*enfuit que ledl 
Louys Duc de Savoye rccognut Tauthorité & pou- 
voir non feulement d'un père , mais d'un Roy Sou- 
verain en fait de mariage, qui ne fè peut fiirciâni 
fon vouloir & confentemcnt exprés , par Ibo pcQ* 
çhain héritier èc fiicceflèur i la Couronc. 



PREU^ 




PREUVES 

E T 

BSERVATIONS 

lUR LES MEMOIRES DE 
'HIL?PPE DE COMINES. 



L I VR E SEPTIESME. 

Agis 44J'. 447. l'Aothear parle de la vennë 
du Duc René de Lorraine co France en l'ai 
qnatre cf ns quatie-vingts quatre , ponr dcmnn- 
:e Duché de Bar, laQimté de Provence, & 
a Seigneuries que le Roy Charles VIIL te- 



•ôn^s aux prtterttiant de René IT. Dm de t^qi. 
'ÂTTÂine fur les Duché d'jér/jm y Camttz. 
'e Provence ^ & dit Mapit , Cr autres 
'■eig»euriti , fanml ^Mire ctns ^MMtre-vinfft 
tutre. ■• 



E Roy Salnâ Looys faivant ]e teftamcat dn 
Roy Louys VIII, ibn perc , inveffit Charles 
''tance, pnîsRoyde Sicile , fotx frère des 
ntez d'Anjou , & da Maine , Ggu anore char- 



114^ 



IpS PREUVES ET OBSERVATIONS 
gc ny condition que de rhomoiage & du reffint» 

^u Trefir d»t A Ce Charles fucccda Ion fils de mefine nom ^ 

Chants, Véd9i$ Roy de Sicile , Comte d*Anjou , & du Maine. 

!/• «0. ê. Celui-cy céda & tranfporta les Comtcz d*ADJon| 
& du Maine à Charles de France Comte de Valoii 
fon coufiu&fon gendre, pour avoir cfpoufé Mar- 
guerite de Sicile Và fille , à fin de joiiyr par lof 
dcfdits Comtez , comme s*ils luy (iloicnt cfchcos 
par fucccfiion > foir qu'il eut cnfans de ce maria- 
ec , ou non: Mais luy venant à dcccderlàns €n« 
tans , lefdîts Comtcz rctoqmerolentau Roy, 1% 
1190. charge que ledit Charles rcnonceroît au droiô qu'il 

XI n ^wfi. avoit aux Royaumes d'Arragon , & de Valence, 
& au Comté de Barcelone, en faveur d'Alfooft, 
fils de Pierre Roy d'Arragon, Marie héritière da 
Royaume de Hongrie , & mcrc de cette Comtek 
fc Marguerite , renonça au droiâquVllepouvrà 
prétendre aufdîts Comtez d'Anjou & du Maiiic, 

129]'. P^^ ^^ ^^^ ^^ ^*^ ^"^95** Ce Charles paifîbicdc^ 

X32J'. dits Comtez mourut en Tan isaf. Son fils Rtf- 
lippe de Valois luy fucccda , qui en joim com- 

2327. me panicuh'er julques en l'an 1327. qu'il ifut Rof 1 
& par fon advenement à la Couronne lelHitsCom- 
cez furent réunis au domaine Royal julques ao 17. 

1331. Fevr. 1331. que ledit Roy Phîlij^>cs de Valotf 
le donna'cn âppanagc à Ican de France Ion fiîSjpoar 
en joiiyr en Pairrie, à la charge de reverfion ilt 
Couronne « aucasdedecedsduditleantànsmaiks. 
Que pour les filles qu'il pourroitavon:,elleslcioieilt 
pourveuës en argent. Le Ro.y leanvenuà laCoo* 

I3J'0. ronne Tan i35'o. lefdîts Comtez forent encore! 
une fols réunis au domaine, jufqjics au mois d'O* 

13^0. âobre 1360. que ledit Roy lean le donna pardon 
nation pure & fimple à perpétuité , à Louys de 
France Ion fécond fils , &àfcscn&ns malles M 
& à naiflre , ou engendrez de (es enfàns niaflel 
nez en loyal mariage , làuf & relcrvé au Roy Ici 
droiéls de régale , lafoy» rhommage&lereuôit» 



SURLESMEM. DECOM.Liv.Vir. 2951 

s Monnoycs , & autres droiâs de Souvcrnincté. 
a mefme temps ledit Roy continuant fcs fa- 
îurs envers (on fils, érigea ledit Con)té<i*Aniou 
1 Duché , & fut le premier qui prit le titre de 
htc (PAniou. Et depuis ce Prince aynnt eflé ado* 
é par Icanne I. Rcyne de Sicile , il fut Roy de 
cile , & Comte de Provence. 
Ce Ko]^ de Sicile Louys I. Duc d*Aniou , Com- 
du Maine &de Provence, eut pourfuccellcur 
D fils Louis II. & celuî-cy fon fils Louis III. qui 
oorut (ans enfàns en Tannée 1434. tellement que '434* 
tte grande fttcceilion vint à fon frère * René , Mémoires 
i avoitefpoufé I&beau Duchefle de Lorraine ; * p. su. 
laquelle lors de Ion deceds , qui fut en Tan 
^80 rfayant qu'une fille nommée Yoland , ledit i^O* 
Dché d'Aniou , & le Comté du Maync , fui- 
nt rinvefiiture de Pan 1360. & par la Loydcs 
panages retourna par droiâ de rcverfion à la 
3Qronne , du règne du Roy Louys XI. Mais 
ràme il n^y a chofc fi certaine & claire , qui ne 
;oive de roppofition ; René Duc de Lorraine 
qui eftoit fils de ladite Yoland & de Ferry de 
irraîne , Comte de Vaudemont, & deiquels 
oc ifibs les Ducs de Lorraine qui Tont fuivy 
!biies à prefènt , ) fit demande au Roy Char* 
; VlU. dudit Duché d^Âniou , fans parler des 
très grandes Seigneuries, pour raifbn delquclles 
tToit fait de grandes pourfuitcs. PhilipfKrs de 
imines Autheur de cette Hiftoire , dit ♦ que le ^ ^. ^ . 
oc de Lorraine René demanda raifon au Roy uvrVhù 
larles VIII. des Duchez de Bar , & Comté de 
OTtncc : Que le Roy luy accorda le Duché de 
r 9 inais pour le regard de la Provence qu'ii en 
oit jugé : &cependantqacledftDucauroitcent 
mces aux defpens du Roy , & une penfîon de 
nte-fix mille livres quatre nns durant. Les Ju- 
s , qui furent les Seigneurs dcCommingcs,du Memoiwt 
10, & ledit de '''Coaiiucs, dcclarerent par leur* rag,^^€. 

Juge- 



300 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Jugement que le Duché d'Aniou & le Con^ de 
Provence appartenoicnt au Roy, IcqacIeDConfc- 

Îucncc de ce Ait dcfchargé de cette penfion. Ce 
ogemcnt fi Iblemnel eftoit fondé fur rancicnne 
GoQftume & obfervancc de France , qui eft, qa*ii 
ny a jamais qu^un héritier pour recevoir fucccqioa 
du Royaume » qui cft le premier fils & pinspro» 
chain héritier du Roy dernier dcccdé : Que pour 
le regard des autres cnfàns mafles paifiiez , Qsne 
peuvent demander aucun partage ao Royanme , 
mais feulement telle part & portion qu'il plaift i 
rhericier luy bailler , plus ou moini , ainfi eus 
bon luy femble: Que Icsenfans mafles dc(cendoi 
des Roys de France fc doivent chacun tenir cou* 
tcns de fa portion qui leur eft baillée .* Et que Ji 
portion de ccluy qui decedcn*accroift point iTaQ- 
cre fon cohéritier , mais retourne de plein dioi^ 
à la Couronne , (bit qn*il y ait plus prochain hoît 
mafle du defcendant que n*eft le Roy , ccnnine 
Il fut jugé par Arreft tres-folemoel ponrleComt< 
de Poiâou l'an 1283. 

Ce qui fi: paflà pour le Duché d*Anioàapiés II 
mort de René Roy de Sicile , & Duc d'Aoion , 
efi notable : Il avoitlaîflfé fon neveu Charles Com- 
te du Maine , qui ne pcnfa jamais i luy fucoçdcr 
au Duché d'Aniou , qui fut reuny à la Cooroo* 
ne s ayant ledit Charles eu le Comté du MsQC 
pour fon partage : ledit Comté fut aufii rcunylh 
Couronne par le deceds dudit Charles , dccedé ûos 
cnfàns » à Texclufion de Louylè d*Aniou & font « 
mariée en la Maifi)n d* Armagnac, Yoland fillcdtt- 
dit Roy René ne fèprefi:nta point pour remooflm 
ce qui cfioit de (es preténfions , parce qu'elleo^ 
en avoit aucunes. Et fi Ton s*enpouvoitimagiiicr 
quclques-unesL , elles efioicntdntoutcontnûccSiO 
Droia François. 

Quand ces Juges enfilent efié deftttuez de celte 
Coufiumc efiablie depuis tant de ficelés, & qu'ils 

D'cof 



SUR LES MEM. DE œM.Liv.Vn. 301 

n^euflènt eu que la donation , ou plutoft l'invedi-» 
tore de l'an 1360. ils ne pouvoicnt juger autre- 
ment •- Car elle eft en faveur des mafles feulement 
nez & à naiibe , & des maflcs ifliis des mafles , làns ^ 
porter un fèul mot des filles , ny des mafles dc& 
cendans des filles ; parconfcquent, ladite Yoland 
& lès defccndans n'y pouvoicnt rien prétendre. 

L'adjudication de ce Comté de Provence à Louys 
XII. contre les prétentions dudit René Duc de 
Lorraine , le voit dans l'Hiiloire de ce Royclcri- 
te par Claude de Seyficl ArchevefqUe de Turin , 
& mile en lumière Tan lôif . in quarto par T. Go« 
defroy pages 177. & fuivantes. 

CoimneencorleTeftament*dc Charles d'Anîou H^^* 
Oomte du Maine, l'an 1481. le 10. Décembre. ^ J***)^**- 
. Et Punion ♦ faite à la Couronne de France du* m^*' *'^ 
dit Comté de Provence par le Roy Charles VIII. • p^^^^so* 
à Compicgne au mois d'Oâobre 1 486. font au long 1486. 
dans lemeûne Livre , pages 436. 437. & fuivan- 
tes , parmy les AmotationT. 

En la page 446. Quelqtas gens de Provence di^ 

foienf , que non feulement la Comté de Provence 

éfpéartenoit au Roy , maïs le Royaume de Sicile^ £ff 

éÊtOrescbofes pojjèd/es par Is maifan d? Anjou , (^ 

qmcUDucde Lorraine n^avoit rien ^ &C. 

DroiS dis Rojsde France auRtyoumede Sici* 1^^ 
le ^ Cy es Comtez de Provence^ de Fered* 
qtikr , ty Terre s adiacentes : Tiré du Tre^ 
firdes Chartes deUvilltitAix^Pan 1484. 
E$ fris fur une ancienne copie efcriti tn Cê 
tmps4A mefme , di fort difficile leBure : 
étvic les mefmes apâfiîlcs aux marges quij^ 
9nt ifié trouvées. 

POurremonflrer, &pour donner â entendre aa 
Roy, à MefTeigneurs les Princes de fon Sang, 



302 PREUVES ET OBSERVATIONS 

& à Meilcigneurs de (ba grand Confal , lesdroiâs 
toas clairs de apparens que ledit Seigneur a en fin 
royaume de Sicile , & en fes Camtci de Proven- 
ce, deForcalquier, & Terres adiaccntes : Voiqf 
ce quia eQé trouvé & porté des Archives d*Aix; 
enfemble l'advis des gens du Confiil dudit Seigneur 
eilàns en Provence , & pour la delcharge de ceux 
qui ont apporté lefdits droiâs. E(t premicremem i 
prcfuppoler pour principal fondement defiiifs 
droiâs, & valider Tintention de ceux qui diiènti 
• 4/ aupart-quc premier * le royaume de Sicile , les Gunta 
^^^^ de Provence, &dcForcalquiervindrentenIanttH 

(bn d'Aniou par mains de filles, cequin*eft vnj; 
car par les cnfaus de France maflcs Comtes d' Anioo 
ruâritt Msrtei lefditcs Seigneuries font parvenues à iceux. Et CiBff» 
M^mdtfrM^^ç^ Mancl enfentde France, & Comte d'Anioo, 
conquit Provence , Forcalquier , Arles , Avtenon, 
& autres appartenances , & vainquit , & tua Muât 
tin , Duc pour lors de Provence , & chaflà les Saïa- 
zins que ledit Marentin avoit mis audit pays dePro- 
vence& Avignon , pour les. faire entrer dedans le 
royaume de France , comme appert clairement ptf 
les Chroniques de France , & autres pluiieurs flh 
thentiqucs efcriturcs , & fut ledit Charles Mfftd 
Seigneur paîfîbicdefdits Comtez. 
«%^ * • Charles Comte d'Aniou & du Maync, fil! <ta 
£î?;c*rfeRoy Louis VIII. &frerede làînaLouys, qoidc. 
M nm. ' puis fut Roy de Naplcs , appelle par le Pape Urbtâi 
quatre, àraydc&fàvcurde rEglilè, vainquit, & 
défit Maufret , hcrctique rebelle au Siège Apofioli* 
que, interdit & excommunié, qui par force & tjf* 
ranniedetenoit le Royaume de Sicile, &rnforpoit 
fur le Siège Apofiolique , & auquel avott misenod 
nombre de Sarraiins , que ledit Charles chaflb boct 
du Royaume , duquel fut invcfly par ledit PapeU^ 
bain quart , & fut Roy de Sicile , & de Naples , ainfi 
que de ce, en plufieurs lieux , endroits ,ChrQniqiicS| 
& efcritures autcntiques appert. Parquoy cft claire- 

mcnC 



s; 



SUR LESMEM.de COM.Liv. m y>3 

ment prouvé , que les Comtcz de Provence ^ & de * 

Forcalquicr , & Terres adiacentes, & auffi le Royau- 
me de Naples , £)nt fouvcrainement venus en It 
naifon d'Âniou par les fils de France , comtes 
d'Aniou qui les ont conquiKcs , & non point par 
moyen de temmes. Mais pour parler des dcuxge» 
neaiogies plus prochaines depuis le temps de Char* 
les Martel , sfin de cognoiflre de fuccefllon en fuc- 
ceffion , & de gtncalogic , lefdits Royaumes , Com« 
tczàL Seigneuries (ont venus , & appartiennent au 
Roy. Le lait eft tel , en vérité, Ildefons Roi a' Arra- 
n, Comte de Provence, & de Forcalquicr, fit 
D teilamcnt, &]ai(IààBcrenguier, (on fils, les 
Comtezde Provence & oc Forcalquier.Ledît Q)m- Tefiamna 
teBercnguierfucccdacfiits Conitt'2 audit Ildefons ^'''^•"' '2 
fim pcrc , & eut ledit Comte Bcrcnguîer quatre c^J^^f^ 
filles , Marguerite , qui tut Rcync de France , tcm- wntt. 
nie de làinét Louys , Eleonor , qui fut Rcync d'An- 
gleterre y Sence , qui fut Conitcflc de Blois , & Bea* 
Sr/jr*^ qui fut efpoufée à Charles d'Anîou, fireredc 
fkinâ Louys, dont dcdiisell faite mention.* Ledit 
Comte Berenguier venant furfes derniers jours fit 
ion ceftament , par lequel il faifoit fcs trois prcmie* 
rcs filles nommées , héritières particulières en ar- 

Ent, &à Beatrix , Comteflc d*Anioa , laillà les 
^mtez de Provence, & de Forcalquicr , en luy Têfâmêiê 
Ihbltituant le premier né de fes enfans malles, &* '^p 
mu dctàut du prunier, le fécond maflc, & ainli dc^*''*' *^''" 
inaflc en malle, gardant Tordre de primogeniture, 
tons autres fi]s& filles de ladite Beatrix exclus. Et 
fi ladite Beatrix mouroit (ans enfans malles , & une 
de les lœurs avoir enfant mafle , il (ubOituoit ce 
malle, exciufe la fille de ladite Beatrix, & fi après 
la mort dudit Comte Berenguier , il n'avoît point 
d'enfans malles , il le faifoit fon héritier , en caDbnt 
la fubflitution de ladite Beatnx. 

Ladite Beatrix, Comtelfed'Aniou, fnccedaeH 
dits Gomtcz, au Comte Berenguier (on père » & ve« 

aaat 



«M««« 



504 PREUVES ET OBSERVATIONS 
• d. dernier oant au* déclin defes jours fit Ibn teftament, pç 
tUSarix^êm- ^^9^^^ à chacun de fes enfàns y dont elle en avoît 
fiffi tt^Zû^ plufieurs , laiffa par droit d'inftitution certaine clxh 
& de frfVM-îè de laquelle vouloit qu'ils fuflènt contens ^ ûos 
ct« pouvoir plus rien demander : Et Charles d'Ankm 

Ibn fils aifné, fit (on héritier univerïël en (es Corn- 
tex de Provence & de Forcalquicr , en luy fiibfii* 
tuant, s'ilmouroit fans hoirs , fcs frères mafles, 
Tordre de primogeniture tousjours gardé : Et fi tons 
xnouroicnt , les enfàns mailes qu'elle auroit apiâ 
là nK)rt, fi point en avoit , en gardant Tordre de 
primogeniture, en défaut de tous tnafies Ibbf&ni 
ûfillc^Ianche. Ledit Charles , fils de Charles & 
de ladite Beatrix , après la mort de fès pcre & mè- 
re , fucceda à ladite Beatrix efilits Comtez de Pro* 
vence & de Forcalquier , & à fon perc audit Rojwi* 
me , & fut ledit Charles nommé en la geneidqgie 
de Provence & du Royaume Charles iccond , & 
fut intimlé Roy de Sicile ; car Beatrix fà merc, nefi 

gedcceileurs , n'avoient jamais rien eu andit 
oyaume.Ce Charles venant fur fes derniers jours 
fit fonteftament , par lequel il fit Ibn héritier nni- 
verfel en tous fès Royaumes & Comtez de Phh 
vence &de Forcalquier , Robert fon fils, &apcft 
luy lès enfkns malles , Tordre de primogcDinue 
2Î|SJ^ jLobfervé: Ordonnant qu'en cas que le Royaume, 
4»SkilÊ^ '*cnfàutedemafie, vint en mains de fille ,,qoe ja* 
mais pour ce n'y vint , mais que les malles excln^ 
fènt les filles , non Iculemcnt en ligne droite , mail 
en ligne tranfverlàle , & que le fils du firerc vint i li 
fiicccfiion^ fbrcluant la fille, toafîours Tordre de 
primogeniture gardé, en prohibsuit toute detraâioa 
de Quarte Trcbellianique. 

A Charles le fécond fucceda le Duc Robert fiA 
fils, lequel Robert eut Charles, DucdeCalabct^ 
nommé Charles le tiers , & de Charles Duc de O 
labre vint leanne qui eut pluficurs enfàns , & lof 
vivant , Charles Iba fils mourut , furvivant lidb 



LESMEM.DECOM. L17.VII. gof 

e. Le Roy Robert venant à la mort fit foti 
it , auquel fit fbn hcriticre ladke leannc, 
on fils y en tous &s royaumes & Comtc^ 
cQce&deForcalquîer, & ordonna que le 
é de Napics , & la Comté de Provence fut 
(iours unis enfcmble. Item , Que te pays 
ence jamais ne iè peut divifcr , cncores 
ifllènt beaucoup dVnfans en la fucceffion 
, & fubfticua à ladite Icanne une autre four 
avoit tn prohibant dctroâion de toute Quar* 
eilirinique. 

s la mort dudit Robert fucceda ladite lean- 
Qt intitulée Rey ne, pour ce qu'il n'y avoît 
n ligne dcfcendante & collatérale qu'elle & 
qui luy cftoit fubilituée : Et en cette leaii- 
la première généalogie de la lignée de Sainâ 
or advint que efi^nt ladite leannecnfàifine 
>yaume , & dc(ciits Comtez , Terrés , & 
iries , d'autant que filles par les ordonnant 
[iifdites n'y pouvoient fuccedcr , où eftott 
& par ce que elle qui efloit femme, &deux 
qu'elle avoit n'cdoient pour dcfièndrc leP- 
dgneuries, lefquelles Charles de Duras (bn 
k fubjetenvahiâbit comme rebelle au pays 
it à l'antipape , & entretenant le fchifme, 
c afin qu'elles ne viniËnt en divifion, efclan- 
guerre, & autres grands inconveniens , afin 
les retourner en main d*homme, & qui fut 
pc Royale, dont elle eftoit partie , qui cft 
bn de France, comme par la deduâion ja 
>ert , arrogea & adopta Louys Duc d'Anjou 
buraine, Comte du Maine, &filsdaRoy 
! France y lequel elle fit (on fils , & héritier 
c défaut d'elle en fcfdîts royaumes & Sei- 
rs, & en défaut dudit Louys , nommé prc- 
n cette généalogie Louys d'Anjou fécond 
j, &fcs fils rprdre de primogeniture gardé,' 
telle arrogatiopaveclefdites conditions , le 
fcll. V Pape 



3o8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Ctnt tmêgé- ^^ vivant ledit monfîcur Charles ton fils armatiff 
fion & its & légitime , le déclarant fon héritier univerfel & 

t«*pv«wl«'î^''^'"'^^^ Duc de Calabrc, & comme à tel avantfi 
î!J^,}*jïî",^jJmort, lors comme pour après luy , fit prendre & 
9tu nunféit rccevoir les hommages & ferment de fidélité p« 
dêutt. les gens d'Eglife , Nobles , & Communes de ?t» 

vence , avec les fblennitez en tel cas requifcs & ac- 
couftumécs. Ledit Roy René pour pi os clairement 
remondrerfbn vouloir, & mieux enfuivre le vou- 
loir & la difpoiition de les predecefièurs , fit fin 
teflament en laprc(cuç(îde plufîeors gens de bicocn 
bonne forme & deuë: auquel fit fcS filles Jieritiaci 
particulières , en défendant que autre choie ne 
Cê Tffiàmnt peuQcnt demander , Monfieur de Lorraine fils de 
'^ '" i* P"^' fa filîe aifnée fon héritier particulier en la Duché 
iîw fi^ritw! ^^ Bar. Et en tous fcs Royaumes , Comtcz, ter* 
'rcs& fcigneuries, droiâs&aâioQS,& autres ineff 
quelconques , fit fon héritier gênerai & univerfil 
ledit Monfieur Charles d'Anjou Duc de Calahe 
fon neveu & fils : Et en ladite volonté non fillI^ 
ment pcrfcvera jufques à la mort; mais peu avant 
qu'il trcfpaflàt, jnçoit qu'il eut fiiit Ion ccftamcnt 
çn bonne fanté de corps & d'entendement , decl»- 
ra de fa bouche en prefence de plufieurs gôis de 
bien ledit Monfîcur Charles Duc de Calabre lÔD 
héritier univcrfel , comme dit elh 

Mort ledit Roy René , ledit Charles Iayfllec^ 

da efdits royaumes , ComtezÀ Seigneuries :De£ 

dits Comtcz prit la (àifine & réelle poflèflion, & 

en receut les foy& hommages de fidélité des^ 

dudit païs tant en particulier comme en gênerai i 

& fût poflèficur defdits Comtcz julquesàfanoott: 

^netartie it^^ Venant ledit Roy Charles à mourir, ficfi>nt^ 

e»''T,jiéuLnt ftament , par lequel fit fon héritier univerfel le 

cjf .y^efmsêu'Roy Louys XL du nom , perc du Roy Charles 

fimûit zii. VIIL Et après ledit Roy Charles VIII. quîcft» 

prefcnt, lors Dauphin , & la Couronne de FiaO' 

ce , connoiflànt que ladite fucceflion apparttnoit 

à ladite Couronne. . Mot 



SUR LESMEM. DE COM.Liv.VII. 309 

More ledit Roy Charles de Sicile , le Roy Louys 

i» que Dieu abfolve, comme héritier univerlel 

i premier lieu, fucceda & prit la faîfîne& réelle 

>flèflion defdits Comtes de Provence, de Forcal- 

lier , & Terres adjacentes : & rcceut des gens Maijfn iCn^ 

rCdits païs les foy & hommages de fidélité , ^^^[[l^^^^^J*^ 

i gênerai comme en particulier, par le moyen de J^'J[^^'' 

onficor de Souliers , pour lors Ion Licutcdant 

ïneral & CommiiBiire à ce député , & defdites 

dgneuries & Comtez a eQé ^aifible poIMèur juf- 

le à fa mort. 

Mort ledit Rof Louys, de bonne mémoire, a 
iccedé efditcs Seigneuries le Roy * quieil àpti^'^c'ejioitcbéifm 
vt , comme Roy de France & comme héritier/" ViU- 
iflitué au ftcond lieu par le Roy de Sicile, & efdits 
!omtcz a eu& tient la faifîne&paifiblepoflcffion, 
: a t€ceu les hommages & fermens de fidélité des 
ZD» dudit païs tant eu genetal comme en particu- 
er , qui pour ce faire lont venus devers luy en 
rancc^ &il les y a benîgnement receus , en leur 
onfirmant leurs privilèges & libertés , & autre* 
icnt en di^fàot comme de fbn propre héritage, 
: comme tel Ta tenu , tient , & poucde paifible- 
lent &fans contradiâion* 

Par leiquelles raifbns & caufes confilhns en 
lia , vrayes , fz clairement prouvées , e(l appa^ 
cnt & notoire que toute ladite fucceffion de la 
rlâlbn d'Anjou & duRov Charles de Sicile, dcr- 
lier trel{>afré de ladite Maifon , eft & appartient 
ar juftc titre au Roy , &à la Couronne de Fran-# EiUs^atfpti^ 
e , &nonà autre. /•;> Yolande 

Et pour ce que vivant Madame de •Lorraine,/''» <if R^^^' 
i encores depuis fa mort , fcs gens ont voulu ^^^^JÎJ ^'^f 
ire ^ que puis que les Comtcz de Provence , & ?/„/, âTv^A 
e Forcalquier font venues fouveraînemcnt à \vLdem»nf&m€t^ 
laifon d'Anjou par femme 5 c*eft à (çàvoîr par ^ ^^^ ^ 
leatrix fille du Comte Berengcr , au moyen du ^^^^ ^ ^^ ' 
lariagc qu'elle eut avec Charles d'Anjou, fils du 1471'. 

V 3 ïvoi 



31 o PREUVES ET OBSERVATIONS 

Roy Louys VIII. & frctc du Roy fi|mâ haap, 
Item , Que depuis finie la lignée du Rqy ùSiaSt 
X^uys , cette fucceffion eft venue & ntQumée » 
cnfcmblc le Royaume de Naples à la nuiilbn d'An- 
jou , par Tadoption ftitcpar la Reyne Icanoe i 
Xiouys premier , fiU du Roy Ican de France , & 

Î'[ue par coqfèquent , elle doit & pcat venir ilà 
ufdite Madanx; de Liorriaine , &lt du ^y Ke? 
fié , veu que ledit Roy René n^avoïc enfàni plai 
prochain , & quMle efiibn aiûi^, poisquç ack? 
trix , & leanne , qût font femmes, y ont fncce^ 
^é. ËtpourpInsfbrtiÇer IeurrailGtfiàcequ*ilftpiiir* 
(ènt conclure à leur intention , qveencpres qa*il 
y eut eu ina|lcs , fille y a hérité , di&ns que d9 
femps de la Reyne leapne , Charles de pons ^ 
& Lancelot en edqiénç en cflre , gui cfioiént dup 
(les , &dc la (bûche o) ligne trapurerfiaie, ftioih 
tcsfois la Reyne leanne fucceda. Diûns de plQSf 
Çue le Roy l^oujs (ècoqd pt Tefâment , aqqpd 
il fit héritier fondis Louys le tiers , & Iny moo- 
rant (ans hoirs , fubftitua René & les nens , ^ 
que an nombre des fiens efi Madame de |iOnii* 
ne , qui doit fuccedcr comme plus i^och«oç,4 
di(cnt que ledit René fucccda par vertu dudit 16 
ftament« Encpres difcnt , que fi le Roy René 4 
fait fon héritier le Roy Charles, au prejiidiqeëell 
fubftitution du Roy Louys ion p:re , ft de II 
liifdite Dame de Lorrjunc, il nera peQftir& 

Au prcaiicr& fécond defilits jpoinâs cO jmfts 
refpondu; par ce que dit eil de Charles Mnrtdqp 
conquît Provence , & de Charles d^Aniou , qoi 
conquit le Royaume de Naples furManfrcd ^ an- 
quel Royaume Beatrix n'auroit jamais rka eOt V 
(es prcdeceflèurs n*y avoient jamais rîca eu « ne 
leanne encorcs n'efiqît pas née. Am, Quand Bc^ 
trix fucceda es Comteï de Provence , qe fut pir 
1 cfbment, & par faute de fils , &par fçlle con- 
dition qi^ fi le Cpmcç Bcrenger a?oit ^s^oaTor 

Vf 



SUR LESMEM. DE COM.Liv. VU. 311 

ne de fcs autres filles , fils , elle eltoit privée de 
ladite in(licutk)D , ce que ont eofuivv tous les au- 
tres , juiqucs à la Reync Icanne , ot depuis elle 
cft venue de maflc en malle en enfuivant la diTpofi- 
tion & volonté des tcftateurs , & de droiâ com« 
mon qui dépend que fille ne puiflc fuccedcr infeu^ 
4mm ^ & icmblablcment Accéda la Rcyne Icanne 
au Roy Robert fi>n grand père par Tcilamcnt^par* ^' ^ 
dcâuc de mafles. Au tiers poinâ touchant Charles 
de Duras. & Lancclot en alléguant leur droîâ , 
ils dechafleoc la Rcyne leanne , & par confcqucnt 
leur droiâ . car ils ne peuvent prendre cau(c que 
d*el!c , & fc peut repondre en outre qu^ils eiloient 
hérétiques , rebelles au Pape , tenqs & rcputez ci- 
vilement morts & incapables aufdites fucccfiions, 
cx)mme appert par invcdituredudit Pape Clément, 
& par ainn ladite Icanac fucccda par défaut de 
nuÛQes, &parTc(lamcnt de Ton grand pcre, con;i- 
bien que ledit Duras luy en fit guerre. Et s'ils vou« 
loicnt induire que ladite Reync leanne ne pût di& 
pofêr dédits Royaumes , Terres , Comtez , 2c 
Se^eorics , comme cUc a fait , ils argucroîcnt 
contre eux mefines ; car ils n*y peuvent attendre 
aucun droiâ 1 finon par ce moyen : & s'ils confef- 
ftat qu'elle le pouvoit faire , ils n'y ont doncqucs 
rien par l'ordonnance du Roy Charles fécond , 
tfontdefliis eft faite mention qui enfuivoit en telles 
volontcx du Comte Bercnger fon grand père , àf, 
de Madame BcatrixTamere , & parles conditfons 
inlcrées es adoptions des Roys Louys premier &^ ^ ^ . 
fécond I ou leanne * dejcâe (es propres nicpccs : ' '^^ 
parquoy eft aflc^ évident que fcs predeceflèurs , ny 
elle n'euficnt voulu que les filles ou nicpces de fcs 
lacceilcurs euflènt fuccedé plus que les Iqurs pro- 
pres , & en ce a fait Ion devoir , en enfuivant la 
volonté de fcs predece0curs ladite IcannC , & fe 
conformant au droiâ commun. Au quart poinâ 
doTeftameut du Roy LqUys fécond^ il ne porte 

V 4 paiut 



3U PREUVES ET OBSERVATIONS 

point de préjudice au Roy , ny ne relevé en rica 
Monlîeurdcjl^rrainc; car (i le Roy René, aupK- 
j udice de ladite fbbfticution faite par le Roy Louji 
fécond , en préjudice de Madame de iJorrainc, 
^ui clt au nombre des ficns I n'^peu , nydeu faite 
héritier Moniicur Charles d'Aniou fbn ncpvcu, 
& fils adoptîf coutredifant par la mefmc raifirâ le 
Roy Louys (ccond , contre Tordonnance du Com- 
te Bcrengicr , de Bcattix , Charles fécond , le Rot 
Robert , & Jeanne fes predeceilèurs , & de droia 
TePM t9ien commun en préjudice de fcs cnfans mailcs d*Anioa 
iH^i piuTju- fcs fucceflcurs , fx utroque l^uere , n'a peu firiie 
tt trnmftrre ladite fubditution , & par conlèquent elle ne vaqt 
\nw haèeat. rf^n ; car il ne pouvoit plus transfacr de droiâ cp 
autruy qu'il n'avoit. Itet?fy iiC Roy Louys ftcond 
fut troublé audit Royaume par ladite leannellc la- 
quelle cftoit fille de Charles de Duras ,& comme 
dc/Iùs clt déduit, depuis elle adopta leKoy Lonys 
tiers du nom , lequel fucceda eulits Royaumes & 
Seigneuries, non point par vertu du teltamentda 
Roy Louys fonpcre, mais parles fubdituriousdc 
fts prcdcccflcurs , & par l'arrogation de ladite 
leannellc, & par ainfl gardant Tordre de prîmogc» 
niturc , fuçcedant ledit Koy René audit Roy Looys 
fon frcrc, & n'a peu ny dcu dîfpofcr comme il'a 
fait : cur aufli quand il en eut difpqfé , la fucccf- 
iîon venoit de droîâ audit Roy Charles de Sicile, 
Maisprefuppofé ce que dit cil, qui: la fubflitotioa 
ftîtc par le Roy Louys Ibcond cuft lieu , ce qoi 
n'cftpas, il (cpcut dîrc que par laraifbn que au- 
roit Madame de Lorraine à fuccedcr à fon ^(xt 
René , fcroît auffi adinife la Rcync Marie à fon 
frcrc Louys tiers mort fans teflament 2 Sembla- 
bîement Charles d'Anjou fon frcre, quippurdcux 
partits , ainfi à Renç n'en fcroit dévolue que la 
tierce partie en laquelle la Rcync d'Angktîtrc y 
avoit la moitié comme des fiensi & p.:rce que le 
Roy fuccccjc aufdits Ma^-'c , Cha^-Jcç ^ Reyne d*An- 

I* 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VII. 313 

Î[lctcrre, ladite Madame de Lorraine n'anroiten 
adite fucceffion que lafîxiefmepart, & le Roy les 
cinq. Or eft ainfi , que par difpofition de droiâ 
coinxnun, &p3rlcste(&mens& adoptions dcfdtts 
Roy & Rcyne Robert & leannc , les Seigneuries 
defliifdites font indivifibics , & les hoirs infticuez, 
ne doivent avoir nom de hoir en vain: s'enfuît par 
confèoucnt que ladite Dame de Lorraine n'y a 
rieo. Et prefuppofé qu'elle y eut ladite fixicOne. 
partie, comme Duchefle de Lorraine, elle efi at- 
ténue au Roy pour grandes fommes de deniers , 
tant pour argent baillé par le feu Roy Charles VIL 
poorlaconquefie du Royaume dcNaples au Duc 
lean : à luy par le Roy Louys pour la conqutftedc 
Catalongne, à luy pour le mariage de Madame 
Anne avec le Duc Nicolas , tant en Languedoc, 
Thouars , Pcfenas , que ailleurs à Monfieur de 
Lorraine qui c(làpre(ènt pour le recouvrement de 
â Duché qucMonfîeurdc Bourgongne luy avoit 
levée, qui montent auffi plus que ne pouvoît va- 
loir ladite fixiefmc partie. Et (è elle vouloit dire que 
les Ibmmes cklfufditcs font hors de ladite fuccef- 
fion i & que fur ce faut intenter aâlon , ny em- 
pefchent en ricnledroiâ de ladite fucceffion : Se 
peut refpondre , que fî Madame & Monfieur de 
Lorraine avoicnt aucun droiâefdits paVs , par les 
forces , & violences qu'ils ont faites en iceluy vi- 
vait le Roy Charles , & y faifans entrer apport d'aiv 
2T10S avec leur cry & bannières , fans (bmmer ne 
reqqerir par Jufticc ledit Roy Charles fi aucunes 
chofcs luy vouloicnt demander , parla Couftume 
dont lefdits Comtés fe gouvernent , ils ont perdu 
Icpr droîa, fe point yavoient, & avec ce on leur 
refpond quelc Roy eftftifi defdits Comtes, Païs, 
• & Tcftes adiacentcs , & en cft en paifible poflcffion; ' 
M^is'i outre ce que dcflîis eft dit , le Roy peut 
■ quereller & demander à Madame & Monfieur de 
liornuoe ce ^ui s-enfuit. Il e(l vray que après la 

mort 



914 PREUVES ET OBSERVATION» 

iTiori du Roy René Moofieur l'Evelque de ToQkv 
die au Roy Charles de Sicile , que après que Icdk 
Roy Rcué de Sicile eut une fois tiiit foD teitamcDtà 
S.KcmycD Provence, il 7 eut aucun qui luv<fe- | 
imnda s^'l avoit oublié fa fille Ifi Rcyne d'Awetfl^ 
je, & il rc(poudit que otfyj car ii n*avoit dequof 
la pourvoir ; & l'^iurre luy dit , Sire , à motMS wefotF' 
vez vous que delu^ laiffer fa vie durant la DuM 
de BoTj &lors il dît qtt*il & doutoît que apcâ fi 
mort ladite Duché retoumeroit i la Couroone; 
car feu. monficur le Cardinal de Bar la luy avoit 
donnée avec cette condition , en fâijGint le xnarii* 

Î;e d'entre luy & la Rcyne Uàbel fille du Duc Char- 
esde Lorraine ; Dciquellea jparoles le Roy Our- 
les de Sicile par firs Ambaifideuirs envoya aiveitir 
4/ Guife u ^^ ^^y I^uy^ 9 auquel ils dirent , prcfcnc monficv 
ntttr'éia de IcMarelchal dc^Gié, & autrcf gens de bien, ])^ 
nuLùéiieiuRêy puisaprésquc le Roy qui dl aujourd'huy , a mtn- 
^r"*^ {' eTu^^ qu'on loyportaft de Provence tout ce qui feoît 
ch!^ùr/lies* P^ur lès dro'âs , on a envoyé audit £yA.Tqae<le 
c»mt€s k Bat, Toulon pour CH avoir la juftification 9 & il en a 
Uàit Centrera refpondn par cfcrit autant de mot à inot , comme 
u Smh^ffe diàcOm dît eft : La vérité s'en doit trouver par le 
Uéir fi dm Contrai^ de mariage , lequel doit eUre en la Cham* 
tnuvir «f U 5rc dcs Comptes à Bar : Et fi le Contrat dcma- 
$5jJ^^y;,riagc porte ladite donation, leD^chéde Qarcftto 
MémedêFrMni Roy ; & s'il nc Ic porte, à tout le moins le Roy 1 
tefiif du Rêy ùâionfur ledit Duché pour la rcftitution du mirii' 
'^t'inulî!* ^^^ la Duchcfle de Bar , qui fut fçpur du Roj 
à Rêknt cem- Charlcs V. dc France , pource qu'elle moontf 
r#. pun Due (ans hoirs& (ans tcdament comme on dit ; &(b- 
^ ^' on que ledit mariage eft de bien grande foawnc. 
Item , Au moyen du mariage fbit entre le Roy 
1431* ^^^ ^ ^^ Rcyne Y(àbeau fa femme fille du Doc 
Charles de Lorraine , pour ladite Duché deftodiCi 
le Roy René eut guerre avec le Comte de Vaode* 
1436. niont Antoine frcre duditDuc Charles deLorni- 
ne , en laquelle fut mé lâ^f(v;Q dc 6arba(an, & 
^ Isdil 



$V% LES MEM. DE COM. Liv. VII. 31^ 

ledit Roy René prifonnicr ; au moyen de laquelle 
pciiba il perdit le Royaume de Naples , la ville du '44j • 
Val-de-Caflèl (ituée en Flandre, la penfîon que le 
pQC de Bourgongne luy faifoit , Si paya grande 
rançon ; defqueUes chofcs Madame & Monficur 
^ lorraine ferpîent tenus au Koy comme héritiers 
de la Maifon d' Anîou. Plus eft à noter que le Roy 
Charles de Sicile depuis tre/paffî , prit à femme 
l^adame Jeanne de Lorraine , fille & fœur de Ma- 
dame & de Monfieur de Lorraine , auquel corn- ^* *f»^-^ ^ 
hic af^>c|t par contraâpaiE (bubs les Sc^uxde la uVow'dA 
CourdeTroyes eu Champagne, ils pTomircnt Senuxtiest^n* 
-{xiur le mariage de ladite Dame trente mille cfcus/»^*^' * "^^^y^ 
dont ils en payèrent dix mille : plus promirent trois ** ^^'*'^"'« 
mille li\rres de rente en Chaftelleniês , Jurifdiâion 
baote, moyenne & bajjède prochain en prochain 
an Royaume de France , le tout revenant franc â 
ladite femme, fïafz, aumofhes, & gages ^*O0i-^^J^^ 

çierspaye2 : &jufqucs au payement deidîtescho-^^^Jfr;^ 
fcs , & aJQiîgnats de ladite rente , payer certaine /«y m U 
pcnfion ; moyennant laquelle conftitutîon elle re- ^**'^''* ^' 

pmç à biens paternaux & matcrnaux aveclacon- j^^JÎ!" ** 
ditton qui aprds s'enfuivra , Icfquels trois mil li- s^mmd^ 
?rcs fe Revoient bailler incontinent après la mort ^'•» f^^* f^ 
4e Madame de Harcourt , & en cas de refus ou J^^JJ^yfJ^jJÎl' 
^elay , après dcucs lommations , ledit feu Roy né //. dhç de 
Charles, ou (es héritiers (iicceflcurs, &ay^scau- ^rwm. 
le de luy, pouvoi^nt demander partage en biens 
paternaux & matcrnaux, nonobflant ladite renon- 
dation. Et pource que les pendons n*ont point 
cfté payées , ny Taflignatîon de trois mille livres Vixtréia 4$ 
baillée, & que la fommatîon a cité deuëment fai- *^* ttfiAmmtt^ 
te â mondit Sieur de Lorraine par ledit Roy Char- 'iff^, ^f 
les , veu que ladite |leync Jeanne de Sicile eft Pr*»wi. 
trcfpaflëe , faft par elle premièrement tcftament, 
où elle fait hcritict le Roy Charles fou maryi elle 
furvivant, & ledit Roy de Sicile a fait (on héritier 
|l}ii?ç^cl le ^çÀ ^ ïi pçut dcniondcr partage en Lor- 
raine, 



3i6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

raine, Vaudemonti Harcourt, & autres biens |Mh 
tcrnaax & xnaccrnaux de ladite Rcyne de Sicile, 
pour autant qu*il luy en pourroit toucher tant de 
droiâ que de Coufiume. 

Et pourcc que ceux qui ont apporté ces droiâs 
font partis de Provence, &qu*i!sont efiéadvertis 
emolret que le Roy d*£fpagnc envoyoit devers le Roy pour 
p^« 4if. luy demander * leKouffillon , ils ont haftivemcnt 
'*•**•• fait extraire des Archives d'Aix aucuns petits me- 
nus articles qui fon^. à la fin de ce Livre , & ?m 
d*eux a fmt un petit difcours en termes Latins : 
Enfcmble les arbres des Genealoj^ies'dontcy-def- 
lus eft faite mention , lefquelles ils prefèntcnt en 
toute humilité , fupplians quil plaile au Roy, &} 
Meflcîgneurs leur pardonner,^ leur bailler IcRec^ 
picé de ce qu'ils leur baillent, pour leur defcharge. 

Apporté de Provence en la Chambre des Conip» 
tes à Paris an mois de Juiiict 14S4. 

L*Authcur page 621. dit ces mots , Mais k 
Maifon d'Aniou , dont le Roy a le droiét fur Néh 
fleSj doit aller devant celuyctArragoH y &c. 

Le Royaume de Sicile deçà le Far, c^efl le R»ya^ 

me de Naples. 

Et le Royaume de Sîcîîe delà le Far , cVft rijltk 
Stcile , autrement nommé le Royaume de Trisucrie, 

Pages 407. 4ZI. 42.6. 447. 45-9. & ^6f, JeD^ 
& la DucheJJh de Bourbon , '&C^ 

TraiElé de marUge de Anne de France filUiê 
Roy Loujs XL avec Pierre de Sowbeti 
Sieur de Beaujen , depuis fécond du fM 
Duc de Bourbon , le troiftefme jour de Nh 
vembre 147 3. 

PIERRE de Bourbon Seigneur de Beanjeu , A 
tous ceux qui ces prcfcntes Lettres verront,Sa- 
lut. Comme puis nagucrcs nous avons tres-hum- 

b!c« 



, SUR LES MEM. DECOM. Li?. VII. 317 

bicmcnt fait fupplier & reouerir à mon tres*rcdoucé 
& Soavcrain Seigneur Monfèigncur le Roy , qac 
fbn plaifir fuit nous ràire l'honneur de nons baîUer 
par mariage ma trcs- redoutée Dame Madame Aq*- 
nc de France fa fille ai(héc: Surquoy iceluymoti 
tres-rcdouté & Souverain Seigneur rcduilànt à mé- 
moire l'ancienne confanguinité& afiSnité que no* 
flrc trcs-rcdouté Seigneur & ftere * Monfeigncur«/M«//.0^ 
le Duc de Bourbonnois & d'Auvergne , nous & '^ ^•«f*i» 
nos predeceflèurs de la Maifonde Bourbon , qui 
cft extraite & defcendue de la Maifonde France , 
ont toufiours eu , & qu^nvons à mondit Seigneur 
le Roy & à fes predeccûèurs , & les lèrviccs à eux 
fiiits par nofdits predcccfllurs , AyansauSire^d 
i ce que feu mon trcs-rcdouté & Souverain 5ei- 

SDCur Monfeigneur le Roy , que Dieu abfolve , 
nrant (à vie bailla par mariage ma très- redoutée 
Dame frfœur Madame Jeanne de France tk fil* yuimt ù 
le , à noflrcdit Seigneur & frère Monfeigneur le FroHafiHe dm 
Duc de Bourbon, perfcverant en fcmWablevou-*/;^ ^é^^ u 
loir & aficâionpour confîderatiôn de la finguliere j^^yn» m^u 
amour que de fa grâce il a à nous & à ladite Maifbn <^'^«m» fim 
de Bourbon , voulant îcelle approcher de luy &*^*^ 
traiter en plus grande faveur , eu fur ce advis & 
délibération avec pluficurs des Seigneurs de fbn 
Sang & lignage , & gens de fon grand Q)n« 
lêil , pour les caufcs & conliderations dcflhfdites^ 
& plufieurs autres à ce le mouvans , ait aujour- 
d'huy voulu , confènty , oâroyé & accordé ledit 
mariage , & icellc Promifc à nous bailler à femme 
& cfpou&. SçAvoiR FAISONS) Que nousrecog- 
noifuns lefdltes chofes , & le grand honneur que 
mondit Seigneur le Roy nous fait en ce faifant ; 
defirans de tout noflre pouvoir la perfeâion & ac- 
compliflcmcnt dudit mariage, &en toutes chofes 
accomplir fon vouloir & plaiiir , avons audit jour- 
d^huy de nodre port voulu , confènty , & accor- 
da , voulons , confrntOQs & siccoxdons par ces 

prc- 



3i8 PREUVES ET OBSERVATIONS 
prcfcntcs ledit mariage , &icelle Madame AnM 
de France avons promis & (i^inettous de pmidie 
à femme & cfpoufe , & en aire & (blennifo la 
nopccs & eipoufailles en face de (àinâe Eglife j 
tomesfbis que fera le bon ptaîfir de mondit Sci* 
gneur le Roy , & avons agréable le dot qneniGih 
dit Seigneur le Roy.loy a conffitQé& ordonné de 
cent mil elcus d'or ponr une fois , à iceux payer 
à trois termes , à chacun terme la tierce partie ^ 
dont le premier terme (cra dedans l'an de la fih 
lenninî des nopces ^ 6l les autres deox termes & 
payeront es deux années prochaines cnlhivans co 
chacune année le tiers defilîts cette mille cfiusj de 
laquelle (bmme de cent mille efcus nous demeih 
rera , & aux noflrcs la tierce partie qui n'elctoi- 
ra point en reftiration , & les autres deux tiersfi* 
ront le propre héritage paternel de madite Dune 
Anne , & le pourront elle ou fis cniâns & heth 
tiers recouvrer fur tous nos biens au frtfrasa de ce 
qui en aura efté payé , au cas que lefilits dent 
tiers n*auroient efte employer en acquificidnde 
terres ou héritages , & s^'ls y avoient efié eoh 
ployez , il fera au choix de madite I^me Anoc, 
& des (iens , de prendre lefciites terres qui en ao- 
roient eflé acqnifcs , ou ladite rcffltution defîils 
deux tiers d'iceux cent mille efcus , comme dk 
cil ; & aufïï aura & prendra < au cas que noos 
irons le premier de vie i trefpas , lafommedefix 
mille livres de rente pour (on douaire , durant le 
cours de fa vie , félon la couftume des pays oà 
l'affiecc (cra faite ^ Icfquellcs lujr Crrom affi(cs de 

Prochain en prochain es meilleures & plus daini 
>rrcs , Seigneuries , revenus , & bienS immeih j 
blés que nous avons I & qui nous peuvent épreifat 
competer & appartenir , &auflî fur celles qui |ar 
le temps advenir nous appartiendront , compete* 
ront , fi pourront obvcnir par lucccflion , appt*' 
nage , acqueil , ou auaement ; en quelque ns- 

oieie 



SORLESMEM.de COM.LIV. VIT. 319 

mère que ce (bit, & feront icelles fix mille livres 
de rente logées & hébergées des Places , Oia* 
ftcins. Villes ) Fortcrcffes , & Maifom quiap- 
panicndront efditcs Terres , & Seigncories de la* 
diieafiiete^ Iciquelles Places, Villes, Challeaux^ 
Fortcref&s , & Mailbns de ladite affietc demeo* . 
refont es mains de maditc Danœ Anne dorant le 
cours de Ci vie. Et parce prcfcnt Traité , entant 
qai noos peut toucher , a pourra pour le temps 
advenir : Avons voulu & conftncy, voulons & 
cooicntoos cxpreflèment , que toutes les Duchez , 
Gomtez , Terres , & Sdgneuries qui (bnt à prc- 
fint CD la maîfon de Bourbon , qui tant par l'an- 
cien appanoge de France , que par les Traitez des 
marii^ de madite Dame & fœur Madame Jeanne 
de France, avec noflredit Seigneur & frère, &dc 
fèoë noftre tccs-redontée Dame &ayeule Madame 
Marie, filledefcu nolire tres-rcdouté Seigneur &^^^^^^^ 
OQcIe Monièigneur le Duc Jean de Berry , avec ubtedlM^^f. 
ka noflre tres-redouté Seigneur & ayeul paternel /«< •fik*ut di» 
Monfii^EKur le Duc Jean de Bourbon , ftparau-^" •a^'^'" 
ftt» TrateK quelconques ont cfté mifcs comme .t^jl^'^*^, 
leniies en appanage, ftqui par Icfdits Ttûkei^m'unifiiu 
ioirat retourner à la Couronne , retournent it^^mmit su. 
moDdit Seigneurie Roy , & àfcs fucceflcursRoys^^^^/^'^ 
de France , an cas que nous irons de vie à trefpas //.' j^ *^" 
Sua hoirs maflcs de(ccndans de noôre corps en s^uthon , ^ 
dcoice lignée en loyal m^tngc , & auffi monditp'»''')^«^^< ^ 
Seigneur le Roy a voulu & confenty que au **'*' 
eas que noftredft Se^neur & frère iroit de vie 
4 ttd^ , fins hoirs mafles defcendans de fà 
Chair cndroite lignée, en loyal mariage ^ que noua 
te fiofiibf hoirs maflcs delcendans de noâre chair & 
lOfaimariage , (iiccedions&puiilionsfuccedcr en 
tontes & chacuncs lefdites Duchés , Comtez , Ter- 
cet êc Seigneuries dciScifilites, fans toutcsibis en rien 
prejudieier ne déroger au douaire de Madame & 
t«or Jeanne de France , DucheHc de Bourbon , ne 

en 



320 PREUVES ET OBSERVATIONS 

en lafcuretédcschofes traitées en lîmdit mariage, 
tant pour elle i que poar les hoirs qui d'elle defcen- ^ 
dront , fi aucuns en avoit, &aufli voulons, cod- 
foitons, & accordons expreflèment , que les hoirs 
qui descendront de maditc Dame Anne de France , 
& denous,aycnt tous tels fëmblables , & pareils 
advantages en tous nos biens, & meubles , &iiiv- 
meubles , Terres & Seigneuries quelconques de 
noftre fucccffion , que par le Traité , & contraâ 
dudît mariage de noftredit Seigneur & frcrc, &de 
madite Dame & fœur Madame Jeanne de France 
fa femme , a elle accordé pour les hoirs delccndaos 
de leurdit mariage , & que cettuy noflre prefcnt 
coufentement foit de telle valeur , comme s'il 
eftoit icy expreflèment recité & decliu:é , toutes lef 
quelles cho(èsdefi[ùsfpeciâées& déclarées: Noos 
avons confenty , accordé, promis, &juré, con- 
lèntons, accordons, promettons , & juroospar 
la foy&lcrment de nodre corps, pour nous, noi 
hoirs, fucccficurs, &ayanscauCe, teair, garder, 
& accomplir , fans jamais faire ne venir au centra- 
re, (bubs rhypotheaue & obligation detoosnofditi 
biens, meubles, & immeubles, prefbns, &iv^ 
nir quelconques , lefqucls nous avons obliga & 
hypothéquez , obligeons , & hypothéquons eipref* 
fement pour rcntretencment , & accompliflèmeot 
de toutes lcschofesde(Iiifdites,& chacunesd'icei- 
les , & avons renoncé & renonçons à toutes & chi' 
cuncs les chofcs qui nous pourroicnt aider i bist 
ou venir contre la teneur de ccCiitesprelèntcs : kt 
quelles nous avons voulu & voulons Ihrtir leur 
plein & entier eftet. En tefmoin de ce , nous avoQi 
ftitfeellcrces pre(èntcs de noftre lèel , ]c(queU(S 
nous avons fignées de noftre main. Donné i Itf- 

f eau le 3. jour de Novembre, Tan de grâce 1473* 
Lt fur le rcply , Par Monfeigneur de Bcaujeu en 
fon Confeil , figné G. Comiin , & lecUé. 



SUR LES MEM.DECOM. Liv. VII. 321 

Vont Us Chapitres deux O* fixiepne du LU l^<^ 
we feptiefme , Cr fuges 478. f pi . Cr ail- ^"'j;^^ 
leurs 9 VAutheur parle frequemmem de Lm- uiu 
dovic Sfinrce , fwmommé le More 9 Duc de 
Milan ^ un des principaux initigasewrs de 
FenSTeprife du voyage peur la contpufle du 
Rey atone de Naples ^ foubs le Rty Charles 
VIII . Et cemme en mil quatre cens quatre* 

' vingts quaterx : // ufurpaPE/latde Milase 
fit fin neveu» 

IL fat furnoinniéIeilf(?r^,commee(laQt<lccoa« 
leur brune. Il s*emparade latuteledeJeanGa»^ 
kas Sforce Duc de Milan (on neveu, & peu à peu 
ft rendit maiftre des Places fortes , des gens de guér- 
ie «des finances , & enfin de rEfiat» Il permada 
le Koy Charles VIII. en Tan 1494. de venir ca 
Italie pour y conauerir le royaume de Naples. 
L*Einpcreur Maximilianl. rinveffitdeccDuché^^ 

Soor luy & lès enians , lorsqu'il cQ)OùCilafeur 
e Ican Galeas. L*an 14918. le Roy Ixmys XIL 
prit fur luy rEftat de Milan , & fut contraint de 
fb retirer à Infpruck au Comté deTirol , où etloit 
rSmpereur Maximiltan L Puis à Tayde des Suif» 
fis il trouva moyen d*y rentrer : Ce qui ne dura 
ères , ayant efte livré aux François par les mefinet 
ûflês , A amené i Lyon , & de là en la tour 
de Loches , en laquelle il demeura prisonnier prés 
de dix ans , c*eft à dire jn(ques à lafin de & vie. 
Qt Prince eftloiié pour fon éloquence , & indu^ 
ûSt 9 & à caufë dcplufîeurs autres dons de natUK 
le 9 gracieux , & débonnaire , mais (bijillé du cri- 
me ck parridde en la mort 4e Ibn neveu, d'elptk 
faih , de cœur lafche , plein de pafiMms tutoa*. 
kDtes 9 ne tenant contç de ù% promcflêf & de fil 
2ime ZZ X foj^ 




a^a PREUVES ET OBSERVATIONS 

fby , fi prefomptaeux qu*il ne pouvoir porter qQ*oQ 
fie cflat de U prudeocedes autres. Il donna lieolC 
premier au Proverbe. qui eu efi demeuré en Fran* 
ce y quand on parle de quelqu'un attrapé lois 
que moins il y penfè : Ilaefié fris comme le Mo* 
te,- Son fterete Chinai Âlcagne , lequel ^agna 
au pied 9 fut arrefté en chemin , livré aux Veoi- 
tiens , quile rendirent audit Roy IxmysXII. qui 
l*env(^^ en la^rofle tour de Bourges. GuichmM 
1$ quatre premiers Livres defm l£fioirf. 

Jnveftkàn dm Dwhé de Milan audit Loujs 
Sforce far l^Empereter Maximilsan I. i Anr 
1495-. verunCani^X. 

Sequitur privileg^mn concefluto in civitate 
Antuerptenfi $ in die (ànâae CaiharinsCi 
aono EA^mini miUefiiao quadringeotcfioio 
nonageiûno quinto. : 

MAxinfiilâmis dh/ifta f avenu eb^nentia Rm^ 
^ tM«* Morum b^er^ar fetnper Ataufim ydcHutÊih 

^^cî^'riay Dabnaua, Crqatia , &c Ke» y JrcUiuc 
calTée cy- Àultria ^ Dux Bnrgmdta y BritamtÊut ^LsAmi»* 
apiés et an- «W , Brabaniia , Styria > CariatUa , Carmê' 
itoXft^, Li^^gi^y Lmemburgia, W Gbeldtia.Co^ 



veut du Koy. mes fUftdria , Uatffmg , TyroUs , Fere^is , «■ 

Louys XII, Kii^r^ y Ar$efii , 03' : Bàrgun^a , Pédahws 1 

îklcgiit^e ^^^i^^ JHotmdiay ZelamUaj.Kamarci.y 

héritier du Znifb^ma , MarcJkio facri IfMferii , bf Bmtfft' 

Duché dcMi* W<^ y. Latidgrouim Aifaiia y aomimkt JrifiayJSbf' 

^* ckia y Sclavimi^e y Portus Noms y Salimmnem^ 

Mfçblima y &c. Illu^ Pristcipi Lmdofuico Mt 

via ^farfia Vkecnuiii Dad y àicJiegiamgraiaay 

^. ixaine btmum y aeprç^erqs advcêàfiteee^ms. Ri* 

gia^MiJ^/M Cafareiftfe mminà glma ferimert 

0^amei émimam 4i§iia$Mfjt§t ammes sd «i 



SURLESMEM.DECOM.Li?.VII. jif 

ttftramm qnéB magntimmo Régi (ff ritpmUkée Chri^ 
fiimt€^ liges fireàti eoHvueinwi , in primisfataq$tm 
(digniuoem Romani Itftperii felidhus inirimenUt 
étmpUfieoftt , affidnitatf qmtidùiuàmediitmkr ^ ^ 
ne fi^amtis quemfuam de Rtmatm Impeno knt 
wterentem deUtis fratuLtri préemiis y t§$ ftmâipô^ 
fqfitm remmterafime ad fnmeretidHm aUidà$nMr , 
adUj Ltubvice Maria Sfortia Ficecames memo^ 
riam fapenttmcro revùcémas velm iH eam cujuf 
em^Utudinem , frudemiam , refliindinin^ , (^ ani* 
mi (^ eorporis eximias dotes dehamsss eXtollert^ 
Nom eàm ex inviâijjimo Primife , & rthubeU 
h 9 ^ face , militine y ^ doiHighfiBfiffimig^is^ 
mmjblimfer Mam Italiam , fed pet àmi^mm 
frepi Urtarum oriem cekbraMfimo Ffài^ifca Sfvr*' 
tia paire frafianiijjimo , fs^ honifiiffiniè Vitarim 
Blâma Maria , nmca fitia Pèilifpi Marié Ai^U 
ntamdam Mediolani Dmis matre ^ ortnm tnmm 
fflesfdidam daci inttseamur , dsfUcem mbisimâgi* 
aem laesdès ghriaque majùtniii^ tmrmm teprajm^ 
tas j veràm m$ loamsis Gakaeii , prinii Mediolam. ^^^^ ^ . 

Dmeis preaPi im dnera ffiaxif9tâ^k9stiiâptaferea''l^cmtcz Due 
mm , eajut excellenhs ififfiaes ac mroMia rérmm de Milan» 
gefUrum mmmmema , finsnkfoe ingefaià in Ré* 
mamnm Imperium henefUta pnmsernerMm ns ad 
Deuam Mediolam ÛoffnMniqm Pf^JlfJ^''^^ j^ 
jgtamprimns fublevoMm'^ avus tnm Hk Phi^in^^j^ ^^ 
fms Maria Princtps pêegno (if encelfo àninfû pms 
€ipma jffiitiéi moderasionis ^ fapiemiiê làmk fi^ 
rmk ^ me fohtm FrimipdM p^tnortmqnefihi em^ 
m i0 iri M aàniniflraiionem Jingnlari juiUtia éejnf» 
t0$ii Cff innoeensia difiipHna ger*eiaf , fed etiamjiP^ 
rs imperii adverfus effranaSosh^inm impetm y de* 
iéfiandampte ambiUimem qui ditfonisjîattfjnèfid 
nfierpaiiani inhiakant fftmmis viribus , fmniHlfis 
éelkmm perieuUf y & fif^l^ p^rMnè MoH^^ j^ 
Oûmahes yl , me immérité Élamam Matiam mni^s£otS Duc 
iM0 ^jm filiam Fram^eQ Sftrtiepafri tm eolhcâ^ d« Mil^Of 

X 1 vU w 



1^4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

vit y in quo ad familiam fitam Vicecomitum éfà^ 

to y tutandi PrinciPatw p'op^oHdaatiefQboUsjbem 

firmam fofuerat : N^c fpes ejnsjruflrata ejl : Nm 

if fi ex bwnanis fuhlato im maximo belU ésriifrt | 

nbufque in aptrtiffimtim difcrimen adéluSis , m 

maximum ImPerii Rimant dedeetu^ ^Jaâmram^ 

frofuifcus SJortia eximia rci militarts fiitnUa % 

fnecipuâ auaoritate , ac fit^ulari virtuU jmim 

txceÙebat , ^ tmmortalitatis jrlariam^ffictamefi^ 

t;^ ficeri Sfatum i mediis hMum numibus ac MÎ* 

JerofirvitiUis jugo féliciter (s^gleriosi vindieavit^ 

fqft adeptum Principatum accedenU admtfabilifê^ 

ftdorum omnium confenfu , rebubue fuis facatis 

baUca paçis isf tranqmllitatisaumrextititiQuâm 

quoad vixit auâoritate ac fapieutia y JUS mfiraU' 

iiter poUebat , iuviolaUim undique csifMi'uit^NMh 

*> al •MtêtUn-' Ifim enim unquam bomris Isf reveremùét * mmms 

f^y quantum in eofuit erga Romanum Imp€rium préh 

termijit. In gubernaculis vero Urbium , Offida» 

rum , ac populorum omnium ^bi commijfontm /fl- 

Jiitia , fiaei , clementia ac benignUatis velittjâbéBf 

Îuoddam refu^ebati Àccedebat feliciffinm Cêujttp 
élança Maria drvina quadam fodetéu : Itlacmm 
fracipua inter mortaks virago » audiendis etioM 
ffdfdttorum quereUs , £53^ componendis acdefiniemb 
forum litihm divino quodam ingenio foUicitaia , i^ 
lufiriffimomerito piurima ornera adimebai i ac fé' 
ditqrum votis , ef expeâaCiombus fuàm e^bni 
refpondebat. Fuit propterea mors mÈrsmfque à ctHh 
TioBj%%(otccàss p(^ulij publicofletuditttiffimi comploreÈté. Et 
Duc de Mi- bis divis Principibus Francifeo Sfortia ac Blamâ 
^^' liiaria jugalibtês. TununcfolusfuPeresinbsmuM 

fîiius fingularis Ludovic Maria Sprtia^ Dux gem» 
pg^natus tempore quo ilU DucatumMedioLml^ 



*»L muf. 




t^icujus filit Ducats^ tcmforo gemli •* Ideo natt 



V-i 



SdRLESMEM.DECOM.Lw.Vri. 31/ 

/ de jure illortm Principum rejhe&u Ducat us 
Vetttr* Praterea per obitum Philtppi Maria An- 

quondam Meéoli^nenjium Ducis , cum nullçs ex Apréi le df 
filios mafculûs aut defcenJentes legitlmos , ^ " *^ cs^AUrU 
turales reliquerit , apertè pàtet quod Ducatus iJf Duché* de 
^ediolani ^ Ccmitatus Papœ cum relsquis eorum Hi\znt(ko\t 
'/Hat f bus Çîf terrÀ direSoJure adfacrum Roma- dcvolu \ 
mm ImperiumfuH devotutus : JJnde ab indean-- ^^^* 
t Seremjfimi quondam gemtorû nofiri , ^ fuc* 
fjivè mftri fuit arbitriijuem de diéio Ducatu ^ 
jmrtatu im/ejliremus. Te igitur unumpra cate^ 
r dignum iff henèmeritum duxtmus ^ quemdiélis 
)tuTis jublimaremus : 7'u enimpartum à genito* 

tm Frincipatum h<ereditaria majorum ac proge- 
torum tu&rum virtute * infiituis , tam amphjjî'* ai. infini 
aprudentia gra^Jjimoque confilio régis Csr ejus ^^^"^ 
"rtncipatfis habenas fie conjultiffimèfapiefsttjfimeqtte 
bmntftras utficut excellentium patemarum , ma* 
rmarumque virtutum vêtus Ç«f indubitatus hares 
ciftis y ita te tanti PrinctPatûs Mgnum^ idoneum 
xcefjorem oftendis , tuo jiudio Çj vigilantia non" 
Jtlhmm machinationes df cona^us in irritum cef* 
rumt , eorum prafertim quiadhuncStatumjuam- 
taximè * anhelabant , tuis felicibus aufpicits mrim ^, 0,bê* 
HHUS pro fociorum quàm proPrinçipatûsdefenfioneiânt, 
taxima bella profperè ÇjP féliciter gefia fuerunt , 
i mfituafummaprudentia (jf exaéfa indujtriaaf» ^ 

ifffèt Ducatus ijie Mediolani cum univerfo ejus 
tatm dd maximas clades deduSus tandem in 
9flium y i^ Romani Imperii inimicorummanusper» 
'eniffet. Née folùm tuo fapientijfimo gubernacuh 
fS Mediolanenfes , ejufque ditionis^ qua penè col* 
^fpe ad id intcritum pemiciemque tendebant reçu» 
traSay ereét^^ pacataquefuerunt^ fedetiamMe* 
hlanenfis Imperii nomen * diznitafgue excreviti^ •?• ''•^ 
ta Ut Fnnctpum nemsnt concédas * m tota italta, ^ ^j Mtd$^ 
r# non folùm * Mediolanenfium rébus benè eonfului- t^Mutflm. 
U , fed etiam rniverfe Italie pacem ^ trémquilli^ 

X 3 t^ 



^6 PREUVES ET OBSERVATIONS 

totem Mulifiij utpacis ^ Itédiç4i quieth oMâar^ 

€onf€rvatmr idem^ i;f bqfis ^ cohîmemqmddam^'' 

fi cenfearis locupletiffim$tm. Praterea torum anh 

mum qui ex ludia ad nos i/eniunt teftimoMÎts edoâi 

fitmtu , $e admirabili tequttate , jtytitia iitviolaii' 

là , tamta modenaione ^ cmtine$ftia fubdiUi tHi 

gentesgubernare jUtjure merito fcpuJi tibi cemmifi 

0b omnibus beatiJj^mt afpelleutur. ifiafic$ai m^gm* 

facimus £«f gratiffima oabemus y ita ^^ftri in te mao* 

pis cumula mu parvam quotàdie aceemonemfatismty 

^ eè maxime quod mbis exflùratijfimum ejl afui 

V9S jura facri tmperii uofirt fideliffimè obfervariy 

Htque Imperaioria Majeslali maximam $mdiqm 

révèrent iam exhiberi* Htee autem tnnma nota ii 

ferJfeSahabeutes , ita utubericfri teftimouio mmjii 

4fpus y JMre aWcimus « ut te pi^ritatemque tuam 

éafilios y ^ fuecejj^res tuos mumfieeutia , Wfera^ 

litateque nofhra participes reddamus , ^ beneftnî 

isigenHibus profequamur , baud Mtsuri cogmpewtu 

fubditorum quam maxime iuterej^ pro earumpacey 

^ tramftàllitate fapieutiffimi Priucipis fub^ rt^ 

gtmiuiy iff te ergafacrumRomanum Imperiumjfic 

eximia fide ^ fiiudiofingulari effe affeâum ut ejm 

d^uitatf i^fhri^ nufquam fis defuturus y imatci- 

muriuprimtsu$iu te ^ filios ac defcendeuêes tmt 

eacpiferamMS quéepareusprimoy debinc frater tsau 

* t\.fiiÊdii. ^^^ aniUa diufitts y f^ *JludiqfiJimi/t^plicesfê* 

fnt fitilavjeriut cb multiplices Lnperii Rmum occtfê» 

les DKct de tiçffes y multarun^ue oMarum rerum €t/eutus tuh 

Ichcxe^de P^^^^ nequiveruxt. Càm etiam eis tamen grot^r 

Xoays Duc cari &f Serenijfimus geuitor no fier ÇsP nos euperemm; 

4ç Milan , Scientes igitur £3? cognifione pletùffima edo&i quii 

dudit Ducîiè Romonorum Kex ampkgtmam avitatem Medieiéh 
pac les £«. nicum ejus Dioc^y }jf nonuullas aliss urbes y ^ 
SSic^în*^'^^^'» ^ j'»/^*^ in privilegiis DucatSÊMm mentk 
MaximUiâa babetur^ in Ducaium erexity ù^itmt , ^ exéif 

~W Umt y ipfumjue Ducatum Mediolam « ac chitê' 



SURLESMEM.DECX)M. Liv.Vn. %ij 

um fff terrarmn in diSis Privé ligiis nomifuUarum^ 
tecwfH * Comitatum Papia i^ Ai^leriie ttmtuUt^m ^^ Ctviur 
ff gratiosè concejjit fraaiâo awfulam célébrés me* tum 
woréte éllmUréffimo Principe Joamté Gakas Véceco^y^^'^^^^^ 
mti , qnem tiiulo isf digmtate diÛi DncBtûs i^ puché , Scdc 
H&mitatûs inji^nivit , décor avit , intranifavit j (ff pavie en 
uhlimavit , JicHti patentibm prâdiSi qmndamSe* Comté pac 
enijfimi Régis Utteris^ dipioma^ conNnetur ,^^^^^1^1 
lotis Pr^aanno millejimo trecentefimo ntmagejimo es années 
wnto , £e primo Maii , ^ aHis datés ntfupra an- i 3p s • ii9S» 
w 1 396. die* i^. Oaobrés , ^ Ms datés utfttpri ^^H^^" 
mno 1 397. die 30. Maii, Dehinc fuccejfivè S^fi i»Empewur 
nnndus Romanorum^ &c. Privilégia diSi Duca* Sigifmond 
As^ Comitatâs Papia ^ jtngleriie valida decUh''^^^^''^^^* 
itvity confirmavitj ^ratificavit^ a^etiamdami ^^l^ ' *^* 
oncejit illufbiffimo quondam Philippo Maria filio 
Sf fuccejfori prafaii quondam élluHriJJimé féumnés 
raleas avo tuoper aûudprévUeginm confeSnma»^ 
to * 1426. die 6. menfisJuUi, Et cAm tu t^dovi" ^ ^ , ^^. 
e Maria à tantis Princifibus talibufqfie parenté^- 
*us Jplendidam originem duc as ^ procul dubio nobis 
^erfuademus fore ttt reliUum à majmbus fuis eh* 
ninium uonfolkm retineas , fed etiam cum oneni di* 
\nitate gubernes , ijf tue pràBauti , * excelfo écgé» * al, muU 
lerofo animo omnia projpere feliciterque fuccedant ^lentù 
ta ui proculdubio confidamus de tuafokda vértute 
^ gravéjfimo conjilio , ^ nonfolàm t€ Ducatum 
^ Comitatum aafacri Imperii Romani dégnitatem 
n Italia bene ^ laudabiiiter confervoturum , fed 
mni etiam honore ^ décore au&urun$. Ex certa 
toque fcientia, motu propréo ^ ^ de nofira Riga- 
U potèfiatés pknitudine etiam fupremo , ^ ab^lu- * ****"*. ^^ 
i , non quidem improvidè , neque inconfiderati , ^^\ 'quatre 
w per aliquemjuris vel faéii errorem , fed animo cent mille 
ruieto , ac deliberaSo^ Principum , Comitum , Ba- cfcusd'or, ta 
onum^ ^Procerum y Çff aliorum w^rorumfacri^l^^ç^^^^ 
mperii fidelium accedente confilio , Princeps dile- dans fon Ht* 
h y mnadtua * petitionis inpantiant ,fed debe* i^oixe 4c Mi^ 

X 4 nijjii*^*^ 



$%S PREUVES ET OBSERVATIONS ^ 

mgmtaU^ Kigali nofhro mo^uprffrio^ f^ Jem 

fine Regalis JignitatkplfmttuUne ettam Juprema ^ 

Domtni abfobOa , ac Quorum ft^ularium virtutum 

ÊXpeSatione pofcewti , hodie in mmiw SahaUtrk 

nçflri 9 à (fuo'omms Primipa$$u , dig9Ùtas ^ bh 

mr proventre Mgw^citnr^ Ksf te^ f^^ios tuosméf* 

€mIos ex kgitimomatrsmonio procreatùs^ procrem^ 

ehsy ^ éUfOt defcendenUs (fui ex te^ fil$istmsk* 

fitimis mafiuliisf iegitimi nafcentmr ^ utinfra^ÊS 

fncceffores tnos ^ in verum Dncem ^ Dmces^ C0- 

mitem ^ Comités fuccejfivè ordine infra firift^ 

trigimus , facimt$t , decoramm , if^gnimus , (^ 

fitilimamusj ^ creamus^ videScetVmatnsMe* 

diolaniy (sf Lomiardia^ deterarttm^ne Civitatfm 

euComitatusPapi^y isf At^kriét^ ^tafinsDice* 

€^s Mftriâus & territorii eanmidem , 4U etism 

omnium édiarnm civiiatnm , terrar$fm , tsf loco* 

rnm , fme latiàs (ff exprejfiàs déclarât^ i^ cm* 

fTfibenfée inpr^diâts Uteris^ diphnuUe a€ privik' 

*,al. fr4^ gio Ducatus ^ Comitatus per ^ proéUâmm êpé 

^*'» mémorise dominum Vencejlaum /tegem ipfi illn^fi 

♦ éd, prétmijngifi^^ Joonni Galeas Duct proavo ttto ut ♦ prétm^- 
favf^ffMf wus concejjîs : adquas Literas ^ quod privilegim 

JPucatus j isf Comitatus cum omnibus fuiifmibui 
isf portinenitiis débit am isf congruam reUuioiim% 
èf quorum verba^ ^ ^^*^ » hf fubUantiam^ 

♦ aL p^th ^'^ Pro fuffiçiçnter exprejfit haberi ♦ vo/uimus^ y 
mm dec/aramus : Deeernentes expreffe quod tu , pn^ 

baredes^ i^ defcendentes ac fuccejjores tui mis y 
£5? or (Une ittfra fcriptii Duçes ^edioUmi^ ^Lm* 
bardiiC , ac pr4idiaarum Civitatum ^ Terrarm» 
(sf Comité^ Papiée^ An^leriic^ utfupraperpetms 
femporibus omni dignitaire , nobilitate , imre , foU^ 
fiate , libertste , mmre y ijf confuetuaine gasiden 
debçaiisj^ ^ prui continue auibus alii Imper Hfacri 
Principes , £^ nominaftf^ Quces liluflrijjimi fruiti 
\ haétenus funt , ^ quotidie potiuntur ^ Terras jtKh 

fW| QivM^s^ Qppié^^ Ç^f^ Filks ^n9Wf(ti^^ 



SURLESMEM.DECpM.Liv.Vn. 329 

mSj PraviffciaSy diftriâus ^ mmtes i^ flâna ^qfios 
t^f qtue la$itudo dominii tuiconùnet , una cum om^ 
mbus terris^ ftudatarsis , ^voffallis infartiiuSj 
Jiœ€efibu$^ (ff diftriélibus indiSis Litteris* Impe*^ *î- ^^t^ 
riaUiuSy ac Ducatur^ £5? Comtotus privile^io de*^^*'^ 
€larafis Ç^ ct/mprehenfis eum carum Iffcujufltbet ea^ 
fnm Diœcejilfus , Mfiriâibus^Comitatibus^Juribw^ 
hnpmi^ ^ pertinetaii ^ Cafiris^ Oppidi .Villis ^ 

€mbm , pffcherih , rtpartH , &flumimbus , earum- 
pte regalibus fylvis ^ fdinis^ rubetis ^prati ^ paf- 
€ms^ '^pifiinis y pijfcaturis , tchmis Judais^ wo-* «!• fi/htm 
WiisSy Judicin , banni Jive inhibitionstw venatiih 
num , ^ pœnis inde fequentibus confuetudine vel 
de jure , Marchionibus , Comstibtu , Baronibus^ 
JBaroniis^feudis^feudatarih y vaffalli^ii^ miUtibm^ 
eUemtibuSy Judicibus , civibfiS, nobtlibms ^ plebeOf^ 
rsifUcis^ tsr agricoles , pauperihus , ^ divitibus , 
Hf omnibus eorum ♦ pertinentium qu^e latitudo tui * ^:. f^^ 
dmiinii ^ Mâarum Civitatum , {5P Diœcefum^'^*^ 
fonfinia^ limites diéti privilegii Imperialis Duca- 
tum^ Comitatum comprehendunt , adqua omnia 
eangrtia relatio babeatur^ ut diéium eji^ in verum 
Prtneipatumî^ Dueatum creatnus^ faeimus ^ eri' 
gimus , ^ injigniwus , ac depradiàa Regalis p^ 
teftatis plenituaine etiam ahfiîuta , tnatu proprio^ 
& ex certafcientia décor amus ^ Ê9^ tibi illujlrfffimù 
Ludovico Maria Sfortia Vicecomiti Duci Duça^' 
tum five Principatum hujufinodi , nec non Comita^ 
tus pTéediélos Papia , Angleriaque ,' cum omnibus 
homrihm^ nobilitatibus ^ juribus^ "*" regaliisy jurif-* ^\, jtêté 
fUéiionibuSy imperiis, privilegiis , & immunita- *im. 
iiitiSy quema^modum Ducatus , Jiz/e Principatus 
infignes à * SereniJJimis Romanis Imperatoribusvel 
Regibm pojjidentur , feu Unentur , v^/ haéienus * **' '^"^ 
fojfideri confueverunt ^ de benirnitate Regali confe* 
rimus : Decernentes ^ & hoc Regali Ediéio ftatuen-* 
Hf fmd tH , ^Hi , . d^ccndenW | b' baredes ^ 



330 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fucciffores im ordine ififrafmftoperpetmèPrinciptl^ 

fsf Duces Midiolami ^ Lombards^ , &c. Pafiit, 

jhgkriaatig Comités , sUfi^à^ noms n art i^ 4f* 

fellari debtatis ab bodiems £e ifumtea , ^ toMpum 

Jacri Imferii Dmces^ Principes (^ Comités teneri^ 

isf honorari j^ ab omnibus reptttari , omui^ueJM* 

rcj priviUgio , Regaliis omnibus , jurifdiâiwe^ 

dsgnitati joomnre ^ gratia ^ fff immuuitate ^ aèfjMÊ 

t al. fini Mo impedimento * perfrui quibsts alii Jacri In^nii 

DuciS , i^ Comités in dandisfou recipiendis Juri* 

bus^ in comferendis feu fufcipiendis feuMs , ^ mu- 

é al.Mwlib'f.^^^ ^^^ Uluftrium Statum cr * condemnstiomm 

mm Ducssm feu Principum isf Comitum concementUm 

* al. t^Miert/frftifi fu^ baâenus , feu ûuomodolibet potiuntm 
^^P^'^'*ff'i:f*gaudent^fotitifunt. 

* ai. D«r^ Caterùm m csrca fucceffumem hujujmodi * Dmê' 
tmum tus ^ Comitatum aliqua in pofterum dubietas oria^ 
J^l^ç^cJ^r, fedclariùs &f ♦ certiùsfuccedenM modus à^ 
cdfion dndit ^f*^ ? edicimsis , ^ fancimus , aliqtùbus Juribm 
Puché. commuuiius , aut munictpalibus feu conjuetudié' 

* al. ixfrejjus ^^ f^^i^ ^^i ♦ yj^^-j aliqualiter non oMantibm^ 

^ ^ qnod prtmogenttus mafculus uatus ex legsttmo ma^ 

trimonr» tui Ludovici Maria Sfortia Uucis ii&- 

» al. Ctmm- diolaniy &c. fuccedat in Ducatu isf **" Comitatihs 

^ frépdiiiis , i$ aliis fratrihus pr^eferatmr , licet coih 

ceptus ^ natusfitantè lyucaSum^^ quodipfofn' 

mogenito deeedente etiam vivente te Duce , p^'^f'^^ 

gemtus mafculus natus exlegitimo matrimomoéX 

frimcgeniti fraferatur patruis ^ aliis quibidcmi^ 

que in Ducatu i*f Comitatibus pradiSis y (ff qwÀ 

iOem fervetur in aliis quibufcumque primcgenius 

* at. pTsmê^ mafculis legitimis ^ naturalibus ex legitimomatri^ 
Xinitomm, mouio * pTOgenitorum defcendentibm exprimogni^ 
aJltit ^^^^ tûdefcenaentium* tui Ludovici * Maria in iupm' 

* al. iMiav:- ^»'^' ^ q^od primoeenito tui Ducis Mediobmi 
€ê Mêrim etiam deeedente Jitse £fcendentibus* legiùmn ex k- 
•al. i^git'^" jriùnto matrimonio natis. fraterejtu fecundoeenitm 
& tm.biç^ i^ittmm çff naturaJis y ut fupra fuuedat su àsao 



SUR LES MEM. DECOM. Liv.VU. 331 

Dmcatulsf Comhatikut pnediiiÀ : Etfifiratremvel ^ 
fratrts legstimos iffuaturales nonhaberet^ 7*^^^^ piShés" o- 
fUisu iej^âimus ij^Moturalis fratris ftcundo geniti in ront douze 
fr^tSâo Ducatu ^ Camitaibus fuprafiripis : j& mille florins 
Ji MO» extiteritft firéUres , ncc filii fratrum ipfih fc^îuwueûew 
ntm i*f JcfceHdentium tmrum , utfupra , adr 
miUatur odDucatwn ^ Comitatus pnediélos proxi'^ 
mor IfrHimus i^^naturalis , ut fufrd , defcendem 
$x mafculk Ugitsmis ^ naiuralibtu tut Ludovici^ ^ ttwiift 
Maria Ducis Mediolani , &c. In cafu tome» quo ♦ „> ^ * 

tfmtiu^eret ipjis fratribus * p-imi fojl te Ducis Me- • al. pùmU 
diùlam<y &c. légitima ^ naturalibm uof^ejfi provi" 
fitm , vel ipfos non habere aliunde modum in quo ho* 
mrificèfecundàtn eorum conditionem ^ fiatum vp- 
vere pojfint , eo cafu didos fratres Pro qu&Ubet ipfo' 
rum volttmus à * pradiSo primo Duce Mediolani « tl. fréfaà 
debere habere intratam ordtnariafn fiorenorum dwh ^•^^ * 
decim millium auri , ^ in aura de Cornera unuuo' 
tim. Etfimiliter pronepotes tms ex fratre babere in 
a^u quo eis '*' dejiciet provijionis vel modifradida « al. àtfuim 
fitmma duodecim rmlUumftorenorum amt , ^ i» 
muro aunuatim ^ pro quolibet , computando tamen 
SM bac fumma * ratum ejus^ quod ipfos tangeretex* ttr^sm 
redit u Cremona , quœ fuit dos * illuftrijjima Domi' « ^^ iMri 
ma Blauca Maria matris tuà y Loidovice Maria 
Sfortia, Item , computatis reditibus Ecclefia/iicis j 
velJUpendio , vel alia provifione quant baberent : 
bu quid omnibus computatis reperiautur habere di'" 
Ûamfummam florenorum dmdecim millium auri^ 
Mifii^aJ Decernentes* etiam^ iff depoteftate qua* al. ««m» 
fupra ftatuentes quod tu , U^pce defcendentes ^ 
fâteceffores Duces Mediolani pqyitis (^ valeatis dur 
re , infeudumque concedere defcendentibus ^ col" 
iatéraltbus vejiris legitimis ^ naturaUbus mafcuJis^ « al. dÊfetn- 
de quibusfuprà , cujufcunque atath fuerint , t^el^^^ 
efi reperiantur* defcendentes , feu * collatérales ^l^^'J*^^"^'^ 
fradiSij legitimis tsf naturalibuf non exifientibus ^ » al. pjti* 
ekcivi$atibus ^ priucipalioribuf terris. De ali/sau- Su 

tem 



33^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

$im Terris , Caïbris , Ttrriimis^ ViUis^ Rociih 

Oppidss y (g imra$is Méii Ducatûs ^ (sf ComUr 

tâs j &c. dore in feudttm (ff concedere qMQcmmâi0 

modo pojjitis eiiam legititms exiflextikms Momsmh 

^^^ **•. tis ut * fupra , cttm tUis condàiomilms , faÔis , * 

1^^ ***"* hoHorihmyisffHbjeâionihfU^deqHibtiSVoUsvUi^ 

bitur ksf piacuerit , ^ de Mais CivitatibuSy Tef 

ris , Césftris^ ^ territoriis diSi Ducat Os ^ C^ 

mitatus quaad Ca/hray ^ Oppida , rémanente ^ 

menfemper MSo Ducaiu ^ Camitatu conjuwâi 

fer viam etiam cujufcunque uUima valuntatis in 

fradiâos ikfcendentes i*f collatérales dijjponere (st 

ordinare valeaSis , ac etiam pro filiis ^ pofleris 

j/ejlris de Capitaneis , Marefcallis , Reâ^ibns^ 

Gubematoribus , Àdminiftratoiribtss , (ff aliis qm* 

bufcunque regimen guhernationem t^f confervati9* 

m Ml.^wiM^'^^ eonmi Uucatus ^ Comitatis concementibns^ 

tt Duc de prwidere , prout vobis videbitur , ^ placuerit. De* 

Milan aora cémentes etiam ^ Çff depoteftaU quajupraconceieih 

îlSnc&*S- ^^^ ï 1^ ^^^^ ^fingnk agere , gerere , facen 

foluc pitif- Cy expedire valeatis in Ducatu isf Comitatu prit' 

ftncc en fon diâis j Çj? Civitatibus , ^ Terris , Ç^ Lacis mm- 

S? foire **^-^*' figeais , eif /» «»»;*«/ , ^per mmê 

toutes chofès?^!^ ^^-^ fif Aomani Imperatores gerere , facere^ 

oui font it' expeMre po^jemus , ^ titifuprema^ abfolutaple* 

rcrvécf à nitudine potejiatis , Cff quibufcunque aliis clamaBs 

Ynnce Sou- - r ^ ^ j • ci z'^^- -/i • £— 

fcrain » u\cujufctmque pondens C7 qualttatis exsjtautjjmi 

TEmpereur uila exceptione ^ vel diminutione ^ ^aliaqnétcwh 

y*^™«- que facere eiiam Ji ejfent de refcrvatis lupitmo 

^# f«M iJ^ncipi. * ^r 0»im<rx ^Jingsili cafus etiam J e^ 

fent majores expreJpSy vel etiam Jirequirerentjfe* 

• t/. nrrfiT*. cialem , «jf^ ///^ni^ /» dividuo de eis fieri menti»' 
*"• nem ^ hic habeanturpro Jpecialiter * eutsmeratis^ 

tsf fufficienter exprejjis. Inhibentes tameu Çjf pn* 

• «L Diic/f hibentes quid defcendentcs ^ fuccejjires tsà* Duces 

Mediolaniy&c. non poffmt alicui extrane<eperf<mét^ 
exceptis defcendentibus (sf collateralibus pradiSis^ 
vçnaerc , infeud^rr^ donarc i nec aliquovis saoà 

0limr9 



SURLESMEM.DECOM.Lîv.Vn. 333 

Sieftare aliquai» Civitatem^ Cafirum^ Oppidttm^ 
Terram , ncc aliquam partem d^éti Dwatus if 
lomitatuum ac civitatum antequam fini in ataU 
nginti quinque annorum. Poftdiâam verè atatem 
lare Çff cmcedere , u^ fttpra poffint de C^is ù? 
terris praMâis : DecerHentes ex nunc krkum (ff 
mme qm ad pradiSa alienata , j(r aliter faâumfue^ 
'it , vel aliqualiter attentatuni , Çff * hécc ^x eo^m ^^^^, .^ 
tt diéli Ducatus iff Comitatfis defcendentibus (sf 
uccejfùribus tuis Ducibus MeMêkmi ^ (ff Comiti* 
ius , &c* fuanfùm plus fieri poterit integri cotifer* 
ventur. Pojfintetiain de bonis ^ rébus ter eos ac* 
fmirendis ad libitum ipfirum dj/ponere j ç*^ provide* 
re : Decementes étions^ de noflr^e Regaiis pùtefta^ 
tis plenitudsne ftotnentes $tt omnes ^fingstli Ba^ 
rones^ MarcUones ^ Comités ^ Feudatarii^ Vaffidlî^ 
Khbiles , ^ quicunque alii tenentes aliqua fenda ^ 
Camitatus i*f Marcbionatus ^ ConceJJiones , Jurip- 
iiSiones , Jura , Regalia quocunque modo in Dsteor 
tuisf * ComitatibuSj ^ Civitatibus ac Civitatum . '^ Omte^ 
tuarum DiœcefiiuSy vel aliter * quomodocunqne in ^ 
don^notuo illa habuerint^ ^ àqstibufcunqueetiam^itê ^ 
five. à nobisyjive ab olimpréedecelfonbus no/lrisatti 
À Ducibus Mediolaui pradecefforibus tuis , auttuis 
ntfupra fubjeSi * Jint pro feudis anti diâis\ ^ • il. jte 
fro quibufcunque aliis JuriJdiSionibus (sf Regaliis 
fuomodocunque ab Imperio dependeutibus ^ & ad 
mmfem tui , €^ tuorum omnium defiendentium , 
isf fnccejjirum requijitionem de ipfis tendis <^ Mar^ 
tUonatibus i*f ComitatibuSj Concejionibus , * Re^^ al. Mt^ 
guliisj Jurifdiâionibus , ac furibus ^uibufiunque^* 
fife ♦ de novo invejliant , ac novam teneantur fa*^ ^; 
tere recognitionem ^ novam inveJUturam rechere^ 
^ eam recipiant (çf recognofcant à te LuJovkn 
Maria SforUa Duce Medsolaniy &c. ^ quod tibi 
Ludovico Maria tkifque fuccejjmbus ut fuprafor 
eiantfidelitatem , obedientiam , bomaj^ium , acè»r 
m^ii fideUt0tem | ^ obedienti^ fnrniffumêm bf 



334 PREUVES ET OBSERVATIONS 

jaramenttm etiampro MarcbiofuaiiMS j Conùuâ* 

ims , feudis , canctffiomtus , Juri/dêâiornUus (jf 

JuribM quikufcttnqut quas ^ tpue frxdiSi Umà 

(sf recognoverunt ^ feu recogHofcert iiebMerunt à «Sf 

croRomano Imùerio ifUrapradiâitmDomimifims^ 

a$ain Diœcefibus Terrarum ^ Civs fatum , fmU 

fuprà nobis facere dehuermtt*. DanUs ^ comedah 

^ tes auâoritate {^ Meftate fraMâa tihi Laubvm 

f at SfirtUjuj^j^ * inp-étMaùfmmlmcnmimodampoteftatem 

ut apfrobare vaUdarel^ ctmfarrnare pojfis frafertim 

feuda ^ Ctmceffitmes ut fufrafer te firatrem , éit 

nepotem tuos alieui eone^as^ née uUaperfona^ cm» 

jufcunque gradAs ^ ctmdèthnù exiftat , 'uel Cmih 

munitas atijua, ont Collegium poffimtfe àfraS* 

Sis excufare y fub fréttextu dtcujus PrivilégH^ 

Sen pooireu cujufcùnque temris exiftat. lutelUgnftes etiam ftdi 

aux cnfins Ji contif^eret lUufiriJjitno loaxm Gaieas nefttt M 



^ ^îSnGi- *%*^^ fi^^^^ legiitmos mfcuhs dttmttert , %alfeém^ 

îcjtt, auquel ^^^ Ludovico Maria Sfortia , feu àJUiis ^ ^fut* 

il cft poac- ceffôrshus tuis in fnediâo , Ducatu JiuguUs amdi 

i**î ..... ducatos dmdecim * mille auri Çff iu auro fro auoli* 

éixxàolûts* ^^^*^^* Ciïf^fV«^^i denique tibi , tuifque fer d^* 

eendemtibus^ fuccejforibm Ducibus Mediolam ^hc* 

de armis ^ infignibus uqflris KegaUlms fraferkm 

frwidere qme majores tuij ae tu ncfiro ç^ prétdt* 

€efforum ffffirorum Serenifjimorum Imperatorum et 

Regum ffomim retroaSis temporibus tu belhrmtt 

aâibus iff ubique Jtrenuè retuleruut y nouadîMâ 

fetitioms i$tflantiam , fed de benignitate Régis j iJt 

eertafcieutia^ ^ de Romaxa Kegi^e peteftatisfh^ 

uitudiue , tibi tuijiue i^itimis dqiendentibus ^ (jf 

• 1^. difutè^ uaturalibus <, & JuccejjSribus utjupra eorrnmam* 

dmtibM defcendeTttium in infinttum quùs Ùuees , Meaiêih 

m isf Comités Papiég Àugleriaque effe etmtiufijgt^ 

eonceffimusy ^ concedimus , ae teuore frxfentexm 

Ucentiam ^ faeubatem eUrgimur quèd fro ait 

Ducatu Mediolam ySlc. arma feu iujigma Regaka^ 

videHeet Aqttilam nigram in eax^ emreo imfirÊXH 

qnê 



SURLESMEM.DECOM.LmVII. 33; 

pm iffa arma SereniJJiini Romani Reges adf^rre j^^^^xtgm ^ 
^0rfueverunt ^ aut fer quarteria tuis tuorumque des Ducs 4è 
iffiemkffttum armis ^protatihi^ defcemlcfttiiujque Miiiu» 
^ fuccejforibus Ducibus videbitur & plaeueritubi* 
jtfeUnere^ déferre i^ portare ^ tenerideferrique^ac 
fgrtari facere vaJeaPss cntfâis temforibus futteris ^ 
$f$fer hoc inter nos ac fueceffires nojhros in Imferio^ 
acte tuofque fuccejjires^ ac defcendentes Duces ma* 
mfonextum ^ fignus amoris ferfetuum vimulum^ 
tpie unionis maneati^ ferduret. Kdentesjedfotiiis 
î^riâiMS inhibentes te tuofque defcendaetes &fuc^ 
t^fjires Dtues Mediolani^ utfuprain armarum if*^ ^^ dtlétiê» 
ffitMm^delatioHefer quemfiam * eujufvis digmita-^ mtm 
Us (sf auâoritatis exiftat fer temfora fucceffitra'^ *!• '•'•/^ 
qmmodolibet impediri.^ atmfêê 

. GoMde igitur Princeps ^^ de impenfis tibi per 
C^tudimem wfiram muneribus tua proies exuaet. 
ijetare Dux , K*f Cornes , quem Seremtas ntfirajpe'^ 
€iali £^ ampla retributione pnevenit^ quam hoc $ljque 
tibi patri& fratri tuis non conceffit; cperatio tamem 
iÊMgrM eoncordet cum nomine * ut auSere Deo • ^ ^ * 
smuef^ tibi pernos p^iri valeas féliciter dignitati^ 
^USy ac etiam afcendere ad majoremdignitatemé 
EtprieéSa omnia^ Jingula valerevolumus , ^ 
olttnere effeÛualem roboris firmitatem , non objlan- 
tUnuquHufcunaue Legibus , Juriius , Conjiktaio^ 
mbus ^ claufulis derogatoriis ^ isf aliis eonc^onibuf, 
infeudationibus veltttulis pernos* ^ pradecejfores ^* al. W. 
wmvs in Imperio aliisfaSis collatis veUonceffis , v^ 
Jiquo praaiélorum ^perqtue velperquospréefentibus 
wmexprejfa^ vel taUter inferta efftHmtorttm im^^ 
fuU^ valeat auomodoUbet , ^uel differri , etiam fi 
toBa^ forent de quibus oporteret f$tperiàs fieri nar- 
ratùmem ^ mentionem ffecialem in prafenttbut. 
Qmiims omnibus ^finguSs ^ auoadfuMimationem^ 
ergJStiamemj concejfianem ^ infeftdationemt^ aliafu^ 
frafiripta de plena ^ abfoluta poteftate^ ^ ex 
9irtafisentiapr4efentibHf dmgare volumus , ac etiam 



ii6 PREUVES ET OBSSIVATIONS 

^ ^■'. . derc^amus fupf lentes omnem defeStem filemutéA 

T : wn^a , Ji quu ^bfiuritate verbarmm , Jeu * «fitf 

qutnnodûlibet reperttujueritimfrmmjfis. Jmstameê 

quod ex diâis Concejfiombm , creéUionibas imfeiià 

diâorum Ducatuum là Comitaluum bétbemm y 

mhis v fnecejfmbus f$qfiris im In^eriofalvMmmé^ 

neat , (^ illafum. NuUiergo bomimum UceatbâM 

moflrafublinMtioms y iU$iShrati(mSyere3ioms^cne^ 

timis , décorations s , collaùoms , feu decrett fm' 

nom infringere , feu ei fnovis modo eontravemn* 

Si quis atOemjecns attemptare frésfiemfferH^feê' 

ter indignationem nojiram gravijfimam , fiemm 

eentttm marcbarum puriffimi ours toties , jnÊik$ 

eontrafaâumfuerit^ fe mverit irremiffibiliter ih 

eurfurum , quorum medietatemUegalts teofiri éerm 

* il, Jkfuk- rii j ftuffct , rejiduam veripartem * fi^éuMi 

fi^i** J)ucis , (ffbaredum^ aefmecejformnfuormmqfkl 

decemimuf affplicari. In quorum Uffltmonium frâ^ 

fentes fiers juffmus isf Jigillari y ac tnam^neff 

chyrogr^hosntefiimoniummunivimus. A3mm^ 

^^'^^: fcriptum in Civitate nofira Ands/erpienfi , * A 

X^pT f^^^ Catbarina virgims , anno Ineamatioms Dh, 

mini millefimo quadringent^fintomfu^^fimo qutÊtk 

MaximiliâDUS. 

Voicy ce qu^un Hiftorien adjoufteaiixLec* 
très d'inveftiture que deflus. 

^ ^eruxn mubo ma^is miraiere édita expnfin 
^^ animi Cœfaris elma quitus expiicâût tuecéOh 
famquapotiusvoluerttLudovicum SJbrtiam Mt^ 
diolani Dfieem conjlitus quam Joannem Galeat ^ é^ 

Îue ne quis ambigat , curavimus bic ajfùom , C^^ 
Itteras Jincero ^cribi calamo , Maximiliamu Dd 
favente clementia Romanorum Rex femfer Aoffh 
ftus , ac Hungariig , &c. Quum Illuflrts Dommt 
Ludovicus Sfortia Vicecomes , &c. Qm fer muhti 
annos Ducatmt Mediolam[ummacum lamde^ ^^ 

fié 



SUR LES MEM.de GOM. Ltv. VU. ^if 

^ià gubemaruit £îf adminifiravti fiepiùf , &? cêM 
nagna inftantia à Serem(Jim& pnemor^ulf genrtore no» 
flro y fcf à nohis humillmiT p'ecibus reauijierit a 
HitprMiegiMm hujufmôdi- Dmcatûs Mediolam iy 
h^mbardii^ç ^ ComitaiÂs Papite loanni Galtaz 
fjus nepoti concedere .velUmus* Tamen J^flii 
^birihus ratsonihfis , ïsf caufis , ^ Maxime qrioJ 
^afafus lo. Galeat spfum Ducatum ac Comita* 
tum à populo MedioUnenJl recognoi/it : Quod^ui* 
iem fuit in maximum Imperiiprajudici.tm 3 . ^ 
fàia eft dt confuetudiHe Sacri Komani Imperii ne* 
minem mjùam inveftire de aliquo fiatu Jihi Jidh 
\eâo , fi ettm defaélofibi ufurpaverit , veléA aK-^ 
fuo tecogHoi/erit î Genitor nojier perpetwe menio^ 
ria Imperator fertnijjimus j neque ÉleSloref con* 
fenthre voluerunt neque confentirent quodihlfsDâP* 
tatus Çîf- Çomttatus in eum conferretut: Se({uîll'^ 
tuftris SfitrtiaHa Familia rationem haèaijfe t^ids* 
retw^^ xujns egregia facinora & célèbres i/iSoriti 
per nniverfum penè orbem celebrantUf^ & quia 
idierH ttlnlfrii Dominus Lndovicus in eo pAetHcènda 
tubreodstm fapiens eft , & valde idonens efihabitw ^ 
hêinèxfmnrncommodnmfitbdHorum^ &noHpàf^ 
H^am*'Sàetl*hffperii commnSiatem , tttilitatem Çj? 
hnlùimeiAHjii ti obtulimï^sptrOilegium in perfoHani 
fuam^ acfilioi^my^fuccefforufnfuorum^tji^ acttdet^ 
EleSornfn èanfenfu. Et ianquàm bene merrto con* 
fmlimns' privilegium , &. Invejlituram DucàtAi 
McMolantenJii y é' JLmnbaràia^ & Comitatiu Pa* 
fia ^ Scc/pfd'utpublico diplomate à nobis fibicon* 
iefit coHtinetiif. In auorum teftimonium Prafentet 
pîrïjf^mnSy CnoproSigUlopendente muffiri ^ & 
wMra j^àm froprlâ manu fubfcripfimus. Datie ff§' 
Terra'mfira Andverpi^e Se oâavo Uâobtis M, CCÇ<!4 
tCiV'J^egiforum nojlrorumfiilicet Romani viil. Hin» 
'^vero t. 



• • 



• V 



page 4<%y/kftaji0 , Pendatt U déstf iéa /r 
Thne II Y é^i 



^2 PREUVES ET 0BSERVATK)N8 

élâsfe traita féUx iJkmks^ imtrelc ILay ^ ^ FM^ 
déiJMc iCAtâhkb€ , &c. 

TraiHidê Paixentré U Rty ChârUâ VIII. ff 

Maximilian /. Roy dês Xcmaipu , tT' fm 

fUPhilipfn ArehidfiCttAnJhiche , â Sm^ 

lis tdn mil quAtare cens nonamç trois | h 

^493* vingt^irêificpnc Mtq. 

CHarlcs par la g^e de Dieu Roy de FrancCi 
A tous ceuï qui cc& prefcotes Lettres vo» 
root t Salut. Comme depuis noflre advcnemaU 
à la Qouronoe ayooi 4c(ird dctoutnofire gqw» 
& à trc$rlbigticiifë cure & diligence ouïs & poor» 
chaâë leâlut, rqpos&fbulâgeniGmaciioflrcpdi* 
pic, & pour àccparvcoir , cogqoii&ns que téi 
cft le fimveraîn bien que le Roy des Rcqrs Ita 
noOre Créateur ( duquel fcul tenons no&e&Qf»- 
xne ) ait lailTé auimorccls, & qœ par bonne ft 
ièurt: paix tous biens affluent y & qnccDtempsd^ 
celle, JadicCf par laquelle les Rojs ccgnent , cft 
cile?ée & exercée \ & comoxïezperièncejkscixh 
les paflHcs le demoafirc , nofireRoyànmecftnoa 
iclilement ferme & (fadbile ^ maïs gruidcmiaUacact 
&.cxaucé , & que au oontnûre par gncrre & dtvffiool 
advienncnt maux innumerables â nnfuppcwtablcfiM* 
lcx)ppre^on,& affliâion du pauvre Peuple ^aiovi 
lalomngcdenoftrcdit Créateur , fiul antheorde 
paix,À par le conlcil &advjs dcsSeigneiùs de oofln 
Sang, &gens de noftre Cônièil^pris^fiiic &cnh 
clud bonne paix, nnion & amitié avec ks Ro|i 
^ princes de la Chreffienté , qui par Cf-itMi 
avoieut cfld en guerre contre nous &<io(}fc Rop» 
nié , & ne refloit (ènlement que padfiêr & toooracr 
aucuns dffTercnds qui eftoient entre oou^ & ool h 
tres*chcrs&tres-amcz frère &coufîns le Roy dcsRl^ j^ 
nains & TArchiduc Phtlippes ion fils 9 pour adP ^ 

flnds 



LESMEM.DEOQlilLnr.VH. 33» 

trcfio, apr6 que par plnfioui foii nof* 
Secoufînsavoientiiut adverdr iocuas nos 
fovitenrs, qucdelmr part ils dcfiroient 
ttkm defdiu difièitnds , & de iriFte doref« 
ecnoos & en bonne fraternité , union te 
linfi que de nofircpart Tavions toufiourt 
ous eullions ordonné que aucunes jour* 
ooununication^ fnflènt tenuâ f tant lor 
icsdeno(lrepa7sdeBoni]got^ne, que de 
s de Picardie » aufquclles (è fiint trouvex 
il&deurs & Conoinis envoyer de par nous ^ 
» Ambaflàdeurs & Commis tmofci de 
is ftere & confins , Idquels après aucunes 
ications eues en chacun dédits lieux , 
ivïR que pour en(cmUe & tout à une fois« 
k conduire lefijites matières i bricfve de 
i iflbë , cfioit expédient que eux tous fb 
ut &ai&mb]aflent Ufi Nous en cette no- 
& dté de Senlis ^ à laquelle ioumée de 
i il a pieu i la Actée Impériale M^iedé en* 
Are très-cher & bon amy TEve^iîe d'Ey* 
(fat coufîn ^ le Comte de Zollem & autres • ^^^i ^^ 
ille^ & Oraieiirs , Ambai&deun & Gom- denc comte 
moyenner & aydier à la pacification dd^ ^« zoIUm 
xnds , &par Je moyen deiquels, •P&^Sa a^ u 
pourparlcz & communications cuiëi à di- «r oif^n 4'oc# 
is, & en divers UeuX| entrenofitits Am- 
s & Commis & ceux de noditafimeft 
ils ayent aceordé bonne paix finale » unk» 
emrenous, nofire tres*cher ft tres-amé 
nmhin, nos royaume^ pajrs, fetgoeurieSt 
K« fubjets d*Qnepart , & nofdîts Ircre te 
U>y des Romains , ft Archiduc Philippes 
tant en leurs noms que pour & au nom de 
es-chere & trcs-smée coufincM^eguerice 
die fille de noârcdit frère , & tenr deno» 
«fin TArchiduc, leur, pays , iètateurics. 
i&fiibicts d^âtttref ftlonft aion qu'il eft 



340 PREUVES ET OBSERVATIOïJ» 

plus au long contenu es ardcks de ladite Paiff 
delquels la teneur s'enfuît. 

/lu nomisf àlaloftangedeDieu lePcr§\ UFibf 
fcf le Sasftéi EfprH , de la trcs-glorieoft Viapc 
Marie, &detoutela Courceleftiele, bounepaO) 
union , alliance & amitié à toufîonrs ; a cfié, k 
cft faite, promife , & jurée entre le Tres-Ch» 
fiicn Roy de France, Monfieur le Dauphin, Iconr 
royaume , pays , lèieneuries , ferviteurs & fub- 
jets d'une part : fi le Koy des Romains toafioni 
Augufte , & monfieur TArchiduc Philippes £bn fili^ 
tant en leurs noms que au nom de madame Mff- 

fuerite d^Auftrichcfilkd'iceluy Seigneur R^ des 
Lomains , & fceur de mondit fieur rArdndoCf 
pour eux, leurs pays ^ fëigncories» fbnrifeeurs,'a 
lubjets d'autre , par laquelle toute rancime , 1» 
ne & malveillance des uns envers les antres fitf 
abolies &c(lcintes , & toute injure de fii^ ft de 
paroles oubliées & rcmifes ; & de ce jour en antf 
iccux Seigneurs Roys & meffieurs leurs cnfiuife 
entr'aimeront, chériront Stfàvoriicront l'on il'io< 
tre , à fçavoir lefdits Roys comme irores & bons 
amis, & mefdits Sieurs leurs enfans comme bons 
parcnsles uns des autres. A^fRi, Que en devant 
ce que ledit Seigneur Roy Tres-Chrcftien fit 9 aprA 
. le mariaee de luy & de la Reyne , dir& & deckicr 
par fes AmbafEideurs , qu*il envoya 4erâi keoi 
Sei^eurs Roy des Romains & Archfdnc , 00*9 
denroit de renvoyer par delà ladite Dnne liff* 
guérite , & la fèroit conduire honorablement fe> 
Ion (on edat en telle ville ou lieu qa*il (croit id« 
vifé : & àcette fin Tavoit fait mener & oondaiR 
julques en la ville d'Amiens, il a derechef fiât di« 
re & déclarer aufditsAmbaâadeurs, qnetooflons 
il a efié, & encores eft de cette memie intenttao /^ 
& vouloir: Et pour mettre la choie à cxecutioD» /f 
g ofièrt & offie de,i (es deQ>ens, dedims le irai- .^ 
fielme jotur da mois de Juin proebHoeiDiBt ve^ .^ 



SURLESMEM.DECOM.Lnr.VII. 34' 

gant , la &'re partir de la ville de Meaux où elle 
t& prefentemcnt , &d'îllec la faire mener & con- 
duire honorablemeDt felon que à Teflat d'elle ap* 
parricnt, en la ville de Sainâ Quentin , Et néant* 
moins dés maintenant la mettre es maîns des Am« 
baffîdeurs deldics Seigneurs Roy des Romains & 
Archiduc, pour avec ceux que le Roy ordonnera, 
]a mener &* conduire audit lieu. Item , Que nia* 
dhe Dame illec venue, elle fera pleinement deli* 
ftéc é» mains de^ Commis à ce ayans pouvoir 
deCijjcs Seigneurs Roy dc$ Romains & Archiduc 
delaVeçevoir, en baillant parlefdits Commis aux 
«ns d'îccluy Seigneur Roy Tres-Chrcflicn rxquît 
i& defçharge fuffilant , contenant que lefdits oei* 
gnears Roy àcs Romains & Archiduc en leurs 
noms, & auiB comme pcre& frère de madite Da- 
me Marguerite , au nom îSc eux âi&ns forts d'el- 
le , cognoiilront qucicellc leur a efié rendue, ou 
À Jenrfciits Commis , dcfchargée de tous liens de 
mariage & autres obligations & que de ce , enfem- 
blc lie toutes promef&s obligations & fèellcz qui 
touchent la peribnne d*elle , ils tiennent quitte Se 
defchargé ledit Seigneur Roy Trcs^hreftien, Se 
tons autres qu'il appartiendra , ^aufquels lacho- . 
ic peut toucher , & pareille reçognoiflàoce , de» 
daration& quittance fera par ferment madite Da- 
me Marguerite , après qu'elle fera £s mains de 
ceiaqui feront cpmmis à la recevoir es pays de& 
dits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc^ 
bem , Que le Roy Tres^Chrefticn & monfieur 
TArehiduc demeureront entiers à pourfuivre, fou- 
flenir& recouvrer chacun d'eux par voyc amiable, 
nadejuffa'ce, 6tnonaptrçment, tous tels droiâ$ 
ft aâions qu'ils enteodent & prétendent avoir é$ 
cfaofe qui ne font appointées & décidées par cette 
Pljîx , & mçfmement demeure mondit Sieur T Ar* 
ehidiic entier en tous drpiâs , querelcs &aâions 

qu'il imimiem avoir acquis par le Traité de Taa 

Y 3 qua- 



341 PREUVES ET OBSERVATIONS 

quatre vingts & dcox, elqiids il nVi raKmoéai 
renonce: Et kRoy demciire «qffi entier àfbdk- 
nir&diebatre au contraire. Bem^ Que kiGomtt 
deBourgoogne, Artofs,CharoIo», ftlctfocorie 
de Noyers , lèront dés mainieiiaiit rcndob pir k 
Roy, & tous autres qn^l appvtiendni , au Roy 
des Romains comme père & Mainbour de mou- 
dit Sieur l'Archiduc , & à ioeluy ndoofagiieiir P A^ 
chiduc , pour en ioiiyr en tous dn>î€b & pioAst 
ainfi & par la manière que de tncieimcté en ool 
ioUy les predcocflêursdemondft Sieur PAcdiidiic^ 
£uif efdits Comtez d' Artds , CharolM ^ de fii- 
gncurics de Noyers , les droiéts royaux , rdfat 
«Souveraineté, & autres droîâs apptttcnaos la 
Roy : Etaufli oue les villes & ciu^caiiz de HcP 
dîn , Aire , & Bethune , eftans prdentdiieQt m 
robe]^nce du Roy , demeureront en la^vde de 
xnontieur des Querdcs Marefthal de FraiMse , fe- 
cuei les gardera ûnslesftaiz& de!jpctt$ de rnoodit 
Sieur rArcIiidctc, autres que des gages anciem ft 
droiâs Qoe ont accouftumé pren£eles G^ritatocs 
defdites Places , & fera (erment an Roy, ft pro- 
mettra de les bien garder à là (êuretépoor lesdroiâi 
à luy appartenans , & i môndit Sieur PArcUdDC 
de les luy garder auffi à (à (ëureté pour tes draitt i 
luy. appartenans , & qu'efdites villea & chaitamt 
sine mettra aucuns gens de guerre antres qoepos 
la garded'icelleSy & non pour porter prefudieeoB 
dommage au Roy, ou àmonditSîeiirrÂrdiidnif 
leurs royaumes , pays , fujets , terres ft feignes* 
ries : Et le Roy & mondit Sieur TArcbiduc pto- 
mettront , & dés maintenant promettent par ce^ 
te Paix , de non luy ordonner du contraire ; ft 
s'ils le fàiibicnt, le defchargent en ce cas de toBS 
iêrmens, k tout jttf^ues mondit Sieur l'Archidoe 
aura aecomply l'aage de vingt ans qui (cra la fil^ 
veille de la Nativité Sainâ Jean Baptifte, rannd 
quatre cens quatre-vingts dix-huiâ. 6am , Qoe 



■MASa 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. Vn. 34} 

mdic Sieur rArchidoc vcm audit aâgc , spris 
rir fkit au Roy la feancé & bomtnagc pour les 
rs qui font tenus de ùl Souveraineté , ou qu*il 
a deaëment & faffitàmmeilt&loQ la nature des 
ï j offert & prefenté par efieâ , faire kfdits 
uté & hommage* Le Roy Usol tenu de fidre 
ttre & délivrer par iceluv feignenr des Quà> 
i , & autres qu'il appartiendra , ceiSras toutes 
:u(ès ,• iefdites trois V iUes& Cha(ieaux is umoB 
inondit Sieur i*Arehîduc on fes Coinmfs : Et 
ce faire baillera dés maîmenanticeluy feittieur 
i Qucrdes fon feellé , & aoUi en aura detthar- 
& ordonnance du Roy. 6em , Que it maudit 
ïur des Querdes allait de vieâtrefpas avant que 
luy monneur rArchiduc (bit venU audit aa|$e ^ 
!uy ou ceux qui feront en Cbn lieu ordottnet& 
mmis de par tle Roy à la garde deOices tr<MS 
Iles & Chafteaux feront^ avant qu*fls avent 
mne adminiftration' touchant ladite garde, Km* 
ibies (èrmens & promdfes en baillant leurs ièel* 
, comme diteft cy-ddfiis dudit Sr. des Qutr* 
i ; & auflileRoy fera tenu de pareul&tousàu* 
s qu'il appartiendra , rendre ou fwe rendre à 
mdit Sieur TArchiduc ou à fes Commis }efdites 
Iles & Chafteaux , luy venu audit aage , ayant 
t au Roy lefdits foy , & hommage , ou idOlits 
fck% tels que deilus c(l dit. I$em , Que dorant 
\h temps , & jul^ucs mondit Sieur l'Archiduc 
accomply l'aage que deiTos > & fait teiSits dés- 
irs , les ÔfScicrs de Jullice & Receveurs du 
miaine , & autres Officiers , dcfquels la difpo- 
on appartient au Comte d'Artois , qui preun^ 
nent lont Iefdites trois villes de Hefdin, Aire> 
Bethune , feront entretenus & continuel eq 
irs Offices , en prenant Commiffion demoQdît 
ur rArchiduc , en luy faifiint ferment en tel 
; requis. Aem , Que quant à la Qté let Airas ^ 
revenu & temporel (èra rendu & delaiifêâr£-« 

Y 4 vcfque 



S^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

ve(quç & Chapitre duditArras , auquel ilippiit 
tient , foubs le reflort ordinaire du £(af Uiage d'A* 
miens , en la manière aotoullamée. Et quant an 
Capitaine , le Roy auquel appartient en difpofoi 
&ra content de iiillituer celuy qui de prefentydi 
<Dti fera durant ledit aage , nommé de par moaficor 
l!Archiduc aux gages accouftumca « eofàiûotpff 
Jedit Capitaine ferment au Roy^ que durant ledit 
iH^e il ne fera ne ibaârira é{m fait , au moyca 
dt ladite Cité , aucune cbolcau prqudice&donh 
mage du Roy ne de ion royaume ; Mais mondk 
Jiiçur TArchiduc venu audit aage , ladite Gtéii> 
ra pleinement remifo en la main du Roy , poor 
en 4i(poC:r &y mettre Capitaines &gardçstelsqiie 
{)on luy femblcra. Item , Que par cette Paix la 
maUbns de Flandres Sb d'Artois en Paria , & la 
maifon de Con flans Jiors Paris , feront rcodnâ 
& delivr^js au Roy ics Romains , comme Peic 
& Mainbour àiccluy monfieor T Archiduc, oa 1 
leurs Commis. liem « Que mondit Sieur TArd^tv 
duc fera tenu en furfeance fi bon luy fcmblc , de 
reprendre de fiçf du Roy > & luy taire hommage 
des terres & feigneuries e^ans de la Souvenioe* 
té f ju(que$ à ce qu'il ait accoa)p!y ledit aagede 
vingt ^s , fans que ccpcndatu le Roy ou CrsOfr 
ciersy puiflent aflëoir fa m jin p^r feauté de fief dûd 
iait; mais aalQ dés maintenant , S^. nond)flaiit 
Icfdits devoirs ou roprifcs non faits , le Roy » fd 
Juges & Officiers auront ! a joiiyffance desrel&Kt, 
Souveraineté & autres droits qui d'ancienneté ont 
appartenu aux Roys de France , & dont les Jagcs 
& Officiers Royaux ont accoutumé cqgnoiflre & 
ioiiyr. J^ns , Qa^ le Roy iouyra des Comtez de 
Mafconiiois , Auierrois , & de Bai-fur*Seine * 
ainfî & par la manière quMl en joiiyt de prefcnt, jaP 
ques à c^qa*ilfQitCQgncu&dcc;dé des druiâ^ d( 
^ions; prétendus par chacune dçs parties. Jtâm , 

^ tmU Ift i^H^xm^ ^ rc4<litiqa faite de madita 



SURLESMEM. DECOM. Liv.Vn. 349 

Dame Marguerite , enfemblc des païs dclTufdits 
G:lon ce prefcnt Traiâé , &lcs (curetez &fccHcz 
baille^ pour la reftituiion des trois Villes , feloti 
que dit jcft cy-delfiis , les Princes , Seigneurs ^ 
Villes & Comoiunautcz de ce Royaume feront 
fc demeureront acquittez & defcharge^dçsftelkz 
[lar eux biillez en ^'aa quatre-vingts & deux , en* 

rit que touchent Ja reflitutfon deâits païs,&au(^ 
de la^ 'personne de tnadite Dame Marguerite , 
& demeureront lefdits fcllez feulement en valeur 
pQBc AMtant qu'il pçut toucher les droiâs « que* 
relies^ aâious rcfervées par ce Traité * , à iça-^ VfT-Vt 
voir i mondit Sieur TArchiduc tels droiâs qu'il *^*** * 
pçeceQd luy avoir eilé acquis par le Traiâé dudit 
Vi quatre-vingts & deux , & au Roy de pouvoir 
debatrc^ & (bqileair le contraire , comme deflus 
didit I & IcracctEc dçlcharge efcrite auxdosde& 
dits feellcz. Item^ Qqç les ijcnefiec^ qui font de 
patronnage lay efdifs Gomtcz d'Artois, deBour- 
gODgne , Chaioloîs , & feigneurie de Noyers , 

Siontçfté donnez par le Roy Tres-Chreltien , 
litemcnans ou Commis , jufques au jour de 
cette Paix y demeureront à ceux qui en ont eu 
collation ou prefentation dudit Sieur Roy , fefdits 
Iitentenans ou Commis. liem , Que les fubjets 
d'un party ou d'autre pourront hanter & convcr- 
jfr.oiarchandcmcnt & autrement les uns avccles 
^mres j & à chacun defdits partis mener & faire 
Gpndutre par mer , par terre , & par eau douce 
lciu:$ biens, vivres , denrées , ^ marchandifes en 
tgote fcureté , fans qu'il foit requis par eux do 
prendre ou lever aucuns faufconiuits , en payant 
cp ch^cuq party les anciens tonlieux , dcbtes & 
droi^ qui fe font accouftumcz payer & lever en 
tfmps c|e pai^ , & ceflàns les nouvelles exaâions 
i injppfitfons qui en temps de guerre (c font le- 
véçs en chacun party fur les fubjcts de l'autre par-» 
ly I JQ^ \^ 4çnréç^ ^ marchandifeç qui y Qot cft4 



34^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

menées. Ifem , Que en cette Paix fbiem cipccF 
ioDcnt cominris , comme fubjets & af^MCteniis 
ao Roy, ks citez , villes & bâiiliages de Toor* 
Bay , Toornefis , Mortigne , &Sainâ Amand; 
cnicmble les Evefque , Abbcx , g^ens d'EçlUc , 
Nobles , Bourgeois , & autres fubjett & haMun 
d^ceux. Item , Que auffi en cette Paix fimtcooh 
pris les Alliez de chacun party cjr-aptèsaoauiia, 
rafëmUe lespaïsj terres, leigneurics, lèrviteuisft 
fubjcts qui compris y voudront c(lre , & dcat Ds 
icront tenus faire déclaration , à içavoir œuxfii 
feront dénommez Alliez, ayaos leurs pays , «tencs 
& (cîgneuries par deçà la mer êc les monts , de- 
dans quatre mois, &les autres plus lotngtainsde* 
dans Tan ; &(c fera ladite déclaration par Lettres 
patentes MUits nommez alliez qu'ils envojcront 
au Prince qui les aura nommez , lequel par fis 
Lettres patentes , où feront infoées IcfSites Let- 
tres de déclaration , en avertira en dedans fcdk 
temps le Prince de l'autre party, & lefdites decls- 
rations 6c devoirs faits , cdlëront toutes voyes de 
faiâ , & exploits de guerre & d*hoftilité à rencon- 
tre dofdits Alliez , leurs païs, terres, &(êignea- 
ries , (èrvitcurs &fubjets. Rem , Que par œpie- 
fcnt Traité de Paix , a c&é d*aa commun goûkd- 
tement déclaré & accordé que TEvelque de dm* 
bray Comte de Cambrefîs , les cens du Ckigf t 
de la Loy , manans & habitans de ladite Cité , b 
ville du Chaftcl en Cambrelis , & toute laditeOxn- 
té y les chaftcaux , forts , places & villages dodit 
paVs de Cambrefis , & les habitans d^iceux fixoot 
& font compris en cette Paix» joUyromdesUeDit 
rentes & revenus qu'ils ont en chacun party , ft 
pourront hanter & fréquenter en iceuxmarchaiide- 
ment & autrement, comme de tout temps ils ont 
accoufhimé faire en temps de paix , & (êroot 
quant à ce entretenus en leurs anciens droiâs , fran* 

cbifes & libertez , & auffi is nouveaux oâroysA 

ico* 



SUR LES MEM. DECOM. U^.VU. 34^ 

feiretezqa'ils ont obttna de cbacon deCibs Pria» 
oçs ; Et fi aucun do^qnclque party qoe ce Ibit ^ 
fiu'lbit entreprilè de fait fur leurs perfbnncs & fiur 
leurs biens , les confovateurs nommez par cette 
Fiix , fous lelqueis €c trouveront ccluy ou ceux qui 
■Droit y ou auroient fait ladite entreprit , en feront 
faire prompte réparation & punition, comme d'in- 
Inâeurs dcpaîx. bem, Quepar cette Pftixeftfiai* 
ce abolition générale, rapeau de tous bans defism 
Se coommaccs pour les fervitcurs & fubjets d'un 
party & d'autre pour quelques cas , crimes , dc^ 
lias , & ofiènces procedans de fait de ^erre , 
querelles ou partialité! <]ue Ton pourroit impofirr 
mfdfes fèrviteurs ou fujets , à fçavoir que le Rov 
de ik pleine puîflànce & authorité royale , fait a 
tons les fèrviteurs ou fujets tant des pays de Bou^ 
gODgne , que des pays de par deçà qui ont tenu le 
party d'iceux Seigneurs Roy des Romains^ mon«> 
fieur l'Archiduc , fuppofé qu'ils fbient des pays 
cftansfousla Souveraineté du Roy, pleine de en* 
tierc abolition de & pour quelconques cas, com* 
snfs ou perpétrez par lefdits fubjets ou fèrviteurs , 
ÛHt en ayant tenu le party ddcitts Seigneurs Roys 
des Romains, & Archiduc « ou lesayansièrvyen 
leurs guerres , les aydé & favorifé de confèil ou 
ntrement , en quelque autre manière que ce fbit, 
ou peufteftre, avoir ofTcnféécdelinquécontre ledit 
Seigneur Roy Tres-Cbreflien, & leur remet, quit* 
le Si pardonne le Roy toutes <^nfcs& peines cor- 
porelles & civiles ;enfemble toutes peines ft amen- 
des adjugées au temps pafS , impofant fur ce filen- 
ee perpétuel à fon Procureur, fans ce qu*il Ibit be- 
Ibinaufdits fubjets (iturviteurs cnfbmbleouàpart^ 
<)btenir particulière abolition ou pardon : Et néant- 
moins ceux qui en voudront zvçit Lettres en parti- 
ieulier, les auront fans aucumfraix. hemjEtptxciU 
le abolition eft faite par lefdits Seigneurs Roy dei 
Romains 6t Archiduc, pour tous ceux qui ont tenu 



04» PREUVES ET OBSERVATIONS 

le partydoRoyY & le&rv7,confcillé&affiflé)& 
favoofc va, ùict de ces guerres ou autrement : ft 
neammoios eft à entendre que par Tabolîtion quife 
dit par cette Paix aux fubjcts d'un party & d'aime 
n'eft prejudicié ou innoué anx abolitions , 9m 
ontcfté élites par les Traitez precedens aux fubjdi 
& fcrviteurs d'un party & d'autre , pour cas 
procedans du fàiâ defdites guerres advenues pa- 
savant Icfdics Traitez* hem , Que tous Prelas ^ 
comme £ve(qucS| Abbex, Conunandeurs, DoyenSi 
Arcbidiacres , Prcvofts , Prieurs , & autres de 
quelque dignitéqu*ils (oient, Chapitres , Conveots^ 
Collcgce & ^lifi:s ; pareillement gens Nobl^i 
Corps de Villes , Communautez & les Particu- 
liers , fubjets ou fervitcurs de chacun party , de 
quelque cfiat ou condition qu^ils (oient ^ reioamc^ 
tont par cette Paix à la joUyUànce de leurs digniteZt 
bénéfices, fiefs 9 terres, fcigneuries, & autres hé- 
ritages , deniers de mariage, de héritages , rentes 
héritières & viagères, dcucs tant fur les domaines 
des Princes que fur Corps des Villes , Eglifes 00 
particuliers , quelque piirtque lelUits biens & ll^ 
ritages foieot fitués & aflis , ou ceux qui les don 
vent (oient demeurans au royauinc ou hors do 
royaume, pour en joiiyr , & poflcder depuis le joor 
& datte de cette Paix , en tel edat qu'ils les txooK- 
rout , c*e& à entendre que ceux qui retoumctoot 
i leurs biens , par cette Paix feront entretenus ft 
•gardez en pareille pollcfiion ôç. joUyf&nce deleots 
dignitez, jBenefices & autres biens qu*i1s, ou leori 
predccef&urs eftoicnt paravant l'empefchement fo^ 
.venu à cau(è des guerres , dq>uis Tan mil qoattC 
cens fcptante , & dont à l'occa(ion defditesj;iM» 
res, & dorant icelles, ils auroient e({édepo(ttdci; 
nonobftant quelcqpqoes dons ou di(pofîtioDS I 
temps ou à toaiioufs faits au contraire, pour caur 
fedefilitcs guerres , par le&u Roy I/>uys , OU \t 

Roy prefew, de cç qui eft dç leur party i Et pi» 



SURLESMEM.DÊ GÔM.Ln^.VflJ i4lf 

ftillcment nonobftanf femblablcs dons fait» par le 
feu Duc Charles , & lefdits Seigneurs Roy àt$ 
Romains & ÂrchKluc , dts biens cftans eh leur ' 
party» nonobftant aulli quelconques DcclaFitfoiif 
de conâfcacions , Sentences ou Arrcds rendus par 
contumaces , qui d'un party & d'autre, pour le 
bien de cette Paix^ font mis au néant & cfeclafe^ 
nuis , nonobfîant encorcs quelconques venditions 
d'iccux héritages ou rachapts defdites rentes , fi 
aucuns s'en trouvoîcnt avoir efté hits durant IcÇ- 
dites guerres , à ceux ou par ceux qui ont eu^don 
dcSlic» héritages ou rentes. îtem^ Que pour l'cxc»- 
CQtioa de l'article précèdent , les Juges ordrnaircfl 
des lieux , ou leurs Lieutcnans en chacuiiparty, 
feront tenus de remettre ^ reftituer & rcîntegrct' 
fomm^rement&de plàin^ nonobdant pppofitions 
on a{^llations quelconques , & fans préjudice 
d'iccHcs, les fubjcts de chacun party /qui par le 
benclSce- de cette Paix retourneront à leurs bicns^ 
Et s'il dlbefoin d'avoir la main forte pour execu^ 
tec les appointemens & provifions defdks Juges 
ordinaires ou leurs Lieutenans , les Princes oa 
knrs Lieutenans , en chacun party la feront bail^ 
1er, &ne fe bailleront ou depefchcront es ChaiH 
oclloies, ou Chambre de Gonfcil défaits Princes 
Lettres ou provifions- aucunes , pour empcfcher, 
retarder oa délayer le retour des fujets de chaëllii 
parlai leurs biens : mais lefdits fubjets-rtïui^ cq 
lajoupânce de leurfdits Bénéfices j héritages ou 
biens- ji fi autres y veuillent demander iauesn droiâi 
ils y itQxxidront pardevant les Juges , aufq^idsl» 
cqnioimnce en de vra appartenir. - '' 

Item , Que fur cet article de retourner! &% bieaa 
Ibonr cconpris les aneicnt lèrviteurs^ dé ftw^* 
Dncs.Phiiippes & Charles V qui depuis Irtrl^as^ 
dndit Duc Charles fe ^nc tenus au party- &'ôbei(^ 
finceduRoy, Icfqucls par vertu de-cettd^Pais- 
jaôycoacdes poifioasL&'i^ifioiis dc^vivicfs-àeiit 

.•j doap 



3fO PREUVES ET pBSJStVAtlOm 

àomei & affignez dé^Ie vivaàc d'iceluy Duc 
Charles ^ fur les Doimioes des Corniez d'Anoii 
& de BcHugoogne. Aem^ Qoe fiaocunshcrits^ 
oa rcnces ont efté vendus par décret rendu pc 
contomaoe , pour debtesbypotheqodes dont lesdcb* 
tcurs foflbil en party contraire ^ ledits dcb* 
teors on leurs héritiers poonont dedans Tan , i 
compter do ioiir de la publication de cette Paix, 
retourner auldits héritages ainfi vendus , en &ti^ 
fidfiut à la debte pour laquelle ils aoroicnt cftf 
vendus, & dcaetez, avec les ùm décriées: Ek 
fidcdans ledit an ne &dsfbnt dudit den, le deact 
demeurera en fk force , làuf toutes voyes , que fi 
ledit debteurvouloit denier la dcbte , cm pcopdEr 
payement, il yfcrareceu en nantiiSoit les dénias 
comme s*il fut comparu & eût eOé oujr « pour 
empefther l'efict de Tadjudication dudit décret, 
entendu aufS que les dcbteurs qui par vertu (kcet 
article retourneront à leurs herio^es vendus par <fc* 
crct, ferai la charge des rentesdont iccuz hérita- 
ges eftoient chargez avant ladite adjudiottionrEa- 
cores s*il£s trouve que ladite adjudication (oit finte 
par défauts pour debtes pures pcrlbnnelles , de^ 
quelles leldits dcbteurs euflênt obtenu don ou qQi^ 
tance , ou party & obeïf&nce , où ils (ont demeih 
raos, en ce cas lefdits debteurs on leurs heritias 
pourront dedans Tan retourner de plain droit ileois 
héritages ainfi vendus par defiiuts & contonisces : 
Et pardllement en toutes autres matictcs Eock* 
(iaftiqncs ou prophancs , tous défauts on contuma» 
ces donnez contre les abfens pour canfc deCdittS 

Sucrrcs, fc pourront purger &rabatre dedans Pau; 
^ fi S'eitfefid le retour auCûits biens immeubles , non 
fèulcoicnt de ceux dont les fubjets d'un party à 
d*aaire ont e(lédep<^ au moyen ddrdkcseuerref, 
mais de ceuxc^ui leur ftntftccedèz & efi&ns par 
focoeffionn^infoMt par teftament , don , ouau- 
tt« titre fuppo(S, ores que au jour deâitescffibean» 



SXmLESMEM.DECOM.Liv. VII. 3^1 
CCS , cctts qui retoorneront fullcnc demearàns ea 
Ton des partis, &ceax aufquds ils entendent foc* 
céder (oient trcfpiflci en l'autre party, & fituront 
klHits héritiers oufucceflèors termes & (ôufltance 
de trois mois , depuis le jour de la publication de 
cette Paix , pour relever les fiefs & héritages à eux 
advenus» des Seigneurs de qui ils Ibnt tenus. Item^ 
Que quant aux fruiâs & levées des héritages ou 
rentes donnez parrecompenfè en chacun party par 
Lettres des Princes, leurs Lieutenans , ou Com- 
Olis , tout ce qui a cûé levé , donné ou quitté de« 
pais le commencement des guerres & diviiions 
commencées en Tan 1470. oc durant icelles julr 
qaes au jour de cette Paix , demeurera levé , don- 
lié & quitté, fiuf toutes voyes 9 ques*ilyavoitaa«> 
ciiDS héritages qui par Sentences de Juge competant^ 
données paniesouy es, ftiflcnt fourgaignées 00 adju- 
gées aux créditeurs pour arrérages de rentes , de(^ 
Juels arrêtées a elté fait don ou quittance , ledit 
on ou quittance n'auront lieu que pour les arréra- 
ges efcheusentempsde guerre , depuis ladite Sen^o 
tence^ & non pour ceux qui paravant & en temps 
de Paix feront elchus , & pour lefquels îeClits hé- 
ritages auroient efté adiugez. bem , Et au regard 
des meubles qui ne feront levez ou transportez , 
mais (c trouveront furies héritages aux lieux auf' 

Îoels leldits fubjets de chacun party retourneront: 
Ix anfli Quant aux debtes & arrérages qui n'ont efté 
donnez a levez , & dont n'en eft procès , ils ap- 
paiticiîdront aufiiitsfubjets, & non à ceux qui au- 
XQjetit don gênerai de leurs biens meuble$./#^ffi)Que 
pour avoir la iouyl&ncc des dignitez , Bénéfices, 
ûeà , héritages , & autres biens que les foviteurs 
cmfubjcts deTundes partysont , ou auront en au- 
tre party , ils ne pourront eltre contraints à faire 
rdOoence au party où feront lefdites dignitez , Béné- 
fices, ûck , héritages ou biens : Et pareillement 
ne icront tenus de faire aucun ferment au Prince 

ou 



3fi PREUVES ET OBSERVATIONS 

oa au Seigneur (bus qui font lefdîts biens, fàuflcf 
' ficfftz & vafl&ox , qui feront tenus faire le ferment 
defeauté félon !a nature de leur fief , lequel pour 
cette fois ils pourront faire par Procurcdr , & en 
auront foufirancedc quatre mois après la publica- 
tion de cette Paix, fi plus n*cn ont par la Coolta- 
me des lieux. Item , Que ceux qui retourneront 
i^leurs biens par cette Paix ne feront , ne auiO 
leurs hcritnges , pourfuîvables pour les rentes fon- 
cières ou furcens cfcheus durant le temps de guer- 
re : mais feront tenus les de(chargcr & acquitter 
ceux qui defdits héritages ont iouy par rccompdh 
le : Et f] lefdits héritages clloicntparlcfdites guer- 
res demeurez en ruine oc (ans labeur , ceux aufquds 
ils appartiennent (cront déchatgci^ dcfdites rentes 
h furcens pour le temps qu'ils n*ont eflé labou- 
rez, & julques au jour dec:tte Paix. &»f,Qu*3 
ne fera fait, mis ou donné aux biens, fruits, ren* 
tes & revenus que les fubjets d'un partjr , ont otf 
auront éb païs , terres , & fcigneuries de Pamrc 
party , ne pareillement aux corps ou pcrlboncs dcf 
ditsfubjets, leurs biens , denrées & marchaûdifcs 
qui le mèneront d*un party à autre , aucun arrcft 
ou cmpefchement (bus ombre d'autres prifes , r^ 
prîfe, arrcft ou empefchementd*autres biens, qotf 
l'on dirojt efhc faits fur les fubjets de TautrepaiW, 
leurs biens, denrées & marchandifes, t>ourcho(a 
advenues durant lefdites guerres an temps psffi, 
ou quîcy-aptés pourront advenir^ fî ce n'cftpoar 
le propre faiâ, contrads , debtes ou obligatioM 
de celuy ou ceux dont Ton voudroît cmp:fciie( 
ou arnfter Icfdirs fruits, levées , dentées oc nudV 
chandifcs : Et ne fc bailleront ou dcpcfchcront 

Îar lefdits Princes ou leurs Chanceliers audoncf 
iCttrcs de reprcflàîlles , marques ou contre-Qla^ 
qucs, ou autres provifens pour&irc à Pcncontre 
de cet article aucuns arrefts ou empefcbcmens des 
perfonnes des fubjets de chacun party. b^m^Q!^ 

pir 



i 



SUR LESMEM. DECOM.Li\r. Vtt 3^3 

lar cette Paix , les gens d'Egli(ë , nobles ^ bour* 
;cois , tant fervitcurs & officiers du Roy ^ mar* 
Jiands de la nation de France , que autres de quel* 
|ae eitat ou condition qu'ils (oient , qui fe font 
hitntct des villes d'Arras & de la Cité , depuis la 
urprilë d'icelle en quelque lieu ou partyquclef^ 
lits abfentez (è (oient retirer , pourront toutes les 
bis que bon leur fcmblera retojirner , faire leurs de* 
peores & niarchandifes en ladite Ville & Cité ^ 
ws que on les puiilè accu(erou charger des cho- 
ies faites & advenues par cy-devant dépendantes 
ia fait defditcs guerres , ne des fubmiâions ou 
>romefIcs qu'ils auroient fait de non partir defdi« 
ss Villes ou de y retourner dedans certain temps 
[bas confi(cation de leurs biens , (bmmcs de de- 
liers , ou autres peines qui feront & font réputées 
Aolles : & fi lefdits abfencez ne veulent retourner 
iemeorer efdites Villes & Cité , ils n'y pourront 
:fire contraints , foubs couleur defdites promcl^ 
[es ; & neantmoins pourront hanter & converfèr 
n^rchandement & autrement. en laditte ville &ci« 
té , & en chacun defdits partis comme les autres 
objets , & (bit que lefdits abfentez retournent à 
leors premières rclidences , pu qu'ils fe tiennent 
dehors enceluy des partis que bon leur(èmblera^ 
ils jooyront en toutes chofcs du bénéfice de cette 
paix , & auront des maintenant y comme les au* 
très fubjetsde chacun party , prompte^ paifible ^ 
8t entière jouylTance de leurs bénéfices , herfta* 
ges , rentes heritables , ou à vie , & autres biens ^ 
meubles & des utenciles d'hoilel , qui encores 
Gmt en nature , fans, 'que en leurs maifons ceux 
^les occupent ou autres puiilènt rien oftcr, de* 
molir , ne emporter. Item^ Pareillement les gens 
d^glife 9 nobles , bourgeois 9 & tous autres ^ qui 
fiMilotentrèfidcren la ville de fainâ-Omer > da« 
laotque ladite ville elloît neutre, & qui depuis à 
foccafion des divifioni 6ç des prinfes & reprinfes 
rm( Il Z d'i* 



\ 



|f4 PREUVES ET CffiSERVAimfr 

dHcelle yen fi»! tbSmtn^ ksiuciiiis jOûotie km 
• Mat Tolomé , & lei aoirct pour Icm «fiiicii 
& ncantmoiiis lear a cflé inteidit rcntiéeftcQ» 
nraiiicfltiooeniceUC) poQcyTivre «nfi qit*Sltt 
fiMcnt durant tadtencmrtlité; accordé cuqneMl 
Icfditsgensd'Egttic^ nobles ^boorgcoit, mW| 
fthabkansainfiabfens & dcbootés en qMlqileBe^ 
qoîls fi: foicot retirct^, lèroBC rdiiftq;m , ft le^ 
niis promptement en la jonyiEudcede leurs bôe* 
fices, maifbos , deméoranccs, reotcii ft podtf 
fions qu'Us avoicnt au ' temps qoe brfiae fiOe 
cftoit en neutraMté ^ y pourront vivra & dcmnn^ 
en paix comme les autres habitans^ diceHc viBè^ 
^nli qu'ils Êùfinent le lemp» paffî ^ nopohftl^ 
quelconque interdiâion ne autres diofi» aocco^ 
traire, qui pour le bien de paix fi>BC angnllées i 
enfèmblc toutes ofienfts & injures defiUts habilàfll 
les uns contre les autres , pour caiife des qocRl^ 
lés , feront remilès & paidonnées , fins qu*OD0 
puiàè ancunecholè quereller ou demmder , à) 
tout cobté & réputé pour non advenu , ft qmÉÊ 
la reftitution de leurs ElUls <|u'ils avoient eu I 
dite ville durant ladite neutralité, ils en poumir 
faire pourfùîte en Juftice. Item , Qik MaAi 
Marguerite d'Angleterre , vefVede fcuMoiii 
Chines en fon vivant , Duc de Bourgongntf 
ta , & eft comprilè en cette Paix , & coofii 
Roy qu'elle jouyta des terres , & feigoeufie 
Qiaucins , & la Perrière , leurs appartenanc 
appendanccs fîniées en la Vicomte d*Auxor 
amii que en jouyâbit fcaë Madame la Du 
Yûbcao, mère dudit feu I>ic Charles ^ aur 
de vingt mil e(cu$d'or , félonies lettres dv 
port & tihire qu'elle cna. lum^ Quedclar 
Koy tres-Chreftien ont efié & font dénom 
allict la tires fàcrée Majefté Impériale , le 
de GaOille , d'Angleterre . d'Efcoâe , H 
de Bohême | & de Navarre , le riche ; 



u 



SUR LES MEM.DE COM. Liv. VIL 3^^ 

Bavière , le Comte Palatin , & tous les Ducs & 
Wlsiiibns en Bavière , les ElcâeuFs du fainâ-Eiu* 
pire , le Duc & inaifon de Savoye , le Duc & 
coaifon de Milan , le Duc & Seigneurie de Veni- * 
fe , le Duc de Lorraine , le Duc de Gueldrcs , 
le Marquis & maifon de Montferrat ^ rEvefque 
Sl àxédu Liège , les Ligues des SuiiKs contcde- 
rex t vieilles , & nouvelles , les Communautez 
de Florence , &dc Gcnncs , & delà part de((iit$ 
Seigneur Roy des Romains , & Archiduc , ont 
efte dénommez leurs alliez , ladite trcs-facrée Im- 
périale Majefté , les Roys de Caflillc , de Hongrie^ 
de Portugal , Danemarck , d'Angleterre , & 
d'Efcoilè , les Elifeurs du fainâ Empire com- 
me , le Roy de Bohême & autres, le Marquis & 
inaifon de Montferrat , rEvefque & cité du Lie- 

Se , & tous l^s Princes de l'Empire , les Ligues 
es Saiflès , vieilles , &. nouvelles , les Citez &- 
Communautez dudit Empire , & (i lefiiits Princes 
feoleot chacun de (à part nommer autres alliez, rai- 
le le pourront par leurs Lettres patentes dedans 
quatre mois , lelqucls ainli nommez feront decla- 
tadon dedans quatre autres mois , ou. dans Tan 
entbivant ainfi que dedùs e(t dit , $*i]s y veulent 
tare compris , tous lefquels alliez défia nommez 
ma qui le nommeront en faifant la déclaration d'y 
fonloirclire compris dedans le temps , & enma- 
lîierc que deflùs efl dit , feront compris en cette 
Vmt : cnlèmble leurs pays , terres & feigneuries^ 
fcrrîteurs& fubjets. /tex». Que en cette Paix eft 
ioflî compris comme Confciller & lèrvitcur du Roy 
mcffirc Guillaume de Haraucourt , Evcfque & voit les 
Comte de Verdun , tant pour fa perfonnc , que Mcmoîrcs 
pour ledit Evcfché & Comté de Verdun , terres ,,J?^fi'''^' 
fi^neuries , ferviteurs & fubjets. Item , Pareîlle- 
IDent feront compris en cette Paix , du confentc- 
•cnt dcfdits Princes , l'Archcvefque ^ gens d'E* 
• gliiè , nobles, citoyens , manans , & habitans 

Z z ^^ 



3J^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

de la Cité de Bexançon , iouyront des biens qaHl 
ont en chacun pany , & feront entretenus en 
leurs anciens droiâs , franchifes&libenez./iMf 
Que pour l'entrcteiiicmcnt de cette Paix , & afin 
qu'elle foit gardée fans aucune infraâion , onteOi 
& Ibnt adviiécs les feurctcz qui s'en(oivent« 

Premièrement , Que le Roy Tres-ChrefficH 
pour luy & monlicur le Dauphin , & mcCiits Siems 
les Roy des Romains & Archiduc , pour eux ft 
faifans forts de maditc Dame Marguerite, paflè* 
ront , recognoiftront , ratifieront & confirmaOBt 
par leurs Lettres patentes ce pre(cnt Traité de 
Paix, & feront fcniicnt folennel Cir le fuflde li 
vrayc Croix , canon de la Mellc & fainâs Eofli* 

? files touchcï corporellemsent , .d'cntretemrcepf^ 
cnt Traité de Paix en tous fes poinâs& articles, 
h faire entretenir par les gens de leur ConCnl , 
Officiers , (èrviteurs & fubjets , fkas en quelque 
chofe que ce (bit aller ou venir , faire & (boftir 
eflre fait quelque chofe au contraire, dircâemeot 
ou indireâement , & à ce fubmettront eux & 
kurs hoirs , leurs Royaumes , pays , teires , & 
&igncuries ; cnlèmble à tontes cenfures Ecck- 
fialtîques , nonobftant privilèges au contre. Afl», 
Et confèntiront , que (i par eux ou leurs fuccefleius,' 
ou aucun de par eux e(toit contrevenu à ce Tndté 
par notoire exploiâ de guerre & entreprit: deËùS » 
comme (î par iceux Seigneurs Roy des RomftnsoQ 
Archiduc, ou futur mary d'icelle Madame Mtf^ 
guérite , ou antre de leur party eftoît procédé pff 
voyc de faiâ , main forte, emblée, ou autrement, i 
la prife de quelque ville, place, ou autre fort do 
party & obeïflànce du Roy , ou defdites trois villes 

qui demeurent en la garde de monditSieur desQoff* 
des; ou (i lefdits fleurs Roy des Romains, Archtdoc^ 

futur mary, ou autres de par eux entroient à puil&D* 

te & main<armée dedans le Royaume, & amts / 

paysduRoy ^ uns (on gré & confentement , ooptf I 

à li:/ 



SUR LES MEM. DE COM.Liv. VII. 317 

mitres cas (cmblablcs cnfraindoicnc , ou fouffroicnt 
cnfiraindre ce prefciit Traité de Paix : Et fcmbiable* 
ment fi en cas pareil IcRoy Trc$-Chrcilicn,moa(icur 
le Dauphin, ou autre de par eux, proccdoient par 
Yoye detuit, emblée ou autrement, à la furprife 
d'aucune ville , place ou ion tenant le party & 
dbcîO&nce d'iceux Seigneurs Roy des Roi;iains& 
Ardiîduc, ou de l'une dcfdites trois villes, ou que 
i puiflànce & main-armée entrailcnt dedans leur 
pus pour leur faire ou à kurs flibjcts guerre : En ce 
Ç98j & en chacun d'iccux , ou autres femblables, 
celoy qui premier fera ladite contravention on com- 
çiencera ladite guerre fera tenu , promettra & pro- 
met par cette Paix, furfon honneur, de inconti- 
nent & pour le plus tard dedans iixfemaincs enfui* 
vans , de réparer ou faire reparer par citèt ladite 
contravention, A: rendre tous dommages & inte«- 
icib, à peine d'cftre tenu & rcputé notoire infra* 
âear de Paix, Ipem. Et d'abondant le Roy , pour 

Êureté de cette Paix, fera bailler aufdits Seigneurs 
oy des Romains, & Archiduc les Lettres «fcel- 
lezde Meneurs les Pues d'Orléans , de Bourbon, 
^ Nemours , des Comtes d'Angoulefmc , de 
fAontpcfificT , de Vendofmc , de Monfieur le Prin- 
ce d'Orengç, mefijeurs les Mare{chaux& Admirai 
de France, & par les Citez, Villes & Communau- 
té de Paris, Roiicn , Lion , Poiôiers , Tours* 
Angers , Orléans , Amiens , & Tournay : & mcl- 
dits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc feront 
ftmbîablemçnt bailler les Lettres & feelk7. des Ducs 
de Zafiè ^ Marquis de Bade, monfieur de Ravedcin, 
les Cooites de Nai&u , de Zolern , le Prince de ccft Fcde* 
Qiimay , les Sieurs de Bevrcs, d'Egmond , de rîc comte d^ 
Ficnncs, dcChievres, deWalhaîn, àc Mokm-f^^^^^^^^ 
bais , duFay, du Frefiioy , du Grand Bailly de. zom duquel 
Haynatt( , & par les Villes & Communautcz de u eft padé 
Louvain» Bruxelles, Anvers, Boifleduc , Gand, ^r«*^*»« 
Srugçs , l'IOç , Douay , Arras , Sainft 0.iKrU\y,]fl5f 

Z3 Mons,jtfï.,6v 



! 



^f8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Mons y Valenciennes , Dordrccht , Midelbonrg |^ 
& Namur : lelquels Icellei d'an pany & d'autre 
condcndront promeilè de entretenir , & faire en* 
trctcnir ce prefcnt Traité de paix .* Et que s*il efloit 
contrevenu par le Prince duquel party lefilîts (èclla 
& bailleront , ou aucun de pariuy , dont la refit* 
fution & réparation n'en fîift faite dedans fii f^ 
maines cnfuivans, ils, en ce caslèront tenus d'a- 
bandonner & dclaiflèrccluyqui aura fait laditç coq- 
-traventîon, & donner faveur, ayde , &aflî(hma 
à celuyfur qui droit fait ledit exploitée entreprit, 
& leur cù par ledit Traité de Paix ordonné ainfi le 
iàire , & dont dés maintenant ceux qui bailleront 
lefdits (cllcx , font cfdits cas de contravention & 
rupture, defchargez de leurs (brmens.* Etleiqacls 
feellez le bailleront d'un codé & d'autre, àfçavoff 
de la part du Roy en la vil le de Thcroticnne , & de 
la part de mefdits Sieurs Roy des Romains & Ar* 
chiduc en la ville de Saind-Ômcr, dedans le |Mt- 
micr jour de Septembre prochain venant, /tem , Et 
avec ce«les Lettres de ce prefcnt Traité de Paix ffr 
ront Icîies , publiées & cnregiiirées , à (cavoir 
celles du Roy en la Cour de Parlement de raris, 
prefent & confentant le Procureur du Roy , & anffi 
en la Chambre des Comptes : Et celles dcfdiks 
Seigneur Roy des Romains & Archiduc en leur 
grand Confeil , prefent & confentant leur Procu- 
reur gênerai , & en la Chambre des Comptes i 
riHc , & (èra donné & adjoufté foy aux viJhma 
& extraits qui (c feront des Articles d'iceluy Ibos 
ïècl autcntique , comme à l'original , pour tons 
ceux qui s'en voudront ayder tn Jugement & de- 
hors, /umy Et fontdcfnommez Cbnfcrvateursde 
cette Paix de la part du Roy pour les marches & 
quartier du Pays de Bourgongnc , monficnr le Prin- 
ce d'Orenge , monficur de Baudricourt Gouver- 
neur de I5ourgongnc , & les Baillifs de DitoOi 
Chaaions , Authun , & Mafcon > oo leurs Lien- 

tC! 



SUR LES MEM.de CQM. Liv. VIL Sf? 

tenans: Pour les marches <le Champagne , & de 
Rhcteiois , moniteur d^Qrval Gouverneur de 
Champagne , les B^îHi^ de Sainâ- Pierre le Mon- 
(lier , de Troycs , & de Vîtry , ou leurs Licutenans; 
Et pour les marches de Picardie moniicur des 
Qucrdes Marefchal de France, mcfficurs les Bail" 
lifs d'Amiens , de Vermandois , Scncfchaux de 
Ponchieu, de BouUenois, & Gouverneurs dePe- 
ronne , Montdidier & Royc , ou leurs Licutenans ; 
Et pour la mer monfîeur l'Admirai , fes Lfente* 
nans ou Commis. Item y de la part de mefdîts Sei- 
gneurs Roy des Romains & Archiduc (ont de- 
nommex Confervateurs pour les marches de Flan- 
dres & d'Artois monficur de Nal&u , enfemblc les 
Gouverneurs'^ de rifle,* d'Arra$,& Bail lifs cfdits*^^^*^?^^^^ 
pays, chacqn en fon endroit : Pour les marches tannoys^ 
de Hainault meffieurs les Princes de Chimay & de Moiem 
grand Bailli de Haynault ; * Pour Luxembourg ^*'^:.. 
monfieurlc Marquis de Badcn : PourBourgongnc contay^st 
le Gouverneur du Comté de Bourgongnc , & les de Foicft 
Baillifs Damont, Daval, & de pôle: Etpourlacftoit lor 
mer monfieut de Bcvres Admirai , fes Licutenans ^Arr""^ 
ou Conumis. Tous lerqucls Conservateurs denom- « Antolm 
met en chacun partjr, feront tenus faire prompte Roiiin Sj 
& fommaîrc expédition , fans forme & figure de d'Aimcric! 
procès, de tous cas qui efcheront & dépendront 
delà réparation & redîtution qui fe doit faire par ce 
prefent Traité , des contravention , înfraéhon , & 
cntrcprife à rencontre de cette Paix , & feront 
leurs Sentences , ordonnances Sx, provilions mifts 
à exécution realement & de faiâ , nônobllant op- 
pofitions ou appellations quelconques làuf toutes 
vpycs , que en cas d'appel de Sentences diffiniii- 
vës dont feroit appelle, ceux qui les auront obte- 
nues feront tcnu$ de bailler bonne & fuffifante cau- 
tion fubjctte , avant que avoir la délivrance de ce 
qui leur feroit adjugé, pour le rendre au cas que la 
Dcntence débits Confcrvakurs fuft infirmée par la 

Z 4 Cour 



$6o PREUVES ET OBSERVATIONS 

Cour fouvcraine : ou fi elle eftok annullée ft h 
qu*il y eult nouveau Jugement pour fournir Icjo- \t 
gé» Iiem , Pour ce qu'il cfl: aflè% apparent , qœ 
sprés cette Paix publiée, retrouveront de chaam 
party plufîeurs gens vagabonds & oyfèox , qui fc« 
ront légers & enclins à toutes roberies, lardos A 
pillcries , & dont fi pourveu n*y eft , pourrcuent 
advenir de grands dangers , & ne (èroit ièur pour 
les fujets de chacun party aller par les chemins 
marchandement , & autrement , advifê e(l qvfi 
fera fait Ediâ , lequel dra publié en chacun pa^ 
cy ; Que toutes gens de guerre & autres v^abooc 
qui ne voudront retournera faire leurs mefners& 
labeurs , ou qui n'auront entretenementde vivre, 
& ordonnances defdits Princes, ou entretenemcnt 
ou fcrvice d'aucuns Seigneurs, dont ils facent ap- 
paroir par Lettres defdits Seigneurs , lefquels fe* 
ront rcfpondans de ceux qu'ils advoùëront efire 
leurs fcrvitcurs , feront tenus eux partir & eux re- 
tirer hors des villes & du plat pays dedans tel temps 
qu'il leur ftra prefix > .& ce fur & à peine ledit 
temps pafië , d'eflre bannis dés pays de chacun 
party , & d'eflre abandonner à toutes Jufliccs, & 
aux gens du plat pays de les pouvoir prendre ao 
corps , & les mener à la plus prochaine Juftice 
pour les punir, bannir & contraindre à eux depiN 
tir& tirer hors defdits pays , fans y pouvoir retour- 
ner, & d'cflrc punis dos cas dont ils feront trouvât 
eflrc charger , fans en faire aucun rcnvoy ou r> 
mifHonau Juge , ou à la Juftiee dont ils fc vou- 
dront dire fubjets. Item , Que pareille provifîoOy 
& de femblable câct, fera taite& mifèpourceox 
qui par la mer exerceront aucunes deflrouilès oa 
robcries , de quelque party qu'ils foicnt, à fçavoîr 
que s'ils ont ndveu , c'eft entendre que le navire 
ait cflé frété &mîs fus pour quelque Seigneur ou 
M^rch'^nd , " " 

magç qu'ils 

po:m 



, l'on fe prendra à eux pour Je donj- 
âWQUtfait; Et (i font gens qui n'iiycqt 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VIL 361 

oînt de chef , autres que d*cux-mefines , ils (è- 
>nt abandonnez à tous ports & havres où ils dc& 
endront , pour les prendre au corps ^ & faire leur 
rocés fans en faire aucun renvoy au party dont 
s fc diront oaadvouëront edre. Item^ Que d'un 
aity ne d'autre ne feront reccus ne fbufienus ceux 
ui feront aucuns exploits ou entreprilè au prejudi- 
e de cette Paix <, & s'ils (è retirent d'un party i 
autre , quelque don , grâce ou abolition qu'ils 
yent ou pourroient avoir cy-aprés, ils feront pour- 
iiivables & pumïlàblcs des infraâions & entrepri* 
ss qu'ils auroient faites à rencontre de cette Paix, & 
ourtantne fera tenue la Paix pour rompue. ùeTn^ 
{ue lefdits Seigneurs Princes , leurs Lieutenans & 
>fficiers donneront ayde & ailiOance les uns aux 
ûtr€S à rencontre de tous ceux', de quelque efiat 
ncotidîtion qu'ils foient, qui feront delayans ou 
sfoâns d'entretenir cette Paix , lefquels feront de 
hacun part^ abandonnez comme ennemis de la 
hofe publique : & ceux qui les ayderont d'argeât, 
e vivres , ou en autre manière les recevront ou 
ivcmferont feront pareillement refponfàbles de 
MIS dommages par euif faits , & repdtez infra- 
leurs de Paix , & comme tels corrigez & punis; 
tem j Que tous lefdits poinâs & articles deflhs 
Cents fe paficront, confirmeront & ratifieront dés 
oaintenant par Lettres patentes d'iceluy Seigneur 
loy Trcsi-Chreftien , & pareillement les AmbaC» 
ideurs de latres-facrée Impériale Majefté,&deC 
b Seîciîcurs Roy dos Romains & Archiduc , à 
lavoir Révérend Père en Dieu Mcfflre Guillau* 
ic Evefque de Eyftad , Mcflîre Chriftophle Mar- 
lîsde fiaden, les Comtes de Nafïàu, de Solne, 
s Sîres de Walhain , Daymerîes & de Poîhcm 
Abbé de Marolles, le Prevoft de LîcgeA de Saînâ 
k>nas de Bruges, Meflirc Thomas de Plaine Pre- 
lent du grand Confeil defdits Seigneurs , Philc- 
nt de Vere 1 dit la Mouche , a Meffire Jean 

r ' de 



gtfa PREUVES ET OBSERVATIONS 

de Montfort Chevalier , bailleront leurs LctMi 
& fccUcx, & par icelles promettront & feront fo ■» 
noent folenncl fur les fainâs Evangiles de Dico, l|| 
canon de la Meilè , & (n& de la vraye Croix, K 
qu'ils feront paflèr ce prefcnt Traité de Paix $xi |j 
dits Seigneurs Roy des Romains & Archiduc, & |i 
leur feront promettre & jurer , félon que aHd^ 
îiu cù en cedit Traité s de iceluy garder & entret^ 
oir , & f^ii^e garder & entretenir en tous & chaouis 
lès p(Mnts & articles félon fk forme & teneur s h 
de tous lefdits pallèmens , promcflès , ratificatioBS 
& lèrmens, fourniront de Lettres defdits Princes, 
inftrumcns publics & authentiques , & de fieikt 
qui fê bailleront es mains des AmbaiBdeors & 
Commis que ledit Seigneur Roy Tres-Chreflies 
cnvoyera devers iceux seigneurs Roy des RonniDS 
& Archiduc. Sçavoir faisons , que oiiy k Vf* 
port de nofdits Ambaf&deurs & Commis ^ eo fiir 
ce grande & meure délibération avec lesSe^œoH 
de noilre Sang , & gens de noftrc Confcil , ivooi 
accepté V confenty «accordé, &par la teneur de 
ces prelèntes (ignées de noftre main y acoq^CDOSy 
conlèntons & accordons ladite Paix , unicHi & atnî- 
(ié d'entre nous , no(fa-cdit trefchcr & tres-améfiis 
le Dauphin y nos Royaume y païs , (èigneoricSi 
lêrviteurs & fubjets » & de nofdits frcre & coo* 
fin , tant pour eux que pour noftredite coofine 
Marguerite d*Auftriche , leurs pays , fôgneoricSi 
ftrviteurs y & fubjets , & en ayant pour agreibte 
tout ce que par nofdits Ambafladeurs & Commis 
a eOé &it & befbngné avec les An^^d^Q^ ^ 
Commis de nofdits frère & coufîn avons paiTé» 
recognu & accordé y pafibns , recognoiflbos & 
accordons tous & chacuns les poinâs & articles^ 
defliis inférez , promcttans de bonne fby , & ca 
parole de Roy y iceux entretenir , garder & ob» f 
fèrver inviolablement , & fans infraâion aucooei h 
Si Doffmm en mandement à nos amez & fcaa L 

Conr '*' 



SUR LES MEM.DECOM. Liv.VII. g^Tj 

i^onfèilters les genstcnans noftre Parlement à Pa* 
îs , gens de nos Comptes , & à tons nos autres 
faftickrs , ou àleursLicutcnans, fi comme à eux 
ippartiendra, que ce prêtent Traité de Paix ils fk^ 
xm publier, cnrcgiftrcr& vérifier, &tont}econ« 
mu en iceluy garder & obferver. Et pource que de 
Ms prelènteson pourra avoir affaire en plufieurs & 
iivers lieux de nofdits Royaume , pays & feigneu» 
ies , nous voulons que au vtdîmus d'îcelles fait 
bttbs Seel Royal , pleine fby (bit adjoufiée comme 
ï ce prefcnc original. En ufmoiftg de ce nous zvon% 
Mtmettrcnoilre feelàcefdites prefèntes. Donn/i 
Scnlislevingt-troîfiefmejour de May Tan de gra- 
ie mille quatre cens quatre-vingts & treize , & de 
aoftre Règne le dîxiefme. Sic Jignatumfub plica^^ 
Charles, tff fufer plicam : Parle Roy, Robertet. 
Et ejifiriptum. LeSa , publicata , c^ regiftrata 
Parffius , h ParUmento^ frafente Çj? conjhttieri^ 
fr Procuratore gênerait Rfgis , quartâ die Jtmii 
mm millefimo ouadringentefimo nonagefimo tertio» 
CûUatio faéla en : Sîc^gnatumjycc^iflùiJ , Coilo' 
fhfaâa ejl. ÉxtraSum à Regifiris Oramationum 
Rxgiarum in Curia Parlamenti regiflratarftm^ 
Sicjigmaumy DuTillet. 

Article ÇepéCfe adjouté auTraitte de Senlis^f0' 
lequel les Ambajfadetirs de Maximilien Roi 
des Romains y renoncent pour lui ^ au titre 
de Duc de Bretagne y qu^ilavoittris^ dans 
la pouvoir quUl leur avoit donne* A Senliê 
le dernier Maj 1493. 

NOus Guillaume par la permîiïïon divine Evef- 
que de Eyftadt , Chrijîofie Marquis de ÉadtH 
Lieutenant & Gouverneur gênerai des Pays & Da* 
dié de Luxenbour^, & Comté de Chiny, EngU* 
Urt Comte de Napu & 4e Viennç Sr. de Breda 

Lien- 



3&f PREUVES ET OBSERVATIONS 
Lieutenant & Gouverneur gênerai de FlandccT, 
Ttdtde Frederick Comte de Some , Jehan de Berjrbes Sr* de 
Comte <k Walhain, fVQlfraxg Sr.dePolbai^j Ànplmne Ht- 
*®^«f ^lim Sr. Daymeries Grand Bailly de H3ynnau,> 
paS V^*^ ^f^^Marroles, Franfois de Bufieiden Ptt- 
Tant pag. voft de Liège & de faînt Donas de Bruges , 7i^ 
«*»• «7» mas de Plaimte Sr. de Maigny , Philippe de Vif- 
•^'* re dit Lamouche Sr. de Couroit , & Jehan de MotO^ 

fart Sr. de Soy , tous Orateurs & Atnbai&cieQil 
du Roy des Romains noflre Sgr. & de Monlg. ^A^ 
.çhiduc Philippe ibn fils, A tous ceulx qui cespn- 
fentcs lettres verront falut : comoieencraiâancli 
paix entre nofdits Sgrs. Roy des Romains & A^ 
chiduc d'une part. & le tres-chrdlicn Roy de 
France, Monl^. le Daulphin fon fils , leurs Roysor 
.snc , Pays , Seigneuries , ferviteurs & fabjcâs d*aii- y 
trepart, aiteûé, entre autres choies con&mi,a& 
cordé, de promis rarticle duquel la teneur (en- 
fuit , Iter^ & pour ce que. ledit Sgr. Roy des Ro 
Itiains, par le povoir qu'il a donné aux Aminfr 
deurs par luy envoyez , s'eft nommé Duc de Bec- 
taignç, foubscouleucd*aucuncs alîanccs poorpar; 
lécs entre Itiv &. la Roy ne , durant les guerres qw 
cftoicnt où Pays de Bretagne ,L & avec ce a voulu 
maintenir , que les Vaflàux & fubjeâtz dudit Du- 
ché, luy o0t fait le ferment , à caufë dcqooyft 
pourroient (buldre inimitict& malveillances, en* 
tre lefdits Sgrs.Roys , & auiïy à cau(e d'aucunes 
parollts demariaîge , que Ton a voulu dire avoir 
■cfté, entre ledit Roy tresChrcftîcn , & Madame 
rMai^ucritte fille dudit Roy des Romains, tefdits 
Ambaflàdeurs , après ce qu'ils ont atRrmé avoir 
puifl&nccj de renoncer audit liltre dudit Duché de 
"Brctaignc , ils, & ou nom dudit Sgr. Roy des Ro- 
.mains, ont renoncé audit tiltre de Duc de Br^ 
taigne, & promis y faire renoncer ledit Sgr. Rof 
^des Romains , enfemblc à -tout droit qu'il poo^ 
rfoit avoir ou prétendre otidit Duché de Brctaignc» 

& 



SURLESMEM.DËCOM,Liv.VIL s^r 

ft ftufly de le faire renoncer à tous lefdits préten- 
dus pourparlers deMariaige; & pareillement yâi« 
rc renoncer maditte Dame Marguerite , fans ce 
que lefdits Seigneur Roy des Romains , & Dame 
Marguerite , ne aucun dVulx , en puiflè jamais 
£ure quelque pourfuiâc , ne aucune chofc Que- 
reller ou demander à caulè dcfdittes prctctidUes 
aliances 6c pourparlex de Mariaige , ne que îcel- 
luy Sgr. Roy des Romains puidè jamais prendre, 
nefby afikribuer ledit tiltre de Duc de Bret'aigne, 
&.eo tant qucmedier feroit, fera tenu abfouldrev 
dtfcharger & quiâer, &dcihiaintenantab(bullenc 
ëe(chargent & quiâent , tous les Vaflàux & fut>* 
jtdx dudit Pays, de tous fcremens qu'ils luy pour- 
roient avoir fait à caufe dudit Duché de Breta* 

S ne , & que dudit article & feroit lettre à parts 
'autel eftcâ, valleur &auâorité , comme fi le« 
dit article eu(l cdé mis & inlèré es articles dudit 
traité ; Scavoir faifons que nous , ledit article & le 
contenu en iceluy , avons es noms d'icclluy Sgr. 
Roy des Romains , tant pour luy , que pour & 
ou nom de Madame Marguerite fa fille , foy fài- 
fint fort d'elle, palTé, accordé, promis , & re* 
eongneu , padbns , accordons , promettons , & 
rccongnoillbns , & le Contenu oudit article pro« 
ine£k)ns faire paficr , accorder , garder > entrete- 
nir & accomplir, félon fa forme & teneur , tout 
srinfy & par la forme & manière , que les autres ar* 
tîcleisdudia traiâé de paix; & que de ce, en fe- 
nms bailler & délivrer lettres , en forme dcue & 
autenticque , par ledit Sgr. Roy des Romains, & 

girmadiâe Dame Marguerite u fille, audit Sgr« 
oy très Chrétien , ou à (es Commis. En tet^ 
moing de ce nous avons (igné ces prefcntes de 
nos mains & à icelles fkit mettre les feaulx d'au- 
cuns de. nous pour & ou nom de nous tous. 
Donné à Scalis le dernier pur de May Vm 

M93. ^ 

Page 



^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

Page 4^8. 1> R<y frit four femme la fdUà 
Duc François éUBretagne , fouravwrlaDuebià 
Bretagne jpaîfiblc , &c. 

4 4. Diw»-. Gontraét de mariage du Roy Charles VIIL 
"• avec Anne Duchcfle de Bretagne » A 

1491. Langez le 6. Décembre Tan 14PI. 

IN mmine ^ ad homrem fanSée ^ ae inSvihê 
„^ ^ H. Trinitatis, Patris, ^Filii, i:f Sphritmfanai^ 
^^l"^ j1men.Càmpoftplurimos^^^^ de ^fi^^ 
trimonio matrimomaléufque cmfenfibus , frajUm 
Deo ipjius Sacramenti auâorey inenndisinterSere^ 
mjjimum , Çj' ChriJliam£imHm Principem ^ èm' 
num daminum Carolum Francernm Regem bnjm 
rnminif Oâavum , nunc Dei gratia regentem^ en 
tma , ^ illiffirem deminam Annam fiUam ae um- 
cam héeredemdefynâi recolend^ memuri^ Prhuifk 
damini Fnmcifci Secundi hujnswmsnit^ Britanmf 
Ducis partihtu ^ex alia^pluriumilluftrinmPrimh 
fum isf dominorum ex Sanguine Regali frop^tl»' 
rum , atque aliorum domimrum , ^ notabtlium 
Vir . jn fcientia ; prudent ia , £3? aliis virtuùks 
injignitorum ^felicemprofperitatem ^ dec$is , ntititâ* 
tem 9 ^ bmum tam commune quàm particukrt 
diâarumpartium , àf totius Reipuilica palrianm 
jam dfàarum zela»tium confilio , ta dicebantjrf 
tos : Demum anno Domini îmllefimo quairjth^ 
gentefimo mnagejimo primo , IndiSione décima 
menjis vero Decembris die fexta ^ Pontifieatus Saih 
âijjimi in Chrifto Patris is? domini moftri domim 
Innocenta , divtna providentia P^^ Offavi efh 
no oâavo in Cafiro de Langejis , Tnronenfis Dtd* 
cejis diélis Serenijpmo domino Carolo Rege ae lA- 
mina Anna , in prafentia mei Notarié tefiiumqa» 
infrafcriptorum , ad hac vocatorumi^ prafentiianf 
fpnte volcntibus ^ confentientibusfuimitti Came» 



^R LESMEM.DE COM. Liv.VIL 367 

f jlfojlolfca ; Prafertim diflo ChriftiaHiJJifm fua 
'otia^ eorum tsf cujufiibet , mer a , libéra , ac 
ontanea voluntate , [uhmittendo fe ipfum » fiiof-^ 
'4€ (ff cujufiibet ipforum hceredes , fuccejores ^ Çy 
Mi^à?» habituros , juaque bona mobilia ^ imtiM- 
lia ^prafentia tsr futura ^jurifdiéiioni ^ coeréiio^ 
f , aifiriâui (sf rejforto ejuÇdem Cornera , j'^oorf 
ffrafcrifta ^ modo iff forma ifffrajcriffis adimplen" 
a lidem ChriftianiJjimHS dominus nofier Karolus 
[ex , &f illujlris domina Anna in prafentia illu" 
rijfimorum Principum dominorum Lndovici Au^ 
fUanenfis , Pétri Borbonii Ducum , Karoli En^ 
^Ufinenfis , loannis Fuxienfis , Francifci Findomien* 
s'Comitum , Guillelmide Rochefort Pùilitis ^Can- Le Chance- 
fllarii Francité , reverendorum in Cbrifto Patrum^^^l^^^'"^* 
\mfinorum Ludovicide Ambafia Albienfis Epifio-^y^ç^ ** 
i , loannis de Rely ^eologia ProfeJ^is , diélid*JiXhf 
^thriflianijjimi domini nofiri Régis Confiffûris , in 
îpifcvpum Ecclejia Andegavenfis eleéii^ unà cum 
btribus aliis ex Regia parte ^ necnon dominorum 
oatwis de Chaalon , Principù Oriacenjis , Philips 
ide Montauban Militis Cancellarii Britannia ^ 
hminorum de Guemeni ^ de Cœfquen Magifiri 
tajoris Hofpitii Britannite , Çj* plurium aliorum 
X parte diéia illufirijfima domina Année ajjiften* 
iftm refpeâivè volentes ^ confentientes ^ ex eorum 
ertis fcientiis , purifque^ liberis acjpontaneis vo^ 
mftatibus , vigore ac forma contraaus vim , au^ 
Soritatem ac vigorem legis ac confiitutionis obten» 
'Xri , quâm meîiàs ^ extenjiàs , diâuî Sereniji* 
nns dominus Rex , ^ illujlrn domina Anna pote^ 
^ant Çîf pojfent: Recognoverunt , ^ confejjifuerunt , 
^ecognojcuntque ferie prafentis publici Injlrumen* 
li , ac fatentur pertraâajfe , convenijfe ypepigijje^ 
Ejf donavijfe , traélatufque , donationes , haStones^^ 
iff conventiones infra declaratas bf fpectficatas fe^ 
cijfe , prout faciunt modo £<f forma fequentibus ^ 
Videlicct quod diâi dominus nojier Rex ^ f*t do* 

mina 



§68 PREUVES ET OBSERVATIONS 

mna Atma ^ ex eommpkna^ pttra » fftmtamêf 

td libéra voluntate , adbomrem , ^ frloriam àh 

tijfimi Crea$oris nofiri Jefu ChriHi , ejtu intemt 

raiee matris Firginis Maria ^ cakRittmfue civiuÊ 

fupernortim , jacro-^anâ^z orthodùxa Ftdei Céàit 

lica iff djgffijpvtorum jacramentorMm ex facm^ 

Jima P adonis Domint nojlrt Jefu ChriJU merUi 

refudantem , fro hom , décore y & faltOe uHit 

que , ^ fatriarum fufradiÛarhfm voltatUOe & 

eonfenfii unanimibus valuerunl , confenfentM ^ ti 

promiferunù prafentifque iti^umenti ferie carfewêh 

re ^ promiUere dixerufff aker alteri , ftomàte ^ 

tege fanéli Sacramenti Matrimmii acctùere pnti 

acceperuta , accipereq$ie dixerufff , videUcet jaah 

JiSus Chriftianijimus dominus nofier Rexjamdtâam 

dominam Annaminuxorem , Q fponfam. Etviti 

verfafupraMâa domina Amtajam Jiàumdomimtm 

mjirum Regem in conjugem , £5' JpoMfmm, In fer 

n/orem ^ contemplationem diâi Mafrimonii ^fat* 

derifque perpetut , ^ pacis in^er Coronam IréPh 

eia , ^ Ducatum Bntannia , Comitatum Nen* 

netenfem fuafquepertinentias , juas earsempartimn 

qualibet diverjis mediis^ qua fongitm ejfet enmâ^ 

re , fibi competere pratenm ^ probonopacis^utriif: 

que patriarum tranquillitate ^ guerrarfim von^air 

ius antea affliSarum , practpuè contemplatione h^ 

noris pet diÛutA Serentffimwm dominttm noffrMB 

Regèm contrahendo diâum nuOrimonium cnm if* 

Sa domina Anna^ eidem domina Amué exbibenâ% 

affeélionuMjue conjugalium per fape diâam émm^ 

nom Annam memorato domino noSIro Régi exlir 

hendarum^ fapè diâta illuïhris domina Ameaprofi 

Ct cas r^^^tS^^fi^ fi^^^^Jt^^'bus , £ff caufam infia$trMm béii^ 

tiva pas, car ^^^^^ t memorato df)mino nojiro Regidonavit , i^^ 

clic furvcf-^V, ûuitavit , tran[porta^it , ^ Mmifit , prt' 

EU>'ch*\ y^»^î/^/^^ /^r»w^»//yêr/>^»^^, eedit^ qtùtat^â* 

^ili. fon"^'^'^ ^ tranfportat inperpetuum^ irrevocabilitef 

nary. £îf hereditoriè pro fe , fitifque fncceJloribms Franct^ 




SUR LES MËM. DE COM. Lit. VU. 36^ 

tmm Rtgibus mrnine ae tttulo donatioms faSa ot 

téurfam diâs matrimmii , in ipJÎHfyue favarem ^ 

géfqueMa revocationeperteflamctUHm , velaUàs 

im ^fterumquovis modofacicnia , in cafiim quèd 

JMi iiâa domina Anna ah hoc fecuh M§$i fféuS^ 

mm iominum noftrum Re^em migraverit abfqttt 

lUefM ^* €Qrum came légitimé procreatis in eornm 

mfoirimonio , antè di3a amnia ^ Jingnia jura ^ 

fftprietaies , pojjijjiones ^ nomina , ratiottes , (jr 

Migationes a$3a domina Anna indiSis Ducatu^ 

Confifa^Mf eorumque pertinentiis comùetentia , ac 

generaliter omnia f^fingulaha alia ionaquacum* 

immobilia , prafentia bffuturaulficnnque con^ 

, psUmntque inveniri ^ apprebendi : Ce^ 

& tranfportàndo ex nunc^pro ut ex tunc^er 

eamdem dominam Annam diâo domino nojlro Régi 

9mma Csf Jingula fua jura proprietatis y poffeffiontSf 

dmmmi , nomina , rationes , ^ obligationes antea 

tiJem domina con^etentia Çff pertinentia , ^fum 

domiman noftrum Regem tanquam in remfuam 

perpetummProcuraàorem inpramijfisjinguln confit* 

tmemdo , prout conftituit ad effeéhm corroborati* 

VMtmf corroborandoque^JbrtificanJo quantum opus 

^Jus anteafapediao domino noJltoRegt inpramijfum 

compétent , in nuUoque eidem prajudicando ^ atet 

derogémdo. Pariter quoque memorattu dominus no* 

JlerKexinfavorem c^ contemplationempro utfupra^ 

vcdtns (ff confentiens eidem domina Anna favoren^ 

fHoritakm aqualem exhibere , oh caufam pramiffam 

aidonavitj cejfit^ dioÉifit^ quiiavit^ tranjporta* 

^rit , & tenoreprafentium donat , cedit j quitat , di* 

mittit ) ^ tranjbortat irrevocabiliter^perpettti ac ha* 

rê£tariè in cafum quèd diâus Chrijliamffimus ah. 

hoc fecuh tranfierit^diéta domina Annafuperviven" 

Se , abfque liberis ex eorum came in matrimonio prêt* 

éiSo îegitimi procreatis y quodabeffedigneturDomi" 

nus n^erjejus Chriftus yomne^taie jus y nomen^ 

rationem , aâionem ^ ^ Migationem ,pnfri€taUm , 

Tom€ U. A a ^ 



170 PREUVES ET OBSERVATIONS 

ac pojfejjionem diSo CbrifiiaMiJfimo antea infrétu^. 
Jis competentia : Itatamen auodPro evitandogutr* 
rarumincommoMtates'^ atiofjuejinfftros et/entnsvt* 
rijim'tliter fecuturos sHter patrias antediâas ^ pré» 
%\\t ne fe diâa illufiris d&m'tna Anna ai alias mt^ttas mmBé* 
remariera ^^^^ convolabst praUrquam cwn Rege future ffi 
Roy^futur ^^^^^ placuerh , i^ fieri licitum fuerit , i/el M^ 
ce qui ani- alto proximiore prafinx^tivo futttro fMccejJore in Cf* 
va , ayant rona Francis anti Maa. Qui tenebitur in etamoh 
féondLT" fHmfacere^ exhibere dido damimo Eiegi Pro tenh 
fiopccs le porerecovnitionem , ^ redibentias feudates ^ tm 
Koj Louys honorabues quàm utiles haSeuus antes débitas ftf* 
^Elle n ^^°^^ Ducatâsy ^ Cômitatâs frcediâorum , am 
pourra alie-/^^^ pertinentiis : Neque patent , a9U JUn liceèit 
tkttlcV'dché diSos Ducatum , ^ Comitatum , eormmnupet^ 
^^,^^^^3^^^tiuentias alienare in alias numus auàm diâi émur 
5j| jianccf *' ^î?''^ Régis pro tempare , ^ juccejp»rum Frms* 
ci a kegum. Item, iùc ukra voluit^ isfctmpa^ 
jam diiius dominus nofier Rex conjlitui ^ proutcmh 
Jlituit eidem illujlri domina Anna in favarem 03$ 
ntatrimonii totam , talem ^^ tantam datem y^iuah 
tam 9 fff qualem diâus dominus nojler RexvJm* 
rat 6f confenferat conjiitui , i^ conftitueratfroib' 
tedefunâa clora memoria regina Car Iota tjMiWéh 
tris novijjimè defunéia , quam Dominus alfdven 
dignetur : Cujus qutdem dotis inftrufmento iSus 
Chrifiianijfimus dominus mfier Rex fe retulit , tf 
referre dîxit ipfum injirumentum : QmdejusUfê' 
iern ténor em de punSo in pun3um$3em demaMS 
nofier rex voluit i*f vult prafentibus pro ifertif 
(sf incorporatis haberi , perinde ac fi incorporais 
foret ^ infertum : Novijjimè autent'uolutiti €Uh 
fenfit , yultque , là confentit idem dominus mJ0 
Rex quûddiâa illufiris domina Anna babeat^pet* 
êipiat , ^ fuafaciat , in cafum quo fupervixefit 
àominum noftrum Regem , omnia ^fingulafuabm 
mobilia quacumque , etiamjocalia , quaiis fjT qua^ 
€umq[U€ prêta fuerunt , veiejfe pottrunt y fumUk^ 



«URLtSMËM.DÊCOM.Ltv.VII. gy* 

ît tempore obitAs diéii domini nojlri Régis ^five ea^ 
tm bona circa fuam perjonam , ejujquc perfomê 
rvUium , Jive pro mantUetUitme fua domûs de^^ 
Mtaùajifa yjtue diéia domina Anna ^ fuis ejfe vulS 
fjpeâare tnperpeiuum^ ocpertinen: Et qufiodprét* 
$s^ amnia , ^Jinguia moao i^ forma pramifjis /^* 
tniAyohftrvanda , ^ adàmPienda contraque nojê 
uiendo neâue veniendojam aiéli domini Cèrijlanif* 
mus dommus nofier Rex , (g^ iUuJhris domina Anna^ 
wurncpu quHiiet , obligârun$ iff obligantfe^ haredef* 
ne fuês ^juas quoque res^i^ bona mobiha , ^ im* 
MO^ilia , prafentia , îjf' futur a : Prafertim promit-^ 
mtes ^ij pr&miferunù videlicet diâi CbrtftianiJJU 
fus dominus ncfto're»^ ^ illuflris domina Ann4 
avertis regifi & reginali refpeâivè fe baiere ^ a$ 
trfetuè habfturospramijfa omnia ^ Jingula rata^ 
ipse grata , &f contra ea non venir e quomodoiibet ^ 
$a aUevtare > pradpuè diSa domina Anna infrH'* 
mtia tS^ de fonfenpt ^ quatenus ^us effet , éSai do* 
nm Princîpn Ôrizate^tfis diâa illuftris dominS 
rûxitmconfamuinei ^feuaffiuiSi Qui quidem domi* 
ms Priuceps Urizatenfii , poflquàm attenté audiviti 
^ intelle xit ( u$ dicebat) pramijpi , ^ quodlibeê 
^omM , quatentiS ipfum taugit^Çifconcernit^ ta»^ 
ereque poteftproquocanque interejfefibi competett* 
f atttcompetituro , fe fubmitteHs ^ proutfupra gra^ 
tfeavit^ ratifie avit , laudavit^ (^ i^probavtt temre* 
*tte prafentn publia inUrumenti ^ratificat , ratifia 
afy latidat^^ approbatfuprafcrtpta: Ac exabun^ 
fauti diâum fuumjus îfl? tnterejje in pfamiffis , ^ 
^ertinentin eorumtn qualicumque aut quantacum* 
ftÊt qualitate , aut quantitate taxari valeat ^ atd 
fflimari^ diâus dominus Joannes Princeps de exf 
trefo confenfujam diSa domina Anna cejjit , qui* 
^'Ovit^tranffortavitj tenoreque prafentiunt ceditf 
ihnat^ quitat^ ^ tranfportat in pérpetuumirrevo* 
rabiliter diâo domino nofifoRegi^ &fuisfuc€effiri^ 
\m Ffâm^nm regibus* ^romittendo , ^promifitM 



372 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fiJem fuam ob hoc in manu met Notarii fuifçrtfi 
torporaliter , prafiitam , ac fuh hypotecats obligjt 
tione omnium ^ Jingulorum bonorum fuorum pré» 
fentium ^ futurorum , fe habere ac perpétué bé* 
biturum , pramijja omnia ^ff Jingula rata aUpa 
grata. Renuntiantes front renuntiarunt , ^ remm* 
tianê diâi conftituti , ^ fubmijji, étc futlibei igfê* 
rum^ pro utfupra , omni ^ totali exceptiom H 
deceptfofti applegiamenti ^ contraplegiamenti , \i 
oppojitionibus quibufcunque. EtfpeciaUter diSaih 
tnina Anna bénéficia SenatufconjuUi VeBejamyEji' 
ihld Divi Adriani , v5f generaliter qnibufcmÊfu 
huic faéto contrariis. De quibus pramijjis (^fjinph 
iis omnibus diâi Chriftianijjimus , cf iUttfiriJfima cm» 
fiituti Lâtteras alias prafentibm in effeâlu (sf fit' 
Jtantia conjimiles inprafentiaGuidoniUCIerCjNh 
iariiregii fub Jigillo ad ContraSus ineundos imH 
€onJlittiti pajfarunt admajorem firmitatem ^ isfcçf' 
roborationem Pnemijforumabfque eo ^ ^ prater U 
^uod perpnejens publicum inJirumeHtum f/lioMtfif 
filas prajenti publico inftrumento prajudici$anp0t 
debeatve afferri. De auibus pramtjfis ommha^J»' 
gulù diéii Chrifiianijfimus cf iUuJiriJJima cof^M* 
ti , Csf quilibet petierunt ^ requifierunt ii^ 
mentum. Aélafuerunt bac in oppidodeZdOÊg^s t 
Turonenjis Diœcejis , fub anno , indiSione , ie i 
menfe , ^ Ponftficatu pradiâi , préefentibm ^ 
fonfenticntïbus conjlituti antediân , necnon illffiri' 
bus Principibus , Ducibus ^ Comitibtis ^ ac éSà 
fupradiéiû unà cum pluribus aliis. Et confinMèédf 
que divertendo ad altos A3us diâi dominm no/itf ! 
^ex , ^ domina Annaprocejferunt ad atdam à' \ 
di Cafhi ornatam pro mijpe celebratione ^ (^ fr j 
iennifatione di et arum Nuptiarum inter tasfraf»^ \ 
rat arum , ini bique in Notariorum infraJir^iirM 
prafentia , pradiSorumque Ducftm , (s? Conù* 
ium , illHjiriJJimaque Principiffa dnmtue Atnâ 
de Francia Borbonii DHciJJk diOi Cirifiianillim 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VII. 37 j 

bmimi ftofiri RegiJororH^ aliorumque Jominorum^ 
2f dominarum plurimorum , jam M3i domini 
'Jifrrjiiémiffimus Rex ^ Uluîlris domina Anna mi". 
Merio diSi Reverendi Patris. domini Albienjit 
Efifcopi diâum matrimonium inter eos , ta pra^ 
Quitter , initiât ttm , per verba de prafenti puhlicè 
ilemnifarunt , alter oHerum , protU fupra , per 
vertapramifa de prafenti accipiendo^ & accepe^ 
wn / aejumjandoqiie ^ defponfarttnt : JucceJJiveque 
Wcè atSus Reverendus Andegavenjis eltâus Mif* 
Mm cum èenediéKone nuptiali celebravit. Adafiie^ 
mU bac tit fupra , fiè^a^o , indiSione , mexfe^ 
Ge y locis , («r prafcntihus refpeSivi fuiradidis. 
iicJigmUttm in originali» Et ego Petrus ÉowTeau^ 
'ikricHS Twronefifis Diœc^s ^ Làcentiatus in Legt* 
bicx , Apofiolicâ (^ Imperiali auSoritatibus Cuna^ 
jne Metropolitana Turonenfis Notarius , pramijjis 
mmibus & fif^ulis dumfic , ut fitprafcribnntur , 
HeereMtur , agerentur , (^fièrent , unà cumfitpe-^ 
'iàs nominatis prafens interfui , eaqueficfierividi 
^ audivi. Idcirco frtefenti publico Infirumento , 
n$mu alterius fideliter fcripto , hic me prcpriamni^ 
m fitbfcribendo Ji^num meum appcfui coiyitettan ^ 
» fukm ^ teBimonium pramijforum requifi^ 
^ y quét approb^ Ainfî figné , MiNET , pn dus^ 
>licato , &c. 

* • 

TN nomine Domini. Amen.HujusprafentisptMi^ -0 
^ ci Injhrumenti tenore cunâispateat evidenter , Ûj? ^^ ' 
fo m4um , Quodannoà NativitateeJufdemDami' i^^^^^yf(/^ 
n miUeJimo auadringentejimo nmagefimo oSauo ^ 
memfis vero Âpriiis die décima oéiava j im met No^ 
Uarii puilici infrafcripti^teftiumque infrafcriptorum , 
>rafenùa , prifens df perfinaliter conjtitutsis. no^ 
Ulis acpotens vir Dominus Philippus de JUhntaU'* 
Vam , armât te MUitia MileSy.Dominustemporalii 
ie Sens , SereniJJima Principiffa , ac Domina Domi'* 
Wég Amta Francia Rcgina , ac Ducijfa Britatmia 

* A a 3 Cm» 



372 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fidem fuam ob hoc in manu met Notarii fuiforifi 
€orpor aliter , prajïitam , ac fiib hypotecats M^i^ 
tione omnium ^Jingulorum bonorum fuontm fréh 
fentium i^ futurorum , fe habere ac perpétué bê^ 
biturum , prtemijfa omnia iff Jingula rata atjm 
pat a. Renuntiantes prout renuntiarunt , ^ rtwuh 
tianê Mai conflit ut i , ^ fubmijji , ^c futlibetiffi' 
rum^pro utfupra , omni ^ totali exceptiom H 
decepttofti applegiamenti ^ contraplegiamenti , \i 
çppofitioftibus quibufiunque. EtfpeciaUter tiiâaà' 
mina Anna bénéficia SenatftfconfuUi VeUeiam^Eju 
ihlà Divi Acbriani , îsf generaliter fuibufcnnfMe 
huic faâlo contrariis. De quibus pranuffis ^fiwgjKi^ 
iis omnibus diâi Chriflianijfimus , Cîf Ulufirijpma cm» 
fiituti Làtteras aliat prafentibuf in effeélu H fiib» 
Jtantia conjimiles inprafentiaGuiJoni leCkrc^N** 
tariiregii fub flgillo ad Contrains inenndos imH 
fonflituti pajfarunt admajorem firmitatem^ Cs^mt- 
roborationem praemijforumabfque eo , ^ frater U 
^uod perpnejens publicum inJirumentHmfUiaiUfer 
tllas prajenti publico inflrumento prajudidnmf^ 
debeatve afferri. De quibus pramtjjisommbmig fi»' 
gulù diéii Chriftianijfimus cf Hlnfirijima Cdn^^ 
ti , Csf quilibet petierunt ^ requ^fierunt it^ 
mentum. Aélafuerunt bac in oppidodeLoHgi^i t 
Turonenjis Diœcejis , fub anno , indiSione , éSi i 
menfe , iff Pontificatu pradiâi , fréefentibm H 
eonfenticnttbus conflituti antedi^è , necnon illifii' 
bus Principibus , Ducibus ^ Comitibtis ^ acéliè 
fupradiâû unà cum pluribus aliis. Et continuèéif 
que divertendo ad altos ASus diéti dominms mfitf 
Kex , ^ domina Annaprocejferunt ad amUm à* 
di Caflri ornatam pro mijpe celebratione ^ (^ fr 
iennifatione di^arum Nuptiarum inter eêtfn^ 
rat arum , i ni bique in Natarsorum infraJir i /iir M m 
prafentia , pradiSorumque Ducstm , tsf. Corn* 
tum , illuflrijfimaque Principi£!e dnmme Anaâ 
de FtéiMcia Borbonii DncéJIk diOi Cikifiiéuifim 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VH. 37 J 

énmmi 9tofiri RegifororÀ^ aliarumque Jorninorum^ 
Esf dominarum plurimorum , Jam M3i domini 
Chriflianiffimus Rex ^ slluSîris domina Anna mi". 
mAerio déûi Révérends Patris. domini Albienjis 
Mfifcopi diâum matrimonittm inter eos , ut p-a^ 
Wêittitur , initiât wn , per ver ha de prafenti publiée 
fblemnifartint , alter alterum , prout fupra , per 
vertapramifa de prafenti accipiendo^ & accepe^ 
rmnt aejumjandoque (^ dejponfarunt : Juccejfiveque 
ilUcè M&us Reverendus Andegavenfis ekâus MiJ* 
fkm cum èenedi£Hone_ nuptiali celebravit. Adajue^ 
rmnt bac ut fupra , fuè^a^o , indiffione , mexfe^ 
die y loeis , (sf prafentibus reffeâivè fupradiàiu 
Sic Jignatum in originali» Et ego Petr us Bourreau^ 
VkricHS l^uronefifis Diœcefis ^ Licentiatus in Legi^ 
tus , Apofiolicâ 6f Insperiali auHoritatibus Curta^ 
fue Mciropolitana Turonenfis Notarius , pramijfis 
omnibus ^ fif^ulis dumfic , ut fuprafcnbnntur , 
Jicerentur , agerentur , (^fièrent , unà cum/upe^^ 
ri As nominatis prafens interfm , eaqueficfierividi 
t^ audivi, Idcirco frtefenti publico I^rumento 9 
manu akerius fideliter fcripto , hic me propridmoi* 
m» fstbfcribendo fiznum meum appofui coiynetum ^ 
im fukm ^ teflimonium pramijforum requifi» 
tus , quét approbo^ Ainfi figné , Minet , pn dui* 
fUcato , &c. 

TN nomîne Domini. Amen.HujusprafentisptMl* -0 
^ à Injhrumenti tenore cunâispateat evidenter , Ûj? , ^^ ' 
fit uoêum , Quodanmà NativitateeJufdemDomi' i^^^^^^t(^ 
m tmllejimo auadringentejimo nonagefimo oSavo ^ 
moffis vero Âpriiis die décima oéiava , im met No^ 
tmrii publia infrafcripti , tefiiumque infrafcriptorum . 
fnefentia , prifens df perfinaliter conjtitutus no^ 
Mis acpotens vir Dominus Philippus de JUontaun 
ton , armât a Militia Miles ^ . Dominus temporalii 
de Sens , SereniJJima Principiffa , ac Domina Domi'* 
tkt Amtte Froacia Regina , ac Ducijpe BritawM 

* A a 3 Coa* 



\ 



s. 



574 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Cmjiliarius ^fuufque CançeBarius , ejufiem Briim 
nia , tenens (sf haùensfuisim manihus Làueras or^* 
naks Injlrument'tten(n'is fuprafcrifti: requh'ems^né 
requifiiHu^ p^ii^ pro ^ nomsne ipfius Seremjfimê 
Prwcipijjaépfas Littp-as per me tranffitmi ^ tréth 
fcribij umwnquevelpluratranffumptMm^^ traf* 
funrpta earundemjibt per me NotariumpubUcum àh_ 
firafcriptum fiers , conjici , atque tradi. Ad cmjms m» 
fiantiarn ipfas Ltttcras , Jicttt pramittitur , fivuta 
i;^ wJirumentafasvtdijpaJpavi infpexi^egi^peiér 
fi , Jûnafque ^ intégras , nonvittataSy mm omfeBê» 
tas , nec in ais jna fui parte fujpeétas yfed amniprorfm 
vitio ^ fufpfcione carentes rçperi, Ideo hocprafem 
jpuhUium Ifsjlrumcntumtranffumptmmisf tr4nfer^ 
tnm , cum originalibus Litterûfupradi£fà callatimh 
$um fideliter ^ débité feci , condids^ ae eidem k 
Mont^uhan nomine antè diâi requirentitradèdi^ei 
Valendmm ^ferviendmn eidemJereniJEma Priwci* 
PiO^j ^ ipfif^^de Montàuban yproutdejure pQteA 
CSr debebit, 4^a fuemnt'hac in cafhro Ambafiarfif 
die . mefstfe , & Indiéliànefiipradifiis: pr^epnii^ 
pd toc venerabUibus iff difcretis vins DontimsToah 
»e CaSoetjJuris utriufque Doâore , Ecclepaf0 
Çorifipitenfis Cafftore iff Canmico , Philippo ^urt^ 
fresiytero ReSore defanSo Seguilmo , acaliàt^ 
tus adpramt^a vocatis Jpecialitery ^ rogatis.' ^ft 
figné, Joannes Minet y Notarius, Et ego Joaimesle 
Minet^ Cléricur CorifopHenJis diœcejisypitkiicm Aff^ 
fiùlicâ i^ Imperiali auéioritatibus Notarius : ^4 
pr^emiffis omnibus iff Jingulis , dumjic ut praim^ 
titur , dicerèntur ^fièrent , prafens interfmy ee 
Lâtteras fitpradîâas duplicari & firibi mannalieMi 
feci , pramijjàque omniajicfeci ac fieri t^di ,&?«•• 
divi.lgftur huic prafenti publico Injbrxmenio nuam 
med propria fideliter fçrhto me fuifcripfi , Jtgnnm^ 
que meum in talibus conjuetum hic appcfui , infidem^ 
robur ^^ teftimoniumveritatis omnsum ^Jingub» 
rsmpTifmifforum requifitus ,^ Çjf. rcgaUtr, 

. "' SÇA* 



^R LES MEM. DE COM. Liv. Vil. j^f 

S Cachent tous prefcns & advenir , Que comme /.f*^îi^^ 
par c7-dcvant cuflcnt efté & par grandes & mcu- u\ $ . ^"éî 
tes délibérations , & preccdens Traitez ^ paro]e8/>MeiB^p«. 
tk mariage entre Tres-Chreftien& fuper iliuibiffi- 
mc Prince Charles Roy de France , à prcfcnt reg* 
nant, d'uncpart; & trcs-iltiidrc Duchcflc Mada- 1491» 
me Anne fille & heriuere&ule& nnrque de feu de 
bonne mémoire Prince » François Duc de Breta* 
gne , Second de ce nom , dernier dccedé , d'autre 
part : Eu le confeil de plufîeurs tres-illufires Prin- 
ces & Seigneurs du Sang Royal) & autres, &auffl 
de plufieurs gensduConftil, & zélateurs du bien, 
honneur & profit tant oommun que particulier def« 
dites parties & pais : Aujotird*huy datte de ces pte* 
fintcs , Icfdites partiçs par Tadvis , & meure deh> 
beration , & pour les canfcsqucdefliis, au lieu de 
I^ai^eais, duDioece&deToors , en U Cour du 
Roy ndlre Seigneur , au Chaftel dudit lieu dé 
I^angeais perfonneliement eftablis; & auffi tres^haut 
& tres^puiilànt Seigqeut Moniicur Jean de Chaa- 
lon Prince d'Oren^ , foy vbulant & confentant, 
& mcfincment ledit Se^neur de fa grâce & bien 
ordonnée volonté foubunettent & ont foubfmis 
CQX 9 leurs hoirs , avec tous & chacons leurs biens 
ft chofes, meubles & immeubles , prefens & àvc* 
nir, à la jurifiliéHon , cocréHon, pouvoir & reG> 
fort de contraâ, ayant force & vigueur entant que 
bdfoin fcroit , de conftitution & authorité de Loy, 
& toute autre vertu, authorité, fermeté & (labili* 
té , tels que mieux leiHits Sieur & Dame pour-» 
foient délirer tant de droiâ que de couftume. Ont 
cognu & confeifé en ladite Cour avoir ùâ& , ôc 
font entre eux les traitez , paâions , donnailbns , 
& convenances cy^-aprés déclarées & fpeiciâées, & 
en la forme & manière qui enfuit. C'est a sça« 
VOIR, 'Que lefdits Seigneur & Dame de leur plei* 
pe, pore^ franche & libérale volonté, à rhonneur 
de DieunoâreCreatcuTi A de toute la CourEc* 
^ ^ Âa 4 clc* 



37« PREUVES ET OBSERVATIONS 

cicfiaftique de Paradis, à l'exaltation de la fofG^ \i 
tholique & des (kints Sacremens , à rbonneor & 
bien defdites parties, &dcleurlSits pais, ont onih 
lenty&promis, &désà preiènt conlèntent&pfo* 
mettent prendre l'un l'autre , par nom & lojr de 
Ikinâ Saaementde Mariage, inftitaé& tuthorifi 
en ce monde dés ion exordejw Diennodre Cm- 
tcur en Paradis terrcftrc entre nospremiers pareoSi 
dans l'eOat d'innocence. C'eftài^voîrleRoyDO* 
flrcSire , ladite Dame& Prince Madame An- 
ne cnfèmme & efpoufe , & ladite Dame le Rgf 
nofiredit Seigneur en n^ary & e&onx , par le moyen 
&mini(leredenofiremetcfamaeEgliic. Itam^ïl 
en faveur & contemplation dudit marii^e , & pour 
le bien perpétuel & indif&luble de Paix entre Je 
Piademe & la Couronne de France , & anffi la 
Duché de Bretagne, pourceque chacune defilftes 
parties , par divers moyens quifooient longs iit- 
citer , prétendent leur competer & appartenir kdit 
Duché de Bretagne^ pour le bien de paix & tmh 
Quillité defdits pàïs , par cy-devant anguft'ei à é- 
fiigez de guerres , & en contemplation de l'hoD- 
neur qu'en contraébnt ledit mariage , le Roy no- 
flre Seigneur exhibe à ladite Dame , comme niffi 
pour les afFcôioDS conjugales qu'elle a , & doit 
avoir ladite Dame envers ledit Seigneur, pour dk, 
fes facceflèurs , & ayans cau(è , a doime , cédé, 
quitté , tranfporté & delaiflë à toufîours mab , 
perpétuellement , irrévocablement â herit^ audit 
Seigneur , & iks fucceilêurs Roys de France par 
titre de donation, fait par caule&raiIbndQâitnuh 
riage, fans jamais la révoquer par teftamentnyan- 
trement , au cas qu'elle ira de vie à trefpas paravaot 
ledit Seigneur , ùn% aucuns hoirs piocreeï d'eox 
Icgitimemcnten leurdit mariage (ce que n'advien- 
ne par le bon plaifir de Dieu) tous&; çhacuns ks 
droits, propriétés, pof&ffions , noms , raifiM», 
lâiousoc obligations competans à ladite Itamean- 



SUR LES MEM. DECOM. Lnr- VIL 577 

fC Duché , en cédant & tranfportant dés àprefent 
omme pour lors , pour ladite Dame audit Sei* 
peur tous & chacuns fes droiâs de propriété , po& 
êffion « lèigneune , noms , railbns , & obligations ^ 
«r cy-devant i elle competans & appartcnans, en 
B conflituànt, & le condituë dés à prefent audit 
WÊ , conune pour lors, en chofcs que defiiis, & 
iiacune d*icelles ibn Procureur , comme en fil 
«opre chofe ; & ce tout en corroborant & fortifiant 
ntantque befoin feroit , le droiél par cy>devant 
sompetant audit Seigneur ; Et pareillement ledit 
iieur cnfiiveur& contemplation quedeifiis, voa-> 
ant exhiber eQ;ale faveur maritale à ladite Dame, 
x>arlef cadês deflùfdittfs , a donné, cédé, quit- 
é 9 delaiflë & tranfporté irrévocablement , per* 
iecodlement, & à héritage, au cas que ledit Sieur 
l^ce qa*à Dieu ne plaife ) aille de cette vie mortelle 
mm hoirs proaéez légitimement de leur chair 
ndit marine , tout tel droiâ , nom , raifon , 
lâkxi y obligation , propriété , poflèjQion par cy* ;. 
levant competiant audit Sieur en ladite Duché , fimr 
jcn ny aucune cho&referver, en cédant & tran& 
xmant dés à prefent comme pour lors par ledit 
Sieor à ladite Dame , tous & chacuDis fes droiâs ^ 
te propriété , poflciTion, * feigneurie, noms ,rai-* «/.util 
bns , aâions , & obligations par cy-dcvant luy 
x>ropetans & appartenans , en conffa'tunnt & con« 
Btoê' ladite Dame dés à prtfcnt , ou audit cas conw 
lie pour lors es choies que dcfTus , & cbacunes d*t* 
^les fi)n Procureur, comme en fii-propre choie, 
ie ce tout en corroborant & fbnifiant , entant que 
»efi>in lèroit; le droiâ par cy-devant competant à 
adite I^e audit Duché. Et pour éviter lefditts 
Eiconunoditez de guerres , & liniflres fortunes 
Tay-iëroblablement à enluivre entre les pays : Que^ 
adite Dame ne comrolera à autres nopccs , fors 
iTCC le Roy futur , s*il luy plaift, & faire le peut, 
m à autre prochain & pt;éromptif futur fucceilèur 

de 



578 PREUVES ET OBSERVATIONS 

de la Couronne , & lequel prochain hoir Icra teni 
en iceiuy cas faire & exhiber au Roy lesrccognoit 
fànccs & redevances , tant honorables que profr 
tables, dcuës par cy-devant par raifbn dudit Da- 
(cbé & appartenances, en la forme & manicFe que 
ont fait les Ducs predeceflèurs de ladite Dame? 
Et ne pourront aliéner ladite Duché & les apptitt' 
nances ,:en autres mains <]uedUdit Sieur & de fil 
fuccef&urs Roys de France. Que pour Icprixdct 
dites aliénations ^ les hoirs dudit Sieur Roy de 
France ne la puiiknt avoir ne recouvrer; &aocii 
qu'il y. suroit enfans procréez defilits Sieur & Da- 
me , & ladite Dame furvivroît ledit Sieur , iodie 
Dame joiiyra poflèdera entièrement ledit paysi 
Duché de Brct^ne comme à elle appartenant. 
AfN», En outre ledit Sieur a voulu & confeotyi 
veut & confènt , conilituë & a conltitùé par ccf 
prefcntcs -en faveur dudit mariage , 2 ladite Dame 
toutV'Unt, &teldoîiaire que ledit Sieur avoitvoiH 

' W. aoble Hi , confcnty , & conflitué pour doc à feu de * 
bonne mémoire la Reync dernièrement trefpIflZ^ 
ihcre dudit Sieur (que Dieu ablblve) à Tinilni'* 
mçnt duquel dot ledit Sieur fe rapporte, Icqndft 
^ute Ik teneur de point en point il a voulue veot 

4,.^;.^ •. '^^Q]-e poufce înfcré & incorporé en cespreicmeSi 
& de tel cftèâ comme s'il y edoit incorp(xé« 
Âem^ A voulu & confcnty, veut& confent ledit 
Sieur, au cas qu'il ira de vieâ trelpas devant la- 
dite Dame : Que ladite Dame ait , perçoive y à 
fiice tiens les meubles , (oient ioyaux de quelque 
& tant grand prix qu'ils pourront cflre , lefqaelf 
-die aura au temps du trefpas dudit Seigneur, 
ibient les: biens avec fa perCxine , & pour le fer- 
vice de fàdfte perfbnnc & ailleurs» que pour Pcn* 
tretcncment defii mailbn , lefquels il veut efbeft 
appartenir perpétuellement à ladite Dame & aox 
fiens à tounours. Et quant à tout ce quedeflus^ 
xiit, tenir 2c accomplir, Cms jamais fâre ne venir 



SDR LES MEM. DE COM. Liv- VH. 37|> 

m contcaire, lefdîts Sieur & Dame , & chacun 

l'cux , ont obligé & obligent eux , leurs hoirs , 

urec tons & chacun» leurs biens &chofes , nieu* 

»les & immeubles prcfèns & à venir : Et incfme^ 

ment ladite Dame en la prelence & ^u confento- 

ncat; entant que bèfbinièroît, dudic tres-ham & 

Dmil&iit Sieur Monfieur le Prince d'Oranec pro* 

3mn parent & héritier de ladite Dame : lArquel 

iprés cç qu'il aoiiy les chofes deilufditcs , & cha^ 

niae d'icelles , entant & pour tant queloy peut 

loucher , pour quelconque intereft quMoy puifle 

competer ou appartenir , lôy foumenant comme 

idKis, a ratifié , loUé , & approuvé ce que def' 

Eus •: Étendit cas d'abondant , (bndif droiâ& iu* 

nreftefdfts Duché, Comté, & leurs -appaitenan<» 

?cs eittelle & quelconque manière ou Qualité que 

fi poanroit monter , taxôr y i ou efiimcr , d u çon(èn« 

cmenr de ladite Dame ledit Prince ûX^rsAgea ce*' 

iéy quitté & trnnfporté à toufîourfmâis irrévôciH 

liraient audit Sieùi^ aux iiens : par "^ ce qu'audit * '/. ptr coa* 

m le Roy Noftrcdft Seigneur a promis luy ftîrc^^«*** ^ 

«comptnfe ailleurs qVsudit Duché , & ont rvnon- 

9é & renoncent leldôs eftabîis & foufmis^ comme 

ieflûs,' i toute exccpt5on & déception <iioiispIei^ ■ *^*' '""f 

{cmcns, contrapleîgcmens , & oppofitions^ quel- "* ' *"* 

xmouesy & ipecialemcnt ladite Dame au-bencfîce 

k Vdlqren , & à toutes & chacuncs ks dholcsl 

ic contraires. Desquelles choies les defluldits Sei^ 

picnr&Dâme, & Prince d'Orange otttpêffé au* 

f€$ lèmbl^les Letttcs en efRt & fubdotice , en la 

NTlèn'ce de Me. Pierre Bourreau LicâïHé aux 

Loix, Notaire, de l'authorité ApoftoHque ; pour 

iIqs giâbde fermeté A: cor roborancc des^Adfès dcf- 

iilâîtes , & fansceque^rbnt. defdites Lettres pUi& 

k'xia doive auctmemênt pn:iudicier à' T^urre; Ce 

fàtHût audit lieu de Langeais , lcfdk& Seigneur 

Bt^pame prefèns y & le Prince d'Orange prefent, 

k cônfeataut és-preioices , conftii & confente^ 

-■ ment 



j 



gte PREUVES ET OBSERVATIONS 

ment de très-hauts , & puii&ns Princes Mcflieo9 
Louys Duc d*Orleans , & Pierre Duc de Bom^ 
bon, Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendofiiie,Mcr* 
Ikurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chancelici 
de France , Révérends Pères MeiTire Louys d'Am- 
boife Evefque d*AIby , Jean deRcIy Doâeur en 
Théologie Confeilèur dudit Sieur, cflcuen Evd- 

3 ne d* Angers, avecplufieurs autres de la part do- 
it Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mefike 
Philippes de MontaUban Chancelier de Bretagne, 
leSiredc.Gucmené, leSieurdeCoetquenGinDd 
Maiftrç. dudit Bretagne , & plufîcors autres de II 
part de ladite Dame auffi pre(èns. Et promiicnt 
lefdits Seigneur & Dame, en promeffis & paroles 
Royaux , & ledit Prince d'Orange par fby fr fc^ 
ment de (bn corps , pour ce baillez corporeilemcn^ 
de non jamais faire ny venir encontre. Et inconti- 
nent uns divertir à autres aâes ledits Sqgneorft 
Dame , procedans en la Salle dudit Chaftcl de Lan- 
çais , où eftoit préparé pour célébrer la Mcffi, 
i: folenuifer lefilitcs eQ)0ufaille5 dcfdits Stcnr & 
Dame ; & iltec en la prefence des Notaires cy 
*«/.dciroab-ibubfoipts, * les defTutaits&pluficurs antres Docs 
^«n«' & Comtes, très iiluûrc Princeflè Madame Anne 
de France Duchefle de Bourbon, fceurdoditSeor, 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nofDbR, 
ledit Seigneur & Dame par le miniftm dudit Rcn- 
rend Perc en Dieu Evelque d*Alby (blennifixcnCi 
& firent publiquement leurdit mariage , & par pa- 
roles de prelènt prirent & efpoutcrent Tun rantrc^ 
comme en tel cas il eft accoo(himé,& pstf le miniib 
re dudit Révérend Père en Dieu ellea en Evelyne 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Bcnediâioa 
nuptiale. Dowîézudit lieu de Langeais , & fidlada 
Seau dont Ton ufe aux Connraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & reifort de Tours , En 
tcfmoignage de vérité , {:fc. le (oziefine jour 

de 



I' 



SURLESMEM.DECOM. Litr.Vn. 3»? 

le Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 
>n2e. 

Pages 489. 490. 494. 5-22. 5*28. (sf dam Icê 
Preuves p. T.ÙauthewparlefortduPi^eAkxém^ 
ire VLqui traverfa en tout ce qu*$l ptf$ le voya^ 
re du Roy Charles VIIL en balte , ^ mefine le . • ' 
Ujf avoir auTtérc ^ pour F exciter d'y emporter ew'* 
^ejcbement* 

biftruâions dom)ées par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d'iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUpcrIoribus diebus Cardinale Gufcenfe referen» i^û^ 
te , D.Georgius Bafardus lAtterarum Apofin^ *4SH* 
Vearumfcriptor^ per fanâiijfiinum D.N. Papam 
ul fuagnum Turcam Nuutius , oratorque mif" 
^MS ^ mt ipfe Cardinaiis dicebat , perillufiriffimum 
O.Joaunemde Ruvere alnM urbis * PrafeTium , *ï«n«î«* 
'Ib^JJimi Cardinaiis S. Pétri ad vincula fratrem ^^' *'*" 
lermateum caùtusjuit , isf apud Sencgalliam de» 
"ewtrn 9 apua^uemidem CarMnalis Gurcenfisc&m* 
^ertof Jfutjli cuxit infomuUiones per eundem fau-^ 
fijfimum D. N. Jibi datas , fuper lis qme i^md 
wagnttm Turcam agere deberet , atue diâus Car* 
Vmalis Gurcenjis Janâijfinto D. ^, ad infamiam 
mprcperabat y quorum informationum Nuutii (^ 
TéUeris ad magnum Turcam tenar. Alexan- 
>EJt Papa Sextus Infiruâiones tibi Georgio 
Jafàrdo * Nuntio bf familiari uq/iro , pofiquamm y ^^ ^^ 
imc recejjeris direâi & quanta citius poteris ibis 
'd fotentijimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
' ethicungue fuerit , qnem pofiquam débité falu- Mémoires. 
(ti/eriSy Çsfaa aivmt Numtnts ttmorem excttartSy ^ • ^ 
tgmficabis ipji umrnne mfiro qualiter Âex Francise 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

ment de très-hauts , & puii&ns Princes McflSeiBl 
Louys Duc d*Or1eans , & Pierre Duc de Bom- , 
bon, Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendofiiie^Mcf* 
. Ikurs Guy de Rochefbrt Chevah'cr & Chancdicr 
de France, Révérends Pères Mcflire Liouys d*Aiii> 
boife Evefque d'AIby , Jean de Rcly Doâeur en 
Théologie Confcffeur dudit Sieur , cflcu en Evcf- 
qoe d* Angers, avecplufieurs autres de la part du- 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mefike 
Philippes de Montauban Chancelier de Bretagne, 
leSirede.Gucmené, leSieurdeCoetquenGrsnd 
Maiftrç. dudit Bretagne , & pluGcurs autres de II 
part de ladite Dame auffi prefèns. Et prominent 
lefdits Seigneur & Dame, en pronie0ès ftparolcs 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par foy & fi^ 
ment de (bn corps, pour ce baillez corporellemCDi» 
de non jamais faire ny venir encontre. Et inconti- 
nent uns divertir à autres aâes ledits S^Korft 
Dame , procédons en la Salle dudit Cludlel de Lss* 

feais , où eftoit préparé pour célébrer la Mcfle, 
: folenuifer lefilites efpoufailles dcfdits Sicv & 
Dame ; & iltec en la prefence des Notaires cy 
* «/.dciToab- ïbubfoipts , * les defFuidits & pluficurs antres Ducs 
RfneB. ^ Comtes, très iiludrc Princeflc Madame àaac 
de France Duchefle de Bourbon, fœurdodicSeor, 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nonte, 
ledit Seigneur & Dame par le miniflo-c dudit Rev^ 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby iblenniloeot^ 
& firent publiquement leurdit mariage , & patpa- 
rôles de preftnt prirent & efpoufcrent Tun TaotR^ 
comme en tel cas il eft accoo(himé,& pair le miIlifl^ 
re dudit Révérend Père en Dieu eflen en Evef^ 
d'Angers fut célébrée Mcilè avec la Benediâioii 
nuptiale. Dowîezudit lieu de Langeais , & fiellada 
Seau dont Ton ufe aux Connraéte Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & rcfibrt de Tours , En 
tcfinoignage de venté , {:fc. le ûivsEaxt joat 

de 



SURLESMEM.DECOM.Liv.Vn. 3»? 

-de Dccembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 
-onze. 

Pages 489. 490. 494. 5-22. 5*28. tf dam Uf 
fireuves p. T.ÙauthettrparlefortduPapeAlexém^ 
dre VLqui traverfa en tout ce qu^il pttt le vofO' 
ge du Koy Charles VllL en Italie , ^ mefim le 
JUJf avoir auTtérc , pour F exciter d'y apporter em'* 
f^htment. 

loftruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d'iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUperioribus diebus Cardinale Gttfcenfe referem» 
te , D,Georgius Baf ardus Utterarum Apq^ *4S'4* 
Ucétrumfcriptorj per fanûijfimttm D. N. Papam 
md ntagnum Turcam Nuntius , oratorque mif* 
fus , ut ipfe Cardinaiis die ébat , peri/lujiri(jimum 
/>. Joaunemde Ruvere alm^e urbis * Prafeélum , ^^^^ 
ilhjbriSfinù Cardinaiis S. Pétri ad vincula fratrem '^* '*" 
gemumum captus fuit , («f apsid Senagalliam de» 
tetfhts 9 apudquemidem Cardinaiis Gurcenfis cont* 
fertasfMtjJi axit informationes per eundem fan^ 
éHJJim$tm D. N. Jibi datas , fuper iis quit i^md 
mta^num Turcam agere deberet , au<e diSus Car* 
dtMolis Gurcenjis Jan£HJfimo D. ^, ad infamiam 
imfroperabat ^ quarum infhrmationum Nuntii (^ 
mraioris ad magnum Turcam ténor, A LE X AN- 
DE Jt Papa 5£XTUS Inftmâiones tibi Georgio 
Ba/ardo * Nuntio bf familiari nqftro , pofiquamm y. ^^ ^ 
Aûw recejferis direéli & quanto citius poteris ibis, 
étdpotentijpmum magnum Turcam Sultan Bajazet 
♦ uUcunque fuerit , quem ptfiquam débite falw Memoîret 
taveris^ ^ad divini Nummis timorem excitaris^ ^**' ^** 
jfigmficabis ipji uomine nofiro qualiter Âex Franci^^ 



fMVS. 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

nient de tres-hfluts , & pui(&ns Priaccs Mcfikmi \i 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc' 
boDf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vcndcfine^Mct 
. (leurs Guy de Rochefbrt Chevalier. & ChaDodkx 
de France, Révérends Pères Meflire Louys d*Ani* 
boife Evefque d*AIby , Jean deRely Dodcora 
Théologie Confeilèur dudit Sieur , cflcu en Evct 
que d'Angers , avecplufieurs autres de la part du- 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince « Mcffiie 
Philippes de Montauban Chancelier de Bre^gne, 
le Sire de .Guemené , le Sieur de Coetquen Girind 
Maiftrç. dudit Bieta^e , & pluficurs autres de 11 
part de ladite Dame aufD pre£ens. Et pionûnent | 
iefiiits Seigneur & Dame, en promcffis & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft io* 
ment de Ion corps , pour ce baillez corporellemCDli 
de non jamais faire ny venir encontre. Et incood" 
nent fans divertir à autres aâes klSiits Sqgneorft 
Dame , procédons en la Salle dudit Chaftel de Lan- 

feais , où eftoit prejnuré pour célébrer la McAt 
: folenuifer lefilitcs elpoufailles dcfdits Sienr & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cf 
»«/.acirottb-ibDb(cripts, * les de(ru(àits& pluficurs autres Ducs 
SancB. ^ Comtes, très iiluftrc Princeflc MadanK i&Dne 
de France Ducheflè de Bourbon , (œur daditScVt 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nontef 
ledit Seigneur & Dame par le minifto-e dudit Rcv^ 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby fblennifaenli 
& firent publiquement leurdtt mariage , & par pa- 
roles de prefent prirent & efpoufcrent l'un ranttc^ 
comme en tel cas il eft accou(lumé>& paijr le minifi^ 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en Evef^ 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Bcnediâioii 
nuptiale. Domté auôit lieu de Langems , & fidia du 
Seau dont Ton ufe aux Connraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & refïort de Tours , En 
tclînoignage de vérité , (^«^. le loiiefme jour 

de 



" :v- 



SURLESMEM.DECOM. Litr.Vn. 3»^ 

le Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 
t)n2e. ... 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. ^ dans le» 
Preuves p. T.VatUheurparlefortduPapeAlexém^ 
ère VL qui traverfa en tant ce qu*il put le voya^ 
pr dm Roy Charles VIIL en balte , Çjf mefme le 
ftJfavoirauTurc ^ pour F exciter d'y apporter ew'^ 
^ejihement. 

Ibftruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 

. Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUperion'bus dîebus Cardinale GuTcenfe referen» iaqaa 
te , D.Georgius Bafardus Utterarum Apofixi* '4SH* 
UcanemfiriptoTj per fanéHJjimum D.N. Papam 
wd magnum Turcam Nuntius , oratorque mif* 
Tm ^ $a ipfe Cardinalis die ébat , perillujlri(jimum 
D.Joaunemde Ruvere ahfhe urhis * Prafeéium , *ï««<>î«« 
rU^ffimi Cardinalis S. Pétri ad vinculafratrem «**'*" 
fermauum captusfitit , («f apud Senogalliam de* 
teittMS j apud quem idem Cardinalis Gurcenfiscom^ 
^ertas jfuijji £xit informationes per eundem fau^ 
8iffim$m D. N. Jibi datas , fuper Us q$ue apud 
magnum Turcam agere deberet , aua diâus Car-- 
tmalis Gurcenfis Jauâijfimo D. JV. ad mfamiam 
mfroperabat y qttarum infôrmationum Nuntii (^ 
watms ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
DE& Papa 5extus InftruSiones tibi Georgio 
Bafardo * Nuntio bf familiari uqftro , ptfiquamm ^ttjut^e 
wic recejferis direSè (sf quanto citius poteris ibis, 
ïïdpotentijimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
^ emcunque fuerit , quem pofiquam débité falu- M«»oîtef. 
Un/eris ^ is^ ad divini Numtnis timorem excitaris , ^*** ^** 
^gmficéiis ipji nomine noftro qualiter ^tx Francise 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

nient de très-hauts , & puiûàns Princes MtflScmi 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc' 
boDf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vcndofiiie,Mef* 
. (kursGuy de Rochefbrt Chevalier & ChaDodicx 
de France , Révérends Pères Mcffire Louys d'Am* 
boife Evefqae d*Alby , Jean deRely Dodcor en 
Théologie Conftilèur dudit Sieur , cflcu en Evct 

3ae d* Angers, avecplufieurs autres de la part do- 
it Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mcffiie 
Philippes de Montauban Chancelier de Bretagne, 
leSirede.Guemené, leSieurdeCoetquenGnnd 
Maiftrç. dudit Bretagne , & plufieurs autres de b 
part de ladite Dame auffi prefêns. Et piomînent 
lefiiits Seigneur & Dame, en promcffis & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft io* 
ment de Ion corps y pour ce baillez corporelleiiieD^ 
de non jamais faire ny venir encontre. Et incond> 
nent fans divertir à autres aâes kfilits Sqgnearft 
Dame , procedans en la Salle dudit Chafid de Lan* 

feais , où eftoit prepuré pour célébrer la Mdtf 
: folenuifer lefilitcs efpoufailles dcfdits Sienr & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cf 
«/.dciTottb-ibDblcripts, * les deiTufaits&pIuficurs autres Ducs 
en»- & Comtes, très iiluftrc Princeflc MadanK An» 
de France Ducheflè de Bourbon, fœurdudttScVt 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nûDobce, 
ledit Seigneur & Dame par le miniftcre dudit Rcf^ 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby IblennifiieDl, 
& firent publiquement leurdtt mariage , & parpt- 
roles de prefent prirent & efpoufcrent l'un ranttc^ 
comme en tel cas il eft accou(lumé,& paijr le minifl^ 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en Evelqne 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Benediânn 
nuptiale. Dowté ^uàit lieu de Langems, & fidlada 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & rcflort de Tours , En 
tcfmoignage de vérité , (^^. le Icizidme jour 

de 



SURLESMEM.DECOM. Li^.Vn. jjf 
le Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. C^ datts lef 
Preuves p, J.L^autiem'fariefortciuPapeÀUxém^ 
ire VLqui traverfa en tout ce qu^il pfit le voya* 
pr dm Roy Charles VllL en balte , Çjf mepm le 
lUJf avoir auTftrc ^ pour P exciter d^y afparter em^ 
^^hement. 

Ihftruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 

. Bajazet Empereur des Turcs y avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUperion'bns diebus Cardinale GtiTcenfe referez iaq^ 
te , D.Georgius Bafardus UUerarum ÀpoflxH '4SH* 
Vcarumfcriptorj per fmâiijfimum D^N. Papam 
wd nsagnum Turcam Nuutius , oratorque mif* 
fks ^ mt ipfe CarMnalis Me ébat , perilluftriffimum 
D.Jaaunemde Ruvere aima urhis * PrafeÛum , ^«n<>"<« 
rtb^Jlimi Cardinalis S. Pétri ad vincula fratrem ^' ^^^ 
fermauum captusjuit , («f apud Senogalliam de^ 
tnefus y apud quem idem Cardinalis Gurcenfiscom^ 
yntas fuijfe mxH iftfomuaiones per eundem fan» 
Siffimiem Z>. N. Jibi datas , fuper ils q$ue apud 
magnstm Tstrcam agere deberet , qua diâlus Ùar^ 
tmalis Gurcenjis Janâijfimo D, N. ad infamiam 
hufrtferabaty quar/tm informationum Nuntii (^ 
watoris ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
DE& Papa 5extus Inftmâiones tibi Georgio 
Bafardû * Nuntio bf fainiliari noftro , poflquamm BêzxâfU 
Kmc recejfiris direSè (sf quanto citius poteris ibis 
wdfotentijpmum magnum Turcam Sultan Bajazet 
^ uUcunque fuerit , quem ptfiquam débité falu- Memoîxef. 
faveris ^ ^ ad dri^ini Nummis timorem excitaris , ^*** ^** 
^SÊtpcabis ipji uomiue noftro qualiter ^tx Francise 

fro^ 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

nient de tres-hfluts , & puiûàns Princes Mcfikmi fj 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc* 
boDf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vcndofiiie,Mcf* 
. (leurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chaocdia 
de France, Révérends Pères Mcffire Louys d'Am* 
boife Evefqae d*AIby , Jean deRcIy Doâcor en 
Théologie Confeflèur dudit Sieur , cflcu en Evd*- 
quc d* Angers, avecplufieurs autres de la part du- 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mcflae 
Philippes de MontaUban Chancelier de Bretagne, 
leSirede.Gucmené, leSieurdeCoetquenGnnd 
Maiftre. dudit Bretagne , & pluficurs autres de b 
part de ladite Dame aufD prefêns. Et pionmênt 
iefiiits Seigneur & Dame, en promcffis & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft io* 
ment de (bn corps y pour ce baillez corporeUemenli 
de non jamais &tre ny venir encontre. Et inconii* 
nent fans divertir à autres aâes kfilits Sc^i;neiirft 
Dame , procedans en la Salle dudit Chaflel de Lan- 

feais , où eftoit préparé pour célébrer la Mdtf 
: folenuifer lelHitcs efpoufailles dcfdits Sieor & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cf 
«/.dciToab-fbubfoipts, * les deiTuuits&pIuficurs autres Ddcs 
S^^*' & Comtes, très iilufbrc Priuceflc Madame i^ 
de France Ducheflè de Bourbon, lœurdiidttSkor, 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nûDobce, 
ledit Seigneur & Dame par le miniftere dudit Rcf^ 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby Iblennifirenl, 
6l firent publiquement leurdit mariage , & par pa- 
roles de prefent prirent & e(jx)ufcrent l'un Taiittc^ 
comme en tel cas il e{laccouftumé,& paijr le minifl^ 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en Evel^ 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Benediâioii 
nuptiale. Dotmé audit lieu de Langems , & folla du 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & refiort de Tours , En 
tcfinoignage de venté , (^^. le CsmsEaDiC jour 

de 



."• ■«■■ 



SURLESMEM.DECOM. Li^.Vn. 3»^ 

le Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 
t)n2e. 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. ^ dans le» 
Preuves p. T.VatUheHrparlefortduPapeAlexém^ 
ère VLqui traverfa en tont ce qu'il put le vcya* 
rr du Koy Charles VIIL en balte , i^ mefme le 
}U fyavoir au Turc , pour F exciter d'y écarter em^ 
^^hement* 

Inftruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 

. Bajazet Empereur des Turcs y avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUperion'bns diebus Cardinale GtiTcenfe referez iaq^ 
te , D.Georgius Bafardus UUerarum Apo^ '4SH* 
ycarumfcriptorj per fanéHJfimum D,N. Papam 
wd magnum Turcam Nuntius , oratorfue mif* 
1ms j ut ipfe Cardinatis die état , perillufiriffimum 
D.Joaunemde Ruvere abna ttrhis * PrafeÛum , ^«n^"<« 
rU^ffimi Cardinatis S. Pétri ad vincula fiatrem ^' ^**' 
fermauum a^tusfuit , iff apud Sencgalliam de» 
teutms , a^dffuemidem Cardinatis Gurcenfis c&m* 
^értasjfuyje Mxit iuformationes per eundem fan» 
Siffimum Z>. N* fit datas , fuper iis qtue apud 
magnum Turcam agere deberet , aua diâus Car-- 
tnatis Gurcenjis Janâijfimo D, N. ad infamiam 
hnfroperabat y qttarum infhrmationum Nttntii (9^ 
watoris ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
DE& Papa 5exTUS InftruSimes tibi Georgio 
Bafardo * Nttntio bf fainitiari noftro , foftquamm (f^jf^ 
Vue recejfiris direâè (sf quanto citius poteris ibis 
ïïdpotentijpmum magnum Turcam Sukan Bajazet 
^ iUcunque fuerit , quem pcftquam débité falu- Memoîxef. 
favertSy isf ad divini Numsnis timorem excitaris^ ^**' ^** 
^mfieabis ipji mmne noftro quatiter J^tx Francis 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

ment de très-hauts , & pui(&is Prioccs Mcfliemi 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc^ 
boDf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendcfine^McCi 
. (kurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chancdicr 
de France , Révérends Pères Meffire Louys d'Am* 
boife Evefqae d*Alby , Jean deRcIy Dodeur ta 
Théologie Confeflèur dudit Sieur, cflcuen £vc& 
que d'Angers , avecplufieurs autres de la part dn* 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mcfiae 
Philippes de Montatiban Chancelier de Bretagne, 
le Sire de.Gucmené, leSieurdeCoetquenGSfind 
Maiftrç. dudit Bretagne , d pluficurs autres de la 
part de ladite Dame aufD pre&ns. Et pranmient 
lefdits Seigneur & Dune, en promeûès & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft £b- 
jnent de Ion corps, pour ce baillez corporellementi 
de non jamais faire ny venir encontre. Et inconti* 
nent fans divertir à autres aâes IcfHita Se^xcurft 
Dame , procédons en la Salle dudit Ciraflel de Loi- 

feais, où eftoit préparé pour célébrer laMcflbf 
: folenuifer lelHitcs eQ)oufailles dcfdits Sieur & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notakcs cy 
««/.dciTottb-fbQbfcripts, * les dciTufaits&pIuficurs autres Dixi 
»«««• & Comtes , très iiluftrc Priuceflè Madame Ad» 
de France Ducheflè de Bourbon, fœurdudttSeVi 
.& autres Seigneurs & Dames en grand nonte, 
ledit Seigneur & Dame par le minifio^e dudft Km- 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby (blennififtoCi 
& firent publiquement leurdit mariage , & par pa- 
roles de prêtent prirent & efjx)ufcrent Tun l'antcc^ 
comme en tel cas il eft accoQ(himé,& pa(^ le miniik- 
rc dudit Révérend Père en Dieu eflen en Evef^K 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Boiediéboa 
nuptiale. Domté ^uôit lieu de Langeais , & Icdiadii 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
▼îlle , Chadcllenic , & refïort de Tours , En 
tcfinoignage de venté , (^«^. le (eizicGne jour 



SURLESMEM.DECOM. Lr^.Vn. 3»^ 

le Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 

m2c. . • 

Pages 489. 490. 494. 5-22. fiS. ^ iam kf 
Neuves p, 7,L*a$ttheHrfartefortciuPapejiUxém^ 
ire VLqui traverfa en tant ce qu'il put le voya* 
e du Rcy Charles VllL en balte , Çjf mefme le . • ' 
tjf avoir auTurç ^ pour F exciter (Py importer ent* 
^efibement» 

oftruâions domiées par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

J Uperion'bus diebus Cardinale GuTcenfe referez» . .q^ 
9 te , D.Georgius Bafardus UUerarum Apofio^ '4SH* 
^arumfcripttfr^ per fanélijjimwn D. N. Papam 
i magnum Turcam Nuntius , oratorque mif* 
tf y u$ ipfe Cardinalis die ébat , perilluftriffimum 
K Joûunemde Ruvere ahfhe urbis * PrafeÛum , ^«n<>"<« 
b^ffimi Cardinalis S. Pétri ad vincula fiatrem «•*'*" 
mmanum captusfitit , («f aptsd Senogalliam de^ 
WUts j apudquemidem Cardinalis Gurcenfis com^ 
rrtasjfu^e mxH ififomuuiones per eundem fan^ 
Vffimnn D. N, Jibi datas , fSiper iis qsue apud 
tagnum Turcam agere deberet , aua eUâus Ùar^ 
malts Gurcenfis Janâijfimo D, N. ad iufamiam 
Hfraperabaty qttarum informationttm Nuntii (^ 
'éÊtaris ad magnum Turcam ténor, Alexan- 
)E& Papa Sextus Inftruâiones tibi Georgio 
tafardû * Nuntio bf familiari nqftro , poflquamm BêzxâfU 
me receffiris direSè (sf quanto ci tins poteris ibis 
ipotentij^mum magnum Turcam Sultan Bajazet 
tfUcunque fuerit , quem ptfiquam débite falu- Memoîxef. 
werisy ^ ad divini Nummis timorem excitaris^ ^*** ^** 
petficabis ipfi nemine nofiro qualiter ^tx Francise 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

imrnt de très-hauts , & puiflàns Princes Mcfliemi 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc^ 
boDf Charles Comte d'AngouIeûnc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendcfine^Mcd 
. (kurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chancdicr 
de France, Révérends Pères Mcilire Louys d'Am* 
boife Evefque d*Alby , Jean deRcIy Doâcur m 
Théologie Confeflèur dudit Sieur, cflcuen Evet 
que d* Angers, avecplufieurs autres de la part dn* 
dit Sieur. Et ledit Monfîcur le Prince , Mcflâe 
Phîlippes de Montauban Chancelier de Bretagne, 
le Sire de .Gucmené , le Sieur de Coetquen dnnl 
Maiftrç. dudit Bretagne , d pluficurs autres de la 
part de ladite Dame aufD pre&ns. Et pranûîent 
lefdits Seigneur & Dame, en promeûès & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft £b- 
ment de Ion corps V pour ce baillez corporeUemeD^ 
de non jamais &ire ny venir encontre. Et incoDCi* 
nent fans divertir à autres aâes kfilita Se^xcurft 
Dame , procédons en la Salle dudit Qudlcl de Loi- 

feais , où eftoit prejnuré pour célébrer la Mcflbf 
: folenuifer lefilitcs eQ)oufailies dcfdits Sieur & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cy 
^«/.dciToab-ibDbfcripts, '*' les de(rufdits& pluficurs autres Dixf 
»«"«• & Comtes , très iiluftrc Princeflc Madame Ad» 
de France Ducheflè de Bourbon, (œurduditSeVt 
& autres Seigneurs & Dames en grand oontef 
ledit Seigneur & Dame par le minido-c dudit Km- 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby (blennifacnl, 
& firent publiquement leurdit mariage , & pat pa- 
roles de prefent prirent & efpouicrent Tun raottc^ 
comme en tel cas il e{laccou(himé,& pa(^ le mioifl^ 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en EvefoK 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Baiediâx» 
nuptiale. Z>0x»r/audît lieu de Langeais , & fcdlczdii 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & refïort de Tours , En 
tcIÎDoignage de venté , (^^. le fœkSaot jonc 



SURLESMEM.DECOM. Li^.Vn. 3»^ 

le Décembre , Tan mil quatre cens quatre vingts 

Mic* . • 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. C^ datts lef 
Preuves p. T, Ùautheur parle fort du Pi^eAlex^m^ 
ire VLqui traverfa en tant ce qu*il put le voyo' 

Edu Koy Charles VllL en balte , Çjf mefine le 
JfavoirauTurc ^ pour F exciter d^y afferter em^ 
pqehement* 

(ollruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 

. Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

SUperion'bns diebus Cardinale GuTcenfe refereu* taqaa 
te , D.Georgsus Bafardus Utterarum Àpofit* '4SH* 
tCéirumfcriptorj per fanâiffimum D. N. Papam 
^ magnum Turcam Nuntius , oratorque mif* 
us ^ $a ipfe Cardinalis die ébat , per illufiriffimum 
3. Joannemde Ruvere ahfhe urbis * Prafeâttm , *ï««<>"<« 
Ut^Jfimi Cardinalis S. Pétri ad vinculafiatrem «' *'*" 
wimamtm captusjujt , («f apud Senogalliam de^ 
etetm , afudquemidem Cardinalis Gurcenfiscom* 
trtas fuyfe Juxit informationes per eundem fau^ 
hffimum Z>. N. Jibi datas , fuper iis qua apud 
wagseum Turcam agere deberet , qua diâus Ùar^ 
démolis Gurcenfis JauSiJfifm D. JV. ad infamiam 
mfrcperabaty quarttm informationum Nuutii (^ 
Téiteris ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
>E& Papa Sextus Inftruâiones tibi Georgio 
3étfitrdo * Nuntio isf familiari nofiro , pifiquamm (f^jf^ 
istc receffiris direâè (sf quanto citius poteris ibis 
idfotentijimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
' uUcunque fuerit , quem foftquam débité falu- Memoirei. 
averis^ isf ad divini Numsnis ttmorem excitaris^ ^*** ^^ 
\gmficaiis ipji uomine fgofiro qualiter ^ex Francis 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

nient de très-hauts , & puiflàns Prioccs Mcfliemi 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc^ 
boDf Charles Comte d'AngouIefînc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendcfine^McCi 
. (kurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chancdkr 
de France, Révérends Percs Mcilire Louys d*Am« 
t)oIfe Evefque d*A1by , Jean deRely Doâcor a 
Théologie Confeflèur dudit Sieur, cflcuen £vc& 

3ae d'Angers, avecplufieurs autres de la part dn* 
it Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Mcfiiie 
Philippes de MontaUban Chancelier de Bretagne, 
le Sire de.Gucmené, leSieurdeCoetquenGcind 
Maiftrç. dudit Bretagne , d pluCcurs autres de la 
part de ladite Dame aufD pre&ns. Et promiitot 
iefdits Seigneur & Dame, en promeûès & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par foy ft £b- 
UKnt de Ion corps , pour ce baillez corpordlementi 
de non jamais &ire ny venir encontre. Et inconti* 
nent fans divertir à autres aâes ledits Se^xcurft 
Dame , procedans en la Salle dudit Chaltel de Loi- 

feais , où eftoit préparé pour célébrer la Mcflb, 
: folenuifer lelHitcs eQ)oufailles dcfdits Sieur & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cy 
■"«/.dciToab-ibDbfcripts, * les dciTufdits&pluficurs autres Dixf 
^«"«- & Comtes, très illuftrc Priuceflc Madame Ad» 
de France Ducheflè de Bourbon, (œurdudttSev, 
.& autres Seigneurs & Dames en grand oonte, 
ledit Seigneur & Dame par le miniftere dudftKm- 
rend Père en Dieu Evefque d*Alby (blennifircDli 
& firent publiquement leurdit mariage , & par pa- 
roles de prefent prirent & e(jx)ufcrent Tun rantre^ 
comme en tel cas il e{laccou(himé,& pa(^ le minifte- 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en Evef^K 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Bcnediéboa 
nuptiale. Dotm^ auiJit lieu de Langeais , & fcdkzdii 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
ville , Chadcllenic , & rcifort de Tours , En 
tclmoignage de venté , (^«^. le fmkSaxc jout 






SURLESMEM.DECOM. Li^. Vn. jJf 

t Décembre » Tan mil quatre cens quatre vingts 
n2e. 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. ^ dans lef 
Neuves f, T^IJauthenr f arle fort du Pape Alexém^ 
'rc VLqMt traverfa en tant ce qu'il put le voyo' 
9 du Roy Charles VllL en balte , (*f mepm le 
tfyavoirauTurc , pour F exciter d'y apporter em^ 
tfchetnent» 

dfiruâions données par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

J Uperion'bns diebus Cardinale Gttrcenfe referez» .^q^ 
^te , D.Georgius Bafardus Utterarum Apofixi* ^9f* 
Tétrttmfcriptor^ per fanéHJfimtim D. N. Papam 
i magnum Turcam Nuntius , cratorque mif* 
'S y ut ipfe Cardinalis die ébat , per itlufiriffimum 
K Jùannemde Ruvere ahna urbis * Prafeâum , ^«n<>"<« 
b^ffimi Cardinalis S. Pétri ad vincula fratrem ^^' *'*' 
rmanum captusfitit , («f apttd Senogalliam de^ 
itUts j apudquemidem Cardinalis Gurcenfiscom^ 
rtasfuijli Mxit informationes per eundem fan^ 
iffimum Z>. N, Jibi datas , fuper iis qtue apud 
^num Turcam agere deberet , aua cUâus Car^ 
'walis Gurcenjs Janâijfimo D. N, ad infamiam 
^iproperabat ^ qstarttm informationttm Nuntii (^ 
atoris ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
EJL Papa bSXTUS Inftruâiones tibi Georgio 
**a/ardo * Nuntio bf familiari noftro y poftquamm BêtxMfU 
J9C recejfiris direSè (sf quanto citius poteris ibis 
ipotentiffimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
âdncungue fuerit , û$iem poftquam débite falu- Memoirei. 
n/erts y isf ad dtvtni Numtnts ttmorem excttaris , ^ • ^ 
ptificé^is ipfi nomint noftro qualittr ^ex Francs^ 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

nient de très-hauts , & puiûàns Prioccs 
Louys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Boac' 
boQf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendcfine^Mcf- 
. Ikurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chancdicr 
de France , Révérends Percs Meflire Louys d'Am* 
boife Eveique d*A1by , Jean deRt-ly Doâcara 
Théologie Confeflèur dudit Sieur , cflcu en Evct 
que d* Angers, avecplufieurs autres de la part du- 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Meffiie 
PhîHppes de MontaUban Chancelier deBrctagnei 
le Sire de .Gucmené , le Sieur de Coetqucn GSsnd 
Maiftrç. dudit Bretagne , & pluficurs autres de la 
part de ladite Dame auffi pre&ns. Et proomicot 
lefiiits Seigneur & Dame, en promeûès & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par foy ft fir« 
UKnt de Ion corps, pour ce baillez corporeHcnieDi^ 
de non jamais faire ny veûir encontre. Et inconti* 
nent fans divertir à autres aâes kfilita Sc^^aeorft 
Dame , procédons en la Salle dudit Chaflcl de Lan* 

feais , où eftoit prejnuré pour célébrer la Mcflbf 
: (bienuifer lelHitcs efpoufailies deCiits Sieur & 
Dame ; & illcc en la prefence des Notaires cy 
y.dciToab-foDbfcripts, '*' les deiTufdits&pIuficurs antres Dixf 
*«"«• & Comtes, très ilIuOrc Princeflc Madame Ad» 
de France Ducheflè de Bourbon, (œurdadttSev, 
.& autres Seigneurs & Dames en grand oonte, 
ledit Seigneur & Dame par le minifterc dudit Km- 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby (blennifircnl, 
& firent publiquement leurdit mariage , & pat pa- 
roles de preftnt prirent & e(jx)uicrent Tun rantrc^ 
comme en tel cas il eft accoQ(himé,& par le minifte- 
rc dudit Révérend Père en Dieu eflen en EveiôiR 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la Boiediâx» 
nuptiale. Dofoîé auôit lieu de Langeais , & Icdiadii 
Seau dont Ton ufe aux Contraâs Royaux en la 
ville , Chaacllenic , & rcifort de Tours , En 
tcfînoignage de venté , (^^. le ûijkûnc joue 



SURLESMEM.DECOM. Li^.Vn. 3»^ 

le Décembre » l'an mil quatre cens quatre vingts 

n)2e« ' . •. 

Pages 489. 490. 494. 5*22. fiS. ^ dans lef 
Preuves p, T.L^atUheurparlefortduPapeAlex^m^ 
Ve VI. qui traverfa en tout ce qu^il ptit le iM^a^ 
t du Roy Charles VIIL en balte , Çjf mefim le • ' 

^tfyavoirauTurc , pour F exciter d'y importer em^ 
ijcifctnent» 

ofiruâions données par le Pape Alexandre 
VI, au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs , avec les 
Lettres d*iceluy Sultan audit Alexandre. 

J Uperioribns diebus Cardinale GtiTcenfe referen» j^oa. 
^te , D.Georgius Bafardus UUerarum Apofio^ MSH* 
carum/criptar» per fanâijfimtim D* N. Papam 
i magnum Turcaw Nuntius , oratorque mif* 
ts i ta ipfe Cardinalis die ébat , per iilujirifjimum 
K JoûHnemde Ruvere alnue urbis * PrafeÛum , ^«»<>î«* 
bf^ffimi Cardinalis S. Pétri ad vincula firatrem ^' '*" 
rrfitamtm c^tus fuit , («f apstd Sencgalliam de^ 
wtms 9 apudquemidem CarMnalis Gurcenfiscom* 
rrtaffuijji Mxit informationes per eundem fam^ 
Hffimum Z>. N. jfbi datas , fuper iis qtue apud 
usgnum Tftrcam agere deberet , aua eUélus Car* 
'malts Gurcenjis Janâijfimo D. JNT. ad tnfamiam 
Hfraperabal^ qttarum informationstm Nttntii (^ 
'éstoris ad maptum Turcam ténor, Alexan- 
>E& Papa bSXTUS InftruSiones tibi Georgio 
iafkrdû * Ntpttio bf fainiliari noftro y pofiquamm ^nx^ 
me recejferis direSè & quanto citius poteris ibis 
ipotentiffimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
uàicunque fuerit , quem ftfiquam débité falu-^^^^^^- 
werisy ^ ad divini Numtnis timorem excftaris, ^*** ^** 
imficabis ipji nvmint noftro qualittr JIm Francise 



38o PREUVES ET OBSERVATIONS 

ment de très-hauts , & puiflàns Prioccs Mcfliemi 
LfOuys Duc d^Orleans , & Pierre Duc de Booc^ 
boDf Charles Comte d'AngouIefinc , Jean Com- 
te de Foix, François Comte de Vendcfine^Mcf- 
. (leurs Guy de Rochefbrt Chevalier & Chanedicr 
de France, Révérends Pères Meffire Louys d'Am* 
boife Evefqae d*AIby , Jean deRcIy Doâciir m \ 
Théologie Confeflèur dudit Sieur , cflcu en Evd*- j 
que d* Angers, aveeplufieurs autres de la part dn- 
dit Sieur. Et ledit Monficur le Prince , Meffiie 
Philippes de Montatiban Chancelier de Bretagne, 
le Sire de .Gucmené , le Sieur de Coetquen (Smà 
Maiftrç. dudit Bretagne , & pluCcurs autres de la 
part de ladite Dame auffi pre&ns. Et proxDxrént 
lefiiits Seigneur & Dame, en promeûès & paroles 
Royaux, & ledit Prince d'Orange par fby ft fe- 
ment de (bn corps, pour ce baillez corporeUementi 
de non jamais faire ny venir encontre. Et inconti* 
nem fans divertir à autres aâes kfclita Se^DCurft 
Dame , procedans en la Salle dudit Chaflcl deLoi- 

feais , où eftoit prejnuré pour célébrer la Mcflb, 
: folenuifer lelHites eQ)oufailles dcfdits Siew & 
Dame ; & illec en la prefence des Notaires cy 
^«/.dciToab-fbubfcripts, '*' les deiTufdits&pluficurs antres Ducs 
"«««• & Comtes, très iiluftrc Priiiccflè Madame Ad» 
de France Ducheflè de Bourbon, fœurdudttSeVf 
.& autres Seigneurs & Dames en grand oonte, 
ledit Seigneur & Dame par le minifterc dudit Km- 
rend Perc en Dieu Evefque d*Alby (blennifcrcnl, 
& firent publiquement leurdit mariage , & pat pa- 
roles de prefent prirent & efjx)uferent Tun rantre^ 
comme en tel cas il e{laccoQ(h2m(5,& pzf le mini(l^ 
rc dudit Révérend Père en Dieu efleu en Evefqiie 
d'Angers fut célébrée Mcflè avec la BoiedîâioD 
nuptiale. Dowté ^uàit lieu de Langeais , & l^kzdii 
Seau dont Ton ufe aux Connraâs Royaux en la 
ville , Chaacllenic , & rcffort de Tours , En 
tefinoignage de venté , (^^. le ùitxSaot joue 



SURLESMEM.DECOM. Lit.Vn. 3»? 
le Décembre ^ Tan mil quatre cens quatre vingts 

pages 489. 490. 494. 5*22. 5*28. ^ dans kf 
Preuves p, T.ÙatUheHrparlefortduP^eAlexém» 
ire VL qui traverfa en tout ce qu^il pH$ le vofa- 
y du Roy Charles VUL en halte , ^ mefme le 
UJf avoir auTuTf ^ four F exciter d^y afforter em^ 
"ftjcbewcHl» 

nfiruâions donoées par le Pape Alexandre 
VL au Nonce par luy envoyé à Sultan 
Bajazet Empereur des Turcs y_ avec les 
Lettres d'iceluy Sultan audit Alexandre. 

J UperioribQS diebus Cardinale GuTcenfe referen» i aû^ 
^te , D.Georgius Bafardus Utterarum Apofto* '4ÎH» 
tammfcriptorj per fanâUffimum D. N, Papam 
d nu^nm Turcam Nuntius , oratorque mif» 
ts , mt ipfe CarJinalis die ébat , periilujlridimum 
). Joannemde Ruruere alnste urbis * PrafeTium , *^anoîrti 
'b^3mi Cardinalis S. Pétri ad vincula fraSrem P*»' **'" 
trmaman ca^tns fuit , &f aptid Senogalliam de* 
fttiets 9 ajùnaquemidem Cardinalis Gurcenfiscom* 
értasfkgfe Juxit infomustiones per etmdem fan^ 
Uffimttm Z>. jV. Jibi datas , fuper iis qu^e apnd 
tagnnm Turcam offere deberet , aua didus Car* 
malis Gurcenfis Janâijfimo D. vl. ad infamiam 



nfreferabafy quorum informationum Nuntii bf 
^aUris ad magnum Turcam ténor. Alexan- 
^ER Papa ^EXTUS InftruSiones tibi Georgio 
tafardo * Nuntio bf familiari nqftro y poftquamm Bnxank 
htc recejferis direâè & quanto citius poteris ibis 
dfotentiffimum magnum Turcam Sultan Bajazet 
nbicttngue fuerit , quem pofiquam débité falu- Memoirei. 
tuens ^ ^ ad dtvtm Nummts ttmorem excttans , ^ • ^ 
gmficabis ipfi nomine noftro qualiter ÂfX Francise 



§«1 PREtrVËS ET OBSEKVATiQfï* 

^ tftg. 4é%jfropfrat£um maxima ^potentia tetreflri df mam 
46tf* 467» tima^ cum auxilso JlaSus Mediolanenjium ^ Brii¥ 
num , Burdegalenjium ^ Narmamhrutn ^ cm 
^ uUifs gintikus hue Romum vemens eripere è mm* 

V*5^^j;*'^/w nqjiris Gem ♦ Sultan frairem Ceyitudhùsfm^ 
$o6. ^ acqmnrt regnum NeapoUtanum y ^ ùuinBjh • 

♦ tràHifuttt gem Aifonfum * cum quo fumus inJiriéisJInmfiah 

gu'mis gradu ^ amtàtia conjunâli , fff tfnemmnm 
defendere , càmjit feudatartùs isf ficbditus Mffttr^ 
C<f annuatim folvat nobis cetfum , ^ fient tàm 
[exagtnta très ^ ultra quodffùtim/ejlitus RexÂk 
finjus avus ejus ^ deinde lerdinandm pater , m 
fiiccejjit Rex'qui Per pradecejftnres nojiros , £y /«f 
nos fueruHt iuvepiti tsf sncortmati de diSo f^t»^ 
isf ideo hoc de caufapnediâitiRexFramia ^eâtH 
inimicm nojîer ^ qut mnfolum pr opérât mt diâmê 
Gem Sultan copiât , (ff ipfiim regmttm Mqmdt^ 

• p»g-=47ï« fed etiam in Grieciam trans * fréta j ^patrias teh 
Vij' ]lll fi^^^fifi^ debellare quedt , prout fiue USajefUti 

innotefcere débet , (^ dicm^ quod mittant diâm 
Gem Sultan cum clajje in Jurquiam , ^ eàm nt 
bis opus fit refijiere , (ff nos defatuiere àtanta Rf^ 
gis Franciapotentia^ omnes conatus noflros expoM^ 
re oporut , ^ fe bene praparare ; ^tiod ckmjeM 
fecerimus , opufque fit facer* maxtmas imfeefts^ 
togimur ad Jubfidium pr^rfati Sultam Baiazet^ f^ 
€urrere ^ fperantes in amicitia bona quam ad im- 
eem babemus quod in tait necejjitate JuvaUt mt^ 
quem rogabis ^ nominenofiro exbortaberis ae iXte 
perjuadebis cum omniinfiantia^utplacea$fibipm 
ettius mittere nobis ducatos quadri^inta nnUiê fi 
emro Venetos , pro annota anmprafititis , qm^efai^ 
^ ecltimo die Novembris ventéri , nt cum teiftri 

fojfimus nobis fubvenire in^uo Majefias fita fiuid 
mbis rem gratijfimam y eus imprafemtiarttm mbh 
mus imponere aliud gravamen , {y fie expimeaà 
vires 55? conatus nofiros in refiflentiafaeiemda , i» 
4(i^HS Rfix JFraneite fliqu0 vi£km €mtrs ttosfh 



LESMEM* DËÇÔM. Uv.VH 38^ 

<f contra fratrem fua Maj^éais , càmaut 

Francité terra marique Jit longi fatentior 

df^eremns auxilio yenetorùm » fui ohfi^ 

c volunt nohis ejji auxilio , i^o habemi 

tm commercium çum inimicis milris , £^ 

/ quod Jint,nobis contrarii ; i{uod effet no^ 

mtum magna offenjionis : ^ nim reperi-* 

n ifiam eos convertendi ad partes nofbras 

\s quàm fer viam ipjius Turae y cui deno^ 

upra : (^ quèdfi Franci viâares forent^ 

îjias pateretur magnum jnterejji , tum pro^ 

ionemGem Sultan fratris jui , tumetian$ 

'tquerentur expeditionem fsf' lo^f eum ma* 

iu contra Altitudinemfuam , ^ in tali cam- 

t auxilium ah Hifpanis^ Anglicis ^Maxi* 

^ Hungaris , Polonis ^ hobemis , qui 

vt potentijjimi Principes. Perfuadebis ^ Le pape 

ris Majejiatem fuam , q$tam tenemur cer- Alexandre 

eddere , ob veram îsP bonam amicitiam^}' Sf^^l''^* 

' 1 . . ^ ^' ^ r j' ntablc oc 

^tmus ad tnvtcem , ne pattatur altquodtn- y^^^ ^^i ^ 

fitjlatim mittat unum Oratorem * ad Do- Turc. 

Venetorum , Jignificando^ quaUter certè in- * .^-f Turc 

leç^em Francia movere Je ad veniendum J^^fl*^^ 

, id rapU^dum Gcm Suia^fratrem, in- T^tl iî ft 

im Neapolitanum , demum terraque i*f voit page 

"r/ifepr^^parare , qtcod velitfacere omnem 5-'* 

am ^ i^ fe defendere contra ipfum , k^ de^ 

fraterfuus capiatur ex manibus nojiris^ 

ortetur i^ Jiringat , quod proauanto cari 

amicitiam fuam , debeant effe adjumenta 

hni nûflne^ iff Régis Alfonfi terra mari* 

P quod omnes amicos nojïros , &' primum 

habebit pro bonis amicis fuis ^ {jP nqfiros ini-^ 

> inimicis : ^ Ji Dominium poUicebatur 

? tali petitioni fua , Orator habeat manda* 

von recedendo Venetiis , quoufque viderifi 

, isfquoddiéii Veneti déclarent fe effeami-^ 

^iument^ nobis^ ^ Uf S^^ Alfififo ^ iff^ e£è 

Centra, . V.;» 



584 PREUVES ET OBSERVATION* 

çmtrà inimicosFrAncorftm ^aUorumoéBktrewUm 
Refit Francis': ^fi ctnOradixerifft ^ Oratorfyii* 
ficet auod S. D, non babebit cas amicos , ^ pefm 
recédai ai eis imUgnatus : jnanjnam crednmu^ 
quodji fua Majefias orienter ^ingat eos modo ath 
^enienti , condejcendent ai faciemUan 'voUatUtUm 
Majejlatts fiue '^ ^ fie perfnadens eis multnm itf 
facere hoc velint ^ quia tjiniejl nsajus adjuvameÊ 
quoi baiere Ptffitmus , in^etret reftjii injuriis w^ 
Jjtris , l^ fotUcitabis quanto citims talem Oratorm^ 
ml reeeiat oMte te : nom mukàm importât aeceh^. 
ratio tua. 

DenotabisParlter magno Tnrcét aduentnm (hh 

torismagm SoUani ad nos cnm litteris ^ mnmrh 

bus quatranfimfit nobis , quamdo Gem ^ubanfrâF 

trem fuum accepimuSj ac magnas oblatiams ^ 

fromtffiones quas nobis fecit de m^gno tbefauro , M 

de multis altis rébus y ut benèfcisj qmandoqmdm 

tuomedioomniafuntpraâicata^fictttcontinetsiriB 

eapitults qua diâus Orator fècit & deiit ^ ^fyn^â^ 

bis Majcjiati fine intentionem nqfiram in qtumtam 

tibi fromifimus firmiter tenebhntu , (^ nanfum 

eontraveniemus in aliqua re , imo nofir^ îatiMik * 

ni s eji accrefiere ^ meliorare noflram ifonam émi» 

eitiam : benigratum nobis etTet ^ t^ de boe muf^ 

tàmfrecamur E^ hortamur ù. Serenijfimnm^ fmd 

fro aliquotempore non immédiat Hungarnm^ mjÊt 

• ^'vitéti SU' in aliqua parte Chriiîianttatis ^ maxime in CnâF 

gufiM, //^ ^ cii/itatibus * Legina , jnodfaciendo i^ «i* 

nfervando nos faeiemus quod Hsingarms nm inbré 

dMc qtt*U *" ^i ^iq^^i ianmum , ij in hoc Majeftasfita bdf 

defiroitle bit comPaffionem corr^lacenii nobis ^ attentomaxié 

repos du motu Francortem^ & aliorum Principnm. Qmi^ 

S^fidcSî i^Mlan^ peffeveraret, habe^api^ 

tion de la Ma^mtudo quoi tn ejus auxtito ettent ûMéPm'fmnt 

bonne & Pnncipes Chriftiani , &9^ iokret Majefiatem fuM 

^^^^^""^^f^^fi^ÏÏ^ficundim confiUum m^hwm ^ qmoUt^ 

cftoiî enm ^^ J^ /r/>w ex cfficio ^ qtuptdo fimm faUr tf 



SURLESMEM.DECOM.LiT.Vn. sSf 

dominus omnium Chrtjlianorum^poflea dejideram/ts 
fmetem Majefiatis f$ut adbmam î^mutuam ami* 
€Hiatn ; quomamfi aliter Majefias Jua Jhauereê 
Profequi & molejlare ChriHiéPtos , cogeremur re* 
mu coHfuUre , càm aliter non pojfemus ohviare 
maximis apparatihus qui fismt centre Majejlatem 
Jkam* DeMmus tibi duo Brevia qtue exbibebis 
Turca : in uno continetur qmdfaciat tibi dare ^ 
êonfigmare 40000. dneatos pro annota prafenti : 
^Mud eii credentia.^ ut praflet tibi fidem in om* 
mbus quacumque nomine nofi.ro ipfi expofueris.Ha» 
Utis 40000. Dueatis in loco confueto faciès quiP- 
tantiam fecundàm confuetudinem y (ff ventes reâo 
PramiU cum navi tuta , (ff cum illuc appiicavt* 
ris y certioresnos reddes , ^ exfpeâtabis rejponfum 
mofirmm : préefens tua intimatioconJiflitinaccâUrar 
Mome y faciès ergo diligentiam hic in eundo adlur^' 
€mn in exfeditione ^ in redeundojimiliter. Etcgp 
Goorçius balhrdus Nuntius & fàmiliarfs praefataB 
Sanâitatis pcr prasfcns fcriptuni & fubfcriptum 
.manu mcà propriâ fidtm fado & confitcor lapr^ 
diâa habuiflciu cominiflis aborc praefàtss Sanâi- 
.tads Ratn» de mcnfc luniî 1494. & exeqautum 1494» 
faille apad magnum Turcam ia quantum fuit mî- 
liiordioatmn ut fupra, & quantum ad Oratorcm dm» utt*- 
CQcm requtfivit Sanâitas fua à Turca mittendumi^'^"'»' ^^f- 
• Vcnctias , eft obtcntum, qui è veftîgîo dcbeat rc- ^'^,"X /;^ 
.cedere i Cônlbntiaopoli , de mcnfc S^^ttmhxxs finOti^n & 
poft me. 9 ad ezequcndum, in quantum erat,voc«»»"j7îo»5M 
^jiuitatem prasfàtâs SanâitatiscumiiIu{lriinmoDD.^ir«'' 
Venctorum. Idem Gcorgius Baiardus manu pro- 
'Ipria fcripfi & fubfcrîpfî. Et ego Pbilippus de Pa-» 
.friarchis Cicricus Forolivicnfis , Apofto\icâ & Im- 
periali auâoritate Notarius publicus , fupra (crîp- 
-.fiUD inlcriptionem &in(iniâionem ex orîginali ex 
.Senogallia tranfmiflb, de vçrbo ad verbum traa-* 
. ihmpu & fcripfi , nihil mutando aut addcndo , 
ft hoc ipfum trani&mptam « pro ut jaccbat ad 
^omtL Bb l& 



386 PREUVES ET OBSERVATIONS 

lictcnun fcci rcquifitQS & roeatas : in cajus rei 
tcftimonium hic me (bblcripn , & fignnm mcom 
flppofai coiribetam. .Florentins die 25. Novem- 
bris , tnno Domitii 1494. 

SUltan Baiazct Chaii Dei gratta Rexniaxhim. 
^ Imper ator utrsHfque cofnincnthj Afiaqm^ 
Europe , ChriJliamriPn omnium excellents Péri 
^ l), D, AlexanJro dixnnâ proi/identiâ Ramoét 
Ecclejia Pontifici dfFniJJimo rez/erentiam deUtm 
(«f benevolam cumjincera dsfpofitione ^ffficwve' 
nientem ^ juflam Jalutationem , fi^ntfcmnus Mi 
fftPremo Pontificio^ quemadmodumtn préfentimi' 
Jiftis veftrum hominem £5* Legatttm Georgimm Bê* 
farditm , cum litteris axa continebant ae veBrâ 
falnte £jr amore ^ amtcitia , i^enit ^ pervtmtht 
ûptimo ttmpore ad meamaltijfimam Portam , ^â^ 
aicimuî aute per litteras Jignificabamtftr , tf pw 
commijijtis ipji dicere ex ore , retulit e^amarm 
tnagnituMne me a intégra , quemadmodirminaGh' 
tintas ipJi mandavit , ciim didicerimus frimm 
nos defalute ^ bma habitudine tme domnutimt 
dele&ati fumus maxime , ^ exuhofvH ffirik 
meus y propterea (ff illrs quteper iffnfi 
ajjinji fumus etinm ^ fecimus ipfa , 
etiam ad loca qute Jign^cajlis ut mitttremns^jitMlt 
valebat Magnitudo veflra ulterius , J^ id poi 
conventum ejl , quamws ad no/hum termuumfh 
fis temPoris reliquumfit , tamende qno ferip^ès ^ 
i^ fettjlis , ipfum cum fefUnatione aatxm ^ , ^ 
pnedidus Legatus Georgiusjam perfreit wmùû bt 
ne quacumque requirst offieium Legati , tmde tf 
honoratus ejl digne a meaÀltituMne , ut ipfimit 
cet , mijimus etiam unà cum iffo à tufira tfftgi' 
ma Porta fidclem nqftrum hommem d^/pmen , V 
data ejl eilicentia , ut rurfus odtMumPomtifiam 
redeat : noftra enim amicitià Dei vobmtate in âti 
augtbitur ^ Nuntiis autem veflra filutiimmjum 

• m 



SURLESMEM.DECOM.Liv.Vn. 387 

mos frivetis , $tt audiemès magis deleélemut, Da^ 
tum in a»la nofirét Subansca auâarisaiis in Ctm^ 
JUmthfofU 1494. anm àjefu PropbiUenativitéttt:^ 
iS. Seftembris. 



SUltan Bajazet Chan Dei gratta Retenuuchma^ 
^ btfperaUr utriufque continentis 4fiœ(pte ^ 
Eurcùa , Chrifiiamrum cmnium excelkmi Patri 
tsf Domhto jtkxa$ulro Mvina pruvidentia fitprem^ 
PofrtifUi dignijfimo reveraaiam deUtmn & btne^ 
^tfolam cmm fincera difpofitioMe : diffutm isf fidc'- 
km 1/eftrum bominem tsf Legatum Treorgium Bu* 
féU'dum m àbiffimaw Pariinnmsjiftis ^ i/enit^ ât* 
tulit nobis nuntios de vefira falute ^ boiUt habitu-- 
dine , Csf deleâavst nos mirifieè ; anulitetiam ^ 
verba ^tuemandaftis ipfi privathn , ^ ttiam m(fi' 
Bis , tnSeprè ^ di£eimus , i*f benè eomrntfimus 
C^ ms ipifermmes , ut nmsSiet ip/hs cvram tuo 
Pont^Q i &f deturjibi fides in Jjts juacmnquc 
Sxerit ; (ftuecumque emm dixtritCunt verba wh- 
firû indubstata : etiam frafatus Georgius terfecit 
wtsnia béni quéecttmque reqttkit efficinm t^ei^i j 
mmde bonoratus eli digni à mea Altitiu^ne^ jecnn* 
dxm iffins decenSiam , i^ data efi et licentia ttt 
Ttdeat rmfus in aniam ttueimignituMnis , ^ mm* 
leifiRet nu nia qtue nos ipfi commifimus. Datum 
im amUmfine Sultanicue auSoriSatis in Confiants^ 
mf. 1494. ^*9f^ ^J€^ Prophète nativitate i8. 
Siftemlftts» 



CUltatiBajazetChan , &?r. Alexandre 

^providenSia Remanie Ecclefia fupremo Pontifies 
Sgmffimo^ ^c* Poft convenienSem ^ juilam fà- 
'kstâtientm , fignificamus sua DominaStoni , quem* 
mbsÊ^kinm infrafenti fidelem noftrum CaJJimenfir" 
wsm €9sm nofiris litserismifimusadfitmmumtattm 
tifieistm , estfifrat adnos devefira falstSe ^bo^ 
)ndim « Qssed $sas es^hmu Motidie éiftdire 

S6a li 



8S8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

iff dekétari ; Jimiliter fignifieet etiam & vMsà 

nofhra fetiçi fanitate ^ anwre ^ ut^ nos quaà 

pobis funt mi iffo dicenda imdientes deltSemm | 

jicut iff nos deleéiamur, JuJJitws etiam ,iff efi iê^ 

tum id quod efl conventwn pradi^tofeirùo meoCrf- 

Jimi ) iU fierfèrat ipfum mdtuam Glwiùfitatem\^ 

tkm aumio Des reverfus fuerit , rurfus ad meM 

AltituMnem , Jignificet nobis vefbram falntcm & 

amicitiam.y ut inde ckmaudiver'tnius ^nu^is etiam 

JeUâcmur , ^ qtue ipji nuuulavimHS moia fâckt 

tu<e magHitudsni : date autem tpfi fideminhit^uét' 

cumquc dixerit. Datum in auîa ntfirge. 'jSultmté 

authoritatis in Conjlantinopoli 1494. anmt âJefuPnh 

fhetanativitate , iS. Septembris* 

C Ultan iBaja^et Chan, yc.Alexamko&c.Pofl 

^ convenientem isf ju/tam falutationem , mtnm 

Jit tnofupremo Pontifiçio , qstemadmodnm Rcve^ 

^ û, Cibê, ^^^^ Ùominus NicolaHs/^ Libo Arcbiepifinfm 

Archatenenjis cil dÀgnus ^*fidelis bomo Mus £rf 

à tempore à pracedentis Papa fupremi Ponùfxii 

Domtni Innocenta ufque iniodiemum diem in tem^ 

pus fute magnitudinis continué ad pacem ^ amci^ 

tiam feftinat , femper/jfueanimo^carporeinfidfl^ 

majide duahus partibusfervivit Csf adbnç firvit, 

ledit Turc JJujns içitur rei caufajuftutn efl a T/ffbis JaerM 

l'^nZ^l'^^V^' /^ ordine ipfum ejfe debere ; undefi msr 

vcfquc à ce '^if^'^f^^^^f^pre^ttm.Pontificem Ut facenti^ 

Pape pour le Cardinalem £5? affenfuseft Tcoftra petitiq^ù ^éide9 9t 

4aire Cardi- /^'^^^y-Zj etiam nobisjijrnificaveritquodpetitumefiih 

tum fu/JJe fp/f. yerum quta non erat tenons ÙL 

Ccft ^ico- Septembris menjis , non fedet in ordine yia, tf 

las Cibo Ar- ^^ rcquirit confuetudo. Intereà verè jujfn Dei Jt? 

ri* Arles "de- ^^ Pontifcx commuxe debitum , f^c ipfe remat 

fîgnc Cziài'Jit, Eaigifur de caufafcribimus ^rogamus ttum 

nal par le ^Mgnitudinem , propter amicitiam^ paeem^quan 

ccatviur' ^^'^ ^^ habuimus ^ .^. ptfipter metme cor ^ ^ 

4dim^^^il^ tutm PoiftijUium i videUcet nt fir 

^ ^ . « (iéS 



SUR LES MEM.de COM. Li\r. VU. 389 

tias ipfum perfeS^um Cardinalem , hahebimus ^ 
nds ta in hco magna gratta, Datum (ifc, ut fiin 
fra. Saprafcripts quaternx iitters erant Icript» 
Icrmone în chana authentica more Turcarum^ cum 
quodarn figno aureo in capite , quas litteras'tran*r 
ftulit în Latinum de vcrbo ad verbum , me excî-i 
ptentc & notante , eruditos vir Lafcaris natfone 
Gr»cus , aiaSftente illi & adjuvante intcrpretatio* 
nem Reverendiff D. Aloifio Cyprio Epifc. Fa- 
maguftano , & Marcello Confiantinopolitano ^ 
îlluitrifl. PrincipisSalcmitanî Secretario : incnjas 
rci âdem & teftimoniumcgo PhilippusdePatriar-r 
chîs clericns Forolivicnfis Apoft. & Impérial, au- 
âoritate Notarius publicus , omnia fupradiâ^ 
manu mea proprià fcripli & fubfcripfi , & meum 
i^num appofui rog itus & rçquiiifus^ 

SUltan Bajazet Chzn filins SoMani Mahtmetî y Cette lettre 
Dei gratia Imferator Afia , Etirapa ac o«nir/ï«ft*»™pri«n«^ 
maritinue , Patrt Çs? domino omnium Cbriftiano- Sans^ir'f*» 
rum Jivina frovidetttia Pnfa AlexûndrùfextaRo-^ cond voli^- 
m^na Ecclejia digno Ponttfici , fojl debitam ^ me de 
meritoriam^ falutationem , ex hom anima (jf puroh^^"' . ^* . 
€9rée Jtpttjieamus vejtxa magmtuatnt , per ireor^ m 4. 
gium Bafardum fervitcrem & Nuntium veftrapo^ 
tetttia itftcllexmms honam convale/centiam fitam y 
6? etiam qua retulit pro parte ejufdem veftra mag^ 
mtuditùi •*. ex qttibus latati fumus , magnamque- 
eonjblatianem cepimus. Inter alia mihi retulit quo^ 
modo Rex Francia animatus eji habere Gem * P'^ -Mémoires 
trem noftrum , quiejl in manibus vefira potentia^ t pag. ^^u 
quod effet multum contra^ voluntatem ttoftram , ^- 
t^eRra magnitudittis feouereUtr maximum, dam^ 
rnmn , £5? omnes Chriftiani paterentur détriment 
Utm : idcircè utut cum prajato Géorgie cogitare- 
€Oepimus pro quiete^utilitate y ^ honore vcjlne po* 
uitia , £5^ adhftc promea fatisfaéiione bonum ejjèt 
piod.di£^um Qem meumfratrem , qui fubjcSus. 

B b 3 # 



390 PREUVES ET OBSERVATIONS 

efl morii , fsf detmtns m ffêëmkms vefine magm* 
tndims anmim mmfaeeretis , ^mdJivHaiannt^ 
LeaitEBi-^^ ^ vtfhra poUniia ntih (sr quieti commoà]^ 
Ç^J^*" **f* jffjww , mibique gratiffimum : ^Ji in bocnkfm' 
fctlle k et ^^ vtfhra coMUntafit complaetre nobis , frmAh 
T9s^àciik»fuafrMJe9rtiaconfiilimusfa€erevelle^ débet prQWt^ 
fe^** 5u *^' ^ t^ftenUie , &? /n> iwtf/<v/ rniha fatisfih 
^^q\<^\^ ç^âiime quoitto citius poterit cum illo meliori mh 

KiTeffion , pUcebit vefir^e magmt$tdixi diSfn» GemievMrejk- 
I v^omtt'cere ex angunOs iflius muncU , £5* transferri eJMS 

compcnfe'^*^'^^^^^'^''^ /^ altentm feeulwn , ubi meliorem bâte' 
trois cent bit mietem : i^ fi hoc adiinplerc faciet t/eflrafù^ 
>nilledtt(^tst tentta , (ffmastdabit nobis corpnsfuum in qmalicmih 

U iSûnt ' V^j^^ # ^^^-^ ''^^^ ' promittinms Nos SmIupê 
floipoiron* Btf/tftr^ ff^aJiâtts in qmcmmque ioco plaemritvi' 
*^ P>>S^ fi^^ nta^nitudim Jttcatorum trecents millid , éd 
4ip« ^yp« emendafiliis fuis aliqua dominia , fur^e dmat^rum 
frètent a mi Si a confignare fmciemus 4 m cm erdinéit 
v^s nu^tudo , antefuamfit nobis éliânmtor* 
pits datum , ^perveSiros nseis confiffÊOêtsm. Aif 
éncpromitto vejtrapotenti^qttodvita mes comité^. 
(2^ qmésndiu vixero iabebimus fen^er boman & 
Wi^am amicitiénm cstm eadem vesbra mâgmoA- 
ne , fine aliqua decepthme , ^ eidetm féciewms 
ùmnes beneplacitas (ff gratias nobiles, Infmper ^ 
mitto veflra potentia ^ pro meliori fuafatisfâânee^ 
quod neque terme , aut per meos fen/as j wejut 
etiam per aliquem ex patriis meis erit datum t&* 
qttod impedimentum aut damnum donùsno Cbri^ 
éiianornm , cujufcunque qualitatis aut conditims 
fuerit , five in terra Jive in mari , nifi effèutali' 
qui qui nobis aut fubditis noflris damnmm fer 
cere i/ellent , & pro majori adhuc Jatisfaâiom 
veflra magn'ttuMnis , ut fit fecura , fine alijna 
dùitatioKe de omnibus his qtuefupra promitto , jn* 
ravi Eîf affirman/i omnia inprâfentia prafati Getf* 
gii ^per verum Deum , quem adoramus j ^ fi^ 

m tl. ttfjirê t^^ Èvofsgelia vcftra * obfervare vefir^ pùtei^iét 

■ " m' 



SURLESMEM.DECX)M.Liv.Vn. 391 

^nfia ufque ad complemefaum , nec im aliqua re 
rfictrc , Jine defeau , aut aUqua deceftione , ^ ad» 
wfro maJmfecurUate vefira magnitudims y ne 
-us ofiimus in aliqua duhitatiane remanea^ , hnè 
t certiffimus demvo , Ego fapraMâus StUtimBa- 
izet Chamjuro fer Deum verum , qni creavit 
thtm ^ terram y ^omnia qua in eis fimt , ^ r^ 

t quem credimus ^ fukramm , qnodfaâendo ^ 
njflere ea quée fupra eidem reqmro , promitto. fer 
iâlum juramen^um fervare omnia qna fufra cm" 
*nen$ur , iffinaiiqna re nunqnmm contra facere , 
eque çonCravenire veihra nugnitndim. Scriptnm 
^o/^antinopoli in Palatio noftrofecMndmm adveninm 
Hhrijiidie* if.SepUmirif 1494. Et ego PhilippUS * al. xtr 
c Patriarchis Clericus Forolivienfis Âpoftoltca & 
mperiali auâoritate Notarias publicns în&a ftrN 
lus , littcras ex originalî qaod crat fcriptum lie* 
eris Latinis in fcrmone Icalico, in charta oblon* 
a Turcarum , qu^ habcbat in capitefignumma- 
ni Tarcas aurcum , in calce nigram , cranfumpfî 
ideliter de verbo ad vcrbum , a manu propria 
equi&us & rogatus fcripfi & fublcnpii , figaom* 
[U€ meum in fidcm & tefUmonium contucuim 
ippoTuî. Florentin d le i f . Novemb. 1494. in Coa« 
^emu Crucis Ord. Minorum. 

P:^e49S. VAntheur fait particfJiere mention 
les grands fnejcontentemens contre le fufdit P^ 
ilexandre VL ^dudejfein de le depojir Je UPa* 
'OMté qtfil apoit achetée. Voicy un Abrégé de favic. 

Lét Vit Jt Alexandre VI. Espagnol ^ de U . 
Aiaifon des Borgia , deux' cent 'dix* 
fiptiefme Papt. 

I L cdoit natif de Valence en Efpagne , fils de Geo* 
* froy Lentola Chevalier , là mère cftoît fœurdu 
Pape Calliftc III. DésûjcuntiS: ledit CaHidc foa 

B b 4 on- 



392 PREUVES ET OBSERVATIONS 

oncle le dcfigna Arche vefque de Valence , & 1*0 
^ 1456. le créa Cardinal Diacre , & Chancelier de 

i4JO. i»£g|ife Romaine ; par après il fut fait Evefijoc 
d'Albc, puis du Port, par le Pape Sixte IV. fo» 
lequel il exerça plusieurs Légations. Enfin Idod* 
cent VIII. fucceûcur de ce Sixte eftant mort en Iaii« 

1492. let Tan 1492. il y eut vingt-deux Cardinaux q«lc 
déclarèrent Pape en (on lieu. Il fe nommoit Ro* 
deric Borgia avant toa cicâion , mais changeant de 
nom il & fit appellcr Alexandre VI. &r^tIeSie* 
ee onxc ans & davantage. Guichardin, Onuphic^ 
& quelqiics autres affirment que ce Pape acheta ks 
voix de CCS Cardinaux , partie à deniers comptans, 
partie par promeflè d'offices & de bcncfices j eux 
ne^ifans aucun fcrupulc de luy vendre la poiffiooe 
Papale, & d'uftr de iimonie en la première digniié 
de rEglifë .* entre le^ucls furent priacipalancot 
le Cardinal Afcagnc, qui pour rccompcnfedelôa 
fuffirage eutTofficcde Chancelier : Julîan de Ro* 
vere Cardinal d'Oûîc, depuis Jules IL Pape, Ra- 
phael Cardinal de S. Georges , & autres de pareil 
fcntiment. Pluficurs, cedit Guichardînvinfbnnci 
que cette ckâion avoit efté pratiquée par dci 
moyens fî deshonneflcs , en demeureront remplit 
d'esbahiflèmcnt, & d'horreur: & Onufre rapporte 
qu'enfin Alexandre les ayant pour fufpeâs , let 
bannit luy-mcfmc pour dix ans de la Cour Romû- 
nc. LfC mcfmc Guichardin adjouftc qu*en laper* 
ibnnc elcuc n'y avoit point de fînccrité , point de vé- 
rité, nulle foy, nulle religion , une avarice io&- 
tiable, une ambition immodérée , & nn defira^ 
dent d'élever en quelque façon que ce f\it (es enfant 
naturels, qui eftoicnt en grand nombre. Sannmar 
fameux Poète de fon temps efcrit auffi , que de 
mefme qu'il eftoit parvenu par fimonie auPapgtf 
iêmblnblemcnt ne craignit il point de vendre les bé- 
néfices & dignitez de l'Eglilè .* ce qui fut briefre» 
ment compris en ces dcux^vers «François; 



SURLESMEM.DEGOM.LTV.Vn. 393 

Sacremetas 5îf Anteb fi?a vendus tT Alexandre : 
Ct quUl a acheté il le feut bien revendre. 

3rcf fous luy l'Eglîfe & Pltaîîe fouflnrcnt un grand 
k notable changement , & endurèrent pr foti 
Doyeti beaucoup de mifercs & de calamitez. Or 
wmytant de vices & défauts , il avoit de grands 
idvantages de nature ; car Guichardin mefme con- 
efle qu'il eftoit doué d'une diligence & vivacité 
Engaliere> unconfeil prompt, une efficace â per- 
bflder , & aux ^ires d'importance un foin & 
kxterîté prefque incroyable. Ce Pape dés le pre- Cefi^ Soi^a 
nier Confiftoirc qu'il tibt créa Cardinaux lean »** été fait 
Borgiafilsdefa fœur, Archevefque de Montréal, 5j^^.^*j^^^^ 
fc Valcntin Borgîa fon fils naturel , Archevefque motion en * 
le Valence, Pan 1493. il donna le tîItre&furnomx4^3* 
k Catboliûue * à Ferdinand Roy d*Arragon &dc .. 
Caftîllc , au fujet des viâoires qu'il avoit gaignées ♦ 2^]^^^$. 
R» les Maures. Il luy conféra lors auffi les Ter- 
BCf Neuves tant découvertes qu'à defcouvrir , 
pourveu qu'aucun Prince Chreftien n'en fiift en 
poflèffion aâacllc : ce qui excita Cbriftophle Co- 
lomb , qui en avoit fait la première recherche, 
d'y retotimer derechef avec grande compagnie. 
x>ur les pénétrer plus avant , & les réduire à la 
îbjetîon du Roy de Caftille : duquel nouveau mon* 
le le« Portugais eurent femblablement leur part, 
I cauft qu'ils aidèrent à le conquérir de leur co- 
fté* Et afin que l'un n'cntrcprift nen fut l'autre , 
Alexandre, pour les mettre d'accord fit tirer fiir 
le globe une ligne tombant du Septentrion au Mî<' 
ijy & paffînt vers rOccident , prefque de onze 
cens nulles loin des Ifles du Cap vcrd , de peur « 

quTelle ne touchaft fur T Afrique , & les cofles d*E- 
Hrio^ qu'occupoient les Portugais. Environ ce 
temps Charles VIII. Roy de France ayant cflépar 
ks Tc&unens de René Duc d' Auiou & de Lorrai* 

ne • 



394 PREUVES ET OBSERVATIONS 

tÎcutct* ne » & de Charles Comte duMaînc (on nc?ca, • 

• Pé^t If 9. înÛitoé héritier des droiâs qu'ils pretendoîcnt m 
aif. Royaume de Naplcs, * Ludovic Sforce (intev 

• p^# su. dç jçan GalcasDuc de Milan , tva lequel il l'an- 

para depuis iniquement de cette Duché) k iôDi" 
cita tellement d'entreprendre le recouvremcoc de 
ce Rcn^aume fur le Roy Ferdinand y qu'enfin il ooft- 
clud & refolut de paflcr en Iulie pour ce fujet : de 
Ibrte qu'en pourfuivant vivement faa entrepri&t 
il travcrfa par Florence julqu'à Rome, oùilanîfi 

X49f • ^^^^ ^^ armée le premier Janvier de Tan 149S' ^1 
^ ' entra de nuit aux flambeaux , au travers les 9ppisih 
diilÈmens , & cris d'allcgreflè du peuple , efiaot 
accompagné des Cardinaux Âtcagne , J ulian £vc& 
qucd*Offic, Baptifle Savelle, Jean Golorane^ft 
pluficurs autres mclcontens du Pape 9 qui s*eflokDC 
réfugiez vers luy y comme encos des Magifirais , & 
de toute la Noblcâè de la Ville. Son lo^ lof 
eQoît préparé au Palais de S. Marc , où il iejoor- 
na reô>ace de vingt jours. Cependant Âlcxandie 

fteuves intimidé , & fè* repentant de la venue du Rof% 

* ^^* 7* qu'auparavant ilavoit aidé d'inciter à ce vcipgpj& 

tenoit clos & caché dans le Chaftcau S. An^ , arec 

gamiibn, & mefmesrefu& les portes aux Ajnbf 

uideurs de Charles j qui en fut tellement icritf t 

Îu*il fit dreflèr des machines de guerre coostce 
^haflcau ; & les fufdits Cardinaux de U (ntt 
commencèrent à dire publiquement qu'il fidloit 
ravoir de force, afin de luy fiiire fbn prooéi,ftlc 
Mtmo'uti depofer,aficurans qu'il avoit* acheté le Pontificat: 
'^* ^* * ce qu'ils ne dilbicnt pas lans railbn , vcu qttU» 
en avoîent eux-mefmcs cflé les vendeurs a M 
marchands. Alexandre enfin confiderant le danpt 
^ où il e(loit , & fort cdonné de la ruine d'un mstf 

'*«« 4^«- q^i tomba * lors de luy-mefine , depefcha de fil 
^cns au Roy , avec lequel ils accordèrent , (^ 
laMajefté tiendroit certaines villes PqKUcsenoSi- 
ge, juiques à ce qu'il s'en rctoumaft en France: 

Qoc 



SURLESMEM.DEœM.LTv.VIL 39^ 

2iie Valentin Borgia Cardinal fils de ce Pape lui* 

voit quatre mois durant PÂrmée Françoilc: Que 

Szime frère de Bajazet Empereur des Turcs luy 

croit mis * entre les mains , & la fbrtereflê d*0(lie * Pé^^ 49 f» 

effitoée au Cardinal Julian •* Que ny luy , ny les 

Btres Cardinaux qui avoientfuivyfonpaity 9 n'en- 

ooreroient aucun dommage a l'avenir : Bref, 

a*Akxandre ne leveroit jamais les armes contre 

ly , ny n'ayderoîtoude confôl j ou d'aucun le- 

ours ies ennemis, & qu'il admcttroit ♦ deux Fran- * '^'ï* '**• 

ois 9 que le Roy luy nonuneroit , an nombre des 

Cardinaux , qui furent Guillaume Briflbnnet Eve& 

[OC de S. Malo , & Philippe de Luxembourg Evef- 

[oedaMans. Quoy fait , le Roy s'en alla làluer 

e Pq>e , duquel il receut en oifaige le Cardinal 

Sorgm , & Zizime Prince Turc ; mais auquel 

iiq>aravant il avoit elle baillé * un poifon lent & « p^« 50^. 

ardif , par la malice d'Alexandre , moyennant 

lois cens mille ducats , dont Baiazet luy fit pro* 

neflè , outre fbixame mille ducats de penfion , 

S'il luy en payoit tous les ans , pour le garder 
gtieufemcnt , & empefcher qu'il ne peuit aller 
troubler fon Empire : de forte qu'il ne peuft fcrvir 
Je rien à l'cncreprifè des François , ^ui le mcne^ 
pent feulement jufques à Naples , ou il mourut. 
Donc le Roy pourfhivantfii conquefie» n'eut pas 
plnfloft reccu Naples , & tout le refle du Royaume 
en fa puif&nce , que ce Pape & autres Potentats 
d'Italie entransen ombrage , •& eflonnez d'une fi 
grande & inefperée profperité avenue aux François 
en fi peu de temps, fc liguèrent ♦ entre eux , (nonob- * ^**j', J.'*' 
Bant les conditions traittées de ùt part avant le de- 
parc du Roy , de Remue , qui luy reprochèrent 
davantage fa perfidie ^ pour avoir cfié fi coft vio- 
lées) & refblurentde tout leur pofilbled'cmpefcher 
le retour de ùl Majeflé en France , lu^ mettans en 
Ccfle, & oppo&ns unegirande 2e pui&nte armée. 

Ctqoineantffloins, fvcc l'aide du Toutpuif&ntt 

ne 



396 PREUVES ET OBSERVATIONS 

ncfiitpas fuffifantpourluyfàirç barrière; càmà 
lèalcnicDt hait mille hommes tant de pied que de 
cheval il gaîgna contre eux tous le 6. Juillet de 11 
1495*. fufdite année i49f . la mémorable & célèbre ht 
* ^H" 549-tai!le de Fornouë ^ où fès ennemis Tattcndoiciil 
s s t. avec un camp de plus de /poocx coinbattans, tfe 

P de luy fermer le pailàge. Charles cftant revenu* 

^' ^''' en France, Alexandre pour fe vangcr dcsUrfinSi 
les déclara pobliquemeni ennemis dcTEgliftcn 
p!eîn confiftoire , & confi(qua toutes leurs teno, 
parce qu'ils avoicnt (ans Ibn commandement pris 
1407 ^^ armes pour le Roy . Cela fait , Tan 1497. il 
^^ ' ' mit une armée aux champs contre eux , fous la coot 
duitede François Borgia Duc de Candie ibn fils: 
mais Barthélémy Livian de laCafcUrfine , afiîflf 
de Charles Urfin & de Vittelcxzo, qui moyennani 
une fbmmc de deniers receus dudit Roy anxiK- 
rcnt une grande armée à foa fècours , défit lesgeoi 
du Pape avec tant d'heur , qu'il ei> demeura plot 
de cinq cens tant morts que pri(bnnicrs entceletns 
mains, fans le bagage & l'artillerie , ri(Iiiê\de la- 
quelle viâoirc contraignit Alexandre de traittcr 
CuieUrdin ^ycc ccttefàmillc qu'il haïflbità mort. Maïs ilnc 
'"' ^* fut pasplutoft forty de cette guerre qu'il en eMre^ 
prit une autre contre la ville d'Oftîe , quitcooit 
encor pour le Cardinal Julian , depuis II. do nom 
Pàpc , qu'il fit aflaillir par Confalve ColomnCi 
auquel dés la première approche de rartîlleriecet- 
tc place fut rendue lâchement du Chaftelain on 
Gouverneur, parcompofition; en rcconnoif&noe 
dequoy Alexandre fit recevoir Confalve en triom- 
phe dans Rome , & luy prefenta la Rofe que Ici 
Papes ont coudume de bénir tous les ans, & don* 
ner à quelque Prince , ou Princeflc. Or ces (ro* 
phécs , & cette joye publique furent bientoft apcéi 
troublez par un funefte accident ; car Alexandre 
ayant délibéré de conférer tout ce qu'il pourroitde 

Candeur temporelle au Duc de Candie fbn fib 

aifiiéi 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VU. 397 

ai&é , le Cardinal Valcntin fon puiihd , qui d'un 

e(prit entieremcDt clloigné de la profcffion £ccle-« 

fiaflîque , afpiroit au maniement des armes , ne . 

peut endorc-r patiemment que fon frerc occupait cet 

avantage fur luy : parquoy pouûë de cette ambition 

il }e fit malhcureufcmcnt afËfUncr une nuit, corn* 

me il marchoit ftui par la ville de Rome , & puis fit 

jcttcr fccrctteincnt le corps mort dans le Tybre: 

. ce ,qui mit le Pape en tel trouble d'efprit , quand il 

en fceut la nouvel le, qu'il alla déplorer fon infor- 

jtune en prcfençc des Cardinaux de fà Cour , leur 

protcfia.d'amendcr en après ùl manière de vie, & 

Dpmma dés lors aucuns d'entre eux , pour vacquer 

àjaçorroâiondcs mœurs & defbrdresdc là Cour. 

Sur ceç entrefaites , & au mefme an il accorda c«ichardin& 

yinyc(}iture du Royaume de Naples à ÏFcdcric II. ^'**' cumj: 

& délibérant de faire quitter IcChappeau rouge au 

pardioai Valetitin fon fils; le requit de luy bailler 

À fille en mariage, avec le Principauté de Taren* 

te : .mais Fcderic rie voulant pas agréer fa rcquefte , 

le Pape en conceutfigraiiddcfpit, qu'il entra dés 

lors en alliance aycç le Roy LouysXli. qui venoit 

dciuçceder à la Couronne de France , par le de- 

ceds de Charles VI|L advenu en l'an 1498. & fki- 1498. 

ÙDt renoncer ledit Vaienjtinau Chapeau , l'envoya 

en France., où il fut magnifiquement rcccu du 

Kpy, rnôyennant la difpenfe qu'il luy apporta de 

4e ifparer de leani^e de France fk femipc , pour 

.çKpoufêr Anne de Bretagne vcfve du defûnâ Roy. 

Qnî'ilus.cft, Hierofmc. Savanarollé f Lcobin , Tp^^'f^^^^ 

^atjf de Florence , homme excellent eh.doârine6iw 

& enprpbité de vie , ayant librement parlé dans 

i[bs>(;j[crits & predicârîohs contre les abus exccfiifs 

du Pape , fut àfpnip(lancc& pour fuite bruilépu- 

bîiqucmçiit à Florence le 9. Avril de la mcnnc 

année, avec aucunsdcfes compagnons : Ce qui 

icpugnoit à la liberté qu'Alexandre fembloit venir 

de donner^ de reprendre & corriger les corruptions 

de 



39» PREUVES ET OBSERVATIONS 

fhmfiê ,& <Ic fa Cour. Cq>endant Valcntîn Borgîa dcvcBB \^ 
mtanu Ibldat, dcvîDt aaffibien-tollaprésDacdeValdiB <> 
14S^- en Dauphiné.* car Tan 1499. ilcontraéU marife |i 
avec la fille d* Alain d'Aibret grand Seigneur co ;( 
Gaftongne, en faveur dclaqaclle alliance, ootre l' 
le dot de fa femme, il eut encore la Cité de Vf- < 
lence , fous le titre de Duché pendant û vie. Et 
comme il eftoitdoiié d'un cœur magnanime &JB^ 
ncrcux , il clungca lors (bn nom en celuy de C^ 
far , & fit mefme efcrire en fcs enlagnes pour d^ 
jim^à. Fit. vife qu*il feoit ou Cefar , 0» Rien. Ce qui |Mttt 
ron. I». Lmd. véritable avec le temps, car après avoir conquk II 
^^^' Romagne, & quelques autres terres , enfin took 

fa grandeur vint à s*evanouir , & fut ptelqne CB 
un moment réduite à rien. Es années i foo. & ipi. 
ICI ^^ nouveau Duc de Valence aflifté de fiwcc troih 
^^ pcs auxiliaires que Liouys XII. luy envoya â lia . 
fecours , teduifit à robeyffiuice de Ibndit pac | 
Alexandre plufieurs villes tenues par les Vicairesde ' 
CuicUrdin. j^ Romaguc , commc Imola , Pefiro , RiouDii 
Favence , Camerin , Urbin , Perniè , Tiftnc, 
& autres , & pour mieux (buAenir les grands fi» 
de telles expéditions le Pape créa â ce fiijct dôme 
Cardinaux de ceux qui (ans aucun autre motei 
offrirent feulement d'acheter cette dignité i pha 
haut prix , & luy envoyèrent les deniers oompani. 
Il célébra pareillement un Jubilé à Rcmie, Msk 
difiribua par toute ritalie, & aux Pixyvinccs Éta- 
gères; ce qui luy apporta un grand profit, &im> 
ça beaucoup les affaires de ce i>uc fi>n fils , k fCB- 
forçant par ce moyen d'hommes & d*aigent : quf 
fait, il le déclara Duc de la Romagne, &l'ûm)i 
de là contre la Cité de Boulongne, mais lesBo- 
tivolcs y avoient pourveu û bien , qu'il nVn fiert 
venir à bout comme des autres, & le trouva fitf- 
*S^^' firédcccdcflein. Eniyoï. étifos- Alexandre^ 
^S^3* Ccfar Ibn fils, qui avoient fait icmblant de &te' 
concilier avec les Urlins , firent en fbnc d*cD A 

ira* 



SURLES MEM. DE CCM. Liv.VU. 399 

liaper quatre d'entre eux à Scnogalle , lors qa'ils 

ne fcdootoient plus de rien , Içavoîreft Paul Ur- 

fin, François Duc de Gravinc, Lincrot Seigneur 

de Ferme , & le Vîtcloïze , kfquels furent tous 

condamnez à de cruels fiipplîoes , & à Rome les 

Cardinaux , Renaud Evefque de Florence, Jacques 

dcfiûnâe-Croix , & Baptiftedela famille des Ur- 

fins furent cmprifonncst au Chaftcau de S. Ange, 

le dernier dcfqucls fut peu de jours après empoilbn^ 

fug dans laprifon. Or comme ce Cdhr confumoit 

bemiconp de deniers pourfatisfàire au payement de 

Ion armée , qui conliftoit lors en quinze mille 

hommes , Alexandre fon pcre s'avifa d'inftîtuer 

d'aboudant en mefme temps un nouveau Collège 

de quatre-vingts Abbreviateurs , chacun defqucls 

loy paya ièpt à huit cens efcus pour fbn office : & 

permit aux Marranes , que Ferdinand Roy d' Ar- ^^^^^^ 

tagon & de Caftille avoit cbaflcz de (es Royaumes , 

de venir habiter à Rome, moyennant certains tri- 

batf • Mais cela ne fuffifknt pas encor aux grandes 

deQ)enfe8 lelquelles luy & Ce&r fàiibient chaque 

jour, enfin il rcfblut d*o(ler mefine lavicparpK)!- 

fin a tous les plus riches Prélats & Cardinaux de 

la Cour , afin que s^accommodant de leurs def- 

fOfritlcs , appliquant leurs biens au£(c , il euft de- 

Soy plus largement aiS)Uvirla Ibif ardente & in- 
iÂle du Duc fon fils. On a peu wîr jufques à 
prefenc ks violentes ufurpations, tymmies, mcf- 
chancetez , & autres injuftes procédez de ce Pape, 
-qui eftcSt parvenu par fi mauvaife voye à cette fu* 
preme dignité de l'Egliiè : rr fie maintenant à con- 
-tanpkr&mifèrablefin, pour de là juger & con- 
clure , que fi la vengeance des melchans femble 
diSèrée pour un temps , & s*ilsparoif&m comme 
- triompher dans leur malice , toft ou tard néant- 
«noms d*une façon ou d'autre la punkion qu'ils en 
' méritent ne leur manque point. Le Pape (cedi- 
(cniOnufrc, Guichardin, Arnaud Fcrron & plu* 



400 PREUVES ET OBSERVATIONS 
fieors autres) eut uns doute exécuté (on dctcib» 
ble deilèin proj^tré contre la vie des plos ridKi 
Cardinaux. , G TAdmirable providence de Dki 
li*en eull autrement di(pofê. Goichardîn cotreia- 
tres Autheur irréprochable en rccite partxca!îa^ 
ment rhiitoire , & raconte l'accideiu citre srifé 
de cette forte. II remarque donc que cet Akao- 
dre eftant an comble de &s plus grandes ei^cno* 
ces, s'en alla fouper en une vigne proche du Vati- 
can, pour prendre le plaifir de la firaifchçur ; qae 
de là foudainement il fut apporté tout mounuta 
Palais Pontifical , avec fbn fils , & le jour rai- 
vant i8. Odo. ifos- porté aiort en rEgli&de 
S. Pierre , noir , enflé , & trcsdiflS)rnie » Saa 
cous manifeftes de poifbn : lequel toutefi Cm 
Son fils furmonta tnnt par la vigaenr de fim l^i 
que par les fortes médecines & contrepoilbQsdotf 
il nCd , ^ en eut la vie ûave , bien qu'opprinf 
d'une longue & griefve maladie : ce qui lèbmk 
bruit commun arriva en cette forte. Ce&r ivdt 
délibéré d'cmpoifonncr Hadrian Cardinal de Cor- 
nette , en la vigne duquel ils dévoient foupçr ; ft 
pour ce fujet envoya devant certains flaoooos de 
via infcâé de poifon , lelquels il fit bailler i m 
lèrviteur qui ne fçavoit rien de TafiSure , amma- 
dément & ordre preds que perfonne n'y toochift: 
mais d'avanture le Pape Alexandre furviot deifit 
l'heure du fouper, lequel prcllède lafoif, fcdc 
la chaleur immodérée quMl fiiifoit fors , demnA 
à boire » & d'autant qu'on n'avoit encore appoitt 
fbn fouper du Palais, celuy à qui Ton avoit bsSU 
le vin en garde , eltimant que l'on Iny eut baillé à 
ferrer comme un vin fort excellent, layendomt j 
à boire : & fon fils arrivé pendant qu'il bcuvoki \ 
ne fe rcflbuvcnantplus de rien, ny de ce que tof I 
mefme avoit préparé, fcmitfemblablement iboF* \ 
rcdumeftncvin empoifonné : ainfî tomberent-ill 
cui- mcfmes Juftemcnt dans la toOc & dans lespi^ , 

jC5 



SUfe LES MEM. de CX)M. Liv. VIL 40I' 

içs qu'ils avoient préparez aux autres. Le merme 
Gokhàrdin adjoofte cb fuite , que toute la vlllede 
Etome accourut avec uue allegreflë incroyable i 
S. Pierre autour du corps mort de ce Pape, & que 
tes yeux ne (èpouvoîent raf&lierde le voir mort^ 
i?é}ouyi&ns du trefpas d'un fi mauvais Pafteur, 
nâS bien qu'ils avoient couftunôie de plaindre & 
regretter la perte des bons. Or pour tecoliiger le 
tisrré fufilit de Guichatdin & des autres , qui ont 
dcicrit cette déplorable hiftoire , cft à remaïquer, 
gué par la fiiote & itiadvettaiice du fodrunelier ,1c 
rin cmpoilbnné fut offert à Alexandre mefme , à 
Cdir, & au Cardinal Âdrian, lequel avoir beau- Ce Car^« 
coup de crédit & d'authorîté prés d'eux , fe rcn- «*!»'«» ^»^ 
Amt complice & participant , voire inftigatcur deJfjî'^^JJgîl'^^ 
lears mcichancetez : de &çon que ceux dont ilSn*eneft fu 
«roicnt conQ>iré la mort cfchaperent , & eux fè «ou. 
irtniverettt atteints du poifon. Cefkr qui avort le 
Corps robtlfie , & beu plus pur que les autres , n'en 
snoorut pas , ains fut feulement affligé d'une ma- 
iid^ fort grié ve , qui luy caufa neantmoins enfin fs 
Aline ; car ne fe pouvant aider durant icelte indif> 
poftîon , la plufpart de fes troupes l*abandonne- 
venty ftpcudetemps après l'Italie mefine's'cfineut 
Sdlement contre luy , qUc les Villes , Places , Se 
Seigneuries qu'il avoit ôcâupées (ùr les Colonnes, 
Unms, Savelles, Vîtelly, Barons de Rome, & 
fiir les Seigneurs d'Urbin, de Pedro, deCamé-^ 
tbr , & de Scnogalle , fc remirent en la puiflàù- 
ce de leurs premiers maiftres ; les Urfins ]e chnfic- 
cent de Rome, toute la Romagne felouflcvacon^ 
treluy^ ftfelonfa devifcil fut en Un mofnent de 
Gc&r réduit à rien : mais quant au Pape Alexan- 
dre, fa viçilleflè n'eftaut ai&z forte pour refiftcr 
êU violence du poifon , il en mourut le 1 8 . Aouft * ♦ «/. oeto* 
IJ03. â râçede2i.an , & fut enfcvely dansr&tjic 
gUiè du Vatican tout un fepulcre de brique^ ifJQ^ 



40Z PREUVES ET OBSERVATIONS 
jibbrtgé particulier de U vie dudit C^ h 



3 



IL eftoit fils du Pape Alexandre VL & fiitixe- 
mtcrement Cardinal , pois en Tan 1498. ^moi 
le Chappeau for refperance d'an grand nma^y 
& ayant pris Tcilpéc, obtint du Roy LouysXIL le 
titre de Duc de Valcntinois , une compaoïk de 
cent lances , & vînet mille livres de penfioo. B 
s^cmpara des villes d^Imole, deForly, de FafCQ- 
•-/.scao^l-oe, &deSinigallc, * & fc fit nommer Doc de h 
Romagne, dcsDuchczd'Urbin, & deCamerio; 
& pour parvenir à (es dcileins exerça toutes fixtts 
de cruautez. En Tan 1^03. il conùnença à dxw, 
le Pape Alexandre (bn pcrc eftant mort en la met 
me année : Il perdit lors toutcequMl avoitnfiqp^ 
ai fut repris fur luy par le Pape Jules II. &aittccs: 
efbrtc qu'il fut coptraint de fe retirer vers God- 
làlve , furnommé le grand Capitaine , qui le receat 
du commencement à Naples , avec bon vifige & 
grand honneur : puis fur le commandementqo'il 
en receut du Roy d^Efpagne , l'envoya fur une gi- 
kre prifonnier en Efpagnc , où il fiu enfoié dus 
la Citadelle de Médina del Campo , juiqDS cq 
Tan IS06. qu'ayant trouvé moyen dedevakratec 
linc corde hors dcCiprifbn, il s'enfuit auRoTitt- 
me de Navarre , où faifànt meftier de Ibldat , H te 
tué en une rencontre. GuicharJin eu rb^airt M 
guerres d'Italie^ 

jBorg/a Cafar erat faéilsy bf nomime Caftr : 
Aut mbîl, OHt CafoTjdixii ; Mrtamqiufiùt. 

Pages 5*00. SOi> Le Roy fit avec U Psfe0 

uppointemefft , &c. parlequelilemtlejreredm'ïmt^ 
(XQ. isf lu^fit ledit Pape deux Cardinaux , ^4 
à ff avoir le General Bripfmet , &c. 



••.V. 



SUR LEjS MEIil DE COM. Liv. VU. 403 

• Relation de ce que fit le Roy Charles VIII. dans extrait d'um 
RomcTraîtté que ledit Roy fit avec le Pape Alexan* utmuu dtun 
dre VI. touchant le frcrc du Grand Sekfncur. En- ^^fif ^ 
trcveuc de ce Pape & dudit Roy , & la forme com- i"^"^' ^ 
ment iceluy Pape fit Cardinal Guillaume Briçon* 

net Evej^ue.de &inâ Malo. i^s* 

JHis difhm ^ tif fi reâi memini , fexto hujusctk UavImt 
nfefffif fffi frandium S. N. D, per JeamhuUaa^ 
rium j five corridor ium , de palatio fuo aPud fan* 
Smm Petrwn ivit ^fue fortatms eft ad caflrumfan^ 
tu Ameli , ubi promaiori fua fecuritate commora* 
tm ej^f V cmm eo Keverendijfimi D. D. Nea^ 
poUtanus , fanâa Am^fia , Montis-regalis y Ur^ 
^9ms 9 Akxandrimu , (^ VaUntinus Cardinales. 

• Capitula Conventionis Papac , & Régis •^^^ ^ 
' Francis , Se prsc(ërcim de dando fratrem n^y curUs 

magni Turc«. Z'iuut7!^ 

161 7. /wr Tir» 

DIzDommico XL menjis lanuartj eoHclufum^*^^ P^** 
fuit ^ deliberattm iftter S. D. N. illujlrijli'l^,\\%l'^ 
m Dominum Pbilippum deBreJfa *avtmculwn & 710. \u 
is Franeiâ , locum tenentem ejufdem Régis , '« n»*Çm; Mi* 
iS.D. N. aSftgnare débet Gem Sultam fratrem ^^JVTrîît" 
mfmi 7urc<e adfex menfes Régi Francis , oui ex • a Sâ^$ 
mtmfohere deberet Papa viginti miUia Atuato^ 
tmm , ^ dore cautioftem mercatorum Florentino^ 
rum CflP Venetorumde refiituendo ipfum CemSuU 
tamipfi Papée elapjis dtaisfex menfibusjine mof 
rUm Rem , coronare Regem Francise Regem Nea^ 
fotitamnn y fine alterius praijudicio , ^ facere fi* 
€wrQS Cardinales fanSi Pétri ^ ad vincttia , Gur* • ptg. 4^^ . 
çtnfem , Sabellum , i^ Columnam , de non offen- 
deido eos , pro qmrum fecuritatis declaratione de^ 
Gèrent convenire infero illius dsei coram reveren* 
diffimo Domino Cardinale Alexandrino Reveren* 
diffimi m Ckrifio Paires Domini BéÊrtb^hnMu^ JV^r* 

C c a f«- 



i 



404 PREUVES ET OBSERVATIONS 

pejinus ^ Suhrinus SecreUrius (ff loanmes Pff 
rufifttu EpifcopMS Datarius mmine Papa^i^ Dh 
mifws de Breffa (ff de Momtfenjier & Dmrnma 

» Câtin^, Joawtes de Sarravy * primus Prafidens PatUemit 
ti Parijienjis , fed CarMnaUs femSi Pétri 4ul vhh 
cula Çs? Gurcenjis intclleéla cwclujiùme fine thfih 

• "ftg. 500. A* , conquefii * fnnt RefridepaâHs ipfis per em 
non fervatis y ctpn ipjis prmnyiJfH per canmamn*' 
giam , fine eorumjc'ttu i^ voiumtate , c$nn Pmh 
tiftce mn vette concordare , velaliautd eottcltubre; 
(ff boc modo cvnclufionem bMi$fmoai ^ is^ m UEnd 
Cardinakm Alexandrinum vemrentj^ hiMdive^ 
Ttint. leria Jecunda 1 2 Janmarij Rex rroMcuiejm-, 
tavitper ttrbem foins , (ff illam wdendi cêtfâ , 

Chiïlisvnt •^^m , cnm altts nohtlibns eqmtaHS : mterm 

allant pu la (^ Regem eauitaiaC quidem CapitameMS pem 

ville de ^o'rgJloJi^ Regts circa ipfnm incedentem^ cntârnSê- 
me y mai* , •' y i ^ v^ r * ^ /• # ^ r 

dcnicrc, fic^^^-^ quod pedttes fequeremnr : fequebatur CéBrâh 

cfloigné Atnalis cnm nobilibns aliis, Seqnentt £e l^, Jépuumj 
lay • & après jf^^x eqmtavU ad/anânm SebaflianMm Jb H&s eùam 
ne d« ttr-#^''^«^ aîiis feqnemibns diebus alibi Jn lUftM 
dfs de ctjnavolnntatis, reriafexta diâi nui^ ]mmm\ 
^®y« bono fnanereceffer$nrt ex nrbe Afcanius Vicetèncel* 

larins ^ de Lnnate Cardinalis Me£okmm itn» 
ri , nt à nonnnllis ajferebatnr. Eadem dni» mâne 
Rex Francice eqnitavit ad bafilicam fanât Pétri ^ 
ftbt andjàa Mijja in c^ella fanéta Peiromlk ftf 
îtnnm ex capeilann fins , fine cantu Miffà tek* 
brata afcendtt ad palatinm Pafa ad corneras noms 
pro eo parafas , ubi fecit prandinm, Deinde tirtâ 
boram vigejjmam Papa portât ns fuit per èemàt^ 
latorium difcopertum in rochetto («r afmtim^ 
ernce précédente , qnamportauitDamimmJtéfbMl 
Diaconus capeila , cùm nnllns adefjh Sâtbdiâtmo 
Apoflolicns , de cqftro adpalatisem pr^àtmm. Rt» 
akventnm Papue intelUgcns , occnrrtt ei upiue dru 
fncm fecnndi borti fecreti j dtjmo ad di£hm è* 



SUR LES MEM.de œM. Li\r. VE 40^ 

mmbuléOmm» afcenJit : CàrMnaks feq$niù ^fumt 
Rezem , qm tune eum e^ pfoùntes erant.^lff.ipS 
P^rnnexpeaoHtes : P^îrcL effet mfkm^^ 
ti fr<itM3i fraeejferunt Cardinales Regem. fififue^ 
Pant^em ^ Rex.vjfo Pimifice adfpatmmJuamm 
çamuarum genuftexit Us fitcceffive am^éUnti £• 
fia9ttiâ\. qtnd^^Papa finxîtfi non viderCj fid €in$ 
Rex pro lertia^genuflexionefacienda apprcfinjna'' 
ret , Pafa dep^uit birrtftm fitum . ; C^ ûecurrii 
RfBgi adUrtiam genufiexionem viuienti f ,ac enm 
iennit m genufieéteretter ^ ^Jeofcmlatus e$tm am^ 
ho dcteSis eàpitibsis erant , ficaue Rex nec pedem Ledit B.of 
mec mantmPap^e ofcuUans eft : Papa nduit re* "/ p^^^ny'jj 
fonere bhttitmfuum y nifiprins fe tegerttRèx ^m^ da Pa- 
tasfdemjimul eapita coopergeKuni , Panti^e mamim pc > nuis U 
UrHo Régis ut cooperiretur appanente. Rjtx. jqûmm^]^^^' - 
frhnum a Pontifice y nt pramittitur , ^^^^^^onyieln 
fitit y rogavit Papam veJJe pronunciarç Caréhia'. meùnt 
km EMàifMnii Maclavhnfem Co^filiantemfktim^ittm^<i^ le 
qmd papa, dixit fe faSurum , mandans^ mihi ^md^^^^ 
ad effèmtm bnjt^midi cappank Hnam Cardinalem 
Cff c^ellum reperirem ,. cappam mutuav'tt Catdi^ 
mdispmâai. Ané^ajià : RexaJUmans ibidemidfta^ ■' -. ' % 
tim fieri debere intertûgaviijme mkinam^ jfxanda . .-^ 
P^/t eJfH expediturns , refpondi in cornera Pa^ 
fait y ad fnam continué * ibam : Papa Jinijtra* i 
mauudextrum R^^ accipiens eum duxtt nf^ue ad^^V^^^*. 
Jiâam : corner am Papalem y uU axtefuant i^^^^i^^^^ 
retfiuxitfi Pontifex.fyncffa turbari. mus autem^tgtâxOuoi 
perventù Papafedit fiferfedem bé^am «rtr^nwrftmpltble \ 
Jfiras ibi àppùrtatam ihf Rex iuxta ^ftm.fifer^^y ^^^^^^ 
fcaballmm y jMro qua continué fedem fua s San3tta^\^l aiBMÎ 
iisjimikm fscit apportare ; me autem if^ante ,. rvt le ptemiei U 
ptsgnoftte. y ^ fejfmem. hujufmodi nequaqu^im • con-i ^vant luf. 
t/cnirt. afférente. Papa afcemlit ad fidem eminem^. 
Um cptf^l^îdkm ibt ordman$e me pqfitamy dimiffix 
frius btrèto^ sapuccinorubro y^ acceptisiiféto^. 
ێ^cimkal^i^Ji(dapi^ofa:pQ^/uipJcdetPa^ 

' C c 3 ' p^ 



ibant 



^ PREUVES-ET OBSERVATIONS 

fa santenUis aute iextràmfmam^snqMafe^Ru: 

fifrofedem Bjsgts (if.éo^e m modum €orou4ef4tà 

jcaMla.fr Cardinalihut^ in^bus feder$M Cm* 

émaksvx Pafa nohùtfidcre mfifrius Rexfedaraj 

qttem mamt coegit friiàs-fidere , dcmde fe^ Ht* 

nAsrekdtffimms D/munus Catdinalis NeafoUumm ^ 

l^ fedit ad dextram B^éeJuxta-nu&umfHfidtl- 

hfroitffdere filet Dlaetmms CardiMlisà dtxtrh 

ht cé^eua Pafa exiftem : alii Càrdtwdes wirn 

tenfijlmali fifi e$tm\ fin fotius ad amte CMm :fo» 

que Âex mmfedît riâà lixeainter Cardinales^ pi 

ante tos y fin m medio eorum, Ommbusfic feden' 

$ibus j Pafa £xit mufer fi i/ota pmmxm CanB^ 

uaiittm Jhaimtffifro crtatkne Reverendijfimi Dmi* 

m Efifcojn Slaçlovieftfis in fanSa Ramaxa Eccle^ 

Jia Gardtxalem , juem vufjejias Régis ibidem frê* 

fins ij^taxter fieri fiifflicaruerat ^ ^ tffifaeertftir 

ratms eraS , iffis Cardinaltbus comflacentibsss,k4^ 

fondit reverendiOmiHrCardinaUs ileafataanns ^df 

fùA enmalii in eandem fintensiam qw^ non pdiim 

id iffis fjaceret , fcdjieri fiifpticarent fro Regisbo* 

nore & voluntate, lune vocatns fer me frafetus 

If. Jtnnet Dominus Maclovietifis QGuiUelmus Brifonmtsu) 

H9S' defq/his ibi tnantello^isf cafuccixo de eiaxieiko 

ntgro ^ bireto nkro V. induit iffum eaffa Carâ' 

CeiemoAle» *?'' Vàlentiniei^s ^linnua caram Pefa ge9t^ 

ptnuU. ctea* ^^^ 9 9^ deteaa eaptte ex ceremomaU fremnatsevû 

fio«4tt Cac- ipfnm-Cardinaiemfer v^ba^ auâoritate omnipotah 

^ 4c S, tis Dci , &f Ecclejum Machvienfem ^ bffav^ 

Auo? le** ^^ ^ rnnuia wom^ierik fy bénéficia Ecd^fiJ^cs , 

Jjioj \ |6- JsMfrinsintitulumi^Cmnmefsdamabtmebat^fi» 

Soio* cmnmendari* MncUvief^ ofcnlatsis e^ .fedem là 

manstm Pafa , (^ ipontifice elevatms^éulms rf* 

cuhtm ^ receftus ; tune itérant genufiexitt^ P«- 

fa intfcfuit cafîti fiiocafeilssm rubeenm y verbism 

eeremoniaii fojfyis, QmfdSo^Maclauii^egitgrà* 

tias Pontifici , qui^xit Régi étendus effe, coram 

- fxo R$ge iffi fiioclovienfis ^ens^xns , ^xemmr m* 

1 - -• vé 



SUR LÉS MEM. DÈÎJÔM. Lnr. Vïï. 40^ 

%^ digmtatis aJePta & Eftfiàpalis , egit et gra* 
fias mfiexus 5 JùrrexH '& ajingulis CardinaTthii 
édoris ofcultan receptus eJl.MMttellumprafato Do» 
wino Maclûvitnfi exntuna'irep^erunt Ju$ ^ m^ me 
ûdveTUn$e. Domwus Jaeotus de Cafdhnova , ^ 
Framîfcus AlahagHcs fécrefi CtUncnlarii Jibi inde- 
bitè * f/furpartmt ^ retinuerufft , cappuccinttm au* « j^fi debiti 
tem cr biretùm ego retinni. Laerim furrexiâ Pon^ 
tifex Ù? ^ixit fe velle Regem ufque ad règias ca^ 
mer as ajfociare , fed Rex idfierJ omninè recmfaus , ^-^ ^^^7 ^"* 
fuit ah (rnnibus ÇardÀnalibus ajfociaSus adhujufmo- accompagné 
di cameram j iterfaciens fer caméras faramenti ^ de tous les 
65* cmnes aulas , Êj* deammlaimum reverendiffi- Cardinaïuc • 
mi Dmini CarMnalis fana<e Anaft^^, &^M*»'^^^^^ 
iff corneras novas adquas ipfe erat inhaiitdSmtus ; ment» 
il^at autem Rex médius inter. NeapoUtanut» àdex* 
tris , Çjf S, démentis Cardinales àfinijlris^ Car" 
dtnalibus omnibus binis ^ fuo ordine Jejuentibus. 
Pervento ad quartam pradiâam ^ Rex egit grattas 
Cardinalibus ^ qui abeo recejeruntj omnes dempto 
fanai Dtqpjii ^ Maclovienfis ufque ad cameram 
Jibi deputa^âf» , qmefmt oUrfi Dominide Falconis y 
quam càm mn poffeut intrare , drfeSu fé^itorum 
claves ha&ei^umy tveruut 4d cameram Epiffopi Cou* 
cordienjis ^:$ii aliquandiu manferunt , tim vene^ 
runt ad cameram Domim lilUchvieufis pradiétam ^ 
uhi ante ofti/m CardinàlisfauiSti Viomju ab eo li- La girdeies 
centiatus cUfc^ ; Porta prima poLoU y ^ ^^^^\T^^S^% 
alia aditum ad Regem pftakentia datafutrunt «S'^^io^ieKoy» 
tis pro cuftodia Régis depiàatis , qui non permitte- con&èt «us 
ùant nijifuos aut paucijjimos exnojlris intrare. /«- EfcolToU. 
terfuerunt pramim quatuordecim Cardinales , vi- 
deîicet reverendtffimus Dominus Neapolitanus Epif 
copus , fanéii démentis , Parmenjts , S. Anafia^ Cfireaes 
fi<e ^ Montis-regalis y Vrfinus\ San0i Diofi^ ^ données pa 
Alexandrinus , Carthaginet^s , Presbytcri .• janéli ^^^i^^^ 
Georgii , fanéti Severini , Valentinus , Cafari- 
nus , ^ Gcrmanus 9 Diaconi : de<U eademdiere* 
.'..*. C c 4 ve^ 



Page f02. Et fia reeem UB^ i t 
ftllniùUtUdaHS la ville Je ^^let y 1 
do %Dj ChiTla VIU. à Naplcsl'an ] 
de a/by Ce peut voir dans le premier' 
(cinapial l^ran^is, pagegS;. 





PREUVES 
ET 

OBSERVATIONS 

SUR LES MEMOIRES DE 
Philippe de Comïnes. 



LIVRE HUICTIESME. 

pAgetfjS. foi. L'Am$biirJi$fMtkJiByCitfi 
* Ut VIlI. Hevoideit pr»JMlieitrm énitduDMt 
f0rUauf»mt9iffurfmU Dmeh4 de Hâik». 

MxtraiS d'un Difiwj fu^Mt té DrêiS dm 
Rty Hinrj II. fw Aivrrfts Sn^mw^à., &" 
pémiçuîiirrmtnf au Dtéchi de MiUn ^ [dit » 
filtn Ceùiaion de aalmiS'iÊtu , oar UGr^- 
fitrDuTtltet. 

LÉdrotâdnRor«iiDQcM<IcMiIaneft notoî-j^^^^ 
re, ft lî bien julHfi^ , qn'il n'en ell ppint de 
infenz , îàc. L'Emptrem Hôuy VU. fit Mattiiico' 
vicomte poor fa vie Vicane buperial & incvoc^te 
}e Milan moycniUQt lalôRunede diiqanteiiitl- 
lc^riDsd*orponranefbis,qa>nmteniiIlcpoarIiiy, . <> 
& dix nulle fx^rlmpciatticcMvgOccite £ifein* 



ffto ; PREUVES BTOBSERVATIONS 

inc, a vinst-ciiiq ndlteflorins d*or en pcii6oD«- 
budI«lilâQiiimbreIii!pcR«Ic,^€-. .A^xéslede- 

!:cdi dadit Empereur ki Commansiicé dndic Mi* 
^ ^^ flft ciknt Mit Mâtthieii Vicomte Sei^oeiir &R^ 
'^^y fleui guiLia ! dnditMîhm dorant fa ne , "taqndfe 

ëirMfiOT /*« Reâorie. fut parlovacoefféeenSeptcmbi^, 1313. 

un. Le Pâpê Icaii XXII. tonkptés & promotioa , pic- 

tendant le créateur avoir commis aa Pape les drob 
tant du tenicn que cel<r(te Empire , par (à Bulle ^ 
ay ans les termes fufdlts , & que l'exercice de l'Em- 
fnic 'finnrfSi?^ f aéatft Ijfy âpparÇBoit p^ dc^ofa« 
fion j éxcbtA'mrinia toQsceâx qtf fins Ibn addio- 
rite precoicnt titres, & cicrçoient Vicariits dndit 
Empire , défendant à tous de ne leur preftér ôbcyP 
fàcce : ledit Vicomte , pour la reverçace dadit 
Pape , & Siège Apoftolique , & pour ofter tout 
(crupule renonça àToffice de Vicaire à luy donné 
par ledit Empereur Henry : toutefois il rethà par 
exprés ' les Seigneurie , Reâorie ^ Pniflkicc t, & 
Baillie , ciquelles il avoit efté cileu par ladite CcNn- 
HMinauté 4 laquelle confinna & auâraîfii ladite 
tleéh'oQ « cd rciettant le nom de Vicaire le 2S. 
Ti 1 7* ^^y 1 3^ 7" Ainii for ledit Pape , qui vouloit cm-- 
pieter Tefltat de Milan , à tout le moins vacaot 
l*£mpirç ; fiuftré de fon entreprifê. Après pour 
la bonne conduite agréable tanti rEmperear que 
à la communauté de Milan , ce qui eftoitenoffi- 
te fût bafllé aux Vicônùcsenfief, & titre Doci'') 

• Fnifért & leuT MaifoD aggfahdie fut honnorée de * l'il- 

€hapitre 7f. lianre de celle de France , par Madame Ifabeau 
•'• ^' de France, fille du Roy Ican mariée à lean Ga- 
leas Vicomte , Comte oc Vertus , puis Dne de 
Milan , delqucis vint Madame Valentine » fem- 
me de Moniteur Loiiys Duc d'Orléans ^ fttre da 
Roy Charles VJL & en faveur du mariage à% ladi- 
te Madaone Valentine fut baillé le Comté d*Aft 
»it5« audit Doc d'Orléans en Janvier 1386. Depuis le 
Comte Frandfque Sfbrce ayant elpoufiS labaflu^ 
. . de 



SUR LESMEM.de COM.Liv.Vin. 4îi 
Je de Philippe Vicomtc'Duc de Milan, ufurpale /^" ^/•''** 

Duché de Milan fur les Ducs d'Orlcans mrqxic\%2^Z''H!i 
il appartcndt , à caufc de ladite Madame Valent!- Un» 
Dcjplus proche & légitime héritière defdits Vicom- 
te Ducs, eftans ceux oui la prccedoient défaillis: 
& non lèulement les Sforces occupèrent de ùà& 
ledit Duché de Milan , maïs fpoliercrit les Ducs 
d'Orléans dudit Comté d'Aft • baillé en mariage 
à, ladite Madame Valendnc. Le Duc Louys u^* 
oond d*Orleanr , dépuis Roy Douiicflne de cd 
nom auparavant (on advcncment i la Couronm: 
fît Tentreprife du recouvrement de TEftat entier de 
Milan , & devenu Roy le paracheva. Par les Trai- Uttyt Xït. 
éket &iâs avec rEnipêrcur Maximitien es années ^«r 4t frmh» 
«foi. & ifoS. à Trente, & Caunbray ^ fut con- ^J^ ^^ * 
▼enu que ledit Empereur à la Diète de FrancftM ^loi. 
invefiiroit ledit Roy Louys du Duché & Efiat de is«>i« 
Milan , Comté de Ravie , & Angterie ^ tant pour 
luy , que pour fis enfans mailes , &kudeÊiutde8 
ilnfles pour la Reyne Claude la fille aifnée , & 
enftus mafles defccndans^ d'elle , & luy aidcroità 
garder ledit Eftat de* Milan en paix , mayennant 
deuTioensmilleelcusV que ledit Empereur eutdu* 
dit Rov , & fit ladite inveftiture Pan ij'09. en ^'^'* 
luitiy Et dés Tan 1505-^ en May , ledit Roy Louys 
par'Âm Tefhment âvoit inllitué fon héritière la* 
ditvihme Claude fa fille aifnée es DuchezdeMî- 
laii^,^ & Gennes, Comtes de Pavie , & d'Aft, & 
autreis Seigneuries qu*il avoit delà les monts en 
Lorobardie. Pource que depuis par la menée du 
Pape Jules II. ledit Roy Louys fut dqchaflTé dudit 
Eftat de Milan , le Roy François L le tecouvra 
Tan 1 5*1 y. garda quelque années ,:& depuis la tsi5« 
journée de Pavie par Us Traiâez forcez quitta les .. ^ 
iDrbi^s dudit Eftat dé Milan , âûoucl il tfavoit ,'; . ; ^ 
rien : car ils appartenoient au Roy Henry II. à pre 



(ènt régnant , àcàuffide JaReyneXJlkttdc fanKîrc,5iw«ftiMjr 
ram par vertu du Tcltâmèiit dudit R(Jy JUiiysXlI.21^*^**^ 
- ' In- * 



4» PREUVES ET OBSERVATIONS 

bveftiture fàiâe Téd 15*0^ que Icgidme fooocC 
fion eflanc aifnée. Et cftoïc ladite Rcyne Claolc 
decedée auparavant Icfdits Traiâez rigoarcux , & 
k fucceffion cfchcUc aadit Roy Henry , qui fifr 
toit trop de préjudice, & aux fiens , de.reDQDCa 
maintenant à fefdits droi6b : car & renoncitfioD 
fixoit valable , & tout ce qui a efté fàiâ par kdit 
feu Royfbnpcre &luy , eflant en pouvoir pua- 
nel , pour la révérence & obeylfince qu'il luy dfr 
voit eft de nulle valeur. L'Empereur Charles V. 
par le Traîné fait à Crefpy en Lannois if44*i 
aflcx monftré (aeonfcienceeftre informée qu'il n^ 
aucun droit audit Eftat de Milan , accordant qse 
û feu Monlieur le Duc d'Orléans n'avoit ento 
de Madame Marie Frinccûè Infante y & fille aifiiée 
dttdit Empereur, en rendant les Pays-bas, quid^ 
.. . voient cftre baillez en dot à ladite Princcife , fai 
qucrele de Milan edoit refovéc audit Duc , & 
8iieQ)oulbit la féconde fille du Roy des Romains, 
& qu'elle dccedaft (ans cnfans ^ Tinvediiurc dudf 
Eitet de Milan baillé en dot , en ce cas (è Caà 
pour luy, & pour (es hoirs mailes légitimes qn' 
pourroit avoir d'autre mariage. Si ledit Empcre 
' eut eu bon droit audit Eftat de Milan, ileuftvc 

. lu qu'il fût retourné en fa maifon « dcfaillaiy 
hoirs de lès filles ou nicpce : & lesTraittezdeA 
drid & Cambray n'informèrent ladite coufcie 
d'aucun titre valable , parce que ledit Roy F 
çois qui avoitcontraûény avoit ricn^comoy 
a elle. 

Extrait J^m autre Difcowsfur me/me fij 
• . . ' dejfiu y . ^ui eji du Chancditr OUvii 

^'pfu O ^? ftP'^ •««««»?» "°5°y «« 

M^ Hmry II. ^^ ché dc Milau par rinveititure du feu 
^j^0M«6/i^rcurMaximilian , on allègue communem 
^" ladite Duché toy appartiçot au^ par dzqU 



SÙRLESMEM.DEœM.Lîv.Vra. 4ii 

rie : car Jean Galeas Vicomte, Duc de Milan eut 
trois encans de Blanche , fille du Comte de Sa« 
yoye , c'cit à (çavoir Madame Valentine Vicom- t4t#w 
tè , aifnécdctoQS, Jean Marie Vicomte^ & Phi* 
Kppcs Marie Vicomte. Ladite Valentine fbt ma^ rMff«ff d§ 
tiéci Louys Duc d'Orléans en Tan ^^^^^fP^^''^'^^'^'%^'^ 
cens quatre-vingt fix , qui lors dudit mariage tk ^ i^GêiLi 
nommoit Duc de Touraine. A ladite Valantine Dm d9 Mi* 
fut baillé en dot parfon père la Comté d*Aft Âfea'^* 
àpparteifances , que dés lors il promcttoit fiiireva» 
loir trente mille ducats de rente pour en joiiyr dés 
fe lendemain des nopces : & outre ce luy fut pro«^ 
Biilè làfommede quatre cens dnquante mille du- 
cats d'or t & fut dit & convenu expreflèment par 
iceluy Traiâé , que en cas que ledit Galeas dece* 
daft £uis hoirs maflcs procréez de fon corps ea 
loyal marine, ladite Valentine luy fuccederoiteii 
toutes fès Terres & Seigneuries quelccHiques ; pre- ^ 
(èntès & à venir , fans ce que par Teftament , oo 
cckiicille , ou donation faiae entre vifs il en peut 
difpolèr au contraire. Et combien que ledit Jean 
Galeas (bit dcccdé , & delaifS deux fils mafles ^ 
c'eit à (Ravoir ledit Jean Marie , & Phîlîppcs Ma- 
rie Vicomte, qui fucceffivcment ont cAéDucsde 
Mijan t toutefois ledit lean Marie feroit decedé 
finsenfanS) i8t ledit Philippes auffi làns enfaos le-* . 
gkimes , car il delaiiâ feulement une bailarde 
que François Sforce efpoulà : & davantage par la 
iiiort dtidit Philippes , qui fut dernier mafle da 
nom , & des armes de la maifbn des VifcomtesoQ 
VV[com feriHVkec(mitumfamHh.Kz&Q\ttçxx\t* 
ment la lignée vcnuëde Madame Valentine « la- 
quelle eut de LoUys Duc d'Orléans trois fils , Char- 
les Duc d'Orléans , Philippes Comte de Vertus , 
& lean Comte d'Angouîcfme. Philippes mourut 
fins enfans. De Charles vint Loîiys , qui a eilé 
Roy de France douziefme de ce nom >ayeul mater- . . 
nel du Royquiéftipre^t De leairdl aufildeC^ 
: > cenda 



s 



414 PREUVES ET OBSERVATIONS 

ccoduen ligne malcoline le Roy à pcdèntr^oat* 

Charles doac après le dcceds de (à mcre Valcntioei 

tant comme le plus proche parent de Philippei 

ViQomte dernier Duc de Milan; à cftufedefiin»- 

re^ que auffi en vertu du Traiaé de mariage fof- 

dit j pource qu'il n'y avoic aucuns malles reltado* 

dit lean Galeas Vicomte , ne autres maiks qods» 

conques de la mailbn des Vicomtes ^ vînt à laDa- 

ché de Milan , entreprit la conqueflbe , conquefta 

la Comté d'Ad , & quelques autres places , & 

tnourut avant qu'avoir parachevé. Louys ion fiîi 

Roy dpuzielme paracheva la conqucfte: caraprâ 

le deceds de Phtiippes Vicomte , François Sforcc^ 

[ui avoit elpoufê Blance baftardc dudit feu Dac, 

te (aiiitde ladite Duché, &' après luy (es fils foc* 

cefiîvement , julques à Loiiys Sforcc fils dudit 

François , fur lequel ledit Roy Loîiys conqueOa 

ladite Duché , & l'emmena pntbnnier en FrancCi 

& après ladite conquefte il en fit hommage à TEm- 

pereur Maximilian , & en prit rinveftiturc en Vm 

/nvr/iWâ cinq cens neuf. Voilà comme le droiâ d'hoirie en 

*?^^^* ladite Duché eft fondé. Surquoyil £mt mettre en 

zsof . ** ^ confideration , qu'il y a grand diScrcnd entre ks 

Us fiffs éeûckdc TEmpire , & les fiefs de France ; carks 

tEmjwr» M fiefs dc Fraucc font patrimouiaux , âcviennenrur 

^^^^^^^àm&à'homc^ & fucccflîon , comme autres h^ 

m vûHt fini riti^es , faus bénéfice du Prince , & s'alieuncot 

à iciux qmt fi^s fou oougé , & cu foDt les femmcs capables. 

Ç^A^^-J^*** Au contraire lesfieft Impériaux font bénéfices do 

ëT/i/M/^/rcrl Prince, aulquels on ne vient point par droiâ h^ 

mes d*ktiu $ rcdital , quelque prochain que Ton fbit , ains ptf 

•Mtrsc, , t^ialoydel'Inveftiture, & fclon les termes d'icclk: 

2i>iwf ^r2 teUcmcnt que ceux qui n'y font point compris n> 

ttnfenttment peuvcut Venir faus nouvelle Inveffiture , laquelle 

^* '*^2f' l'Empereur n'eft pas tenu dc bailler , quelques m* 

^itu^Juis chaîns maflcs qu'ils foicnt du derakr decedé. D'à* 

di u futttf vantage , lefdits fiefs d'Empire ne le peuvent alie* 

^^ ner &ns le con^ntcmcnt de rEmpâcur ; amrc* 

mcot 



SUR LESMBM.de COM. Liv.Vfll. 4if 
gentils tombent en conm>îl€& pure perle pgur le 
ailàl. hem y les femmes eh font incapables pan 
[ilpofidonde;droiâ eopunnn féodal : a fi Vxm* 
icrcurpargracefpcckile:vientàeftcndre ibn Inve^* 
titurc jttfi]aes aux femmes ^ il fouille avant ca 
a bonift des impétrants , qu'ils s'en ibuviennent 
ong temps après : tefinoin celle du feu Roy 
Lx>uys XIL qui luy confia , compris les allées & 
repues , & plufieurs prclcns , plus de quatre cens 
jiille livres. Par ce que deflus appert qu'il n*y a . ^ 

2u*un lèul moyen d'acquérir droit es fiefs Impe* 
riaux , c'eft a fçavoir par Invefiitute de TEmpereur : 
car ce (ont Bénéfices » en laconccflion defquels il 
n& de telle grâce fi ample & fi courte qu'il veut, 
& ne peut le bénéficiaire le vendre ny aliéner. Et ^*^y! ^^^* 
«i le Roy Louys Xll. pour le regard de la DucW!;,.^' J'' X 
de Milan eufi pcnféefireaficz fondé cadroitd'hd'^I/M/tiM^^ 
rie, il n'y eut pas fait la deQ>ence qu'il fit , nepris^»^»^ d^hémê 
la peine qu'il en prit ; car il ne pourfuivit chofe fi^^/J^^ ^ 
vivement , ny fi afTeâiotinément qu'il a pourfuivy</r»^ %tndU 
ion Invcfiiture en ladite Duché. Finalement il fèm- t^r^ m ktim^ 
ble qu'avec les Impériaux il ne faut pas facilement '-^*?J '"***- 
mettre en avant le droit herediul en la Duché dej^Jlf^'^^^ 
Mil^ , car c'efl un droit incompatible avec unfiiturê. - 
droit d'Inveftiture , prcfuppoûnt que la Duché de ï™^ » [-^ 
Milan foit un fief de l'Empire , comme nous l'a- ^•jj;,;;?^'^; 
vons dki de fois confèfië par l'Inveftiture prift twêàimin 
de l'Empereur Maxîmilîan ; car par là ils inféreront ««« '»/«»- 
go'ilne nous fuflBt pas de. recouvrer ladite I^ocfaé^'JJj'' ^ 
fi cous ne privons davantage rEropereur & l'Em- j^^c dêMiUm 
l^rede leur droiâ , la voulant faire héréditaire &pnr Us Lêttnt 
patrinooniale 9& par cy-aprés l'Empereur s'en pour- 1^lj^^^^*^2 
roit faire prévaloir envers les Alemans , alléguant ^'w^^ 
que luy n'auroit point voulu entendre à la refiitu* 
tien de ladite Duché : dàutant qu'il ne l'eut peu 
faire uns prejudicicr aux drdts de l'Empire , pour- 
ce qu'elle cftoit demandée comme chofe patrimo- 
nialc» .& par droit d'iioiije. ^ . - « ^ « . 

Par 



• -u 



4i6 PREUVES ETÔBSERVAHONS 

P^ss j'84. j:86. 5*91. VAiUhemrpark twÊi || 
€09^erenc€ à Camarian éw Duché de JmUm. Vm 
ï49f' sprés la bataille de Fornoaë, à laconfeceo- 
ce pour la paix à Camarian 4^ prés deNovarre, «1 
Dacbé deMilaa, forent ams dans des chairesifar 
coiié de main droite rÂmbaf&deor de M>ûm- 
lian L Roy des Romains , l'Empire vacàitt m le 
deceds de ion père Frideric Ul*. & de faîte 1 Âm- 
baffiideur de Ferdinand & Uabelle Roy & Rqfne 
9«i;Maiqiûs.d'£(pagne« le Duc * de Mantonë , deux Pnm- 
dadeors Vénitiens , TAmbaflideur de Veniie, 
le Duc de Milan , la Dacheil& de Milan , & l' Am* 
baffidenrdeFerrare , tous d'an mefine party. Et 
de l'autre codé à gauche ( icelle main en ce ren- 
contre eftant plus honorable an premier ran^ , que 
ladroite du fécond rang) auffidans deschaireslei 
Ambai&denrs de Charles VIIL Roy de FranoCi 

!ui efioient le Marelchal de Gié , de la maifi» 
e Rohan , le Sieur de Piennes , le Ptefidentde 
Gannay , le fieur de Morvilliers Baillifd'AmienSp 
& Philippes de Commines Authcor de cette Hh 
ftoire. 

1^86 ^^^ ^^7' V Amiral de Gravilk. Looys Mi- 

^ • Ict Seigneur de Graville , de Marcoiifly ^ & de 

Boismales-herbes , Gouverneur de Ptcaidk , ft 

de Normandie ^pourvenderAdmiraotérani^' 

Il parvint encore à cette charge après la HWtt de 

ibn gendre Charles d' Amboilè ^ Seigneur de ChtiH 

mont fur Lioire , Lieutenant gênerai pour leRof ^ 

& Gouverneur de Paris , Milan, Genès,&N<v- 

mandie , Chevalier de lOrdce , Marclclul • & 

Grand-Maiflre de France , neveu du cdefare Gi^ 

dînai Georges d' Amboilè , qui obtint œttedigpi* 

té d'Amiral par la refîgnation de Ibndit bcaspoe 

If 08 1' A^°^û^^^ ^c Graville en i f 08. & deceda deux soi 

i^jq' après , fçavoir Tan if 10. à Correge en Lombif 

.^j/ die. Quant audit Sieur de Graville il mouratlc 

' 30. jour d'Oâobre if 16, Voyex dcloy plasam^ 



i 



SURLËSMEM.DECOM. Liv.Vni. 417 

plcmcnt dansTHiftoiredû Roy Charles VIILdon* 
née au public Tan 161 7, par Th. Godcftoy Pcre 
de Denhqtii a fait ce Recueil^ pag. 22. & dans la 
nouvelle Edition qui en aefté donnée in folio par 
le mefme Lknys publiée cd 1684. quatre ans après 
fa mort pages f. & f 44. 

Pages 4fS. 432.& 61S. des Mem* l^Authenr 
(ait mention des guerres de Roolilllon , depuis 
l'engagement de cette Comté ^au Roy Louys XL 
jufques à ce que Charles VIU. fon fils la rendit 
Avec trop de facilité» 

Dr^iff des Roj/s de Pranct^ mux Cùmtez, de 
RottffillûH Cr de Cerddgne. 

C> Es Comcci furent engagea en Tan 1462. an EHgd^émiMt 
-^ Roy Louys XI. par Jean IL Roy d'Arragon , des comtn, de 
pour 1b (bmmc de trois cens ihille cfcus r & par J/^^"„*,^ 
le Traiâé de confédération entre le Roy Char*- ' 7^^^*' 
les VIII. & Ferdinand, & Ifabclle , RoysdeCai^Di/^ii^eiwirf 
ffillc & d'Arragon , à B^celonne en Janvier l*an '»» ^•r <^^^* 
1493. il fut convenu que le Roy Charles dcl»iflfe*rX»rf«rJ^ 
roic au Roy Ferdinand lapoflèffion defdits Com* tILit RouffU- 
tcz, à la charge que lefdirs Ferdinand & I&belk/'" à-dt Ctr- 
ne s*alIieroient avec les ennemis du Roy Charles, ^f**^^ ^ 
& obfoveroicnt les andennes confédérations entre y/ii^ 
les Roys de France & d^Elpagne» Qu*ils ne ma« i^^j« 
rieroient leurs filles avec les Roys des Romains & 
d'Angleterre , on avccleursfils& autres ennemis 
declaret du Roy de France* ^Qu'ils n*auroientin« 
telligence avec quelque Prince qne ce fuft^- aa 
prejadice les uns des autres. Et que tant le Roy 
Charles que (es fucceflèurt Roys de France ponr* 
roîent faire voir & examiner leur Droiâ fur cet 
Comtez, à. cauft d'engagement , ou autremcpt^ 
dont les deux Koj$ lè loubmtttroicnt k arbitres do 
part & d*aun:e. Et au Cas me le Roy Ferdinand 
n'accompli^ le contenu au xraiâé f il renonçinc 
. 2meU. Pi à 



41 8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

à tout droiâ de propriété , de fèîgneiirie , k de 

poÂcfiioQ qu*il poovoit prétendre efiiits CoiDtn. 

t» Kêy Uuyi Or Icfdits Fcrdiiiand.& Ilabelle condrevindrent à a 

^'^ "oû^at Traîaé^ ayans nwrîé leurs filles à des Princes do 

^luy*'»^ maifons d'Anfiricheâ: d'Angleterre , & de plos 

fMTtem0û»i ts affifté le Roy de Naplcs contre le Roy Charles. Et 

Of>fr« de ncantmoins par te Traiâé de paix èi dcconfèden* 

2;;;^" f tîon cmrc le Roy Louys XIL & Icfditt RoysFa- 

^M iseo. ' dinand & liàbclle , qu'ils ratifièrent à Grenade 

Tan ifoo. le Roy Lçuys céda à Ferdinand , & 

aux Roys d' Arragon fcs fucccflèors 1c Droiâ qai 

luy appartenoit cfdits Comte2 : & en contrcfchan- 

&Iefdits Ferdinand & Ifiibelle cédèrent anditRoj 
uys & à fes fuccçiTçurs Roys de France , le 
Droiâ qu'ils pretcndoicnt leur appartenir au Com- 
té deMontpelier, & antres Tenea& Seigneuries 
du Royaume de France^ . 

On voitdqmis le fufdit Engagement fkiâiice* 
luy RoY Louys XL une abolition donnée par ce 
Prince à ceux de la ville de Perpignan m mois de 
JuiMcl 1463. & une confirmation des privilèges de 
ceux de cette Ville par le mefine Roy ^ y nifinc 
un grand changement en plnfienrs articles , le nief« 
sie an & mois. Après une longue interruption co- 
tn les mains des ennemys, enfialte 1642. le 9. 
Septembre cette Place importante retourna & fot 
réduite avec tout le Comté de Ronflillon , enVo* 
beyfi&nce du feu Roy Louys XIII. & la France 
s*en eft depuis ce temps confervée la poâèffion , 
ayant bien raifon de s^ maintenir, veu les k^ 
mes prctenfions,& le jufte Droiâ qu'elle a deuiBi 
\ Dans tout le Chapitre 19. du Lnvre huiâicfine 
faff^ 6^3. l' Autheur parle de la mort de Frcie Hic* 
iolmc:Savonaro!e, quifutbruflé à Florence , ptf 
Ja.pratique du fufdit Pape Alexandre VL en haine 
de ee qu*il dechunoît pQbb'quemem contre les fi* 
ces & abus de la Goor de Rome. Voicy oneHe* 
latioii fidâe àoa (iijèt , laquelle bien quetococil* 



SUR LES MEM. DECOM. Liv. Vin. 419 

lie par une cr^iture & un affidé de ce Pape , & par 
conlèquent remplie de paffion & d'inveâive contre 
çc Frère , toutefois â caulè de ù$ circoDftanœf 
notables , Sç des particalarka , qui en pli:rfieurt 
peinas contrarient aux icntimcDS de rAuthenry 
efi icy inférée. 

Ex Diarip Joannb Bruchardi Ar^tincn- 
fis , Sedis Âpolt Protonotarij $ & Ca« 
pcU« Alexandri VI. P. Qcrici , cçrc- 
moniarum Magillri» ab anno 1497. ad 
annum.ifoo. 

ÏJP Rater HieroKymus , qui ai aJventu Carù* 
UFIIL Rezis Frémconm mltaUamin civUaU 
Flore fitia muUa mendofa ç;^ fiSapradicavit p$ibli^ 
çèj fartem^nami» civitaù tenebat^ qua eifaa/ef 
iaf^ fperam exinde magitusferi : in fradicaiiom* 
tus fyip^ifi dicebaf Salva$arem nofirum fdpe JUn 
kqm^ i& muUa rtvefare ; hahehat quendamnuH 
dttm Sciâ^ Peccata bominumPer firatrts fu/os q$t»i 
babeStëitfui OrJinn doâos , (j inpcpuh refuMos^ 
fuiro^jftm^ro fex , qm in diverjis oppiMs ÎJ? jRbr 
rendis riqfidiblmt^ iff quic^uid grave velpeculiare 
eis emtfi^t4$ur diâofratrt jfSeronytm reyela^aai^ 
c$n» Spécifie atsone mmims^ (^ eanOtione eoifiUtttiSy 
Cff ex hniâfmodi revelafipmius pnedicabsipopuli 
feecata,^ CS^ Deumfibi revelaffe é^erebat. Ex qua 
(si alit/ mûdis itapopul/maUraxify ui piures^um 
fropbetam ^ imum vurum effe crederent. Ad^m^ 
mecmtfiH^m i9 qna resf^aves traâakantMr^ vacoir 
taimr* isf ejus mUu etvitas regetatnr , ^ cunda 
fieboM. S,i>. N. viimitantam baminispotentiam^ 
& ejns ifMlitiam , ft^itper Generalem jm Qrdim 
^TéMcâlk^rum fiki inbiberi ut à frsdkafimibus £«^ 
jufmodi cefaret ; nolui$ tamam tHa buic if^itiom 
èbedirfy)fi;ijMQS. A N^ fakt^ ^xçp mmum t ^ o^ 



410 PREUVES ET OBSERVATIONS 

His ilUmandavit ta defiftereti cui mamdato non Aé* 
divit^ ajferens Deo obeMre oportere magis ^uànk^ 
minihus , ^ alia addneehat in ilefènJioHim fuam y 
qua pofulum et magts crtdere faciebant: (^ tandem 
certas conclufiones Ikerettcas compofuft ^ p§tUtu* 
vit^ quas dixtt velle fujlinere. Oppofuitfi comk* 
Jionibus hujufmoM qmdamfrater ÔrdinisMsnwm 
de ZoccuUs^qui Florentiéi in conventu fanSaCn* 
€is diâi Ordinis Minofwn publiée pr^dicaba$^ if- 
ferens fe probatttrttm bujufmodi €ûtuittfiones effc he* 
reticas. Frater atftetn Hieronymus ^atij/ni Orii^ 
nisipfas veras ejfc i^ fitftinere vellé finkiter affir- 
mabant : exquo tnter ipfos fratrès Présdicatores^ 
Minores ad boc perventum , ut iincinde fcribereut 
Pradicatores velle fe conelufiones fuftinere , édijM^ 
norum velkeas reprobarefabpocna wUe^ coramJM» 
dice nonfufpeéio : Préedicatqres elegerumt ignem pro 
Judice non fujpeâo , quem Minores acceptarmiti 
Itenor concli^onnm (^ inferiptorum hujmfinùdi ta^ 
lis erat. Prima , Ecclejia Dei indtget ren9Vâ^<me* 
Secunda , fiagellabitur» Tertia , renovabitnr, Omar' 
ta^ Florentiaquofue pcfiflag^lla renovabhmr. ^mh 
ta, i^ poil Jperabitur y infidèles com/ertentwr ai 
Chrifittm, Sexta^ bac anïem omnia er$tnt temperi* 
bus noJirjSi Septinta , excotnmunicatio mfer ktâ 
€ontra R. P. D* fratrem Hieronynmm $mllê ^% 
non ferrantes eam non feecant. 

Ego frater Frandfcns Ordlnls Mînonim, Hcè 
indignus, lam paratos adînlUatîaai & reqoilirio* 
nem DD. Fiorcntinoram , pro utilîtatc a ùSm 
popnli (crvanda difputaré & cipcriehtîam ftccre 
cum fratre Hicronymo de prsdiâis conclofioni- 
bus , quarum qua^am probatione fnpcrtiatiiraii 
indigent , cum fratre Ddarintco ver6 com qpo 
nnila cft mihi dîf&rentîa, alias Ordînis Bofirithh 
ter îgnem fubire paratus cft , vcxrato jadtce non 
faQxrdô ab omnîbus Religîofis. 
, VexiHifer JuJlHix ^ Priores fcfM ibmttim 



SURLESMEM.DECOM.Liv.Vni. 4^1 

vifis (ff intelleSis infcrhtionshus Ç*f obktiimibus 

fer fratres PraMcaîores (^ Minores , ut fnfraaf'' 

foret , faâisy càm res iffa totumpopulmncommo^ 

ver et , Hecreverunt de confenfu conjilii exferientiai 

locum dore , ^ fiatuertmt in flatea magna prin* 

f if ait ante palatium if forum Domimrum pro die 

fahbathi froximè futur a , feptima prafentis menfis 

Afrilis 5 fieri debere duo magna fulfita Jiv.e fug- 

gejla , alterum fro ifjis Dominis Çfr frincipalibus 

ctvitatis , aherum verèfro cUfputaturis iff expe^ 

rientiamfaâuris y ^ prope fuggeftum hujufmodi 

copiofum ignem, ^ quodfram^a Fratribus utriuf* 

que Ordints intimarent , ^ quod per horam con* 

fiitutam , hoc efl hora Tertiarum diei fradiSi in 

hoc fufradi£lo adeffent oblationibus fuis fatisfaduri* 

■ Die Jeptima fradiéta ante horam fradiSant venit 

frater Francifcus Fmcus Ordinis Minorum cum 

unico focio ad plateam prsdiéiam ^ afcendit ordi* 

na^um fuggefïum , feditibifimiliier expeUans Mef-^ 

fiam : deinde poji horam conjlitutam venit frocef- 

fionaliter cum Cruce Çjf Sacramento firater Domi-^ 

meus de Pefcia Ordinis Pradicatorum ah omnibus 

Jratribus fui Ordinis , Çj^ fratre Hierofffmo de 

ferraria , ac magna fofnli multitudine ajjociatus^ 

etdeoftdem fkUeam , ordinatè afcenderuntfr^ara* 

tmn fulpitum, Defcenderunt etiam de^Paktio 

DD, Florentini , Çsr eorum fulpitum five fugge-» 

fium afcenderunt ; quibus conjiaentibus , furrexiù 

firater Francifeus Ordinis Miwn-um , £5' Cid diâos 

Dùnwos brevem orationem habuit : fer quam af* 

Jirebat illic effe ut experientiam oblatam defeface" 

rtt , aliter fe ah igné crematurum , cùmbomopeC" 

€eaor ejjèt ; fupplicabat etiam Dominos ùnedicJos ut 

Jibifollicerentur quodeo ah igné crematofratir Domi-^ 

nkns nullatenus liber cenferetur 5sf çaufam evicif-^ 

Jfi y nijiipfe quoque de perfonafua in igné perte u- 

lut» façeret , quiji eum non hderet^habereturpra 

viit(fr^ } ^kèi ffonf D^mini habito intfrfi cof^ilio 

D d 3 jra- 



422 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fromiferuMi fratri fi fàSmrés fuodfetit : i^ ^ 

é^md oHqtios fufpich trot jhitresfri^Sos txperioh 

ttam Je fi faSuros , fim eorum akemm firti «if- 

q»am comjtirafiomem fem im€am$a$i<mem afmdfejvd 

$m caùpa , fiu aUss babere , tp^ipfis à vtriMU^- 

ms ilutfos frafirvartt , Dmmm frétJiSl ficenaâ 

fieri iuas caffas mvas ctamconeqittjitis , qtuu £* 

Sis fratribus nùfinmê 3 vokmses qmodilîis f$usfe» 

cmm t$ÊlerarÊtJfaliara$imr ^ ^ bis mrtris indaerof 

iwr. Frater rroMcifim OrdMs Mhtormmmmfitm 

éucèùtâvit numd^a$nm diSc/rmm Donnmarmm ^ nà 

fi oMmlit etiéonfiMe caffa , ut mîmarfi^picio &f- 

beretur , ^ fi nuium ignem imraturMm. FrMn 

Domnicsis fer i/erba ^fiibUrfitgia recmfaviictf^ 

famfiiom mmtare i/el dhmtiere 7 fttodamtHemm- 

SmsfréUer Framcifius rcgMvit ênmes «1 fi^ dh 

' miffiomfm afpa bnjufinodi cmm dtSo frêOre D^ 

minico mm ctmtenderent ^ fid cafféon ei SmtU' 

rent quam vellet , quia ^et de pamêù ^ fim dé- 

bio cum eo combureretttr : emifinfinatt iuque de 

comfet^u pnediSi fratris Mimrmm ^ qmodfraterlk' 

mimcMs fiutm cappam retineret. Dixttfimoh 

fv^ itUraturum ignem nifi cmm im^^ne Cnci' 

pxi , fiipra qtto ckm diâi Dwmni fi cetf fièrent , | 

fiéjmtxit frater Francifàks , £s? ecfJem Demma ' 

rogavit ut etiam Cttuem hujufiuodè gpfiJrttriDo' 

minico permitterent j au^ cum ejfit ligneâtwnA 

tgue non definderet , jed cum eo potins comitrt' 

• al. fréiti- f'^^fr : fiiit propterea^ ^ boc fratri Dwfnmc^fer^ 

fft». mijfum , quod cùm ipji fratri DomimcB fitit •* 

e£èt , fid continua ignem timeret , aJhuc tef^Mm 

petsit quod permitteretur cum cor pore CbriJtiigfffU 

introire , alioquin ncqtMifuam effet burjufino£ péri- 

culum défi faéturus: quodcim Domtms'viJenUBt 

uuUatenus admsttendum , dtjfolutum eflfpeâacMr 

lum , y rediit^ qnifq^ dcminn & ma9tjionemfias0^ 

faâtus efi ex hoc rumor in populo , £ff contra fr»' 

' Prcm Hierauymum mm modeca ind^natio ^faff^ 



rt* 



SUR LES MEM.de COM. Liv.VHI. 423 

eio nota , aâeh quoi die Imim 9. hujm menfis im 
fero populns magno cum hnpetu ^ vtbernefgtiacor* 
rmtt ad convemum S. Mord , m quo Mélus fratit 
Uieronymus rejidebat , quem fivfres ejufdem amvém^ 
tus bene cla«ferant , ^ in eo bombât dis Çff dits 
ésrmis (ffeHjivis muniti erant , qua in pojpuium 
traxerunt , qni tandem Convenfum viifstravit^in'^ 
terfeâis qninque ex fuis , tribns asttem ex mma* 
this , quodam fratre pn^effi Ordinis Pr^é^catorum 
germafto diSi fratris hièronymi , t^ dndbns aHis. 
Captivantntfratrem Hiervnymmm tsfdnosaliosfra^ 
très y cum ea : videlicH fratrem Domnicmm éb 
Pefcia , ^ fratrem Sylvefïrem de Floremia ^ ^ 
eos duxemnt ad Palatinm DD, flprfnttmjrmn ^ 
Ëf ibidem carceribus intrkferftnt. Accurrit dtindt 
fopulus ad domos Franchi de l^abrre^ Panli An^ 
tonii Soderinijratris Efifcopi Folaierrani ^ quipri^ 
ci f aliter diSofratri Hierow/ino favebant , frrmik 
adimum diSi Francifii ck Vabre fèrrexernnt , 
quem dm ibi non reperiffintj verfksfalatinmDo^ 
minornm praMéiorum ivernnt , in amorum fiàteë 
eum reperUtm interfecerunt , crudeliterque traxt^ 
runt ; uxor ejur qua dommt defendere conabattêir 
fnit Jimiliter occija , (^ exportât a omniabonafua ^ 
^ quodquifque habere pottàtjihi acquifivtt : cànf- 
ntrrerunt inde ad domum pradi&i Soderini , tdm 
fimiliter facere Jlatuerant ; fed dominium frovidit 
cfjportuni , {jf per génies fuas fuccurrit diéio Sode^ ^ 
rtno Çff dômuijtue^ popnhasitem fecit fié bonis mh; 
dis isfposnis i^beri ut recederet , quod ^ fecit. 
Hac fuerunt Pontifici per oratorem FhrenUnorum 
die lovis S, in manejignificata , i^ ei fiftppticatmn 
ut dignaretur Bullam abfilutionispropt^hFloren* 
tiuo expediri mandare pro eo jam excommunicàto ^ 
q^uod manus violentas in Conventum S, Marci^iy 
tn fratres ipfos ac altos injecijfet , quofiiam interfr- 
€iffit etiam Presbperos , ^ atios graviter loefiffèt ^ 
S, D. N,fiatim vocari mandaintJtçrttariumfuHm « 

Dd4 tsf 



>|i4 PREUVES ET OBSERVATIONS 

iS^ et bujufmodi l^Uam expe4ki fitt^ wora moh 
dandum conmifify qt^ eadm die , ijua fuit u< 
hnJHs mc^fis expedita efl , iff orafart fr^diâoŒ' 
ea horam vefperarHi» Hlins diei tradita , ([m mift 
fom Flùrenti^m y V^ vepH die Jequenti 1 3. bujm 
çirca boram ;8. Jjixi fuperiut in menfe Afrih Jk 
captura fratris Hieranr/mi i» Fhrentia cmn dMohu 
atiis fratribus fui QrMftis , ^ rem ibi nonfififiMa- 
Uter perfequutus : fubjungam igitftr hie qma t$m 
fto» pçtui e^lifare : frater fUenmmf^' carceritàs 
ifMnçip^tHS , fofiquamfeptifs qu^ilionibut i*f tor» 
pteiUis epcfqfitusfith , ji^Ucavit protnifericoràoy 
êfferens fe dUflttrum ^ fcrtpturmtf mnma ea qmbm 
^liquijjip y dimjjpf^ eft de tortura ^ ^ ai car cent 
repofitui , C9P affinatâeicartâ^apramemio^ferif^ 
deliâa^ crimin^Jua i»foliis ut ajferebatuxi,^ 
filtra , fcilieef quod no» babftit finquam (dijmM 
revelationem divinam , fed habuit intelligentim 
çuip plforibus ex Jr^ifribus fui Ordiuis i» dvitate 
JFhreutia ^ extra eçm per rnuha milliaria reji' 
defftibm I qui et cqnfeffiones Çhrifii pdelium rêve- 
farene , çm^cqufitentium nominibm (ff cogMonù-i 
pibus , e^ quibusjibi plura dicebatUur , ^ aailjir 
fentef ipfisfro bujufmodi peccatis & crimiuikKSfri' 

vatim , ^Uquanao in génère publiée carripiebé$^4'' 
ferensjibi a Salvaknre noftro Domino Jeju Cbrifia 
ffff revelata \ Se U09f effe çonfejfum à i/igitài o^ 
pis , fitra ^ ultra aliquad peccatum mortak ^fet 
multacommiferit , maxime inpetcato camisinqm 
/ieliauijfet multis £«f divÇKfi^ Tf^odis , fapifjimèakf 
brajfe , quafi quoti^ie , i^mquam tamen i diâis 
* ^. fma» ^*»^jr^^^ '^ vçrka çonjecrationis protuliffe ; mtdtot 
fepiffimi communicajji cut^ hoîltis fton canfecratis\ 
4ixiffe aliquandu fratrilfus fuisjiùi re%/çl^um efi 
debere prac^vere ne vçnqnç necarentur , m^nJi^e 
froptereh coquo , çellaria , Csf difp^xjaeoribus Çon* 
ventus quia omnes pifces qmdamdie lunii ipfisdih 

fiêii r^f^rvmntur intact i , cmji»^ulif diehi «"' 



SURLESMEM.DECOM.Liv; VUi: 41s 

ves confueviffent fratribus multaflHfquam necejfa* 
fia mitterc , ordinajfe cttm quodam cive amico fito 
Jii^ulari ut Çoftventui mitteret Lamprcdonium 
cftsmè paratum , veneno tamen impojUo'jbcr à fronde 
omnibus fratribus convooftis propofHiJJèrevelatimim 
diviuamjibi faéiatm , l^ fro eius expersentia af^ 
fortarf fecijfe omnes pifca donatos crudos ^ coSos^ 
éu Jimul €um fratrièus fiexis genibus Deo fuPpli" 
taffi ut dignaretur fititd fua mifericordid jervos 
fuos défendre ^ protegere ^ ^ ad 0cqusrendum 
fumfratribus matorfm fidem , vocari pcijfe gat- 
tum j eique circumfpeéiis omnibus pif cibusdonatis ^ 
depifce silo LampredQnioper amicum fuum veneno 
injeâo , qui pifcis optimè ei notus erat , donaffe 
gatto , qui gat tus parte hujufmodipifcisfumptâ ceci" 
dit i!f mortuus ejt : quo afratribus vifi , lau^ù^- 
runt isf magnificaruntf 

Le fufrjommé Pape Alexandre VI. efcrîvitune 
Lettre touchant le fufmentionné frerc Hîerofmc 
Savonarole de Ferrare , qu'il addreflà DileHis 
jiliis Priori £53? Conventui Monafterii S. Marci 
Ordînis Préedicatorum in civitate florentia , &c. 
laquelle cil toute pleine d'inveâivcs&açcufations 
contre Iqy. Il y eut auifi une Lettre particulière de 
ce Pape au mefme Frère , avec cette addreflè : 
jllexander Papa Vf. dileéio filio firatri Hieronymo 
Sa^onarol<e de Ferraria Ordinis Pradicatorum^ &c, 
Datum Roma apud fanétum Petrum die 16. OHo^ 
kris 1497, LelqucJlcs deux Lettres on obmcticy, 
pourcaufe de breveté; mais voicy la Réplique que 
ledit Frère fit à içeluy Pape , des termes de la» 
guelîe on pourra conjeâurer ce qu'il luymandoit, 
comme auflî les crimes qu'il lui imputoit , & les 
fcproçhes dont il le caloumloit. 



Réf. 



4itf PREUVES ET OBSERVATIONS 

Re(ponfîo Fr. Hieronymi Savonarolx^ 
Alotandrum PP. VI. 

BEatiSSIME V KT%Ky pofibeatormmPeJm 
ofctda^ exUUke fittrmu priiie littera ooffâi» 
tatis vtfir^ Couvemtui ncfiro informa Bret^is , fm' 
bus CoitwHum btmc , tf Convenfum fanai Da^ 
mimci ad Fefulaseongrtgiiiiom Lombardiée inthm* 
ba^t ^ jra^remDtmiHffmm ik Pefcia^^fratrm 
Itbmam Bujinitm^ ^fr^rem Sytvejh-em de Flo- 
rent ia Bonomam firoficifei Sa$tSitas veftra fracifif 
batj idqn€ ideofaâum fore , anod egoipe Hterth 
nymns muba fatua atque fcandaltaeein EcclefiaDei 
faciU faritftra contra canonicasfanSianef dixerim^ 
i^ fnélicèfoptth praMcaverim , camfamque meaa 
fnnifioni& cognttionigeneraUs Fiearildiéla ctn^e» 
ga$ianisper alias fuas litteras ftdnmitubaê : ^MOi 
Utteras bono ammo (^ qna decuit reverentia ftifce- 
fhnns j dmm SanSitaiem vefbram de ftatnfanâa 
EcclefiéB (^ defalnte animamm nofharnmfillici- 
tam ojiendnntj fed dotnimns vehementer acdolemm 
qmdeo ufqne proceffirit hominum malt fia , utjM 
qmietiam Snmmo Pontifies ac Chrsjliin terra Vice» 
rio res tam faifas ^ tamque perverse interpreUUa 
ftiggerere non formidaverint. Et quia expraJiSa-^ 
mm litteramm ferie confiât totius hujus rei effeâttm 
à me affirtée cuipée caufa proficifci ^ parcetmibi be- 
ni^na SanSitas vefbra y fi ego (tanquam is à q» 
dteitnr oriri bactempefias ) meornm gefloram veri* 
totem atque finceritatem ^ unie bont fequttti , ^ 
fequi fperantur effeéfus^ àfalfis interpretationibns y 
ajfirtionibus &JnggeJlionibus deftndam : nequehe 
erit difficile , quia egopalam hcutmfum mundo^ 
^ femper docui in Ëcclefia^ffin templo quoomnes 
Chrifiiani conveniunt y & in occulto loqMutusfint 
nihiL Hinc fimplicitatis mœ {«f trohata doéhitta 
tôt milita tefiium babeo , ut nulïo paâo me aPud 



SUR LESMEM. DE COM. Liv. VIII. 427 

SanSitatem vejtram dubitem eanfam meamjintul^ 
la frorfus difficubate Jefenfitrtm: u$ enim ait Pti/(h 
fhptus , ver$tm vtro confoffot , falfoatOem dijfonatt 
Iftggejfirant itaque imfrims SanSHMs vefira , ut 
f» €jns litterh patet , me ftovita$e pravi dmnatis^ 
ieleât^nm ; quod falf9tm effe clm-am efi ; Ptélici 
nmn fcitur me nulbfmfravtim ihgmafequi neefnt^ 
Hcare , fedfanâas Scffptnras zUmfiaxaf isf fmtdai 
Doéi&res , (^ in f Mica praMcatitme fape JMJje , 
^ infcrtfturis reHquiffi me ^ omnia mea S. R. £• 
^tfdfmittere : ^ hoc quidem ^ ni fiMer y BeatitmMni 
veSha fcriffi inqmbnfdammeis lifieriSy de qmiins 
ftiam ipfafecit mentionem tn Brevi quodam San^ 
Hitatis fua ad me mijjo. Si quis antem dicat quod 
^adicare futur a novum efi dogma , falfum efi > qnsa 
hoc femper fuit in Ecçkjia Domini Dei , ut patet 
HfcurrentijfcripturasEcdefiafiicaSy nibil enimobefi 
religioni Chr^iame pr^edicare futura , dmmnoéb 
vonjint contra fidemvel bonos mores ^ aut rationem 
Mturalem , nec unquam fuit aUquâ Im prohibi" 
fum i nec prohiberi potefi : hoc enim ej^ Ueo im^ 
ionere legem , qui dicit Âmos tertio , Nonfecit 
Dominus Deus verbum^ niji revelaverit fecretum 
^uum adfervosfuos Prophetas, Secundi , quia in 
^radiais litteris diciturme in eam mentis infaniam 
ftalicarum rerum commutatione deduâum\ hoc 
ftiam manifefiè falfum efi y ^ ab omnibus fcitur^ 
juia praterierunt quinque anni , quibus hacpra- 
dixi j velplures etiam quàm decem anni jamfunt^ 
non ego deduSus fum ad hac propter commutation 
nem rerum Itaficarum. Tertio^ aiciturejjèmijfum 
h Deo : hoc quoque falfum efi: fciuntomnes qui me 
tudierunt^ quia nunquam dixi , imè infcriptisnofiris^ 
fua ab omnibus legi pojjuntfcripfi quia eram miffus 
àpnelatis meis^ jicut ^ ferè alii omnes Pradica* 
tores j fednumquam dixi àfoloDeome mijfum^ ut 
tefies funt muîta millia hominum. Quarto ^ dicitur 
^ cum Deo hqsti ■: hoc etiam nssmquam exprefsi 

dixt^ 



4^8 PREUVES ET OBSERVATIONS 

JSxi , nec nuauam $itor iali modù lojuendi , ut U- 
ftis efitmiverjus pcfmlus Floniftinus : quod etiamji 
jdix^h» ntdlam fr opter hoc incurrerem pçenam: 
MO» cnhn htvcuitMr maliquo hcofcriptumj nec i$ 
Mo corporejitris .Cammicf Mec Civilis j née tnaUqm 
OMlbentico Ijèro , qnod qui dixHfe cum Deo lolpù 
fumatur : fiultttm etiam effet ^ imptum facereta* 
lem legemj càm muUus poffit impoMere legem IM; 
fotefienim tpfe loqui çum quihus vult , i^ eispne» 
aPerç ut dicant , Haç dixit Domintts meus^ jfcKt^ 
Prophète faciehant, Ittxti ,. fu^ejferspn. nu £x'^ 
ipfum Deum crucifixum menttri^ fi^ Mfentirer: 
€àm neque hoc ahfolutè Sxerim , qm^ Deo voUte- 
rimme aquiparare : fed in cafu ttsmen : verhigra* 
tià^ S% quis diceret: Erant figasin foie & lana& 
ftellis : ^ deindedica$: Si ^%q me^tior , Chrilhu 
quoque mcntituf •* numquid hoc execrahile admi^ 
ra$ionis genus ? ha ego aliquam veritatem , quant 
hcutus eji Chrilïus atiquando cum dixsffim , fitlh 
jtéMxi , fi ego mentior^ ^ Cbriilus. Item , in eo- 
dem Brevi fubfequitur , Extra ilacum ùlutis quem* 
^ a!.r«n»e^.qQ2m) * g.^|.j yjyjjj jljjjjj. aflèrtionibus non cr^dcn- 

tem : Hoc ego nunquam dixi , fed bene hoc moda 
hquutus fum , quod cùmfciam multa qu^^feth 
Sxi ejfe à Deo , qui objlinato animo ets non VMk 
£redere^ fed omnino Jiatuit contradicere y fignum^ 
quodis extra gratiant fit i quoniamut dixi: Grâr 
tia & lumen 6dei femper inclinatur ad veritatem: 
ideoqui ((fi in ^atia non potejl ejfe contra veritéh 
tem , qu<e à Deo eJi firmata.^ verim.atti mfirit 
é^ertionibfàs non credunt , nec tamen obasMoto awh 
mo contradicunt y dixi l^ puhlicè furi^ét quoi p^ 
funt effe in gratia t^f falvari con^mmenies^ JËrp 
Mon £xi quod peccarent , fed quod m^do quofuprk 
fllorum contradiâio fignum eraJt privationis gratia^ 
In eis pr<etcreà ibidem dicitur , Alla dcinccps il- 
lum non minus incpta fâccrc& dicere, acfcribc* 
re^ "topus Jiquid^n populus ijie tefiis ^jm€Mcc£^ 

cer<x 



SURLESMEM.DECOM-Liv;Vin: 42^ 

tére ^ tiec facere inepta^ ntcfcandahfa^fedmagmt 
fttnt virtutts isf neceffitatis in fruélus mubot ^ ^ 
faîutem anrmarttm , i*f ad facem in civitaU fhr 
rentina^ is' ad refbrmathtîem fpeâoKtiai ^ €im 
fcriftKmfit\ In oredoorum vel trium tcfliam (la- 
bit omde verbum : £gù nm fiJmn duos vel tres^ 
fed duo y tria ,. vtl ttiam dicem te/iitan nnlUa m 
médium adducam , ctsm quibus ^ ipfaoptra um 
a me , fed à Deo fer me fa£la clamahtmt proi^ 
huntque me nunquam talia dixijji , aut pe^miËm 
ijune adverfum me refroBi homines ^omfofuenati^ 
jP rater ea in iffo Brevi fequitur ^ qttvd cag^tamm 
hnga cttnSattone l^ diutuma patientia wfira^fi^ 
cere fatuam illam pmpheticam prcfejjio'nem : lige 
ariitror quod nullus homomundi prorfus .p^i imve-* 
Pfiri qui audiverit nnqtiam ah are meo tam arrogam 
verbum , ut dixerim mcefic Prophctam , verum 
è contrario multa etiam milUa poterttHt ,teftari 
ntefapè ditciffe non. diè me Prephctam > nequê 
filium PrôpSeta : Quod etiam fi dixiffim ^ nom 
^ideô^ quare^ffim pumendus ; nnlla enim faSa.eJl 
autfierwpôteftlex que damnet homincmqHémquam 
qui Je dicat exfpiritu din/im future pradicare , Uffi 
fuiéoc 'Uelamine popuJitm foUicitet admaiumy vef 
barefes^ aut aliud quic^iam pr^eterluecfafiat: u$ 
fcrUitur Deuteron, uU, Quod de me nullus potefidi*' 
cere^ ut not^fjSmum efi , alius nullus furgcre pùtefi 
Propheta in Ecclefia Dei. t^ fi hoc do^tm Pro^ 
fhetia de Ecclefia Dei pelkretur : quod efi centrs 
illud Amos tertio fupertùs- allegatum : Non ikdct 
Dominus Deus verbum. &f Proverb. tp. Gàm 
Propheta defecerit ^ diffipabitur populas. Quod fi 
eBcatur Deuteron. 1/^.fcrrptumefi y qmd Prophett 
qui arrogantia depravatus volucrit loqai in nomt* 
ne meo qux ego non prscepi ilH ot dtceret , aut 
ex nbminc aiiorom deorum 1 interficietur : quod 
û cvenerit quod loquutus eH , bonus Prophçta 
fuit ; fin attCem , falfus« Qmd um ^ inteÙigen^ 

dmo 



430 PREUVES ET OBSERVATIONS 

dumjic , videlieet niji Jlatim quad pr^dixit evh 
niât, interficiofur <f alioquin fuerat iffierficiemiMS 
Efaias , é^ Hieremias , ^ aUi tmfbi Pr^féeUt^ 
quia muhos aimos vixenùft ,.^ multa ab, eisfiw 
runtfradiéla qua nec in eornm vita ev€$tiruMf; 
^iJeè imelligere aportei ^ quod Ji atiqnis dixitft 
txfpiritn Dei ffOura^œdicare , isf ^a qnafréûi- 
àt non fnnP contra jùkm ^. nec montra cémmcâs 
fcriptftras, nec contra CiOholicaEeckfi^doâtringm^ 
txpeUandm ejipa$ienter evcntus eornm y necffer^ 
nendns efiy maxime mU intahona cornes fiùt y jéê 
Dens mnltotfervos habet occubos : iJeè ait Apof. 
Prophetias nolke fpcmeteijiantemtenifore iPrv- 
fhetafrafbco non eveneirim qnafraJixity tnncde- 
éet acrtter argni , ^ fie kx ipja intelligitnr: càm 
ergo jam mùtta qua pr^diximm et^enerinty aJhn 
wonjkm arguendns , nec fnniendâts , qnia illâfih 
tnra.pronnntiaverim ; fi atttem céeterafiie ten^t 
non evenerinty mérita argnenins ero: eertns fem 
atitemqnodevenient, net extisunnsafexpr^eten' 
Ut, Certèy Beatiffime Pater, mtiJjSnmm e^^me 
fohtm Fb^entite, fed etiam in diverfis balUfmk' 
h$ts , qnod meis verUs feqnuta efi pax in civitâte 
Florcntitt^ qnafi non fn^et feqmtta ^ mta BsBê 
fniffèt pertnrbata : qmdfi verkis acUfU^fi^ 
fiaes y Ipalia hodie non hoc modo qnaieretnr , wnê 
illins pTdevidens ^iéiiones , HcH à medtis jfoÊfet 
fnefim derifus , pronuntiavi gladinm ventnrm^ 
ncpaeis remedium oftendi fikan effe tmmUfÊim* 
Vnde ftaUa nmverja gratias pro me ùeo ^'ftrek' 
béret ; docni enim eam remedium tranqnt tS ia hf ^. 

nd qusdem fervans Florentia ,jam èabet qnedm j 
^et ; f^fifimiliter faceret tota béee ItaHa tglét ^ 
dius nequaqnamper eam tranfiret ; quid enim mh 
cere foieft pctnitenti^e r nnllns itaque verè tefteri 
foteft me fcandala in Ecckfiam feminaffe : /m^ 
immmeros habeo U^ quod bonafeminafeminmn: 
veràm inimicns homo zizaniam fenrinavit \ H 



SUR LES MEM. DE COM. htf.Vin. Ht 

mcuUt infoveam quainficit, S$ibjuim$tir prattrei 
w in eodem Brevi : Subdolâcalliditittepervaib* 
um quorondom fratrum. Primàm ^ quodpcrvett* 
os firatres eos vocal qms nulla frorfm mt<a iftfa^ 
nia hno qui in Mo hoc populo funl optim^ fam^ 
hoc nom potuerwn fug^ercrc SanéOtaSi vejira , nit 
'mprobi bomines ; mtUat enim fua Sanâitas M' 
fuem ex fuis hominibsts fidclibus , qui cives ^ po^ 
>uium interroget de fan^ firatrum S. Marci ^ 
(. Dominici dis Fefutls , probabit , ^ clariàs ctg^ 
fofcet quàm ^ertum fuerit hoc eorumnâendacium* 
îecundo , faljum efi quid Lee feparati^ fuerit im- ' 
>etrata à quibufdam jolummodè ^ i^ non ab omni'* 
^us , ui publico lique$ injirumento. Tertio , qms 
^uit impetrata , non ut laxiàs in Ubertate tfivere^ 
9UU i JedJiriSiuSj ut effe£lus ipfe demostfirat tptàt^ 
''trea nec fubdolè fuit impetrata , càm C0ufa béU 
^ongo t empare fuerit difcujfa. ^mafuri examina^ 
^ ^ ut tejiis efi lUverendiJf. D. Prote<Sor m^ 
ticafoli tonus , q$ii hanc feparationem fuapruden* 
^^ tmpetravit , nom Juxta feriem mjhrarum com^ 
litMtionum bac Prêvsuciaeft àProvinciaLombar* 
iite diftinâa^ ^ una alteri pra^ non débet ^pro» 
HerjH^lem quandamdiminutts firatribus in bocpra* 
ifincia conventus S. Marci de Florentia fuit per lit* 
leras ejufdem generalis M^^ijiri unitus , feu com* 
mendatus congregationi Londfordia. Deinde Prior 
juidem non vocaùs fratribus aliis^ Brève impetra^ 
vit utpneMâi Conventus S. Marci («f S. Dominî^ 
ù de fefulis , ^ S. Dominici de S. Geminiano etiam 
futthoritate Apojïolicâ unirentury quodanidemBre" 
Vé nuliius dubitatur fiftijji valoris \, cumejTetfukr 
tgftitium ; quarefi ntuUiplica$is fira^tribnslsf aug^ 
mentatis auSoritate Sanaitatis vefirModfiatumn^f- 
turalem reverjifunt^ hoc àicinonpotefi effe firaudulen' 
terfaâum , imi ejlfecundàm tenorem noBrarum co»* 
fiitutionum. Pratereâ ibidem fequitur ^ Nam licèt 
^ litteras noftras , isf^, Quodf^nm efi z qnamvis 

cnim^ 



4i^ PREUVES ET OBSERVATIONS 

effhn mihi praceperit Sanâitas vefîra aaoi eaê 
adârem , Ittteras tamen ad eàm tranfinifi , rati9* 
nabiks caufas adductns quib^s adiré non foffim , 
juxta ilîud capta , Si quatido de refcripté Pr'mi 
fnit , quia tnfirmm ^ valetudinarius eram , y 
fefscuto ntortis me expofuiffèm, Sêcundè , qûia ai' 
verfarios habeo capf taies , Çjn' talefquodjuaiciom" 
^ium civium qut bac fciunt , Romàm non potuip- 
femfervemre , fff hoc ejï qufifi pMicum tu cm- 
tate , unde non poffttm Jine pnhtica cuftodsa egreâ 
domtan. Tertsa fuitpropter civitatis pericuîtim , 
€ujus regimen adhuc erat deMe , ^ wfiris mm* 
tts aded Jufieiaatur iff perficftur. In ealce atttem 
iitterarum rogavi Sanêtitatem veftram ut bac vict 
mihi parceret , quia aliàs cum majori fatisfaàifme 
venire poteram. Miror atttem quhdSanSitas v^â 
htteras me as non hahuerit^ auarufn capiamproptef 
toc in litteris Conventus nqftriberiadSanSitatem 
Veftram mijfis alHgavimus j ut isf ipJawdeMqM^d 
falsè loquuti funt qui dixerant me oèedieutiam rt* 
'eufajje. Praterea càm BeatUftdo i/efU^afit maxi* 
mis rehus occttpata^ non pote fi de iis qt^tparticih 
iariterfiunt exaSam bahere notitiam ^ qmodiiftel* 
ligentes homines perverfi fuggejjerunt ut banc caff 
fam meam determinandaln j judicandam^ pMmcfh 
dam committeret Vicario gênerait Conventnxm re* 
firmatorttm Lombardiae Çj Pradicatorum : q^J^' 
dex nobts ffcmmopere jttre fufpeéltis ; notorium efi 
ènim qitod inter congregationem Lombardide , 6/ 
uofîram ^ propter feparatimemprœdsQam orticfitut 
controverse maxima ; ^ quod idem VicariusMnà 
ctemfratribus non ceffat quottdie n$s ittfeftare: cf» 
fiituere igitur adverfarittm alicajus , judicemejtf 
dem j novit Sanéiitas veftra quam contra ommiâfi 
' jura (sf divina filf humana, Praterea quando qmi 
tahet inimicos capitales , omnia jura iïli conceéM 
ut perfonaliter non teneatur eomparere , ubi vite 
fibt immihct periculum y.qnia bic timur eft cadrM 



SUR LESMEM*DEGÔM. Em VIII. 43J 

in cofifiantem vsrgtmé Si ergo Sanâlitas Vifk»fci'^ 
ret fratres congrega^knis mftr^ Jiriâiàs ywere 
quàmfratres LombarMa ^^certè ciim ipfa ci^iat 
Ileligiofos ad perfedum Undere , non prteceptffet $ê$ 
iongregationi L(nnbardi<e reuniremur ; non enim 
esfdem reuniri pojfumus nifi tifdem cofrformemuré 
Quod autemfirtdius vtvamns quàm fraies Lam-»^ 
hardie , ms qui utriufqut çoKgregationis fecrefa 
mvimns ^ certiffimus , ^hoc extrinfecus appareù 
€X tnubisfigffis * fcriptitm efienim^ Âfraâibuseo* 
ram cognofcetis eos. Primàm ^ quia pojfejjioftes 
nec in communi hahemus , nechaberevotumusi hoc 
autem ijfimn fervant : tsf item quia iu viâu (^ 
veftitu pareiores fumus , ut ad ocuium experientiâ 
patet : tum quia in fikntiis^ijf wationibus firequem* 
tiares , ut quifuerunt inter eus uSlaktur. Uefiis 
efl t(Aa civitas quod magna ejl différencia intervi* 
tamfiratrum mÙrorum ois tempmhus , ^ eormi^ 
vitam quand» erant uniticangregaiioniLambardiaX 
omnes enimfaientur fra$res nojiros adflriSiorem vf* 
rfam tranjiijè. Hujus rci.etiam Jignum eft , quid 
€itm congregatio LomBardiM ohtinuerit excommm* 
fricationâmjpiritualem contra eos qui ,^ Uçeniiaéé 
rareceduftt^ tamen vise potejl retinere fitos bmot 
firatres ut ad ms non tranfeant , £«f iam àUquotex 
eis.probati viri ad nos tranfierunt : de nqftris aur 
temj qui funt liber i , nuUusad eosprobattts adbuf 
p'onjivit , nec tranfire vult. Quod ^ ex hoc pa* 
tet , quia audientes hujus pr^Méii Brevisténorem 
^alde tur bâti funt omnes , ^ ftatuerunt fe defen* 
dere coram San^itateveftra ^ dicentes unanimiter 
fefe velle fervare quod Ueo promiferunt , née uU0 
faâo volunt vitam relaxare , fed in Deoconfifims* 
gis refir ingère, Praterea fcimas non e^e de intention 
me Sanàlitatts veftra exfommunicatos paflores pr^ei^ 
ferre ovibus ; non enim pafcerent oves ^ fednferenP 
i*f Qcciderent, Scitigitur SanSitasveJiraquôdpro* 
jptermolefiiasquasn^isfiratribus intmlernnt Jratre^ 
Tome Ili £ e Lom^ 



434 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Loin^iiéej quiftsfepacnnnojlramptrtitrharmiti 

hac^tnnio wm p^tcft ejfe n^i valae molefia jra* 

tribus &^ o^<fa , €X qt^ feqftentur ferturbatiuut 

àvistm ^ fiandala pattus quàm utilitas animanaih 

Quod etiéon patei ex hoc ^ qui quando Umpw'thu 

retroaâis era»t fratribtts Lomhardia mniti nunqnm 

veram pacem habmertiM cttm eifdem , quia nonfsat 

conformes in mortaus^ uudeetiam conjiitutionesm' 

fira non fine caxfa bas duos pr ovine tas abinvicem 

diviferunt, Ptietereà Ji SanSitas vefira rttmA 

Convenons nofiros Conventibus LamiarJia , iU 

fine culpa offenderentur. Pratereâ cùtn Sanâitas 

1/eJlra tn littern fuk dicatfe hos Conventusk^frê* 

Ères réunir e congregationi Lombardia , neproptereâ 

libertate deleâati jequantur errores meos , & tri* 

busjratmsn noiirorum pnecipiat ut im termine no* 

vem dierum Bononiam proficifcantur ; ^ càm n^ 

t^nmfit me in nullo eorum errajji qua mihi ab ad- 

Hf , verfariis arrogantstr , confident et dicere pffimut 

riiM '*^'"* *^^ ^^ Ç^^ ^ intentione * SanÛitatis vejirée; cef» 

Jante entm caufa ^ ceffare quoque ■ débet effeSis. 

Cian igitur , Beatiffime Pater , cof^et omnia qsut 

SanÛitati vefira fuggeflafunt^ejfe falfa^ i^ afer^ 

verfis haminibns , qui qu<erunt animammeam^tf* 

fi (^ fi^iffi fa(P> confia a , qui me ex hoc urbe afiutus 

fuis cupiunteducere , non ut veniam adpedisSoh 

âitatis vefira , coram quafciunt me omma n(firâ 

facile defenfurum ; fed ut me interficiant in itinere^ 

ambitionefud tyrannidem affeSantes ^ non indigné* 

bitur Sanâitas vefira dcfenjiones nofbras pii admit' 

tere , Çjf nos potius frudentes quàm inobedientts 

appeUare : dum intérim fuperfedemus ut intelli* 

gamus Sanâitatis vefira benignam refpo^fionem « 

t^ ab hujufmodi gravaminibus liberam abfolntie* 

nenti nam doétrinam hanc à pradeceffiribus San* 

Sitàtis vefira ^ Doâoribus fanélis videlicetTbeo* 

logis ^ Canonifiis didicimus : unde interalia mn^ 

téÊ qua alltgari pojfent f^cialiter hoc pat et y fient 

» ** fkni 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VIE 43; 

flenè novit Sanélitas veftra , ut in praalL cap. 

Scribentcs , ^ ntaximè per Dominum felinum 

Ferrarienfem ejufdem Sanéiitatis veftra bene i»f • 

ritum auMtorem , cui ntfi hac notiffima effent , in 

iitteris prafentibus ea fubfcripjijfimus, Quodautent 

emnia qua Juperius fcripftmus i/erafint , uhi opor* 

teat non erit difficile mbts^ probare : mittat SanéH' 

tas "veftra unum de fuis fidelijfimis ^ virumjuftum 

(<f nonfufpedum , £«J? clarèab nniverfo populo po* 

terit certfjicari , 6f ^fo paratus fum in omntbus 

emendare meipfum ubtcunque ero ^ ^ publicè co* 

ram populo univerfoomnia errata tnea revocare, Di* 

gnefur Sanâitas veftra mshi fignificare quidex om* 

nibus qu^efiripft vel dixijit revoçandum , £sP ego 

id libentijjime faciam ; nam £5? bac vice ^ fem^ 

per , JicutfiepitiScUxi , ac etiam fcripfi , meipfum 

cf omnta mea ééîa i*f fcripta fubjicio correSioni 

S. Ré jE. 5*f S. V. cuijemper meipfum Çj? firatres 

meos ejufdem pedibusproftratus plurimum commeu* 

do , tlorentia , ex Conventu S, Marci die 29. 

Sept, 1497. BeaMudinifveflra^ filius(fffervus 1497. 

F. Hieronymus. * 

• On ptùt 

Eft â remarquer que par un fécond Codicille fait !itr« 'rfiSî 
par le feu Cardinal Antlioine Barbcrin dît de S. s^vnafU 
Onufre Capucin , & frère du Pape Urbain VIII. ^^"^ '" -^»- 
à Rdmc , le 23. Aouft 1646. il ordonne* entend J^'j^f*'^^;;- 
qu'aprés ia Uiort Ibn héritier faflè imprimer ^Ubrakarà skj^'.'' 
bonne forme le Livre intiralé Triumphus Crucis^y*^* P^Unoit, 
cpmpofë par le R. P. F. Hîcrofme Savanaroledc^^^J^^'J'*^.''" 
Fcrrare Dominicain 5 avec le Plcaumc Miferere ^niénkc^Sî. 
da mefine Authcur, pour eftre misa la fin àlàiign•t'an\6^^, 
cSQvre, & que pour cet effèâ on employé cinq '" ^•'- ^*'"* 
ccnscfcus. Signé en prcfcnce de tefmoîns , ^C']^itf\lly 
Gc quin^eft pas un petit tefmoîgnage delà bonne 52^. & *4r/, 
citimc que faifoit ce Cardinal de la fainâeté&fîn-^''*'^* 
guliere doârinc dudit Frère , fi inju Rement calom* 
JÛé 9 & indigncnKnttraîtté par Alexandre VI. 
« ' £ e 2 Lu 



436 PREUVES ET OBSERVATIONS 

Les obfcques & fbncrailles du Roy Charles Vin< 
en 1498. dont TAutheur pairie dans le Chapitre 
dernier de les Mémoires , (ont dcftînées pour efire 
mifes dans le 3. Tome da Cérémonial François 1 
parmyle Recueil des pompes funèbres. 

Page 636. Les ÉoHs-HommesqH^il anmtfimiti^ 
&c. Voyez dans le Livre intitulé Vita ^ nùrad- 
la S, Francifci àPanla , &c. imprimé à Paris l'an 
1627. in li. pages 144. 15-7. 

Page 637. Il alla afon couroMtement ^ là oujt 
fus , &c. Le couronnement du Roy Louys XII. 
dont TAutheur entend fcy parler ^ €ftdanslepf^ 
mier Tome du Cérémonial François , page 231. 

fin du Recueil des Preuves Cr OhÇervêXkm 

far les huiSl Livres des Aiemoires de 

Philippes de Comines. 



Autre Brefve Déclaration d'aucunes chôfes fù 

fe trouvent difficiles en VHifiwe de Philtf* 

pes de Comines , touchant le voyage O* U 

guerre eC Italie , Cr la comjuefte du Rejâsmu 

de Naples parle Roj Charles Huiitiefitie. 

• C€ aleht IeAN * SlEID an, âU LECTEVRy 

^uib€urM Salut. 

trâdmi cettt 

uf»&^c»m*- ]\r Ons cxpofcrons en bref les diflBculteï qui ft 
ffy *cê que de *^ trouvent en cette Hiftoîrc , & premièrement 
ctnints «f#. touchaut Ics Vîcomtcs , & mailoa des Sforcai 
^Jfiûfjrpar quiontpoflcdéla Duché de Milan. Il y a cnviroo 
p^rcktvifqui mû ans, que ceux qu'on appelle maintenant X.0V 
itViinnt g ^ bords , chaugcaus de lieu d'habitation , laîflheot 
^^^J^la Pannonicou Hongrie , &vindrentâîreleurd^ 
TL |7'" ' meure en une contrée d'JMîc ^ nomsnéc bff^ 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. VIIL 43^ 

hrie , du nom de ceux qui s'en font premièrement 
emparez , Icfqucls environ deux cens ans après y 
eftre venus , eftans vaincus par Charlemagnc , 
perdirent leur Royaume , & toute leur puiilance» 
Le pays eftant rcduit fous la puiflànce de l'Empire ^' Comus d% 
Romain , eut un Gouverneur qui eftoit commu- ^'^" • ^•'^"' 
nement appelle Vicomte , & a cflé gouverné en 
cette façon jufqu'à ce que du temps de TEmpc- 
reurWenceflausle Milanoîs fut érigé en Duché : 
car ledit Empereur ayant rcceu groflè fomme 
d'argent du Vicomte nommé , Galeace , qui 
eftoit homme cruel, il l'ordonna Duc de Milan: 
à condition toutcsfois qu'il ne le vendroit , ains 
en fcroit hommage à l'Empire Romain. Ce Ga- 
leace avoit deux fils , Jean & Philippe furnom- ^ 
mé Marie. Jean eftoit fi corrompu en mœurs , & ^^y^ ^i, ^p 
fi pervers , que s'eftantfaithayrde tous , enfin il *X,Ti^:duui 
fut tué par fes familiers : & dautant qu'il n'avoitmv 
point d'cnfans, Philippe fucccdaà la Duché.* le- 
quel eftant marié avec Bonne , fille du Roy de . 

France, mourut fans cnfans. Or fa fœur Vakn-^^iP-irtir* 
tine fut mariée avec Louys Duc d'Orléans fils de 
Charles V. Roy de France, lequel Duc fut tué i 
Paris de nuit, en trahifon , par gens apoftcz de 
Jean Duc de Bourgongne , & laiffa trois fils , Char- 
les, PHIlfppes, &Jean. Charles eut un fils , àfça- 
voir Louys Duc d'Orléans , duquel eft fouvent 
parlé en l'Hiltoire de Philippe de Comines : ice- 
luy parvenu à la Couronne fut nommé Louys XII. 
Philippe Comte de Vertus mourut fans hoirs : Jeaa 
Comte d'Angoulefme eut un fils , à fçavoir Char- 
les pcre de François Roy de France premier de ce 
nom , qui depuis naguercs eft mort. Ainlî donc^ 
depuis le temps de cette Valentine, Louys XII. & 
depuis luy les autres Roys de France maintiennent • 
que le Milanoîs leur appartient. Quant à la maifon ^^^y*^ ^ 
des Sforces , il faut entendre que combien que Phî- sfmu. , 
lippe Marie trpilicfmc Duc de Milan n'euft aucuns 

E c 3 en* 



43S PREUVES ET OBSERVATIONS 

cnfans légitimes, (i avoit-il une fille baflardc, la* 
qaclle fut. mariée à François Sforce , duqud cfl 

{»arlé aux Commentaires de Philippe de Connues, 
ccluy citant homme vertueux & pieux en fiuâde 
« guerre, prit le Duché de Milan après la mort de 

fi>n beau-pere : ce quiluyfut âcile , à caufedei 

Sucrres mortel les qui lorsciloieut en France, tant 
u codé de Bourgongnc , que d'Angleterre , coq- 
fédérées l'un avec Tautre. Sforce avoit cinq filS| 
Galeacc , Jean , Philippe , À&ain , & Louys , du- 
quel çc mcfme Authcur parle fort amplemeot, 
monfirant comme il parvint à la Duché. Lie Roj 
de France Louys XII. ayant eu viéloirc contre Iny, 
& s'e(tent emparé de (à Duché ^ ramena prifoo* 
nier en France : & comme ainfi fbîtqu'îceluyDoc 
eud deux fiis, Maximilian, & François ; Mui- 
milianqui reprit Milan, lors que le Papejuletopr- 
mentoit pa r guerres la France , fut caule que le Roi 
François premier fucceflèur du Roy Louys XII. 
ayant defployé fcs forces contre Milan , & defcoo* 
fit les Suiflcs auprès de Marignan, le prit, &reih 
voyaprifonnier en France, où il eft mort comme 

têttyt Sforc(^^^ P^r^' Son frète François après avoir eu beau- 

<^ Maximi- coup d'affuircs & fafcherics de codé & d'autre, 

iiMfon fils finalement aidé de l'Empereur Charles Cinqnicf 

^H^^nlln «ïc, mena long temps guerre cOTtre les François 

frimcf. dont 1 ilTuc fut telle qu il eut victoire , & r'entia 

en lafcigneurie de fon perc : il fut donc fécond 

de ce nom Duc de Milan, &eutà femme Iaoi^ 

cède TEmpereur , par fa fœur I(abel« Apr6l8 

mort dudic François , dautant qu'il n'avoit laifE 

aucun enfant, l'Empereur retira fous (à puiflance 

toute la Lombnrdie , & la tient y a plus de dooie 

ans. Or faut-il que nous parhons du Royaume de 

S^kK^T'*' Naples. Depuis la mort de l'Empereur Fcdcric 

^ ' Second il y a eu continuellement guerre à raifim 

d?cc Royaume entre les Arragonnoîs & les I>k$ 

d* Anjou. Finalement , leaune Roync de Naples 

ayiflt 






SUR LES MEM. DE COM. Lnr. Vm. 439 

ayant dejeité par teftament Alphonfc Royd'Arra- 
gon, lequel elle avoit auparavant adopté, conlU- 
tua Louys Duc d'Anjou fon héritier. Tant y a 
qu'après pluiicurs incertaines v.iâoires de codé & 
d'autre , les Arragonnois emportèrent la dernière, - 

& tiadrent Naples , jufques à ce qu'ils en furent de- 
jcttcz par le Roy de pTancc Charles Huiaicfine, 
ainfi que Philippe de Comincs le raconte. Toute- 
fois ils l'ont depuis reconouifè, & la tiennent en- 
core auîourd'huy : & le Roy de France François * 
Premier ayant cilépris devant Pavie, entre autres 
articles pajlèz aux Traittcz de Paix , iî^uitta i 
l'Empereur Charles tout droiâ de ce Royaume il 
y a plus de vingt deux ans. LesfââionsdcsGucl- Oris^im dn 
phes & Gibelins eurent leur commencement du ^'jp^'* ^ 
temps que Federic Second cftoit Empereur , & ^'**^""* 
s'efmeurent premièrement en la Toicane , & de 
Jà s'efpandirent peu après par toute l'Italie. Les 
Guelphes tiennent lepartydu Pape , & les Gibe- 
lins tiennent pour l'Empire Romain. L'Empereur f'"''^* ''^ ^** 
des Turcs, duquel l'Auiheur parle , eftoit Baja- 2,^,^**""^' 
zet , le.pere-grand de Soliman, qui règne à pre- 
lènt : il avoit un frère nommé Zizim ion aifné , 
lequel ne pouvant fupporter qu'iceluy Bajazeteuft 
la fucçellion de l'Empire ( ce qui cftoit advenu 
par le moyen des lanizaires ) fe retira devers le Roy 
d'Egypte , où ayant obtenu fecours , mena guer- 
re contre fon frère : maiseftant vaincu & par deux 
fois , fe retira à Rhodes ; de quoy Bojazct eftant 
adverty envoya Ambaflàdeurs avec magnifiques 
prefcns au Grand-Maiftre de l'Ordre , le priant 
qu'il ferraft en prifon eftroîtc fon frerc , quoy fai- 
ûnt^ il promettoit non feulement de luy envoyer 
quarante mille efcus de penfîon annuelle , mais 
tiuffl intermiiiion de la guerre contre les Chreftiens. 
Or afin que cependant Ziximnc trouvaft quelque 
moyen pour efchapper, il fut envoyé en.Francc» 
& toft après fut donné au Pape Innocent Huiâiq(^ 

£ e 4 me t 



440 PREUVES ET OBSERVATIONS 
ipe, & mené à Rome. Et auand le Roy Charles 
Huiâiéme alla à Kaples , Alexandre Pape SixicG 
me du nom le luy rendit par certain tramé d*ac« 
iffi ii zi' cord ; mais dautant que ledit Zizim mourut pea 
i«»» de temps après avoir efté livré au Roy de France, 

aucuns diloientquece Pape l'avoit fait empoifoih 
per devant que le rendre. Et puis que noftre Aih 
theur fait mention des laniiaircs , nous en touciK- 
tfifkuiUn rons quelques mots. On dit que le grand Tore a 
^/4B/ft4«V«i.accouilumé de quatre en quatre ans , prendre en 
Grèce & Â(ie la mineure des enfans aux ChrcftîâiSi 
entre lefquels 11 fait choifîr les plus beaux & de 
plus gentil naturel , afin de les mener en Ion Pa- 
lais à Conttantinople : quant aux autres , îl l^tt* 
part çà& là, &les diftribuç par diverlcs contrées 
de TAfie , pour les faire exercer au travail des 
champs , les accoufiumans à forte nourriture , pour 
Içs endurcir , & par melme moyen apprenans 11 
langue du pays : en après on les faiâ veniriCon* 
ftantinople, où ils aprcnnent (bus maiftres , divers 
artifices. De là on les metavcc gensdeguenre, & 
après les avoir bien fcrvis quelque temps , ils par* 
viennent à Teftat de ceux qu'on z^tWz lamzasres. 
Cependant qu'ils font entretenus par les champs, 
les pères de famille qui fe fervent d'eux les nour- 
rilfent : ceux qui demeurent au Palais à Conftanti- 
nople (ont nourris auxdefpcns de TEmpereordcs 
Turcs ; car on dit qu'il nourrit toufiours en fon 
Palais environ cinq cens Jouvenceaux choifis entre 
pluiieurs, kfquels ayant fait exercer tant es lettres 
qu'aux armes , quand ils font venus en âge on les 
ordonne aux gouvcrnemens&eftats. On dit qu'A- 
^*'^!aJ'' n^wrath pere-grand dudit Baiazet ( qui à force d'ar- 
ih^yê 4i#;W.nîes conquit la Morée) fut le premier qui inftitoa 
itimy appiiUt ccctc Ordonnance. L'Autheur du Livre fait men- 
/# UtTfh lîQjj (i»un homme Grec de nation , nommé Cou* 
(iantin , qui a gouverné le pays de Montfèrrat: 
mais cela advint , que les Vénitiens ayaus ofié aa 

Turc 



SUR LES MEM. DE COM. Liv. Vïll 441 

Turc la Morce avoicnt bafty une muraille depuis 
le port de Corinthe jufques à celuy de Mcgarc , où 
Il y a intcrmiflîon de mer •• mais Mahomet Se- 
cond dt ce nom fils d*Amurath , celuy qui depuis 
prit Conftantînople, venant là , après avoir livré 
bataille eut la viâoirc , & gagna non feulement 
cate contrée de Grcce , mais auffi Tiflc d'Euboéc^ 
Lemne, Mitilene, Ncritc, Zacînthc, Samo,& 
Croyc. Davantage il ofta la ville de S^odre à Com- 
ncn pcre de ce Grec , duquel nous parlons. Il ap* . 
pelle le Roy Charles Huiâîeûne coufîn de Jean . 
Galcace Pue de Milan : car îc Roy Lx)uys On- 
^îefmc avoit eu en mariage Charlotte fille du Duc 
de Savoye: & Galeace Duc de Milan & père de 
Jean, duquel nous venons de parler, avoitàfem* 
me Bonne l'autre fille dudit Duc de Savoye. Rc- j^^^i, ^ 
né Roy de Sicile , Duc d*Aniou , & Comte de Royaumt de 
Provence cftoit frère de Louys , que Icanne Rcyne N.i^«i. 
de Naplcs âvoit fait fon héritier , comme nous 
avons défia dit : or il eut un feul fi!s , à fçavoir 
Jean Duc deCalabrc: mais le père ayant furvcfcu 
fon fils, ordonna le fils de fon frère Char les, qui 
auflj (c nommoit Charles , pour fon héritier. Ce- 
ftui-cy qui mourut fans enfans, ordonna par tefta* 
ment le Roy Louys Onziefme pour fon héritier, 
IccluyRené eut aufll une fille , c'eft à fçavoir la . 
merc de René Duc de Lorraine, duquel TAuthcur 
fait mention au commencement du Livre. Pareil- 
lement il eut une fœur , qui fut mère de Louys 
Onziefme. Ce René Duc de Lorraine cft celuy ^^^ ou^dê 
qui eftant fccouru des Suiflès, eut la viâoirc vnx-tméstu^ 
prés de Nancy contre Charles Duc de Bourgon* 
gne. Quant au Duc de Venîfc , duquel il lotie 
grandement la vertu, c'eft celuy qui fe nommoit 
Auguftin Barbarie , & fut le fcptante £èptiefme,^^^,yj^ 
Ducde Venifc : il y en a eu trois entre ledit Bar- 
barie & celuy qui Tcft maintenant: Pierre Lande, 
à fçavoir Léonard liOrcdaa } Anthoine Griman, 



, 44^ PREUVES ET OBSERVATIOI 

Ummât iê Â^ Andcé Gritty. Eaceteiiq>s*là François ( 

Um^. sue Marquis de Mantouë efloit chef de ] 

Venîdenne : & Hercules d*Eft cftoitDuc 

rare, lequel avoit donné en mariage Tune 

fillct , i Içavoir Elizabet , à ce Marquis de 

touë : & l'autre oonunée Beatrix , à Loiîy 

ce : rAudieor les appelle tous deux gendres 

DiMt à» Ar.culesDucde Ferrarc. Son fils nomhié Al 

"^* eut un fils appelle Hercules , qui maintenan 

ne i Ferrare , & efi gendre de Louys Doi 

- Royde France. Hieronyme Jacobin eft ce 

i^êmuttdu ^^ Içavant , qu*i|utrement on nomme Sava 

& a compofif beaucoup de Livres qui fdn 

<n lumière. Ce qu'il elcrit des chevaux bar 

des hommes d'armes , il le faut entendr 

ment qu'un homme d'armes entretienne 

^_ ; chevaux, félon la coufiume de France. C 

' V dinal d'Qftie que ibuvent il nomme , a 

f^fêtuiu //.^^ Pipe Jules Second. Cofme, qui moiu 

^ ' de quatre-vingts ans, l'an mil quatreccns 1 

fe & quatre , a efié le premier qui ennoblit 

UâirêndêHê- ton de Medicis. Il eut deux fils , Pierre, A 

*«'• Pierre eut auffi deux fils , Laurçns , & ] 

Xâurcns, auquel l'Authcur attribue grande 

;c, Iai{&ax>isfils, Pierre, Jean, & Julien 

it Cardinal , & depuis Pape de Rome , i 

rhpk Vf, I^on Dinefme, fucceflèurde Jules. Viigi 

^ fin fut réconcilié au Roy Charles HuiéHefhjc 

larevolte delà maifon des Coulonnois, & 

avoir efié détenu quelque temps prifbnnier 

délivré fut à fcs gages, l'ay trouvé eftre exf 

de noter cecy, afin qu'on nepenfc pas que 

tbeur ic contredire. 



fe V 



SUR LES MEM.DECOM.Lnr.Vffl. 443. 

tA VIE DE V AVr HEVK 

Recueillie far leinSUidan. 



A 



U reftc parlons auffi de TAuthcor t il efloît 
<r^ Flamand de nation^ de grande maifon*^*^4<7«w 
ioînt de parentage & anoitié avec lc8 principaux x^'V-^ "f** 
du pays. Davantage , il avoit de grands biens , non ^^^J^^ ^ 
feulement en Flandres, mais auffi en Hainaut, Il " ^'\ 

:iloic beau perfonnage ; & de haute itature , & ^ 

[çavoiraflcz bien parler en Italien^ Allemand, & 
m Efpagno] , mais fur tout il parloit bon François : 
:aril avoit diligemment leu& retenu toutes fortes 
i'Hifloires efcritcs en François, & principalement 
ks Romains. Il convertit fort avec gens d'écran- 
ic nation, dcfirant parce moyen apprendre d'eux 
:e qu'il ne fçavoit point; & dautant qu'il avoit ed 
Snguliere recommandation de bien employer (on 
:emp$, on ne Teud jamais trouvé oifif. Sa me* Sd frêmptîtm* 
moire eftoitmerveilleufc, voire telle que fouvcnt***^')^^'*: ' 
ildiâoit en un mefme temps à quatre , qui elcri* 
iroicnt fous luy , cho&s diverds , & concernantes 
I la Republique , voire avec telle promptitude & 
facilité, comme s'il n'cuftdevifé, que d'une cer» 
:aine matière. Comme il vint fur Tâge il rcgrettoit 
n'avoir edé dés fa ieuncflc indruitenla langue iia- 
tine , & fouvent dcploiroit fon malheur en cela. 
Le Roy Louys Onziefme l'aimoit fort : ce qui 
fiit caufc que du vivant d'iccluy il eut toufiours 

S and crédit en France , où enfin il prit à femme 
clenede la maifon de Montfbreau , qui efl fur 
es confins du pays d'Aniou. Après la mort du 
^oy Louys il eut beaucoup d'aflàuts : & dautant 
îu'il cftoit eflranger , l'envie qu'on luy portoît 
augmenta fi fort , que (es advcrfaires le mirent en 
?rifon à Loches, au pays de Bcrry , ville & cha-^^^^.^^ 
kau où on mettoit courtumierement prifbnnicrS|>ri/;bM«. 
:ettx qui efloicnt acculez de leze-Majcflé. Là il 

fut 



MM 



444 PREUVES ET OBSERVATIONS 

fut tràitté fort rudement , coîume luy-mcfme le 
lecite en fcs Hiftoires. Miîs cependant (à femme 
(blltcita fi bien, qu'on l'amena prilbnnier à Paris, 
où eftant venu , un peu aptes fat appelle devant 
la Cour de Parlement. Or avoît-îl affaire à fortc$ 
panies , & à des adverCiires de grande authorité; 
a caufèdequoy il voyoit que difficilement fcpour- 
m».ij. r ^^fe foit trouver Procureur ny Advocat qui voulût ck» 
^iMm!m fendre ft caufe : luy-mefme la plaida ; & ayant 
à PêTù* par rc(paccdedeux heures debatu (à caufè en plei- 
ne Audience , remonOra fî bien Ibn innocence, 
que finalement il fut abfbus de ce qu'on le char* 
geoit. Entre autres chofesilinfifta fort fur les tra- 
vaux & peines qu'il avoit fouftenucs pour le Roj 
& le Royaume , combien le Roy Louys s'cftoit 
mondré envers luy de bonne volonté & libéralité, 
& qu'il n'avoit rien fait par ambition ou avarice: 
que s*il fe full voulu enrichir , il en avoit eu autant 

fi/mm^dt V^^^. ^^1^^ qu'homme de fa qualité & cftat. Il 

jém^kr lUt prifonnicr prés de trois ans, & un an après fa 

i4tf- délivrance il eut de fa femme une fille nommée 

dJ^lurtlll J^ï^ne , laquelle en après fut mariée à René, de 

ejtdm2^.H»s là maiibn des Ducs de Bretagne , & Comte de 

Z4ta* Ponticurc. Ledit René eut d'elle entre autres en- 

lêsm cmtê gins un fils nommé Joan , qui a aujourd'hui le 

Ftmttmt. gouvernement de Bretagne , & cft Chevalier de 

l'Ordre du Roy, & entre autres biens qu'il a , qui 

If^^^^^. font grands, il eft Duc d'Eftampcs. Le Scîgncor 

ibeitr. de Comines eftantâgé d'environ (b{xante& quatre 

15*091 ans, mourut en une ficniie maifôn nommée Ar- 

genton, Tan mil cinq cens neuf , Icdix-fèptiefmc 

jour d'Oâobrc : fon corps cdant de là apporté à 

paris , fut enterré aux Auguftins. Au temps de & 

pro(pcrité il avoit couftumieremcnt en la bouche 

cette iëntence contre les Gentils-hommes &ineans, 

CiluY qui ne travaille point , au^il ne mat^efoint* 

Auffi quand il cûoiten advcrmé , il fouloit dire, 

J^fuis vçnu à la grande mer , ^ la temptjic nia 



SUR LES MEM.DE COlVr, Llv.VlIL Mf 

ioyé. On me pourroit icy demander : maîscom? 
ment pcux-iu fçavoir ces chofes de Philippes de 
[domines , toy qui es Allemand ? je vous diray 
^ue Matthieu d* Arras , homme de grande hon^^ MaMté 
Qeftcté & fçavoir, demeurant à Chartres en Fran» «^•^^''^ 
zc ^ l'a connu familièrement , & Ta fcrvy : il a 
auilî cfté Précepteur duâlsdcfafille^Ducd'Eftam- 
pes , duquel nous avons parlé. Iceluy ayant Icu 
ma verfîon de rHifloire dudit fieur de Comines, 
qui cA de Louys onxieHne , & Cliaries Duc de 
Bourgongne, que j*ay ces années paflëes traduites 
en Latin; & y ayant pris, di(bit-il^ plaiiir pour 16 
fujct , en mémoire defon Maiftrè ,. me commur 
niqua ce que deflùs par un niieo amy ; & d'autant 
qu'il rne racontoît les Ijoiiângcs d'iccluy fort fi^ 
brement , de tantj^hisay^eeftimé qu'il le £dloit 
croire : &jcfusbjen joyeux^d'entendrecela nie£^ 
me que j^avois (buvent oiiy dire en France , & 
prefque tout ainfi le fçavoir plus certainement de 
çcluy qui l'a connu plus familièrement Voilà ^ 
Amy Lcâeur , ce qu'il me fembloit bon de te 
communiquer, afin que tu puiflès mieux entendre 
aucunes chofes contenues en ces Livres icy. Adieu. 
De Strasbourg , le 16. de May i ^48. 

Quelques Annotations et Remarques 

Particulières Jur la vie de VAtaheur , firvans i 
faire voir Us frincipaux emplois ^ & flus 
confiierahles recempenfes i/Wil a eu des Rojt 
Loujs XI. Cr Charles rilf. 

Extrait dufeptr/me Çanme de Me. Jean Bri* 
fonnet Receveur gênerai des Finances , depuis 
le I. Oâohre 1472. jufques au dernier Septembre 
1473. auquel ejl employé en defpenfe cH Article. 
A iMeflîre Philippes de Comines Chevalier , SeF- 
gneurdeRaveilure, Çonfeiller & Chambellan du 



^ ANNOTATIONS 

Koy, la fbmmcdc quarante-un xliil deux-cens li« 
vres, pour trente mil e(cus d'or ^ dont ledit Sei- 
gneur luy a fait don , en faveur de plufieurs icp 
V vices quMl luy a faîfh : &ce pour luy aider iac* 

quérir & achctter de Monfeigncur de Montlbrcn 
Ùl Terre & Seigneurie d'Argcnton." A luy plus la 
ibmme de quatre-cens livres, que le Roy iuya 
donnée entre fes autres pcnfîons , dons & bien* 
faiâs : & ce pour luy aider à emmeaagcr le Ou* 
fiel deBerye à luy appartenant. 

Extrait du Regiflre 1 ejïant au gr^e de lé 
Chambre des Qomptes , commençant en Janvier iê 
PamUe 1470. ^ pniffant en Aoufi de P année 1474* 
fol Ucx. verfo. Lettres du Roy Louys XI. ptf 
lesquelles il donne àfon amé& féal Concilier & 
Chambellan Philippes de Comines Chevalier ,Sd* 
« 4/. Jtmwry^ gneur de * Ravedores fix mil livres de penfioQf 
dbim. ( c'eftoit au commencement qu'il vint * à ion fer* 

• i*^. ips- vice) qui feprenoient tant fur lacreuëdesfbixao* 

fe fois pour chacun muîd de (ël paflànt au pool 
de Sée, que fur grenier & aydesde Chinon. Ces 
LfCttres données à Amboife le 28. Oôobre 1471. 
£c outre portent leidits Lettres que ledit de Co 
mines a abandonné \t pays de fa nativité , corn» 
bien quUlfuft en noftre Kcyattme, C«f afrefentftms 
iafnijfance i aucuns nos rebelles , quitté ^ ferék 
Uusfes bienspour nous venir fervir , £3^ âprefent 
musferty &c. 

• Cit UttTtt ^^^^ Regiflre fil. cL font les Lettres ♦ do 
/•nt'ty dbrù ^o" ^^ '» Prindpauté , Terre , & Sdeneurie de 
tétp^rtûi i9ut Talmont fur Tonne-Boutonne , Chalteau-Goo* 
••'«« tier, Curflbn, la Chèvres Berre ^ & aunres Ter- 

tes j fait par Louys XI. à Philippes de Cominci 
^Seigneur de Ravcfhires : & font Lettres clofcs | 
portans que c'eft pour aucuns fingulicrs (êrviccs 
qu'il fit au Roy efiant i Peronne , & au voyage 
de Liège , en ces termes: Lequel par les bons ai' 
verti^emens y (^ autres fervices qu^ilnous fityfitt 
4 • eâff^ 



SUR LA VIE DE L'AUTHEUR. 

taufe ^ mvyen principal de la falvatson de miilre 
perfmtne. Et au bas de ces Lettres dX elcrit de la 
mafn du Roy : Vous pouvez cognoijhre le grand 
dejir que fay que cette matière fait bien expédiée 
4 mon intention , ^ les caufes qui à ce me meuvent^ 
6r fource gardez que vous n'y faites point de diffi* 
culte , €«f n'en renvoyezpoint devers moy : efcrii 
de ma main. Signé , Louys.^Tilhart. 

Par Lettres patentes données au Pleflis du Pare 
lez Tours le 12. de Janvier 1473. le RoyLouys 
XL donne à Ph. de Comin. Chevalier , Seigneur 
d' Argenton & de Revefcures , les deniers provc- 
tians des francs fîefs & nouveaux ncqucfls levez 
^ Bailliages dcTournay Se paysdcTournefîs,eil 
faveur des grands & rccommandables fervices , 
^u*il luy avoit rendus en lès plus (ècrettes & im* 
portantes af&ires. Ces Lettres de don font tran& 
crictes au commencement du compte des francs 
^ds & nouveaux acqucAs du Bailliage de Tour« 
xmy & Tourncfis rendu par Jacques de Bailleux ,- 
^lepuis le I. Mars 1475*. jufques au penultiefine 
^e Février 1476. enfin duquel compte au chapi* 
^re tics dons faiâs par le Roy , il eft faitdefpen* 
:1c Ibus le nom dudit Seigneur de Comines de 

3uatre mille huit cens quatre- vingt livres, à quoy 
birontent les deniers defdits francs fiefs. 
Extraiâ d!un Regiflre ejlant au greffe de la Cham* 
Jnre des Comptes cottéP ^commençant Pan 1475". ùf 
^Jniffant Pan 1478. foL Ixiu Dominus Philippus de 
Comines MiUs^ Dominus a' Argenton receptusfuit , 
Isf prafiititjuramentum ad burellum in Cornera 
Computorum Domini nojïri Régis Parijius , Ç«f r^ 
ceptus fuit ad cfficium Senefchalli Piétavienjis^ loca 
f^per refignationem Domini de Chaumont , per 
htteras Régis datas aupleflls du Parc lez Tours, 
k 24. Novembre , 1476. Signé parle Roy , les 
Sieurs duLude, du Bohfchage^ & autres prelènts. 
de Chaumont, 



V 



4^8 ANNOTA TIONS ' 

Audit Regifire P, fol.cccxïtj. Ily adesLetlRf 
par lefquelks le Roy Louys Xl.donoeàPhilippci 
de Coinîncs deux-cens Ibixante & deux lirrcs dix 
(bis onze deniers > obole de rente annuelle & per- 
pétuelle , affis furie cor{>s de la ville de Toumfi 
à caufc des bois de Breufe , & autres biens cQans cd 
ladite ville de Tôumay & Bailliage de Toumefîs , 
qui avoient appartenu à lacques d* Arinaignac , Doc 
de Nemours : ces Lettres données à Arras aa 
mois de Septembre 1477. 

Au ^gfJireQ^y eftant atuUt greffe ^ €omme»Ç0i 
Van i^^^: i^ fimant Pan 145 1. font les Lettres 
du Roy Louys AL données au Pont de Samoif 
]e7. Oâobrc 1474. par lesquelles il doimel 
Philîppes de Comîncs Seigneur d'Argenton & <fc 
» ^ ^l„^ Rcvcdures la Terre & Seigneurie de Chaliot * la . 
kM Paris. 

Extrasâdu^xirfmeCompU dffM*DeitysdeBt 

Jaut Receveur gênerai des Tinamces , camfueiÊfmê 

lei. Oâohre 1433. ^ fimffhrt le dernier SdfUmh 

1484. Au Chapitre des voyages ^ Amb^ades ^ 

grojfes mejfageries foL ccxlix, A Mcffire Antboitf 

Memoiies de Chnfteauncuf Chevalier, Seigneur du Lau ^U 

« Pt^e* s s* (bmmede anq cens livres , tant pour un voj^ 

ip»* ut* par luy faiû partant de Tours ^ devers le Duc 

de Bretagne , pour aucunes grandes matietei ic- 

crettes , qui touchoient fort les fàiâbs <i*i(X- 

luy Sieur , . & du Royaume , que auâi pov 

^ Je recompenièr. de deux autres voyages qu'il a 

fèmblablement fai6b audit pays , pour lefi&cs 

matières, dont il n*avoic cûé aucunement rccom* 

penfé. 

Au Chapitre despenfims ^gé^es , jhl, eh. veifi* 
A Mcflîre Philippes de Comines Chevalier , Sa* 

fneur d'Argcnton la fommede quatre nulle lincs 
luy ordonnée par ledit Sieur, & parlbndittoole* 
Il eft emploie pour pareilléfbnune de quatre nâU 
livres au compte de Tannée X48^, 




SUR LA VIE DE L'AOTHEUR. 449 

' Au Chantre des dons , recon^nfatiom , (sf hiens^ 
piâs , fol. cbcxxvij^ vtrfi AAntoinedeS. Joor<* 
din neveu du fafnâ Homme comptant la ibmme 
de fix vingt livres tournois à loy donnée par ledit 
Sieur , pour la defpeniè que faire luy convenoit 
pour foy retourner en fbn pays. 

Au fol ccxlvij. Alexandre de Bourbon Prieur 
de Crcfpy en Valois» 

Chapitre des voyages tu OÛobre 1483» fA. 
€clxxx. verfo^ A Jean L*Ângiois quarante livrei 
pour IHI voyage qu'il afâiâprelèntement, partant 
<l'And>oife le 17. Oâobre prefint > allant âRo* 
s^ par devers N. S. P. le Pape , & le Cardinal 
Balue ) leur porter Lettres clo&s de par ledit Sieur^ 
pour faire retourner ledit C^dinal Baluo , que le« 
dit S. Père envoyoit par devers ledit Sieur ^jufquet 
à ce qu'il ayc autres nouvelles dudit Sagneur. 
Le 24» dudit mois d'Oâobre le Roy Charles 
VIII. envoya derechef un nommé Guibert le 
Fomeffier à Rome devers le Pape ^ & ledit Car* 
dinàl Balue 4 â ce que ledit Balue ny autre Car* 
dinal n'entraft en France , juiques à ce que lePa« 
pe eut aunres nouvelles de luy ( fçavoir du Roy ) 
/W. tclxxxij. 

Ibid. fol cclxxxiv^ verfo. A Jean d'Yflbuduii 
la Ibmme de quarante livres pour un voyage par 
luy fait , partant de Biois , le dernier jour da 
mois d'Ôoobre , allant au devant du Cardinal 
Balue , à ce qu'il ne vienne en France , & de là 
â Rome devers N. S. P. le Pape, luy porter Let« 
ares de la part dudit Seigneur , à ce que kditBa^ 
lue n'entre en ceRoyaume» 

Aufufdit Chapitre des dons , recompenfations ^ 
6? biens-fatâs , foL clxxxxvj, verfo. A Pierre 
I^e&art , dit Mont- me , Roy d^ Armes des Fran** 
çois, & Pierre du MontcilditG«ry^9i;»r,auffiRoy 
d'Amies , comptant la fommede trois cens vin^ 
livres (èize fols huit deniers , pour deux cens efcui 

tfoma Fi tfoc 




4ro rai^ NOTATIONS 

d*or qac le Roy a ordonné leur eftre baillée itttt 
pour eux , & pour les autres Hérauts & TroOh 
petces., qui ont efté à l'entrée & (buper de ?h 
fis , p<>ur crier LargeJJi , ainfi que les predeceC 
^urs Roys ont accouftumé de faire en ftmblible 
cas. 

, Pierre delà Porte Efcuyer d'efcurieduDacdc 
Bretagne , audit Cbapstre fol y €cvj. 

Amit Chapitre des voya^es^ ambi^faits , Hfp^ 
fis mejfifgeries , foL cctxij. Aux perlbnnes cjf* 
après nommées la ibmmc de quinze mille cinq ce» 
livres y pour un voyage par eux fait , par oraoïh 
nance & commandement dudit Seigneur , p» 
tant de Paris en Tannée dont ce prelènt comptett 
mention , allant à Rome en ambaflàde devers oo- 
iire S. Père le Pape, luy faire |:k>ur ledit Seigneur 
robeïllànce filiale , à caufè de (on joyeux advc!l^ 
ment à la Couronne. Ceft â fçavoir à Monld- 
gncur le Comte Dauphin d'Auvergne, huiâ mil- 
le livres : à Monfeigncur TEvclque & Duc de 
Langrcs, Pair de France, quatre mille livres: 
à Révérend Pcre en Dieu rEvcfque d'Âurenge , 
buia cens livres : à TAbbé de la Fcrté , de To^ 
dre de Cideaux , trois cens livres ; à Frère Ro- 
bert Gaguin Doâeur en Décret , Maiftre geneni 
de Tordre de la Trinité & rédemption des captifs, 
fix cens livres ; à Maiftre Benoift Adam, qoatie 
cens livres : à Maidre Euftache Salemon , tak 
cens livres, à Maiftre Jean Rabot cinq ccnslivics: 
à MciTirc lean de la Gkdette Chevalier , antres cinq 
cens livres : &àHçloy de laMarrîclic , dîtJ&f- 
ry y Roy d'Armes , cent livres : font & moment 
en^mble lefdites parties à ladite (bmme dequioxe 
inille cinq cens livres : & ce pour aider i fupp(X^ 
ter les grands firais , mifès& defpences qu'il loici 
convenu faire audit voyage. 

lUd. fol. cclxjcxv. De premier jour do ma 
de Novembre de Tani4S3. IcRojCharlcirVOI. 

Oh 



SUR LA VIE PE L*AOTHEOR ifft 
envoya en ambaflade devers le Duc de Bretagne 
Mcflieurs de Chailillon , Richeboorg , & . d'Ar», 
gemon* 

Ibid.fil €cUcxên/iijé ArGuillaumeGilier^oitte 
livres , pour un voyage par luy fait partant de 
Baugcncy le' 13. Novenobre 1483^ allant en I« 
compagnie de PouUaillier Bailly , demander le- 
quel va au devant du Cardinal Balue , à ce qu'il 
ne vienne ny entre en ce Royaume , pour le &irc 
retourner à Rome : & ce pour apporter diligem» 
ment nouvelles au Roy du lieu où ledit Baillj 
Taura trouvé , (bit en Brcdè « ou en Savoye , oc 
de ce quil aura beibngné avec ledit Ou:dinal« 

Extrsiit du fufmtntionni Refifln O , efiam 
M jrefi de la Chambre £s Comptes^ corn» 
winfane en 1470. e^fir^ifvaen Cani^yf^ 

fêi. a. 

* r 

LOuvs par lagracede DieuRôy de France^ 
Sçavoir faifons à tous preftns & à venir : Qui 
comme nofire amé & féal G>n(ciiler & Chambel^ 
lan PhiUfpis de Comims C3ievalier ^ Seigneur de 
Revcftures , demonftrant la grande & ferme loyau* 
té , & la fiogulierc amour qu'il a eue & a enveri 
nous 9 & fi>it dès (on jeune âge diQ)ofé à nous ùx* 
vir, bonnorcr, obeyr, comme bon vray & loyal 
fujet doit Ton fouveraîn Seigneur 5 & nonobftant 
les troubles i8t diviflons qui ont efté , & les lieux aà 
il a conver(S , qui par aucun temps nous ont eûé^ 
& encore (ont contraires, rebclks | & delbhéy^ 
fans, toufiours ait gardé envers nous vraye& loyal* 
le fermeté de courage , & melmement en no(fa:e 

Sande & extrême necefficé à la délivrance de no- 
e p^rlbnnei lors quecftions entre les mains , & 
fous la puiifiince d'aucuns de nofdits xebelks & 
«deiôbqwnii qui s'efiotcnt dedarex contre noM^ 

Ffak " coŒk* 




4fx ANNOTATIONS 
comme nos cnnemys , & en danger d'cKlre illec de« 
tenus. Nollredit Confeiller & Chambellan , fimi 
crainte du danger «qui luy en pouvpît lors venir, 
nous adverrit de tout ce qu'il pouvoit pournoflie 
bien, & tellement s'employa , qucparlbnnioTca 
& ayde nous faillifines hors des mains de nofdits 
rebelles & defbbeïf&ns , & en plufieurs autres mi- 
nicres nous a fait & continué de faire chiscun jour 
plufieurs grands louables & recommandables fa- 
^iccs, & au dernier a' mis & ei^polë fàvie cnavan- 
ture pour nous , & fans crainte ne oonliderarionda 
danger de fà pcrfonne, ne d*autre cholè qudeon- 
que, a abandonné & perdu tous (es biens mcubks 
a immeubles , chevances & héritages , terres à 
firigneuries pour nous venir fèrvir , & à prefcnt 
nous feit continuellement à Tentour de nôtre pcr- 
fonne, aufàiâ de nos guerres , & autrement en 
plufieurs manières, en très grande cure , loyamé 
& diligence. Pour laquelle caufc , & aufii que nous 
£)mmes dcuëment& àplein accrtcnez desfèrvîces 
ft autres chofes deâufdkes â nous & pour nous &i- 
âes par noftredit Conlèiller & Chambellan , ft 
tefquelles , pour ce que en avons vraye connoif* 
iance, & les fçavons certainement eftre véritables, 
nousfavons relevé & relevons par ces prdèntes 
de toute preuve , cognoiflàns que raiU)nnd)lC'> 
ment, & fclon Dieu & no(he confcience Ibmmci 
tenus &obligcxde le recompenfèr des grandes per- 
tes & dommages qu'il a eues & Ibuftenuës , aoffi 
de recognoiûre envers luy les grands périls, dan- 
gets&avantures qu'il t eus , endurer & attendus 
pQur nous .: & les grands^ louables , bons & wgx^ ! 
blet ferviçes , qui , comme dit eft , il nous a fiât 
par cy-devant , fait encore & continue chacun jour, 
& elperons que plus âilè au temps à venir , voulam 
&defiran$ le recompenfcr& rémunérer , comme 
ennoftrcconfcicnce nous y lèntons tenus & obli- 
^ci) (SL VQ&^as^^Qcfiai^ ticiDple itODS-iiof fi^ 

fin» 



SUR h\ VIE DE ^AUTHEUR. 4f j 

lbu$ quelque! Princes & Seigneurs qu'ils (bienc ^ 
d'abandonner tous autres partys pour nous fovir^ 
coipme leur fbuverain Seigneur. Pour les caqfis 
de(Iii(<]itcs& pluiieurs autres à ce nous tnouvanau 
de noffare pure , franche& libérale volonté.., aum 
de noftre certaine fcienoe , grâce fpeciale , pleioQ 
puifllànce , &authorité Royalle, avons donné, ce^ 
dé , quitté, tranfporté&delaille, & par laten^eiir 
de ces preifentcs donnons , cédons , quittons ^ trajnCi 
portons & delajilons par ppre Vraye , & irrévocable 
donation audit Philîppes de Comines pour luy ^; fè^ 
hoirs, (ucceficurs & ayans x:au(è , les Prindpaû* 
tez dcTalmont, Baronnies., Chaileaux , & Chtr 
flellenics. Terres & Seigneuries dudit lien , Au* 
lonne, Curzon , Chaftcaugontier , & la Çhaul* 
me afiifcs en noflre païs de Foiâou : auffi la Terre 
& Seigneurie , Chaûel & Çhaftellenie de Beirye 
Bfnfe au pays d'Anjou , avec tous & chaçuns Jes 
droiâs de Prindpauté , Baronnie vjuftiœ & Jurii?* 
diâîon. fiante, moyenne i&baflè. Guets, Çapiui* 
neries, & droiâ d'y mettre- pu ordonner Capîiai* 
nés , tels que bon luy feipbl^ni' \ comme ifUy Sd* 
gneur d'icellcs , & autres npblellès , dignitcx & 
prééminences , prérogatives , appartenances , 
appendances , & dépendances queUcpnqiKs i 
Ibient ûcà , arriere-fiefs , hommes ^ kommar 
ges , va^ux , & fujets , naufrages de yajflèauz 
venans à la code delam(;r , yijgoes, prex , bois^ 
ibreHs, terrjçs, maifons, fours, moulins, cens, 
cenlès , i;ci|tes & generalf^ment tous autres droiâs , 
devoir^., profits, revenus&emolumensquettçon- 
qucs, quiaufdites Terres & cbacunesd'icellesap» 
partiennent & ont appartenp ^'ancienneté , & y 
peuvent & doivent coJBBpetcr& appartenir en quel* 
i]ue tii^nierc que ce £bit , QQ puillë eftre , a ea 
quelque valeur & edimationquMles foient , pour 
enjoihr p^i; ledit Pbilippes deComineSifeshoirs, 
fttccdburs & ayans came \ perpetuellcm^t & i 

* F f 3 : tov 



\. 



4f4 AN NOr ATIOhïS 

loufiours , tout amfi& parla forme & manière, & 
à tous- tels droîé^ que ftu Pierre d'Amboifeenfon 
vivant Vicomte dcTholiars les avoit & tenoit| & 
en jo^flbit (à vie durant , & qu'elles vindrent pr 
(Uçceffion entre les mains de feu Loiîys d*Aniboi- 
lëibhncveu. Et en avons cédé , quitté , tranfixx- 
té & delaiiTé audit Philippes de Q>mmincs & ki 
fiens tout tel droit , nom , railbn » «£kion , proprie- 
té , poficinon& lèigneur îe que nous avons & avoir 
])duvons & qui nous peut competer & appartem 
cflitcs T^nres & Sdgneuries , leurs appancoaih 
ces & appcndances y loitparconfifcation& fotf»* 
^reduditLouysd'Amboiiè, obligatioiiSy tranf- 
ports /ou autrement f à quelque tiare , oumt 
quelque inanicreque ce fi>it, ou puiflè eftre,uos 
rien yrelcrverne retenir, fors (èulctnentlerefibit 
& (bnvèraintté & le»- foy & homm^es qui nous 
font, 6ti peuvent ê{fat dcus, è cau&defditsCht- 
fteaux , Terres & Seigneuries de Talmont, Ao- 
lonne , Cunon , Chafteaugontier y & la Qiaolme^ 
leurs appendances & dépendances afiifês en noftit- 
dit pays de Poiâou , nonobftant que dcclaradoo 
fuftou èùftedé faiâedefdites confilcationsoufor- 
làiâture , & que (bus couleur de ce on voulufidire 
les Terres à nous avenu<|s par déclaration de eon* 
j^fcation eftre venues à la Couronne y & cflie no* 
Ore domaine, & les ordonnances fur ce 61âes par 
fiospredeceflèurs Rby$'& nous, que ne vooloos 
quàpt à ce avoir Uêu, ny prejudfcierauooDteoo& 
cffedt de ces preicntés*/ ; ains attendu la caûfè deffifts 
ccffldn &tranfport, t]uieft pourlaredemptioD de 
noftrc pcrlbnne, & éviter Peminent danger & pé- 
ril d'icelle , & par ce moyen de tout nofice dit 
Royaume , Nous , de néflredîte certaine ftience, 
& |race (peciale , pleine puif&nce , loy & auâori* 
té Royale , y avons quant i ce (ëulement , entant 
que meftiér en (èroit , dérogé & dérogeons par ccf- 

à\tt9 V^i;tv\tt& t & avec ce avons wf ^ noiflcm 

Icf 



SUR LA VIE DE L'AUTHEUR. 4ff 

lefdites SeigneuriesdeTalmont, d'Aulonne&Ie» 
deux hommages qui ont accoultuménous encftrç 
fàiâs, en une Seigneurie & un feul hommiigc, | 
devoir de rachapc , (èlon la couQume du paysy 
fous le chef & Seigneurie dudit Talmont. Et corn» 
bien que le donateur ou douatercflè ne (oient tenus; 
de porter garimentdecholedonnée ; toutefois at- 
tendu que ledon&tranfport que faifbns prefente- 
ment à nofb-edit Concilier & Uhambellaa defdite^ 
Terres & Seigneuries eft pour recompenfe des 
grands iervices qu'il qpus a faits y & auffi de U. 
perte de (es biens meubles & immeubles , qu'ilrd' 
ca & (buftenii pour nous, & mefmementpour le 
grand lèrvice & ayde qu'il nous fit à la délivrance 
de noftre per(bnne , qui efi cbofe privilégiée que- 
plus ne pourroir eflre , & pour laquelle tous Roys 
& Princes peuvent plus amplement leur adfbrain» 
dre, lier& obliger à recompenfe, & pour les zth 
très caufes deifus déclarées , desquelles nous (en* 
tons tenus àje recompcnfer. Nous lefdites Teires^ 
& Seigneuries , Principautez , Baronnies , Cha- 
ficaux & Chaftellenies , dont defliis eftiàiâe men* 
tion^ avons promis & promettons par ce^pre(èn- 
tes, pour nous, nos hoirs, &(ucceflèurs, garan- 
tir & défendre perpétuellement à iceluy Philippeis 
de G)mjncs, (es hoirs, fucceflèurs, &tous ceux 
qui de luy auront €aufe, envers & contre tous, de 
toutes eviâions, empe(chemens , troubles, mo« 
Ieftati6ns,& perturbations quelconques, & gcne-^ 
ralement de toutes leschofès qu'on en voudroitoa 
pourroit demander à luy, ou aux iiens , en nous 
nu(knt lefdites foy & hommage , & payant les' 
droiâs & devoirs tels (^ue dcfiiis e{l dit , pour lef- 
dites Terres & Seigqeùncs de Talmont , Aulonne, 
Curzon, Chafteaugontier, &]a Chaulme,&àuffi 
en faifant les ftty & hommage , & en payant les 
droiâi & devoirs deus de ladite Terre & Seigneurie 
de Borryeàceluy ou ceux à qui ils (ont & feront 

F f 4 deui^ 




4^6 ANNOTATIONS 

dcQS» Ec aa cas qoe pouc l'avenir il y eut aacmi 
qui voufiflènt donner qael<}Qe empeichement àno- 
iredk Gonfeiller & Chambellan en la jonyffimœ 
defditcs Teires & Seigneuries j toit en tout j oq 
cnpartie ^ oucontre Iny intoiter quelque a^oOi 
pedtion, ondemandcy à canfe de U propriété os 
po0èfSond*icelIe$9 onantrement enqnelqne mt- 
nkre que ce (bit le troubler on molefier; Noos 
oonfidcrées les caulcs dudit don & transport qœ 
prdcntement faiibns y de noQie certaine fi:koce, 
gnice (pédale , pleine puiffiuce y & aoâoritf Royal* 
Hy toutes lefdites aâions , & antre& droiâs ^ 
pierfibones quelconques, vondnrient on pounoicot 
prétendre fur lefdites Terres & Seignenriea deflÎB 
lieclarées t avons cOéint & aboly ^ efte^noos & 
iîboliffi>ns , & mettons du tout an néant par ces 
pre(cotes y (ans que jamais ceux qui y ont que^oe 
droiâ & y voudroknt prétendre en puiflàit ncn 
demander fur lefdites .Terres & Seigneuries • œ 
quelque aâion en intenter contre noitrodit Coo- 
fôUer & Chambellan , ne ùs fucceflèurs & aysns 
cau(è y ne qu'ils puidènt jamais eftre à ce reccos 
en quelque Cour ou Jugement que ce (bit : mais 
que ceux qui quelque choie y voudroient preceiH 
ore ayent leur aâion contre nous & nos (iioccA 
leurs , pour en avoir recompen(è^ (i trouvé efloît 
que faire (c deufi : non pas pour rien avoir ne di* 
ftrairc defdites Terres^ dont par tant qne mefiier 
cft, de nolfa-edite certaine (cience , grâce Q>cdalef 
pleine puidànce , & auâorité Royalle nous les 
avons privez y forclos^ & déboutez ^privons,fo^ 
duons & déboutons par cefiiites prdèntes : & fi 
voulons que nous & nofdits fucceflètirs (oient te- 
nus de faire ladite reoompen(è y fi trouvé e&Ht que 
Tailbnnablementfiûre cèdent Si donnons en man« 
dément ànos amcz & (eaux CohlMIers, les gens 
tenans , ou qui tiendront noftrc Cour de Parie- 
loem j les gqis de nos Comptes ^ TrelbcicnL & 



SUR LA VIE DE L^AUTTBEUR. 4^7 

Généraux de nos finances , Bailly de Touraîne, 
& des exemptions d'Anjou , & du Maine , Sene- 
Ichal dePoiÔou, & à tous nos autres Justiciers & 
Officiers, ou leurs Lieutenans prcfens & à venir, 
& à chacun d'eux , fi comme à luy appartiendra 
que de nos prefensdon , ceffion, & tranlport,& 
de tout Tefièt & contenu en cefdites prefentes ils 
& chacun d'eux endroit foy faflènt nollredit Cou» 
ièiller & Chambellan » feldits hoirs , fuccefiE^urs 
& ayans caulc joiiyr & ufer plaincment & paifi« 
blement , iàns luy flaire, mettre, ou donner, ne 
ibufirir efire faiô , mis ou donné aucun arrcft, 
cnnuy , defiourbier , ou empefchemcnt au contrai- 
re, en quelque manière qu« ce fbit, & fi fait, mis, 
ou donné leur edoit , fàfiènc incontinent & fans de^ 
lay reparer & mettre au premier efiat & deu : & 
ceCiites prclèntes fàfl£nt publier , lire , & cnrcgî* 
ftreren leurs Cours, Jurifdiâions, & Auditoires, 
afin que aucun n'en puifTe prétendre caufe d'igno* 
tance : & parlerapponant ces prelèntes fignées de 
noftre main , <m.viMmus d'icelles fiait foubs feel 
Rcqral I pour une fois feulement , & reconnpiflàno 
ce de noftredit Confciller & Chambellan ,' nous 
voulons tous nos Receveurs ordinaires, & autrcr 
qu'il appartiendra en eftre & demeurer quittes & 
ddchargez en nofire Chambre defdits Comptes , & 
|Hu: tout ailleurs où il appartiendra , fans aucun re* 
fus, contredit, ou difficulté, nonobdant comme 
deflus , & quelconques autres ordonnances , man* 
démens, rcfiriétions, ou defenlèsà ce contraires*. 
Et afin que ce foitchoft fi:rme & (lable à touiiocrs, 
nous avons fait mettre noftre feel àceldites prefen- 
tes. Donné à Amboilè , au mois d'Oâobre, l'an 
de grâce mil quatre cens (bixantc & douze , & de 
noftre Règne Je douziefme. Ainfi (^né , Louys , 
pour le Roy. Vous , Maiftre Cragiêr fccond Prc- 
fident du Parlement de Bordeaux , Pierre Leydet 
Goo&rvateur des Privilèges Royaux de rUoiveiv 

fité 



4j8 . ANNOTATIONS 

fitéde Poiâiers , & autres prefèns. Rouvre. Fifs. 
Leâa , puhlicaùa ^ regijiraù Parffius in Parla* 
memto 13. Décembres , anno I473- Bruoat. X/- 
Ûa , PHblica$a &f regijirata in CamerA Comfulù* 
rum Uomini nofiri Régis , Parijius , die feeundâ 
Maii 1474. I. Badouiilier. 

Audit Regiflre. fil. lx;c. De par le Roy. Nos omet 
t^ fiaux : Nous avons puis nagueres , pour an- 
cuns finguliers&rvioes , que nous fit, nooscftans 
à Peronne & au vovage de Liège , noftre améft 
feal Confciller & dhambellan PèiUffcs de Cmm- 
9ses Chevalier , Seigneur de Revcftures ^ lequd 
par les bons advatiuèmcns & auttres fervices qiiHl 
nous gt , ÙA caule & moyen principal de la ûl« 
vation de noftre perlbnne , donné 9 cédé « tranf 
porté & dclaiâë audit de domines , pour luy, fis 
hoirs , fucceilcurs , & ayans cauft , les Princi- 
pauté y Terres & Seigneuries de Talinont fiir 
Tart , Âulonne , Chaftcaugontier , CurTon , la 
Chaulme , & Bo^rye ; en&mble Bren &.BraQ- 
dois , ainii que par nos Lettres patentes , quefar 
ce, luy avons oéhoyées il vous' apperra plus 2 
plein : A pour advertir bien à plein nc^e Q)Qr 
de Parlement , à laquelle efcrivons de cette mt* 
tîere , & vous , des caufes qui nous ont ma 
de faire ledit don , en la forme & manière qoe 
kfditcs Lettres le contiennent , & de noftre v(Xh 
loir & intention fur ce , Nous envoyons prdèo- 
tement par delà noftre amé & fealConflillerMii- 
fire Guillaume de Ceri&y Greffier de noftre CoQt 
de Parlement. Si voulons & vous mandons tres^ 
cxpreftêment , & fur tant que nous deiirez fe^ 
vir & complaire , que après ce que nofiredite Com 
de Parlement aura fait lire, publier &regi{bernof« 
dites Lettres dudit don par nousfeiâ audit deCo- 
mines defditA Principauté , Terres & Seigneuries 
deftus nommées , vous icellesnos Lettres fàiâcs 
femblablementlirc , publiée & enregiifarer en no 

flrci 



SUR LA VIE DE UAUTHEUR. 4^9 

ftre Chambre des Cooiptes , &ns attendre & en 
avoir fecond ou tiers commandement , de ne nous 
y faire un feul refus , delay ou difficulté, pour quel* 
conque autre caufë ou occafion que ce (bit : & 
pareillement vérifiez & expédiez les Lettres de (à 
penfion , & (on honrunage» Jcfurccvueillezcroi* 
reuofiredit Confeiller de ce qu'il vous dira de par 
nous , tout ainfi que fi nous mefine vous le di« 
fions. Donné au Pkfiis du Parc ^ le zi. jour de 
Février. Et au defibus de la Lettre eftoit efcrit 
de la main dudit Seigneur; Vofts pouvez cùgmifire U 
grand d^rquefay que cette matière foH bien ex^ 
fediéc is^ a mon intention j bfles caufit qui a c$ 
me meuvent , ^ pour ce gardez que vous n^ fat-* 
^es point de difficulté^ ^n^en renvoyez point de^» 
T^ers moy. Efcrit de ma main. Ainfi figné> Louirs* 
& plus bas , Tilhart. 

Lettres dttdà Roy Ij>uys XL expliquant ks Let* 
fret dm don de la frincipautide Tamont^ ^ autres 
Seigneuries à Pbilippes de Comines. Il dit qu'en* 
core qti(*il aye entendu que les Terres Seigneuries 
de Bran & brandons * aflîfes au pays de ïoidou ^ j,^j|p|, 
fuficnt comprifcs en ce don , il déclare par ces pi^e* 
fentes que cVft (on intention que ces deux terres 
Ibient comprifes en cette cefiion & tranfport , & 
d'abondant les luy donne , à fës hoirs & (ucce(l 
fcws. Donné à Dîfnc-chicnprés le Puy-Beliart en 
Poiâou , au mois de Deccnabrc 1472. regiftrées 
en Parlement le 30. Décembre 1473, Signé.^JBw* r 
ptat, & en la Chambre des Comptes le 2. May 
1474. S'gpé , Badof^Her. 
' ' Zi; mefme Roy houys XU par [es Lettres données 
^ Dt/he-cbien^ près le Puy-Beliart , au mois de 
Décembre 1472» dit que puis nagueres eftant en 
la ville de Sables , afilfc fur la mer qui c(l en la 
Icîgneùrie d'Auîonhc appartenant 3 (on Confeiller 
& Chambellan Pbilippes de Comines Seigneur de 
RevefcuTM, il luy euft eOé remonOrék grand 
- bien 



4«o . ANNOTATIONS 

bien & profit qui pourroît advenir , fî ladite ville 
cftott c)ofc de murailles , il exempte & afiranchit 
les habitans des paroiflès d'AuIonnc & de la Chaol- 
me de toutes tailles & autres fubventions mifes& 
à mettre en (bn royaume , tant pour la fi>Ide & 
payement des gens de guerre qu'autrement, moyen- 
nant qu'ils feront tenus de &ire clorrel^ite ville 
de Sables , & y faire les fortifications qui ièront 
advifêes par les Sieurs de Brefiiiire & du Fon 
Chevaliers , CommiflEàires à ce ordonner par luy : 
& outre ce leur donne la (bmme de cinq mille li- 
vres , pour employer à cette clolturc & fortifica* 
tion , qu^ils prendront des deniers de les finances 
par les décharges du Receveur en cinq annte pro* 
chaînes , chacun an mille livres , Et pour décora* 
tioa de ladite Ville ordonne qu'ils ayent un Pre* 
voû & quatre Jurez , qui ordonneront & di(po* 
feront desLchofes appartenantes à la police de la* 
dite Ville , & feront les impofitions necef&ires 
fiir les marchandifes qui y arriveront par mer , & 
ce du confentcment du Seigneur de ladite ViUe > 
ou de fes officiers* 

Ledit Roy Louys XL par fes Lettres^ veri^eà 
enla CèamUe des Comptes k 19. QAobre 1474^ 
ordonne que les habitans d'AuIonne & de la 
Chaulme foient francs jufqués à vingjt ans de la 
traiâe de leurs bleck & vins , 'qulls vuideroût 
ptx mer au havre & port dudit lieu d'Aulonne » 
fil. clxxx. verfo. 

JExtrait du R^gift^P Q^% €9mmençan^0n téiM 
147p. Crfinifmt in Vah 14s i. foi. 
ccxxxx. verfi. 

LOUIS pat la grâce de Dieu Roy de France: 
Sçavoir faifbns ) tous prefens &à venir^ Qoe 
comme dés le mois d^Odobre , Taa 1472. p» 
^ . coofr 



SUR LA VIE DE L'AUTHEÛR. 461 

confideration de certains grands & louables fervi- 
ces à nous tixQs parnoftre amé & feal Confeiller 
& Chambellan Philtres de Comines ChevaKer ^ 
Seigneur d' Argenton » & pour aucunement le re* 
compcnfcr d'iceux ^ nousluy eufCons par nosao» 
très Lctcrcs patentes , en forme de chartre , don^ 
né y cédé , quitté , & traniporté les Principauté^ 
Chafleaux , Chadelkmes , Terres , fiefi & Sei- 
gneuries de Talmont , Aulonne , Curzon » \t 
Chaulme , Chaileaugontier , Brandois , & Ber- 
Tve y & leurs appartenances , droiâs, nobleflès, 
& appendances quelconques , pour les tenir & 
poficder pour luy , fcs hoirs fucceflèurs,& ayans 
caufè à toufiours , perpctucllcment , & pour les 
cau&s à plein contenues en no(clitcs Lettres, eui* 
iibns promis en bonne foy & parole de Roy luy 
garentir lefdites Terres de tous , vers , & contre 
toutes perfonnes , de tous troubles & empefche- 
tnèns quelconques, & Ten faire paifiblementiouyr 
i touiiours , & fefdits hoirs & ayans caufè: lequel 
noftredit Conièilfer eut depuis prcfcnté ou £iit 
prefenter nofdites Lettres en noilrc Cour de Parle* 
tnent , & en demandé renterînement , 6i qu'en 
ce faiiant elles fui&nt leuës publiées & enrcgi- 
ftrées. Ce qui luy euft efté oâroyé. Et ce venu â 
la connoiûânce de noffare amé&fealcoufinLoiiys 
de la Tremoille Sieur dudic lieu , eut baillé Re- 
quefle à noftredite Cour , tendant entre autres 
choies eftre reccu à oppoiitton contre ladite kéhi- 
re , publication , & enr^i(fa:ement dcfdites Let- 
tres : ce qui luy euft eftc^oâroyé ; Parquoî eut 
nodredit coufin requis l'entérinement de âditcRe* 
quefte , & fur ce pris telles conclufions que bon 
luy eut lemblé à rencontre de no(fa:edit Conlèil* 
1er , lequel eut fait déclaration , que attendu que 
par nofdites Lettres avons promis le garentir , it 
n'entendoit entrer en procès a^ec ledit delà iW 
4»oilte 9 mtts en enllii?am la teneur d'içcllesi eut 



46% ANNOTATIONS 

appelle à garant noflre Procureor gênerai^ IcqoA 
informé de nos promeflès ^ vottloir ^ JcinteûtioD» 
eotpris le garcntaîge & defenle de ladite matkrC} 
))our noilredit ConfetUer^ à l^encontre dadit de 
la Tronoille : & depuis eut far ce tellement eflé pro* 
çedé entre noftrcdit Procoreur garant de nofiraft 
Confciller, & iceloy de la TremoUle^ que ptf 
arrcft de noftrcdite Coor ait nagucres cfté dit ^oe 
entant que touchoit lefditcs Seigneuries de Tal- 
inont , Chafteaugonticr , & Berrye ^ & leurs ap 

{)artenances & appendances , ledit de la Tremoil* 
c injullemènt & fans caufë s*eilo!t oppofê con- 
tre la publication de noOites Lettres & dqo i 
& que le Leàa , puhlicata ^ (^ regiflréOa VM 
& appofé en îcelles , le 13. jour de Deocm* 
bre 1473. y deitieureroit f nonob&mt lad&f 
oppofîtion : & entant que touchoit lefiiices Ter« 
tes d'AuIonne ^ Curaon , & la Ghauliae 1 
que ledit de la Tremoîlle à bonne & juftecaa- 
fe sVftoit oppofé contre la Icâure publîcatioa 
& regidrement defdites Lettres , & que le LeSs^ 
publicata , £5^ regijlrata ïvis & appoië fiir icelks 
ne luy prejudicieroit en rien. Et par ce moyen A 
Qoftrcdît Confèiller païf ledit Arrdl & execatioB 
dMceluy efté defàpointé Çi évincé défaites Tenci 
d*Auionne, laChaulme, &Curzont &Ioy^ônr 
nofditcs Lettres de don quantàcedenKurécsilliH 
Ibiresànottre dcfplaifance. Depuis lequel Aneâf 
en âifant certain Traité & appotntement avecnoi 
amcz& féaux confins Louys, J[eaQ^& Jacques de 
la Tremoîlle , cnfansduditLoiiysde la Trcmoil* 
le , en Tauâorité de noflre cher & feal codia 
Loiiys baftord du Maine , leur curateur , doimée 
par judîce , ayons entre autres chofts reoouveit 
lefditcs Terres d'Aulonne, la Qianlm^i & Qff- 
zon , & les nous ayent iceux de la Tremoîlle c^ 
dées& tranfi)ortées $ parquoy les pouvons dcp(^ 
(entitc^e «derccbef baiUcrànoOtedicGoiifiiilfl^ 

k 



SUR LA Vffi DE L'AUTHEUR. 463 

& (àtisfàire à nofiredfte promeflè ; pour ce eft il que 
nous bien recors & meinoratifs duditdon par nous 
autrefois fàiâ d'icelles Terres de Talmont ^ Cha- 
fieaugontier , Aulonne , Curzon , Brandois y & 
Berrye ànoftredicConfeiller, &descaufe$ &con« . 
iîderadons qui à ce nous meuvent , voulans iceluy 
don valoir & (brtirfon plein & entier eifeâ , Nous 
iceluy don avons loiié, ratifié , approuvé & con- 
firmé, louons, ratifions 9 approuvons & confir« 
mons par lateneurdecesprcfi:ntes , & voulons & 
nous plaifl qu'il vaille , tienne , & forte fon plein 
& entier eôèâ , en tous fes poinâs & articles , (è- 
Ion le contenu en nofdites autres Lettres à no- 
ftredit Confcillcrfur ceoélroyécs. Et d'abondant, 
entant que meftierièroit , avons de noflre certaine 
icience, grâce fpeçiale, pleine puiflànce & auâo- 
rité Royale, donné, cédé , quitté , delaiiré , & 
tranlporté, donnons, cédons, quittons, delaiP* 
Ibns & tranfportons de nouvel par la teneur de ce(^ 
dites prcfentes à noftredit Confeiller , fes hoirs, 
lucceflcurs, ayanscaufe, lefdites Terres d'Aulonr* 
ne, laChaulme, & Curzon, teurs appartenances 
& appcndances quelconques, à quelque valeur & 
cftimation qu'elles pulf&nt monter, félon la for- 
me , & pour les cau&s à plein contenues en nofdi- 
tes premières Lettres de don, lefquelles & tout le 
contenu en icelles nous tenons cy pour exprimées^ 
Si donnons en mandement à nos amez & féaux 
Confeillers les genstenans , ou qui tiendront no- 
jRre Gourde Parlement, gens de nos Comptes & 
Treforiers , Senefi:hal de Poiâou , & à tous nos 
autres Judiciers , Officiers , ou à leuts Lieutenans, 
& à chacun d'eux, fi comme à luy appartiendra^ 
que de nos prefentes confirmations, don , quittè- 
rent , ceflion & tranfport ils fàflènt , foufirent , & 
laillènt nofhedit Confeiller, fcfdits hoirs & ayans 
éaulèioUyr&ufer pleinement & paifiblement, fans 
iiu: ce lûy mettre, fiure, 00 donner ne foufihreftre 



%. 



4&( ANNOTATIONS 

eût ou donné aucun tfreft j deflonrbier , on ctf 
peiichement au contraire » lequel fi fait ^ nnsoa 
donné cftoit , le luv mettent ^ ou fâflènt mettfC 
tantoft& (ans délaya pleine ddhrrance, &aupr^ 
iiûereQat& deu. Et par le rapportant ces prefcnttt 
fignées de noftre main , ou vislimm d'icelles tt 
îbas (èel Royal , pour une fois Cèulement , •r^ 
cognoiflance de nofiredit Confèiller & Chambd* 
lan , Nous voulons noQre Receveur ordinaire de 
Poiâou & autres qufilapparticndra^en eft:e&d^ 
meurer perpétuellement quittes & defchargex ea 
noflredite Chambre des Comptes ^ & par tout s3* 
leurs oà il appartiendra , fims aucune difScultéi 
nonobftant quelconques ordonnances, reftriâiooi^ 
mandemens , ou defenfès i ce contnûres. Et afia 
que ccfoit cho(ê ferme & fiable àtoufiours , nooi 
avons fm mettre & appofèr noQre lèel à cefditci 
prefèntes. Donné à Bnno au mois de May , Psa 
de grâce 1480. & de nofire R^ne le 19. A&ii 
figné , LouYS. Par le Roy. G. Je Marie, fifi^ 
leâa y publicata , ^ re^sftrata Parifius m Perlé* 
mentOj mlthndJie lulij , ammo 1480. Chartelicrt 
Leâa y fublicMa , ^ regifirata in Caméra Cveh 
futorum Dominé noRri Régis ParifitiS , Jie 16, An* 
gufiiy anno i48o« Le Blanc. 

Au fecondCompte de la Recette générale de Uatet 
finances rendu par Me, Pierre Parent pour nne aaak 
finie le dernier Septembre 1477. an CEafitre desget' 
des des Places fbl. ccxxx. A Monfdgneur Pt^ 
pés de Comines Chevalier j Seigneur d^AigcottA 
& de Talmond , Capitaine des Ville & Chaficat 
de Chinon , lafommededouxe cens livres i \sq 
ordonnée par ledit Seigneur, pour la garde defifr 
tes Ville & Chafiel, durant ladite année 1477. 

Pareil employ cfi fait es Comptes des années fia* 
vantes mille quatre cens oâante & un 1 & nâOC 
qiaatre cens oébmte&deuz. 

il^diu C«m{Uv4^ «mi^ 1477. 1481. Csf 148^ 



SUR LA VIE DE L^AUTHEUR. 46f 

tu Chapitre des dons , recompenfatsons , ^ biens* 
fkiSs^ eft cet article. A M^ffirc Phi lippes de Co^ 
mines Chevalier, Confciiier, & ChamoeDan du* 
dit Seigneur , & Seigneur d*Argenton , la (bmmc 
de mil livres à luy ordonnée pour ce^te prefënte 
année par le Roy, pour luy aidera reparer & for« 
tifier fa place dudit lieu d'Argenton. 

Au fécond Compte de Me. Pierre Parent de la 
Recepte générale de toutes finances rendu pour Pan* 
née finie: le dernier Septembre 1477. ^ en celuyde 
Me. le an Bidant , pour tannée finie le dernier 
Septembre. 1481. au Chapitre des penjions , gages 
ÊîT ordmwmces , ily <i .• A la Reync Marguerite 
d'Angleterre, fille du feu Roy de Sicile, lafom- 
me de fix mil livres , que le Roy luy a donnée, 
pour fa penlion , & entrctcnement de (k perfon^ 
ne; 

Au compte rendu put f année 141 1. elle eft em- 
ployée pour pareille (bnuhe de fix mil livresde pen- 
fion. Nota^ que le tranfport ^ faiâauRoyLouys Preuves 
XI. par Marguerite Reync d'Angleterre de tous * p^<» «• 
fcsdroids fur la Lorraine , Provence , l^c. eft *^'' 
en la Chambre des Comptes , au Grefi^ , au Re« 
giftre V. foK cv. 

" Au Compte de la Reèepte genei^ale de toutes fi^ 
nonces rendu par Mr. François Brifonnet , pour 
tannée finie le dernier Septembre 1493. au Chapitre 
des deniers payez en acquit du Roy , fol. ccclxij. 
7/erfo. A Frerc François de Paule bon-homme 
Hermite , demeurant aux Montils ^ la Ibmme 
de cent cinquante livres , pour partie de la Ibm*< 
me de trois cens livres , à lUy ordonnée par le 
Roy ) pour fon vivre & entretenement de cette 

Î refente année , fuivant la quittance dudit Frère 
Tançois de PaUle cy rendue, cy cent cinquante 
livres. 

Au Compte des années 1495'. Çfl? 1496. Il avoîc 
mil livres, pour rfinttçtetuiment de iuy.& de (es 
tmell, G g «.^ 



466 AHNOT ATI O N S 

Religieux , dcmenrans aux Monuls & AmboiTc 
fçavoir ceux de Tours ^ fix cens livres ; & pour ccox 
d'Amboife , quatre cens livres. 

Extratâ du Regifire S. cammenfant en Pan 14S3. 
(<f finiffant en tan 1492. fol. cv. Dominus PM- 
lippusde Comines Miles confinnatus ^ t^denovo 
retentus inofficio Senefialls Piétavie^fis^ perlitte* 
ras Domini KoIJrî Régis datas Amba/iaficundidie 
OàioMsy anno Vomini 1^%^. virttOe quorum re* 
ceptus fuit ad diâum a^cium ad burellum^ iiiU 
folitum fraflititjuramenlum 16. die Septembris , 

fff ledit Phi' Au mefme Regtstre fol. uxxx^tj, verfo , ^ 

iifftî it Co'ffcrit: Extraiâdes RegiUresdeParlementytxia 

f""" *• *^' par la Cour les charges & informacions & procà 

i4M. wk à rencontre de Mcffire PbiliPùes de Comims 

Chevalier, prifonnier au Palais àraris, pourrai- 

fbn de ce qu'il efioit chargé d'avoir eo inceiligcih 

ce , adhcfion , & praâique par paroles , meilâ* 

Îrcs , lettres de chiâSre , & autrement avec plo- 
leurs rebelles & defbbcyflàns fujets du Roy , & 
d'autres crimes & maléfices ^ les confcflionsdQdit 
de Confines , fàiâes tant pardevant aucuns Corn- 
miflàircs ordonnez par le Roy que depuis en la 
Cour de céans : kidites lettres de chifire , con- 
frontations , & autres chofeseftans audit procès: 
& tout confîderé , dit a efté : Que ladite Coor , 
pour réparation & punition défaits cas , a con- 
damné & condamne ledit de Comsnes à (dire relc* 
lé jufques à dix ans prochains venans en une de 
:s Mailbns , Terres & Seigneuries , de luy, oa 
de fa femme , telle qu'il plaira au Roy loy or* 
donner , dont il ne partira durant ledit tcinps : 
promettra & jurera ledit de Comines que par let- 
tres , mef&ges , ne aucunement il necommoni- 
qucra, ne pratiquera avec aucuns qu'il içachevov* 
loir entreprendre aucune choie contre l'autbon- 
té du Roy ) & lebiende ce Royam&c ; & fi an- 

cimc 



SUR LA VIÊ DE L^AUTHEUR. 467 

tune chofc il en (çait ^ en advertira ou fera ad- 
Vertir le Roy , fur peine d*cftre tenu & réputé cri- 
minel de crime de le^ee^Msgefté ^ & comme tel 
puny ; & ncantmoins de ce faire baillera bonne 
& fufHfonte caution i jufques à la fommc de dix 
mille efcus d'or. Et.fi a déclaré & déclare icelle 
Cour la quarte partie de tous les biens dudit dé 
Comifges edre acquifè & confiiquée au Roy; Et 
ce fans préjudice du. droiâ prétendu par Ican Sei- 
gneur d'Orvai en la Comté de Dreux. Prononcé 
le 24. jour de Mars Tan 1488. Collation cft 
faiâe. Ainfi figné , De VuigHoeoHH. 

Veupar la Cour les charges , informations , & Cùfnkifioh i 
procès , lettres contrefaites , les exportions d*icel- deux ctnfùi^ 
les & autres pièces apportées & mifès devers i^icndêUcont 
Cour paf Mcflîre lean de la Vaquerié ^ Cheva- tit'^H!^ 
lier , premier Prelident eii ladite Cour , & autres r«nfr« diux 
Confeîîlcrs d'icelle , CdmniiflaireS en ccftc partie £«'{/f«« -«-; 
à rencontre de Meffirc Geoffroy dePompadour, ^/'îZ/J^^ 
EvcCjue de Perigue^lX ^ Confeiilcr & Aurtioliiier ^Vjl^^ 
du Roy , & Prendent en fa chambre des Comptes ' 
à Paris •• Meflîre Georges d^Ambotiè auffi Con- 
feiller du Roy , & Evcfijtie de Montaùb») : MeP 
(ire Pb, de Comines Chevatier fieur J Argentan : 
George Gafton , 'Gilillaume Boifboiflcl , & au- 
tres , fur plufieurs maUvâifes & damnées entrepri- 
fes , confpirations ,- A- machinations illicites , qu'on 
dit par eux avoir efté ftites contre le Roy & fon 
auâorité. Veuës auili'-plufieurs autres lettres con- 
trefaites , avec les exj^ofitions d'icelles ^ informa- 
tions , & confêffiôns depuis apportées en icellQ . .^ ^ 
Cour , par ordonnance du Roy 2 & tout confidc-» . 
ré : Ladite Cour a ordonné que conimiffiôn fe- 
ra baillée addrcflant à Medllres Martin de Belle- 
feyc , & Jean le Viftc y Confcillers du Roy cil 
icelle Cour , & à chacun d'eux , pour intcrro- 
]ger , examiner , & fi QKftier eft , recoler tous 
ceux qji'ils TiKrr€>ni oOr^ À faire , & qu*ilj^ cognoi- 

Cg a ' • ûçQtMi 



468 ANNOTATIONS 
iîront (çavoir aucune chofcdefdites conlpirationSi 
. machinations , & entrq)tifcs , aveccompulfoirc, 
pour recouvrer & prendre tous féellcz , lettres , 
& autres chofcs fervans à la matière , & pour 
prendre & amener devers ladite Cour tous cou- 
pables & prifonnicrs , ainfi qu'ils verront efire i 
faire par raifbn. 

Guillaume dejaligi^ Secrétaire de Pierre IL Due 
• Donnée de Bourbon , en Phifioire * du Roy Charles VllL 
au public , pages 23. £5' 24. Pareillement audit mois de 
paf Theodo- J^^^^^*^ > "^^^^^ quatre cens quatre-vingt & fîx , le 
le Gocicfroy Roy fut adv.cny que les Evefqucs de Ferigucux, 
i486, furnommé de Pqmpadour ; & de Montauban , 
2487. furnommé de Chaumont ; & les Seigneurs ^i^^ 
1488. ^^»/<?»-, & de Bucy, frcreduditEvelqucdcMon- 
Grt/rt^ de uuban > avoient aucune intelligence avec Mon- 
^""/^^J^'^ftigncur d'Orléans , & MonfeigneurdeDuoois, 
k!i^\ Ewf^ mixcs , qui cftoîenten Bretagne , & leur 6i* 
quit de Feri- folcnt fçavoir toutcs nouvclIcs de Cour. Et fbt 
pteux» & rf* trouvé unhommeallantd'Amboife^oùilseftoient 
^t?eS.;r*vcc le Roy , en Bretagne , ayant des Lettres 
d'^rienfon, d'cux I & crois WcD quc Ic portcut deCiites kl- 
LesEvefcjuesde trcs fit aucuncmeut fçavoir fon allée , aân d'eftrc 
^eUMlntlubtn ^^^^^^ Chargé dcfdîtcs lettres : & à cette caufe i 
féuSs'*' p^ifin- un matin le Roy les fitconftituer prifonniers , à 
nieri far er- à chacuu bailla gardcs » i^c. 
dennance du ParwyJes Titres duTrefor des Charies eft cehtf 
'•^' par lequel Louysdc Bcllevillc Seigneur de Mon- 

taigu tranfporta au Roy Louys XI. la Baroonie 
de Montaigu, pour laquelle le Roy luy. bailla le 
. Comté de ^ Dreux : le contraâ eft du 4. Aooft 
L.j#ff*p#i. 14^3^ Philippes de Comines Chevalier , Seigneur 
«••«o '55^. jç Reufchure &d»Argenton prefe^t , & plulîeuis 
autres. Et 4'aâede foy.4 hommage fait par Guil* 
laumc de Chalon , pour la Principauté d'Auren- 
gc , au Roy Louys XL comme Daufin. MefGrc 
n.fllJT ^^'^'PP^' ^ C^/W/ Sieur d^Argcnton lifantao- 
* dvt de Ct»lon la forme dudit ferment , le lo Juin 
l4^5 . i'BwCWRw. Cm* 



SUR LA VIE DE L'AUTHEUR. 469 

ContraSl de Mariage entre Mejftre Philippes 
deComines Chevalier , Prince de TéUmont^ 
Cr Heleinc de famhes 9 fille de Mejfire 
Jean de Jambes Chevalier y O* de Jeanne 
Chabot Seigneur & Dame de Mom^foreau 
€^ d^Argenîon en Poiéieu^ oh efi contenu en^ 
tre autres chofes la vente Cr ce^ion fétide au* 
dit SituT^ de Comines far ledit Sieur de 
Mont 'for eau de la Terre Cr Seigneurie d^Ar^^ 
genton en Poiilou, A Chinm le Vf. fortin 
vier I472. 

O Cachent tous prcfens & à venir que en la Cour j^y}^ 
^dù Roy noftre Sfre à Chinoncn Droîdparde- ,47 ». 
vam nous pre(èns& perfbnnellement eûabh's no- 
b!cs & puilIânsMonfôgieurP&V^/^/ de Comines , 
Chevalier , Prince de Talmont , Seigneur de 
Reufchcure , Confciller & Chambellan du Roy 
noftre Sîre d'une part : & Monfîcur Jean de Jam- 
bes aufii Chevalier , Confeiller & Chambellan do 
Roy noftre dit Sire : & Madanie Jeanne Chabot 
fon efpoufè Seigneur & Dame deMont-ibrcauâc 
d' Argencon en Éoiâou , ladite Dame fuffifamment 
authorifée dudit Seigneur de Mont-foreau fonef^ 
poux, quant atout ce qui s'enfuît; Jean de Jam* 
bes Efcuyer , leur fils , & Damoilèlle Hélène de 
Jambes leur fille aiftiée (èmblablcment authorii^s 
dudit Seigneur de Mont-lbreau leur père , d'autre 
part : (bubmettans lefdites parties , & chacunes 
d'elles , elles , leurs hoirs , avec tous & chacuns 
leurs biens meubles & immeubles^ ou qu'ils foient 
prefcns & à venir, au pouvoir & jundiâion de la* 
dite Cour quant au fait qui s'enfuit , lefquels ont 
connu &confeftë de leurs pures, franches & \w 
beralc$ volontez , ians aucune contrainte 1 ou pou? 

G g 3 foç- 



47P ANNOTATIONS 

forcement , mais comme bien confeillez k ad^ 
vertis , chacun en Ton fait , comme ils difoient, 
& cncor par }a teneor de ces prefèntes connoiflènt 
& confcffent que par le bon confcil Çc moyen de 
pluficurs Seigneurs leurs parcns & amys , & an- 
tres notables gens de confcil pour ce allèmblex , 
font , traittent , coqcluept , & accordent les tnît- 
tel , pt^omefi^s, & accords » & convenances qui 
s'enfuiyent* C'efi à Içavoir , que ledit Moniiear 
^hiUppes de Çomines a promis & promet prendre 
ladite £>amoiffi;U€ Heleiné de Jambes à ftmme 
& efpoufè : & ladite Damoilèlle Heidne de Jam- 
bes , du commun confèntement & authorité de 
fffdits père & mère , a promis prendrcleditMef- 
iîrc Philippes de Comi